Thresor de la langue françoise\Texte complet 1

THRESOR


DE LA LANGVE


FRANCOYSE,


TANT ANCIENNE QVE MODERNE.


AVQUEL ENTRE AVTRES CHOSES

SONT LES MOTS PROPRES DE MARINE, VENERIE,

& Faulconnerie, cy deuant ramassez par Aimar de Ranconnet,

viuant Conseiller & President des Enquêtes en Parlement.


REVEV ET AVGMENTE’ EN CESTE DERNIERE

impression de plus de la moitie ; Par Iean Nicot viuant

Conseiller du Roy, & Me, des Requestes

extraordinaire de son Hostel ;


AVEC VNE GRAMMAIRE FRANCOISE ET LATINE,

& le recueil des vieux prouerbes de la France, Ensemble le Nomenclator de

Junius, mis par ordre alphabetic, & creu d’vne table particuliere de toutes les dictions.


DEDIE’ A MONSIEUR LE PRESIDENT BOCHART,

Sievr de Champigny, &c.


Nicot-Front-v2-1606.png


A PARIS

Chez David Dovcevr, Libraire juré, ruë saint Iacques,

à l’enseigne du Mercvre arresté.

M. DC. VI.

Auec priuilege du Roy, & de l’Empereur.
Nicot-1606-v3-Front2.png
A MONSIEVR, MONSIEVR BOCHART,
sievr de champigny, &c. conseiller et president
des enquestes, en Parlement.


S

onsievr,

Ie serois indigne de l’obligation qu’en faueur & consideration du public ay receu de vous, si ie taisois & ne publiois par tout, comme sur ce qu’estois tous les iours recherché par ceux de nostre France, & toutes sortes d’estrangers, du Dictionaire reueu par Mr. Nicot, m’estant adressé à vous, sans neantmoins y auoir autre cognoissance que celle que tout le monde a de vos merites, m’auez humainement receu, & franchement mits és mains ce, qu’apres le decez dudit Sr. Nicot s’estoit venu rendre chez vous, comme en lieu de seureté, contre la barbarie & l’ignorance. Ainsi c’est à vous seul, à qui ceux qui sçauent assez l’vtilité de ce liure, en doiuent la recognoissance : & duquel partant auez comme taisiblement accepté la protection, contre ceux qui le penseroient inutile, ou peu necessaire. A quoy sans doubte, outre l’inclination qu’auez au bien, & à ce qui est de la vertu, deux choses sembloyent vous obliger : La premiere est le ressouuenir de la generosité de vos ancestres ; l’vn desquels estant remarqué auoir long temps, & courageusement insisté à ce qu’il ne feust rien innoué de nos anciennes maximes, & façons de viure, la correspondance d’ailleurs estant grande entre le langaige & les meurs d’vn pays, semblés estre engaigé de moyenner, en tant qu’en vous sera, que par le restablissement de nostre parler ancien (plus ferme, plus court, & plus significatif, que celuy qui a depuis esté receu) l’on reprenne le chemin de pouuoir reuenir à la generosité, const\ace, & magnanimité de nos peres : Dont mesmes les actes & proüesses depuis trois, quatre, & cinq cents ans (faulte d’estre entenduës) ne peuuent estre ni goustées assez par les nostres, ni admirées par les estrangers, sans l’entiere & pleine cougnoissance de la langue, telle qu’elle estoit lors, que leurs histoires ont esté escrites : Laquelle cougnoissance neantmoins, ne se peut acquerir aisément d’ailleurs, que par ce liure, Lequel defunct Mr. Nicot, peu au parauant son decez, estant enquis du bien que pouuoit moyenner ce sien trauail, dit : Deuoir estre reputé le bausme de la langue Françoise, l’autre & derniere raison, est la consideration de vostre qualité, car oultre ce, que vous ayant icelle fait assez recougnoistre pour protecteur exact du bien & de l’honneur d’vn chascun, vous ne pouuez desnier à la France la mesme volonté & affection ; Il y a vne autre rencontre en ce subiect particulier, Qui est, que ce fut defunct Monsieur Ranconnet (recougnu pour l’vn des plus doctes de son temps) qui premier s’aduisa, est\at en pareille dignité que le vostre, de donner au public ce present Dictionaire, Mais ni ayant mis la derniere main, & pour cela ne desirant y estre nommé, Monsieur Nicot l’ayant reueu & infiniment augmenté ne luy pouuoit de verité souhaiter plus seure retraicte que chez vous : Auquel (pour ce que ledit Sr Nicot l’auoit ainsi voulu) ay donné le tiltre de Thresor de la l\ague Françoise : y ayant oultre adiousté le Nomenclator de Mr du Ion, auec vne Grammaire, & vn recueil des Prouerbes de nos anciens François, poussé d’vne extreme affection qu’ay de ne manquer à rien de ce que i’estimeray estre du bien du public : non plus qu’à ce que ie recougnoistray me pouuoir acquerir & conseruer la qualité de


Vostre tres-humble & tres-affectionné seruiteur,
David Dovcevr.
S

vdolphvs secvndvs diuina fauente clementia electus Romanorum Imperator, semper Augustus, ac Germaniae, Hungariae, Bohemiae, Dalmatiae, Croatiae, Sclauoniae, &c. Rex, Archidux Austriae, Dux Burgundiae, Stiriae, Carinthiae, Carniolae, & Wirtembergae, Comes Tirolis, &c. Notum facimus tenore praesentium uniuersis. Quòd cum nobis humillimè supplicârit fidelis sincerè nobis dilectus David Dovcevr. Ciuis & iuratus Typographus Parisiensis, se in communem studiosorum gratiam, librum quendam vtilem, qui inscribitur : Commentaire ou Thresor de la langue Françoise dressé & augmenté de la moitié par feu Mr. Iean Nicot, Conseiller du Roy & Maistre des Requestes, &c. Typis suis in lucem edere decreuisse, perdemisse petendo, vt se aduersum aemulatores, qui saepè ex alienis laboribus lucrum sibi vendicare assolent, priuilegio nostro, in talibus consueto, praemunire dignaremur. Nósque etiam petitioni huic benignas aures praebuerimus. Iccircò authoritate potestatéque Caesarea, tenore praesentium. Mandamus atque praecipimus omnibus & singulis Typographis, Bibliopolis, ac alijs omnibus librariam negotiationem exercentibus, ne quis praeter iam nominatum Davidem Dovcevr, suprascriptum librum Gallicum per totum Romanum Imperium, Regna & Prouincias nostras, intra octo annorum spatium, ab eius libri prima editione incipiendum, imprimat, vel imprimi faciat, sub graui indignatione nostra & decem marcharum auri puri mulcta pro parte dimidia fisco nostro Caesareo pro reliqua ipsi Dovcevr irremissibiliter pendenda. Hac tamen lege adiecta : Quòd liber iste nihil omninò, siue in praefatione, siue in contextu suo contineat, quod vel Orthodoxae Religioni Romanae Catholicae, vel nostris sacrísque Romani Imperij constitutionibus aduersum sit. Atque praeterea vt praedictus Dovcevr terna ad minimum eius libri impressi exemplaria, ad Cancellariam nostram Imperialem Latinam Aulicam proprijs sumptibus perferri curet : nisi hoc ipse priuilegio nostro statim exutus esse velit. Haec nam est expressa ac seria mens & voluntas nostra. Quod praesentibus testamur manu nostra subscriptis, & sigilli nostri impressione munitis. Datum in Arce nostra Regia Pragae, die vltima mensis Decembris, Anno Domini Millesimo Sexcentesimo quarto. Regnorum nostrorum, Romani trigesimo, Hungarici trigesimo tertio, & Bohemici itidem trigesimo.

Rvdolphvs
Bvd. Coradvcivs
Ad Mandatum Sacrae Caesareae
Majestatis proprium
Io. Barbitivs.


Ledit Priuilege a esté signifié à la foire de Pasques à Francfort 1605. à tous les marchans libraires & Imprimeurs, afin que

personne n’en pretende cause d’ignorance.


S

enry par la grace de Dieu Roy de France & de Nauarre, à nos ames & feaux conseillers les gens tenans nos Cours de Parlement de Paris, Rouen, Toulouze, Bordeaux, Lyon, Poictou, & leurs lieutenans, & à tous iusticiers & Officiers qu’il appartiendra, Salut. Nostre Tres-cher & bien Amé Dauid Douceur marchant libraire Iuré en l’vniuersité de Paris, nous a fait remonstrer qu’il a recouuert auec grans frais vn liure intitulé, Le Thresor de la langue Françoise, dressé & augmenté de la moitié par Iean Nicot viuant Conseiller du Roy & Maistre des Requestes de nostre hostel, lequel liure il desire d’imprimer ou faire imprimer & mettre en lumiere : mais d’autant qu’il luy a beaucoup cousté & coustera encor d’auantage pour dresser la coppie & faire l’impression d’iceluy, il doute qu’apres qu’il aura exposé & mis en vente ledit liure, que quelques Imprimeurs & Libraires de Lyon, Rouen, Paris, ou autres villes de cestuy nostre Royaume le vueillent semblablement imprimer, & susciter les marchans Libraires & Imprimeurs de Geneue ou aucuns estrangers à ce faire, qui seroit par ce moyen frustrer ledit exposant de ses frais & rendre sa peine, diligence, & trauail inutile, & luy faire receuoir perte & dommage : pour à quoy remedier, & afin que ledit Douceur qui a trauaillé pour le bien public, ayant fourni ce qui estoit necessaire pour auancer ledit liure ne soit priué du fruict qu’il en doit attendre. povr ces cavses, & autres considerations à ce nous mouuans, de nostre grace speciale & pleine puissance & autorité Royale, par ces presentes nous auons donné & octroyé donnons & octroyons le priuilege, congé licence, & permission audit Douceur d’imprimer ou faire imprimer ledit Thresor de la langue Françoise, dressé & augmenté de la moitié par Iean Nicot, en telle forme & caractaires que bon luy semblera, fait & faisons inhibitions & defenses à tous autres libraires & Imprimeurs quelque part qu’ils soyent, & autres personnes de quelque estat & conditions qu’ils soyent de les imprimer ou faire imprimer, vendre ne debiter en cestuy nostre Royaume & autres lieux de nostre obeissance, c\otrefaire ne alterer, soit par extraict ou abregé l’ordre & methode dudit Thresor, ne mesme susciter les Geneuois ou autres estrangers à ce faire, sans le congé ou permission expresse dudit Douceur, durant le temps & terme de dix ans, à conter du iour qu’il sera paracheué d’imprimer, sur peine de trois mille liures d’amende, dont la moitié nous appartiendra & l’autre moitié audit Douceur, & tous despens dommages & interests enuers luy, & aussi des confiscati\os des ex\eplaires qui seront faits ou imprimez par autres sans le consentement dudit Douceur. De ce faire vous donnons pouuoir authorité, commission, mandement special & de proceder à l’encontre de ceux qui y contreuiendront, par toutes voyes deuës accoustumées, & par les peines susdites, nonobstant oppositions ou appellations quelconques, pour lesquelles sans preiudice d’icelles ne voulons estre differé. Et pour ce que de ces presentes ledit exposant pourroit auoir affaire en plusieurs & diuers endroits : Nous voulons qu’au Vidimus d’icelle fait sous seel Royal, ou par l’vn de nos Ames & feaux Conseillers Notaire, & Secretaire, foy soit adioustée comme au present original : & si voulons & mandons que mettant par bref le contenu du present priuilege au commencement ou à la fin dudit liure ; qu’iceluy aye forme de signification, tout ainsi que si l’original estoit particulierement signifié a vn chacun, & que cela soit de tel effect & vertu comme si le dit liure leur auoit expressément & particulierement esté monstré & signifié, car tel est nostre plaisir. Donné à Paris le huictiesme iour de Feburier, lan de grace mil six cens quatre, & de nostre Regne le quinsiesme.


Seelé du grand seau de sire jaune a simple queuë.
Par le Roy en son Conseil.
Du Fos.

THRESOR


DE LA LANGVE


FRANCOYSE, TANT


ANCIENNE


que Moderne.


AVQUEL ENTRE AVTRES CHOSES
SONT LES MOTS PROPRES DE MARINE, VENERIE,
& Faulconnerie, cy deuant ramassez par Aimar de Ranconnet,
viuant Conseiller & President des Enquêtes en Parlement.


REVEV ET AVGMENTE’ EN CESTE DERNIERE
impression de plus de la moitie ;
Par Iean Nicot viuant Conseiller du Roy, & Me, des
Requestes extraordinaire de son Hostel ;


AVEC UNE GRAMMAIRE FRANCOYSE ET
Latine, & le recueil des vieux prouerbes de la France, Ensemble le Nomenclato de Iunius,
mits par ordre alphabetic, & creu d’vne table particuliere de toutes les dictions.


DEDIE
A MONSIEUR LE PRESIDENT BOCHART,
Sievr de Champigny, &c.


Nicot-Front-v1-1606.png


A PARIS
David Dovcevr, Libraire juré, ruë saint Iacques, à l’enseigne
du Mercvre arresté.
M. DC. VI.
Auec priuilege du Roy, & de l’Empereur.
Nicot-1606-A1.png

LES COMMENTAIRES

DE LA LANGVE

FRANCOISE.


A

Nicot-1606-A2.png
Est le premier son de la voix de l’enfant nouueau né, la plus aisée des voyelles à prononcer, & la premiere lettre non seulement de l’alphabet François, mais aussi de ceux des autres langues.

A außi est vne preposition signifiant ores stabilité en quelque lieu, comme, Il est a Paris, Est Lutetiæ : & ores mouuemēt à vn lieu, comme, Ie m’en vay à ma metairie, In villam proficiscor : ores selon, comme, Cela sera à l’ordonnance des arbitres. Iuxta aut secundùm bonorum virorum arbitrium fiet.

A se prend aussi pour apud Latin, comme, Il est à nous grande vinée ceste année-cy, Hoc anno ingens apud nos vini copia est, c’est à dire en mostre terroir, en nostre pays, en nostre contrée. A nous tel faict est bien vilain, Apud nos huiusmodi facinus perindignum est.

A außi se prend simplement pour en, comme, A la presence des Euesques, In præsentia Episcoporum, id est adstantibus Episcopis, qu’on dit plus vsitéement, en la presence.

A außi signifie pour, comme, Il est tenu à perdu, A vil, A sot, A fable, A fils de Roy, Vne vis à pressouer, c’est à dire pour perdu, vil, sot, fable, fils de Roy, pour vn pressouer, au 3. liure d’Amad. chap. 6. Toutesfois il estoit lors peu cognu à fils de Roy, il est appelé à garand, pour garand.

A estant auec les noms propres est vn article du cas genitif en denotation possessiue, pour De, comme, La maison à Pierre, la femme à Robert, la fille au Duc, ædes Petri, vxor Roberti, filia Ducis. Ce palais est à Pompée, Hoc palatium est Pompeij, & estant auec les noms appellatifs, prent article apparent auec elle, & denote tousiours possession, comme, Ce champ est à la ville de Paris, Hic ager ciuitatis Parisiensium est.

A, en outre se prent pour Auec, comme, Il porte de synople à trou lyons d’argent, Scutum gerit viride cum tribus argenteis leonibus, id est, tribus leonibus argenteis insignitum, & il est eschappé à peu de perte, c’est auec peu de perte, Cum modico damno euasit. Vne chaire à accoudoirs, Vne eschelle à crampons, c’est auec accoudoirs, auec crampons, & le Roy d’Angleterre est descendu à grande armée, Cum magno exercitu.

A prenant auec soy l’article du nom qu’elle precede, signifie semblance, façon, mode & maniere, comme, Il est vestu à l’Italienne, c’est à dire, à la semblance, mode & façon des Italiens, Cultu vestituque Italico vtitur. Liu. l. 23. Si l’on n’aime mieux dire qu’en telles phrases, il y a elipse & subaudition de ce mot, façon ou maniere, & que A signifie lors, Selon : comme, Il porte l’espée à l’Espagnole, c’est à la façon des Espagnols, c’est à dire, selon la mode des Espagnols.

A außi est vne diction indeclinable qui est indifferemment employée auec autres declinables & indeclinables seruant à la signification d’icelles, & ce tantost en qualité de la preposition ad, comme, A chef, Ad finem, Ad exitum : ou de la preposition ob, propter, comme, A ceste cause, Propter id, A propos, Ad rem : & tantost autrement, comme, A tant, A tard, A peu, A peu que, A nef, A ma plaisance, A mon escient, A son escient, A poinct, A vau de route, A deceu, A banniere desployée, A cœur, A sçauoir, A temps, A tort, A loisir, A cheual, A nourrice &


semblables, cerchez Tant, Tard, & les autres.

Ada, Aduas fluuius qui in Rheticis iugis oritur, labensque per Veltlin, ingreditur in lacum Cumanum, qui olim Larius dicebatur.

Aage, m. substantif. penac. Il vient de ce mot Latin ætas, & est escrit par double aa, soit pour representer cette diphthongue du mot Latin æ, ce qui peut estre la cause que aucuns par inversion d’icelle diphthongue l’escrivent & prononcent Eage, soit pour denoter ce grand A François (ainsi que l’ω Grec) que nous prononçons avec trainée de la voix en aucuns mots, comme, En Chaalons, Laon, & en semblables. Et quelquefois est vn terme general qu’on applique à designer tout aage soit d’homme, femme, ou beste brute, & quelquefois signifie vn traict & peloton d’années. Æuum, seculum, selon ce lon dit, les Aages du monde estre six, & le premier d’iceux avoir duré depuis la creation d’iceluy jusques au deluge.

Commencement d’aage, Iniens ætas.

Accroissement d’aage, Progressus ætatis.

Bas aage, Ætas minor XXV. annis, qu’on dit aussi minorité d’ans.

Petit aage, Ætatula.

L’aage d’un an, Annicula ætas, Annua ætas.

L’aage de deux ans, Bimula ætas, Bimatus, huius bimatus.

L’aage de trois ans, Trimatus, huius trimatus.

L’aage de quatre ans, Quadrimatus.

De cinq ans, Quimatus.

L’aage de quatorze ans és masles, & de douze és femelles, Pubertas, pubertatis, Puber ætas, nubilis vtrisque ætas.

L’aage de dixhuict ans, Plena pubertas.

Aussi aagez l’un que l’autre, Pares ætate.

Tous d’un aage, Æquales, Æquæui, Vna est ætas, Vnius sunt ætatis.

Il est de cest aage là, Ea ætate est, Illa ætate præditus est.

Rapporter l’aage l’un à l’autre, Comparare aliquorum ætatem.

Il a dit que je n’estoy pas si aagé que son fils, Me infra ætatem filij sui posuit.

Dés son jeune aage, Iam inde ab adolescentia, A pueritia. Inde ab ineunte ætate, A prima ætate, Ab adolescentulo, ab adolescentia.

Dés que je commençois à venir en aage, Ab ineunte adolescentia, A prima adolescentia.

Aage maniable & aisée à gouverner, Ætas mollis ac flexibilis.

Il n’est pas encore en aage de perfection, Nondum maturæ est ætatis.

Iaçoit qu’il n’ait point encore l’aage de pouvoir, etc. Etsi per ætatem nequeat, aut non liceat, tamen etc.

Estre en aage de pouvoir faire quelque chose, Per ætatem posse aliquid, Iustæ ac legitimæ ætatis esse ad rem gerendam.

Qui est en aage de pouvoir administrer le royaume, qu’on dit, Majorité de Roy, qui est au regard des Rois de France à l’aage de quinze ans, comme Jean du Tillet escrit en son livre de la majorité du Roy Tres-Chrestien, Qui per ætatem regnum gerere potest.

Qui sont en aage d’engendrer, Puberes filii.

Aage idoine à porter les armes, Ætas militaris.

Aage robuste, Adulta, Valens, Firmata, Corroborata, Prædura ætas.

Fleur d’aage, Integra ætas, Vigens ætas, Media ætas, Flos ætatis.

Venir en l’aage de virilité, Excedere ex ephebis.

Aage rassise & posée, Composita ac moderata ætas.

Le plus grand aage qu’on peut vivre, Summa ætas.

Aage tournée à oisiveté, Ætas deflexa ad otium.

Aage en laquelle on grille et tombe-on facilement en faute, Lubrica ætas.

L’aage s’en va et se passe legerement, Volat ætas, Proripit se ac fugit ætas.

J’ay aimé cependant que l’aage s’y addonnoit, ou que l’aage le portoit, Dum ætas tulit, amaui.

Aage idoine à faire quelque chose, Apta atque idonea ætas, ad rem aliquam administrandam

Tout aage n’est pas convenable à se joüer, Non omnis ætas ludo conuenit.

Aage mariable, Ætas nubilis. Ætas iusta nuptiis contrahendis.

Aage à laquelle aisément on peut faire desplaisir, Ætas iniuriæ opportuna.

L’aage de la fille n’endure point que je soy negligent, Non manet ætas virginis meam negligentiam.

Chacun selon son aage dit son opinion, Vt quisque ætate antecellit, ita sententiam ordini dicit.

Employer son temps et son aage à l’estude, Ætatem appellere ad studia literarum, Ætatem consumere in studiis, Insenescere studiis : Ætatem impendere studiis, Conterere ætatem in studiis, Traducere ætatem in studiis literarum.

Passer son aage, Exigere ætatem, Exercere ætatem. Æuum traducere. Horat. lib. 1. Epist.

Passer son aage sans se mesler des affaires publiques, Ætatem procul a republ. agere. AEtatem procul a curis publicis exigere.

L’aage que j’ay par cy devant vescu, Superior ætas, anteacta ætas.

En cest aage, Hoc ætatis.

Jusques à cest aage cy, Ad hoc æui.

Nous sommes de cest aage là, Id ætatis iam sumus.

Il n’est plus en aage d’estre sous un maistre, Excessit illi ætas ex magisterio.

L’aage l’a surprins, Il est ja vieil, Ætas illum imprudentem oppressit.

Un aage vient apres l’autre, Ætas succedit ætati.

Femme de bonne aage, Bona ætate fœmina.

Grand aage, Grandæuitas, Grandis ætas.

Homme de grand aage, Senior.

Il a de l’aage, ou, il est aagé, Processit ætate, Annosus est.

Aage auquel on ne peut plus travailler, Ætas emerita, effœta ætas.

Le dernier aage où l’homme peut parvenir, Summa ætas, Decrepita ætas, Ætas effœta, extrema ætas.

En son dernier aage, Supremis suis annis, Vltima ætate.

Aage declinant sur la fin, Ætas deuexa, vergens, victa, veternosa,

Aage qui de iour en iour s’appesantit, Ætas ingrauescens.

Aage qui vient en enfance, Repuerascens ætas.

Aage passé, Acta ætas, Exacta,

Apres l’aage passé, Exacta ætate.

Qui est hors d’aage, Exactæ ætatis vir, Emerita ætate.

Tu estois hors d’aage de prendre femme, Tua præterierat iam ad ducendum ætas, Nubilem ætatem excesseras.

Quel aage t’est-il advis que i’aye ? Quid tibi ego ætatis videor ? Plaut.

Qui est sur le bas de son aage, Decliuis ætate, Prouectus ætate, vel Prouecta ætate homo.

Qui est de long aage, Longæuus, Diuturnæ ætatis.

Aagé, m. acut. adjectif. Signifie de grand aage, Grandæuus, senior. comme, Il est bien aagé, Iam multum diuque vixit. Multos iam annos natus est, Et est un terme general à prefinir tout aage d’homme ou de beste, comme, Il est aagé de dix, vingt, trente, quarante ans. Natus est annos decem, viginti, triginta, quadraginta : Il signifie aussi celuy qui a atteint, ou est reputé avoir atteint l’aage prefini par le droict ou par la coustume pour valablement gerer, exercer et administrer ses affaires, Ætate legitima præditus. Selon ce on dit que tout homme noble tenant fief, est reputé aagé à l’aage de vingt ans, et la femme à quinze accomplis, quant à la foy et hommage et administration de fief, Legitimæ ætatis homo, feminaque ad eas res suapte autoritate gerendas.

Fort aagé, Qui est de grand aage, Grauis ætate, vel annis, Grandis, vel Magno natu, Obsitus æuo, Plenus annis, Grandæuus, Prouecta ætate homo, Annosus admodum, valdeque annosus, voyez, Fort.

Non pas fort aagé, Non admodum grandis natu.

Estre plus aagé qu’un autre, Præcurrere aliquem ætate, AEtate anteire, Antecedere ætate, Addita ætate esse.

Ie suis le plus aagé, Sum natu maximus inter plures, vel natu maior inter duos.

Aagée, f. adjectif. penac. Est usurpé és mesmes significations que Aagé, masculin adjectif.

Abacvc, m. acut. La mer d’Abacuc, ou d’Abacuth. voyez Bachu. Latinis mare Caspium et Hyrcanum. Aucuns l’appellent Mare de Sela.



Abaisser, cerchez Abbaisser.

Abanat, m. acut. Est le nom d’une riviere qui court pres la ville de Damas.

Abbaisser, acut. Ores est actif, et signifie mettre quelque chose à bas, ou au bas, Demittere, deducere ad imum, deprimere, deiicere, Et est composé de a et bas, qui vient du Grec basis, comme qui diroit ad basim deprimere. Tu m’as abbaissé ma renommée, Bonum nomen meum deiecisti. Ores est neutre, comme, La riviere abbaisse, Flumen subsidet, summittitur ; Ores reciproque son action, comme Je m’abbaisseray moy-mesmes, Memet deprimam, demittam. Mais telles reciprocations ou reflexions d’action, sont pures actions, et ne font une nouvelle espece de verbe à divis de l’actif. Rabbaisser signifie le mesmes : car on peut dire, Je vous abbaisseray bien vostre cacquet, tout ainsi qu’on fait, Je vous rabbaisseray bien le cacquet. voyez Rabbaisser.

Abbaisser un lieu, Deprimere locum.

Abbaisser une chose en la desprisant, Verbis rem aliquam deprimere.

Abbaisser la majesté ou dignité du Prince, Deprimere Principis majestatem, Dignitatem deminuere, Deterere.

S’abbaisser à penser choses viles, Cogitationem in res humiles abjicere.

S’abbaisser jusques à la bassesse d’un criminel, Submittere se in humilitatem reorum.

Qui s’abbaisse devant Dieu, ou mesme devant les hommes pour les prier, Supplex, Proiectus.

Abbaisser le prix des vivres, Leuare annonam.

Qui va en abbaissant et en empirant, Deflorescens, Flaccescens.

Abbaissé, m. Deiectus, Demissus, Depressus.

Abbaissée, f. penac. Depressa, Deiecta.

Abbaisseur, m. Infractor, Depressor.

Abbaissement, m. acut. Submissio Deiectio, Demissio.

Abbaissement de courage, Animi demissio.

Abbaissement de son estat, Capitis diminutio.

Abbandon, m. acut. delaissement de son pouvoir, comme, Mettre sa forest en abbandon, c’est ne la tenir en defense, et la livrer à quiconque y voudra mener paistre son bestail, ou bucheronner, Cæduam syluam pro derelicto habere.

Elle a mis son corps en abbandon, Corpus suum cuique vtendum prostituit. Se pudicitia abdicauit, Il est composé de a, et bandon, voyez Bandon.

Abbandonner, act. acut. Est un verbe faict de Abbandon, et signifie mettre à bandon, c’est à dire, au plaisir et liberté d’un chascun pour en faire ce qu’il voudra, Cuiusuis arbitrio ac libidini permittere. Rem pro derelicta emittere. Ainsi dit-on, Il a abbandonné ses pastis, ses prez, Pascua seu prata depascenda cuique permisit. Et se prend pour delaisser : d’autant que celuy qui met ou quitte une chose à qui premier en voudra, il la laisse et s’en desempare et devest. Et par reciprocation dudit verbe actif, qui se fait par le pronom soy, ou se, signifie se rendre captif et esclave à quelque chose vitieuse, comme, s’abbandonner à plaisirs, Se voluptatibus dare, addicere, honesta se ingenuitate exuere, vt voluptatum seruus fiat. S’abbandonner à paillardise, Veneri sese dedere, eiusque sæuæ dominæ mancipium fieri. Selon laquelle signification, respondit un Poëte Grec, hôspér élsuthérôthéis apo tês agrias déspoinas, à celuy qui luy avoit demandé, pôs ékhéis apo tês Aphroditês, Ou non vitieuse, comme, S’abbandonner à pleurs, à dueil, Totum sese lacrymis dolorique permittere, Nullatenus non gemitibus ac lamentationi inseruire. S’abbandonner à ieux, Lusibus incumbere.

S’abbandonner au danger d’estre outragé, Offerre se contumeliæ.

Abbandonner sa liberté, et se rendre serf, Projicere libertatem suam alicuius potentiæ.

Abbandonner ses œufs, Incubationem deserere.

Abbandonner femme et enfans, Deserere vxorem ac liberos, Pignora sua pro derelictis habere. B.

Qui m’ont abbandonné quand il estoit question de ma vie et honneur, Desertores salutis meæ.

Les medecins l’ont abbandonné, si malade il est, Omnes medici diffidunt, adeo grauiter æger est.

Celuy qui abbandonne la vie d’aucun au premier qui le pourra tuer, Proscriptor. Mais cela ne se peut dire, Si n’est de celuy qui est Souverain Seigneur de celuy dont la vie est abbandonnée à qui tollir la luy pourra : car abbandon presuppose tousjours Seigneurie et puissance, voire aussi droict de correction capitale par haute justice en la personne de celuy qui abbandonne sur la personne abbandonnée, Aussi telles proscriptions ne se font, si n’est par Princes souverains, ou Republiques tenans de Dieu et de l’espée, et sont impunissables, horsmis de Dieu Souverain des Souverains. Mais si quelqu’un suscite des assassins et meurtriers d’autruy, cela ne se peut dire abbandonnement de la vie de celuy-la, ne proscription. Car tel abbandonneur n’a nul droict de seigneurie ne correction capitale par Justice sur l’abbandonné, ains sera appelé subornation et attitrement d’assassins et meurtriers, et sera capitalement puni par son souverain, et plus que capitalement par Dieu.

Abandonné, m. acut. Est de signification passive, celuy qui est mis par aucun en abandon, Desertus, Destitutus, Abdicatus.

Abandonné des medecins, A medicis deploratus.

Abandonnée, f. pen. Est aussi de signification passive. celle qui est mise en abandon, Destituta, Deserta, Exposita.

Celuy duquel la vie est abandonnée au premier qui le tuera, Proscriptus.

Une province abandonnée au pillage, Prouincia prædæ exposita.

Chose trop abandonnée, Res nimium deplorata.

Encores que toutes choses me fussent abandonnées et libres, Etsi omnia meæ potestati paterent, tamen, &c.

Abandonnement, m. acut. Delaissement, Desertio, Defectio, Destitutio, C’est abandon, Ainsi dit on Abandonnement de biens, pour la cession de biens que fait un debiteur à ses creanciers, qu’on pourroit aussi dire deguerpissement de biens, Bonorum abdicatio, Cessio bonorum.

Abandonnement de raison, Defectio a recta ratione.

Abandonnéement, adverb. Par, ou en abandon, Effrenatè, effusè, licenter, indulgenter, solutè.

Abastardir, acut. Est ores actif, et signifie mettre une chose hors de son naturel, et luy faire prendre estranges qualitez, comme, Il a abastardi les mœurs des bourgeois, Mores ciuium adulterauit, et par consequent signifie corrompre : il a tout abastardi, Omnia corrupit, Ores est reciproquant son action, comme, Le tyran s’abastardit tous les jours. Tyrannus se in dies in deterius efformat, degenerat, Ores est neutre, comme, Ceste plante abastardit d’un jour à l’autre, Haec planta quotidie in deterius vergit. Mais il semble plus tenir du passif, quoy que la terminaison soit autre, et seroit bien rendu par corrumpitur, adulteratur, et est composé de a, et bastardir, inusité.

Abbattre, act. penac. Est mettre par terre, ruer jus quelque chose, la faire cheoir ou trebucher de haut en bas, Decutere, Destruere, Deturbare, Prosternere, Euertere : il vient de Abbas, acut. adverbe local, composé de a et bas. Infra, si que Abbatre est mettre abbas, ou à bas.

Aisé à abbattre, Facilè decussu, deiectu, prostratu, La faim et la soif abbattent le corps, Fames et sitis corpus deprimunt.

Cela abbat l’yvresse d’une personne, et le desenyvre, Discutit ebrietatem hominis.

Vaincre quelqu’un et l’abbattre à ce qu’il soit des nostres, Euincere aliquem ac partium nostrarum efficere, Oratione aliquem a sententia deturbare.

Abbatement, m. acut. Deiectio, Prostratio, et se prend pour l’action d’abbattre, ou pour la chose abbatuë.

Abbatis, m. acut. Est la demolition et ruïne d’une chose cheute, comme, l’Abbatis d’une forest, Arbores caesae, reuulsae, prostratae, ligna humi deiecta, l’Abbatis d’une maison, Lapides, tigna, lateres domus quae corruit : on dit aussi en cas de guerre, Apres une bataille faire grand abbatis, Magnas strages edere.

Abbatu, m. acut. De signification passive, Deiectus, Prostratus, Depressus.

J’ay le cœur tout abbatu, Marcet animus, B. Afflicto sum animo ac deiecto.

Ils m’ont abbatu, Me labantem conuellerunt, B. ex Cic.

Abbay, m. acut. Est le japper d’un chien, ce qu’aucuns escrivent et prononcent par o, abboy, Latratus canis, Et semble que ce mot et sa suite soient derivez de ce verbe deponent Baubor, baubaris, qui signifie abbayer : ou plustost tant ce verbe Baubor, que ce mot Abbay et sa suite, sunt verba factitia a sono canis latrantis, voyez Rendre les Abbais.

Tenir aucun en abbay, Producere aliquem falsa spe.

Abbayer, act. acut. Latrare, Oblatrare.

Quand l’eau bat contre quelque rive, tellement qu’elle semble abbayer, Allatrant maria oram aliquam.

Abbayer à quelqu’un, Allatrare aliquem, C’est le poursuivre de paroles en criant apres luy.

Abbayement, m. acut. Latratus, us.

Abbayeur, m. acut. Latrator.

Abbayant, acut. Tantost est gerundif, comme, Tu me suis abbayant, ou en abbayant, Tu me oblatrando prosequeris, et en cette signification se devroit escrire par d à la fin, et tantost est nom, comme, Tu es un abbayant, Es oblatrator, et en cette signification se doit escrire par t, et est masculin.

Abbé, m. acut. Abbas Abbatis, Erasm. Est celuy qui est chef en une Abbaye de Moines, selon ce on dit l’Abbé de S. Denys. S. Dionysij coenobiarcha, antistes, Bud. et vient de Abba diction Syriaque, qui vaut autant que Pere.

L’Abbé mange en convent, Hetaeriarcha victitat cum sodalibus.

Abbesse, f. penac. Antistes, vel Antistita, B.

Abbaye, f. penac. Antistitium, Coenobiarchia, Haeteriarchia, Abbatia, Erasm.

Abbec, m. C’est la chair ou autre appast que les pescheurs mettent aux haims pour attirer et prendre le poisson, Esca.

Abbecher, acut. Composé de a et bec : C’est mettre au ou dans le bec


d’un oiseau, mais n’ayant encores l’adresse de becquer, Adescare, Inrostrare : et par metaphore Attirer quelqu’un à sa cordelle, Illicere, Inescare.

Abbeché, m. neut. Adescatus, Illectus, Inescatus.

Abbregé, m. acut. Il descend de ce verbe Abbreuiare. Dont aucuns prononcent Abbrevié, et est adjectif de signification passive, comme, Son propos est abbregé, Decurtata est illius oratio, Tantost est substantif, et signifie epitome et reduction sommaire, et un brief d’un escrit, Selon ce on dit, L’Abbregé des Chroniques de France, Annalium Franciae epitome, et tantost est chascune des trois personnes du temps preterit parfait, avec adjonction de ce verbe, ay, comme, J’ay abbregé, tu as abbregé, il a abbregé, Decurtaui, Decurtasti, Decurtauit.

Abbregé de quelque chose que ce soit, Summa, summae, Epitome, epitomes.

Ce sera le plus abbregé, Id erit compendiosius.

Abbreger, act. acut. C’est rendre bref et accourcir, Breuiare, Contrahere, Circuncidere quae ad rem non pertinent, B. ex Varrone, Aucuns prononcent Abbrevier.

Abbreger quelque chose, et la dire en peu de paroles, Perstringere rem aliquam, Circuncidere, In compendium conferre, Paucis eloqui.

Abbreger et accourcir son chemin, Iter contrahere.

Abbreger le temps, Tempus contrahere.

Pour abbreger, C’est par forme d’adverbe, In summa, Vt in pauca conferam, Ne multa, B. ex Cic.

Abbregement, m. acut. Compendium, Contractio, Comme abbregement de proces, Compendium, Contractio litium.

Abbreuver, acut. ou Abbruver, Tantost c’est donner à boire, faire boire, comme, Abbreuver les chevaux, Adaquare ; tantost faire tremper & emboire d’eau quelque chose, comme, Abreuver les tonneaux ou autre vaisseau, Aqua, aut liquore alio imbuere : Et en drap abbreuvé d’eau, c’est trempé & outré d’eau. Selon laquelle signification on dit par metaphore, Abbreuver aucun de quelque opinion ou persuasion, pour le remplir, imbuer & outrer de telle opinion ou persuasion, Totum occupare ac persuasum habere.

Abbreuver son esprit de quelque art, Ingenium artibus imbuere.

La terre n’est point abbreuvée de pluyes, ou mouillée, Terra pluuiis non immaduit.

Ils sont abbreuvez de cette opinion, Imbuit mentem eorum opinio, Inuasit illos hæc sententia.

Abbreuvoir, m. acut. Le lieu où on abbreuve les chevaux, Aquarium.

Mener à l’abbreuvoir, Appellere ad aquam, Adaquare equos.

Abecé, m. Abecedarium, Alphabetum, Tabula abecedaria, Libellus abecedarius. Ce mot est composé des trois premieres lettres Latines a b c, comme en Grec le nom d’Alphabet est composé des noms des deux premieres lettres Grecques, et signifie le denombrement par son et prolation (qui servent de nom à chaque lettre dudict Abecé) des lettres Latines, Abecedarium, aut Abecedarius libellus, car il se prend aussi pour ce petit livret à apprendre à lire aux enfants, où lesdites lettres Latines sont figurées et mises par estat et par ordre.

Apprendre son abecé, Discere elementa.

Enfant qui apprend son abecé, Abecedarius puer, Elementarius puer.

Abecedaire, com. gen. penac. Celuy ou celle qui apprend encore la forme ou figure et prononciation des lettres.

abbeville, C’est le nom d’une ville en Picardie, composé de ces deux mots, Abbé, et ville, Abbatis villa.

Abeille, f. penac. Est une espece de beste volatile du genre des Insectes, fort legere, d’aigre picquon, car de la picqueure de son aiguillon la chair s’en enleve tout autour, le propre de laquelle est faire le miel et la cire, pour laquelle raison nous l’appelons aussi mousche à miel. Apes, Lequel nom Latin luy est donné par ce qu’elle naist sans pieds. Mais ce mot François vient du Latin diminutif, Apicula, quoy qu’il ne soit diminutif en nostre langue, et ce par syncope de la voyelle v. mutation de c. en l, et de la muette p en sa moyenne b, duquel adoucissement des muettes dures en leurs moyennes, les François et Espagnols usent communément quand ils tirent leurs mots du Latin. Et par ce que cy apres cette ditte mutation et adoucissement seront marquez en mainte diction, afin qu’il ne le faille repeter ailleurs ; il convient noter que c, p, et t, sont de prolation roide, aspre et forte : mais g, b, et d, leurs moyennes sont de prolation molle et douce, laquelle nous et les Espagnols suyvons presque ordinairement és mots extraits du Latin, ce que l’Italien ne fait pas, car prenant d’iceluy Latin, il retient lesdittes muettes de fort et rude son.

Abhorrir, act. acut. Qu’on dit aussi Abhorrer, est avoir en horreur et detestation quelque chose, Abhorrere, et est composé ainsi que le Latin, mais horrer simple n’est en usage envers les François, combien que horrere le soit envers les Latins. Les deux viennent de ab et horror, signifiant le dernier une tremeur causée aussi de peur. Et par ce qu’on s’estrange de telles choses, abhorrer signifie aussi defuir et s’esloigner de quelque compagnie. Selon laquelle signification lon dit vne chose estre abhorente, quand elle est outre la commune & vsitée façon de faire, res inusita atque à communi vsu abhorrens.

Abhorant, m. acut. Celuy qui abhore & deteste quelque chose, Abhorrens, Abominans.

Je ne suis trop abhorrant de ceste opinion. Ab hac opinione non multum abhorreo, Non adeo sum alienus.

Abiect. m. acut. Celuy dequoy on ne tient conte, de quoy on ne fait point d’estime, Abiectus.

Abile, com. voyez Habile.

Abiller, voyez Habiller.

Abisme, m. voyez Abysme.

Ablatif, m. acut. Est pur Latin par apocope, de ce mot Latin Ablatiuus (car le François prenant du Latin, chāge en f la lettre v, consonante de la derniere syllabe du Latin, disant vif, de viuus, paßif, de passiuū, Datif de Datiuus, et semblables) & est le sixiesme cas des declinaisons des noms et pronoms et participes, duquel on use quand on veut oster quoy que soit d’aucune chose, dont il prend son nom. Les Latins le designent par A preposition, si le mot commence par consonante, comme, A paulo, et par Ab aussi preposition, Si le mot commence par voyelle, comme ab illo. Mais les François le representent par la preposition, De, comme, j’ay cela d’un tel, Id ab illo accepi. Et faut entendre, que les noms et pronoms sont declinez par six cas, dont le premier est appelé Nominatif, le second Genitif, Le tiers Datif, Le quatriesme, Accusatif, Le cinquiesme Vocatif, Le Sixiesme cestuy Ablatif. Duquel le mot vient de Aufero Latin, qui signifie oster, desquels cas chacun a terminaison propre et particuliere presque d’ordinaire, & avec ce article en la langue Grecque, et pronom demonstratif en la Latine au lieu dudit article : mais en la langue Françoise et autres esquelles tous lesdits cas sont de mesme terminaison, on les exprime ou par article seul, comme au nominatif, le baton, la javeline : ou par preposition conjointe à l’article : quant aux noms masculins commençans par voyelle, L’homme, de L’homme, à L’homme ; Et à tous feminins, La femme, De la femme, à la femme, ou par dictions indeclinables, equipollans à articles, au regard des mots masculins commençans par consonante, comme, Le Jardin, Du Jardin, Au Jardin.

Able, ou Ablette, f. penac. Poisson ainsi nommé, Alburnus, Semble que le nom tant François que Latin, vienne de ce mot, Albus, qui signifie Blanc : comme si nous disions par transposition de lettres Able pour Albe. Telle transposition de lettres est fort frequente en toutes langues.

Ablution, f. acut. Est lavement, Ablutio, Baptismus, Lotio.

Abolir, Signifie proprement oster, effacer, et mettre du tout à neant quelque chose, comme si on disoit άπό τού όλον έκβάλλειν. Ex vniuerso tollere. Mais on en use pour mettre hors d’usage quelque chose, Abolere, Abrogare, Antiquare, Conuellere, Exterminare, Inducere, Interuertere, Obliterare, Resignare, Delere.

S’abolir et aller hors d’usage, Obsolescere, In desuetudinem abire.

Abolir ce qui est fait selon les loix, Quod factum est legibus rescindere.

Abolir les loix, Leges perimere, abrogare, antiquare, Pessundare et obterere.

Abolir le bruit du peuple Romain, Nomen populi Romani delere.

Abolir la memoire d’une chose, Memoriam rei alicuius obruere.

Oster et abolir ce que aucun a fait, Sustollere atque irrita facere quæ quis gessit, Antiquare.

Abolir du tout quelque magistrat, Magistratum tollere ac solo æquare.

Abolir une escriture par petis points qu’on met au dessous de chaque lettre en la maniere des anciens, Expungere.

Abolir une partie d’une loy par une nouvelle, Derogare.

Abolir un magistrat, Imminuere magistratum, B. ex Plin. iuniore, abrogare, tollere e republ.

Aboli, m. C’est mis hors d’usage, Abolitus, Obsoletus, Antiquatus, passiuæ significationis.

Abolie, f. C’est mise hors d’usage, effacée du tout.

Abolition, f. C’est effacement, aneantissement de quelque chose.

Abolition außi est une espece de lettres de grace d’un prince souverain d’aucun forfait ou crime capital perpetré par une commune de pays, ville, bourg ou village de ses subjets. Car aucuns veulent mettre en avant cette difference, entre lettres de grace, & lettres d’abolition, c’est que lettres de grace soient dites quand à un, ou deux, ou trois, ou tel autre nombre de particuliers, se chargeans de tel delict, remission en est faite par ledit prince : & lettres d’abolition quand toute une commune se charge de tel forfait, dont nul n’est particulierement & designamment attaint, grace en est faite par ledit prince. Autres ne veulent restraindre si court ce terme d’abolition en fait de Chancelerie. Mais abolition en terme de droit se prend tout autrement & pour la grace faite par le souverain, soit par les juges presidiaux à un accusateur criminel de se desister de son accusation sans encourir la peine de l’arrest. Turpillian.

Bailler lettres d’abolition comme fait le Roy, Crimen vel nomina reorum abolere. Facinus concepta formula condonare.


Abolition de creances et vieilles scedules, Generale abolition de debtes passées, Tabulæ nouæ, nominum litura, abrasio, inductio.

Abolition de comptes, Alogistia, vel Alogia, B.

Abolissement, m. Abolitio, Abrogatio, Antiquatio.

Abominer, actif. acut. Avoir en abomination, Abominari, Detestari, Auersari.

Abominable, com. penac. Detestabilis, Abominandus.

Abomination, f. acut. Abominatio, Auersatio, Detestatio.

A bon escient, par forme d’adverbe, Re vera, data opera, haud ioco.

Abonder, Abundare, duquel il vient, et est neutre, Affluere, Scatere, Exuberare.

Qui abonde en quelque chose, Dapsilis.

Abondant, m. Abundans, Affluens, Huber, Hubertus, Profusus.

Abondante, f. penac. comme, Abondante nourriture, Alimentum largum.

Homme abondant & riche, Copiosus.

Fort abondant, Percopiosus, Valde affluens re quapiam.

Abondant en quelque chose, Affluens.

D’abondant, par forme d’adverbe, Ex abundanti, Comme vous diriez outre & par sus ce qui est necessaire. Ainsi apres avoir mis en avant plusieurs moyens qui peuvent suffire, on dit d’abondant, quand on en propose d’autres encore.

Abondance, f. penac. Abundantia, Affluentia, Copia.

Abondance de droit, Copia causæ.

Abondance de lait, Vbertas lactis.

Grande abondance de fueilles, Luxuria foliorum.

Grande abondance de paroles, ou de langage, Flumen, Copia verborum.

Avoir abondance et foison de quelque chose que ce soit, Abundare, Affluere rebus omnibus.

Qui a grande abondance de sçavoir, Homo abundanti doctrina.

Jetter fleurs en abondance, Profundere flores.

Porter fruits en grande abondance, Exhuberare pomis.

En abondance, par forme d’adverbe, Plena manu, profuse, Opulenter, largitate eximia.

Abondamment, adverb. acut. Abundanter, Copiose, Liberaliter, Munifice.

Abonner, Est par equitable rabais avalluer une chose, pour estre payée en argent, si mieux le redevancier ne l’aime payer en espece. Comme, Tel fief est chargé envers son souverain à muance d’homme, d’un cheval de service, abonné à soixante sols, ou d’une paire de gants abonnez à deux sols, c’est à dire courtoisement appreciez entre le seigneur & le vassal.

Abonner aussi est composer par rabais avec un fermier public à certaine somme de deniers, pour toute la denrée et marchandise que pourrez debiter dedans certain temps prefix sur la vente de laquelle ledit fermier a droit de percevoir & lever le huitieme, ou autre droit. Aucuns l’escrivent Aborner, comme, si on disoit mettre & accorder certaines bornes et limitations de prix et redevance : de sorte que quelque quantité qu’on en vende, le droit de la verité ne passera le prix de la composition faite, quasi Adlimitare, siue certos pecuniae redemptori soluendae limites ac terminos pangere.

Abonner aussi, selon maistre Fr. Ragueau, signifie aliener, changer, quand le vassal aliene ses rentes & debvoirs, hommages, ou change l’hommage à devoir.

Aborder, act. acut. C’est venir à bord, approcher quelque chose, Applicare, Appellere, composé de a, et border.

Aborder, ou mettre les navires à bord, Naues ad terram applicare.

Aborder à terre, et se retirer vers quelqu’un, Se ad aliquem applicare, adire. Cic. lib. 3. epist. fam. Terent. in Andr. Verbis compellere. Lateri se alicuius adiungere.

Aborder de paroles aucun, Aggredi aliquem dictis.

Abord, m. acut. Approche, Appulsus, Appulsio, Applicatio.

Abordement, m. penac. Congressio, Congressus.

Abordable, com. gen. penac. Chose qui se peut aisément aborder, et approcher. Qui quæ ve adiri potest, estant ceste terminaison, able, és mots François le plus souvent signification de facilité et aisance, comme faisable, muable, tenable, qui se peut faire, muer, tenir, & en autres semblables.

Aborner, voyez Abonner.

Aboutir, act. acut. C’est faire bout, comme, L’aposteme a abouti. Caput fecit. Aboutir aussi est toucher à quelque chose & confiner à icelle par le bout, que les Latins appellent frons, comme, Cette maison aboutit au grand chemin. In fronte viam publicam limitem habet. Selon laquelle signification on dit les aboutissants d’une maison ou heritage, pour les limites des deux bouts d’iceluy de devant & derriere. Limites a fronte & tergo, aut a fronte & a tergo.

Aboutir à une terre, Attingere a fronte aut a tergo terram aliquam, Confinem esse.

Aboutissant, com. gen. penac. voyez, Aboutir.

Aboutissement, m. penac. Confinium, a fronte aut a tergo.

Abouuier, act. acut. Mot usité en certains lieux de Normandie, pour lascher les bœufs du joug apres qu’ils ont labouré, et les desjoindre. Abiugare tauros.

Abri, m. acut. Apricum, Aprici, Est un lieu couvert et remparé contre le vent et la pluye, Locus a vento ac pluuia tutus. On dit, estre à l’abri du vent, quand on est en un lieu remparé du vent, si que le vent ne le chocque point. Et par metaphore se prend pour retraite, lieu à garand et de seureté. comme, Je suis à l’abri de l’importunité du monde, de l’oppresse, de la guerre, de la calomnie. Liber ac tutus sum ab hominum importunitate, a vexatione, a bello, a calumnia.

Abri est en la terre ce que cale en mer, et partant ne peut estre de ce mot Latin apricus, jaçoit que Nebrissense rend en Espagnol abrigado lugar pour locus apricus.

Qui demande à estre à l’abri, et se tenir au soleil, Homo apricus.

Estre à l’abri, Apricari.

Se mettre à l’abri pour eviter la pluye, c’est à dire, à garand de la pluye, et se mettre à couvert. Sub tectum subire.

A bride auallée, par forme d’adverbe, Effusis habenis. voyez Bride.

Abricot, m. acut. Malum Armenium, Prunum Armeniacum.

Abricotier, Malus Armenia, Prunus Armeniaca.

Abrier d’arbaleste, voyez Arbaleste.

Abroger, Est Latin, act. Abrogare, Antiquare.

Abroger un edict, Edictum refigere.

Abrogation, penacut. Abrogatio.

Abruuer, Abruuoir, voyez Abbreuver, Abbreuvoir.

Absconser, Vient du mot Latin Absconsare, dont il tient sa signification, et signifie Abdere, Condere se in abditum. Les Picards dient Esconser. Le soleil est esconsé, c’est à dire, caché et couché, Occidit sol. Esconcement de soleil. Occasus solis. Aucuns dient Reconser.

Absent, m. acut. Est pur Latin. Absens, Estre absent, Abesse.

Faire quelque chose pour aucun absent, Absentis alicuius negotium gerere.

Il n’y a rien pour les absens, Absentum ratio non habetur.

Il gaigne autant absent que present, Absentis perinde ac præsentis ratio habetur.

Absence, f. penac. Absentia.

Absence legitime, Absentia iusta et causaria.

En nostre absence, Absentibus nobis, vel absente nobis.

Absenter, acut. est se partir d’un lieu, et transporter en un autre, et est tousjours prins en mauvaise part, comme, Il s’est absenté du pays. E patria excessit, diffugit, metu nempe supplicij ob aliquod facinus perpetratum, Absentare.

Absince, ou Absynthe, Absinthium, ou Absynthium. Aucuns l’appellent Aluyne : les autres Fort, à cause de la forte odeur et vehemente amaritude : Aucuns la mort aux vers.

Vin d’absinthe, ou d’aluyne, Absynthites.

Absoudre, act. penac. Est declarer innocent aucun des crimes à luy mis sus. Selon ce on dit, Il est declaré absous et relaxé. Absoudre aussi est delivrer et aquiter du forfait commis et de la peine qui en depend : et ainsi en usent les ecclesiastiques. Absoluere, E reis eximere.

Il vient du Latin absoluere, par syncope, metathese & epenthese.

Absoudre de peine et de coulpe, Eximere noxae poenaeque, B. Vulgo dicunt Absoluere a poena et culpa.

Absous, m. acut. Absolutus. Liberatus.

Absous à pur et à plain des cas à luy imposez, Reus omnino noxis solutus.

Absous par l’opinion de la pluspart, Absolutus copiose.

Absoute. f. penacu. Absoluta, Liberata.

Absoute generale, f. Lustratio populi, Lustria, qui se fait tous les ans la sepmaine saincte par l’Evesque.

Absolution, f. acut. Est pur Latin, et signifie declaration de n’avoir commis aucune faute. Culpae liberatio.

Absolution generale, ou absoute. Publica populi lustratio.

Abstenir, neutr. acut. Et est pur Latin, tiré de Abstinere, S’abstenir de vin un jour. Vino vnum diem temperare, Continere se a vino, Vino abstinere in vnum diem.

S’abstenir de manger, Cibo abstinere, Se cibo abstinere.

Abstinence, f. penacut. Abstinentia.

Abstinence de vin, Vini abstinentia.

Abstinence de soupper, Coenae abstinentia.

Abstinence de guerre, Feriae bellicae, B. Induciae temporariae.

Abstersif, m. acut. Qui a proprieté et faculté de nettoyer, Abstergendi facultate praeditus.

Abstersive, f. penac. Abstergendi vel detergendi facultate praedita.

Abstrus, m. acut. Caché, Profond, et partant difficile, Abstrusus, Reconditus, Occultus, est pur Latin.

Abstruse, f. penac. Occulta, Abstrusa, Recondita, Secreta.

Absurde, com. penac. Est pur Latin. Absurdus, absurda, adjectif, et quelquefois substantif, et se prend in extracto, et alors est neutre, comme, Ce seroit un trop grand absurde. Nimia haec quidem esset absurditas.


Absurdité, f. acut. Ineptia.

Absurdement, adverb. acut. Absurde.

Abuser, actiu. acut. Est n’user selon droit et raison de quelque chose. Abuti.

Abuser aussi est tromper aucun sous fauce promesse et esperance, Falsum habere aliquem, Verba illi dare, Frustrari aliquem, Selon laquelle signification on dit, Abuseur pour un trompeur en ceste sorte.

Abuser aussi est tomber en erreur, prenant une chose pour une autre, comme, Je me suis abusé en cela, Sum in ea re hallucinatus, Errore lapsus.

Abuser aucun et se moquer de luy, Aliquem frustrari, Deludere, frustra habere.

Abuser aucun et le tromper, Offundere errorem alicui, Imponere alicui, Frustrare aliquem, Frustrationem in aliquem iniicere, Frustrationes alicui dare.

Tu ne me sçaurois abuser, je te cognoy trop, Irrides, nihil me fallis.

Mener et abuser quelqu’un de belles paroles, Ductare aliquem frustra, Ducere aliquem phaleratis dictis.

Si je ne m’abuse, Nisi me animus fallit.

Tu abuses de tes amis, Stulte amicis vteris.

Il s’abuse beaucoup, Errat longe.

On s’abuse au nom, Erratur in nomine.

Tu t’abuses, cest à dire tu perds temps à penser faire cela, Nihil agis, B. ex Plauto, oleum et operam perdis.

Tu t’abuses si tu le crois, Erras si id credis, Falsus es.

Tu t’abuses totalement, Tota erras via.

Je sçay bien en quoy tu t’abuses, Teneo quid erres.

A fin que tu ne t’abuses, Ne frustra sis, B. ex Plauto.

C’est pour cestuy que je l’ay, et non pas pour toy, à fin que tu ne t’abuses, Huic, non tibi habeo, ne erres, Ne frustra sis.

Abusé, m. acut. Circumscriptus, Illusus, Falsus, Frustratus, Circunductus, Captus dolis.

Abusé par argent, Captus pecunia.

Estre abusé et trompé, Falsum esse, Frustra esse, Capi dolis.

Je suis abusé et deceu de mon esperance, Fefellit spes.

J’ay esté fort abusé de l’estime que j’avoy de toy, Opinio de te multum me fefellit.

O qu’il est bien abusé ! Vt falsus animi est.

Il est bien abusé et deceu de ce qu’il pense, Longe fallitur opinione.

Il ne m’a point abusé, Nihil me fefellit.

Si je ne suis point abusé en mon cas, Si bene me noui.

Abusée, f. penac. Elusa, Decepta, Errans.

Abus, m. acut. Abusus, huius abusus, Abusio, abusionis.

C’est abus, Frustratio est, opera perditur.

Abus et tromperie, Impostura, Frustratio, Praestigiae.

Abuseur, m. acut. Impostor, Frustrator, voyez Abuser.

Abuseur de simples gens, Supplantator simplicitatis.

Abusement, m. acut. Frustratio, Ludificatio.

Abusif, m. acut. Ce qui est contre l’usage commun, Frustrarius et frustrarium.

Abusifve, f. penac. Frustrariae.

Abusement, m. acut. Frustratio, Ludificatio.

Abysme, m. penac. substantif. Est proprement quelque profondeur sans fonds arresté, c’est à dire en laquelle on ne void point de fonds. Baratrum, Vorago, Abyssus, mot Grec dont il semble que Abysme François soit tiré, mais Abussos en Grec signifie un abysme d’eau, là où le François dit particulierement Gouffre, et par mot general Abysme, qu’il applique aussi à toutes profondeurs immenses, soyent terrestres ou autres. Et est Abysme composé tout ainsi que le Grec Abussos, de A particule Grecque privative et negative ; et de ce verbe Grec buô, qui signifie clorre, fermer, parce que l’abysme est patent et sans arrest ne obstructure au fonds, ains de profondeur desmesurée. Et parce que du present dudit verbe buô, le preterit parfait est bébusmai, dont busma et busmos inusité viennent, le François l’escrit par s, Abysme, combien qu’il ne le prononce, ains comme s’il estoit escrit Abyme. Ou bien il est composé de A particule Grecque intensive, que les Grecs appellent epitatique, et buthmos, qui signifie caverne, comme si l’on disoit, une grande et merveilleuse profondeur et lieu caverneux ; selon laquelle composition, la lettre, s, y seroit du tout superfluë, et n’y servant de rien, non pas mesmes pour charactere de la deduction dudit mot. Abyme.

Abysmé, m. acut. adjectif. Est jetté ou lancé en abysme. In imum deiectus, Voragine absorptus, qui chasmate deglutitus est. Le François use de ce mot plus communément, quand une crevasse et ouverture se fait en terre, qui engloutit ce qui luy estoit au dessus, comme Sodome, et Gomorrhe furent abysmées. Le village de Frittole aupres de Puzzole a esté abysmé. Chasmate deuoratae. Hiatu terrae ingenti absorptae fuerunt. Combien qu’il en use aussi en cas d’abysme d’eau, et par translation, en use pour dire que quelqu’un est de bien haut estat et richesses devenu miserable. In imum rerum humanarum demersus.

Abysmée, f. penac. adjectif.

Villes abysmées, Vrbes absorptae chasmate, voraginibus, voyez Abysmé.

Abysmer, actif. acut. C’est jetter en abysme, et par translation, ravaller ou desrocher aucune chose du haut en bas, comme, Il m’a abysmé par sa malice et malignité. Nequitia sua me de alto in imum depressit, Et parce que ce qui est en abysme ne se void plus, nous disons Abysmer pour enfoncer si avant que ce soit comme s’il n’estoit plus. Il a abysmé son ennemy. Ad nihilum deduxit, euulsit, eradicauit, ex hominum contuitu erasit. voyez Abysme.

ACA, ou ACE, ou ACON, ville située en Phenice. Depuis elle a esté nommée Ptolemais par les Ptolomées roys d’Egypte.

acaire, m. acut. nom propre d’homme, Acarius.

Acanthe, voyez Branque Vrsine.

Acariastre, com. penac. Cil ou celle qui se gouverne par furie, et hors de toute raison, aussi luy adjouste-on presques tousjours ce mot fol, disant Fol accariastre, Insanus, Furiatus, Peut estre qu’il vient de kari id est caput : Comme si on disoit akaris un homme sans teste, c’est à dire sans cervelle ne entendement : ou de sainct Acaire, auquel on meine telles gens en pelerinage, ou de Acharis mot Grec, qui signifie sans grace.

acarnanie, Acarnania. Le pais d’Acarnanie est à present dict Ducat, ou Duché.

Accabler, actif. acut. C’est affouler aucun de coups pesans, l’aterrer à force de pesanteur, et de charger sur luy, Opprimere aliquem, Obruere.

Accablé, m. acut. Obrutus, Oppressus.

Accablée, f. penac. Obruta, Oppressa.

Accagnarder, act. acut. Composé de ad et cagnarder, qui vient de cagnard, qui est un lieu à l’abri du vent exposé au soleil, où les vautriens et faineants s’assemblent à rien faire, et estre le ventre au soleil, qu’on appelle pour ceste cause cagnardiers. Et signifie s’adonner à faineantise. Desidiae cessatrici ac inertiae sese dedere, turpi otio assuescere.

Accelerer, actif. acut. Est composé, et pur Latin, de ad et celerer inusité, qui vient de celer, aussi Latin qui signifie leger, prompt, habile. Accelerare, Le naïf François est haster, qui est d’action reflexive, car on dict, Je me haste, Accelero, Haste toy, Accelera, Il se haste, Accelerat.

Acceleration, f. Acceleratio.

Accent. m. Est pur Latin, et signifie l’elevation, ou rabbaissement, ou contour de la voix en prononçant quelque diction, Accentus, et consequemment signifie les virgules et marques apposées aux mots indicans les endroits d’iceux où il faut hausser, ou rabbaisser, ou contourner la voix : dont il y a trois manieres, accent aigu, dont voici la figure, / accent grief ou grave, ` et accent circonflex ou contourné, ^ ou ~.

Accent aigu, selon lequel la diction est dite aiguë, est assis sur la derniere syllabe de la diction, comme il l’est en tous les noms masculins et infinitifs François, peu s’en faut, comme banny, baston, foüet, frapper, tuer, et autres.

Accent aigu, selon lequel la diction est dite penacuta, est assis sur la penultiesme syllabe de la diction, comme en la pluspart des noms feminins François, beste, femme, Dame, foulée, et en certains infinitifs, braire, taire, frire, duyre, escourre.

Accent aigu, selon lequel la diction est dite antepenacuta, n’a point de lieu en la langue Françoise, si lon ne le vouloit placer en ce verbe Javeler, que aucuns prononcent par ledit accent, et bien fort peu d’autres.

Accent circonflex, ou contourné, selon lequel la diction est dite circonflexe, n’a point de lieu en la langue Françoise, si qu’on en ait notoire appercevance, si l’on ne vouloit dire, qu’il se trouvast en Neelle Chaalons, Seel, Laon, Caën, faon, Haa, et és feminins finissans en deux voyelles, foulêe, batûe, ou en une diphtongue et une voyelle, Blaye, saulsaye, playe.

Accent acut, ou eslevé, Accentus acutus.

Accent grave, ou bas, Accentus grauis.

Accent circonflex, Accentus circunflexus.

Accentuer, act. acut. Est marquer et prononcer l’accent, Accentuum apices notare, Tenorum notas appingere, Accentum obseruare, efferre.

Accentuer une syllabe en haut ou en bas, ou en circonflex, Syllabam acuere, vel eleuare, Grauare, vel Deprimere, vel Circunflectere.

Accepter, actif. acut. C’est recevoir et avoir pour bonne et aggreable quelque chose, Acceptare.

Je l’accepte pour mon serviteur, Placet ac gratum mihi est in famulis illum habere, famulis adnumerare.

Accepter une loy, Legem accipere.

Accepter l’excuse ou purgation d’aucun, Se contenter de l’excuse, Satisfactionem accipere.

Acceptable, com. gen. penac. Recevable et aggreable envers chacun, Gratus, Acceptus, Mettable.

Acceptilation, f. acut. Est un payement ou plustost, un acquit imaginaire de ce qui est deu par stipulation, et se forme ainsi entre le debiteur, et le creancier. Tiens-tu pas pour eu et receu ce que je t’ay promis ? ouy je le tiens.


Acception, distinction, Acceptio, Acception de personnes.

Il ne faut point avoir acception de personnes en justice, Causae studendum est, non personae : Iuris ratio, non amicitiae habenda est : Deponenda est amicitiae persona simul ac calculus in manum sumitur, assumendaque integritas, iurisque religio.

Acces, m. acut. C’est entrée à quelque chose, Aditus.

Nul ne peut avoir acces à luy, Nemo potest ad illum accedere.

Acces de fievre, Accessus febris, Paroxismus.

Acceßion, f. acut. Appendix, Accessio.

Accessoire, com. penac. Ce qui est outre le deu, substance et principal de quelque chose, Accessio.

Estre accessoire, et se donner parmy le marché, Accedere.

Soy voyant en cest accessoire, Destitutione illa perculsus, Quintius, B. ex Cic. pour en ce danger.

Accessible, com. penac. Accessu facilis.

Accident, m. acut. proprement prins est ce qui advient à la substance, et departir s’en peut sans le deperissement d’icelle, comme, blancheur, curvature, et semblables. On en use aussi pour cas desastreux, malencontres et infortunes. Selon ce on dit, Il luy est advenu un grief ou grand accident. Grauis illi casus contigit. Ce sont de grands accidents. Grauia haec quidem sunt infortunia. Accidens, aussi est-il pur Latin, calamitas.

Un accident advenant au corps, ou à l’esprit au moyen de quelque cause que ce soit, Affectio.

Accidental, m. acut. Fortuitus.

Accidentale, f. penac. Fortuita.

Accoint, m. acut. Familier et amy d’approche, Pernecessarius, B. akoitis idem valet quod maritus, akoitis vxor, hinc forte, Accointance, Familiaris, familiaritas.

Mon accoint, Meus familiaris, Meus necessarius.

Accointable, com. penac. Aisé à hanter et estre fait amy, Pronus, Facilis ad conciliandum, Ad amicitiam ineundam.

Accointance f. penac. et familiarité qu’on a les uns avec les autres, Familiaritas, Consuetudo, Consortium.

Accointement, m. acut. mot peu usité, Conciliatio.

Accointer, act. acut. Composé de ad et cointer inusité, et signifie avec cointise et honesteté recercher aucun pour se le faire familier et amy, Probis honestisque rationibus alicuius beneuolentiam ac familiaritatem parare : In consuetudinem alicuius venire, comme, Il se veut accointer de gens de bien, Probos viros sibi amicos quaerit ac parare studet.

Accointer aussi est rendre et faire coint, joly et mignon : comme, Accointer une pucelle, c’est à dire, la faire cointe et jolie, Comere, Excolere, Redimire, Ornare.

Accoiser, ou Acquoiser, act. acut. Composé de ad et coiser inusité, et signifie rendre coy, s’appaiser, Quasi ad quietem reducere, comme, nous disons Appaiser, ad pacem, sub. reducere. l’Italien dit racchettare, acchettare.

Accoiser, Tranquillitatem facere, Tranquillare, Sedare.

Accoisé, m. acut. Sedatus, Tranquillatus, Compositus, l’Italien dit rachettato.

Accoisée, f. penac. Quieta, Sedata.

Accoller, act. acut. Composé de ad & coller inusité, & signifie proprement embrasser quelqu’vn, luy iettant les bras autour du col, mais on en vse aussi generalement pour embrasser. In complexum alicuius venire, Amplexari, Iniicere brachia collo, Amplexu collum prehendere.

Accollade, f. penac. Est l’embrassement qui se fait iettant les bras autour du col de celuy qu’on embrasse. Amplexus brachiis collo iniectis.

Acollée, f. Embrassement, comme, Le faisant cheualier, il luy donna l’accollée, voyez accollade.

Accommoder, act. acut. Est proprement rendre une chose commode, seante et propre à un autre, comme, Je luy veux accommoder une couronne sur sa teste, c’est à dire, Adapter une couronne, et la mettre bien proprement sur sa teste, Coronam illi ad caput accommodare, capiti adaptare.

Accommoder une espée à son costé, et la ceindre comme il appartient. Ensem lateri accommodare.

Accommoder sa voix et prononciation à la nature de la chose dont on parle, et prononcer selon que requiert la matiere subjecte, Vocem veritati accommodare.

S’accommoder à la volonté d’aucun, Accommodare et fingere se ad alicuius arbitrium et nutum.

S’accommoder au temps, Tempori inseruire.

Accommodable, com. gen. penac. Accommodable à toutes choses, Rebus omnibus aptabilis.

Accompagner, actif. acut. Est faire compagnie, Comitari, Dare se comitem alicui, Composé de ad et compagner inusité.

Suyvre et accompagner, Prosequi.

Accompagner tousjours aucun, sans le laisser jamais, Non discedere ab eius latere.

S’accompagner et s’associer d’aucun à faire la guerre, Consociare arma cum populo aliquo.

S’accompagner de gens de guerre, Militibus lateranis stipare, Latronibus instruere.

S’accompagner avec aucun, Societatem cum aliquo inire, Dare se in societatem, Conferre se in societatem alicuius.

Accompagner un corps, ou les funerailles, Funus prosequi, Exequias funeris prosequi.

Qui accompagne, Comes.

Accompagnable, com. gen. penac. Est celuy ou celle qui est aisé à se rendre compagnon d’aucun. Sociabilis.

Accompagné, m. acut. Sociatus.

Mieux accompagné que de coustume, Solito comitatior.

Qui n’est point accompagné, Incomitatus.

Qui n’est point accompagné de beaucoup de gens, Parcus comitatu.

Accompagnée, f. penac. Composé de ad et compagnée adjectif. Comitata, Sectata.

Accompagnement, m. acut. Assectatio, Comitatus, Consociatio.

Accompagnement pour faire honneur à aucun, Assectatio officiosa, Assiduitas.

Accompagnement de table, Contubernium.

Accomparager, actif. acut. Composé de ad et comparager, et signifie faire comparaison d’une chose à une autre, Æquiparare, Comparare, Conferre.

Accomparager et autant priser Annibal que Philippe, Æquare Annibali Philippum.

Accomplir, actif. acut. Composé de ad et complir, et signifie mettre à plein, et consequemment parfaire, Peragere, Perficere, Perducere ad exitum, Complere, Absoluere.

Accomplir son entreprinse, Consilium exequi.

Accomplir ce qu’on nous baille en charge de faire, Mandata alicuius efficere, conficere.

Accomplir le cours de sa vie, Implere cursum vitae.

Accomplir le temps, Tempus implere.

Accomplir le nombre, Numerum explere.

Accomplir sa promesse, Promissum facere, Perficere promissa.

Tout est accompli, Facta, transacta omnia.

Il est accompli de toutes bonnes parties, Homo est omnibus numeris absolutus.

Il a cent ans accomplis. Annos centum impleuit.

Accomplissement, m. acut. Peractio, Perfectio, Complementum.

Acconduire, actif. acut. Composé de ad et conduire, et signifie amener par train et suite, Adducere, Deducere, Des Essars au prologue de Josephe : Considerant ceste ruïne estre advenuë par les seules dissentions civiles des nostres, et seditions des tyrans qui acconduirent les Romains malgré eux jusques dans le sainct temple.

Acconsuyvre, actif. penac. Composé de ad et consuyvre, C’est r’atteindre, Assequi, Consequi, Acconsuyvre un qui va devant.

Je ne scauroye acconsuyvre et embrasser par paroles le grand plaisir que tu m’as fait, Non possum magnitudinem beneficij tui complecti oratione.

Accoquiner, act. acut. Est rendre quelqu’un ou quelque beste si privée en sa hantise, qu’elle ne vueille estre nulle part ailleurs. Il est composé de ad et coquiner, qui vient de coquin, qui signifie aussi privé, apprivoisé.

Accoquiner un oiseau, Cicurem ac domesticam auem efficere.

Accoquiner aussi est, prendre le train paresseux d’un coquin et faineant, comme, Il s’est accoquiné, Desidiae cessatrici se tradidit.

Accorder, act. acut. Semble qu’il vienne de ces deux mots Latins, Ad cor : quasi ad vnum cor, siue eandem voluntatem adducere, Amener deux personnes à un cœur et une mesme volonté, et consentement.

La maniere d’accorder divers sons, Harmonica ratio.

Accorder parmy d’autres en chantant, Accinere.

Accorder avec aucun, Consentire, Concordare.

Je m’accorde avec toy, Consentio tibi, vel tecum.

Je m’accorde à Theophraste, et suis de son opinion, Assentior illud Theophrasto, adstipulor.

Je m’accorde à ce que tu escrits, Assentior tuis literis.

Je te l’accorde, Pactam rem habeo.

Je vous accorde cela, Concedo, Do vt postulas. Cic.

Il accorde de prendre la fille de Xerxes, Cum Xerxe nuptias filiae eius paciscitur.

Il a accordé de bailler deux mille, Pactus est duo millia.

Accorder une fille, c’est sous certains accords et convenans faire promesse de futur mariage à elle, Nuptias pacisci, despondere, dont la fille de la en avant est dite Accordée, et le futur mary, Accordé, en correlation l’un de l’autre.

Nous accordons nous deux en tout, Communia sunt mihi omnia tecum.

Ils ont accordé ensemble lequel d’eux deux iroit avec les ambassadeurs, Compararunt inter se vter cum legatis iret.

Accorder une paix, pacem pactam habere.


Accorder d’un delict, Pacisci, Depacisci. Gell. lib. 20. c. 1.

Accorder tout à aucun pour avoir la repeüe franche, Parasitari.

Accorder tout ce qu’un autre dit pour luy complaire, Assentari.

Accorder quelque differend, De re controuersa componere.

Accorder aucuns, et faire leur appointement, Aliquos in pristinam concordiam reducere distractos.

Accorder à quelqu’un ce qu’il demande, Subscribere alicuius voluntati, Precibus alicuius morem gerere.

Accordez et ottroyez nous une chose, Vnum exorare vos sinite nos.

Accorder volontiers à aucun ce qu’il demande, Se alicui facilem praebere.

Accordez luy de vostre bon gré ce à quoy le droit vous contraint, Quod vos ius cogit, id voluntate impetret.

Accorder quelque chose à quelqu’un, Concedere aliquid, Car en ce cas d’un superieur envers le requerant, accorder est ottroyer. Ainsi le Roy au bas des placets qu’il ottroye, met ce seul mot, Accordé, c’est à dire ottroyé : ce que le sainct Pere fait mettre en ces mots, Concessum vt petitur, aux supplications qui luy sont rapportées. Aussi les placets presentez en tout temps à nos Rois, estoient et sont tousjours couchez en ces mots, Plaise au Roy accorder, etc. c’est à dire ottroyer. Aussi le François dit, sa requeste luy a esté ottroyée, c. accordée, L’energie du mot importe le consentement de celuy qui ottroye à la supplication, demande et desir de celuy qui requiert.

On luy a accordé ce qu’il demande, Gestus est illi mos.

Accorder et convenir de juges et arbitres, In iudices atque arbitros conuenire.

Accorder tel juge que l’on voudra, Cedere quemuis arbitrum aut iudicem, Vadimonium quoduis promittere, non recusare.

Accorder tout ce que l’on veut, Non recusare quiduis depacisci.

Accorder que le juge die droit par ce qui est par devers luy, ou par ce qui a esté plaidé, Mittere in consilium.

Accorder toutes telles conventions qu’il plaist à nostre partie adverse, Depacisci ad conditiones alterius.

Accorder à partie ce qu’il demande, Digitum tollere.

Accorder par les parties leurs faits, Ea quae in facti disceptatione erant, inter se constituere.

Accorder les escritures, Scripta dubia, quaeque repugnare videntur, conciliare.

S’accorder au traité, Pactionem ratam habere.

S’accorder au traité, Ad pactionem venire.

S’accorder et obeïr à la sentence, In eo quod iudicatum est stare, Iudicatum facere.

S’accorder à aucun, Conformare se ad alicuius voluntatem, Annuere, Cedere alicui, Concedere in sententiam alicuius, Alicui accedere, Assentiri, Astipulari, Consentire, Fauere sententiae alicuius.

S’accorder et se joindre avec aucun, Coïre cum aliquo et coniungi, Stare ab aliquo.

S’accorder à aucun quant aux paroles, Consistere verbis cum aliquo.

S’accorder aux mœurs d’autruy, Moribus alterius se dedere, Terent. in Andr. Obsequi.

Sa parole s’accorde et ressemble à sa vie, Consonat moribus oratio. Dictis facta aequat.

Qui s’accorde à aucun, et est de son opinion, Astipulator.

Qui s’accordent bien ensemble, Bene conuenientes.

Qui ne s’accorde pas facilement ou aiséement, Inhabilis ad consensum, Insociabilis.

Gens qui ne s’accordent point volontiers à ce qu’on dit, Gens controuersa natura.

Ils ne s’accordent pas ensemble, Aberrant inter se, Inter se dissident atque discordant, Inter se dissentiunt.

Cecy ne s’accorde pas à cela de dessus. Hoc non respondet superiori.

Ne s’accorder point à l’opinion d’aucun, Abhorrere a sententia alicuius.

Cela est accordé entre toy et moy, Constat hoc mihi tecum.

Il a esté accordé entre eux, Conuenit inter eos.

Apres avoir declaré ce qu’ils avoient accordé et arresté avec Marcel, Expositis quae pacta iam cum Marcel haberent.

Mal accorder, Discordare, Dissidere, Dissentire.

N’accorder point, Differre.

Qui n’accorde point, Incongruens, Inconueniens.

Je ne vous accorde point cela, que vous l’aimiez plus que moy, Non concedo tibi, plus vt illum ames, quam ego ipse amo.

Comment se peut accorder cela, de dire, etc. Qui igitur conuenit, dicere, etc.

Accorder les escritures, Constituere disceptationem, B. ex Cicerone.

Promettre et accorder sa fille en mariage, ou son fils, Despondere, Destinare puellam.

Accordance, f. penac. Signifie consonance en matiere de sons soit de voix soit de cordes. Car ce mot est plus usité entre musiciens qu’ailleurs. Consonantia, Symphonia. Ainsi dit on de plusieurs musiciens chantants ou joüants d’instruments musicaux ensemble, ils n’accordent pas ; et d’une tierce, quinte, ou octave, que c’est bonne accordance.

Accordant, m. Congruens, Consonus, Consentiens.

Un son accordant, Canor, canoris.

Par un cry accordant, Consonante clamore.

Chose accordante et revenante à un autre, Cognata res.

Voix mal accordant, Vox absona, B.

Homme mal accordant, Homo voce absonus, B.

Accordante, f. penac. Consentiens.

Accordé, m. acut. particip. Qui pactionem iniit, comme, Il s’est accordé avec son ennemy. In pacta conuenta cum hoste venit, Accordé aussi se prend en substantif, et signifie celuy qui se fiance à une fille ou femme. Sponsus, comme, Il est mon accordé, Sponsus meus est.

Mal accordé, Discors.

Accordée, f. penac. a la mesme signification que Accordé, Sponsa, Desponsata puella.

C’est une chose accordée entre tous, Constat inter omnes.

Choses accordées estre veritables, Res confessae.

Accord, m. acut. signifie consentement de deux ou plusieurs sur un fait. Consensus, comme, Ils sont tous d’un accord, In idem consentiunt.

Accord aussi se prend pour le contract qui contient ledit consentement. Tabulae pactorum conuentorum, comme, Voila les accords du mariage, Ecce tabulas pactorum matrimonialium.

Accord en outre se prend pour la consonance de deux ou plusieurs sons. Selon ce les musiciens disent une tierce, quinte ou diapason estre bons accords. Harmonias esse, consonantias.

Faire un accord melodieux composé de divers sons, Ad harmoniam canere.

Accord et convenance, Consensus, huius consensus.

Accord et consentement, Assensio, Assensus, Consensio.

Commun accord, Conspiratus.

Estre de commun accord, Conspirare in commune.

Quand plusieurs ordonnent quelque chose de commun accord, sans ce qu’il y ait une seule opinion au contraire, Coniunctis sententiis decernere.

Accord de deux ou plusieurs volontez, Vnanimitas.

Accord de tous, Plausus aequabilis.

Accord pour paction, convention, Pactum, Pactio, Conventio, l’Italien dit aussi, Accordo.

Accord et convenance matrimoniale, Sponsalia sponsaliorum.

Accord et alliance, Coitio.

Traité et accord de paix qu’on n’entretient pas, Foedus infidum.

Accord et consentement fait trop legerement, Opinatio.

Accord inconstant, Lubricus assensus.

Accord de vertus, Virtutum carmen.

Accord, composition, appointement, transaction, Decisio, Decisum.

Accepter un accord selon que la partie adverse l’a basty, Conditionem paciscendi accipere.

Il me semble que l’accord est bien fait, que la chose est bien acordée ainsi, Recte conuenisse censeo.

Estre d’accord, Conuenire, Transactum habere.

Ils sont bien d’accord, Bene conuenit inter eos.

Estre fort bien d’accord avec un autre, Optime cum aliquo conuenire.

Estre d’accord et d’une mesme opinion, Re cum aliquo concinere.

Je suis d’accord de ce avec toy, Constat hoc mihi tecum.

On est d’accord de cela, Constat de hac re.

On est d’accord du fait, De facto conuenit.

Ils sont d’accord quant aux mises et receptes, Conuenit inter eos ratio accepti et expensi.

N’estre point d’accord et de l’opinion d’un autre, Excidere ab aliquo.

Ils ne sont point d’accord entre eux, Inter se dissentiunt.

Chose dequoy on n’est point d’accord, Controuersa res.

Nous sommes d’accord, Ils sont appaisez envers moy, Placatis his vtor.

S’ils n’estoient point d’accord, Si variarent.

Peuple qui n’est point bien d’accord avec le Senat, Disiunctus populus a Senatu.

Tout d’un accord, Aduerbialiter. Vna voce, Vno animo, Vno ore, animis ac sententiis coniunctis.

Tout le monde est d’accord de cela, Tout le monde en dit autant, Haec vna vox omnium est.

Faire accord, Conuenire, Pacisci, Depacisci.

Mettre d’accord, Ad concordiam adducere, Pacem componere, Conciliare.

Par accord, Pactione.

Ils sont comprins en l’accord et traité de paix, De illis cautum est fœdere.

Tenir l’accord et convention qu’on a faite avec aucun, Stare conuentis.

Accordable, com. penac. Celuy ou celle qui sont aisez à condescendre à accord, Qui cum facile iniri pax valet.

Accordance, f. penac. Concordantia.

Accordailles, plur. num. f. penac. est du modele de fiançailles, et signifie le mesme, mais fiançaille est plus usité, et signifient trop plus que ac-


cord, car ils importent la cerimonie et solemnité du fiancer. Ce que l’energie du nombre plurier demonstre, que le Latin retient außi, Sponsalia, (combien qu’au rapport de A. Gell. lib. 4. c. 4. et Seruius Sulpitius et Neratius exposent ce mot pour le seul regard des reciproques stipulations et promesses en tel cas usitées) et l’Espagnol disant Desposorios, De mesme forme est außi Espousailles.

On fera les accordailles, Despondebitur, Fient sponsalia.

Accort, m. acut. Signifie le mesme que Accorto en Italien, dont il a esté prins, c’est avisé d’entendement, clair-voyant, de bon esprit et jugement, Ingeniosus, Solers, Acutus, Prouidus, Cautus, voyez Accortement.

Accorte, f. penac. voyez Accortement.

Accortesse, f. penac. (on dit aussi Accortise) est imité de l’Italien Accortezza, qui signifie subtilité d’esprit, Solertia, Acumen ingenij. voyez Accortement.

Accortement, adverb. acut. Est prins de l’adverbe Italien Accortamente, qui signifie adviséement, et l’œil au guet pour n’estre surprins, et tomber en faute par defaut d’avoir eu les yeux clair-voyans en entreprenant et exequutant quelque affaire, et consequemment se prend pour Industrieusement, Ingenieusement et subtilement, Solerter, Subtiliter, Ingeniose, Acute, Vafre, Astute, Außi toutes ces dictiōs, Accorto, Accortezza et Accortamēte Italienes, yssent de ce verbe Italien, Accorgere, qui signifie ramentevoir, adviser, et appercevoir ce qui est requis au faire de quelque chose ; et les rendant par ces mots François, Advisé, Advisement ou advis, et adviséement, on leur baille ce qu’ils ont de propre de leur naissance.

Accoster, act. acut. Est aussi imité de l’Italien Accostare, estant composé de ad et costé m. acut. comme si vous disiez se ranger au costé de quelqu’un. Ainsi l’on en use pour approcher et joindre aucun, et quelquefois pour prendre sa hantise et conversation, comme, Si tost que je l’eus accosté, Vbi primum accessi ad illum, me lateri eius accinxi.

Accostez-le, Fac te illi familiarem, Adi illum.

Accoter, act. acu. Est appuyer quelque chose qu’elle ne chée ou verse. Fulcra rei labascenti subdere, Suffulcire aliquid. On dit außi Accoter les roües d’une charrete, quand on met sous l’embature des roües, pierre ou autre chose pour empescher qu’elles ne reculent ou aillent avant. Repagulo retinere. Et Accoter une porte à ce qu’elle ne se debatte par le vent, ou bien à ce que les battants demeurent ouverts, Foribus pessula atque obstacula obdere.

S’accoter, et appuyer contre un arbre, Arbori incumbere.

Accoté et appuyé contre un arbre, Accliuis arbori.

Accotepot, m. acut. ou Appuipot, Pulcrum, sive Fulcimentum ollæ. Est composé de accoter & pot.

Accouder, Est s’appuyer du coude, Ex Ad et Cubitus, S’accouder, Inniti, siue Incumbere cubito.

Accoudoir, m. acut. Est un banc ou autre chose sur laquelle on s’accoude, Podium.

Accoucher, neut. acut. Est proprement se mettre en la couche, non ja pour une nuict sans plus, ains pour plus long temps, qu’on dit aussi Alliter, comme, Il s’est accouché malade, Ex morbo decumbit, et par metaphore, Delivrer d’enfant, Parere, comme, La Royne est accouchée d’un fils, Regina filium peperit, par ce que les femmes apres l’enfantement tiennent ordinairement le lict, Aussi dit-on les couches d’une femme, Consuetum cubatus tempus, Et une femme estre en couche, quand apres son enfantement, elle tient la couche et le lict, Cubatum peragit.

Femme qui accouche de son premier enfant, Primipara.

Quand une femme accouche aiséement, Facilis vterus, Facilipara.

Accoucher avant terme, est enfanter avant le septiesme, ou iceluy passé, avant le neufiesme mois de la conception de l’enfant, par ce que en chacun d’iceux termes l’enfant peut yssir du ventre de la mere sans danger de sa vie, Foetum immaturum edere. Sueto. in Octauio cap. 63. Ante iure naturae statum pariendi mensem, adeoque immature parere.

Accouchée, Puerpera.

Accouchement de femme, m. C’est delivrance d’enfant, Partus.

Accoupler, act. acut. Est mettre deux en un lien et ensemble : estant ce mot Couple, significatif, de deux, Copulare, Coniugare.

Accoupler bœufs, Tauros iungere, Iugare.

Accouplez moy à l’opinion de mon frere, Adscribito me fratris sententiae.

Accouplement de bœufs, Boum iunctura, vel adiugatio, Copulatio.

Accourber, C’est amener quelque chose, et l’approcher de nous en la courbant, Incuruare, Alienare. Ouid. lib. amor. 1. Eleg. 1.

Accourcir, actiu. acut. C’est faire plus court, Accourcir les estriers, Breuiare, Decurtare, l’Italien dit aussi Accorciare.

Accourcir en rongnant, Demutilare.

Accourcir le col, Collum contrahere.

Oraisons accourcies, Circuncisæ et breues orationes.

Accourcissement, m. acut. Contractio, Decurtatio.

Accourci, m. acut. Decurtatus.

Accourcie, f. penac. Decurtata.

Accourir, act. acut. Est courir au secours, ou à la veuë de quelque chose, avec plusieurs autres, Accurrere, Celeriter accedere.

Accourir legerement, Aduolare.

Accourir à quelque chose, Accurrere.

Accourement et assemblement de gens, m. acut. Concursio, Concursus.

Accours, m. acut. Accursus, Subvention, Affluence d’advenants, est de la façon de Concours, et decours, tous composez de ce simple Cours.

Accousiner, actif. acut. est se faire et nommer cousin d’aucun, l’appeler son cousin, Consobrinum aliquem sibi esse dicere, consobrini nomine compellare. Et est de la façon d’Apparenter, se faire et nommer parent d’aucun, l’appeler son parent, In consanguinitatem aduocare, admittere. Il m’accousine, c’est à dire, Il m’appelle son cousin, Il ne parle à moy que par cousin.

Accouter, Aucuns escrivent Acouter, les autres Ascouter, les autres et plus communement Escouter, vient de Auscultare, ou de akouô, Grec Audio. Imperatiuus, akoué, akouété, Audi, audite, Acoute, acoutez, voyez, Escoutez.

Accouter à l’huis, Auscultare ab ostio, Auscultare ad fores, Ce qui est dit, d’un espion ou rapporteur.

Accoutons d’icy qu’il fait, Auscultemus hinc quid agat.

Accoute un mot, Ausculta paucis.

Saccouter à l’oreille d’aucun. Ad aurem accedere alicui.

Je t’accouteray, Aurum operam tibi dabo. Plaut.

Accoutement, m. acut. Auscultatio.

Accouteur, m. acut. auscultator.

Accouteur, m. acut. Auscultator.

Accoutrer, actif. acut. Est mettre en deu equippage et ornement, et Aproprier une chose en son deu estat, Adornare, Aptare, Instruere, Combien qu’il se prenne quelquefois par sens contraire, comme, Le Roy s’accoutra de telle cruauté et furie que nul n’osa se presenter devant luy, c’est à dire, Il entra en telle furie et cruauté, car ne l’une ne l’autre n’est seante, deuë, ne propre à un Roy. Et quand on dit d’un qui boit à outrance et s’enyvre : Il s’accoutre bien, Sibi vino nimio mentem adimit, conturbat. Et quand on dit, Il m’a mal accoutré, Malo me multauit Infortunio, Plau. et, ô comme il accoutre les gens ! quam misere nomen cuiusque diuerberat !

Accoutrer honestement, Exornare.

Accoutrer un banquet, Conuiuium aptare, Parare, Apparare, Struere.

Accoutrer les cheveux, Crines digerere, Capillum componere.

Accoutrer un lieu, Locum accommodare.

Accoutrer navires, Naues expedire, Naues instruere.

Accoutrer et parer des peaux, Concinnare pelles, Coria perficere.

S’accoutrer et preparer pour faire quelque chose, Accingere se alicui rei.

S’accoutrer pour aller en Macedoine, Parare iter in Macedoniam.

Accoutrer d’autre sorte, Recurare Interpolare, B.

Je t’accoutreray tantost bien, A contraria verbi sig. Id est, Ego nunc te non mediocri mactabo infortunio, B. ex Plauto.

Accoutré, m. acut. Ornatus, Accommodus, Instructus.

Bien accoutré d’or et de pourpre, Auro et purpura insignis.

Qui n’est point accoutré honestement. Incultus.

Quand tu auras ainsi accoutré cette table, Cum eam tabulam sic aptaueris.

Le cas bien accoutré, Res recte atque ordine constituta, negotium perbelle adactum.

Accoutrée, f. penac. Ornata, Adaptata, Instructa, Parata.

Accoutrement, m. acut. Se prend pour tout habillement d’homme ou de femme, Ornatus, Cultus, B. ex Quin. Vestitus, Indumentum.

Accoutumer, act. acut. Est usiter et prendre en coutume quelque chose, Assuescere, Consuescere, Consuefacere, Assuefacere, l’Espagnol dit de mesme, Acostumbrar, Et est composé de A preposition, et Coutumer.

Accoutumer une ville libre à son obeïssance, Consuetudinem seruiendi afferre liberæ ciuitati.

S’accoutumer, Consuetudinem adhibere, Consuetudinem capere et exercitationem, Adducere se in consuetudinem, Morem facere sibi, Suescere, Assuescere, Consuescere, Assuefacere se alicui rei.

S’accoutumer à l’air de quelque lieu, Æri regionis cuiuspiam assuescere.

S’accoutumer à la guerre, Assuescere rei militari.

S’accoutumer à etranges façons, Peregrinis ritibus assuefieri.

Il les a accoutumez d’obeïr et s’assubjetir aux Romains, Assuefecit parere imperio populi Romani.

Avoir accoutumé quelque chose, In consuetudinem iam aliquid venisse.

Accoutumé, m. acut. Consuetus, Assuefactus.

Accoutumée, f. penac. Consueta, Assuefacta.

Chose accoutumée et usitée, Peruulgata res, trita moribus.

Accoutumé à ce, Assuetus in id.

Qui est plus accoutumé, Assuetior.

Qui n’est point accoutumé de faire quelque chose. Insolens, insolentis, Insuetus.

Qui n’est point accoutumé au travail, Insolitus ad laborem.


Qui n’a point accoutumé quelque chose, Insuetus homo alicui rei.

Qui n’a point accoutumé d’ouïr parler la verité, Insolens vera accipiendi.

Pour ne l’avoir pas accoutumé, Ex insolentia, quandoquidem assuetus non est.

Chose dequoy on n’a point accoutumé d’user, Inusitata res.

Faire faire à aucun chose qu’il n’a accoutumé de faire, Deducere aliquem de statu vitæ assuetæ.

Il a accoutumé de faire liberalité, In consuetudinem benignitatis venit.

On a accoutumé de punir les mechans de cette peine, Hoc genus pœnæ in improbos est vsurpatum.

Comme tu as accoutumé, c’est à dire suivant ton naturel, Vt es praeditus, Suivant ta façon de faire.

Faire comme on avoit accoutumé, Ad ingenium redire, Ad consuetudinem redire.

Ce que tu n’as pas accoutumé de faire, Præter consuetudinem, quod tibi est.

Nous ne l’avons point accoutumé, Non cadit in consuetudinem nostram.

Tu l’accuse plus griefvement que tu n’as accoutumé, Grauius accusas, quam patitur tua consuetudo.

Ce estoit accoutumé de faire le temps passé, Solenne olim id erat.

On a accoutumé, Solenne est, Vsitatum est.

La Cour a accoutumé, Solenne est Curiæ.

Ainsi qu’il est accoutumé d’ancienneté, More maiorum, B. ex C.

Ce que les anciens ont accoutumé, Quod est in more maiorum.

C’est une chose accoutumée de toute ancienneté, Est hoc in more positum institutoque maiorum.

La partie la plus accoutumée, Pars peruulgatior.

Accoutumance, f. penac. Assuetudo, Consuetudo.

Mauvaise accoutumance, Praua consuetudo.

Que la force d’accoutumance ne nous emporte, Ne æstus nos consuetudinis absorbeat.

Faute d’accoutumance, Insolentia.

Prendre accoutumance, Capere consuetudinem, Consuescere.

Accouveter, act. acut. composé de A preposition, et Couveter frequentatif de couver, et signifie proprement s’accroupir sur quelque chose, Incubitare, et par consequent couvrir, Operire, obruere, Est metaphorique du couver des poulles sur leurs œufs.

Accrevanter, act. acut. Composé de ad et crevanter inusité, et signifie desrompre et briser par grand effort de violence, Perrumpere, Nicole Giles en la vie du Roy Philippe Auguste : Le Roy à cette cause assembla son ost, et entra en la terre dudit Roy Jean d’Angleterre, par Normandie, print et accrevanta lesdites places de Boulavant, Argueil, Couches, etc. Solo aequauit muros domosque disiecit, prostrauit.

Accrocher, act. acut. avec croc harper quelque chose, pour la retenir, tirer et aveindre, Vnco prehendere, et par consequent detenir et suspendre, retardare, remorari. Il a accroché le proces, Vnco forensi litem a cursu repressit. Autre chose est pendre le proces au croc.

Accrocher ou arrester le jugement d’un proces, Iudicium sistere causæ, Sententiam morari.

Le proces est accroché, Litis curriculum inhibitum est. Causa hæret in salebra.

Accrochement, m. acut. C’est retention, retardement, comme, Accrochement de proces, Remora forensis.

Accroire, act. penac. Composé de A preposition, et croire, C’est fier, mettre sous la foy d’autruy, comme, Accroire quelque argent, Credere pecuniam.

Accroitre, act. penacut. Augere, Adaugere, Exaugere, Auctare.

Accroitre la honte, Ignominiam auctare.

Accroitre sa vie, Ampliare aetatis spatium.

Accroitre et augmenter les anciennes amitiez, Afferre accessionem ad veteres necessitudines.

Accroitre et augmenter ses biens, Prolatare rem, rem familiarem augere, Locupletare.

Les uns ont accreu et augmenté la ville en une maniere, et les autres en l’autre, Alius alia via ciuitatem auxerunt.

Accroitre et augmenter son labeur, Laborem et studium intendere.

Accroitre la frontiere du Royaume, Fines imperij proferre.

Accroitre le bien public, Amplificare rem publicam.

Le temps accroit le prix et valeur des livres, Arrogat annus pretium chartis.

Cela accroitra fort et augmentera nos maux, Hoc erit nostrorum malorum ingenti accessioni.

Les ennemis s’accroissent et multiplient, ou renforcent, Accessionem faciunt.

Dieu te vueille accroitre en honneur et gloire, Macte esto hac grauitatis gloria, B. ex Plinio.

Dieu vueille t’accroitre cette vertu qui reluit en toy, Macte virtute esto.

Accroitre les biens et honneurs de quelqu’un, Augere et ornare fortunas ac dignitatem alicuius.

Accroitre la magnificence et seigneurie d’autruy, Astruere aliquid magnificentiae et dignitati alterius.

Accroitre de la moitié, Duplicare.

Accroitre d’un an l’exercice de l’office, Annum Magistratui addere.

Accroitre et augmenter l’envie qu’on a sur nous, Inuidiam adaugere, Auctiorem facere.

De plus en plus accroitre, Magis ac magis augere.

S’accroitre, Incrementum capere, Accrescere, Augescere.

S’accroitre aux champs, Rus amplificare prædiorum rusticorum accessione.

Les estudes s’accroissent par liesse, Proueniunt studia hilaritate.

L’ire s’accreut si fort que, etc. Eo ira processit vt, etc.

Accroissance, f. penac. Accroissement, Accrementum, Augmentum, Incrementum.

Accroissement, m. acut. Accroissance, Augmentum.

Accroissement d’honneur et de gloire, Amplificatio honoris et gloriæ.

L’accroissement de la ville, Vrbis incrementum, Pomerij prolatio.

Accroissement de jours, Auctus dierum.

Accroissement de courage, Exaggeratio animi.

Accroissement des droits du Roy, Amplificatio fisci et vectigalium, B.

Donner accroissement, Incrementum afferre.

Prendre accroissement, Incrementum capere, Augescere incrementis.

Donner à quelqu’un accroissement en biens et honneurs, Ornare aliquem et amplificare fortunis ac dignitate.

Qui donne accroissement, Amplificator.

Accreu, m. acut. C’est augmenté, Auctus, adauctus,

Accreuë, f. penac. Aucta, adaucta.

A qui le gain est accreu, Auctus lucro, Plaut.

Accroupir, act. acut. Composé de A, preposition, et croupir, quand la personne ou la beste est assise ou se repose sur ses genoux ou autrement courbée et panchée sur le devant, In genua demisso pectore.

S’accroupir, Sidere, Plin. lib. 10. cap. 63. de canibus, Existimantur in vrina attollere crus fere semestres, id est, signum consummati virium roboris, foeminae hoc idem sidentes.

Accubes, f. penac. plur. num. Signifie gistes, repaires et sejours, Tendre pavillons et accubes. Artus de Bretaigne.

Accueil, m. acut. Est reception d’un advenant : l’Espagnol le dit Accogimiento, l’Italien Accoglienza, Exceptio hospitis, Est composé de A, et cueil inusité.

Faire bon accueil à quelqu’un, Comiter aliquem excipere vel appellare.

Accueillir, actif. acut. Composé de ad et cueillir, est prendre aucun et recevoir aucun à soy, Quasi ad se colligere et admittere, excipere hilariter, Accueillir aussi est arriver et aborder, comme, Les vers y accueilliront, c’est à dire, y aborderont, y viendront, s’y engendreront, Ibi contrahentur vermes.

Acculer, actif. acut. Composé, Est renger et mettre sur le cul, et par consequent arrester et empescher de passer outre, comme, Il a acculé un proces qui estoit en beau chemin, In medio curriculo remoram admouit liti.

Acculer un homme, c’est le reduire en telle necessité, qu’il ne scache par où evader, Ad incitas aliquem redigere.

Acculer un soulier, c’est l’estallonner, l’egarronner.

Accumuler, act. acut. Est mettre ensemble et en tas, Accumulare, Duquel Latin il vient, mettre tas sur tas, que l’Espagnol dit amontonar, monton sobre monton, Entasser, Amonceler.

Accumulation, f. acut. Accumulatio.

Accumulateur, m. acut. Accumulator, Coactor.

Accumulatrice, f. penac. Accumulatrix.

Accuser, act. acut. Accusare, Reum agere, Reum postulare, deferre, Il se prend aussi pour deceler, descouvrir quelque secret : Gaguin au traicté des Herauts : Ne aussi reveler n’accuser emprinses de guerres, ne autres embusches de son party, Detegere, indicare, patefacere.

Accuser aucun en justice, Adducere aliquem in iudicium.

Accuser une femme de paillardise, Probri insimulare mulierem.

Accuser un homme innocent, Innocenti periculum famae aut capitis errare.

Accuser un absent, Absentis nomen deferre, B. ex Cic.

Celuy qui sous promesse d’impunité accuse les complices du cas, dont il est atteint, Index, Asconius.

Il scavoit bien qu’il seroit quelque jour accusé de ce cas, Causam maleficij aliquando sibi dicendam sciebat.

Se mesler et faire mestier d’accuser, Factitare accusationem.

Accuser faussement, Sycophantissare, Falso accusare.

Accusé, m. acut. Accusatus, delatus inter reos.


Accusé d’avoir baillé argent, ou par quelque autre voye illicite brigué un office, Reus ambitus.

Qui est accusé d’avoir commis contre la loy Julia de vi, Reus de vi.

Qui a esté accusé du peuple, Factus reus a populo.

Estre accusé pour le fait d’autruy, Reus alienæ culpæ.

Representer un homme accusé pour lequel on s’estoit constitué caution, Exhibere reum.

Qui ne fut jamais de rien accusé que maintenant, In crimen nunc primum adductus.

Faire le proces à un accusé, Lege interrogare.

Accusée, f. penac. Accusata, Delata.

Accusatif, m. acut. Est le quatriesme des six cas, par lesquels les noms, pronoms et participes sont declinez, voyez Ablatif.

Accusation, f. acut. Accusatio, Delatio reatus.

Accusement, m. acut. Accusatio, peu usité.

Une accusation par laquelle les nations estrangeres qui sont nos alliez poursuyvent les injures de nos magistrats, Iudicium sociale.

L’accusation est abbatuë et esteinte, Concidit et extinctum est crimen.

Forger et bastir une accusation, Conflare accusationem et iudicium.

Son accusation est formée, Relatus est inter reos, B.

Susciter une accusation capitale, Capitis periculum alicui creare.

Renouveler une accusation, Reum repetere.

Accusateur, m. acut. Celuy qui accuse et defere aucun, Accusator, Delator.

Recevoir un accusateur à deferer et poursuyvir aucun absent et hors du païs, Nomen absentis recipere.

Suborner un accusateur pour deferer aucun, Accusatorem summittere, Subornare, Supponere.

L’accusateur ne met rien qui vaille en avant, ou ne dit rien à propos, Indicis fides labat, Accusatio labascit.

Accusateur confronté à l’accusé, Accusator cum reo commissus, Collatus.

Dire quelque chose en accusateur, aduerbialiter, Accusatorie dicere.

Accusatrice, f. penac. Celle qui accuse, Accusatrix.

A ce, Sont deux dictions, A preposition, et Ce, pronom demonstratif, ad hoc.

A ce propos, C’est suyvant ou selon ce qui est deduit, Conformément au propos qui est tenu, In hanc sententiam, Secundum hanc orationem, C’est une maniere d’entrer au propos d’aucun en le secondant, et disant chose favorisant la parole d’iceluy.

Acenser, act. acut. Est mettre à prix de cense, et consequemment prendre à cense et ferme, Conducere, Composé de A preposition, et Cense, qui signifie ferme.

Acenser, pour bailler à cense et ferme, Locare.

Acenseur, m. acut. C’est un fermier, Conductor, Redemptor.

Acensement, m. acut. Conductio.

Acerer, actif. acut. Mot abregé de Acierer, qui vient de Acier, Chalibe admisto durare, comme, Ce harnois est bien Aceré, c’est à dire bien fourni, bien incorporé et estoffé d’acier, Lorica chalybe durata.

Acertener, act. acut. Est faire et rendre aucun certain d’aucune chose, Certiorem facere.

Acertené, m. acut. Certior factus.

Acertenée, f. penacut. Certior facta.

Acertement, m. acut. Certioratio, S’il se pouvoit dire.

Acertes, par adverbe, Serio, comme, Prier bien acertes, hoc est, Bien affectueusement, De grande affection, Serio, vel, Ex animo precari.

Achalander, actif. acut. Est attirer, apprivoiser, acconduire aucun à venir acheter d’ordinaire chez nous, ce dont il a affaire, Allicere emptores, voyez Chaland.

Achalandé, m. acut. Celuy qui a grand concours et affluence d’acheteurs de sa marchandise. Duquel le Magazin, boutique ou ouvroir est frequenté d’acheteurs de sa marchandise ou denrée, Is cuius rerum venalium officina emptoribus affluit, Composé.

Achalandée, f. penac. voyez Achalandé.

Acharné, m. acut. Composé de A, preposition, et chair. Mis, lancé, adonné, agousté et affriandé à la chair. Ainsi on dit une beste sauvage mordant, estre acharnée aux personnes, quand elle ne veut faire pasture d’autre chair que de l’homme, et le loup acharné aux bestes animales ou à laine, et par ce que de là en avant il y va atrocement et en fait horrible carnage. on prend aussi Acharner, pour ireusement et cruellement poursuivre. addenter et deschirer aucun, soit en son corps, sa chevance, ou son honneur, ce qui est par metaphore. Il est acharné sur son frere, c’est, le pourchasser à cor et à cry pour ruïner son frere sans luy donner relasche aucun. In fratrem atrociter ac truculenter animatus. Et deux hommes acharnez l’un sur l’autre, quand ils se combattent furieusement sans qu’on les puisse demesler, ou quand ils s’entremengent d’injures et haineuses poursuites, In mutuam internecionem ruentes, famam mordicus ac ingentibus animis vltro citroque lacerantes, efferati ; Acharner, Efferare, Liu. lib. 23.

Acharnée, f. penac. voyez Acharné.

Acharner, act. acut. C’est animer à quelque cruauté contre quelqu’un, Et en fait de fauconnerie, Acharner le leurre, c’est mettre de la chair dessus. Le contraire est, Descharner, pour oster la chair de dessus le leurre,

Achasser, act. acut. Agere ad aliquem. Propellere versus aliquem, aut aliquo. Tres-rare en usage.

Ache, m. penac. Tantost signifie une herbe que les Latins appellent, Apium, ou Olus atrum, Tantost & en matiere d’arpentage une figure de champ raccourcie aux deux tenans ou abboutissans, ou à l’un d’iceux. Ainsi l’on dit une piece de terre, vigne, bois, pré ou pastis, tenant un abboutissant en ache à telle autre piece, Limes decurtatus ac in obliquum vergens, voyez Hache.

L’ache n’est pas bonne à manger, Ad cibos non admittitur apium.

Achées, m. penac. plur. num. Lumbrici terrestres.

Acheminer, act. acut. Est composé de A, preposition, & chemin, & signifie proprement prins, radresser & mettre au chemin celuy qui n’y est pas, tout ainsi que l’Espagnol, Encaminar. Nebrisse, & l’Italien Inviar. Petrar. au Sonet, Si traviato. Selon lequel verbe Italien, Envoyer François signifieroit proprement cela mesme, c. mettre en la voye, avoyer, arrouter. Toutefois nous en usons pour ce que le Latin dit, Mittere ad aliquem, Mais Acheminer est usité pour mettre en train de faire chemin, In iter ingredi, In viam ingredi, Cic. & Plau. In viam se aut aliquem dare, Cic. Terentiae lib. XIIII. Deducere in viam, Cic. lib. 1. de finib. bon. & mal. Ce que l’Italien dit aviare, mettre soy ou autre en chemin, & avoyer. Carpere viam. Virgil. 3. Georg. & 6. AEneid. Carpere iter. Ouid. Horat. Martial. Selon ce on dit, J’ay acheminé André à Paris, Andream Lutetiam Parisiorum in viam dedi, Lutetiam allegaui, Je m’achemineray demain devers le Roy, Cras ad Regem iter carpam, Me recta ad Regem capessam via. Plaut. viam inibo.

Acheminer & mettre en chemin, Carpere viam, Corripere viam, In viam se dare, Committere se viae, Inire viam, Iter ingredi, In iter ingredi, Dare se itineri, Cic.

Acheminer un affaire, par metaphore, est le commencer & le mettre en train. Struere viam ad negotium.

Acheminement, m. acut. Addresse, introduction à quelque chose, Deductio in viam, ad rem aliquam adipiscendam aut efficiendam, C’est un grand acheminement à la paix, Ingens ad pacis rationes via perstructa est, Il n’y a point en luy d’acheminement à la vertu, Nulla in eo ad virtutem ingressio perspicitur, Nature nous donne acheminement à l’amour d’entre nous. Nos ad colendum mutuum inter nos amorem natura deducit.

Il y a quelque acheminement pour parvenir à telle fin, Aditus aliquis patet structa iam via est ad eam rem perficiendam.

Achemes ou Achesmes, m. penac. & pluriel. Sont atours & ornemens de femme. Jean le Maire en ses Illustrations, Quand la Deesse eut mis bas ses habits & achemes, & qu’elle eut deffeublé coiffe, guimple, attour & autre accoutrement de teste, termaillets, chaines, anneaux bulletes & tissus jusqu’aux galloches dorées, demeurant tocquée sans plus d’un riche couvrechef.

Achemé, m. acut. Ornatus, Jean le Maire, Juno avoit le chef achemé d’un riche atour & bullettes sans nombre pendans à chaines d’or & infinis affiquets, &c.

Achemer, act. acut. Est parer, attourner, Achemer une espousée, Ornare, nuptialibus ornamentis instruere.

Achemeresse, f. penac. Celle qui fait mestier d’attourner les espousées, qu’on appelle, Attourneresse, Cosmeta, & pourautant que les Achemes sont parements de Princesses, on peut attribuer ce nom d’Achemeresse à celles qu’on appelle Dames ou Damoiselles d’attour.

Acher, act. acut. Est agacer les dents, quand on mange quelque chose trop sure, Dentes hebetare, vel stupefacere.

Achet, m. acut. Emptio, Et pour la chose mesme qui a esté achetée, Res empta, comme, Veux-tu voir mon achet ? Vin quod emi vidêre ? irem à me emptam ? Lettres d’achet, Tabulæ emptionis.

Acheter, act. acut. Comparare, Emere, Mercari, Nundinari, Pensare argento, Praestinare.

Acheter ensemble, Commercari, Coemere.

Acheter à bon marché, à bon conte, à prix raisonnable, Bene emere, aequo pretio emere.

Acheter cher, Care emere, Iniquo pretio mercari.

Acheter trop cher, ou suracheter, Male emere.

Acheter à vil prix, ou à trop bon marché, Vili emere.

Avoir pouvoir d’acheter ou vendre de droit quelque chose, Commercium habere rei alicuius.

Acheter à deniers contans, Praesenti pecunia emere, mercari numerato, Cic. l. 12. epist. ad Attic.

Acheter sans fraude ne mal engin, pensant que celuy qui la vend a puissance de la vendre & aliener, Fide bona emere.

Acheter une chose qui tienne d’hypotheque pour asseurance de son argent, à la charge d’en faire la revente en rendant le sort & les usures, ou le sort simplement, Fiduciam accipere.

Acheter d’un vendeur mal asseuré, A malo authore quid emere.

Acheter les bans qui se doivent faire devant les espousailles, ou Estre dispensé des bans, etc. Solui iustis sponsalitiis, Solennitatibus sponsalium solui, Trium praeconiorum, quae fiunt in fanis, necessi-


tatem redimere.

Acheter justice à grand travail & difficulté, Nundinari iustitiam aegre & aerumnose.

Acheter en fraude des creanciers du vendeur, Dolo malo mancipio accipere.

On devroit acheter cet homme au poids de l’or, Hunc hominem decet ro expendi, quanti vis emere.

On l’achetoit au double poids d’argent, Cum duplo rependebatur argento.

Qui aime fort à acheter, & souvent achete, & est enclin à cela, Emax.

Avoir faim d’acheter, Empturire.

Le desir & affection de souvent acheter, Emacitas.

Acheté, m. acut. passiue, Mercatus, Emptus, Comparatus.

Qui est acheté, Emptitius.

Qu’on n’a point acheté, Inemptus.

Celuy de qui on a acheté quelque chose, Author.

Serf acheté, Mancipium conciliatum.

Acheteur, m. acut. Emptor, & pro emere.

Un acheteur de proces, Redemptor litium.

Acheteur de biens, Emptor pignorum, B. ex Vlp.

Acheteur de biens de justice, Sector bonorum.

Ceux qui sont constituez acheteurs de biens de justice sont tenus corps & biens, Imaginarij emptores pignorum quae iudiciali authoritate capta sunt, nexu obligantur.

Il doit faire que l’acheteur en jouïsse, Praestare debet emptori vt habeat, B. ex Iuliano.

Quand un acheteur ou autre acquereur est contraint de vuider ses mains de la chose par luy acquise, au moyen de ce qu’il n’avoit cause de vray seigneur, ou autre ayant droit en la chose, Euictio.

Selon que les acheteurs viennent, ou ont à faire, Ex occasione ementium.

Acheteresse, f. penac. Emptrix.

A cheval, Ce sont deux mots, dont on use, quand on donne signe aux gens de cheval d’une armée de monter promptement à cheval pour combattre ou desloger dont le precedent signe est Bouteselle, & sont donnez par un trompete, dont le son est prins pour lesdits mots, Celeuma equitum ad insiliendum. On en use aussi au desloger d’un train d’un Prince ou grand Seigneur, mais de bouche, pour faire monter à cheval les gens du train d’iceluy. On dit en autre signification estre bien à cheval, pour dextrement & par maistrise manier & picquer un cheval, ou avec bonne grace & contenance chevaucher un cheval. On dit par metaphore, Il est ou il parle à cheval, pour, Il est à son advantage, & il parle se sentant bien asseuré : ce qui est aussi prins pour l’avantage que l’homme de cheval a sur le pieton.

Achever, act. acut. Composé de A, prepos. & chef, prins pour bout. Venir à chef ou à bout de quelque chose, Absoluere, l’Espagnol par semblable raison de composition dit, Acabar, pour ce mesme, parfaire, Perficere, Peragere.

Achever sa charge, Conficere munus susceptum.

Achever ce qu’on a commencé, Pertexere.

Achever & parfaire un œuvre, Imponere summam manum alicui operi, Opus exigere.

Achever un propos, Sermonem terminare.

Achever son plaidoyé, Perorare causam, Bud. ex Cic.

Achever son somme, Perdomiscere.

Achever de conter, Pernumerare.

Achever de disner, Prandium conficere.

Achever d’escrire, Perscribere.

Achever de former, Perfomare.

Achever de guarir, Percurare.

Achever de meurir, Permaturescere.

Achever de payer, Persoluere.

Achever de polir & orner, Percolere.

Acheve puis que tu as commencé, Dic sodes reliqua, Ce qu’on dit à un qui laisse un propos par luy entamé.

L’on n’acheva pas ce jour-là de plaider, Res illo die non est perorata, B. ex Cic.

Il ne luy en chaut, pourveu qu’il ait achevé, Vnum est ei propositum, peragere laboris sui pensum, Columel.

Achevé, m. acut. passiue, Qui est, Transactus, Absolutus, Livre achevé, Explicitus liber.

L’œuvre est achevé, Accessit manus extrema operi.

Apres avoir achevé leur besongne, Operibus patratis.

La chose ne sera pas aisée à achever, Longe res abibit, B. ex Vlpiano.

Achevement, m. acut. Consummatio, Peractio, Absolutio, Perfectio, l’Espagnol dit, Acabamiento, Finis rei terminus.

Achilles, m. acut. (Car le François le corrompt ainsi) Est le nom de ce valeureux Chevalier Grec fils de Peleus & de Thetis, disciple d’armes de Chiron le Thessalien, non blessable horsmis au seul endroit du pied par où sa mere l’avoit retenu de la main quand elle le plongea aux eaux Stygiennes, le sort & destinée duquel estoit destructif de celuy de Troye, & de Priam mesme. Mais le François en use pour propugnateur & de- fenseur. Anne de Montmorency a esté l’Achilles de la France, Anna Mommorancius Gallicus, Achilles quoad vixit extitit. Propugnator Gallici nominis ac defensor, On dit aussi, Il fait son Achilles d’un tel, c. Son bouclier, Son fort, Son asseurance, Son appuy, Son garand. Lesquelles manieres de parler procedent ou de l’extreme proüesse qui estoit audit Achilles Chevalier de Grece, comme pour cette cause se lit aux Annales de Rome, Luc. Sicinius Dentatus avoir esté appelé Achilles Romanus, A. Gell. liv. 2. ch. 11. Ou parce qu’au siege et conqueste de Troye, les Grecs assiegeants fissent principalement estat de luy. Ou parce qu’il fut le vengeur de la mort de son grand amy, Patrocle, par celle de Hector Troyen qui l’avoit tué. Ou bien parce qu’Achilles estant aussi instruit en l’art de medecine par ledit Chiron, mit en usage tant l’herbe dite Achilleos, de son nom, qui remedie aux navrures, que le verd de gris, avec lequel il guerit Telephus ; au moyen dequoy on le peignoit jadis avec un couteau ratissant une pointe ou fer de lance d’airain, et faisant tomber la rouilleure ou verd de gris en la playe dudit Telephus, Plin. li. 25. ch. 5. A cause desquels remedes, qui apportoient allegement et guerison aux navrez, aucuns ont voulu comme anagrammatiser son nom par άχοζ, qui signifie douleur, et λύω, qui signifie delivre. Aussi celuy dont le François dit qu’il fait son Achilles, delivre de peine et d’oppresse, garde et conserve celuy qui s’est mis en sa protection et sauvegarde, et ainsi Bud. le rend en telle signification, Arx causae, Par la mesme raison que David Ps. 71. ver. 3. appelle Dieu sa forteresse, que les Septante rendent par έιζ θεον ύπεραπιστω. et son bouclier és Ps. 5. ver. dern. 35. x. 2. 91. v. 4. En cette sorte tout Chevalier peut estre appelé l’Achilles des vefves, orphelins et autres à la protection desquels le baudrier de chevalerie les oblige. De dire que l’usage François de ce nom soit à cause de ce qui est escrit dudit Achilles en Homere li. 1. de l’Iliade, Η ποί Αχιλλήοζ pothê hixéto huias Akhaiôn Xumpantas, dont est parti ce proverbe Grec, Akhilléios éukhê, la priere et souhait d’Achilles, dont Plutarque fait mention in Camillo aux parangons, et Suidas, il n’est ne hors de propos, ne trop à propos.

Achoise, ou Achoison, Une achoise fort grande, Occasio ampla, Opportunitas.

Achoisonner et accuser un homme, Berinus : Accusare,

Acier, Chalybs, chalybis.

Aclamper, ou Acclamper, C’est en terme de marine, affuster et joindre turpot, serre ou autre piece de bois à une autre avec clous ou chevilles, voyez Turpot.

Acoint, voyez Accoint.

Acolyte, Acolytus, akôlutos, qui ipse quidem non peragit mysteria, sed non excluditur cum caeteris, quod ignem aut simile quid ad sacra affert : quasi dicas, non prohibitus, hoc est admissus, ab a et kalua prohibeo.

acon, voyez aca.

Aconduire, voyez Acconduire.

Aconit, Aconitum.

Aconsuivre, voyez Acconsuyvre.

Acoquiner, voyez Accoquiner.

Acort, voyez Accort.

Acoucher, voyez Accoucher.

A coup, Cito, Propere.

Acquerir, Acquirere, Parere, Quærere.

Acquerir amis, Parare amicos.

Acquerir l’amitié de tous les gens de bien, Cum bonis omnibus gratiam inire.

Acquerir la bonne grace d’aucun, Parere sibi gratiam apud aliquem.

Acquerir et adjouster provinces à l’empire, Prouincias ad imperium adiungere.

Ensuyvre la profession d’aucun et maniere d’acquerir et despendre, Quæstum et sumptum alicuius sequi.

Il n’y a point d’acquest en luy, Aridus, B. ex Terentio.

Acquester et amasser, Quærere.

Acquester du bien, Rem facere.

Acquester grans biens pour soy, Peculium grande conficere.

Acquest, m. C’est acquisition, Acquisitio dominij alicuius rei, Il se prend aussi pour gain et profit, Lucrum, Emolumentum, comme, Il n’y a point d’acquest en vous, Tecum nullum lucrum nullumque emolumentum iniri potest, Cela est pris aussi par ce que qui acquiert, il devient d’autant plus opulent profite et amende.

Acquests, m. pluriel, Sont proprement acquisitions faites en quelque temps que ce soit selon la generalité du mot Acquiro, dont ledit François depend : mais les François coustumiers entendent par cedit mot, Acquests, les acquisitions faites par celuy ou celle qui n’est en lien de mariage : au contraire par Conquests les acquisitions faictes durant et constant la societé du mariage : l’energie de ce procedant de la preposition Cum, dont Conquest est composé. Et ce quand il est question de communauté sans plus. Car hors ces termes-la, Conqueste, c’est le païs gaigné par armes, ce que l’Espagnol dit aussi Conquista.

Acquereur, ou Acquesteur, Qui acqueste, Partor.

Biens qui ne sont point acquestez par avoir tué les citoyens, Casta a cruore ciuili res familiaris.


Acquis, Partus, Quæsitus, Acquisitus.

Ce qu’il avoit acquis à son grand honneur, Per summum decus parta, B. ex Liuio.

Qui n’a acquis aucun los, honneur, ne bruit par quelques beaux faits, Inglorius.

Acquisition, Acquisitio.

Acquisition de la seigneurie, Vsucapio.

Qui a beaucoup d’acquisitions, Peculiosus.

Acquiescer, Il vient de Acquiesco, Qui signifie, Se reposer.

Acquiescer à ce qui est jugé, S’accorder et obeïr à la sentence, In eo quod iudicatum est stare, Iudicatum facere.

Acquiescer et renoncer à son appel, A prouocationis causa decedere, Prouocationem victori renuntiare, Appellationem aduersario renuntiare.

Acquiescer par advis de conseil, Renuntiare prouocationem, vel Herbam forensem dare aduersario, consultorum authoritate, B.

Procuration pour acquiescer, Mandatum cedendi.

Lettres d’acquiescement, Venia codicillaris manus vltro dandi aduersario.

Acquiescemens, ou Causes qu’on donne gagnées, Causæ dedititiæ, non iudicatæ.

Acquiter, C’est rendre quite de quelque chose deuë, soit soy, soit autruy Se aliumve debendi reatu liberare l’Espagnol dit Quitar, pour oster, dont paradventure le mot François quiter procede, Si ce n’est que Quitar Espagnol se prent plus pour delivrer soy ou autre de la puissance et mains d’autruy, qu’autrement ; là où quiter François est usurpé pour delivrer autruy de nos puissance, mains, et obligation : et n’est prins pour mettre soy ou autruy en delivrance d’obligation estrangere, si n’est estant en composition, disant le François, Je me suis, ou, Vous ay acquité de cela, et non pas, Je me suis, ou, Vous ay quitté de cela.

Acquiter aussi se prent pour faire le devoir d’une charge, comme, Il s’est bien acquité de son ambassade, Officium in legatione praestitit, Car le devoir, c’est ce qu’un chacun est tenu faire en toutes choses.

Acquiter une terre, Berinus : C’est la mettre en paix et quietude en la delivrant des usurpateurs : quasi ad quietem adducere.

S’acquiter d’un plaisir qu’on avoit promis de faire, Persoluere receptum officium.

S’acquiter de son devoir, Officium suum sequi, siue implere.

Ne s’acquiter point de son devoir, Deesse officio.

S’acquiter de son estat, Officium suum efficere, Perfungi suo munere.

S’acquiter de sa promesse, Exoluere fidem, Fidem liberare.

S’acquiter loyaument et constamment, Praestare fidem et constantiam, B. ex Cic.

Pour se mieux acquiter, Pleniore officio functus, B. ex Vlp.

Qui a fait acte loüable, s’acquitant du devoir en quoy il est tenu envers son pays, Defunctus pietate animus.

Je m’en vay en la maison, afin que je m’acquite envers luy, Ego ad domum eo, vt hunc absoluam.

Acquité de son serment, Solutus iureiurando.

Je me suis acquité loyaument, Peregisse mihi videor sacra tradentium artes, B. ex Quintil.

Estre acquité d’un vœu fait à Dieu, Liberari votis.

Acquité hors du danger duquel il est menacé par la prophetie. Defunctus fato.

Faire quelque chose laschement, et par maniere d’acquit, seulement pour estre depesché, Defunctorie, vel Perfunctorie aliquid agere.

Par faux acquits, Falsis relationibus relatis, B.

Acquoiser, voyez Accoiser.

Acravanter, voyez Accrevanter.

Acre, comme sont aux, oignons, et semblables, Acer, acris, et hoc acre.

Acrimonie, Acrimonia, Acritas, Acritudo.

Moderer l’acrimonie des humeurs, Humorum acrimoniam hebetare.

Acroteres, sont promontoires, ou lieux qu’on voit de loin en la mer : mais Vitruve en use pour certains petits pilastres ou piedestals, aucunesfois chargez de figures, aucunesfois non, qui se mettent joignants les bouts et sur le milieu d’un frontispice. Acroteria, Angularia, Acroteria mediana.

Acte, Authoritas consignata.

Avoir acte de son offre, Conditionis latæ aut acceptæ authoritatem consignatam habere.

Par Actes, registres, et enseignemens publiques, Tabulis et memoria publica.

Acte dont depend le jugement d’un proces, Litis acta decretoria.

Actes et faits d’une personne, Actus, Acta, Gesta, Facta.

Actif, Actuosus, Operosus.

Estre fort actif, Ardere, Un homme actif, c’est le contraire de Lent et Otieux, Ardant à la besongne, et Diligent.

Action et besongne, Pragma, Actio.

Action et droit de poursuyvre en justice ce qui nous est deu, Actio.

Action de grace, Gratulatio, Gratiarum actio.

Action personnelle, Condictio, Actio in personam.

Action réelle, Actio in rem.

Action petitoire, Petitio in rem concepta.

Action criminelle, Intentio criminosa.

Action reservée, Recours reservé, Actio receptitia.

Actions qui se doivent intenter dedans certain brief temps, Actiones fugientes.

Action en matiere d’injures, Iniuriarum actio.

L’action de dol vient empoigner et comme bailler toutes les especes de dol, pour l’amendement desquelles il n’y a nulle autre action, Actio de dolo, euerriculum omnium malitiarum.

Avoir action, Actionem habere.

Avoir action contre aucun, et le faire convenir, Actionem inferre cum aliquo, Actionem intendere.

Intenter action en cas d’injure à l’encontre de quelqu’un, Agere iniuriarum cum aliquo.

Intenter une action de bonne foy, Ex fide bona agere.

Il faut venir par action, & non par execution, Petere, non pignerari.

Actourné, m. acut. Est le procureur d’une partie litigante, Procurator ad litem, Mot usité en Normandie, qui peut avoir esté formé de ces deux mots Latins, Actor natus.

Actournée, f. penac. Est la procuration passée à un actourné, comme il se void aux ordonnances de l’Eschiquier tenu à Rouen le terme de Pasques 1462.

Actuel, Præsentaneus.

Actuellement et presentement, In præsentia.

AD.


Adage, Adagium, adagij, Adagio, adagionis, Prouerbium.

Adayer, Picard, Irritare, Lacessere.

Adde, f. penac. Autrement Abde, que l’Italien au païs duquel ceste riviere a son cours, dit Adda, et le Latin Addua, ou Abdua, c’est un fleuve principal sourdant des Alpes des Grisons, d’un mont jadis de mesme nom, mais à present Mobray (duquel le Rhin yst decoulant au costé opposite) et courant par la vallée de la Voltoline, où il accueille le flux de la Ronte, fleuve notable, si tost qu’il s’est precipité au bas desdittes Alpes, il se lance d’un cours si furieux à travers le lac de Como (anciennement appelé Larius) qu’il fauce iceluy lac sans faire perte ny du teint de son flot ny de son nom. Au partir duquel lac il se va lancer dans la riviere du Pau à l’endroit de Chasteauneuf.

Addition, Ascriptio Additio, Adiectio, Accessio : Appendix, Auctarium, Corrolarium, Supplementum, Additamentum.

Addonner, S’addonner à faire quelque chose, Conferre animum ad aliquid faciendum, Dare se, Applicare se, Conferre se, Dedere se, etc.

Le lieu s’addonne ainsi, Sic loci natura se commodat.

S’addonner à quelqu’un, Conuertere se in aliquem.

S’addonner à suyvre aucun et le hanter, et aucunement s’assubjectir à luy, Dare se alicui, Addicere se alicui.

S’addonner à une famille et s’y rendre, Adoptare se alicui familiae.

S’addonner à la volonté du peuple, In vulgus tribuere.

S’addonner du tout à aimer aucun, Conferre se totum ad amicitiam alicuius.

S’addonner à l’amitié d’aucun à perpetuité, Deuouere se amicitiae alicuius.

S’addonner à faire amitiez nouvelles, Amicitiis nouis indulgere.

S’addonner à jouër, Dare se ad ludendum.

S’addonner à escrire, Dare se alicui generi literarum.

S’addonner à quelque estude, Applicare se ad aliquod studium, Animum adiungere ad aliquod studium.

S’addonner à l’estude de droict, Ad iuris studium deuenire.

S’addonner en partie à l’estude de Philosophie, Impertire studium suum philosophiae.

S’addonner à tout mal faire, Applicare animum ad deteriorem partem.

S’addonner à toutes voluptez, Persequi cuiusque modi voluptates.

S’addonner au gouvernement et maniement de la rep. Conferre se ad remp. Ad remp. se accommodare, Accedere se ad remp.

S’addonner du tout à la musique, Consumere ingenium in musicis.

S’addonner aux lettres, Conferre se ad studia.

S’addonner du tout à l’estude, Literis et in literas se abdere.

S’addonner du tout à l’estude, abandonnant ses autres affaires, Asserere se studiis.

S’addonner et estre prest aux façons et coutumes d’autruy, à faire ce que les autres veulent, Dedere se aliis.

Il ne s’addonnoit point plus à une chose, qu’à l’autre, Horum ille nihil egregie praeter caetera studebat.

Ne s’addonner point à la plaiderie, Carere forensi luce.

Ne s’addonner point au commun bruit, Populo vacare.

Selon que les choses s’addonnent, ou viennent à poinct, Vt res dant sese.

Quand plusieurs gens de tous costez s’addonnent à une science, Ad aliqua studia confluere.

Je prins et addonnay mon chemin vers Brunduse, etc. Iter Brundusium versus contuli, etc.

Addonné, m. acut. Pronus, Il a esté addonné et enclin à tout mal, Pro-


nus ad quoduis scelus, Liu. l. 23. applicatus, animum ad aliquod studium adiungens. Terent. Andr. applique à quelque exercice.

Addonné à l’amour, Deditus amori animus.

Qui n’est point addonné à folles amours, Auersus a venereis amoribus.

Addonné aux estudes, Deuotus et donatus studiis.

Il est plus addonné à l’equité, qu’à la rigueur, AEquo magis quam iuri est appositus.

Selon ce qu’un chacun estoit fort addonné à quelque chose pour l’aage, Vt cuiusque studium ex aetate flagrabat.

Qui se sont addonnez à la vie & à la mort au service d’aucun, Deuoti.

Addouber, Concinnare, Addouber ou adouber és anciens Romans, signifie autant que soy armer de toutes pieces, et mettre en estat de combattre.

Addoubeur de mauvaises causes, Concinnator causarum.

l’Addoucir, acut. Est composé de ceste preposition ad, et doucir qu’on doit neantmoins escrire et prononcer Adoucir, c’est faire et rendre doux ce qui est amer, aigre ou revesche, Indulcare, et par translation, desfaroucher, comme l’hyver s’adoucit, Mitescit hyems, Liu. lib. 23. et appaiser l’ire et courroux d’aucun, comme, Je l’adouciray bien, Iram vt demittat efficiam, Complacare, Dimitigare vel Demitigare, Emollire, Edulcare, Lenire, Mitificare, Mitigare, Mulcere, Placare, Tranquillare, Temperare, Calicem mulsi propinare.

Addoucir et appaiser, Permulcere.

Addoucir le courroux d’aucun, Contundere iras alicuius.

Addoucir un effort, Mollire impetum.

S’addoucir, Desaeuire, Dulcescere.

Ils s’addoulcissent, Ponunt ferocia corda.

Addoucir l’airain pour le rendre traitable, AEs temperare.

Qui a la vertu d’addoucir, Mitigatorius.

Addoucissement, Lenimentum, Mitigatio, Mulcedo, Temperamentum.

Addresser, voyez Adresser.

Adenerer, et apprecier à argent, Adaerare.

Adenet, diminutif d’Adam, petit Adam, Adamulus.

Adents, sont mortaises et entailleures à enchasser un bois dans l’autre : le mot ainsi dit, pource que le bois enchassé est comme mordant et endentant dans la mortaise et entaillé.

Adenter, est enchasser une piece en autre, si que l’enchassée adente et morde dans l’autre. On dit aussi adenter une eschelle à un mur quand l’eschelle a deux crochets et agraphes larges de fer, et addossée au mur, agraffe le haut dudit mur, pour monter plus à ferme.

Adés, Mox, Iam, l’Italien dit Adesso.

Adeser, pour Attoucher, Guy de Waruich, Attingere Vox est familiaris, Picard.

Homme Adestre, ou Adextre, Aptus, Habilis.

Se adestrer, ou adextrer aux armes, Ad militiam se formare.

Homme bien adextre à picquer chevaux, Homo ad equitandum factus.

Adevancer aucun Anteuertere, Praeuertere, Praecurrere.

Adherer, Haerere, Adhaerere.

Adiancer, semble qu’on doive escrire Agencer, pour Adgencer, c’est à dire, faire gent, Aptare, Decorare, Componere, Concinnare.

Adiancer et ordonner, Serere, a Sero, serui. Struere.

Adiancer et accoustrer ses cheveux, Capillum commodare, Crines digerere, aut reponere.

Adiancé, Commodus, Aptus.

Mal adiancé et façonné, Inconcinnus, Adiect.

Prez ordonnez et adiancez pour produire foin, Prata submissa.

Adiancement, Concinnitas.

Adiante, nom d’herbe, Adiantum, vel Capillus Veneri

Adiection, Adiectio, Additio.

Adioindre, Addere, Adiicere, Adiungere, Subtexere.

Il a esté dit qu’il se pourra adioindre, Subscribendi ei facta potestas, B. ex Cic.

S’adioindre à quelqu’un, Ad aliquem se applicare.

Adioindre à soy une ville pour demener marchandise, et hanter ensemble, Asciscere sibi oppidum commercio et societate.

Adioindre au nombre, Adscribere ad numerum.

S’adioindre au proces, Accedere ad causam.

Afin d’adioindre ce peuple aux Romains pour faire la guerre, Ad illigandam Romano bello gentem hanc.

Adioint, Adiunctus, Adiectus.

Un adioint, Cohaerarius, Ascriptus, Allectus, Optio, Subscriptor, B.

Adioint à la cause du costé du poursuivant, Ascriptor.

Un adioint en information, ou enqueste, Custos, Subinquisitor, Subscriptor.

Un adioint au faict de quelque enqueste, Optio.

Prendre adioint, Socium aut comitem prouinciae inquirendi adoptare, Subscriptorem sibi cooptare.

L’adioint qui est corrompu par argent, Venalis ascriptor.

Jour mis et adioint à l’epistre, Appositus in epistola dies.

Qui adioint, Adiunctor.
Adionction, Subscriptio, Adiunctio, Adiectio.

Demander l’adionction du procureur du Roy, Cognitoris Regij subscriptionem implorare, Cognitorem fisci excitare, qui in eandem causam descendat et incumbat.

Demander l’adionction des gens du Roy, Subscriptionem postulare cognitoris Regij et aduocatorum fisci.

Adiourner aucun, Diem alicui dicere, Diem illi dare, vel dicere, Citare, Exhibere reum.

Adiourner quelqu’un pour venir se defendre et purger, Ad causam dicendam euocare.

Fay moy adiourner, Lege agito, B. ex Terentio.

Faire adiourner, Iudicium dictare, Impingere dicam, Appellare, In ius vocare.

Avoir puissance de faire citer ou adiourner, Vocationem habere.

Faire adiourner à comparoir en personne, Vadimonium impingere, Vadari hominem, Euocare. Vadari reum delatum imperio semetipsum sistendi ad quaestionem, Pignerari hominem vadimonio, Vadimonium denuntiare, Diem dicere per semetipsum obeundum.

Se faire adiourner par un tiers avec lequel on s’entende, comme on fait en matiere de retraict lignager, Apponere sibi praeuaricatorem, B. ex Cic.

Adiourné par attache, Euocatus proscripta atque edicta die.

Adiourner en presence de records, ou tesmoins, Antestari.

Il y a records en l’adjournement, Reus testato in ius vocatus est.

Adiourné sans records, Intestato vocatus.

Adiourner par exploit libellé, Libello citare.

Adiourner à son de trompe, Praeconio euocare, vel citare, Clarigare.

Adiourner à trois briefs jours, Tribus perendinis reum delatum vadari, Ternis perendinis vadimoniis euocare.

Adiourner à trois briefs jours à son de trompe, et cry public. Tertius dies ei semel, iterum, tertiumque dictus est, praeconioque ipse euocatus.

Adiourner un proprietaire pour voir interposer le decret de son heritage crié, Auctionis diem denuntiare ei cuius res est.

Adiourné sur peines, ou à comparoir en personne, Vadimonium promittere, B. ex Cic.

Faire adiourner pour passer titre nouveau, Nouationem veteris nominis exigere, Veteris authoritatis nouationem exigere a fundi vectigalis domino, Iudicium dictare agnoscendi vectigalis gratia cum domino praedij, vel agnoscendae pensionis annuae.

Adiourner pour dire causes d’opposition, Intercessionis edendae causa diem dicere.

Adiourner en cas d’appel le juge dont est appelé, Iudici diem vt iniquo dicere.

Adiourner tesmoins pour porter tesmoignage de verité, Testimonium denuntiare testibus.

Adiourner tesmoins pour estre recolez et confrontez, Testimonium denuntiare testibus repetendis, et cum reo committendis.

Faire adiourner en reprinse de proces l’heritier d’une partie decedée, Litem funestam vel haereditariam haeredi denuntiare, Diem haeredi dicere adeundae litis vel repudiandae, In ius haeredem vocare agnoscendae litis causae, vel abnuendae.

Adiourner pour voir adjuger le profit d’un defaut, Ad eremodicij compendium disceptandum citare.

Qui est-ce qui m’a adiourné à comparoistre en personne ? Quis diem mihi dixit ? B.

Il l’a adiourné à comparoistre en personne, Denuntiauit vt adesset.

Adiourner à comparoistre en personne en cas de crime, où il est question de l’honneur ou de la vie, Diem capitis dicere, vel rei capitalis.

Adiourner à la façon ancienne, ou la partie adjournée bailloit caution de se representer en jugement au jour accordé entr’eux, Conuadari.

Quand le juge ordonne qu’une personne absente estant accusée sera quise comme une personne adiournée à trois briefs jours, Annotare reos absentes.

Il se commence à adiourner, c’est à dire, devenir jour, Diescit, Lucessit.

Un adiournement, Libellus.

Adiournement pour venir tesmoigner, Denuntiatio testimonij.

Le dernier adiournement baillé à un defaillant, apres lequel n’est plus r’adjourné, ains procede le juge à cognoistre et prononcer de la matiere, Peremptorium edictum.

Adiournement personnel et prise de corps, Vocario et praehensio, B. ex Gellio.

Jours esquels on peut faire adiournement, Comperendini dies, B. ex Macrob.

Adiournement libellé, Judicium dictatum, Dica, Libellus, B.

Par adiournement libellé, Libello citare, B. ex Plauto.

Adiournement personnel decerné, Euocatio decreta.

Adiournement fait à personne, ou domicile, Vocatio in ius domum nuntiata, aut praesenti, aut audienti.

Adiournement nul, Vocatio in ius friuola.


Adiournement à comparoir en personne, Dies reo delato dictus.

Adiournement à trois briefs jours, Vadimonium trinundinale, Vadimonium compendiarium in triduum ter repetitum, praeconio insuper edictum et programmate.

Decerner en plein jugement un adiournement, De tribunali citari iubere.

Declarer ou faire signifier que l’on s’est departi, et depart d’un adiournement personnel que l’on avoit fait bailler, Diem obeundi vadimonij testato renuntiare.

Se departir de l’adiournement baillé à sa requeste, Missum facere vadimonium.

Adiouster, Semble qu’il vienne de Ad et Iuxta, Addere, Adiicere, Annumerare, Attexere, Subtexere.

Adiouster et dire d’avantage, Superiicere.

Adiouster ensemble, Coaddere.

Adiouster du sien, De suo apponere.

Adiouster provinces à la rep. Prouincias ad Rempub. adiungere.

Adiouster quelque conseil, Consilium aliquod inserere.

Adiouster quelqu’un de nouveau à une compagnie, Allegere.

Adiouster la raison pourquoy on fait quelque chose, Subscribere causam.

Adiouster à sa louange, Assumere suae laudi.

Adiouster à ce qui est escrit, Adscribere, Appingere.

Adiouster à nostre testament celuy que nous voulons estre tuteur pour nos enfans, Ascribere tutorem.

Adiouster au dire ou de soy, ou des autres, Subiungere.

Il a adiousté son aide, et nous aide avec les autres, Accessit adiutor.

Adiouster foy à aucun, Fidem habere alicui.

N’adiouster plus de foy à quelqu’un, Derogare fidem alicui.

Il adioustoit en outre, Hoc addebat.

En adioustant et diminuant, Addendo, deducendoque.

Nous mettrons apres ces choses, et adiousterons ce que les Grecs, etc. His subnectemus ea quae Graeci, etc.

Adiousté, Additus, Adiectus.

Adioustement, Adiectio, Appositio, Auctarium.

Quelque adioustement que tu y faces, Quantumcunque eo addideris.

Adirer, Mot frequent à Paris, vaut autant comme Esgarer, Pourtant usez des formules de Esgarer.

Adiuger, Adiudicare, Addicere, Adscribere, Litem dare.

Adiuger aucun à un autre comme son serf, In seruitutem aliquem adiudicare alicui.

Je t’adiuge tes conclusions, Secundum te litem do, Causam tibi adiudico.

Les fins et conclusions du demandeur luy ont esté adiugées, Quantum petitor libello edidit, tantum sententia abstulit.

On m’a adiugé tout ce que je demandois, Sententiam abstuli ex animi mei sententia.

Adiuger au plus offrant et dernier encherisseur, Decreto addicere plurimo licenti.

Adiudication par decret, Addictio rei auctione venditæ, Auctionis clausula.

Le jour de l’adiudication par decret, Dies addictionis.

Adiurer un homme et l’assermenter, Adigere sacramento, Adigere iureiurando.

Un prestre adiuré ou assermenté par ses saincts ordres, Sacerdos per infulas suas adactus.

Adiuration, Iuramenti exactio.

Adiurateur, Exactore iurisiurandi.

Adiouster vient de Iustus, comme qui diroit Iustum et aequale foramini quippiam facere, seu quiduis ad vnguem committere.

Adiurement, Commissura.

Admettre, Admittere.

Admis, Admissus.

Administrer et gouverner une province, Procurare prouinciam, Administrare prouinciam.

Administrer jusqu’à la fin, Aliquot munus traducere.

Administrateur, Administrator, Procurator.

Administration, Gestio, gestionis, Administratio, Actus.

L’administration et charge de quelque chose, ou le lieu et territoire dedans lequel on a administration et charge, Dioecesis, huius dioecesis.

Avoir la charge et administration du royaume, Esse in procuratione regni.

Nous en voyons beaucoup qui ne font pas leur devoir en leur administration, mais se destruire et faire banqueroute, Plurimos videmus in actu suo et munere conturbare rationes, id est, decoquere, B.

Estre sans aucune administration et charge, Vacare omni munere.

Admiral, m. acut. Est l’officier de France qui a regard et surintendance sur la mer, sur les embarquements d’equippage en guerre qui se font és ports et havres du Royaume, et sur les prinses faictes sur les ennemis par mer, et a plusieurs autres droicts et jurisdiction qui sont exploitez és sieges de l’Admirauté, comme plus à plein le contiennent les Ordonnances des Rois sur ce faictes. Il semble qu’on doyve escrire, Almiral, ainsi que l’Espagnol, qui dit Almirante, ab almuris, id est, a salsugine, vel re maritima. Praefectus rei maritimae, Thalassiarchus, Maris praefectus, Rei classicae et naualis summam regens. Emir en langue Moresque signifie ce que nous disons Admiral : et peut estre que nous devrions escrire Amiral, à cause de Emir, approchant de ce vocable Punique Amiras, selon lequel est dit Amiralle, et Almiralle en langage Arabesque. Mais lesdits mots Punique et Arabesque signifient autant que Roy en François. En aucuns Romans anciens, et histoires des guerres d’outre mer, on trouve le pluriel Admiraux, usurpé pour chefs et colonnels en une armée, quand ils font mention des chefs et principaux conducteurs de l’armée Payenne.

Aucuns escrivent Halmyrach, de Halmirachus, άπό τού άλμυρού, id est, a mari, quod salsum est, et άρχού, principe vel praefecto, quod scilicet ille mari praeficiatur, mais ils se trompent.

l’Admirauté, l’estat et office d’Admiral : Maris praefectura, Thalassiarchia, se prent pour la court et siege des officiers d’iceluy, Forum maritimarum controuersiarum.

Admirer un homme, et l’avoir en admiration et grande reputation, Admirari hominem, Suspicere.

Admirateur des anciens, Antiquitatis admirator.

Admiration, Admirabilitas, Admiratio.

Qui est digne d’admiration, Mirus, Mirandus, Admirandus, Suspiciendus.

Chose digne d’admiration, Miraculum.

Estre en admiration, Obtinere admirationem, Affici admiratione.

Estre cause d’admiration, Esse miraculo.

Avoir quelqu’un en grande admiration et estime, Aliquem mirari, stupere, suspicere.

Admirable, Admirabilis, Admirandus, Suspiciendus.

Admirablement, Admirabiliter, Cic.

Admis, voyez Admettre.

Admodier ses terres, c’est les bailler à ferme ou muyages, Agros locare.

Admodiation, bail à ferme ou muyages, Agrorum locatio.

Admodiateur, Locator.

Admonnester, Monere, Admonere, Commonere, Commonefacere, Emonere, Praecipere.

Admonnester aucunement, Submonere.

Admonnester et advertir premier que quelque chose se face, Praemonere.

Il vaut mieux l’admonnester, Meliusculum est monere.

Qui m’avez tousjours admonesté et adverti de faire ce que j’ay fait, Quos ego habui omnium mearum actionum monitores.

Admonnester, Ordonner, Commander ou defendre sur peine de sentence d’excommuniement, Censurae spiritalis vel pontificiae imperium inhibere.

Qui admonneste à faire quelque chose, Monitor, Admonitor.

Tout ce qui nous admonneste de quelque chose passée, comme sepulchres, images, histoires, livres et autres choses semblables, Monimentum.

Admonnesté, Monitus, Commonitus, Admonitus, Commonefactus.

Admonnesteur, Monitor, Admonitor.

Admonition, Monitum, vel Monitio, Admonitio.

Recevoir les admonitions qu’on nous fait, Locum admonitionibus relinquere.

Admonnestement, Admonitio.

Admortir, voyez Amortir.

Adnuicter, voyez Anuicter.

Adolescence, La premiere adolescence, Ephebia, Adolescentia.

Au commencement de l’adolescence, Ineunte adolescentia.

Une adolescence de quoy on a grande esperance, Adolescentia plena spei maximae.

Sortir hors d’adolescence, Excedere ex ephebis.

se Adolorer de veoir mourir quelqu’un, c’est se douloir.

Adonc, Alors, Tunc, comme, Adonc commença la meslée dure et cruelle, Tunc pugnare acriter coeptum est.

Adopter, et prendre à fils, Adoptare, Arrogare aliquem in filium.

Celuy qui adopte un autre, Adoptator.

Adopté, Adoptatus.

Adoptif, Adoptiuus.

Adoption, Adoptio, Adoptatio.

Adorer, Adorare, Colere.

Adorateur, Adorator, Cultor.

Adoration, Adoratio, Cultus.

Adosser, S’addosser contre un arbre, Applicare dorsum ad arborem.

Adossement, Applicatio dorsi ad, etc.

Adouber, voyez Addouber.

Adoucir, voyez Addoucir.

Adresser quelqu’un au chemin, Deducere aliquem in viam.


Mon chemin s’adresse en Lemnos, Est mihi iter in Lemnum.

Les pas s’adressent là, Ferunt eo vestigia.

Les lettres s’adressoient à luy, Literae erant ei inscriptae.

Lettres s’addressantes à la cour, Diploma curiae inscriptum, B.

Une adresse et coursiere, Compendium, Compendiosum iter, Breuia, breuium.

Adresse et enseignement qu’on baille aux enfans, Conformatio.

Je seray là mis pour venir aux adresses, ou pour se trouver au besoin, Ego in insidiis subcenturiatus, si quid deficiet.

Adroict, Homme bien adroict à cecy, ou à cela, Dexter, Aptus, Habilis.

Aduancer, cerchez Auancer.

Aduantage, cerchez Auantage.

Si Adueillé qu’il ne pouvoit parler, hoc est, Ayant tant de dueil de ce qu’il estoit prisonnier, Prae moerore tacitus.

Aduenant, voyez sur la fin de Aduenir.

Aduenir, Obtingere, Incessere, Euenire, Accidere, Cadere, Aduenire, Contingere.

Qui est à aduenir, ou qui doit aduenir, Casurus, Incasurus, Euenturus.

Chose demonstrant quelque autre chose à aduenir, Signum, Ostentum, Prodigium.

Laisser ou permettre à aduenir, Admittere aliquid.

Pour l’aduenir, In futurum, In reliquum, In posterum.

Je ne pensoy pas que ce me deust aduenir, Mihi hoc vsu venturum non arbitrabar.

Ils ne prennent point garde à l’aduenir, Quid prouenturum sit non prouident.

Dire les choses à aduenir, Profari, Praedicere, Vaticinari.

Qui dit les choses à aduenir, Propheta, prophetae, vel Prophetes, prophetae, Fatidicus, Vates.

Celle qui disoit les choses à aduenir, Sibylla, Sibyllae.

Quelque bien t’est à aduenir, Manet te bonum.

Comme il aduient à toutes choses mortelles, Sicuti pleraque mortalium habentur.

Comme il aduient et se fait le plus souvent, Vt fere fit.

Ce que je desirois est aduenu, Quod cupiebam contigit.

Il aduient souvent que, etc. Vsu saepe venit vt, etc. Et saepe vt, etc. Saepe quibus, etc.

Il aduient souvent plusieurs cas, Incidunt saepe causae.

Il aduient aucunefois qu’il vaut mieux perdre que gaigner, Est vbi profecto damnum praestet facere quam lucrum.

Il m’est aduenu le pareil qu’à toy, Venit idem vsu mihi, quod tu tibi scribis.

Cela aduient souvent, ou communément, Vsu hoc euenit, vt, etc.

Cela leur aduient souvent que, etc. Hoc illud his vsu venire solet, vt quicquid, etc.

Il n’y a celuy à qui il n’en puisse autant aduenir, Hoc cuiuis vsu venire potest, B. ex Cic.

Chose qui aduient, ou survient, Accidens.

Toute chose qui aduient contre son cours naturel, Ostentum, Prodigium, Monstrum.

S’il aduient que je vive, Si mihi vita contigerit.

S’il aduient qu’il tombe de dessus son cheval, Quod si successerit ex equo eum decidere.

S’il luy aduient autrement qu’à point, Si quid illi accidat.

Il aduient avec ce, que le lendemain, Accessit huc, quod postridie, etc.

Si cela aduenoit, In hunc casum.

Si autrement aduenoit en quelque sorte, Sin aliquid esset offensum.

Si les choses que je desire aduiennent, Si eueniunt quae opto.

Parquoy aduient, ou s’ensuit que, etc. Ita fit vt quod bonum sit, etc.

Il n’aduient point à un autre de si bien besongner, Non cadit in alium tam absolutum opus.

Quand il aduient autrement que n’esperions, Fallere opinionem res aliqua dicitur.

Garde que maux ne nous aduiennent et surprennent, Explores ne se insinuent mala.

Prier que mal aduienne à un autre, Imprecari.

Il en aduiendra ce qui pourra, Fors viderit, B. ex Cic.

Il ne luy aduiendra rien outre les autres, ou plus qu’aux autres, dont tous les autres n’ayent leur part, Nihil accidet ei separatim a reliquis ciuibus.

J’espere que ce nous aduiendra, Spero fore vt contingat id nobis.

Quand cela aduiendra, ou quand le cas aduiendroit, In hoc casu.

J’ay tousjours craint ce qu’il en aduiendroit, Timui semper quorsum euaderet.

On avoit bien dit qu’il en aduiendroit ce qu’il en est advenu, Prædictum est fore eos euentus rerum qui acciderunt.

Selon que les choses aduiendroient, Ex euentu rerum.

Ce que je ne voudroy pas qu’il aduint, Quod abominor.

Je suis joyeux que cecy t’est aduenu comme tu le demandois, Istuc tibi ex sententia tua obtigisse lætor.

Cela m’est aduenu, je le sçay. Mihi vsu venit hoc, scio.

Il ne m’estoit point aduenu que j’en eusse besoin, Non acciderat mihi opus esse.

Ce m’est aduenu outre les autres labeurs, Accessit mihi hoc ad labores reliquos.

Ce mal là m’est aduenu, Id obuenit vitium.

Il t’est aduenu ce que beaucoup desirent fort leur aduenir, Tibi obtigit, euenit, accidit, contigit, quod plurimi exoptant sibi.

Il est aduenu, on raconte entre les exemples, Excurrit inter exempla, Contigit.

Il est aduenu que, etc. Accidit vt, etc.

Il estoit ainsi aduenu, Ita res nata erat, B. ex Gellio.

Il est aduenu quelque chose de nouveau, Nouum accedit.

Il est aduenu par fortune, Fortuito cecidit.

Il est aduenu d’aduenture vne doute, Accidit dubitatio.

Parquoy il est faict et aduenu que, etc. Quibus rebus effectum est, vt, etc.

Qu’est-il aduenu ? Quid est factum ? Quid accidit ?

Qui est aduenu et commis, Commissum : vt Commissa stipulatio, Une stipulation de laquelle le cas est aduenu.

Aduienne ce qui pourra, Sed haec fors viderit, Sed haec fortuna viderit, B. ex Cic.

Aduenement, Aduentus.

L’aduenement d’aucun parmy quelque affaire, Intercusus.

Aduenuë, Les aduenues d’un camp, hoc est, les endroicts par où l’on y peut aborder et arriver, Aditus.

Mettre bon guet et seures gardes par toutes les aduenues, Omnes aditus munire.

Reciter les aduenues passées, Narrare quae euenerunt.

Bien aduenant, Decens. Sueton.

Mal aduenant et lourdaut, Homo vastus et agrestis, B. ex Cicerone.

Ce n’est pas aduenant, ne convenant, Indecet, Dedecet.

Homme bien aduenant, Commodus homo, Dexter.

Chose bien aduenante, Decens, Concinnus.

Fort aduenant, Percommodus.

Aduenamment, Faire aduenamment quelque chose, Venuste, Concinne.

Aduenture, f. C’est ce qui doit aduenir et succeder à quelques uns, ou de quelque chose, Jean le Maire, Il vient de ce verbe Aduenio pour Euenio, Accidentia, Casus, Fors, Fortuna, Euentus.

Achever et mettre à fin les aduentures estranges, qui estoit l’emprise des chevaliers errans, Res arduas factuque perdifficiles peragere, patrare.

Bonne aduenture, Fors, Fortuna.

Ne poursuivir pas bien son aduenture, Deesse occasioni.

Acheter l’aduenture de quelque chose, et un hazard, Emere aleam, hoc est, incertum rerum euentum.

A toutes aduentures, In incertum.

Garder quelque chose à toutes aduentures, Asseruare ad inopinata casuum.

Il en faut prendre l’aduenture. Sed haec fors viderit, B. ex Liuio.

D’aduenture, Fortuito, Nec inopinato.

Chose aduenuë d’aduenture, Fortuita res.

D’aduenture aduint, Forte accidit.

Si d’aduenture vous n’estimiez, etc. Nisi vero existimatis.

C’est cas d’aduenture, Quid tu Athenas insolens ? C. euenit.

De coup d’aduenture, Forte quadam.

Par aduenture, Forsan, Forsitan, Fortassis.

Par aduenture vous me demanderez, &c. Forsitan quaeratis qui iste terror sit, &c.

Il n’y faut pas jouër à l’aduenture, Nullus hic temeritati locus est.

Aller à son aduenture, Fortunae se committere, et Aller à l’aduenture.

Se mettre à l’aduenture et en danger, Aleam subire, Committere se fortunae, Experiri, vel subire fortunam.

Mettre tout à l’aduenture, Aleam omnem iacere.

Mis à l’aduenture, Proiectus puer, Exposititius, Expositus.

S’aduenturer, Audaciam adhibere.

S’aduenturer à perte ou à gain, Aleam omnem iacere.

Aduentureux, Audaculus.

Un homme aduentureux, ou aduenturier, Un grand hazardeur, Homo periclitator.

Aduenturier vagabond qui fait la renardiere, Emansor.

Aduanturiers, Volones B.

Aduenturier de guerre, Gregarius siue voluntarius miles, Veles.

Aduersaire, Iniquus, Aduersarius, Antagonista.

Estre aduersaire à aucun et l’empescher, Aduersari.

Aduersaire, et qui est à l’opposite et contraire à quelque chose, Aduersarius.

Se constituer aduersaire, Intendere se aduersarium in alium.

Repousser les aduersaires, Defendere vim.

Aduersité, Aduersa fortuna, Aduersum, Casus aduersus, Res aduersæ.


Naviger sans aduersité, Bellissime nauigare.

Ne pouvoir porter une aduersité, Fortunæ succumbere.

En temps d’aduersité, Tempore aduerso.

Aduertir aucun de quelque chose, Commonefacere, Certum alicui facere, Docere, Monere, Emonere, Iudicare.

Nous n’avons autre chose à faire que d’aduertir, Nuntiationem solum habemus, B. ex Cic.

Aduertir de quelque chose devant qu’elle se face, Praedicere.

Estre aduerti, Commonefieri, Rescire, Resciscere.

Je t’en aduerti, à fin que, etc. Id ego iam nunc tibi renuntio, vt, etc.

Comme si on ne t’eust pas aduerti qu’ainsi seroit, Quasi non tibi renuntiata sint haec sic fore.

Sans m’avoir aduerti, Me insciente atque absente.

A fin qu’elles aduertissent si les larrons viennent, Vt significent, si fures venerint.

Aduerti, Monitus, Commonitus.

Qui aduertit à faire quelque chose, Monitor.

Aduertissement, Monitum, vel Monitio, Significatio, Et en fait de proces Aduertissemens ce sont les escriptures que les parties baillent, esquelles sont desduits les moyens et raisons tant de fait que de droit, dont lesdites parties pretendent respectivement les juges devoir estre bien aduertis et instruits chacune pour obtenir adjudication de ses fins et conclusions et emporter gain de cause, Oratio commonefactoria.

Donner aduertissement de ce qu’on doit faire, Monere quae sunt gerenda.

Faire aduertissement c’est le mesmes que donner aduertissement, au 2. livre d’Amadis, Mais sur ma foy, je suis fasché du mauvais recueil que le Roy vous faict, toutesfois vous pourrez cognoistre si l’aduertissement que je vous ay fait est faux ou non.

Aduertissement de la venuë, Significatio aduentus.

Par un seul aduertissement qu’il fit par lettres, Vna litterarum significatione.

Je t’escry chose dont j’ay certain aduertissement, Ad te explorate scribo.

Un aduertissement ou memoire, Commentarium, Admonitoria scriptio.

Respondre aux escritures ou aduertissemens de partie aduerse, Commentario aduersarij rescribere.

Adueu, m. acut. C’est confession et recognoissance, Agnitio, Professio, Selon ce on dit en matiere feodale, bailler Adueu, par le vassal à son Seigneur de fief qui est le denombrement et declaration par le menu des choses esquelles se consiste le fief tenu de luy, auquel est en teste, l’adueu dudit vassal, c’est à dire, La recognoissance et confession par escrit que le vassal fait, de tenir dudit Seigneur feodal les choses contenues audit denombrement, qui s’ensuit. A cause de laquelle intitulation dudit denombrement, icelle declaration mesmes est appelée Adueu, voyez Declaration. Adueu, aussi signifie approbation et ratification tout ainsi que des-adueu, reprobation et des-agreableté d’un acte, selon ce on dit, l’adueu du Seigneur y est ; et former un des-adueu de ce qui a esté fait par un procureur.

Il l’a promis à mon adueu, Mea fiducia promisit.

Fay cela à mon adueu, Fac hoc quod te rogamus mea fide, Author id tibi sum.

A l’adueu de Cæsar, Cæsaris fidem sequutus.

Faire quelque chose à l’adueu et selon la fantasie d’aucun, De sententia alicuius facere.

Adueu et denombrement, Catalogus rerum clientelarium.

Le vassal a corrigé, augmenté ou diminué son adueu, et denombrement, Professionem clientelarem emendauit, Vlpian. l. 4. ff. de censib.

Aduis et opinion, Sententia, Sensus, Opinio, Consilium, comme, L’aduis du Conseil est, Consilij opinio et sententia est, Aduis aussi pour aduertissement donné de quelque chose, Comme au 2. livre d’Amad. Ma cousine, respondit Amadis, je m’esbahy de la fantasie de madame : toutesfois je vous remercie tant qu’il m’est possible de l’aduis que vous me donnez. En telle signification en use aussi et l’Espagnol et l’Italien, disans Aviso, pour aduertissement : et parce que tout aduertissement donne tacitement conseil à celuy à qui il est donné, Aduis aussi se prent pour conseil.

Aduis et arbitrage, Arbitratus.

Avec aduis et esgard, Circunspecte.

Qui n’a point d’esprit ne d’aduis, Iners.

Mon aduis est tel, Mihi sic hoc videtur.

A mon aduis, Ad meum sensum, Vt mea fert opinio. Quantum ego opinione auguror.

A mon aduis ce serviteur là etc. Is mihi est profecto seruus spectatus, cui, etc.

C’est ton aduis, Tibi ita videtur.

Ton aduis est bon, Recte putas.

Ton aduis n’est pas des pires, Haud stulte sapis.

Si tu as songé quelque chose, tu m’en demandes aduis, Si quid somniasti, ad me refers.

Il est d’aduis qu’on envoye espier, Censet mittendū exploratū. Liu. lib. 22.

Je suis d’advis qu’on y pense mieux, et plus amplement, Amplius deliberandum censeo.

Je suis d’advis d’ainsi faire, Consilium est ita facere.

Je suis d’advis et d’opinion que cela se face, Placitum est vt id fiat.

Je suis grandement d’advis que, etc. Magnopere censeo.

Je suis de ton advis et opinion, Tecum sentio, Assentio tibi.

S’accorder à l’advis d’autruy, Ad consilium alterius accommodare suum consilium.

Il fut d’advis que, &c. Inclinauit sententia, suum in Thessaliam agmen dimitteretur.

Es-tu donc de cest advis ? Siccine est sententia ?

Le Senat est d’advis que Cassius ait la charge et administration de la province de Syrie à tout tel droit et préeminence comme a eu celuy qui par cy devant a eu tout le meilleur titre en l’administration de ladite province, Senatui placere, C. Cassium prouinciam Syriam obtinere vti qui optimo iure eam prouinciam obtinuerit.

Tout le monde est de cet advis, Hæc probantur in vulgus, Cic.

Je ne suis pas d’advis qu’on tarde, Moram non puto esse faciendam.

Je n’en suis point d’advis et de consentement, mon pere, Non est consilium, pater.

Et n’estoit point d’advis qu’on fist autre chose avant cela, Nec aliam rem praeuerti censebat.

Je feray du tout selon l’advis de cest homme-la, Mihi et tentandi aliquid et quiescendi illo authore ratio constabit, B.

Aucuns estoient de cet advis, ou opinion, que, &c. Nonnullæ huiusmodi sententiæ dicebantur, etc.

On fut de l’advis et opinion de Bibulus, Assensum est Bibulo.

Esleu Empereur de l’advis et accord du peuple, De sententia populi lectus Imperator.

Son advis est, de, &c. Illi placet.

Nostre advis est, Authores sumus, etc.

Leur advis fait par moy, Authoritas eorum mecum facit.

Chacun apporte son advis pour le proffit commun, Consulitur in medium.

Changer d’advis, Consilium commutare, aut sententiam.

Deviner l’advis et conseil d’autruy, Assequi suspicione consilium alterius.

Dire son advis, Interponere iudicium.

Par ton advis, Te authore.

Par l’advis de tous ensemble constituer quelque chose, De communi sententia aliquid constituere.

Ils ont fait ces loix par l’advis et conseil des anciens, Legum ab eis latarum patres authores fuerunt.

Par l’advis de ses amis, De sententia amicorum.

Preferer son advis à celuy d’autruy, Consilium suum consilio alterius interponere.

Prendre advis de ce qu’on doit faire, Consilium capere.

Rejetter l’advis et opinion d’aucun, Auferre sententiam alicuius de numero sententiarum.

Selon l’advis et opinion d’un homme juste, Viri boni arbitratu.

Il m’a semblé advis qu’il vouloit dire cela, Hoc mihi significasse et annuisse visus est.

Adviser, Animaduertere, Aspicere, Considerare, Deliberare, Consultare, Apud se reputare, Circunspectare, Dispicere, Semble que ce soit comme viser à quelque chose, Animum intendere et considerare attentius. Toutesfois aucuns escrivent Aviser, disant qu’il vient de άβήαζειν, qui signifie Animaduertere, et attentius considerare.

Adviser ensemble, In medium consulere, B. ex Curtio.

Adviser et prendre conseil, Consulere.

Adviser ou prendre garde à ce qu’on dit, Cogitare verba facere.

Adviser si on pourra gagner quelqu’un par lettres, presens, ou autrement, Animos literis tentare, nuntiis, donis, etc.

Adviser les moyens de faire quelque chose, Consilia struere.

Vous ne sçauriez mieux adviser et arrester ce qu’il faut faire, que d’aller sur les lieux, In re presenti optime deliberabis et constitues.

On bailla la charge à ceux-ci, sans adviser et regarder s’il y en avoit d’autres plus idoines, His sine sorte, sine comparatione prouincia data est.

Qui advise à ce qu’il doit faire, Circunspectus.

O que c’est bien advisé à toy ? Quam bene perspectum a te !

Qui n’advise point à ses affaires, ne à ce qu’il fait, Imprudens, Inconsiderans, Inconsultus.

Qui ne s’advise de rien, Cogitatione nulla homo.

Avez vous assez advisé et pensé à ce que vous devez faire ? Sed satin’estis meditati ? Plaut.

Advisons entre nous, &c. Commentemur inter nos.

Selon qu’il advisera, De sententia eius dabo.

Jamais personne n’advisa si bien à sa vie, Jamais personne ne fut si advisé, que, &c. Nunquam ita quisquam bene subducta ratione ad vitam fuit, quin, etc.


Je ne m’en estoy jamais advisé, Mihi istuc non in mentem venerat.

Tu ne t’en estois pas advisé, Non cogitaras.

Quand je m’advise ce n’est point cestuy-la, Vt nunc recordor vel reminiscor, vel redeo in memoriam, non ille est.

Advise cy à moy, Me huc aspice.

Advisez-y, Vestrum est iam consilium.

Adviser aucun, Docere.

On advise, Deliberatur.

J’y adviseray apres, Postea videro.

De cecy nous en adviserons, De hac re post viderimus.

On y advisera, Videbitur.

J’adviseray que j’ay à faire, Deliberaturum me quid mei iuris atque officij esset dico, B. ex Liuio.

Bien advisé, Consideratus, Circunspectus, Corculus et Catulus, Magnus et acer animaduersor.

Mal advisé, Temerarius, Imprudens.

C’est assez dit à un homme advisé, Dictum sapienti sat est.

Rendre quelqu’un plus fin et advisé, Cautiorem facere.

Vrayement j’ay esté bien mal advisé, Incautus qui cum academico et eodem rhetore congredi conatus sum. Budeus ex Cicerone.

C’est une chose bien advisée, Hoc vtilitatis causa receptum est B. ex Paulo.

Advisement et esgard qu’on a à faire quelque chose, Circunspectio et accurata consideratio.

Faute d’advisement, Tyrocinium animi, Inconsiderantia.

Qui a faute d’advisement, Inconsideratus.

Sans advisement et consideration, Inconsiderate, Temere, Inconsulte.

Tu n’as pas eu cest advisement si d’adventure tu te pouvois esveiller, Neque illud rationis habuisti si forte expergefacere te posses.

Qui n’a pas bons advisemens, Futilis author consiliis.

Avisemens, Par bons advis, Apres y avoir pensé, Cogitate rem suam tractare.

Bien adviséement, Prospicienter, Consulte, Perite, Cogitate, Considerate, Circunspecte.

Adulateur, hoc est flateur, Adulator.

Adulation ou flaterie, Adulatio.

Adulatoire, Adulatorius, Tacitus.

Adultere, Adulter, Moechus, Stuprator.

Le fait d’adultere, Adulterium, Stuprum, Moechia.

Atteint et convaincu d’adultere, Stupri compertus.

Se garder d’estre adultere, Libidines suas a coniugibus aliorum cohibere.

Qui est engendré par adultere, Adulterinus.

Commettre adultere, Moechissare, Adulterium facere, Adulterare et Adulterari.

Advocat, Aduocatus, Actor, Paracletus, Causidicus, Patronus.

Advocat plaidant, Orator, Causarum actor.

Un Advocat fin, rusé et malicieux, Aduocatus veterator, Aduocatus rerum forensium callentissimus.

Advocat pensionnaire de quelque partie, Aduocatus annuis authoramentis partium alicuius factus.

Advocat retenu au conseil d’une partie, Aduocatus accepto honorario authoratus litigatori.

Advocat experimenté et asseuré, Aduocatus experiens, animique praesentis.

Advocat renommé, Causidicus in patrociniis atque in officiis forensibus celeberrimus, Causidicus clarus.

Advocat qui a gagné plusieurs beaux proces, Multarum palmarum nobiliumque causidicus.

La perle des Advocats, Roscius causidicorum, Causidicus primi nominis.

La perle des advocats consultans, L’advocat le mieux conseillant de tous les autres, L’advocat du meilleur conseil qui soit point, Aduocatus antistes oraculi basilicani.

Advocat qui ne plaide point bien, Causidicus frigens, frigidus, infans, parum acer aut strenuus.

L’advocat a bien faict son devoir, Aduocatus sedulo egit, Causidici omnia officia in causam constiterunt.

Advocat escrivant et consultant, Aduocatus scriptum tantum faciens, vel Scriptionibus operam dans, et causis consultandis.

Advocat qui plaide, assistans quelques autres avec luy, Primarum partium actor.

Advocats et procureurs, Pragmatici.

Advocats qui souvent perdent leurs causes, Aduocati offensatores.

Jeunes advocats, Aduocati tyrones, Sacramento togati tyrones.

Nouveaux advocats et qui n’ont encore que le nom, Puræ parmæ, albæque tyrones.

Jeunes advocats escoutans au barreau, avant que se mettre à plaider, Echemythiæ iusto tempore cancellis curiæ adhærescentes.

L’advocat qui parle pour celuy qui est accusé, Patronus.

Maintien et maniement de personne d’un advocat quand il plaide, Actio.

Une partie qui vient à un advocat, le priant de prendre et soustenir sa cause, Cliens.

Quand un advocat parle aussi longuement, que le temps à luy prefix le peut porter, Horis sui vti.

Quand deux advocats entrent avant en la meslée, et à toucher les poincts decisifs de la cause, Decretoria pugna.

Quand une partie vient à un advocat, ou homme de conseil luy conter son affaire, et le prier de plaider pour luy, ou de luy donner conseil, Deferre causam ad patronum dicitur litigator.

Le commencement et premier plaidoyé d’advocats, Tirocinium oratorium.

Le plaidoyé d’un advocat, Actio.

Prendre quelqu’un pour advocat, Causam suam deferre ad aliquem B.

Advocasser pour aucun, et le defendre en jugement, Superesse alicui, Adesse alicui, Aduocatum esse alicui.

Advocasser contre un autre, Adesse alicui contra alium.

Homme Avolé, voyez Avoler.

Advoüer quelque crime, et confesser l’avoir commis, Crimen aliquod suscipere, Agnoscere, Suscipere in se culpam aut crimen, Agnoscere quod actum est, idque praestare velle, B. ex Cic.

Advoüer le faict, Agnitionem profiteri rei delatae, vt iure suo mandatae.

Advoüer ce qui a esté faict par son mandement, Agnoscere se mandatorem.

Je l’ay advoué et authorisé de ce, Author illi sum de hac re.

Quand le pere advoüe quelqu’un pour fils, Agnitus filius a patre.

Ils se disoient estre advoüez, Esse sibi authorem vociferabantur, B. ex Tacito.

Aduste, Adustus.

Adustion, Adustio.

AE

Aelle, voyez Aile.

AENNE, ou, Enne, Riviere de Soissons, Axona.

Aerin, Aereus.

Aerole, ou Empoule, Pulsula, Plusieurs escrivent et prononcent Eaurolle, Ampoule. Et à la verité c’est comme une petite ampoule ou bouteille et vessie pleine d’eauë.

AF

A fable, voyez Tenir à fable.

Affable, Affabilis.

Affabilité, Affabilitas, Blandiloquentia.

Affablement, Affabiliter, Blande.

Affecté, Affecterie, voyez Affetterie.

Affaicter, C’est rendre coint et joly. Et en fait de fauconnerie Affaicter un faucon, c’est le rendre faictis, privé et courtois, L’apprivoiser, Cicurare, Mansuefacere.

Affaire, n. p. Negotium, Commercium. J’ay affaire avec un homme riche. Cum opulento rem habeo ac negotium. Plaut.

Affaire hasté et avancé, Maturatum negotium.

Affaire meslé et broüillé, Negotium turbulentum.

Affaires nets, et point toüillez, ne envelopez, Negotia expedita.

Affaires qui viennent en abondance tous ensemble, Negotia influentia.

Affaires de nulle valeur, Frigida negotia.

Affaires particuliers et domestiques, Priuatae curae.

Empeschemens ou affaires privez et domestiques, Negotia familiaria.

Affaires urgents, Necessitates.

Les affaires d’aucun mis au bas, et bien malades, et qui vont fort mal, Accisae res, siue abscissae.

A fin que les affaires de la femme fussent plus asseurez, Quo mulieri res esset cautior.

Il y a des affaires esquels vaut mieux perdre, que gaigner, Est vbi profecto damnum praestet facere, quam lucrum.

Il voyoit que son affaire estoit pareil à celuy, etc. Eamdem suam causam videbat esse, quam etc.

Selon les affaires survenans, Pro re nata.

Je t’escriray de cet affaire, Hac super re scribam ad te.

Avoir quelque affaire, Negotium habere.

Avoir affaire à combatre, Conflictare, vel Conflictari.

Avoir quelque affaire, accointance, trafique, ou intelligence avec aucun,
Commercium cum aliquo habere, Rem cum aliquo habere, Commiscere aliquid cum altero. Aliquem in vsu habere.

J’estois esbahy quel affaire tu avois icy, Mirabar quid hic negotii esset tibi.

C’est ton affaire, Tuum est munus, Tuae sunt partes.

Cest affaire n’a ne commencement ne fin, Nec caput, nec pedes habet haec res.

L’affaire est sur le poinct d’estre depesché, In manibus est res.

¶ Pourtant que cest affaire n’appartenoit à son estat, Quod non esset suae sortis id negotium.

Cela appartient ou sert à l’affaire, Pertinet ad rem.


Ces choses appartiennent à l’affaire, Referunt haec ad rem.

Le poinct d’un affaire, Cardo.

Tout l’affaire gist en cela, In eo res vertitur.

Cest affaire se porte fort bien, Hoc succedit sub manus negotium.

Son affaire se porte bien, Cedit illi res.

Escri moy comment tout l’affaire se porte, Tota res quo loco sit, velim ad me scribas.

Raconte moy comment tout l’affaire va, Ita vt res sese habet, narrato.

Les affaires ne se portent-ils pas bien ? Satin’saluæ res ?

L’affaire va bien, Salua res est.

L’affaire est prest et prochain, Impendet negotium.

L’affaire le requiert ainsi, Ita negotium est.

Tu as travaillé selon que les affaires le requeroient, Cum influentibus negotiis paria fecisti.

Il est question d’un affaire de grande consequence, Magna res in motu est.

Il est question d’un tien bien grand affaire, Permagna res tua agitur.

J’ay quelque affaire avec luy, Res est mihi cum illo.

Avoir merveilleusement d’affaires, et en estre comme couvert, Obrui magnitudine negotij, tanquam fluctu.

Qui a brassé tout l’affaire, Totius negotij conditor.

Brouiller et renverser tout un affaire, Omnia miscere.

Se charger des affaires d’autruy à son mandement, Mandatum recipere.

Communiquer quelque affaire, Consilium cum aliquo commiscere.

Conduire et gouverner un affaire, Administrare.

Qui scait conduire quelque affaire, Prudens administrandi.

Il a conduict l’affaire en tel estat, Rem in eum locum abduxit, etc.

Delaisser un affaire, Negotium deponere.

Delivré de tous affaires, Vacuus negotiis.

Demesler quelque affaire, Nodum erroris alicuius exoluere, Rem aliquam gerere.

Se demesler d’un affaire, Exire ex causa.

Depescher un affaire et vuider, Explicare atque expedire negotium aliquod, Dictum ac factum reddere.

Se depestrer de quelque affaire, et en sortir hors, Emergere ex aliquo negotio.

Dresser ses affaires en sorte qu’ils se portent bien, Facere et parare magnam fortunam.

Empesché és affaires urgentes publiques, Necessitudinibus publicis implicitus.

Nous estions empeschez à nos affaires, Negotiosi eramus nos nostris negotiis.

Entendre à l’affaire d’aucun, Ponere operam alicui.

Entreprendre un affaire, Subire.

Entreprendre, faire et parfaire un affaire, Suscipere, administrare, et conficere negotium aliquod.

Estre le principal de nostre affaire, qui y aide plus que tous les autres, Tenere principatum alicuius rei.

Faire quelque affaire, Negotium aliquod gerere.

Il ne fina iamais de faire son affaire, Nunquam in suo opere cessauit.

Faire l’affaire d’autruy malicieusement, Rem alicuius malitiose gerere.

Faire ses affaires particulieres et les publiques, Obire rem priuatam et publicam.

Se presenter et offrir, ou ingerer de faire les affaires d’autruy sans mandement, Offerre se negotiis alienis.

Qui gouvernent l’affaire, Quibus est in manu negotium.

Amitiez s’entretiennent pour l’affaire qu’on en a, Amicitiae coluntur et obseruantur causa temporis.

Pompée a quelque affaire avec Cesar, Pompeio cum Caesare est negotium.

Qui a forces affaires, Negotij plenus, Negotiosus.

Qui a le maniement et conduite de quelque affaire, Administrator.

Manier les affaires de la communauté, Societatem gerere.

Manier et faire les affaires publiques, Remp. gerere.

Le maniement et depesche des affaires publiques, comme vuidanges de proces, et autres, Actus rerum.

Se mesler de ses affaires, Negotium suum agere.

Se mesler des menues affaires d’une maison, et plus viles, Mediastina opera fungi.

Ne se mesler plus des affaires de la Rep. Salutem dicere foro et Curiae.

Estre negligent en son propre affaire, et n’entendre point à soy, Deesse sibi.

Tu ois tout l’affaire, Habes omnem rem.

Poursuyvre quelque affaire, Aliquod negotium insistere.

Ne laisse pas pourtant de poursuyvre ton affaire, Nec tu ea causa minueris haec quae facis.

Il a resceu tout l’affaire, Rem omnem resciuit.

Rapporter les affaires au temps, Commetiri cum tempore negotium.

Je te recommande tous ses affaires, Commendo tibi eius omnia negotia.

Je scay tout l’affaire, Noui omnem rem.

Je scay comme l’affaire a este mené, Omnem rem scio vt sit gesta.

Qui scait les privez affaires d’autruy, Cōscius alicui in priuatis rebus.

Qui ne scait rien de l’affaire d’autruy, Inconscius.

Par quels serviteurs ? Cela sert beaucoup à l’affaire, Cela y fait beaucoup, Quibus seruis ? refert enim magnopere idipsum.

Ne toucher point à un affaire et le reserver au Prince, Integra omnia Principi relinquere.

Traiter quelque affaire avec ses amis, In secreto cum amicis aliquid volutare.

Vuider les affaires desquels on a charge d’autruy, Exhaurire mandata alicuius.

Ne en cet affaire, ne en autre, Neque istic, neque alibi.

Ne m’avez-vous point esprouvé en quelque affaire ? Num me expertus es vspiam ?

En tous affaires dont l’homme en ceste vie se mesle, Omni in munere vitæ.

Aucuns en abusent mauvaisement en leurs propres affaires et particulieres et publiques, Ea quidam et priuatim et publice peruerse abutuntur.

Pendant les grans affaires et ennuis de la ville, ou Republique, In grauissimis temporibus ciuitatis, Maximis Reip. temporibus.

Vien et rends toy à nous delivré de tout affaire, Te vacuum redde nobis.

Affaisser, Pandare, Desidere.

Le theatre s’affaisse, et fait de grandes fentes, Descendit ingentibus rimis theatrum, Desidit theatrum.

Le bastiment s’est affaissé, et a prins son fais, Moles sedimentum fecit. Plin.

Affaissement de quelque grand’chose pesante, quand elle s’est abaissée et affaissée, Sedimentum, Pandatio.

Affamé, Famelicus, Enectus fame.

Affamer une ville, Famem inferre ciuitati.

Affeblir, voyez Affoiblir.

Affecter et desirer d’estre Roy, Affectare regnum.

Affecter le sang d’aucun, et desirer de le tuer, Affectare cruorem alicuius.

Affecter de se mettre en la male grace d’aucun, Irruere se in odium alicuius.

Il ne faut point si fort affecter la magnificence de langage, Verborum magnificentia non validius est affectanda.

Chose qui n’est point trop affectée, ne faite de trop grande affection, ne trop cerchée, Inaffectata res.

Affectation, Affectatio, Quintil.

Affectateur, Affectator, Quintil.

Affection, Affectus, Studium, Animus, Voluntas.

Affection des-ordonnée, Libido.

L’affection que tu me portois en tes jeunes ans, Tuum studium adolescentis.

L’affection d’aucun evidente et manifeste envers un autre, Insigne studium alicuius erga alterum.

Grande affection qu’on a à faire quelque chose, soit bien, soit mal, Studium.

J’ay encore la mesme affection que j’avois, Idem animus nunc est.

Je suis de telle affection et courage, Hoc animo sum.

Si tu as affection de ce, Si te cura huius rei tangit.

Il n’avoit point affection de passer outre, ne de, etc. Hoc neque transire habebat in animo, neque, etc.

Avoir son affection enclinée envers aucun, Propendere in aliquem inclinatione voluntatis.

Avoir aussi grande affection d’une chose qu’un autre, Iisdem studiis teneri.

Qui ont leur affection à la guerre, Quibus militia in studio est.

Nous ne l’avons pas hors de nostre affection, Non alienum animum ab eo habemus.

Estre transporté par affection, Transuersum agi, B.

Je cognoi les affections et fantasies des amoureux, Noui ego amantium animos.

Ficher son affection en quelque chose, Defigere et intendere animum in aliquam rem.

Qui a affection envers aucun et bon cœur, Volens.

Mon fils Cicero a grande affection et envie d’ouïr que c’est, etc. Studet meus audire Cicero quaenam sit, etc.

Mettre son affection à amasser argent, Studere pecuniae.

Mettre son affection à une pucelle, Animum ad virginem adiicere.

Mettre son affection à aucun, Voluntatem suam in aliquem conferre, Animum suum alicui dare.

Monstrer une affection qu’on a envers aucun, Aliquem prosequi.

Monstrer à quelqu’un une affection de pere, Exhibere alicui affectum parentis.

Oster d’aucun son affection et amour, Eiicere animum suum de aliquo.

Oublier l’affection qu’on a envers aucun, Voluntatem suam erga aliquem deponere.

Retirer son affection, Comprimere animos.

Retirer son affection de tous affaires, Animum ab omni negotio seuocare.

Faire quelque chose d’affection, Ambitiose agere, Cupide.


D’affection et de courage, Propense.

Admonester d’affection de Pere, Patrie monere.

De pareille affection, Vno animo.

De grande affection, Magna alacritate ac studio.

S’exercer de grande affection en quelque chose, Exercere se vehementer in re aliqua.

Prier et requerir de grande affection, Obtestari, Obsecrare.

Accuser par affection, Studio accusare.

Affectionner aucun à faire quelque chose, Animare, Accendere.

S’affectionner à quelque chose, Cupide aliquid facere Studio rei alicuius incendi.

Il est mal affectionné envers le Prince, Male animatus est erga Principem.

Il n’est point affectionné à ses possessions, Cognationem sibi esse cum praediis non existimat.

Pource que je vouloy quelque chose qu’il advint, qu’ils fussent plus affectionnez envers la Rep. Quod eos ad omnes casus coniunctiores Reip. esse volebam.

Affectueux, m. acut. C’est affectionné, et ainsi en ont usé les anciens, disans, Il est un Chevalier affectueux à l’histoire, Deditus historiae, Incumbens historiarum lectioni toto animo, Ainsi dit on affectueuses ou affectionnées recommandations ou prieres, Quando quis alij commendat rem aliquam, aut alterum rogat obnixe ac quantum potest.

Affectueuse recommandation, Commendatio non vulgaris.

Affectueusement, Intime, Cupide, Ambitiose.

Acheter affectueusement, Cupide emere.

Faire quelque chose plus affectueusement qu’il ne faut, Ambitiosius aliquid facere.

Afferant, voyez Affiert.

Affermer, Tantost vient du Latin, Affirmare, Asseurer une chose estre ou non estre, Asseuerare, Tantost est naïf François composé de a et ferme, Conducere, redimere, aut etiam locare, comme, Il a affermé les greniers à sel, horrea salinaria redempta habet, ou, Il a affermé tout son bien, Bona omnia conductori locauit, Aucuns distinguent l’ortographe de ces deux significations escrivans affirmer par i, quand il signifie Affirmare, Asseuerare : et affermer par e, quand il signifie prendre ou bailler à ferme, voyez Ferme.

Dire et affermer, Perhibere.

Affermer et maintenir aucune chose, Asseuerare de re aliqua, Affirmare asseueratione, Certum, vel pro certo affirmare.

Affermer par serment, Iureiurando affirmare.

Affermer, pour Bailler à ferme, ou Acenser, Locare, Alocare, Elocare.

Affermer ses terres, Constituere mercedes praediorum, B. ex Cicerone.

Affermir, Roborare, Solidare.

Affermir et tenir ferme, Obfirmare.

Affermir et fortifier, Firmare, Firmare robore.

Affermir et asseurer une chose, Stabilire, Constabilire.

Affermir de toutes pars, Circunfirmare.

Affermir son pied, Pedem figere.

Qui affermit, Stabilimen, Stabilimentum.

Corps affermi et roidi, Contentum corpus.

Affetterie, Astus, Astutia, Vaframentum.

Affetté, Astutus, Vafer, Veterator.

Afficher, Affigere,

Affiché, Affixus.

Vne affiche, Programma, Affixum.

Affichement, Affixio.

Affier, je vous affie qu’il est ainsi, C’est à dire, Je vous asseure à ma foy, ou sur ma foy qu’il est ainsi, Fidem meam astringo, Fidem do sic esse.

Pour affier leurs amours, c’est pour asseurer, Confirmare, Constabilire.

Affiert, Conuenit, Pertinet, Spectat, Attinet, Decet, Cela n’affiert pas, ou ne convient pas à un homme de telle dignité que vous estes, ou n’est point afferant ne convenable, etc. Hoc est alienum dignitate, vel a dignitate tua.

Ce ne m’affiert en rien, Nil ad me attinet.

Affiler, Acuere, Exacuere.

Affin, Cerchez A fin, au mot Fin.

Affiner les fins, Configere cornicum oculos.

Affiner un trompeur, Circumuentorem circumuenire, Sycophantae sycophantari, Contra cretizantem cretizare.

Affiner aucun metal, Igni excoquere vitium metalli, Expurgare metallum.

Affineur d’or, Aurifex.

Affins, et alliez par mariage, Affines.

Affinité, Affinitas.

Le lieu de parler du cinamome venoit apres, pour l’affinité, resemblance et convenance qu’il a avec la momie et cardamome, Cinamomo proxima gentilitas erat, ni, etc.

Affiquets, Nugæ, Ab affigendo, Picardi enim dicunt Fiquer, quod Galli ficher. Affiquets se affichent aux bonnets, aux chapeaux, et choses semblables.

Qui vend petis affiquets de nulle valeur, Nugiuendus.

Affirmation, Affirmatio, Asseueratio, Assertio, voyez Affermer.

Affirmateur, Affirmator.

Afflater, aucun, Blandiendo perlicere vel allicere, voyez Flater.

Affliger, et vexer, ou tourmenter, Affligere, Vexare.

Affliger une personne plus qu’elle n’est, Perdere perditum.

Qui afflige et tourmente, Afflictor, Vexator.

Affligé et tourmenté, Afflictus, Vexatus.

Estre affligé de maladie, Morbo conflictari, vel tentari.

Affliction, Afflictus, huius afflictus, Afflictio, Vexatio.

Affluence, Abundantia, Affluentia, Vbertas.

Affoiblir, Infirmare, Frangere, Debilitare.

Affoibli, Detrimento fractus, Debilitatus, Infirmatus.

De combien ils estoyent affoiblis, Haud quaquam ipsi ignari quantum sibi ad omnia virium Carthagine amissa decessisset, B. ex Liuio.

Affoiblissement, Infirmatio, Debilitatio.

Affoler aucun, pour Blesser, Laedere, Percellere, B. ex Suetonio, Debilitare.

Entreprendre de s’affoler soy-mesme, Consulere de se grauius.

Affoler aucun, Insigni vel graui mactare infortunio.

Affolé d’une jambe, Altero crure captus, vel debilitatus.

Tu t’es bien affolé, In multos laqueos te induxisti, B. ex Cicerone Actum est de te.

Affolure, Laesio, Debilitatio.

Affouchié, m. C’est mis à la fuchere, Les veneurs dient les sangliers estre affouchiez, quand ils s’amusent à fouiller la racine des fucheres et de l’asperge, faisant à tout leur boutoir de grandes fosses dans terre.

Affourrager, act. acut. Composé de la preposition Ad Latine, et fourrager, mais la lettre d, se change en la consonante dont le simple commence (ce qu’est l’ordinaire és mots François composez de ladite preposition ad, comme applanir, et semblables) et signifie donner et pourveoir de fourrage aux bestes chevallines, et de pied fourché, Pabulum equis, bobus ac ouibus administrare.

Affronter, act. acut. Est composé de ad et fronter verbe inusité, et signifie assaillir front à front, se mettre front à front et teste à teste devant aucun pour contester à luy, Frontem fronti opponere, Aggredi audacter, conserere frontem, contra confidenter stare. Et parce que la honte a son siege au front et que tels qui affrontent aucun semblent en estre privez, et eshontez, on dit affronter aucun, pour decevoir impudemment aucun, Perfricta fronte aliquem fraude petere.

Un affronteur et abuseur, Planus, plani, priore corr. Impostor, Supplantator simplicitatis.

Affrontailles, f. penac. pluriel. Car n’est usité au nombre singulier, et est mot usité és designations des abboutissans d’un heritage soit urbain soit rural, quand ledit heritage de l’un des deux bouts affronte à plusieurs heritages appartenans à divers Seigneurs, car tel abboutissant est appelé en pluriel Affrontailles, c’est à dire touchant du large et estendue de son front, à maints heritages qui ne sont à mesme Seigneur, ains à plusieurs et divers, selon ce on dict, une piece de terre (et au semblable de tout autre heritage) tenant d’une part à tel, d’autre à tel, (qui sont les flancs d’iceluy heritage) abboutissant d’un bout à tel, d’autre à plusieurs affrontailles, ou aux affrontailles de plusieurs. Ce mot est procedé de ce qu’en telles designations d’abboutissans les Latins disent In fronte ; comme se void és designations des sepulchres des anciens Romains, lesquels voulans prescrire combien de lieu de leur champ, ou tels sepulchres estoient eslevez, estoit fait religieux (ainsi qu’ils parloient) faisoient graver en une pierre servant au frontispice, tels mots ou semblables : In fronte pedes duodecim, Qui estoit l’abboutissant joignant le grand chemin Royal ou passant et traverscoin, que le François dit le bout d’enhaut (si quelqu’un neantmoins ne veut ce bout d’enhaut, ou par haut, estre prins pour le bout du champ qui est tourné au nort et à la bise, pour cause de l’elevation du nort sur nostre hemisphere, tout ainsi qu’au contraire il vueille prendre ces mots d’embas, ou par bas, pour le contrebout dudit champ qui est tourné au Sud pour la depression d’iceluy sous nostre hemisphere, tout ainsi qu’en Languedoc et païs adjacens, on dit d’aure et de marin pour les deux) In agro, ou bien a retro pedes duodecim, Qui estoit l’abboutissant d’embas, resultans les deux tenans, de la largeur prescripte esdits deux abboutissans. Mais neantmoins le François n’en use ainsi precisement que le Latin pour le seul bout du champ qui affronte au chemin, ains pour tout abboutissant soit d’enhaut ou d’embas qui affronte à plusieurs. Et ne se faut arrester à ce qu’és prescriptions des largeur et longueur de tels sepulchres, (estant chacun d’iceux eslevé dans le champ appartenant au Seigneur, qui ainsi le faisoit construire, et partant tenant des deux parts ou costez, et abboutissant des deux bouts à luy mesmes) n’estoit par ces mots, In fronte, et in agro, ou a retro, designé ce que la Loy, Forma Censuali. ff. de censib. dit en ces mots, quos duos proximos vicinos habeat, ains la seule quantité du champ, qui par telle construction de sepulchre, et illation d’un mort devenoit religieuse ; car ledit mot Affrontailles a esté prins et tiré de là. Aussi le Languedoc, et ceux des païs adjacens, disent, confrontar une piece de terre, pource que le François dit, la mettre par tenans et abboutissans.


Affourrer les moutons, c’est fournir leurs rateliers de farre ou paille, et semble qu’on die Affourrer pour Affarrer ou Affairer, In ouium praesepia paleas comportare.

Affranchir un serviteur, et luy donner liberté, Manumittere seruum, Emancipare, Liberare, Libertate donare, Asserere, Asserere manu.

Celuy que j’ay affranchi, ou dont j’ay cause, Libertus meus.

Affranchir quelqu’un, ou descharger de tous vices, Aliquem a vitiis omnibus vindicare.

Affranchir et exempter de quelque charge ou tribut, Immunitatem dare.

Affranchi, Immunis, Eximius.

Estre affranchi, Immunitatem habere.

Affranchisseur, Liberator.

Affres, Je luy ay donné une mauvaise affres, Inieci scrupulum, B. ex Terent.

Affreux, Sentus, Horridus, Perhorridus.

Affreux et espouvantable à regarder, Toruus.

Affreusement, Torue.

Regarder aucun affreusement et de travers, Intueri toruo vultu, vel fero, aut truci.

Affreuseté, Toruitas.

Affriander, Affrioler, Illicere, Inescare, Perlicere, Prolectare, Cupediis illicere, Illecebris delinire, Capere, Allicefacere.

Affriandé, Affriolé, Illectus, Inescatus, Cupediae, vel voluptatum illecebris irretitus, Captus, Allectus.

Affriolement, Allectatio.

Affubler, Amicire, Picardi dicunt, Affuler, Semble qu’il vienne de Infula, infulae, quasi Infulare.

Affublé, Amictus.

Affublement et couverture, Amictus, huius amictus.

Affuir, quasi ad nos fugere, usez de Accourir.

Affuster, fust gros bois, Hinc Bois de haute fustaie, Affuster, garnir de fust. Les affusts de l’artillerie, la garniture de bois, comme roües et charroy. Et semble que l’origine de tout cecy vient de Fustis.

Affils de Roy, c’est pour fils de Roy, au 3. livr. D’amad. cha. 6. Toutesfois il estoit lors peu cogneu à fils de Roy.

AG

Agacer aucun, Incitare, Lacessere, Exhibere argutias.

Agacer aucun par lettres, Literis aliquem incessere.

Agacer et gaster le trenchant d’un ferrement, Praestringere aciem ferri.

Agacer les dens, Hebetare dentes, vel stupefacere.

Chose agaceant, Irritant et incitant, Irritamentum.

Agacement, Irritatio, Prouocatio.

Agacement de dens, Stupor dentium, vel hebetatio.

Agaric, Agaricum.

Agasse, ou Agache, autrement une Pie, Pica.

Agathe, Pierre precieuse, Achates, Achatae.

Agay, entre fauconniers, c’est la mouëlle qu’on tire des os.

Agde, Ville au païs de Languedoc lez la mer dict par sincope et antiptose du Latin, Agatha, ciuitas prouinciae Narbonensis secundum mare mediterraneum.

Ageancer, Instruere, voyez Adjancer.

Ranger, ageancer, mettre quelque chose en son ordre et en son lieu, Astituere.

Agen, en Agenois, Agennæ, Aginum, ville episcopale assise sur la Garonne.

Agenois, en Guienne, Garites.

Agenouiller, acut. Est se mettre à genous, Subsidere in genua, Seneca Epist. 86. Aussi quand on commande à un ou plusieurs qu’on mette le genous en terre, on leur escrie A genous par Aposiopese, pour, mettez vous, ou soyez à genous. Ainsi est composé de A preposition, et genouiller inusité, l’Italien dit aussi Inginocchiare, Congenulare, Sisenna lib. 3. histor. et Caecil. Annal. lib. 6. teste Nonio.

A genous, ores est prins adverbialement, Congenulate, comme, Il prie à genous, Genibus positis orat. Ce qu’on dit aussi Agenoillon, ou comme, Le Languedoc en pluriel, Agenoillons l’Espagnol a cest adverbe außi par composition, de rodillas, et de Inoios, la ou l’Italien le a simple, Ginochione.

Agenouillé, m. acut. Celuy qui est à genous, Congenulatus, l’Italien Inginochiato.

Agenouillée, f. penac. Celle qui est à genous, Congenulata par analogique deduction de Congenulo usé par Sisenna et Caecilius historiens.

Aggluer, Agglutinare.

Cela se prend et s’agglue aux doigts, Ad digitos lentescit.

Agraffe, f. penac. Est le masle et l’annellet appelé porte, et est le petit crochet qu’on attache ordinairement à l’une des ouvertures des habillemens et la porte à l’autre pour clorre et tenir joinctes icelles ouvertures addentant l’aggraffe dans sa porte, Vncinolus hamulus, Budée estime que ce mot soit faict de ces deux Grecs ἂγρα qui signifie capture et ἂφη qui signifie außi attainte, si que le composé en fut άγράφη, ou bien de ἂγαρ aduerbe Grec & dudit άφη, Autres veulent dire qu’il est tiré de garah verbe Hebrieu, que S. Hierosme au 5. chap. des Iuges interprete attirer, mais c’est trainer par les cheueux & le Grec & l’Hebrieu.

Aggrandir, Grandire.

S’aggrandir, Extendere amplitudinem, Grandescere,

Aggrandir vne chose par paroles, Exaggerare oratione.

Aggrandir sa maison, accessionem adiungere aedibus, Aedes suas facere grandiores, vel laxiores.

Tailler & aggrandir vn trou en taillant & ostant du bois, Excalpere.

Aggrauanter, ou Aggrauer, aggrauare, Est faire vne chose plus griefue, selon ce on dit, Aggrauer vn crime, Exasperare, grauiùs efficere, Et Aggrauer vn excommuniement, Contumaciam detestabiliorem reddere, Et en ceste signification vient de grauis, mot Latin.

Aggrauer aussi se prend pour assabler, se mettre dans la greue & dans le sable, Selon ce on dit, Le nauire est aggraué, Carina infixa est vadis, Liu. lib. 23. Et en ceste signification vient de greue ou grauier, mots François.

Nostre basteau est aggraué, Nauigium haeret in vado, voyez Assabler. Cheual aggraué, homme aggraué des pieds, Quand il est si trauaillé qu’il ne peut plus cheminer.

Excommunier, aggrauer & reaggrauer, Caput hominis furiis maniísque deuouere, Sacrare caput cu bonis diris imprecationibus.

Excommunimens & aggrauations, Proscriptiones dirae.

Aggreable, acceptus, Gratus, Gratiosus.

Seruiteur aggreable, Ex sententia seruus.

Aggreable au commun, In vulgus gratum.

Fort aggreable, acceptior, Gratior.

Cela m’est plus aggreable que tu ne penses, Opinione tua gratius est mihi.

Tres-aggreable, Quàm gratissimum, Acceptissimum.

Auoir pour aggreable, Gratum habere, Recipere.

I’auray pour aggreable tout ce qui se baillera, Quicquid dabitur, gratum habebo.

Estre aggreable, Gratiam inuenire.

Il m’est aggreable, il me plaist, Cordi est mihi, Collibitum est mihi, Perplacet.

Cela m’a esté fort aggreable que tu m’as fait, Accidit mihi illud gratum à te.

Ce m’est chose moult aggreable & plaisante, Volupe est.

Ces choses t’ont esté si aggreables, Cesar, que, &c. Quae quidem in eam partem à te accepta sunt C. Caesar, &c.

Cest herbe est aggreable à cause de son amertume, Placet amaritudine haec herba.

Faire chose aggreable, Gratificari, Gratum facere.

Qui n’est pas aggreable aux oreilles, Putidum, Ingratum auribus.

Qui n’est point aggreable ni plaisant, Ingratus, adiectiuum passiuae significationis.

Aggréer à aucun, c’est luy estre aggreable.

Il n’aggrée point à l’oreille du populaire, Ab auribus vulgi abhorret, Ingratum est vulgi auribus.

Aggreger, aggregare.

Nommer aucun pour estre aggregé au college des Augures, Nominatione sua cooptare aliquem, Aggregare aliquem in numerum Augurum.

Aggrener vn cheual, Ad granum traducere, C’est quand vn poullain a assez long temps mangé de l’herbe, & on s’en veut seruir, à fin qu’il soit plus fort & plus ferme, on luy fait manger du grain, & le nourrit-on d’auoine, ou d’autre grain.

Aggresseur, aggressor, Vlpian.

Aggression, Aggressio, Aggressura.

Agile, agilis.

Agilité, Agilitas.

Agilement, agiliter.

Agir, Il vient de ago, agis.

Agir personnellement, Condicere.

Agir criminellement, Actionem criminosè intendere.

Agir criminellement d’vne chose ciuile, Criminosè intendere quod ciuilem persecutionem habet.

Agir en matiere d’iniures, Iniuriarum formulam intendere alicui, Agere iniuriarum.

Agir, ou plaider pour la restitution du sien, Rem iudicio repetere.

Agiter, Il vient de Agito, agitas.

Agitation & esmouuement, Iactatio, agitatio.

Les agitations & esmeutes des assemblées du peuple, Vndae comitiorum.

Agité, Iactatus, agitatus.

Agnation, agnatio.

Les biens sont retournez à luy par droit d’agnation, Gente ad se redierunt bona.

Agneau, agnus.

Seurer les agneaux, Lac agnis subducere, Depellere agnos à lacte, Disiungere agnos à mamma.

Agneaux qui naissent sur l’arriere saison, Cordi agni.


Agneau & toute autre beste qui tette encore, Subrumus.

Quand on met les agneaux à la mammelle pour les faire teter, Subrumantur agni, admouentur agni vberibus, Summittuntur agni nutricibus.

Si i’ay autant d’agneaux que de brebis, Si foetura gregem suppleuerit.

Qui est d’vn agneau, Agninus.

Agnelet, Agnellus.

Agnus dei, ou autre bague pendant au col, Bulla.

Vne sorte d’arbre qu’on appelle Agnus castus, Vitex, viticis.

Agonie, Agonia, agoniae, Angor angoris.

Agoure de lin, quasi Angor lini, quia angit & strangulat linum, Cassutha, vulgairement Cuscutha, ou Podagra lini.

Agrandir, voyez Aggrandir.

Agré, voyez Gré.

Agreable, voyez Aggreable.

Agreslir, pour Deuenir gresle, Gracilescere.

Agreslir sa voix, Vocem deducere, Vocem tenuare.

Agriculture, Agricultura, Agricolatio.

Agripaume, Nom d’herbe, Caleopsis, Aucuns la nomment Cardiaca, Agria palma.

Agu, Acuminatus, Acutus, Exacutus.

Agu & pointu, Turbinatus.

Agu & ingenieux, Argutus.

Fort agu, Praeacutus, Peracutus.

Faire agu, Cacuminare, Acuere.

Faire fort agu, Peracuere.

Œufs agus, Oua cacuminata.

Toute chose aguë ou pointuë, soit de bois, ou de fer, ou autre matiere, Stylus.

Homme agu & ingenieux, Argutus homo, Acutus.

Qui n’est point agu & subtil, Hebes rhetorica forensis.

Aguiser, Acuere, Exacuere, Procudere.

Aguiser vn cousteau, In cote cultrum subigere.

Aguiser en trenchant, Acuere.

Qui va en aguisant, Fastigiatus.

Elle va en aguisant, Deficit in mucronem figura.

Faire en aguisant & montant, Fastigiare.

Aguisement, Exacutio.

Aguisement par le bas & pointe, Turbinatio.

Aguement veoir, Acriter videre.

Quand on voit bien aguement, Perspicacia, Perspicacitas.

Regarder fort & aguement, Lynceis oculis contemplari.

Aguement & viuement entendre, Acriter intelligere.

Qui voit bien aguement, & entend bien subtilement, Perspicax.

Aguerrir vn homme, Rebus bellicis eum exercere, Ad rem militarem formare.

Aguetter, Insidiari, idem quòd Guetter.

Aguille, Aidez-vous de ce qui est en Esguillon.

Aguille à coudre, acus, huius acus.

Aguille de quadran, Gnomon, gnomonis.

Aguille, Poisson, Acus, Belone.

Vne grande aguille de pierre, large par le bas, & pointuë par le haut, Obeliscus, Pyramis.

Vn aguillier, ou tabouret, Acicularium.

Aguillete, Laqueolus, astrigmentum vocat Viues.

Aguillete deferrée, astrigmentum exarmatum. Viues.

Aguilleter, Laqueare, astringere.

Aguillon, Stimulus, aculeus.

Aguillon de nature, Igniculus.

L’aguillon d’vne mousche, Spiculum, aculeus.

Aguillons des herissons & porcs espis, Spinae.

Qui a des aguillons & picquans, aculeatus.

Qui a trois aguillons ou pointes, Trisulcus.

Bruit & renommée n’est pas vn petit aguillon pour faire quelque chose, Non mediocre telum aut calcar ad res gerendas fama.

Aguillonner, admouere alicui stimulos, Stimulare, Stimulos subdere, Extimulare, Instigare.

Chose qui aguillonne, Incentiuus.

Aguillonnement, Stimulatio, Incitamentum, Instinctus.

Aguillonneur, Instinctor, Stimulatot, Extimulator, Instigator.

AH

Aha, la riuiere de Zurich, Limagus.

Ahan, m. acut. Proprement pris est la voix souspireuse qu’en l’effort du trauail les gens de penible besongne iettent hors, & consequemment se prend pour grand trauail, & est onomatopoeea, de han, son souspireux, que rendent ceux qui ruent vn grand coup de coignee ou autre outil, ou tirent & leuent à force quelque grief & pesant fardeau, ou font quelque autre penible besongne, Ainsi l’on dit, l’Ahan qu’il a souffert luy a cousté la vie, Labores improbi ad interitum eum deduxére, Grauis ac operosus cruciatus neci illi fuit. Le Languedoc & l’Espagnol disent Affan pour ce mesmes, & l’Italien Affanno. Labor ingens, vehemens, cruciatum excitans.

Ahaner, neutr. acut. Proprement prins est en effort, ietter cette voix souspireuse Ahan, & par catachrese, trauailler de grande force. Le Languedoc & l’Espagnol disent Affanar, mais l’Italien Affannare actiuemēt. Laborare, cruciari in opere. Acriter ac totis viribus opus laboriosum facere. Il ahanne beaucoup tous les iours. Valdè in opere faciundo quotidie cruciatur. Le Picard en vse aussi pour labourer la terre. Arare, Terram aratro proscindere, par ce que telle besongne est de grand trauail. Ingemere. Virgil. 1. Georgic.

Ahané, m. acut. Est trauaillé. E` labore improbo fessus. C’est celuy qui en trauaillant a ietté beaucoup de ahans. Qui opus faciundo crebriùs ingemuit. Le Languedoc dit Affanat, l’Espagnol Affanado, & l’Italien Affanato, en soucy & trauail d’esprit.

Ahanée, f. penac. Labore confecta, Opere faciundo attrita, Exhausta viribus.

Aherdre, Arripere, Corripere. Semble qu’il vienne de Adhæreo, adhaeres.

Aheurté, ou Ahurté en son opinion, Pertinax, Peruicax, Obstinatus.

S’aheurter & s’opiniastrer, Obstinare.

Vn aheurté plaideur, Vn homme processif confit en proces, Vn plaidereau, Philodicos, Homo litigiosus, natura controuersus, Peruicax litigator.

Aheurtement & obstination, Pertinacia, Peruicacia, Obstinatio.

Ahocquer, Picard, vsez de Accrocher. Vn hoc est vn croc.

Ahontir vn homme, Homini pudorem afferre, Afficere hominem pudore, Imponere alicui pudorem, Incutere pudorem alicui, Pudefacere.

Ahurir vn homme, est l’estonner tellement, qu’il ne sçache qu’il doit faire ou dire, le mettre au bout de son sens, Obtundere, Stupefacere, Attonitum reddere.

Ahurté, voyez Aheurté.

Ahy, Mot qui se dit quand on a paour, Atat.

AI

Aider, Iuuare, Adiuuare, Adiutare, Opitulari, Adiumento esse, Adiumentum dare, Adiumentum afferre, Adiumenta importare, auxilium afferre, adesse alicui, auxilium portare, Opem ferre, siue afferre, Operam alicui dare, Opera praebere, Opem referre, Suppetias ferre, Ire opitulatum, Saluti esse alicui, Comministrare, Commodare alicui in re aliqua, alicui auxilio venire, auxiliari alicui.

Aider & secourir aucun, Mederi alicui, aliquem tegere ac tueri, adiumentum dare.

Aider à aucun de quelque chose qui luy defaut, Suggere, Suppeditare, Supplere.

Aider à quelqu’vn & luy fauoriser, aliquem sustentare.

Aider à quelqu’vn par tout, Nullo loco deesse alicui.

Aider à quelqu’vn, & s’accommoder à son aage, Aetati alicuius seruire.

Aider à quelqu’vn à estre Consul, alicui ad Consulatum suffragari.

Aider à quelqu’vn de tous les plaisirs qu’on peut, aliquem suis officiis sustentare.

Aider quelqu’vn de sa voix, ou rapport enuers le Prince, Ornare suffragio.

Aider chacun en son tour, Orbe quodam societatis ambire sustentantem fouentémque eum qui indiguerit.

Aider & seruir à faire la guerre, Praestare operam in re militari.

Seruir ou aider de beaucoup à quelque chose, Multum ad aliquid proficere.

Aider & defendre la cause d’aucun, adesse alicui ad rem aliquam.

Il m’a aidé en la plus grande necessité que i’eusse, Opem attulit extremis temporibus.

Aider de toute sa peine, Nauare operam.

Aider les estudes d’aucun, d’aucune somme d’argent, Tributum studio alterius inferre, Conferre stipendium studio alterius.

Aider comme on a promis, Operam promissam dare.

Vertu & proprieté d’aider portant medecine, auxiliaris vis.

I’ay dequoy m’aider en ma maison, auxilia & suppetiae mihi sunt domi.

Vous vous pourrez bien aider de ce, Bene poteritis hoc vti.

S’aider l’vn l’autre, Mutuas operas tradere.

S’aider d’aucun à se defendre, Vti defensore aliquo.

S’aider de la personne d’autruy à faire ce qu’on n’ose faire soy-mesme, Cauere sibi per aliquem.

S’aider des gents à son profit, adiungere animos hominum ad vsus nostros.

S’aider de la peine d’autruy à faire quelque chose, Opera alterius vti ad rem aliquam.

S’aider de quelque parole qu’on à entr’ouy, comme si on nous eust donné expresse charge de l’aporter, Sermone aliquo pro mandatis abuti.


Si tu me puis aider aucunement, Si quid tu adiuuas.

Laisser à aider & defendre, Discedere à defendendis hominibus & subleuandis.

Ainsi me vueille Dieu aider, Ita me Deus bene amet, Ita me dij iuuent, Ita viuam, Medius fidius, Ita mihi Deum propitium esse velim. B.

A l’aide de Dieu, Iuuante Deo.

Dieu aidant, Deo bene iuuante.

Vous m’auez souuent aidé, Mihi frequentem operam dedistis.

Si nous ne nous aidons l’vn l’autre, Nisi quae mihi in te, aut tibi in me est salus.

Elle m’a nié qu’elle eust à faire qu’il luy aidast, Eius operam mihi negauit se morari.

Crassus s’aidoit de la rigueur, & Antonius de l’equité, Ius Crassus, aequitatem antonius vrgebat.

Choses qui aident ceux qui veulent arracher & tirer quelque chose, Conamentum.

Ces choses ne nous aident en rien pour viure plus ioyeusement, Nihil haec afferunt, quo iucundius viuamus.

Aide moy, Da dextram misero.

Aide moy en cecy, Communica mecum hanc prouinciam, Id amabò adiuta me.

Aide moy le moins du monde, Da mihi paullùm operae.

Cette racine aide fort & donne remede à la colique passion, Radix haec coeliacis praeclarè facit, vel confert.

Qui ont aidé à piller l’heritage, Participes haereditatis diripiendae.

Estre aidé d’aucun & secouru, auferre opem ab aliquo, Iuuari.

Aidé l’vn de l’autre, alter ab altero adiutus.

Cela n’aide rien du monde à bien viure, Illud ne minimi quidem est momenti ad bene viuendum.

Il ne s’aide point de ses membres, Iners est membris, Captus est membris.

Il ne s’aide ou sert pas trop bien de ses deux pieds, Neutro pede satis vtilis.

Il prie qu’on luy aide à viure, Subsidium rei familiari orat deprecandus. B. ex Tacito.

Qui aide, Adiutor, administer, auxiliarius.

Celle qui aide, adiutrix.

Aide, f. penac. C’est secours comme en ce cry, Aide au Roy, c’est à dire secours & confortemain soit donné au sergent & officier executant pour le Roy. Regi ferte opem. Il est aucunefois masculin, & se prend pour celuy qui sert à fournir de pierre & de mortier à vn masson. Opera caementarij. qu’on dit aussi par adionction vn Aide à masson. adminiculum, auxilium, adiutorium, adiumentum.

Tout aide & secours, Praesidium, Subsidium.

Aide fort puissant & de grande efficace, adiumentum valentissimum.

Vn aide qu’vn chacun soudart souloit anciennement prendre pour faire ses menus affaires, Optio.

L’vn a affaire de l’aide de l’autre, alter alterius auxilio eget.

Appeler à son aide, Appellare aliquem.

Apporter aide, Adiumenta importare.

Defaillir à quelqu’vn d’aide, Deesse alicui opera.

Delaisser aucun sans aide, Relinquere aliquem, Destituere.

Demander aide & secours, Fidem alicuius implorare.

Demander aide en pleurant, Implorare.

Cercher autre aide & support, Copiam aliam quaerere.

Donner aide à aucun, Auxilio esse alicui.

Qui donne aide & secours, Praeses.

Seigneur Dieu, donne aide & faueur aux choses commencées, Domine, annue coeptis.

Selon que Dieu t’aide, Quantum Deus dat tibi opis.

Employer l’aide d’autruy, foreine & qui soit de dehors, Aduentitiis & externis adiumentis vti.

Impetrer aide & secours, Auferre opem ab aliquo.

Prendre aide, Auxilium sibi adiungere.

Par ton aide, Virtute tua.

En cecy, y a qui aide fort à bien viure, In his sunt ad bene viuendum momenta maxima.

Porter ou donner aide ou secours, Adiumentum alicui ad aliquam rem afferre.

Aides, en Pluriel f. penac. Signifie tantost les partisans & fauorisans d’aucun, Auxilia, Auxiliatores. Et tantost les deniers dont le peuple aide au Roy. Oblatio. Bud. ex Asconio, ou Vectigalia. Bud. ex Cic.

Les aides qu’on paye au Roy, Oblatio. B. ex Asconio.

Les aides que le peuple paye au Roy, Vectigalia. B. ex Cic.

Aigle, Aquila.

Vne couple d’aigles, Iugum aquilarum.

Vne sorte d’aigle qui casse les os, Sanqualis, huius sanqualis, Ossifraga.

Aigle de mer, Haliæ etus, id est, aquila marina.

D’vn aigle, Aquilinus.

Aigre, Estre aigre, Acere.

Aigre-doux, c’est à dire, participant d’aigreur & de douceur, Acrudulcis, Ex acido dulcis.

Estre fort aigre, Peracescere.

Deuenir aigre, Acescere.

Faire aigrir, Acorem facere.

Tirant sur l’aigre, Acidus.

Fort aigre & aspre, comme vn fruict qui n’est pas meur, Peracerbus.

Afin que ie ne die point chose plus aigre, Vt leuissimè dicam.

Aigret, tirant vn peu sur l’aigre, Acidulus, Subacidus, Subacidulus.

Fruicts aigrets, Acidi fructus.

S’aigrir, Acescere, Coacescere.

Aigrir & irriter aucun, Exacerbare.

Aigrir vn crime, Acerbare crimen.

Aigreur, Acritudo, Acor, Acôris, Acrimonia.

Aigrement, Acriter, Acerrimè, Acerbè.

Reprendre aigrement le fait d’autruy, Prosequi dicto improbum factum alicuius.

Aigrefin, poisson, Iecorarius.

Aigremoine, Eupatorium, Hepatitis, vel Hepatorium.

Aigrette, oyseau fort semblable au Heron, sinon qu’elle est blanche. Aucuns l’appellent Albicula, autres Albardeola.

Aigrun, Chose qui aigrit & engrege vne maladie, Quod exasperat, & exacerbat morbum.

Aigu, voyez Agu.

Aigvesmortes, plur. num. Est le nom d’vne Ville en Languedoc, assise pres la mer, qui est de ce costé-là l’vne des clefs, & comme vn bouleuert d’iceluy païs, ainsi nommée à cause des eaux dormantes, & grands marescages qui l’auoisinent. Le nom est composé de Aigues, diction Languedoque, signifiant eaux ; & Mortes, diction commune au François & au Languedoc. Selon ce on le doit rendre Aquae mortuae, tout ainsi que Aquae Sextiae pour Aix en Prouence. Car de le rendre par Fossae Marianae, il n’y a pas grand’raison.

Aiguiere, f. penac. Est vn vase d’estain, argent, ou or, où on met l’eau, qui est pour verser dans le verre, ou lauer les mains, qu’on appelle autrement le pot à l’eau, & vient de Aquarium, par la maniere mesmes que le Languedoc dit Aygur, de aqua, ύδρια, car le François vsurpant le mot Latin y adiouste souuent la voyele, j. & ; fait la diphthongue, , qui sone, comme de mater, maire, de pater, paire, ores que aucuns n’en representans que la prononciation sans plus, escriuent mere, pere. Et toutefois inconstans en leur escriture, escriuent pair, de par.

Aiguille, f. penac. Vient de Acus Latin, par la mesme raison qu’est notée en Aiguiere, & signifie cest instrument de fer ou d’acier, duquel on se sert à coudre, auquel le Francois trocque la consonante c, qui est tenuë, en sa moyenne, qui est g.

Aiguillon, m. acut. Vient de Aculeus Latin, & se prend ores pour cette pointe de fer fichée au bout d’vne gaule, dont vsent les picquebœufs : & ores pour le picquon des mousches guespes, Et par translation, pour tout motif violent, qui nous incite auec aigreur à quelque chose.

Ail, ou Aulx, Allium, voyez Aulx.

Ailloignon, ou Aulxoignon, Vlpicum. C’est vn mot composé de Ail & de Oignon, pource que de figure il resemble à l’ail, mais d’odeur à vne Aillade, Alliatum, à l’oignon.

Aile d’oyseau, ou d’autre beste qui vole, Ala, alae.

Les ailes d’vne armée, Alae, alarum. cornua. Liu. lib. 22.

Aile, ou Qui a des ailes, Alatus, Aliger.

Ayans deux ailes, Bipennis.

Qui sont és ailes d’vne armée, Equites alarij.

Rongner les ailes, Detruncare alam auibus.

Battre des ailes ensemble, Concutere alas, Plaudere alis. Estre semblable aux ailes des oyseaux, alas auium imitari. Ne battre que d’vne aile. Mori.

Tirer de dessous l’aile, c’est à dire, Desrober secrettement & subtilement, Sublegere. Metaphore des poules qui couuent poussins.

Ailette, ou Ailerette, ou Aileron, hoc est, petite aile, ou bout d’aile, Extrema ala. Pinnula. Plaut. Prol. amphitr.

Petites ailes dequoy les poissons nagent, & leur seruent de pieds, Pinnae.

Ailes qu’on baille à vn cheual, Cursus infraenus.

Aileures en fait de nauires, sont deux gros soliueaux de vingts pieds de long portez du long du pont sur les trauersins faisans vn quarre auec iceux trauersins, qui est la fenestre ou trou par lequel on accueille le bateau dedans le nauire, voyez Trauersins.

Ailler, riuiere, Elauer.

Vn Ailler à prendre cailles, c’est vn grand filé, ou rets verd ou blanc, selon la couleur du bled, qu’on estend dessus le bled aux champs, pour predre les cailles, Rete ortygium, Pourroit estre que nous disons Ailler, pour Cailler.

Ailleurs, Alibi, Aliubi.

Cercher ailleurs, Quaerere foris.

Ailleurs enuoyé, Aliò missus.

D’ailleurs, Aliunde.


Prendre d’ailleurs, & s’en seruir comme du sien, Mutuari.

Ie reuiendray par ailleurs, Alià reuertar.

Aimant, Vne pierre qu’on appelle aimant, Magnes, magnetis.

Aimantin, Adamantius.

Aimantine foy, außi forte que l’Aimant qui attire le fer.

Aimer, Amare, Adamare, Operam dare amori, Charum aliquem habere.

Aimer folement, Adamare.

Aimer aucun outre mesure, Ardere, siue deperire aliquem.

Aimer aucun & le receuoir en son amour, In amicitiam recipere.

Aimer celuy qui nous aime, Redamare.

Aimer aucunement, & vouloir bien à aucun, Diligere.

Aimer du bon du cœur, sans feinte, Corde vel animo amare.

Se faire aimer des gens, par les ouir patiemment & doucement, Beneuolentiam hominum sibi adiungere lenitate audiendi.

Se faire aimer par beaucoup de gens, Multos amicitia comprehendere.

Ainsi te vueille Dieu aimer, come tu n’en scais rien, Ita te amet Deus, vt tu nescis.

Aimer secretement, Vti amore surreptitio.

Aimer pour auoir en mariage, In matrimonium amare.

Fort aimer quelqu’vn, Complecti aliquem, Familiariter aliquem diligere, Arctè complecti aliquem, Adamare, Examare, Deamare.

Fort aimer & ardemment, Coniunctè amare.

Fort aimer aucun, tellement qu’on ne peut durer sans le veoir tousiours, & ne se peut-on saouler de le regarder, aliquem in oculis ferre, In oculis gestare.

Ils t’aiment fort, Sunt tui studiosi.

Aimer grandement quelqu’vn, Aliquem in sinu gestare.

Ie dois bien aimer cestuy-cy, Huic omnia meritissimo volo & debeo. B. ex Quintil.

Aimer mieux vne chose qu’vne autre, Praeoptare.

Leurs enfans les aiment mieux, Mage amicis vtuntur gnatis.

On ne pourroit d’auantage, ou plus aimer, Nihil accedere potest ad amorem.

Qui n’a chose en soy qui attire à l’aimer, Inamabilis.

Aimer autant quelqu’vn qu’il nous aime, In amore alicui respondere.

Aimer autant quelqu’vn que son propre fils, Loco filij habere aliquem.

Pleust à Dieu que tu m’aimasses autant que ie t’aime, Vtinam esset mihi pars aequa amoris tecum.

Faire semblant d’aimer, amicitiam simulare.

Se deporter d’aimer quelqu’vn, auferre amorem suum ab aliquo, Eiicere animum de aliquo.

Qui aime & craint Dieu comme il appartient, Pius.

Qui aime vne mesme femme, ou quelque autre chose, Aemulus, Riualis.

Qui aime sur toutes choses le repos, Ad summum otium accommodatus.

Estre aimé, Efferri in amorem, Amari.

Estre aimé & rendre la pareille en contr aimant, Voluntatem parem accipere & reddere.

Estre aimé de quelqu’vn, & auoir credit enuers luy, Esse cum aliquo in gratia.

Estre aimé des hommes, Esse in oculis hominibus.

Estre fort aimé de quelqu’vn, Esse alicui in deliciis.

Cher & bien aimé, Charus.

Quand on aime ou on hait quelque chose, Esse amori vel odio dicitur res aliqua.

Beaucoup ont aimé mieux n’auoir point de poëtes, Multi praetulerunt carere poëmatibus.

Qui t’aime, Cupiens tui.

Aimant, Amans, Diligens.

Aimable, ou Digne d’estre aimé, Amabilis, Amandus.

Ain, Cerchez Hain.

Aincois, Signifie quelquefois ordre & precedence de temps : comme, Ainçois qu’il vient ie fus recous, Antequam venisset, ereptus fuit Quelquefois est prins pour aduersatiue, comme, Vous ne m’abbandonnerez pas, ainçois tiendrez bon auecques moy. Non me deferes, quin potius mecum cosistes. Deux pareilles significations ont aussi, Ains François, Anzi Italien, & Antes Espagnol  : combien que tous viennent de Ante Latin  : lequel ne se prend qu’en la premiere, voyez Ains.

Note ainçois, ou Ains, note ce qu’il te semblera falloir corriger, Quin potiùs adnota quae putaueris corrigenda.

Qu’ainçois, ou Qu’ains ne fais tu ce qu’on t’a enchargé de faire ? Quin potiùs quod legatum est tibi negotium id curas ?

Aindre, C’est la riuiere qui passe à Cormeri, Agner.

Ains, Ante, l’Italien dit Anzi en mesme signification approchant le François, & l’Espagnol Antes approchant le Latin : mais l’Espagnol & l’Italien la composent l’vn auecques En, Enantes, l’autre auecques In inanzi, & inanti, pour auparauant, ce que nous ne faisons. Il se prend außi pour Aduersatiue, sed, verùm, comme le font lesdicts Italien & Espagnol aussi, voyez Ainçois.

Ainsi, Eodem, pacto. Aucuns estiment qu’il vient de έντωζ, qui signifie autant que Sic, Ita, Hoc modo, mutatis & detractis aliquot literis. Ronsard aucunefois dit Ainsin, mais c’est à cause du carme S’ainsin estoit, c’est pour euiter la collision de vocale.

Ainsi comme, Ceu, Sicut, Sicuti, Vt.

Ainsi comme il est maintenant, il n’a pas où mettre son pied, Quomodo nunc est, pedem vbi ponat in suo non habet.

Ainsi que, Tantost signifie circonscription de temps, comme en Amad. liur. 2. Et ainsi que l’on leuoit les nappes, entra vn gentil-homme tres-ancien, c’est à dire, au temps, ou tandis que l’on leuoit les nappes, & tantost semblance de façon, au mesme liur. d’Amad. qui donnoient si grand clairté que l’on voyoit dedans la chambre ainsi qu’en plein iour, c’est à dire comme en plein iour.

Il est ainsi, Ita est, Ita res est, Nempe, Profectò, Rectè, Scilicet.

Il est ainsi que tu dis, Id est profectò.

S’il est ainsi que tu vueilles qu’elle demeure auec toy, Sin est vt velis illam manere apud te.

Ainsi soit qu’il l’ait, Habeat sanè.

Ainsi soit-il, Amen.

Il faut qu’ainsi soit fait, Ita opus est facto.

Soit ainsi, Prenez le cas qu’ainsi soit, Verum esto, Fac ita esse.

Il n’est pas ainsi, Numquam factum est, Non ita est.

N’est-il pas ainsi ? Itáne est ?

Ainsi le faut-il faire, Ita opus est facto.

Ainsi le feray, Ita faciam.

Le veux tu ainsi ? Itáne vis ?

Le voudrois tu bien ainsi ? Itáne verò.

C’est bien fait ainsi, Probè.

Ainsi requiers-ie qu’il soit fait, Ita postulo vt fiat.

Ainsi qu’il faut, Ritè.

Ainsi que, Pariter atque.

Ainsi que nous pouuons, Sic vt quimus.

Ainsi que les disciplines des Philosophes portent le nom d’iceux, Tanquam Philosophorum habent disciplinæ ex ipsis vocabula.

Cela se fait ainsi que les autres choses, Hoc fit pariter atque vt alia facta sunt.

Ainsi que la cause le requiert, Vt causa postulat.

Ainsi qu’on contoit argent, ou à l’heure, ou d’aduenture qu’on contoit argent, Vt numerabatur fortè argentum.

Tout ainsi que, Ceu similiter atque, Item vt, Eodem modo.

Le lieu est beau tout ainsi que ie le desiroy, Locus est bellus atque optabam.

Tout ainsi que si l’Asie estoit fermée, on ne nous escrit nulles nouuelles, Taquam si clausa sit Asia, sic nihil perfertur ad nos.

Il est tout ainsi esmeu, que i’estoy, Similiter atque ipse eram, commotus est.

Par ainsi, Eo pacto, Sic, Pour cette cause, ob eam rem. Au liure d’Amad. nous n’auons pas ainsi que tarder, Et propterea moram interponere non oportet.

Par ainsi doncques, Itaque.

Par ainsi tu te deliureras de ce trouble, noise ou debat, Hac re te turba euolues.

Ainsi me face Dieu, Sic Deus mihi faciat.

Ainsi me doint Dieu longue vie, comme ie fay grande despence, Ita viuam, vt maximos sumptus facio.

Ainsi me vueille Dieu aimer, Ita me Deus amet, C’est vne maniere de souhait, ou de confirmation.

Aide moy de ta peine, ainsi que tu m’as aidé de tes biens, Pariter nunc opera me adiuues, ac dudum re opitulatus es.

Ie m’esmerueilloy s’il en iroit ainsi, Mirabar hoc si sic abiret.

Ainsné, voyez Aisné.

Aïr, Mot de deux syllabes, Ira. Il y a seulement transposition de lettres.

Aïrer, par trois syllabes, Irasci.

Aïré, Iratus.

Air, Mot d’vne syllabe, Aër, Dium, Spiritus.

A l’air, Sub dio, siue Sub diuo.

Estre à l’air, Sub dio agere.

Air assemblé, Aër concretus.

Bon air, Bonum cælum.

Bonté & attrempance de l’air, Salubritas cæli atque temperies.

Vn air doux & bien temperé, Temperies cæli.

Gros air & mal sain, Malitia cæli.

Air gros & espez, Concretus aër.

Mauuais air, Calamitosum cælum.

S’accoutumer à l’air de quelque lieu, Auras ferre.

Qui est fait en l’air, ou Qui vit de l’air, aëreus, vel aërius.

Bailler air, Spiramentum dare.

Airin, aëreus.

Airaigne, f. pen. Est vne contre-vitre faite de fil d’archal lacé en petits lacs, bordée & soustenuë tout autour de barres de fer rondes, ausquel-


les les bords sont lacez, & se met au deuant des vitres des Eglises par dehors, pour les conseruer des rus de pierres, & de l’impetuosité du vent, lequel se rompt contre ladite airaigne, & luy est donné ce nom, parce que les airaignes ourdissent & tissent ainsi leurs airaignées, voyez araignée.

Aire, Signifie vn lieu bien applany, area. Selon ce on dit, L’aire d’vne grange, où on bat le bled : L’aire d’vn iardin où on seme quelque graine. Mais en fait de fauconnerie, Aire est le nid de l’oyseau de proye, selon qu’on en dit par metaphore, vn homme debonnaire ou debonaire, comme si vous disiez de bon aire, pour vn homme doux, sans malice, courtois, Vir boni genij, Ingenui animi, Candidus. Aussi dit on en France, d’vn qui est tel, Iamais mauuaise poule ne le couua, ce qui r’apporte audit mot Aire. Et en fait de nauigation Aire du vent, est vn lis & Rim de vent, que l’Espagnol appelle Rumo, Comme le vent de Nort à Sud, le vent de Suest à Norouest, le vent de Nordest à Suduest, & semblables, & au contraire. Car les Aires de vent se prennent & nomment d’vn vent à son opposite, Nort Sud, Suest Norouest, Nordest Suduest.

Aire auß se prend aucunefois en Vitruue pour l’aisance que les architectes & ouuriers nomment Paellier.

Longues aires és iardins, Porcae, porcarum.

Accoutrer les aires d’vn iardin, areas informare.

L’aire d’oyseau de proye, Nidus. Dont on dit, De bon aire, & sans malice, Bono ingenio esse, Ingenui animi esse, Candidum esse.

Airer, en fauconnerie, c’est nicher, Nidificari.

Aires en Prouence, Olbia.

Ais, Asser, Axis.

Ais scié, Tabula.

Vn ais debout, comme sont ceux des cloisons, Asser arrectarius.

Ais de bois de fente, ou de sciage, vne membrure, vne planche, Asser, asseris, Assamenta, assamentorum.

Ioindre des ais ensemble, Coassare.

Pauer d’ais, Solum axibus compingere.

Petit ais, Asserculus, Axiculus, Assiculus, Assula.

Par petits ais, Assulatim.

Aisceau, ascia. Instrumentum est incuruum quo dolantur ligna vna manu. B. Alij vocant vne Aiscette.

Aise, Voluptas, Semble qu’il vienne de, id est, sanitas, primis literis transpositis. Hinc dicimus de eo qui non est planè sanus, Il est mal à son aise, Il est en mal aise, Il n’est point à son aise. Ou de άισιοζ, Prosper, Fortunatus.

Estre fort aise en son mesnage, Facilè agere.

I’en suis bien aise, Bene factum.

I’en suis bien aise & sans fascherie, Bene mihi est.

Dequoy ie suis bien aise, Me perlubente.

Qui est à son aise, Otiosus.

Estre assis à son aise, Placidè accubare.

Tu es à ton aise, Bene tibi est.

Nous sommes vn peu plus à nostre aise, Nos commodiùs agimus.

Mettre à l’aise, Otium facere.

Il prend ses aises, Indulget genio.

Se tenir bien aise, Procurare se. B. ex Plaut.

Viure à son aise, Bene viuere atque fortunatè.

Ie vis plus à mon aise, Viuo faciliùs.

Pourueu que à ton aise, ou bonnement tu le puisses faire, Quod commodè facere possis.

Ne te fay-ie pas bien aise ? Ecquid beo te ? B. ex Terent.

Aiser, Se aiser, c’est se mettre à son aise, Commodè se curare.

Aiser sa peine, c’est soulager son trauail, Laborem alleuiare.

Estre aisée & facile, Se facilem præbere dicitur res aliqua.

Facile & aisé à faire croire, Persuasibilis.

Aisé à faire, Facilis, Factu facilis.

Homme aisé à seruir, Commodis moribus homo, Minimè morosus.

Ie feray ce qui est facile & aisé à faire, Id faciam, in procliui quod est.

Aisé à courroucer & r’appaiser, Mollis animus & ad accipiendam & ad deponendam offensionem.

Il est aisé de le courroucer, Illi facilè fit quod doleat.

C’est le plus aisé, Commodius est.

Il seroit aisé de s’excuser, Expedita excusatio esset.

La chose est aisée, Res est in vado.

Chose aisée à apprendre, Docibilis.

Il ne m’est pas si aisé d’escrire, comme le plaisir m’est grand, Non tam praescribere possum, quàm mihi gratum est.

Haut & mal aisé d’atteindre, Arduus.

Toy seule tu cognoissois quand il estoit temps d’aller, ou aisé de parler à luy, Sola viri molles aditus & tempora noras.

Aisé homme, & qui a bien dequoy, Constitutus bene de rebus domesticis.

Aisance, Procliuitas, Facultas, Commoditas. Et en pluriel Aisances se prend aussi pour vn priué, d’autant qu’on y va aiser & descharger le ventre, Latrinæ.

Aisance de temps ou de lieu, Opportunitas.

Aisance de langage, Facultas orationis.

L’aisance du chemin, Opportunitas viæ.

Empoigner l’aisance pour nuire, Arripere facultatem lædendi.

Perdre & laisser l’aisance qu’on a de pouuoir faire quelque chose, Dimittere facultatem rei gerendæ.

Aiséement, qu’on escrit aussi aisément le prononçant par traynée de l’accent penacute, ores est aduerbe, Expeditè, Facilè. Ores est nom vsurpé en pluriel Aisements pour vn priué, Latrinæ, voyez Aisances.

Tellement qu’on ne pourroit pas aisément iuger, Vt non sit satis æstimare, &c.

Aisément paracheuer quelque affaire, Leuiter rem gerere.

Plus aiséement endurer douleurs, Tolerabilius pati dolores.

Se demener & mouuoir aiséement en guerre, Ad bellum nobiliter, celeritérque agitari.

Mal aiséement trouué, Non facilè inuentus.

Aisné, Primaeuus, Primogenitus, Primigenius, Le vocable entier est Ainsné, Comme si on disoit, antè natus. Ce que l’Espagnol dit, Antenado, car il est composé de ains qui signifie deuant, & de né. Il semble mieux d’escrire Ainsné, comme qui diroit, Ains né, c’est à dire, deuant né, ainsi le monstre son contraire, qui est Puisné.

C’est mon frere aisné, Frater est me maior natu.

Aisné de moy de dix ans, Decennij aetate me praecedit, au 3. liur. d’Amad. Ainsi qu’il faisoit regarder à son mal vne sienne seur aisnée de luy de plus de quinze ans.

Aisnesse, c’est primogeniture, Primogenitura seu Primigenia.

Droit d’ainesse, Ius quod ob primogenituram competit. Et est le droit competant au fils aisné de prendre hors part, & par precipu le principal manoir auec le iardin, selon sa closture tenuë en fief, ou s’il n’y a point de iardin, vn arpent de terre, ou le vol d’vn chappon tenu en fief au ioignant de ladite maison : & en ce qui est de surplus partir ores par deux tiers, ores par moitié selon le nombre des puisnez, Primogeniti praecipuum. Ce droit d’aisnesse s’estend à plus que à ce qui est dit selon la diuersité des coutumes des lieux où les fiefs sont assis.

Aisseau, m. acut. Est le mesmes que Aisseul axis, voyez Aisseul.

Aisselle, f. penacut. Est le dessous du bras alendroit de l’enchasseure de l’espaule, Axilla, qui est enuers les Latins le diminutif de Ala, & peut aupres du François retenir la mesme qualité de diminutif, veu que aisselle vient & est fait dudit mot Latin Axilla, par mutation de la lettre x, en deux ss, Tout ainsi que l’Italien dit aussi Essercito de Exercitus, & Essaminare de Examinare. Et l’Aisselle au corps de l’homme est respondant à l’assiette des ailes au corps de toute beste volante. Aisselle aussi en autre & differente signification est le diminutif de Ais, qui signifie vne planche tenve de bois, Asser. Estant Aisselle vn petit Ais, Asserculus.

Arracher le poil des aisselles, Alas hominis vellere.

Celuy qui oste le poil des aisselles à ceux qui vont aux estuues, Alipilus, Alipili.

Aisseul, m. acut. Est cette grosse piece de bois, aiguant aux deux bouts, laquelle passe sous le lit de la charrette, & sort de chacun bout à trauers les moyeux des roües, Axis. Duquel mot Latin il est fait par la maniere deduite au mot Aisselle. Aucuns l’appellent Aisseau.

aix, en Prouence, Aquæ Sextiæ, nunc Aquensis ciuitas.

aix, La Chappelle, en Alemagne, au Duché de Iuliers, Aquisgranum.

AL

Se Alachir, voyez Allaschir.

Aladule, voyez Anaudule.

Alaigre, Agilis, Gracilis.

Alaigre & deliberé, Alacer, Vegetus, Erectus.

Rendre alaigre & deliberé, Vegere.

Alaigreté, Gracilitas, Agilitas.

Alaigreté & gayeté de cœur, Alaigresse, ou alegresse, Alacritas.

Alaigrement, Agiliter, Alacriter.

Alaine, voyez Haleine.

Alambic, voyez Alembic.

Alans, voyez Allans.

Alangouri, Languidus.

Alarme, C’est vn mot militaire pour exciter vn camp, vne ville, vne troupe à courir aux armes & s’armer pour resister à l’ennemy suruenant, ou à vn soudain danger. Il est imité du Latin Ad arma, mais le Latin est en pluriel, & le François en singulier, Conclamatio ad arma. Selon ce on dit, On a donné l’alarme au camp, Conclamatum est ad arma in exercitu, &, On a donné vne fauce alarme, Falsa conclamatio ad arma edita est.

Albanie, f. penacut. Est celle partie de Macedoine deuers Ouest, qui est depuis la ville de Dyrrachium, iusqu’à l’ancienne ville d’Apollonia, laquelle est habitée d’vne nation d’hommes appelez Albanois, dont cette prouince a pris le nom. Aucuns estiment que c’estoit anciennement Epirus.

Albanois, m. acut. Est celuy qui habite en cette contrée de Macedoine, ou d’Epire comme aucuns veulent. Et à present on appelle en particu-


lier Albanois ces hommes de cheual armez à la legere, autrement dite Stratiote, ou Stradiots (par la consone moyenne) qui portent les chappeaux à haute testiere, desquels on se sert pour cheuaux legers, qui viennent dudit païs d’Albanie, dont les Papes se seruent encore de ce temps és garnisons de plusieurs villes du Saint Siege, Albani, olim Epirotæ.

Albanoise, f. penac. Femme dudit païs d 'Albanie.

Albastre, voyez Alebastre.

albe, Nom propre de ville, Alba.

Alberges, Vne espece de petites pesches, Persica minora, Albergæ.

Vn Alberger, l’arbre portant tel fruit, Persicus minor, Albergus.

albi, Albaugusta, Alba Heluiorum, siue (vt alij scribunt) Eluorum, C’est à present Euesché.

Le pais d’Albigeois, Heluij, siue (vt alij scribunt) Elui.

Albrent, ou Allebrent, ou Hallebrent, Anaticula, Pullus est anatis, nondum iustam magnitudinem adeptus vt anas dicatur, Canet sauuage. C’est außi vne cane ou canard sauuage qui a mué, Anas de plumis. Le mot vient de βράνθοζ, qui signifie autant que Anas.

Albrenner, c’est chasser aux albrens, Brentos captare vel venari, vel sectari.

Albret.

Alcange, Nom d’herbe, Halicacabum, Vesicaria.

Alcoran, Vaut autant à dire comme Vraye loy.

aldephe, voyez Alep.

Alebastre, ou Albastre, Alabastrites, Alabastritæ.

Vaisseau d’alebastre, Alabaster & Alabastrum.

Alebastrin, blanc comme alebastre.

Aleine, voyez Haleine.

Alembic, Chapelle de voirre à distiller eaües, Clibanus vitreus.

Alembiquer, faire distiller. Ronsard, Mon pauure esprit se consomme & alembique en desmesurées passions. Pasquier.

Alencon, Alenconium.

Alenois, m. C’est l’epithete d’vne sorte de cresson qu’on dit Cresson alenois, voyez Cresson.

Alentir, Ma douleur se alentit, hoc est, Se amodere ou appaise, & n’est pas si violente qu’elle souloit, Mansuescit, Mitescit.

Ie sens ma force tant alentie que plus n’en puis, hoc est, affoiblie, amollie, debilitée, eneruée.

alep, Ville appelée par les François Halappe, par les Turcs Aldephe, & ; par les anciens Epiphania. Et est dite Alep, quasi Aleph, qui est la premiere lettre de l’alphabet Hebrieu, pource que c’est la premiere ville de Surie. Quidam Alepum vocant, alij Alepiam, nonnulli Alapiam. Quo etiam nomine nunc vocant Mesopotamiam.

Alesne, Subula.

Alesnes, Melanthium syluestre, Githago, Nigellastrum.

Aleu, ou Aloy, Comme au coutumier de Meaux, ou Alod è alo, comme dit le Languedoc, En franc aleu, Optimo iure praedia. B. ex Cic. Communément on dit, Alodium, ou Alaudium, pource que celuy qui a vne telle terre, non tenetur laudare, id est, nominare, de qui il la tient, car il ne la tient de personne, voyez Franc.

Champ tenu en franc aleu, Ager immunis. B. ex Cic.

Algarade, f. penacut. Est vne diction Arabique, qui signifie tumulte, emotion soudaine, course & infestation d’ennemis faite à l’impourueu. L’Espagnol dit Algarada, & le Persien Angareos, pour ce mesmes, estant la mutation de n, en l, fort aisée, Bononia, Bologna, Repentina incursio, Ex improuisa excursione tumultus.

Algarie, Catheter, Catheteris. Instrumentum est Chirurgicum, quo vrina alicitur, Fistulam incuruam vocat Celsus.

algas, ville de Istrie, Aquileia.

alger, vulgò Argeres, regnum Barbarossae in Africa, Saldæ colonia. Ptol.

algoia, olim Noricum, vulgò Algouu. pars est Sueuiæ.

Alibiforains, Cercher les alibiforains, Faire des incidens frustratoires, Interietter plusieurs friuoles appellations, Deuios excessus liticularum quærere, crebráque prouocationum diuerticula consectari.

Alicté, Ex Ad & Lectus, Decumbens.

Qui est alicté de maladie, Clinicus.

S’alicter, Decumbere ex morbo.

Alictement, Decubatio ex morbo.

Aliener & estranger, Alienare, Abalienare, Distrahere.

Aliener vn champ, Agrum emancipare.

Saliener d’aucun, Se ab aliquo remouere, Ab aliquo se alienare.

Estre aliené de son entendement & hors du sens, Alienari mente.

Aliené, Alienatus.

Alienation, Distractio, Alienatio, Abalienatio.

Alienation d’entendement, Alienatio mentis.

Alier, m. acut. Signifie ores ce petit silet, qui est tendu à deux bastons pour prendre les perdrix, qu’on appelle Alier tremaillé, à cause des trois doubles de maille dont il est fait, voyez Tremaillé. Et ores est le nom d’vne riuiere qui passe par l’Auuergne, & s’en va emboucher dans la riuiere de Loire au Niuernois. Lequel endroit est pour ce appellé Bec d’Alier. Aucuns le rendent en Latin par Elauer.

Aligné, m. C’est rengé, mis, dressé de droit fil & droite ligne en l’epitome de Vitruue, v. liur. Apres les retraites, les retours, qui sont petits porticques seruans d’entrée & yssuë en la scene, sont allignez vers les cornes du theatre.

Allignemens, Prendre les mesures & allignemens d’vne ville, Metari, voyez Aligner.

Sortir hors les allignemens, Excurrere.

Aligner, C’est mettre & dresser en droite ligne, dont descend Alignement, pour l’addresse & rectitude, l’orée d’vn chemin ou rue publique que le Seigneur baille à son suiet, voulant bastir ou faire haye ioignant le chemin ou rue publique, à ce qu’il ne formarche & prenne sur le public.

Aligner aussi entre louuetiers & veneurs se prend pour couurir vne beste femelle, Comme le Loup aligne la Louue, Lupus init ac subagitat Lupam, aussi dit, pource que rectà illam petit, & non pas de ce mot lignée, comme aucuns estiment, voyez Ligner.

Aliment & nourriture, Alimentum.

A qui vn laiz d’alimens & nourriture a esté laissé, Alimentarius.

Alimenter, alere.

Alimenté, altus.

Alisier, Lotos vel Lotus, Celtis.

Allaicter, Lactare, Mammam dare.

Enfant qui allaicte, lacteus puer.

Mere allaictant son enfant, Mater lactans filium.

Allaictement, lactatus, huius lactatus.

Se Allaschir, act. penacut. Composé de ad, & de laschir, inusité qui vient de lasche, Flaccescere, Marcessere, animo defici.

Alan, C’est vne espece de chien fort corpulent & furieux comme le Dogue d’Angleterre, de teste grosse & courte, qui vient d’vne contrée d’Epire, autrement dite Albanie, qui s’appelle Molosse. Aucuns le distinguent en Alan gentil, qu’ils disent estre comme leurier, & de la taille dessus dite : en Alan vautre, qu’ils disent estre, de laide taille de leurier, & comme mastin, ayant grosse teste, grosses leures, & grandes oreilles, bon à coupler aux Ours & aux Sangliers, & Alan de boucherie, dont les bouchers se seruent à mener les bœufs farouches, & à garder leurs estaux & maisons.

Allebrent, voyez Albrent.

Alleger, Alleuare, Colleuare, Leuamento esse.

Alleger, Attenuer, Abbaisser quelque chose & despriser, Eleuare.

Alleger quelqu’vn de son fardeau, alleuare onus, Leuare alicui onus.

Alleger les fascheries, Extenuare molestias.

Alleger vn ennuy, Fastidium leuare.

Alleger vne douleur, Leuare cruciatum.

Alleger & diminuer la maladie, Eleuare aegritudinem.

Ie suis allegé, quand ie parle à toy par lettres, Alleuor, cum tecum loquor absens.

Ie seray fort allegé & à mon aise, si ie te voy, Respiraro, si te videro.

Corps allegé de sa maladie, Alleuatum corpus.

Allegé, ou Allegément, ou Allegeance, Leuatio, Alleuatio, Leuamen, Leuamentum.

Allegeance de douleurs, Aberratio à dolore.

Auoir allegeance en ses miseres, In miseriis requiescere.

Donner allegeance, Praestare leuamentum, Leuationem alicui afferre.

Alleguer, Laudare authoritates, In medium proferre.

Alleguer les Arrests de la Cour donnez en semblable cas, Citare praeiudicia curiae, Exempla rerum iudicatarum citare.

Alleguer force loix, paragraphes, & opinions de Docteurs, Leges ac iura fundere, iurisque interpretum multiplicem nomenclaturam. B.

Alleguer incompetence de Iuge, Imperium Iudicis vt non sui abnuere, Iudicis imperium, iurisdictionémque aspernari, vt nihil ad se pertinentia, Controuersiam sui facere iudici.

Alleguer & produire sa clericature, ou sa tonsure, & demander son renuoy par deuant son Iuge d’Eglise, Implorare iura verticis initiati vel insigniti, Tesseram verticis initiati proferre, Perfugium delibati nouacula verticis vsurpare.

Ils alleguent ou mettent en auant, qu’il s’en est fuy, Ipsum profugisse causantur. Liu. lib. 23.

Alleguer faucemet vn Arrest de la Cour, Curiae authoritatem ementiri.

Alleguer faucement vne loy, Legum vel constitutionum authoritatem ementiri.

Alleguer faucement & malicieusement, ou mettre à sus quelque chose à quelqu’vn, Calumniari.

Alleguer les bienfaits de ses maieurs, Maiorum suorum beneficia proferre.

Alleguer ses moyens, causes & raisons, Allegare, Proferre, Afferre.


Quels exemples m’allegues-tu pour tes defenses ? Ad quae exempla me reuocas ?

Tu m’allegues Democrite, & veux que ie le croye, Me ad Democritum reuocas.

Allegue quelque chose à l’encontre de ce que i’ay dit, si tu as quelque chose, ad ea quæ dixi affer si quid habes.

Allegation qu’on fait par malice, plus que par bonne foy, Calumnia.

Alleluya, Herbe, Oxys, Oxytriphyllon. Vulgò dicitur panis cuculi : in officinis acetosum trifolium & alleluya.

Allentir, voyez Alentir.

Aller, Ambulare, Ingredi, Incedere, Ire, Iter facere, Obire, Pergere, Proficisci, Vadere.

S’en aller, auferre se, abire, Discedere, abscedere, Digredi.

Il commence à aller à Phauorinus, Pergit ire ad Phauorinum.

Qui doit aller, Iturus.

Ie te hasteray d’aller, Ego iam te commotum reddam.

Alors qu’il estoit necessaïrement besoing d’y aller, Cum iri maximè debuit.

Si ie ne puis tant faire que tu t’en ailles, si m’en veux-ie aller, Si nequeo facere vt abeas, egomet abire volo.

On s’en peut bien aller, Ilicet.

S’en aller & partir de quelque lieu, Facessere.

S’en aller au haut & au loing, S’enfuyr, Solum, exulandi animo, vertere.

Aller tout prest & deliberé de combatre, Aggredi.

Cette herbe beuë auec du vin fait en aller la iaunisse, Regium morbum in vino exterminat pota haec herba.

S’en aller en quelque lieu, Iter habere, vel facere ad locum aliquem.

S’en aller à la besongne, Procedere ad opus.

Aller à la porte, Adire ad fores.

Aller à la selle, Cacare, Aluum exinanire, Aluum leuare, Purgare, Reddere.

Auoir faim d’aller à la selle, Cacaturire.

Cette herbe fait aller à la selle, Deiicit aluum haec herba.

I’allois à toy, Ad te ibam.

Il m’a persuadé que i’allasse à toy, Mihi suasit vt ad te irem.

Aller à l’encontre, Obsistere, Repugnare, Occurrere.

Aller à l’entour, Circuire, Obire, Ambire.

Aller à l’entour ça & là, Obambulare.

Aller à tastons, Praetentare.

Aller à pied, Pedibus ire, Ambulare, Pedibus iter facere.

Aller à pied par toutes les regions, Obire pedibus regiones.

Aller à cheual, Equitare.

A grand peine pouuoit-il aller à cheual, Vix equo poterat vti.

Aller auec aucuns aux banquets par cy par là, Obire cœnam cum aliquo.

Aller au deuant de quelqu’vn, Exire obuiam alicui, Ire alicui obuiam, Obsistere alicui obuiam, Obuiam accedere, Obuiare, Occurrere, Proficisci obuiam, Progredi obuiam, Sese obuiam alicui ferre, Prouisere, Venire alicui aduersum, Aduersum ire, Adire contrà.

Aller au deuant & preuenir les embusches d’aucun, Consilia & insidias alicuius anteuenire, Anteuertere, Præuertere.

Aller au deuant des dangers, Obuiam ire periculis.

Aller au deuant de Dieu & le prier, Occursare numini.

Aller au deuin, Consulere coniectorem.

Aller au fond, Pessum abire, Pessum ire, Sidere.

Afin que nulles ancres aillent au fond de l’eau, Vt nullae anchorae sidant.

S’en aller au marché, Procedere ad forum.

S’en aller au Preteur, Iter ad Prætorem intendere.

Aller au saffran, Præcipitem abire.

Aller contre aucun par fureur, Inuehi.

Laisser en aller de l’assemblée du conseil, Dimittere ex consilio.

Aller d’vne grande façon, & de plus grand’allure, Maioribus velis moueri. B. ex Quintil.

Aller tousiours son tram, ne se haster plus vne fois, que l’autre, Æquali progressu incedere. B.

Faire aller de costé & de trauers, Obliquare.

Cheuaux ausquels on a donné du foüet pour les faire aller l’vn d’vn costé, l’autre de l’autre, In diuersum concitati equi.

Aller de vie à trespas, Vitam cum morte commutare.

S’en aller d’vn lieu, Recipere se ex loco aliquo.

Penser de s’en aller & sortir du lieu là où on est, Cogitare de exeundo.

Ils ont rapporté que Cesar s’en vouloit aller en Capuë, Attulerunt Cæsarem iter habere Capuam.

Aller en la prouince, Accedere in prouinciam.

Aller en ambageoye, Ambages agere.

Aller en ambassade, Obire legationes.

Aller en quelque lieu, Petere locum aliquem.

Aller en iugement, In ius adire.

Aller on iugement par deuers aucun, Ire in ius ad aliquem.

Aller en pointe, ou en appointant, Estre pointu, In mucronem migrare, Desinere in mucronem, vel metam.

Aller en grossissant, In turbinem desinere.

Aller en quelque lieu, ou à quelqu’vn pour parler à luy, aggredi aliquem de re aliqua.

Aller en quelque peregrination, Suscipere profectionem.

S’en aller en quelque ville, Vrbem aliquam capessere.

Aller en rond, In orbem ire.

Aller apres aucun, Comitari.

Aller apres aucun, & le suiure de pres, Subsequi.

Auant qu’on allast par deuant le Iuge, Antequam in ius aditum esset.

Aller par dessus, Superuadere.

Aller par deuers aucun, Prodire in conspectum alterius.

I’alloy par deuers toy, Ibam ad te.

Aller par eauë, Ire nauigio.

Aller par force, Vi agere.

Aller par iustice, Litem disceptatione finire. B. ex Cic.

Il alla par toute l’Egypte, Obiit Ægyptum.

Aller par les maisons de ses amis, Obire domos amicorum.

Aller par tout païs, Obire terras.

Aller par tout vn païs, Peragrare.

Aller par toute la prouince, Obire prouinciam.

Aller par toutes les fermes, Obire colonias.

Aller pour reuenir, Commeare.

Aller sur l’eauë à voiles desployez, Velificare, vel Velificari.

Aller sur le lieu, In rem præsentem excurrere.

Aller sur les champs en pais loingtain & estrange, Peregrinari.

Aller sur la mer, Conscendere æquor nauibus.

Aller vers aucun, Ad aliquem adire, Accedere ad aliquem.

Aller vers aucun au marché, Ad aliquem ad forum transire.

Cependant qu’on alloit vers celles là, Ad eas cùm accederetur.

Il va vers eux, Tendit ad eos.

Qui ne sçait que c’est d’aller sur mer, Imprudens maris homo.

Qui sçait aller & parler, Vrbanus.

Aller ça & là, de costé & d’autre, Errare, Inerrare, Oberrare, Pererrare, Vagari, Commeare vltrò citróque.

Aller aucunement à la raison, Partem aliquam aequi boníque dicere.

Allant en auant, Progrediens.

Aller plus auant, Progredi.

Pleust à Dieu que les choses n’allassent point plus auant, Defunctum vtinam hoc sit modo.

Que ceux qui ne demandent que noise entre nous deux, s’en aillent d’auec nous, Valeant qui inter nos dissidium volunt.

Aller dedans, Immeare, Introire.

Aller deuant, Antecedere, Anteire, Praecurrere, Praegredi, Praeire.

Mener & aller deuant, Ducere agmen.

S’en aller deuant en quelque lieu, Praeuertere & Praeuerti, deponens.

Aller deuant que les autres, Tempus antecapere.

Qu’on s’en aille, Discedatur.

Qu’elle s’en aille, Haec hinc facessat.

Qu’il s’en aille d’icy, Valeat.

Dieu vueille que tout aille bien, Dij approbent. B. ex Cic.

Aller droit à son ennemy, Gradum cum hoste conferre.

Aller droit en aucun lieu, Rectà tendere aliquò.

Aller droit en Italie à grandes iournées, Contendere magnis itineribus in Italiam.

Aller droitement en besongne, Gradum bona fide conferre.

Aller hastiuement, Decurrere, Accelerare, Gradum accelerare.

Aller hors du chemin, Declinare de via.

S’en aller hors de la maison, Ducere se ab aedibus.

Aller ius, Abire pessum, Pessum ire.

S’en aller legerement, Auolare, Proripere se.

Ne va point loing, Ne t’esloigne point, Non longè abieris.

Aller bien loing au deuant, Procedere obuiam.

Sans aller plus loing, &c. Vt ne longius abeam, declarat, &c.

Aller lourdement, Balbè non artificiosè ambulare.

Aller quant & quant quelqu’vn, Gradum conferre.

Aller son chemin, Abire viam suam.

Souuent aller, Aditare.

Aller souuent en quelque lieu, Locum aliquem celebrare.

Aller souuent auec aucun, ou en quelque lieu, Frequentare aliquem.

La chose alloit tres-bien & s’aduançoit, Prorsus ibat res.

C’est bien allé, Bene agitur.

Le ventre s’en est allé, Il n’est plus si enflé qu’il estoit, Recessit venter, Detumuit venter.

Aller boire, Venire ad potum.

Aller l’amble, Tolutim incedere.

S’en aller dormir, Petere somnum.

Aller hucher ou appeller, Arcessere, vel Accersere.

Aller querir, Accire, Ire accersitum.


Aller veoir, Visere, Conuisere.

Allons veoir, Eamus visere.

Allée, Itus, huius itus, Itio, Aditus, Aditio, Profectio.

Payer la bien allée, Propter viam condicere, siue epulari, Profectitiam coenam dare. B.

Allée & venuë, Itus & reditus, Obseruatio.

Allées & venues pour quelque affaire, Concursationes.

Allées ça & la, de costé & d’autre, Lustrationes.

Allée difficile, & mal aisée à monter, Arduus aditus.

Allée estroitte & difficile, Aditus maligni.

Allée ou galerie & autre lieu où on se pourmene, Ambulatio, Ambulacrum, Xystus, Pergula.

Vne façon d’allée, & galerie close de toutes pars, Cryptoporticus.

Les allées des iardins de plaisir, Xysti, Hypetrae ambulationes : Graeci Peridromidas vocant.

Allure, Incessus, Gressus, Ingressus.

Contrefaire son allure, Incessum fingere.

Aller de plus grande singlée, ou singleure, Velis maioribus moueri vel ferri. B. ex Quintil.

Alliare, Autrement l’herbe aux Aux, pource que ses fueilles froissées rendent tel odeur que les Aux, Alliaris, ou alliaria.

Alliance, voyez en Allier.

Allicher, Allicere, Allectare, Illicere, Perlicere, Prolectare, Inuitare.

Attraire & allicher, Delectare.

Allicher par belles paroles, Delinire.

Toute chose qui alliche & attrait, Illecebra.

On ne sçauroit faire chose plus allichante, Istoc illecebrosius fieri nihil potest.

Allichoir, Illecebra.

Allichement, Illecebra, Illectus, Lenocinium, Illicium, Pellacia, Inuitamentum, Allectatio.

Par vn allichement, Illecebrosè.

Allier, Il vient de Alligo, alligas.

S’allier & s’associer, Congerminare.

S’allier ensemble pour faire quelque chose, soit bonne ou mauuaise, Conspirare, Coire in foedus.

S’allier auec aucun, Accedere ad amicitiam alicuius, Venire in amicitiam alicuius, Affinitates cum aliquo iungere, Adiungere se alteri, Iungi foedere alicui.

Allier à soy vne ville, Vrbem aliquam in societatem sibi adiungere.

Qu’on ne peut allier & ioindre ensemble, Insociabilis.

Quand on s’allie & fait-on guerre ensemble, Socia arma.

Fort allié & grand amy, Pernecessarius.

Qui est allié de parenté à aucun, Iunctus alicui cognatione.

Qui est allié & confederé auec nous par vne alliance publique, Publicè socius.

Ville alliée au peuple Romain par plaisirs & seruices qu’elle a fait, Coniuncta officiis cum Popul. Rom. ciuitas.

Les arts sont alliez les vns auec les autres, Artes continentur cognatione quadam inter se.

Peuples alliez, Fœderati populi.

Nations alliées, Deuinctæ firma pace nationes, Foederatæ nationes.

Nos alliez, Fratres nostri.

Les alliez du peuple Romain & compagnons, Socij populi Romani.

Les alliez & confederez d’vn Prince, Fœderati, non autem, confœderati, vide Spieglium in Lexico iuris.

Alliance ancienne, Connubium vetustum. liu. lib. 23.

Alliez & complices en quelque meffait, Conscij & affines criminis.

Parens & alliez, Necessarij & propinqui.

Alliance, Necessitas.

Alliance entre aucuns, Fœdus.

Alliance par laquelle on s’associe, Sociale fœdus, Pactum fœdus.

Vne alliance qu’on ne tient pas, Pax infida, Fœdus infidum.

Alliance que deux personnages ont ensemble pour auoir versé en mesme science, Cognatio studiorum.

Alliance de mariage, Coniugiale fœdus.

L’alliance que deux ont ensemble de s’entre-loger, quand ils vont au païs l’vn de l’autre, Hospitium.

Il doit sçauoir quelles alliances & conditions vn chacun d’eux a auec nous, Qua quisque sit lege, conditione, fœdere, tenere debet.

L’amitié & l’alliance qu’on a l’vn auec l’autre, à cause d’estre d’vn païs Popularitas.

Ie te recommande Suffidius auec lequel i’ay toutes les alliances du monde, Suffidium, quocum mihi omnes necessitudines sunt, tibi commendo.

Ils ont vne alliance & societé entre eux que nature leur a apporté, Ingenerauit natura societatem vtrisque. Si tu veux que cette alliance dure tousiours, Si perpetuam vis esse affinitatem hanc.

A fin de brasser vne alliance entre toy & ta parenté, Vt conciliarem inter te atque tuos affinitatem.

Donner alliance à aucun auec vn autre, Adiungere aliquem alteri.

Faire alliance. Fœdus facere, Percutere fœdus, Icere fœdus, Inire fœdus, Sancire fœdus.

Faire alliance ensemble, Affinitates & foedera cum aliquo iungere, Coire in fœdera.

Faire alliance auec aucuns par amitié, In amicitiam aliquorum venire.

Faire alliance auec aucun, & le prendre à compagnon, Societatem cum aliquo facere, Coire societatem cum aliquo.

Faire alliance auec vne ville, Vrbem aliquam in societatem sibi adiungere.

Faire alliance d’hospitalité auec aucun, Hospitium cum aliquo facere.

Quand deux Princes ou Nations faisoient alliance & accord ensemble, le confermant par certaines ceremonies & sacrifices, mesmes d’vne truye qu’ils auoient accoutumé de sacrifier, Ferire fœdus.

Prendre ou faire alliance, Fœdus concipere, amicitiam constituere cum aliquo.

Prendre nouuelles alliances, Fœdera accipere.

Prendre alliance auec vn autre, adiungere se ad aliquem.

Quitter à aucun son alliance, & luy declairer qu’on s’en depart, Renuntiare hospitium alicui, & domo emigrare.

Rompre l’alliance & conuenance, Foedus frangere, Violare, Temerare, Rumpere, Soluere.

Rompre l’alliance d’hospitalité que deux maisons ont ensemble, & briser la marque & enseigne que chacun a par deuers soy de ladite alliance, Tesseram hospitalem confringere.

Se retirer de l’alliance faite auec aucun, Faucer sa foy à aucun, Fidem alicuius deferere.

Tenir l’alliance pour rompuë, Pro rupto fœdus habere.

allobroges, Le païs de Sauoye & de Dauphiné, Allobroges à singulari Allobrox. On appelle auiourd’huy les gens de ce païs-là Brodes, par corruption de cedit mot Allobroges.

Alloigner, C’est chasser & mettre loing deuant, & enforlonge, comme, Le Loup ne fuit gueres loing des chiens courans, si leuriers ou mastins ne l’alloignent.

Allouui, C’est à dire, Affamé comme vn Loup, Inexplebili fame laborare.

Allumer, Accendere, Incendere, Succendere, Inflammare, animare.

S’allumer & brusler, Exardescere.

S’allumer & s’embraser, Ardescere.

S’allumer & ietter vne lueur & couleur de feu, Ignescere.

Allumer le feu de plus en plus, Ignem adiuuare.

Allumer & esclairer à aucun, Praelucere alicui, Lumen vel facem alicui præferre.

Toutes choses propres à allumer & nourrir le feu, comme petits esclas, allumettes, drapeaux en vn fusil, & semblables, Fomes, Cremium.

Allumettes, Sulphurata, assulæ tenues sulphuratæ.

Almandes, Sont petites barques, faites d’escorce de bois de quatre brassées de long, dont vsent les sauuages d’Afrique sur l’eauë, Nauigiola corticea.

Alman, Germanus, Alemannus.

A demy alman, Semigermanus.

Almanach, Videtur Arabica dictio aut Chald. al est articulus Le, & mana, Hebraicè siue Chaldaicè, & numerare. In Calendario enim numerantur menses & dies.

Alme, Almus, Ronsard, Alme soleil, l’Italien dit Almo.

Alme liberté, Alma libertas. Il vient de Alo, id est, nutrio.

Almorauides, En pluriel, m. penac. Comme escrit Alphonse X. Roy de Castille, en la 4. partie de sa Chronique d’Espagne, sont gents de cheual Mores, gentils-hommes, les meilleurs hommes d’armes Morisques qui soient en toute cette nation là ; la renommée desquels fut grande du regne de Yuaeaf Alienaxefyn Roy de Marruecos, auquel ils donnerent le sur-nom de Miramomelin, pour tiltre d’honneur, qui signifie Seigneur des autres Seigneurs, voyez Miramomelin & Mamaluc.

Aloë, m. acut. Est ce suc tres-amer conglutiné en gomme, & endurcy, de couleur rougeastre, tirant sur le verd, qui vient d’vne herbe de fueille grasse, portant le mesme nom, dont Dioscoride traitte au 22. cha. du 3. lib. des Plantes. Aucuns estiment que ce mot dont les Grecs, Latins, François & Italiens (car l’Espagnol l’appelle Acibar) vsent, soit extrait de l’Hebrieu Ahala, par transposition de l, & h. Les maques du bon sont de la couleur semblable au foye, vn peu verdoyant, clair & luisant, qu’on appelle Cicotrin, de çocotora, Isle sur l’emboucheure de la mer Rouge, où il vient excellent. Autres le nomment Aloës de vessie, par ce que cette gomme cy est aussi tost enueloppée de la vessie d’vn pourceau, mouton, ou autre beste, afin que l’esuent ne l’Empire, lequel mot ne monstre que la conseruation dudit Aloës, sans plus. Le Portugais dit Oloës çocotorino. Iean de Barros, 2. decad. cap. 4. voyez Pline li. 27. cha. 4.

Alonger, Producere, Prolongare, Extendere, Protendere.

Alonger des peaux auec les dents, Pelles dentibus producere.

Alonger & retarder vn proces, Fuïr & delayer, Litem extrahere, Du-


cere causam, Litem ducere ac trahere.

Alongé, Productus.

Alongé ou Alongement, Productio.

alfonse, Nom propre d’homme frequent en Espagne, Alphonsus.

Alopecie, Alopecia, alopeciæ, C’est quand par corruption d’humeurs le poil tombe de la teste & du visage.

Alors, Semble qu’il vient de ce mot Hora, pro tempore, comme qui diroit Ad illam horam, Aussi dit-on, A cette heure là. Ainsi pour abbreger dit-on Alors, ou Alor, & semble qu’on y pourroit mettre vn h, Alhors, ou Alhor, Tunc, Tum, In præsens, Hîc, Eo loci.

Alors il se deura defendre, Defendere se eo loci debebit.

Alors qui est & qui sera, Impræsentiarum, Aduerb.

Alose, Alosa, Trissa.

Se Alouser, C’est se loüer & vanter. Artus de Bretaigne.

Aloüer aucun fait, c’est à dire Approuuer, & comme Aduoüer ou auoir agreable. Aloüer vne despense faite, Expensum ferre. Semble qu’il vienne de Laudare. Aloüer pour Employer, ou Essiller sembleroit venir de Ablocare.

Alouette, Alauda, Cassita, Galerita, Corydalus.

Aloüette de mer, Alauda marina.

Aloüette de pré, ou petite Aloüette, on Farlouse, Alauda pratensis, pource qu’on la trouue tousiours faisant son nid en l’herbe des prés.

Aloy, C’est la droiture de la composition de la monnoye : comme si on disoit, la loy, norme & prescrit de la composition d’icelle monnoye. Aloy aussi est vne espece d’oyseau, qu’on dit Aloe, Alauda.

Aloyne, voyez Aluyne.

Les Alpes, Alpes.

Qui est des Alpes, Alpinus.

La Gaule qui est dela, ou par dela les Alpes, Gallia transalpina.

Alquemie, ou Arquemie, Alchimia. Iulius Firmicus. Rhodiginus autem hac de re sic ait : Artem quam Chemiam vocant, verbo luxato Alchimiam dicunt, vel Archimiam, puto quasi ῴρρϰ χερμέιαν. Haec ille. Porrò Chemia, est auri & argenti praeparatio.

Alsace, Païs fort fertile le long du Rhin, Alsatia, les Alemans vulgairement prononcent Elsas, Aucuns Edelsas, comme qui diroit Noble assiette. Elle a autrefois esté desmembrée de Lorraine.

Les habitants de ce pays, Tribarchi, Tribotes, alsati.

Alteré, Qui est alteré, Siticulosus, Enectus siti.

Estre fort alteré, Ardere siti, Arida sitis vrit guttur.

Vn os alteré, Os alienatum.

Alterer, Adducere sitim, Accendere sitim.

Alterer, pour Faire autre, Corrompre, Alienare, Variare.

Oster l’alteration, Depellere sitim, Restringere vel Sistere.

Alteres, Aestus animi, Fluctuationes. Ce sont außi paßions vehementes.

Alteré d’affection amoureuse, id est, Paßionné.

Les bons vieux peres, lors qu’ils estoient és alteres pour prophetizer. Pasquier : c’est à dire és alienations d’esprit & hors deux-mesmes, comme la Sibylle de Virgile. Cela se nomme Enthusiasmus ένθευσιασμόζ, ou afflatus diuinus, Numinis afflatio.

Alterner, alternare.

Alternation, Alternatio.

Par alternations, L’vn apres l’autre, Chacun sa fois, ou à son tour, Alternis, Alterna vice, Alternis vicibus, Per alternas vices.

Par alternation & changements d’ans, Vicibus annorum.

Alternatiuement, L’vn apres l’autre, Alternatim, alternè, alternis.

Alterquer, Altercari.

Il alterquoit contre ou auec Vatinius, Altercabatur cum Vatinio.

Ils alterquent ensemble comme femmes, Altercantur inter se mulierem ritu.

Altercateur, Altercator.

Altercation, Altercatio.

Aluyne, ou Aloyne, Comme non moins amere que Aloë, Absynthium, voyez Absynce.

Vin d’aluyne, Absynthites vinum.

Alumelle de couteau, vel fortè rectius Alemelle, quasi Lamella diminutiuum à Lamina, Comme nous disons de Femme, Femelle : ainsi de Lame, Lamelle. Lalemelle d’vn couteau, pour La lamelle. Encore dit-on auiourd’huy, vne lame d’espée.

Alumette, voyez Allumer.

Alun, Alumen, Stypteria, Stypteriæ.

Alun de plume, Trichitis, huius trichitis.

Eauë alumineuse qui passe par l’alun, Aluminata aqua, Aluminosa aqua.

Eauë en laquelle on a mis de l’alun, ou qui passe par veines & minieres d’alun, Aluminata aqua.

Veines & minieres d’alun, Metalla stypteriæ.

Amadoüer, act. acut. Signifie auec paroles flatteuses attirer la volonté de quelqu’vn, à ce qu’on veut obtenir de luy. Blandis verbis elicere ab aliquo quod petimus. Et par consequent, adoucir le cœur d’vn qui l’a reuesche, Palpando mansuefacere.

Amadoüer le peuple, Blandimenta plebi dare.

Amadoüeur, Pellicator, Delinitor, Blandiloquus.

Amadoüement, Blandimentum, Delinitio, Lenocinium, Delinimentum, Blanditiæ.

Amaigrir, Emaciare, Macerare, Extenuare.

Amaigrir le corps, Ad maciem obesum corpus reducere, Extenuare corpus.

Deuenir gresle & menu, S’amaigrir, Gracilescere, Macerari, Macrescere.

aman, La ville dite par les anciens, Apamea. Elle est entre Alep & Damas.

Vne amande, Nux Græca, Amygdalum.

Huile d’amandes, amygdalinum oleum.

L’huile d’amandes fait auoir belle couleur, Oleum amygdalinum colorem commendat.

Vn amandier, amygdala, amygdalus.

Amantelé, ou Emmantelé, Penulatus.

Amaranthe, Fleur que le vulgaire nomme passeuelours, amaranthus.

Amaritude, amaritudo, amaror, amaroris.

Amarres, Sont ces gros chables, par lesquels le nauire est tenu à l’Encre.

Amarrage, Le gros cordage d’vne nauire.

Amarrer, Est vn terme de marine qui signifie lier & garroter vne chose à l’autre auec des cordes, comme, La polie est amarrée au mast, c’est à dire liée & garrottée.

Amarri, ou matrice d’vne femme, où l’enfant se tient en son ventre, Loci, locorum, Aluus, Vulua, Vter, vteri, vel Vterus.

Amas, Monceau & tas de quelque chose que ce soit, ίσμόζ, Examen apum, & hominum multitudo : metaphoricos dicitur Grex. Hinc fortè deriuatur Amas vox Gallica. Agger, Collectio, Congestus, accumulatio.

Grand amas de blé, Frumenti magnus numerus.

Grand amas de bois, Strues, struis.

Vn grand amas & prouision de quelque chose, Sylua rerum.

L’amas & assemblée qu’on a fait de quelque chose, Coactura.

Faire amas de gens & assemblée, Manum facere.

Faire amas de gens de guerre, Colligere milites vel exercitum, Conficere exercitum.

Faire amas de ieunes gens de guerre en Italie, Excire iuuentutem ex Italia.

Faire amas de gens de guerre, & prendre d’entre eux ceux qui sont les plus propres pour la guerre, Habere delectum.

Faire amas de tesmoings, Colligere testes.

Auec grand amas, Copiosè.

Le fait de l’amas des deniers, Coactio pecuniaria.

Amasser, Accumulare, Cogere, Congerere, Conglobare, Contrahere, Colligere, Corradere summam. B. Semble qu’il vienne de άμάδαι, id est, metere, ou de άμάω, id est, accumulo, congrego : cuius futurum est άάσω. Massach en Hebrieu signifie autant que Miscere quand on amasse plusieurs choses, on les mesle ensemble.

Amasser argent, Conficere pecuniam. B.

Amasser grande abondance de fourment par deuers aucun, Penes aliquem frumenti copiam redigere.

Amasser ensemble diuerses sommes, Summam facere.

Amasser de costé & d’autre auec difficulté, Corradere, Corrogare.

Amasser l’vn sur l’autre & entasser, Construere.

Amasser en son esprit, animo colligere.

Amasser en vn les biens d’aucun, Redigere bona alicuius.

Chasser & amasser les brebis en vn troupeau, Cogere oues, Copellere.

Amasser en vn vaisseau, Colligere in vas.

Amasser biens, Rem facere.

Iamais tu n’amasseras rien, Numquam rem facies. B. ex Terentio.

I’ay consumé toute ma vie à amasser biens, Contriui in quærendo vitam atque ætatem meam.

Amasser force biens, Peculium grande conficere, Parare magnas fortunas & copiam, Opes struere.

Amasser force biens aux enfans, Facere quam plurimum gnatis.

Amasser force raisons en son cœur, argumenta in corde instituere.

Amasser & recueillir les tributs, Exercere vectigalia atque exigere.

S’amasser, Conuenire, Coire.

Qui est amassé & amoncelé, Congestitius.

Nauires amassées, Coactae naues.

Amassemént, Accumulatio, Coactio, Conglobatio.

Amasseur, Accumulator.

Amasseresse, Accumulatrix.

amasie & tocat sont les païs de Cappadocie, Galatie, & Pa-


phlagonie, tous subiets à l’Empereur de Constantinoble.

Amasser, voyez Amas.

Amateur, Amator.

Amateur des lettres, Philologus.

Amatrice de vertu, Amatrix virtutis.

Amathyste, Vne pierre pretieuse de couleur violette, nommée Amathyste, Amethystus. Les autres prononcent Amethyste.

Vestu de couleur retirant à vne Amathyste, Amethystinatus.

amavry, nom propre d’homme, Almaricus.

Ambages, ou Ambageois, Ambages.

Ne point parler par ambageois, mais dire clerement la pure verité, Positis ambagibus vera loqui.

Sans ambageois, Missis ambagibus, Remota ambage.

Ambagieux, Ambagiosus.

Ambassade, f. Se prend quelquefois pour la Legation, charge & instruction d’vn Ambassadeur, Legatio, Mandatum, comme, Il a fait son ambassade, Legationem, mandatum peregit. Quelquefois pour la fonction d’iceluy Ambassadeur, comme, Il est allé en ambassade, Il est reuenu de son ambassade, Il a esté enuoyé en son ambassade, Il est en ambassade. Quelquefois pour la trouppe d’Ambassadeurs enuoyez par vn Prince à vn autre, Oratores, Legati, comme, Voila passer l’ambassade de Portugal : car s’il n’y a qu’vn chef Ambassadeur, quelque suitte qu’il ait, on ne dira pas, Voila l’ambassade de tel : ains l’Ambassadeur. L’Italien & l’Espagnol, disant l’vn Imbasciata, & l’autre Embaxada, retiennent cette mesme distinction. Ce mot n’est proprement vsurpé si n’est aux legations des Princes & Republiques, & pour affaires d’Estat ou alliance. Et si l’on trouue ce mot vsité entre particuliers d’vn à autre, c’est par abusion & improprement, dont le propre est Message. Nicole Giles en la vie de Philippe de Valois ; Le Roy enuoya ses Ambassades par deuers le Pape Benedict, pour obtenir quelques requestes, sur le fait du voyage d’outre-mer.

Le pouuoir des ambassades, Auctoritates Legatorum. B. ex Cic.

Qui ont la charge & conduite des ambassades, Xenagogi.

La charge de receuoir les ambassades, Proxenia. B.

Il te faut faire cette ambassade, Perferre legationem te conuenit. B. ex Suetonio.

Ambassadeur, m. Legatus, Orator. Celuy qui exploite l’ambassade. Aucuns pensent qu’il vienne de ce verbe Grec, mais ne fait, ains de ce mot Hebrieu טכשׂד, qui signifie Messager, Nonce : car Mebassar, comme Rabi Kimhi le definit, est celuy qui expose & annoce des nouuelles, soient bonnes soient mauuaises, annunciator. Selon laquelle signification les Papes donnent à leurs Ambassadeurs le nom de Nonces, ledit Mebassar venant de ce verbe Hebrieu בשׂד, Nuntiauit, & tant nous François que les Italiens & Espagnols, transposons les lettres de la premiere syllabe dudit mot Hebrieu, disans de Mebassar, Embassar, Embassadeur, Imbasciatore, Embaxador. Toutefois nous l’escriuons par A, Ambassadeur, parce que nous donnons la prolation de la lettre A, à la lettre E, estant mise deuant, & coniointement à la lettre M, comme en ce mot Embas.

Ce qu’on donne à vn Ambassadeur pour ses meubles allant en ambassade, Vasarium. Alciat. in l. inter donum, de verb. signif.

Ambigu, Ambiguus.

Parler ambiguement, à deux ententes, Dire paroles douteuses, par lesquelles on ne sçait qu’entendre, Perplexè loqui, ambiguè loqui.

Ambiguité, ambiguitas.

Ambiguement, Ambiguè, Perplexè.

Ambition, Ambitio, Ambitus.

L’homme duquel l’ambition le rend mal heureux, Miser ambitionis.

Quand on ne va plus que à ambition, ou autre chose, Emeritis stipendiis ambitionis.

Tout va par ambition & dissimulation auiourd’huy, Mores iam nostri ad ambitionem & dissimulationem incubuerunt. B. ex Cic.

Ambitieux, qui brigue & pourchasse honneur, ambitiosus.

Amble, f. penac. Est la maniere d’aller des haquenées, Mollis quaeque tollutim fit iumenti gradatio, Incessio. Il vient de Ambulo Latin. Mais en François il a vne particuliere signification, & signifie ce pas de la beste hasté, qui n’est ne proprement pas commun, ne trot, ne galop, & selon lequel on dit la beste amblant passer d’vne coudée, quand elle des pieds de derriere outre-passe d’vne coudée la marche des pieds de deuant. Ainsi dit on d’vn cheual ou antre beste, qu’il va l’amble. Tollutim incedit. Et mettre à l’amble, ad gradum tollutarium cogere. Et en pluriel Ambles, comme, Ce cheual a belles Ambles, ce qu’on dit aussi, Il a l’Amblè belle, Egregiè ac bellè tollutim incedit. Et par translation on dit qu’on a mis quelqu’vn aux ambles, quand on l’a mis en beau train de faire ou dire quelque chose, sans qu’il s’aduise de l’induction qu’on luy en a faite. Ce qui est dit aussi de celuy qu’on a rengé à la raison, qui auparauant ne y vouloit ioindre. Ce qui est ainsi dit à la semblance du cheual, qui trottoit dur ; & galloppoit de mesmes, lequel on a contraint prendre l’Amble, voyez Hacquenée.

Ambler, verb. neutr. acut. Est aller l’amble, & vient du Latin ambulare, par syncope : mais il y a vne peculiere signification en François, comme a esté dit au vocable Amble. Tollutim incedere. Ce qui est dit de toute beste de quatre pieds amblant. Aucuns le veulent tirer du verbe Grec άμβλύνω, par ce que les Ambliers ou maistres d’Amble

auec cordes attachées en contre-croix aux pieds du mulet ou cheual, leur rompent & retardent leurs alleures naturelles : mais il s’abusent en ce disant.

Cheual qui va les ambles, Tolutarius equus.

amboise, ville de France assise sur Loire, Ambasia.

Qui est d’Amboise, Ambasianus.

Ambre, Electrum, Succinum.

Vne espece d’ambre, Langurium, Langurij.

Ambrosie, C’est selon les fables des Poëtes la viande des dieux, Ambrosia. Le mot signifie autant que Immortalité.

ambrvn, ville Episcopale en Dauphiné, Ambrodunum.

Le païs d’Ambrun, Ambrones.

Ame, Anima.

Toute chose ayant ame, Animans, Animalis.

Qui n’a point d’ame, Inanimus.

Ornement de l’ame, comme vertu, & semblables, Cultus animi.

Vne qualité de l’ame qui est discordante de soy-mesme, & en perpetuelle dissension en tout ce qu’elle fait, Vitiositas.

Oster l’ame à aucun, Exanimare.

Rendre l’ame & se mourir, Edere animam, Efflare animam, Exhalare animam, Expirare animam.

Ames des trespassez, Manes, manium, pluraliter tantum.

Les ames estans és enfers, Vmbræ infernæ.

Amende, C’est la peine pecuniaire ou honorable, qui est establie par la loy ou la coustume, ou infligée par sentence sur aucuns, pour auoir fait quelque chose prohibée, ou bien obmis de faire quelque chose ordonnée, ou autrement iniuste & temeraire, Multa. Et est dite Amende de Emendo, qui signifie reparer vne male façon en quelque chose, parce que l’amende est infligée pour reparation de la male façon, de l’acte qui en a fait ouuerture. Selon ce on dit estre condamné en amende honorable, & ciuile ou pecuniaire pour vn forfait commis, ou estre condamné en l’amende de fol appel. Et le detenteur d’heritage en censiue n’ayant payé les droits de cens au iour & lieu que deus sont, estre cheu en l’amende de tant de sols Parisis, Emendo, Emendas.

Amende honorable, Traductio reorum ignominiosa, supplex & stigmatica. B.

Condamner à l’amende, Multare, Multam facere, Irrogare multam.

Condamner à l’amende pecuniaire, Pecunia multare.

Ie te feray condamner en vne bonne amende, Dicam tibi impinguam. ex Terent.

Commettre quelque cas dont on doiue estre condamné à l’amende, Multam committere.

Qu’il soit condamné à cette amende, de ne boire vin de vingt iours, Haec mulcta ei esto, vino viginti dies vt careat.

Condamner en amende de certain nombre de brebis, ou de bœufs, Dicere mulctationem pecoris.

Defendre sur peine de l’amende, Mulctam dicere. B. ex Cic.

Condamnation à l’amende, Mulctae irrogatio.

Imposer l’amende, Imponere mulctam.

Payer l’amende & vne peine, Poenam dissoluere, Expendere scelus, Pœnas pendere inter ærarios.

Faire commandement de payer aucune amende, Condamner à l’amende, Multam facere.

Sur peines de grosses amendes qui autrement feroit, Non leui defunctorum poena qui non restituisset. B. ex Liuio.

Argent venant des amendes, Pecunia multatitia.

Receueurs des amendes, Ærarij, aut vrbani quaestores, Multarum coactores.

Amende adiugée au Roy, Mulcta fisco commissa & pronunciata.

Condamné en amende pecuniaire, Pecuniæ damnatus.

Estre condamné à l’amende, & és despens, dommages & interests, Mulctæ, litísque aestimationis damnari.

Supplier d’estre excusé en l’amende, Mulctam deprecari.

Faire condamner sa partie en l’amende, & és despens, Damnare aduersarium suum, & mulctæ pecuniæ.

Pour euiter l’amende, Subterfugiendæ mulctæ gratia.

Pour sauuer l’amende, Ad deprecandam mulctam.

Emprisonner vn homme pour amende, ou pour quelque somme de deniers, qu’il a esté condamné payer, Pignerari hominem pro re iudicata, vel pro mulcta iudiciali.

Grosse condamnation d’amende, & portant infamie, Atrox irrogatio mulctæ, ignominiám que inurens.

Amende profitable, Mulcta rei persecutoria.

Amende de soixante liures Parisis, Fraus sexagenaria, Mulcta sexagenaria.

L’amende de fol appel, Mulcta prouocatoria, Fraus temerariæ prouocationis.

Sur peines d’amende arbitraire, & de punition corporelle, Inhibendis imperiis pecuniariis & capitalibus.

Amende honorable, Mulcta, seu poena honoraria, Traductio ignominiosa.

Faire faire amende honorable, Exemplari traductione damnatum infamare.


Condamnation d’amende honorable, Honoraria pœnæ irrogatio.

Condamné à faire amende honorable la torche au poing, Reus tædiferi habitu per ora vulgi traductus.

Amender, Corrigere, Emendare.

Prendre conclusion contre aucun qu’il soit condamné à amender quelque fait, Mulctam petere.

Il amende d’estre gardé, Veterascit, non vetustescit.

Soy amender, Ad frugem bonam redire. B. ex Lampridio.

Ils n’amendent point pour medecine qu’ils prennent, Medicinam non sentiunt. B. ex Celso.

Amender vne faute par peine de mort, Pendere supplicia.

Tu ne t’amenderas pas icy, Hîc quidem meliorem genium tuum non facies.

Qui est amendé & tourné de meschante vie à vne bonne, Conuersus.

Il luy est amendé, Melius est homini factum.

Ie n’ay rien amendé de ta liberalité, Liberalitatis tuae factus sum expers.

Qui ont amendé de la mort du pere de Roscius, Quibus occidi patrem Sex. Roscij bono fuit.

Demander l’amendement d’aucun meffait à l’encontre d’aucun, Pœnas ab aliquo repetere.

Amener, ex Ad & verbo Mino, minas, qui signifie mener, Apportare, Adducere.

Amener à grand haste, Trahere.

Amener d’auantage, Superducere.

Qui premier a amené ambition au Senat, Qui introduxit ambitionem in Senatum.

Amener vne nouuelle guise, ou nouuelle coutume, Morem inducere, vel introducere.

Amener à quelque chose, Adducere hominem ad rem aliquam.

Amener pour preuue, In argumentum ducere.

Amener son garant, Sistere authorem laudatum.

Amener quelqu’vn deuant l’huis, Praestare aliquem ante aedes.

Mener, ou amener d’vn lieu à autre, Traducere.

Il amene & raualle la chose iusques là, Eò rem dimittit.

Estre amené par douleur à confesser choses toutes contraires à celles qu’on disoit au precedent, Deduci à dolore.

Amenement, mot peu vsité, Aduectio.

Amenuiser, quasi Minutum facere, vel Ad minutiam reducere, Tenuare, Attenuare.

Vne queuë qui va en amenuisant, Cauda in tenuitatem desinens.

Ameos, vulgus pharmacopolarum vocat, quod rectè dicitur Ammi.

Amer, Amarus.

L’amer ou fiel, Bilis, huius bilis.

Aucunement amer, Subamarus.

Fort amer, Amarulentus.

Suc amer, Succus tristis.

Aluyne amere, Absynthium graue.

Deuenir amer, Amarescere.

Amerement, Amarè.

Amertume de cœur, Acerbitas animi.

Plein d’amertume, Amarulentus.

Ceux qui mangent de l’aluyne en vne figue, ne sentent point l’amertume, Fallunt amaritudinem edentes absynthium in fico.

Vser d’vne amertume & rigueur telle qu’on fait à son ennemy, Amaritudinem inimici implere.

Adoucir l’amertume de tristesse par ioyeuseté, Condire tristitiam hilaritate.

Amesnager sa maison, Domum suam instruere.

Pere de famille bien amesnagé, Instructus paterfamilias.

Amesson, voyez Hameçon.

Ameuter, C’est vne terme de venerie. Fouillous au chapitre 11. Par ce que ceux qui sont nourris ensemble s’entendent & ameutent mieux, que ne font pas chiens amassez.

Amy, Amicus, Comicus, Necessarius.

Ancien amy, Amicus antiquus.

Vn cher amy & familier que nous aimons du profond de nostre cœur, Intimus, animae dimidium meae.

Le plus grand amy que i’aye, amicus summus meus.

Feal amy & constant, Certus amicus, Fidus amicus.

O mon bon amy Eschines, O mi Aeschine.

Autant amy à l’vn qu’à l’autre, Aequè vtriusque necessarius.

Vn amy par amours, amasius.

Amy de mon pere, Paternus amicus.

Estre l’amy d’aucun, In amicitia alicuius esse, amicum esse alicui.

Il s’est porté amy, Praestitit se amicum.

Se monstrer vray amy, ou faire en bon amy, Amicum agere.

Affection d’vn amy, affectio amicabilis.

En amy, amicè, amanter, In modum amici.

Obeïr en amy, & en homme qui veut faire plaisir, Officiosè parêre.

Gens qui ont des amis, Familia gratiosa. B. ex Cic.

Ie feray que Cesar sera amy de Messala, Messalam Cæsari praestabo.

Portant signification de grand amy, amanter.

Amis qui ne sont pas de si grande dignité que nous, Ordinis inferioris amici.

Peu d’amis, Exiguae amicorum copiae.

Ayans moins d’amis, amicorum habens minus.

Fort grans amis ensemble, Coniunctissimi inter se.

Nous sommes fort amis & priuez ensemble de toute antiquité, Inter nosmetipsos vetus vsus intercedit.

Il est de mes grans & prochains amis & familiers, Est in meis intimis, Intimus est mihi.

Les grans amis qu’on a tousiours à son costé, Homines à latere.

Les grans amis du Roy qui ne bougent de son costé, a latere Regis.

Il a eu des amis en Cour, Suffragatores inuenit apud Regem, B. ex Capitolino.

Auoir plusieurs sortes d’amis, les vns plus chers, les autres moins, Amicos gradatim habere.

Vn de tes amis, De tuis vnus.

Acquerir des amis, Parare amicos.

Faire vn amy, Instituere sibi amicum.

Acquerir des amis feints, Falsam gratiam inire.

Acquerir amis par dons, Amicos redimere.

Acquerir amis pour leur auoir fait quelques plaisirs, Gratiam ab aliquibus inire, Facere amicos promerendo.

Garder & entretenir ses amis, amicos retinere, Retinere & seruare amicos.

Mettre d’accord les amis estans en discord, Les appointer & accorder, amicos aduersos componere.

Faire amis nouueaux, Amicitiis nouis indulgere.

Perdre son amy, Amittere amicum.

Traicter ses amis, Curare amicos.

Tenir quelqu’vn de ses amis, Habere in numero suorum.

Petit amy, Amiot, Amiculus.

Ami que le prestre met sur sa teste, amictus, amiculum.

Amie, amica.

Amie, & qui leur fait fort grand bien, Amica frugibus æstas.

Amiette, amicula.

Amiable, amabilis.

Amiableté, amabilitas.

Amiablement, amabiliter, amicè, Mitè, Placidè, Cum bona gratia.

Amieller, Attraire par miel & douceur de paroles, Illicere.

Amieller le peuple par douces paroles, & luy desrobber le cœur, In aures populi influere, voyez allicher & amadouer.

amiens, ville episcopale en Picardie, ambiani.

Amignoter, Blandiri.

Amiral, voyez admiral.

Amitié, Amicitia, Coniunctio, Consuetudo, Necessitudo, Amitié est la bien venuë par tout, amicitia nullo loco excluditur.

Amitié variable, Desultoria amicitia. Hoc est, identidem euarians, non constans, B.

Amitié qui ne varie point, Firma amicitia.

Amitié est necessaire parmy gens de bien, Bonis inter bonos necessaria amicitia est.

L’amitié n’est point refroidie ne amoindrie, Non refrixit amor.

L’amitié s’espand entre toutes gens, Serpit per omnium vitam amicitia.

Ceste amitié ne vaut rien, ne de tenuë, Nulla est haec amicitia.

Grande amitié, Coniunctio.

Ancienne amitié, Magna vetustas & consuetudo.

Amitiez feintes & couuertes, Fucosae amicitiæ.

Amitié de trop grande monstre & apparence sans effect, Amicitiæ ambitiosæ.

Amitié de Cour, Desultoria amicitia, fortunæ assecla, B.

Sauf le droict d’amitié, Saluo iure amicitiæ.

Appointer quelque chose par amitié & amour, Cum bona gratia aliquid componere.

Plaisir fait par amitié, Opera amicabilis.

Pour l’amitié que i’ay en toy, Pro amicitia tua.

Il y a amitié entre vous deux, Intercedit illi tecum amicitia.

I’ay grande amitié d’ancienneté auec eux, Veteres mihi necessitudines cum his intercedunt.

Il faut auoir amitié auec cestuy, Habenda est amicitia cum hoc.

Ie n’ay nulle amitié auec luy, Cum illo nulla est mihi gratia.

Qui n’a nulle amitié auec aucun, Exors amicitiæ.

N’auoir aucune cognoissance d’amitié ne par vsage, ne par apprentissage, amicitiam nec vsu, nec ratione habere cognitam.

Acquerir l’amitié de beaucoup de gens, Gratiam multorum colligere, Amicitias comparare.

Acquerir l’amitié de tous les gens de bien, Cum bonis omnibus gratiam inire.

Vertu assemble & vnit les amitiez, Virtus conciliat amicitias.

Delaisser & quitter quelque amitié, amicitias dimittere, amorem deponere.

Contrefaire amitiez, Fingere amicitias.

Delaisser l’amitié d’aucun à cause qu’il est affligé, ab afflicta amicitia


transfugere.

Entretenir l’amitié d’aucun, Continere vel retinere gratiam alicuius.

Ce qui entretient l’amitié, Nodus amicitiae.

Exercer amitié & entretenir, Colere amicitias.

Garder amitiez, amicitias tueri.

Mettre quelqu’vn en l’amitié d’vn autre, & en sa grace, aliquem alteri insinuare.

Il m’a monstré aussi grande amitié, que fait le pere à ses enfans, Non secus in me pius fuit, quàm pater in filios.

Oster l’amitié d’entre les hommes, Tollere è vita amicitiam.

Se partir de l’amitié d’aucun, ab amico discedere.

Prendre amitié auec aucun, ad amicitiam aliquem adiungere, aliquem in amicitiam recipere, Constituere amicitiam cum aliquo.

Receuoir aucun en amitié, In amicitiam aliquem accipere, Recipere, Suscipere.

Quand on remet aucun en amitié comme deuant, Reconciliatio gratiae vel concordiae.

Se retirer peu à peu d’vne amitié, Eleuare amicitias remissione vsus.

Ne tenir conte de l’amitié d’aucun, Negligere gratiam alicuius.

Ammi, herbe qui n’a autre nom, sinon que les Apothicaires par corruption de langage la nomment ameos : & pource que la semence a goust ou saueur de poiure ils la nomment aussi Poiurée ou Poiurette.

Ammoniac, gomme, ammoniacum.

Amoderer, Moderare, vel Moderari.

Amodier, voyez admodier.

Amoindrir, attenuare, Minuere, Diminuere, Imminuere.

Amoindrir la cheuance de chaque citoyen, Extenuare census cuiusque ciuis.

Amoindrir les tributs, Vectigalia temperare.

L’authorité s’amoindrit & se perd, Hebescit acies authoritatis.

Amoindrissement, Extenuatio, Diminutio, Imminutio, attenuatio.

Amollir, Mollire, Emollire.

Fort amollir, Remollire.

Amollir & pestrir, Malacissare, Subigere.

Emplastre ramolli & pestri en vinaigre, Emplastrum subactum ex aceto.

Amollir & fondre, Liquare, Liquefacere.

Amollir & attendrir en l’eaue, Macerare.

Amollir & appaiser son courroux, Contundere iras.

S’amollir, Mollescere, Liquere, Liquescere, Liquefieri.

S’amollir fort, Remollescere.

S’amollissant ou fondant, Liquescens.

Amollissement & pestrissement, Subactus, huius subactus.

Amonceler, Cumulare, accumulare, aggerare, adaggerare, Exaggerare, aggerere, Glomerare, Conglomerare.

Amonceler & entasser entour, Circunglobare.

S’amonceler & deuenir à la grosseur d’vn grain de millet, Cogi in magnitudinem milij.

Racourci & amoncelé, Compactilis.

Cuisses amoncelées, Compacta crura.

Amoncelement, aceruatio, Coaceruatio, Accumulatio, Glomeratio, Exaggeratio, aggestus, huius aggestus.

Amont, aduerb. local. acut. Composé de a preposition, & Mont, comme si l’on disoit, ad montem, Il est Amont, Superiùs suprà, Maniere de parler plus frequente au Languedoc qu’au François, si n’est entre fauconniers. Car le François dit vsitément, en haut, là haut. L’opposite est, à val. Et partant dit-on Aller amont ou à val l’eau. aduerso aut secundo flumine nauigare. Et le païs d’amont entre gens de riuiere, est celuy dont la riuiere descend, & où elle a sa source. Ainsi la Bourgongne est le païs d’amont aux riuerots de Seine qui habitent à val ladite riuiere loing de la source d’icelle. La raison de cecy est parce que les sources sont repuétes plus hautes que les courans. Et pour ceste cause les anciens statuaires representans quelque riuiere en terme d’homme, luy faisoient, estant appuyé sur vn coude, tenir les espaules & la teste releuées, & le reste du corps gisant sur le rez de chaussée, Aussi appelle-on Montans les bateaux qui contremontent la riuiere, comme Auallans ceux qui vont à val icelle.

Oiseau qui se tient amont sur les autres & roüe, auis superuaganea, B. ex Festo.

Amorce, ou Appast, Esca, Illicium, B. ex Varrone.

Amorce à feu, Ignis esca.

Amorcer, Inescare.

A mort, sont deux mots, & est vn escri d’effroy sur ceux qu’on poursuit de leur vie, ainsi que pour le pillage on escrie A sac. Et sont escris militaires, qu’on double pour plus grand effroy, A mort à mort, A sac à sac. Neci ac prædæ omnia subdantur.

Amorti, id est, humano commercio eximere prædia. Emortuæ manus concedere.

Heritage amorti, Prædium quod in causam morticinæ possessionis cecidit, Prædium quod iure morticinij possidetur.

Amortir le feu, Extinguere.

Amortissement, Ius mancipij morticini, Emortui mancipij ius.

Lettres d’amortissement, Codicilli emortuæ manus.

Amour, m. acut. Est l’affection passionnée qu’on porte à quelque femme, si qu’il signifie chose de plus vehemente impression d’esprit que ce mot Amitié le plus souuent. Selon ce on dit, Il fait l’amour à vne telle, Illam cupidè amat, Il se prend aussi pour amitié qui n’a telle passion, selo ce on dit, Il est de bone amour, Rectè amat, Amantis ingenij vir est. Et pour l’amour que le donateur porte au donataire. Quòd qui donat, donatario benè cupiat, Il se prend aussi en guise de causale preposition, comme quand on dit, Ie le feray pour l’amour de vous, Faciam tua (vel tui) causa, Si l’on ne veut expliquer ceste façon de parler par tels mots, A cause de l’amour que ie vous porte, In gratia amoris quo te prosequor, Amor, duquel mot Latin se fait außi l’Espagnol, amor, & l’Italien, amore.

Amour ardent, amor acer, ardens amor.

Amour des-ordonné & impatient, amor fœmineus, Effrænus, Impotens, Insanus.

Amour euident & clair, Non obscura beneuolentia.

Vn amour que nature a semé ou planté en nous, Insitus menti amor cognitionis.

Amour qui dure long temps, longus amor.

Amour qui dure tousiours, Perpetuus amor.

Amour où il y a beaucoup à dire, Beneuolentia impar.

Nostre amour est venuë de ce commencement, ab his initiis noster in te amor profectus est.

Amour de l’vn & de l’autre, Mutuus amor.

Amour qu’vn chacun apperçoit, Non obscura beneuolentia.

Amour & bon vouloir qu’on a enuers aucun, Beneuolentia.

Amour entre les hommes, Mutuus inter mortales amor.

L’amour que i’ay en toy, Tui charitas.

L’amour qu’il a enuers luy y fait beaucoup, Permagnum pondus affert beneuolentia cius erga illum.

Qui n’est point addonné à folles amours, auersus à venereis amoribus.

Se deporter de ses amours, Missum facere amorem.

Estre en amour, se dit des oyseaux quand ils sont en chaleur & desirent s’apparier pour faire des petis. Incalescere ad coitum, re vénerea agitari, appetere coitum, venerea cupiditate commoueri. Ainsi on dit les oyseaux estre en amour & s’apparier pour faire generation, Venere vrgeri ad procreandum.

Engendrer vn amour, Ingenerare amorem.

Entrer en amour, In amorem incidere.

Mettre son amour en vn autre, Transferre amorem suum alteri vel in alterum, animum aliò conferre.

Il a mis totalement son amour en vne autre, amorem suum in aliam transtulit.

Mettre son amour en vne paillarde, animum ad meretrice inducere.

Oster son amour d’aucun, amorem ab aliquo abiicere, Auferre amorem ab aliquo.

Oster son amour d’aucun, & en aimer vn autre, Animum aliò conferre.

Prendre affection & amour enuers aucun, Voluntatem erga aliquem suscipere.

Amours se perdent & se passent legierement, Deflorescunt amores.

Qui ne sçait rien des amours de son fils, Expers amoris gnati.

Si mes amours se portoient bien, Si mihi secundæ res de amore meo essent.

Miserable d’amour, Miser ex amore.

d’Amour & volonté qu’il auoit à la Republique, Studio Reipub. dixit.

Là où il n’y a point d’amour, agrestis.

Ie suis prins d’amour, Cepit me amor.

Estre raui d’amour & porté çà & là, Differri amore, vel Amore prouehi.

Il est prins d’amour & raui, Captus est amore.

Tu es prins d’amour de la femme d’autruy, Te coniux aliena capit.

Estre perdu de force d’amour, Deperire aliquam.

Brusler d’amours, Amore flagrare, Conflagrare amoris flamma.

Faire quelque chose d’amour, qu’on a de voir quelque femme, Desiderio mulieris aliquid facere.

Il est hors de son bon sens, d’amour qu’il a en ceste estrangiere, Demens ex peregrina hac.

D’amour qu’il a en elle il n’est pas en son bon sens, Sanus non est ex amore.

De grand amour, ab singulari amore.

Pour l’amour de moy, Causa mea, Meo nomine.

Il m’en fait mal pour l’amour de luy, Inuitus dico hominis causa, B. ex Liuio.

Pour l’amour de Dieu, Per deos immortales, B. ex Cic.

Enuoye cestuy pour l’amour de moy, Mitte hunc mea gratia.

Ie l’ay veu volontiers pour l’amour de luy-mesme, Illum per se vidi libentissimè.

Par amour, amabò, Cum bona gratia aliquid componere.

Attrayant les autres à son amour, amabilis.

Chose contraignant à amour, Amatorium.


Portant signification de grand amour, Peramanter.

Vn amoureux, Amans, amator, Amasius.

Amoureux de triqueniques, amatorculus.

Amoureux qui n’a que donner à son amoureuse, amator sterilis.

Amoureux qui pourchasse aucune pour femme, Procus.

Fort amoureux, Plenus amoris, Amator acer.

Estre amoureux, Amare.

Estre amoureux & s’addonner à paresse, Dare operam amori & desidiæ.

Estre amoureux de mousches à miel, Amore apum capi.

Amoureux de muses, Philomusus.

Epistre escrite d’vn stile amoureux, amatoriè scripta epistola.

Amoureuse, Amica, Amatrix.

Femme qui n’est point amoureuse, qui n’est point sur les hommes, Remotissima à viris fœmina.

Amoureusement, Amicè, Placidè.

Amourachement, Amatio.

Ample, Amplus.

Lettre du Roy bien ample, Diploma vberrimum, B. ex Cic.

Vn edict ample, Edictum vberrimum.

Amplement, abundanter, Amplè, ampliter, Plena manu.

Dire amplement & abondamment, Plenissimè dicere.

Bien amplement, Fusè.

Escrire amplement, latè omnia præscribere ad aliquem.

Plus amplement escrire, Verbosiùs scribere.

Amplier, Amplifier, Augere, Ampliare, Amplificare.

Amplié & augmenté, Auctus, Ampliatus, Amplificatus.

Ampliateur & augmentateur, auctor, Amplificator.

Ampliation, Amplificatio, Accretio, Accrementum.

Amsterdam, ville principale de la Conté d’Hollande, Amsterdanum.

Amuser, actif. acut. Est vn verbe composé de ceste preposition A, & ; de ce verbe Muser, qui signifie tenir le museau tourné & fiché à quelque chose, ainsi on dit Amuser vn enfant, quand la nourrice l’occupe à regarder quelque jouët ou autre chose afin qu’il ne pleure, & S’amuser à vn tableau de peinture, animum inani pictura pascere. Et par ce que tel amusemet retarde d’aller celuy qui passe, on dit Amuser en aucun, quand on le retient d’aller, comme, Ie l’amuseray cependant, Interea illum mora frustrabor.

Ne s’amuser plus aux affaires d’vn chacun, Operam suam à populari cœtu remouere.

Ils s’amusent à choses cleres, Intendunt in ea quae perspicua sunt.

Cependant que chacun s’amusoit à voir le combat, Cùm omnium animos & oculos in certamen auertisset.

Ne t’amuse point à luy croire, Ne insistas huic credere.

Amuseur, m. acut. Alienae mentis occupator.

Amusement, neut. acut. animi occupatio.

Amydon, Amylum, amyli.

AN

An, Annus.

Vn an, deux ans, trois ans, Vnum, alterum, tertium annum, B. ex Cic.

L’espace d’vn an, Annua dies, Annale tempus.

Au commencement de l’an, Initio statim anni, Principio anni.

En la fin de l’an, anni extremo, anni exitu, Anni fine, Sub finem anni.

D’an en an, annuatim, Quotannis, Per singulos annos.

D’vn an, Anniculus, Annotinus.

Qui n’a qu’vn an, Anniculus.

Agneaux qui ont vn an, Horni agni.

Chacun an deux, Creabantur olim bini consules.

Par chacun an, Quotannis, In annos singulos.

Par chacun an quarante escus, Quadragena annua secuta.

Qui se fait chacun an, Anniuersarius.

Qui se font d’an en an, Annua sacra.

Qu’on celebroit de trois ans en trois ans, Sacra trieterica.

Il y a vn an qu’il a esté refusé, Est iam annus vt repulsam tulit.

Estre au deuxiesme an de son aage, Secundum annum agere.

An reuolu, Annus vertens.

An entier, Annus solidus.

Estre vn an masle, vn an femelle, Alternis annis esse marem, alternis foeminam fieri.

Demy an, Medius annus.

Que ie ne fusse en la prouince plus d’vn an, Ne diutius anno in prouincia essem.

Le trézieme an, Alter annus ab vndecimo.

L’an cinq cens & cinq, anno vrbis quingentesimoquinto.

Tous les ans, annua vice, Quotannis, In annos singulos.

Qui se fait tous les ans en certain temps, Solennis.

Il y a ja aucuns ans que la meschanceté est conceuë, aliquot iam per annos concepta turpitudo.

L’espace de deux ans, Biennium.

De deux ans en deux ans, Alternis annis, Binis annis.

L’aage de deux ans, Bimatus, huius bimatus.

Qui est de deux ans, Bimus.

Qui a deux ans, Biennis.

Il y a ia deux ans que cestuy-la a commencé d’estre auec moy, Iam biennium est, cùm mecum ille esse coepit.

Il y auoit quatre ans que ie n’auois entré en Sicile, Quum quadriennio pòst in Siciliam venissem, B. ex Cic.

L’espace de trois ans, Trienium, triennij, Trieteris huius trieteris.

L’aage de trois ans, Trimatus, huius trimatus.

Trois ans durant, Per triennium.

Qui a trois ans, Triennis & hoc trienne, Trimus.

L’espace de quatre ans, Quadriennium.

Aagé de quatre ans, Quadrimus.

L’espace de cinq ans, Quinquennium.

De cinq ans en cinq ans, Quinto quoque anno.

Qui a cinq ans, Quinquennis.

Les cinq ans durant, Omni quinquennio.

Magistrat durant cinq ans, Magistratus quinquennalis.

Durer iusques à dix ans, In annum decimum durare.

Il y a eu vn an entredeux, Intercessit annus.

Il n’y a pas cinq ans que, &c. Minus quinquennio est quòd, &c.

Auant que fust le bout de l’an, Non toto vertente anno. Suet.

Le temps de six ans, Sexennium.

Qui a six ans, Sexennis.

Qui a dix ans, Decennis.

Il a dix ans passez, annos excessit decem.

Qui a quatorze ans passez, Ephebus.

Il n’y a pas quinze ans, Minus quindecim anni sunt.

Elle a seze ans, annos nata est sedecim.

Trente ans, Triginta anni, Brumae terdenae.

Qui a quarante ans, Quadragenarius.

Il a enuiron cinquante ans, Annos ad quinquaginta natus.

Ie n’ay pas plus de cinquante & quatre ans, Equidem haud sum natus annos praeter quinquaginta & quatuor.

Il auoit ia plus de soixante ans, Maior iam sexaginta annis erat.

Ans vieux, c’est vieil aage, au 3. liure d’Amad. Car elle auoit les cheueux tous blacs de grande vieillesse & si herissonnez qu’il sembloit d’vne droite hure, mais ses ans vieux ne luy auoient en rien amoindry les forces de son corps, Ætas annosa.

L’espace & le temps de cent ans, Seculum, siue seclum.

Durer cent ans, Centenis durare annis.

Il a vescu cent ans, Ad centesimum annum vitam produxit.

Auoir deux cens ans accomplis, annos ducentos explere.

Ils viuent mille ans, Mille annorum perpetuò viuunt.

Faire son an de probation, Iusta catecheseos implere.

Faute de poursuiure par an & iour, Diei annuæ conticinium.

Faute de poursuiure par trois ans, Conticinium trimae diei.

En bon an sois tu entré, annare perannaréque commodè liceat, B. ex Macrobio.

Seruir vne année, Operam annuam edere.

L’année qui vient, annus veniens.

L’année de deuant, ou precedente, Antecedens annus.

Fruict cueilly de l’année de deuant, ou passée, Pomo antecedentis anni detracto.

Magistrats creez pour ceste année, In hunc annum creati magistratus.

Année pluuieuse, annus pluuiosus.

L’année estoit presque finie, Iam fermè in exitu annus erat.

Vne année de renom pour la grande peste qu’il y eut, Infamis annus pestilentia.

Il est grande année & abondance de fruicts, Pomis exhuberat annus.

Année de guerres, Bellicosus annus.

Année sans guerres, Imbellis annus.

Vne année de repos, Quietus annus.

Vne année de seicheresse, Sitiens annus.

Estre sur la quatrieme année, Quadrimatum agere.

L’espace de cinq années, Lustrum.

C’est icy le septieme mois ou année, agitur mensis septimus aut annus.

Qui est de la mesme année, Hornotinus.

Verges qui sont creues de la mesme année, Hornotinae virgae.

Premieres années, Primitiui anni.

Par années interposées, Vicibus annorum.

d’Antan, Anniculum, annotinum, B.

Anatolie, ou Natolie, est Asie mineur, Asia minor, appelée des Grecs Anatoli, qui signifie en nostre langue Orient. Sous ceste appellation de Natolie sont comprins le païs de Pontus, Bithynia, Lydia, Phrygia, Meonia & Caria.

Anatomie, Anatomia, Dissectio, Anatome, anatomes.

Anavdvle, ou Anandule, que aucuns dient Aladule, ce sont les montagnes d’Armerue, appelées anciennement Mons Taurus, & maintenant Cocaz d’vne partie d’icelles dite Caucasus.

Ancelle, Ancilla.

Ancestres, Maiores.


Ancestres & deuanciers, Superiores.

Ie trouue que nos ancestres ont eu faute de prudence en cela, In quo maiorum nostrorum saepe requiro prudentiam.

Appartenant à nos ancestres, Pappous.

Denombrement d’ancestres, Genealogia, Maiorum recitatio ac catalogus.

Coustume qui est venuë de nos ancestres, ou appartenant à nos ancestres, Auitus mos.

Anches, que les menestriers mettent au bout de leurs haubois & semblables instrumens, ligula siue lingula. De ces instrumens ils ne mettent que ces anches dedans leurs bouche.

Anchoye, f. pen. Est vne espece de poisson de la longueur de cinq pouces, & vn de largeur, lequel se pesche en la mer Mediterranée, se confit en sel, où il deuient vermeil au dedans, & n’a besoin pour estre mangé d’autre cuisson que sadite confiture, aussi le mange-on ainsi confit cru, à l’huile & au vinaigre, estant fendu en deux. On en fait aussi du garum ; le faisant fondre dans vne escuelle sur vn rechaut auec huile ou beurre. C’est vn poisson agreable, & delicat au goust trop plus que la sarde ou sardine. Rondelet le rend par ce mot Encrasicholos, par ce que l’Anchoye a le fiel en la teste, aussi les fendant pour manger, en iette-on hors la teste. On le prononce en pluriel Anchois, par syncope de la lettre E.

Ancholie, Herba & flos, Calathiana, Aquilegia.

Anchuses, Doris herba.

Ancien, m. acut. Antiquus.

Fort ancien, Perantiquus.

Le plus ancien, Maior natu.

Le plus ancien de tous, Maximus natu.

Les anciens, Antiqui, Antiquitas, Seniores.

Qui estes des plus anciens, Qui estis in senioribus.

Ce sacrifice est aussi ancien que la ville, Sacrificium æquale huius vrbis accepimus.

Qui sont curieux d’vser de mots anciens, Antiquarij.

Ancienneté, f. acut. antiquitas, Vetustas.

Ancienneté apporte & donne cognoissance si grande, qu’on ne sçauroit croire, affert vetustas incredibilem scientiam.

D’ancienneté, antiquitus.

De toute ancienneté, Iam inde antiquitus, Ab omni vetustate, liu. lib. 22. comme de tout temps, ab omni aeuo.

Dés le temps d’ancienneté, Iam inde antiquitus.

De tout temps & ancienneté, De tel & si long temps qu’il n’est memoire du contraire, nous iouissons de ce droit, Tempus vsus huiusmodi memoriam excidit, Post hominum memoriam ita semper obseruatum est, Ex quo homines meminerunt, id ius semper vsurpatum est.

Anciennement, antiquitus factitatum.

Ancoigneure, ou Encoigneure, pour Engoigneure, ab In & Gonus, vel fortè dicitur Encoigneure, quasi Incuneatio, quia in cuneum definit, Angulus, Gonus.

Qui a six ancoigneures, Hexagonum.

Ancolie, voyez Ancholie.

ancone, ville d’Italie en la Marque d’Ancone, Ancona.

La marque d’Ancone, Solum Picenum.

Ancre à retenir les nauires, anchora.

Leuer les ancres, ou oster, anchoras tollere, anchoras vellere, aut soluere.

Cordes seruans aux ancres, anchorarij funes, anchorale.

Apres auoir leué les ancres, anchoris solutis, Sublatis anchoris.

Ancrer au port, anchoras iacere ante portum, anchoras figere, Les mariniers dient Surgir.

Andain, Tantum spatij quantum homo diuaricatis cruribus potest metiri.

Andelovsie, Turditani, Turdulorum pars haec inter Granatam & Portugalliam Turditania primò, deinde à Vandalis qui in vlteriorem Hispaniam transierunt, Vandalusia dicta est, hodie Andalusia.

Andernac, ville située pres le Rhin, Andernacum, Ammianus la nomme, Antennacum.

Andouille, voyez Endoille.

andrinopoli, Ville de Grece, adrianopolis. Caput erat imperij Turcarum ante captam Constantinopolim.

Androgyne, qui est masle & femelle tout ensemble, androgynus, Hermaphroditus.

Aneantir, act. penac. C’est proprement mettre à neant, comme aneantir vne ordonnance, vn vs & style, abrogare, Aneantir les moyens d’aucun, Nullas cuiusquam opes virésque reddere. i. ita prosternere ac inanes reddere, tanquam nullae essent, Aneantir aucun, c’est l’eneruer, luy oster la force, & vigueur, & le rendre comme s’il n’estoit point, le reduire à estre tenu pour rien. Et combien que neant soit negatif d’estre ou valoir, & que partant on die vn vauneant, & vn vaurien, pour mesme signification : si ne dit on pas fairien comme on dit faineant, l’Italien dit niente, & l’Espagnol nada, pour neant, cependant nul d’eux n’a le verbe aneantir comme nous. Mais le Grec, qui dit ϰδέν, l’a bien, disant par composition έξϰδενόω, Ie aneante, & έξϰδέκωσιζ, aneantissement. Et partant comme iceluy Grec l’vsurpe pour abiection & mespris & contemnement, en François peut raisonnablement signifier & estre employé pour le mesmes, aussi qui aneantist, mesprise & abiecte assez ce qu’il met au neant. Les cours souueraines ou iugeans en souueraineté, vsent bien de ces mots, mettre au neant, soit qu’elles aneantissent l’appel ou ce dont a esté appelé, ou les deux ensemble : & neantmoins n’vsent dudit verbe aneantir audit cas. Aucuns l’escriuent Anneantir, pour le marquer de la composition de ad ou a, & ; neant, doublans la lettre n, comme les Latins en telles paroles composees, mais on le prononce Aneantir.

Aneantissement, voyez Aneantir.

Se perdre & aneantir de volupté & paresse, Defluere luxu & inertia.

Vn homme aneanti, Iam vappa factus, B.

Aneau, Anelet, Cerchez Anneau.

Aneth, anethum.

Anette Picardis, anas, anatis.

Angar, m. acut. Est le lieu couuert en façon de hal, dont le toict est porte des deux costez sur piliers de bois à clair, où les laboureurs mettent à couuert de la pluye & du soleil les harnois & charrues és bassecourts. Ce mot peut estre tiré de cestuy Alemand Hangen, qui signifie Appentis. Ex pariete tectum prominens, appendix, Aussi le Angar est vne couuerture adossée au mur en appentis, quoy qu’il s’en face en berceau à dos d’asne pour le mesme vsage. Mais selon ledit mot Alemand, il le faudroit aspirer, Hangar, ce que le François ne fait pas.

Ange, angelus.

Angelique, Angelicus.

Le bon & mauuais ange que les payens estimoient estre deux dieux priuez & familiers qui s’appliquoient à vn chacun dés l’heure de sa naissance, Genius, genij.

L’herbe qu’on appelle angelique, Radix Syriaca.

Angelique, herbe dont la racine est singuliere contre la peste, angelica.

angiers, ville episcopale en France, Andes, andium, Iuliomagus, vulgò Andegauum.

Le païs d’ Aniou, Ager Andinus, Andegani.

Angeuin, andinus, Andegauus, andegauensis.

Angle, Angulus, Qui a les angles droits, Orthogonus, Rectangulus.

Qui a trois angles, Trigonus, trigoni : vel Trigonalis & hoc trigonale, Triangulus, Angles ce sont coings ou extremitez de toutes choses.

Qui a quatre angles, Tetragonus, vel Tetragonum, Quadrangulus.

Qui a six angles, Sexangulus, Hexagonus.

Vn anglet, ou coing de toutes choses, angulus, Angellus.

Qui est fait en Anglet, Angulatus.

Les fueilles de ceste herbe font des anglets, Folia huius herbæ exeunt in angulos, angulosa folia.

Qui a six anglets & encoigneures Hexagonum.

Angler vne personne, la serrer à l’estroit, Cogere in angustum.

Angleterre, f. pen. Est la plus grande partie d’vne isle Septentrionale en l’Ocean, en titre de Royaume, dont l’autre & moindre partie en pareil titre, est Escosse, anglia, comme si l’on disoit, Anglorum terra, Elle a eu nom Britannia maior, à Brittone rege, comme dit Polyd. Virgil. Bretagne la grande, en difference de Britannia minor ditte Armorique. Matthieu de Westmonstier sous l’an CCCCXLIX. recite qu’à la semonce de Vortigerne Roy d’icelle grande Bretagne, aucuns Saxons, Anglois & Iutes de la nation Germanique y veindrent herberger pour estre ses soldoyers alencotre de ses ennemis. Et sous l’an DLXXXVII. Athelbert, Cissain, Ceaulin, Grodde, Erkenwin, Tytille, Ella, Aethefride, roitelets tenans entr’eux ladite isle mipartie, d’vn commun aduis abolirent l’ancien nom de Bretagne, & ordonnerent que du nom desdits Anglois elle seroit de là en auant nommée anglia. Mais Polyd. Virg. aux 6. & 7. liur. de l’histoire Angloise attribue cela à Egbert XVII. Roy des Saxons Occidentaux residans en ladite isle.

Anglois, anglus, Britannus, la separation d’Angleterre & Escosse voyez Escosse royaume.

Angleux, Vne noix angleuse, Nux lignosa.

Angoisse, f. penac. C’est destresse d’esprit & vient de ce mot Latin Angor, ou de cestuy, angustia.

Estre en angoisse, & fort perturbé, Aestuare.

Pommes d’angoisse, anginaria poma, Candida sunt & nigra.

Angoisser, Angere, Angi.

Angoisseux & desirant de combattre, Berinus, Cupidus certaminis.

Angolesme, Aginnum, Agnolisma, ville principale du pais d’Angoulmois en Guyenne.

Angori, maintenant Angorium, anciennement ancyra, c’est vne ville d’Asie, pres la montagne ditte Stella : & par Enguerran de Monstrelet, Appadi, ou iadis Pompée le Grand deffit le Roy Mithridates. Aupres d’Angory l’Empereur des Turcs nommé Pazait ou Basait, appelé par Froissart le Roy Basant, fut veincu & prins en bataille par Tamerlan.

Angouste, ou Langouste, autrement Sautereau, Locusta, locustæ.

Anguille, Anguilla.

Ani, voyez anis.

Anichiler, voyez Annichiler.

Anilles, sont potences dont vsent les impotens, Fulcimenta subalaria


debilium incedere. pedibus non valentium.

vn Animal, C’est à dire vue creature ayant ame, Vray est que le mot est Latin, mais par ce que la Langue Françoise n’a vocable de semblable signification, par necessité nous l’empruntons du Latin, & disons vn animal, Animal, animalis : les animaux, Animalia animalium.

vne Anime, Espece d’armure ayant les lames de trauers longues & larges, qui font obeïr les harnois au mouuement & pliement du corps, anima. Il est croyable que tel nom luy a esté imposé pource que le harnois conserue l’ame, c’est à dire la vie que les Italiens appellent Anime.

Animer, Animare, C’est donner ame & vie, Aucunefois c’est Encourager.

Animer & inciter à son de fleustes les gens à frapper, Pugnam conspirare.

Il anime & baille courage à ceux qui oyent, Incendit eos qui audiunt.

Animé, Animatus.

La terre a vne nature animée, Animabili natura est terra.

Anis, herbe odorante, cognue de chacun, anisum.

Annales, c’est vne histoire, où les gestes sont reduits d’a en an, Annales, les Grecs disent χρόνικα Chroniques, car χρόνοζ outre ce qu’il signifie temps, Il signifie aussi an, & ainsi en ont vsé les legistes Grecs.

Comme il est escrit és annales, Vt annales populi Rom. & monumenta vetustatis loquuntur.

Annate, C’est le vacant ou deport d’vn benefice, hoc est quand d’vn benefice vacant le superieur prend le reuenu d’vn an, deuant qu’aucun en iouïsse, voyez Deport.

Anneau qu’on met au doigt, Annulus, Lunula.

Vn anneau à cachet ou à signer, Signatorius annulus, Ectypa gemma, B.

Image imprimée auec vn anneau, Impressa ex annulo imago.

Qui porte anneaux enses doigts ou oreilles, annulatus.

Mettre vn anneau en son doigt, annulum digitis induere.

Qui fait des anneaux, Annularius.

Annelet, m. acut. Est le diminutif d’Anneau, Annellus.

Annelet qu’on met és habillemens, Hamus.

Annelets d’vne cotte de maille, ou escailles d’vne brigantine, Squamae, squamarum.

Annichiler, ad nihilum redigere.

Estre du tout annichilé, & deuenir à neant, In nihilum interire, In nihilum occidere, Ad nihilum recidere, Redigi ad nihilum, Venire ad nihilum.

Estre tellement annichilé, qu’il n’en demeure point vn, Venire ad internecionem.

Anniuersaire, Annua parentalia.

Annombrer, Annumerare, On dit aussi Ennombrer.

Annombrer quelque arbrisseau, & mettre au rang des arbres, Ascribere generi arborum.

Annoncer, Annuntiare, Perferre, Prædicare.

Annoncer deuant, Prænuntiare.

Annoncer quelque chose aduenir, Denuntiare.

Tu m’annonces de ioyeuses nouuelles, Voluptatem magnam nuntias.

Annoncer mauuaise nouuelle, Obnuntiare.

Annoncer à quelqu’vn quelque soudaine ioye, dequoy il ne se doutoit point, Obiicere laetitiam alicui.

Annoncement de quelque chose aduenir, ou aduertissement, Denuntiatio.

Annoncement fait auant l’beure & auant la saison, Præmatura denuntiatio.

s’ Annonchalir & aneantir, Elanguere.

Il est annonchali, Marcet animus, B. ex Celso.

Annuel, anniuersarius, annuus.

Annuellement, annuatim, Quotannis, Singulis annis.

Annuller toute la procedure, Cognitionem circunducere, B. ex Vlpiano.

Anoblir, Natalibus restituere, B. Nobilitari.

Anoblissement, Nobilitatio.

Anouër, Vne poulle anouée quand elle a prins si gros morceau qu’elle ne le peut aualler, & demeure de dans le gosier, Strangulari, Præfocari, Aucuns disent Engouër.

Au regard des chiens on dit Enosser, quand ils ont la gueule ou le gosier entreuesché d’vn os.

Anse, f. penac. Est la manille d’vn pot par où on le prend auec la main tenant au pot en façon d’vn demi cercle. Außi les Grecs la nommet, de prendre auec la main. Il se prend außi pour telle autre manille qui est en autres choses qu’en poterie, ainsi que Ansa Latin duquel il vient. Et en pluriel Anses, qui se prend aucunefois pour les bouts des cordes nouez en maniere d’vn las.

Ansé, m. acut. Qui a des anses, Ansatus, Vn pot ansé des deux costez. Cantarus vtrinque ansatus.

Ansée, f. penac. Ansata.

Ansette, f. penac. ansula, diminutif. Petite anse.

Ansouplé, voyez Ensouple.

Ante, Il vient de amita, amitæ.

La grand ante du costé paternel, Maior amita.

Ante de iardin, Cerchez Ente.

nos antecesseurs, Maiores nostri.

les Anteines d’vn nauire, Antennæ antennarum.

Anten, quasi ante annum, anno præterito, anno superiore.

Antenois, agnus anniculus, vel Annotinus, B. ex Colum.

Anterieur, Anterior.

antibov, en Prouence, antipolis.

Anticiper, Anticipare, Antecapere, anteoccupare, Occupare, Praeoccupare.

Anticiper par esperance la victoire qu’aura aucun, Destinare spe aliquem victorem futurum.

Anticiper vn iugement, Iudicium repræsentare.

Anticiper, ou Faire anticiper vn appelant, Anticipatum diem & breuiorem prouocatori denuntiare, Diem à prouocatore indictum die breuiori occupare, Prouocatori die inuicem indicta anteuertere, Prouocatori die contractiore anteuertere, Compendio temporis anteuertere prouocatori.

Faire anticiper l’appelant par vertu de lettres royaux, Impetrato diplomate diem breuiorem denuntiare, Citeriorem diem diplomatis venia prouocatori denuntiare.

Anticipé, Anteceptus, Anticipatus, Præuentus.

Anticipation & preuention, Anteoccupatio, anticipatio.

Lettres d’anticipation, Compendium codicillare prouocationis.

Antidater, Diem retrorsus ementiri.

Antidater & postidater, Diem sursum versus ementiri : vel deorsum versus, vel sursum & deorsum.

Antidater vne obligation, Interponere cautionem repetita die.

Antidater vnes lettres, Diem antiquiorem falsò literis subscribere.

Antidate, Dies repetita, & retrorsus ementita, Dies ementita retrorsum, id est, tempus retrorsus ementitum, B.

L’obligation a esté antidatée, Repetita die cautio interposita est, B. ex Iuliano.

Antidote, Antidotum, vel antidotus, m. & f. g. quasi contra venena datum.

Antidoter vn homme, luy donner des preseruatifs de peur du mauuais air ou de poison, antidoto præmunire.

Antienne, antiphona, antiphonorum.

de l’Antimonium, Stibium.

Antioche, antiochia. Vrbs est metropolis Syriae, olim Reblata, & postea tempore Iustiniani Theopolis, prima episcopalis sedes Petri Apostoli. In ea Christiani primum appellati, quum anteà discipuli vocarentur.

Antipodes, antichthones, antipodes.

vn Antipodium, Accessio, Corollarium.

Antique, antiquus.

Il sent son antique, Antiquitatem redolet.

Fait à l’antique, antiquo opere ac summa arte factum.

Antiquité, Antiquitas.

Estimez que tout ce que i’ay dit, c’a esté pour auoir memoire de l’antiquité, Referte hæc omnia ad memoriam vetustatis.

Antrac, ou vn charbon, anthrax.

Antre, Antrum.

Anvers, ville de Brabant, Antvacutum, Antverpia, ipsi proferunt, Andworp.

Qui est d’Anuers, Antverpianus.

Annuicter, Mettre à la nuict, Atarder aucun iusques à ce qu’il soit nuict, Ad noctem vsque remorari aliquem.

Anxieté, Anxietas animi, angor, angoris, Æstus.

AO

Aorner, Cerchez Orner.

Aoust, m. Monosyllabe, vient du Latin augustus, & tantost signifie le mois de l’année ainsi nommé, Mensis Augustus, Selon ce on dit, Donné à Paris le 10. d’Aoust. Et tantost le temps de la moisson, soiage & engrangement des grains, qu’on dit ailleurs Metiues, à metendo, Messis, Selon ce on dit, I’ay fait mon Aoust, Messem absolui, & cela se dit ainsi, par ce qu’en ce mois là les metiues sont en leur force, & se paracheuent.

Aouster, trisyllabe, acu. Signifie ores faire l’Aoust metere, & est act. ores secher & meurir quelque chose que ce soit pullulat de racine, soient fruicts, soient herbes, & est neutre, Selon ce on dit, voila vn fruict qui aouste bie, c’est à dire, lequel a le Soleil à gré pour bien secher & meurir, qui meurist bien. probè belléque maturescit, car la deuë maturité & cueillete des fruicts, est quand ils sont bien cuicts & essuyez au Soleil. le defaut de quoy les fruictiers & cidriers reparent par les faire suer en gros tas apres qu’ils sont cueillis & mis aux greniers, qui est ce que le Maceau appelle Migeoller, on dit aussi au passif, voila vn fruict qui est bien Aousté, qui probè maturuit.

Aousteron, m. acut. Trisyllab. est celuy qui se louë à soyer les bleds, Messor, Et est ainsi appelé pour la raison dite au mot Aoust, voyez Aoust.

AP

Aparier, voyez Apparier.

Apart, voyez Part, Seiunctim. Chacun à part soy, Se quippe quisque se instruat, ex Liu. lib. 23. Pro se quisque.

Apennin, Apenninus, C’est la montagne qui s’estend tout au long & par le milieu d’Italie. Elle commence à Gennes, & cōtinuë iusques en Sicile : mais le dos de sa cambrure va regardant la mer Adriatique ou Venitienne, & le dedans de ladite cambrure regarde la mer Tyrrhene.

Appast, Apaster, voyez Appast.

Apentis voyez Appentis.

Aperitif, ou Deoppilatif, Obstructiones apperiendi vim habens, Oppilationes discutiendi facultate præditus.

Apert, Apertise, voyez appert, & appertise.

Apertement, Apertè, Enucleatè.

Apertement courroucez, Non dissimulanter irati, Apertè dolorem ferentes.

Dire apertement & franchement, Testari apertè, palámque dicere.

A peu de gens, Paruo comitatu, Paucis asseclis, à petite compagnie : comme, Le Roy marche à peu de gens : l’opposite est, A grande compagnie.

Aphrodille és boutiques des Apothicaires ainsi nommé par corruption de langage, Asphodelus, Hastula regia.

Aphrodille masle, albicus, Aphrodille femelle, Hastula regia, pource que quand elle est en fleur, elle a la vraye figure d’vn sceptre royal.

Aplanir, voyez Applanir.

Apocalypse, ou reuelation, Apocalypsis.

Apocryphe, Apocryphus, arcanus, Occultus.

Apointer, voyez appointer.

Apologue, Apologus, fable morale, quales sunt Æsopi fabulæ.

Apologie, Apologia, Defensio, Purgatio, dicitur & apologismus Ciceroni.

Apoplexie, Stupor corporis, Insensibilitas stupidæ mentis, Apoplexia,

Apostasie, Apostasia, Defectio.

Apostat, Apostata, Desertor, Transfuga, C’est proprement vn gendarme qui laisse son rang, faussant la foy promise à son capitaine, Qui abscedit ab eo quod tuendum suscepit, On dit vn Moine apostat qui abbandonne & iette le froc.

Apostater, Apostatare, comme dit Cypriain, Deficere.

Aposteme, voyez Apostume.

Aposter, voyez Apposter.

Apostre, Messagier, ou Embassadeur, Legat, Apostolus, , id est, missus.

Apostres & lettres que le iuge, duquel est appelé, baille à l’appelant addressans au iuge par deuant lequel ressortit l’appel, Dimissoriæ literæ, Libelli dimissorij.

Apostume, ou Aposteme, Apostema, Bubo, Collectio, Suppuratio, Vomica.

Apostume meure, Abscessus.

Apostume qui vient enuers l’oreille, Parotis, parotidis.

Apostume qui vient sous la gorge à cause de quelque mauuaise eauë qu’on a beuë, Escrouelles, Struma, strumae.

Vne maniere d’apostume dont ce qui degoutte est comme miel ou cire, Meliceris, meliceridis : vel meliceria, meliceriæ.

Apostumer, & meurir, Suppurare.

Qui fait apostumer & meurir, Supputatorius.

Qui est apostumé, Suppuratus.

Apoticaire, Pharmacopola.

Apoué, Semble qu’il soit dit ab, à, priuatiua particula, quasi edendi potestate priuatus, nimirum prae nimia saturitate.

Apozime, mot familier aux medecins & apothicaires, Apozema, apozematis, άπόζεμα, en Latin Decoctum, en François, Decoction.

Appadi, voyez Angori.

Appaiser, quasi ad pacem adducere.

Le bruit & le tumulte est appaisé, Tumultus conticuit, Liu. lib. 22. Sedare seditionem, Idem, Ibid.

Appaiser & addoucir aucun, Pacare, Complacare, Lenire, Mitigare, Pacificare, Placare, Propitiare & Propitiari, Sedare, Resedare, Tranquillare, Mulcere aliquem, Aliquem propitium facere, Conciliatum animum alicuius reddere, Sedatum afferre, Incensum restinguere, Tranquillum ex irato facere.

S’appaiser, Desaeuire, Remollescere, Requiescere, Iracundiam reprimere, Remittere iracundiam, Iras mollire, vel minuere, Contundere iras.

Acheuer d’appaiser, Perpacare.

Chose par laquelle on appaise l’ire de Dieu, Placamen, siue Placamentum.

Pour appaiser l’ire de Dieu, Ad auerruncandam iram Dei.

Aisé à appaiser, Placabilis.

Quand vne personne est aisée à appaiser, Placabilitas atque clementia.

Qu’on ne peut ou qui est difficile à appaiser, Implacabilis.

Qu’on ne peut appaiser, & qui demeure obstiné contre vn autre, Inexpiabilis.

Il n’est pas poßible de l’appaiser, quelque priere qu’on luy face, Nullus locus preci.

Douleur qu’on ne peut appaiser par quelque consolation qu’on donne, Vix consolabilis dolor.

Quand ie le veux appaiser, ie luy resiste fort & ferme, & le blasme, Cùm placo, aduersor sedulò & moneo.

Ils s’appaiseront plustost si tu te purges enuers eux, Teipsum purgare ipsis coram, placabilius est.

Appaiser de belles paroles, Lenire, siue Mollire hominem.

Appaiser l’ame & l’esprit d’aucun qui n’estoit à repos, comme croyent les fols Gentils, Iusta alicui facere.

Appaiser l’ennemy, Placare hostem.

Elle s’appaisera, Missam iram faciet.

Voyant qu’il ne s’appaisoit aucunement, & ne faisoit fin à son courroux, Cùm modum iræ nullum faceret.

Appaiser le peuple, Compescere tumentes populos.

Il appaisera son pere, & le conduira à faire ce qu’il voudra, Facillimè patris pacem in leges conficiet suas.

Appaiser quelqu’vn qui est courroucé contre vn autre, Recolligere alicuius animum, qui est in alterum offensior.

Appaiser vne sedition, Comprimere seditionem.

Appaise toy, Iracundiam reprime, Omitte iracundiam.

Quand il fut appaisé, Quum irae resedissent, Quum tumor animi resedisset.

Chose propre à appaiser douleur, Fomentum.

Medicamens qui appaisent la douleur en faisant dormir, Anodyna, anodynorum.

Les vens s’appaisent, Cadunt venti.

Appaisé, Placabilis, Pacatus, Placatus, Pacificatus, Sedatus.

Ils sont appaisez enuers moy, Placatis his vtor.

Appaisement, Placatio, Pacificatio.

Appaisement de l’ire de Dieu par sacrisices ou autrement, Procuratio & expiatio, Placamen, Placamentum.

Appaiseur, Pacator, Pacificator.

Appanager, Peculio, as, peculiare, B. voyez Appennage.

Tenus en appanage, Profectitia, Fiduciaria, Fiducia contracta, attributa, B.

Apparceuoir, Cerchez Apperceuoir.

Appareil, Apparatus, Instauratio, Instructus, huius instructus, Paratus, huius paratus, Præparatio, Apparatio.

Appareil solennel, Pompa.

L’appareil & apprest du triomphe, Triumphi instrumentum.

Appareil de Cour, Aulicus apparatus.

Appareil de guerre nouuelle, Comparatio noui belli.

Grand appareil où il n’y a rien espargné, Somptueux & magnifique, Magnificus apparatus, Persicus apparatus.

Grand appareil de viandes & de grand coust, Dapes.

Par grand appareil, Apparatè.

Haut appareil en cas d’armurerie est l’armure de toutes pieces de l’homme d’armes auec la grande piece ou plastron.

Appareiller est faire preparatif & prouision de quelque chose à certaine fin, Preparare comparare, Appareiller aussi est conditionner & faire cuire la viande pour le repas, Selon ce on dit vne viande estre bien appareillée, qu’ad elle est bien assaisonnee de cuisson, de sel & autres choses pour le goust. Appareiller aussi signifie armer, comme le cheualier s’appareilla, c’est à dire s’arma, des pieces de son harnois, & ainsi en vsoient les anciens, dont vient ce qu’on dit encores haut appareil, qui est l’armure de l’homme d’armes.

Il y a trop à faire à l’appareiller, Operosa culina coquitur, B.

Appareiller le banquet, Conuiuium aptare, vel Instruere.

Appareiller lieu pour espier, Locum insidiis instruere.

Appareiller nopces, Nuptias exornare.

Appareiller vn soupper, Coenam instruere, Cœnam parare vel Apparare.

Estre prest & appareillé, Paratum esse. Expeditum esse, In expedito esse, Præsto esse.

Qui tant d’ans a esté prest & appareillé d’aider au peuple Romain de tout son esprit, labeur & loyauté, Qui tot annos ingenium, laborem, fidem suam populo Rom. promptam expositamque præbuerit.

Auoir tout prest & appareillé, Habere in promptu.

I’ay tout prest & appareillé, Ornata cuncta habeo.

Apparemment, Apparence, Apparent, voyez Apparoir.

Apparenté, Vn homme biē apparenté, Amplissima cognatione vir.

Apparenter aucun, Dire qu’il est de nostre parenté & l’appeler nostre parent, Cognatum agnoscere.

s’Apparessir, c’est deuenir paresseux, Dare se desidiæ.

Apparfondir vn fossé, c’est le faire plus parfond, le creuser d’auantage, Fossam altiùs deprimere vel profundiorem facere.

Apparier actiu acut. Compose de ad & parier inusité en ceste signification (car parier à aucun est gager à luy, Certare pignore) & signifie rendre & faire pairs deux ensemble, soit en forces, dignité, sçauoir, ou autres choses ainsi que Virgile dit en sa 7. eglogue, Et cantare parens & respondere parati, Pares componere, parem pari conferre, committere, pares cum paribus congregare, Mais Apparier est se ioindre le masle auec sa femelle pour faire des petis, & vient non pas de pair qui signifie pareil, ains de pair, qui signifie couple, ainsi qu’en La-


tin par boum, Tardif au chap. 2. de la premiere partie de sa fauconerie, Au temps que les oiseaux sont en amour, & s’apparient pour faire generation, Dum operam pullis, copulantur ac coniunguntur ad exercendam venerem, Ce qu’on dit aussi coupler, tout ainsi que les veneurs en fait de loups & louues disent alligner, & tenir le rut en cas de cerfs & biches.

Amour les apparioit, Amor eos coniugabat, vel coniungebat, Copulabat.

Appariteur, ou sergeant, ou huissier, Apparitor.

L’office d’vn appariteur, Apparitio, Apparitura.

Appariteur aucunes fois signifie autant que Bourreau.

Apparitoire, f. penac. Est l’herbe que les Latins nomment parietaria, dont le dit mot François est fait par corruption & a ce nom parce qu’elle viet & leue sur les murs qui en Latin sont appelez parietes, murs, Astericum, Siderites, sideritis, Perdicium, Vrceolus, Gomme de l’apparitoire, Acanthice, acanthices.

Apparoir, ou Apparoistre, Parêre, Apparere, Comparere, Prominere.

Apparoir par dessus, Supereminere.

Apparoir hors, Extare, Eminere.

L’isle s’est apparuë & monstrée, Emersit è mari insula.

Auant qu’il apparust aux iuges du fait, il fut condamné, Ante quàm planè constaret, condemnatus est.

Les lettres n’apparoissent plus, Nec iam ampliùs vllae apparent literæ.

Faire apparoir vne chose & monstrer, Arguere.

Fay apparoir & monstre que tu es homme de bien, Vince virum bonum esse te.

Fort apparent & notoire, Perinsignis.

Les plus apparens d’vne ville, Lumina ciuitatis.

Apparoissance & apparence de valeur ou de vice qui reluit en ieunesse, Indoles.

L’apparoissance de quelque chose qui passe outre vne autre, Extantia, extantiae, Eminentia, eminentiae.

Apparence, Significatus, Significatio, Visus, huius visus, Specimen, Indicium.

Il y a peu d’apparence, Parum speciosa criminatio, B.

Apparence & enseigne restant de quelque chose, Vestigium.

Apparence de gloire, Species gloriæ.

Grande apparence de verité, Probabilitas.

Il y a grande apparence, C’est grand signe, Magnum signum.

Petite apparence de ceste grande ville qui éstoit autresfois, Magnæ quondam vrbis tenue vestigium.

Les dauphins n’ont aucune apparence qu’ils ayent aucun flairement, Olfactus vestigia non habent delphini.

Quelque apparence d’edifice, Instar quoddam operis.

De quelle apparence & stature est l’homme ? Qua facie homo est ?

L’homme est de sa nature de plus grande apparence, & plus honorable, que la femme, Maior dignitas est in sexu virili.

De premiere apparence, Prima specie.

Ville d’apparence, ou de belle apparence, Praeclara in speciem.

Afin que nulle apparence de iugement restast, Ne quod iudiciorum esset vestigium.

Il a apparence d’honnesteté, Habet speciem honesti.

Monstrer apparence, Speciem atque opinionem praebere.

Apparemment, In speciem.

Apparition, Apparitio, Epiphania, Phasma, phasmatis.

Appartenir, Il appartient, Pertinet.

Cela appartient à la Republique, Pertinet ad Rempub.

Il appartient à ce lieu là, Pertinet eôdem.

Tu demandes ce qui t’appartient, Pro tuo iure oras.

Qu’appartient-il, &c. Quid attinet, &c.

Comme il appartient, Dignè, Condignè.

Cela se fait là où on ne vit pas ainsi qu’il appartient, Hoc ibi fit, vbi verè non viuitur.

Il appartient bien, Æquum est, Consentaneum est.

Il luy appartient d’estre riche, Eum decet opulentia.

La chose a esté baillée à celuy à qui il appartient, & qui en est digne, Rectè collocata res, & in loco posita fuit.

Il ne t’appartenoit pas de le faire, Indignus qui faceres.

Tu as fait chose qui ne t’appartenoit pas de faire, Non te dignum fecisti.

Appartenans à homme de telle vertu que tu es, Dignam virtutis tuae curam suscepisti.

Ie pense que tu n’appartiens en rien à ceux-cy, Non esse horum te arbitror.

Cela luy appartient, On luy attribue cela, Proprium est eius.

Appartenant au fait de l’adoption, Adoptiuus.

Appartenance d’vn chacun, Proprietas.

La maison & ses appartenances, Domus & quae domui cedunt, Vlp.

Cest homme est de nostre appartenance, c’est à dire de nostre parenté.

Appast, Sagina, Esca, Illicium, Semble qu’il vient de Pastus.

Appaster, Saginare, Inescare, Qui sont deux differentes significations, Appaster, quasi ad pastum allicere, vel pastu allicere. Appasteler, Cibum manu ad os afferre.

Elle appastelle ses petis l’vn apres l’autre, Alternat cibum.

Appouurir, act. acut. Qu’aucuns escriuent Appaouurir, retenans la voyele A, de ce mot Latin pauper, dont il est prins, & changeans la voyele v, en o, & p, en v consone, & par transposition (qu’on dit Metathese) de la consone R, deuant la voyele E, & autres Appaourir, par o au lieu de Au, est faire & rendre autruy paouure, Depauperare, comme, La guerre l’a appaouury, Bellum ad paupertatem illum adegit, voyez Apourir.

Appeler aucun, Accire, Arcessere, Ciere, Citare, Clamare, Euocare, Excire, Nominare, Vocare, Clamore aliquem flagitare, Et appeler aucun, c’est le semondre au combat, Il l’a appelé, Denuntiauit illi duellum, ad duellandum vocare, prouocare ex Liuio, lib. 23.

Appeler aucun à haute voix, Inclamare.

Appeler aucun qui est plus haut que nous, Deuocare.

Appeler aucun pour entrer, Introuocare.

Prendre & appeler aucun pour se defendre, Adoptare.

Appeler aucun par son nom, Aliquem nomine vocare, Appellare nomine, vel nominatim, Citare aliquem per nomen.

Appeler plusieurs ensemble, Conuocare.

Appeler les lettres, comme font les petits enfans, que aucuns dient Eppeller : c’est les nommer chacunes par son nom, Appellare litteras, Contexere literas, B. ex Quintiliano.

Appeler aucun de trahison, Proditionis accusare, vel accersere. Il appelle Triamor de trahison, touchant la mort de Sadom. Ie suis venu icy pour me defendre d’vn dont ie suis appelé pour la mort de Sadom, hoc est, d’vne accusation. Syrie c’est le chef de Amorant qui de trahison m’appeloit, maintenant est vaincu come faux appelant. Guy de Warich.

Appeler à faire quelque chose, Ad consultandum aduocare.

Comme te dois-ie appeler ? Quem te appellem ? B. ex Cic.

Appeler à manger, Ad coenam euocare.

Appeler à part, Seuocare.

Appeler à soy, Aduocare, Accersere, Concire.

Appeler à garant, Appellare authoritatis praestandae nomine.

Appeler à son secours, Inuocare, Implorare.

Appeler Dieu à son aide, ou tesmoignage, Testari Deum, Appellare Deum.

Appeler vn ou plusieurs à tesmoings, Contestari.

Ie vous appelerois en tesmoignage, Vestram etiam conscientiam implorarem.

Ne vis-tu iamais appeler en iugement en matiere d’iniures ? Cedo dum, au vnquam iniuriarum audisti mihi scriptam dicam ?

Appeler aduocats, Canere classicum forense ad limen Curiae.

Appeler formellement à la Cour, obmis le moyen, Protinus in Curiam ius petere, Curiam protinus appellare.

Appeler les scedules ou congez & defauts, Inclamare nomina desiderata corum qui prouocatores & qui prouocati erant, Inclamare nomina actorum & reorum desiderata, Eremodicia & commeatus iudiciales inclamitare.

Appeler les defauts, Vadimonia vel iudicia deserta recitare.

Appeler la cause, Inducere causam vel cognitionem, B. ex Plinio iuniore.

Appeler les causes, Nomina citare, Causarum nomina citare.

Appeler du rolle, Nomina voluminis recitare.

Appeler quelques causes qui ne sont pas du rolle, Extra ordinem recitare aliqua nomina.

Auoir mal appelé, & releué en la Cour, obmis le moyen, Curiam perperam & praeterito foro proximo appellasse.

Les parties ont respectiuement appelé, Vltro citróque Curia appellata, vt vtrique fuit consentaneum.

N’auoir pas appelé ilico & n’en estre point releué, Longo interuallo appellasse, nec veniam temporis impetrauisse.

Estre releué de n’auoir appelé ilico, Ad seram prouocationem admitti venia diplomatis.

Mal iugé bien appelé, Rectè atque ordine prouocatorem prouocasse, iudicémque vnde erat prouocatum, nec iure, nec legibus iudicasse.

Bien iugé, mal appelé, & l’amendera, Rectè atque ordine iudicatum, temeréque prouocatum, adiecta statæ mulctæ clausula.

La Cour dit qu’il a esté mal appelé par l’appelant, & l’amendera, Curiae visum est, Curia censuit appellatorem temerè ac perperam Curiam appellasse mulctám que commisisse.

L’appelant, Reus prouocationis, Prouocator.

L’appelant est tombé en desertion, Appellator appellatione cecidit, & tempore exclusus est.

Faire adiourner l’appelant en desertion d’appel, Arcessere prouocatorem prouocationis pro derelicto habitae, Prouocatori diem eremodicij dicere, Denuntiare eremodicium prouocationis, Vadari vt desertorem.

Appeler la chose du nom qui luy appartient, Ad verbum rem attingere.

Saluer aucun en l’appelant pere, Patris appellatione salutare alique.


Appeler & faire venir, Faire amas de ieunes compagnons d’Italie, Excire iuuentutem ex Italia.

Appeler le peuple, faire cri & commandement que chacun ait à prendre les armes, Vocare ad arma.

Ils t’appellent sage, Te sapientem appellant.

Appeler & faire assembler le college des preteurs, Collegium praetorum adhibere.

Appeler pour estre Roy, In regnum accire.

Appelez moy Sosia, qu’il aille querir Blepharo, Euocate huc Sosiam accersat Blepharonem.

Di luy que ie l’appelle, Voca illum verbis meis.

On appelle à laner, Accersitur lauatum.

Qui est-ce qui m’appelle ? Quis me nominat ?

Veux-tu que ie te l’appelle ? Vin vocem huc ad te ?

Si tu l’eusses appelé ou huché, il t’eust respondu, Si appellasses, respondisset nomine.

Celuy qui est appelant, Appellator.

Appeler par deuant le iuge superieur, Prouocare.

Appeler d’vn iuge à vn autre, Appellare.

Appeler en iugement, Appellare aliquem de causa aliqua.

Appeler quelqu’vn en iugement, & l’ouir sur la taxation, Aliquem appellare in litibus aestimandis.

Qui appelle & huche, Euocans.

Elles viennent sans appeler & hucher, Veniunt inuocatae.

Qui va appeler & querir vn autre, Accersitor.

Appelé, Accitus, Accersitus, Vocatus, Euocatus.

Appelés ceux qui pour ce seront à appeler, Adhibitis & euocatis, quos adhiberi & euocari ius & aequum esse videbitur.

Appel deuant aucun iuge, Appellatio ad aliquem iudicem.

Appel au iuge superieur, Prouocatio.

Causes d’appel, Certamen prouocatorium, Controuersia prouocatoria, Prouocationum causae.

Lettres pour mettre vn appel au neant, Venia prouocationis circunscribendæ.

Nonobstant appel, Prouocatione sublata.

Sans preiudice de l’appel, Sine captione prouocantis.

Le remede d’appel, Prouocationis aux ilium.

Recourir au remede d’appel, Confugere ad aram prouocationis.

Releuer son appel, Appellationem denuntiare.

Bien & deuëment releuer son appel, Iusta prouocationum implere, Iusta appellatoria rectè atque ordine peragere, Appellationem è formula denuntiare.

Conuertir son appel en opposition par lettres Royaux, Prouocationem intercessione mutare, Prouocationem in intercessionem transcribere diplomatis venia.

Renoncer à son appel, Prouocationem remittere, Denuntiatam appellation em postea renuntiare.

Appellement, Appellatio.

Appellement & assemblement, Conuocatio.

Appellation, Appellatio ad aliquem.

Foles appellations, Prouocationes temerè institutae, Prouocationes temerariae, Inconsultae.

Friuoles appellations, Prouocationes frustratoriae, Prouocationes improbae.

Appellation deserte, Prouocatio non exercita.

Appellations interiectées pour fuir & delayer, Appellationes tergiuersatrices.

Appellation mise au neant, Appellatio circunscripta, Antiquata, Inducta.

L’appellation & ce dont est appelé mis au neant, Prouocatio & res iudicata, vride prouocatum erat, circunscripta, Prouocatio de medio sublata, ídque quo de prouocatum est, Prouocatio, & qua de re prouocatum est, antiquata sunt.

Passer outre nonobstant opposition ou appellation quelconque, Nec intercessioni cedere, nec prouocationi cuicunque.

Appellation verbale, ou autre qui se peut vuider sur le champ, Prouocatio extemporalis.

L’appellation a suspendu la iurisdiction du iuge, Prouocatio Iudicis cognitionem diremit, Disceptandi finem fecit.

Appellations ressortissans en la Cour nuement & sans moyen, Prouocationum causæ quæ protinus ad Curiam transeunt.

Appellation en adherant, Appellationes crebræ à capite manantes, & deinceps intercedentes.

Il faut releuer dedans trois mois les appellations interiectées en la Cour, Tribus mensibus prouocationis causas in Curia auspicari, ingredi, ordiri, exercere oportet.

Appendre, Est vn mot propre aux choses qu’on dedie aux Dieux, lesquelles on a coustume de pendre en ceste partie du temple, qui est nommée par les Latins & par les Grecs, Tholus, Appendere, Suspendere, Ronsard en vse, si fait Du bellay, disant ainsi,

Vne vierge chasseresse
Pleurant de laisser le bois,
Append icy son carquois,

Ses traicts, son are, & sa lesse.

Appendre, pour appartenir. Guy de VVaruich : A luy append toute la seigneurie de ce pays. Ie vous vueil reuestir de ceste cité & de toute la seigneurie & honneur, qui y append, pour estre vostre. Nous sommes arriuez en la terre du Roy Argus, à qui append tout le royaume d’Afrique.

Appennage, Fiducia perpetua, aut ad nepotes transiens, B. C’est vne terre & seigneurie que les peres donnent à leurs puisnez, pour en iouyr par eux & leurs hoirs, Duquel mot on vse proprement pour les assignations de duchez ou contez & pays qui sont faites & baillées par le Roy, à ses second & autres puisnez enfans, ou à ses freres. Et estiment aucuns que ce mot appennage, vienne de cest autre Pain, prins en si large signification que Lechem, en Hebrieu, c’est à dire, pour tout aliment de l’homme, Comme de vie viage, de part partage, & sembl ables. Car l’appennage se baille aux enfans de France autres que Dauphin, pour entretenir leur estat & maison.

Appennager, c’est bailler à tels que dit est cy deuant, duché, ou comté, pays, terres & seigneuries pour son entretenement.

Apenner, c’est Appennager, Au second liure d’Amadis 1. chap. Ie me tiendray tresbien appenné d’auoir ce que vous luy auez laissé.

Appens, Faire vn meurtre de guet appens, ou appensé, & de propes deliberé, Subducta & meditata ratione caede perpetrare, Data opera, Dedita opera, Volenti animo, De industria, Ex industria.

Appenser, s’Appenser de sortir, Cogitare de exeundo.

Ie me suis appensé de faire cela, Cogitaui cum animo istuc facere, Subiit animum, Subiit animum cogitatio, Subiit mentem, Mihi venit in mentem hoc facere.

Appentis contre vne maison, Appendix appendicis.

Apperceuoir, act. acut. C’est voir aduiser, choisir, comme, Ie l’ay apperceu venir, Aduenientem vidi, Il est vsité aussi pour se prendre garde de quelque chose, la descouurir, comme, Ie me suis apperceu de la tromperie qu’il me preparoit, Fraudem quam parabat, animaduerti, Il vient de ce verbe Latin Percipere, Et est composé de ad & perceuoir, mais la letre D est transmuée en la semblable à la capitale du perbe, tout ainsi que les Latins disent de adnotare, annotare, adficere, afficere.

Sentir aucunement, apperceuoir & se douter de quelque chose, Sentire, Subsentire, Præsentiscere, Subolere, Odorari, Olfacere.

Qui va en montant sans qu’on s’en apperçoiue, Fallens cliuus.

I’apperçoy, Video.

I’apperçoy que beaucoup ont creu cela, Multos illud aduerto credidisse.

N’apperçois tu point ? Ecquid animaduertis ?

On apperçoit que cela se fait, Spectatur id fieri.

On l’apperçoit, Extat id.

Qu’on voit & apperçoit, Notabilis.

Tellement qu’on l’apperçoit, Notabiliter.

Qui est fort voyat & qu’ou appercoit, comme rouge, & autre chose de haute couleur, Conspicuus.

Si soudainement il vole, qu’on ne l’apperçoit point, Tanta celeritate volat, vt visum fallat.

On apperçoit quelque lueur entredeux, Inter gradus dignitatis fortunaeque aliquid interlucet.

On a apperceu, Il est escrit que, &c. Annotatum est.

As tu iamais apperceu, qu’en quelque chose, &c. Nuncubi sensisti meam benignitatem in te claudier ?

Ie ne t’auoye pas apperceu, Haud aspexeram te.

Ie l’ay bien apperceu, Aduerti hercle animum.

Ie l’ay apperceu par la vieille, Id anus mihi indicium fecit.

Ie l’ay veuë qu’ils n’en ont rien apperceu, Clam iis eam vidi.

On apperceuoit, Aduertebatur.

Apperceuance, Notatio.

Prendre quelque apperceuance, Coniecturam capere.

Les apperceuances y sont, Extant vestigia.

il Appert, Liquet.

Il appert par experience, Apparet rerum argumentis.

Mais s’il appert de cause legitime, Quòd si ratio constiterit.

Il a descrit toutes les raisons par lesquelles il appert & sensuit que, &c. Rationes omnes de scripsit quibus efficitur multis partibus, &c.

S’il vous appert, Iudex esto si apparet fundum Capenatem de quo agitur, &c. B.

Appert, m. acut. C’est viste, isnel & habile, Agilis, celer.

Apertise, fem. penac. Est dexterité, addresse, prouësse, haut fait militaire, fait d’armes, Egregia facinora militaria, Litt. lib. 23. Ce mot est ainsi prins, parce qu’à celuy qui n’ignore rien d’aucun art, discipline & exercice, rien ne luy en est clos, ains luy est le tout ouuert cogneu & en main : on l’approprie aux faits militaires : mais rien n’empesche que le mesme mot ne se puisse employer és autres Arts, disciplines & exercices.

Apertement, aduerb. acut. Est autant que vistement & par agilité, promptement. Nicole Giles en la vie de Charles VII. & tantost & appertement fut rompue la porte sainct Iacques par ceux de ladite ville.

Appesantir, Aggrauare, Degrauare.

s’Appesantir, Ingrauescere.

Faire appesantir & estourdir, Torporem afferre.

Appetisser, Minuere, Diminuere, Imminuere, Tenuare.


Appetisser & amoindrir la cheuance de chaque citoyen, Extenuare census cuiusque ciuis.

I’appetisseray le nombre, Explebo numerum.

Appetissement, Diminutio, Imminutio.

Appetit & conuoitise, Appetitus, Appetitio, Cupido, Cupiditas.

Appetit de manger, Orexis.

Appetit affamé, Auiditas ieiuna.

Appetit desordonné, Appetentia effrænata, Libido.

Ses appetis des-ordonnez sont declairez & descouuers, Libidines eius nominantur.

D’vn appetit desordonné, Libidinosè.

Ceste herbe donne appetit, Incitat auiditatem haec herba, Appetentiam ciborum praestat, Cibi facit appetentiam, Inuitat appetentiam.

Ceste herbe oste l’appetit de vomir, Restringit nauseam haec herba, Coërcet nauseam, Discutit, Inhibet.

A l’appetit d’vne paillarde, Ad arbitrium libidinosæ mulieris.

Vendre à son appetit, Suo arbitratu vendere.

Viure à son appetit & plaisir, Stomacho suo viuere.

Ie mange quand i’ay appetit, Mon estomach ou mon appetit est mon horloge, Ventriculus mihi solarium est, vel pro solario, B.

Viure à son appetit, & ainsi qu’on l’entend, Suis auspiciis viuere, B. ex Virg.

Vne sorte d’aux qu’on appelle Appetis, Ascalonia.

Appeter & souhaiter, Concupiscere, Cupere, Appetere.

Applanieur, m. acut. trisyllabe, voyez Applanisseur.

Applanir, act. acut. Est rendre & faire vny & plain ce qui est raboteux, bossu & montueux, & est composé de ad preposition & planir, inusité, comme si en Latin on disoit adplanare, c’est rendre au plain & à l’egal, Complanare, Æquare, Exæquare, Explanare.

Applanir & faire fort vny, Complanare, Æquare, Exaequare, Explanare, Allæuare, Delæuare, Inæquare, læuigare.

Du costé que les montagnes commencent à s’applanir, Quà se sub ducere colles incipiunt.

Qui n’est point applany ne vny, Inexplanatus, Scaber.

Applanissement, m. acut. Est egalement, Æquatio, Exæquatio, Complanatio.

Applanisseur, m. acut. Combien que ce nom soit commun à tous ceux qui applanissent toutes choses bossues, inegales, montueuses & rabbotueuses, si est-ce qu’il est approprié en particulier à celuy qui auec chardons tirent la bourre lanisse des draps apres qu’ils ont esté reboursez & receu la premiere tonture ou esbarbement des for ces du tondeur, ce que ledit Applanisseur fait, mouillant iceux draps esbarbez de leur plus haute toison, & apres qu’ils sont sechez, leur tirant auec chardons la deuxiesme veleure de la laine dont ils sont tissus, laquelle apres qu’ils sont teints leur est rasée par be tondeur, Aucuns le nomment Applanieur, m. acut. Ce qui est plus pres du verbe François. Car applanisseur tient plus de planities, mot Latin, Complanator.

Applaudir, Applaudere alicui.

Applaudissement, ou Applausement, Applausus, huius applausus.

Applaudisseur, Applausor.

Appliquer, Accommodare, Applicare.

Appliquer son esprit à quelque chose, Appellere animum ad aliquid, Animum alicui rei intendere, Animum adiungere, vel Conferre ad aliquod studium.

Appliquer & faire seruir du sarment à faire vne haye, Sarmenta ad sepem applicare.

s’Appliquer à escrire, Appellere animum ad scribendum.

s’Appliquer à gouuerner la chose publique, Ad Remp. se accomodare.

Appliquer & employer toute sa cure & son soing au profit de la Republique, Conferre curas suas, & quicquid nobis est à Deo datu in Rep.

Il s’applique à Pompée, & ne bouge d’auec luy, Haeret Cn. Pompeio.

Il ne s’applique à rien faire, Nihil agit, Nullis occupationibus est implicitus, Nulla opera molitur.

Prendre ou appliquer à soy, Asciscere sibi.

Qui applique à soy le droit d’autruy, Interceptor litis alienæ.

Application, Admotus, huius admotus, Applicatio, Adpositus, huius appositus, Admotio.

Applommer, Consopire, Obruere somno, Soporare.

Applommé de somme, Sopitus, Soporis grauitate pressus, Oppressus graui somno, Somnolentus, Somno sepultus, Soporatus.

Appointer ou Appointir le bout de quelque chose, & luy faire vne pointe bien aguë, Spiculare.

Qui va en appointant comme vne poire, In mucronem turbinatus, Desinens in mucronem vel metam.

Appointer & conuenir de quelque affaire qui estoit en doute, Transigere, Componere, Decidere de negotio aliquo.

Appointer & iuger vn different, Controuersiam dirimere, litem decidere.

Appointer les parties au conseil, Amplius pronutiare, Re esse consilij pronuntiare, & ad perendini cosessus disceptationem referre.

Appointer par faits contraires, ou en droit, Constituere statum causae, B. ex Cic.

Tascher à appointer les parties par authorité, Interponere authorita- tem suam, B. ex Cic.

Appointé, Decisus, Compositus, Transactus.

Chose appointée, Diiudicata res.

Ils pensoient que la chose fust toute accordée & appointée, Transactum putabant.

Nous sōmes appointez en droict, Iudex disceptatione iuris esse dixit.

Appointement & accord qu’on fait entre aucuns qui auoient esté grans amis, Reconciliatio.

Appointement & traicté de paix faict par certaine solennité entre deux ou plusieurs ayans guerre l’vn contre l’autre, Foedus foederis.

Appointement que baille le magistrat sur l’estat de la possession d’vne chose contentieuse, Interdictum.

Donner quelque appointement, Decretum interponere.

Donner quelque appointement en la cause & sentence interlocutoire, Interloqui.

Donner vn appointement inique & tortionné, Decernere iniuriam.

Appointemens, Conuenta inter litigantes transacta.

Apointement donné par le iuge, Decretum iudicis, Edictum iudicis, Syngrapha iudicialis.

Faire appointement entre aucuns, Componere gratiam inter aliquos, Aliquos in gratiam redigere, Reconciliare.

Faire appointement, Laisser les armes, & s’en aller chacun en son hostel, Discedere ab armis.

Faire appointement auec ses ennemis en faueur de la chose publique, Dimettere iram suam Reip.

Ie feray l’appointement de toy & Lentule, Lentulum ponam tecum in gratiam.

Qui faict appointement & la paix entre aucuns qui auoient esté amis, Reconciliator.

Mettre à neant l’appointement, Edictum circunducere.

Qui rompt l’appointement, Foedifragus.

Appoissonner ou, empoissonner, Piscibus, vel Piscaria, copia instruere.

Table bien appoissonnée, Extructa piscibus mensa.

Estang bien appoissonné, Piscosum, vel Pisculentum stagnum.

Apport, Appulsus huius Appulsus, aduectio.

Vn temple auquel il y a grand apport de gens, Frequentissima ædes.

Apporter, Afferre, Subuectare, Deportare, Deferre, Apportare.

Apporter au proffit de la communauté, Conferre in commune.

Apporter quelque chose par grand force & difficulté, Admoliri.

Bailler à aucun ou apporter dons de tous costez, Dona alicui conferre.

Apporter des pommes en la ville, Mala inuehere in vrbem.

Les viures estoient apportez par chariots, Commeatus subuehebatur.

Apporter par eau, à cheual, par charroy, Aduehere.

Apporter ou amener foison de langage, Verba infarcire.

Qu’on apporte d’Afrique, Quæ ex Africa venit.

Qu’apportes-tu de nouueau ? Quidnam apportas ?

Ie t’apporte, ie te viens raconter d’autres meschancetez qu’il a fait, Fero ad te alia flagitia illius adolescentis.

On auoit apporté telles nouuelles à Rome, Ita Romam erat nutiatum.

Ils vset d’arain apporté d’ailleurs & de dehors, Ære vtutur importato.

Qui est apporté, Allatus.

Qu’on a apporté de quelque estrange pays, Inuectitius.

Apportement, ou Emportement, Deportatio, Aduectio, Aduectus, huius aduectus.

Apposer la main à la poitrine, Apponere manum ad pectus.

Apposer vne marque à quelque chose, Apponere notam alicui rei.

Apposer vne peine à ceux qui rompront l’alliance, Ascribere poe nam foederi.

Iour apposé és lettres, Appositus in epistola dies.

Apposter, & attiltrer vn faux accusateur & calomniateur, Accusatorem, vel calumniatorem apponere.

Apposté, Appositus.

Bailler ou commettre vn iuge ou commissaire apposté, Iudicem quem commodum est, dare.

Appouurir, Depauperare, Pauperem facere, Fortunis euertere.

Appouris, Comminuti re familiari.

Appourissement, Guerre & appourissement de peuple.

Aprecier, Pretiu imponere alicui rei, Pretiu statuere, Indicare.

Apprecier à argent, Adenerer, Adaerare.

Il l’apprecia vn escu, Aureo aestimauit.

Apprehension, Comprehensio.

Apprehension & la conception de nostre entendement, Sensus.

Apprendre, Discere, Addiscere, Condiscere, Comprehendere.

Apprendre par cœur, Animo indipisci, Ediscere.

Apprendre par auant, Prædiscere.

Qui apprend aisement, Docilis.

Celuy ou celle qui apprend d’vn autre, Discipulus, Discipula.

Apprendre d’aucun, Disciplinam ab aliquo accipere.

Chose qu’on ne peut apprendre, Incomprehensibilis.

A qui on ne peut rien apprendre, Indocilis.

A qui on ne peut apprendre la nature du ciel, Indocilis caeli agricola.

Apprendre tout au long & entierement, Perdiscere.

Apprendre l’art, Percipere artem.


Ils meurent en apprenant, Discentes vita deficit.

Apprenant, Condiscens.

Apprins & enseigné, Edoctus, Institutus.

Qui est bien apprins, Disciplinosus, Gell.

Qui n’est point apprins, Indoctus.

Bien apprins & moriginé, Bene moratus.

Qui est bien apprins, qui sçait aller & parler, Vrbanus.

Bien apprins & nourri en enfant de bonne maison, Ingenuè educatus.

Tu as fait icy vn tour que tu n’as pas apprins de ton pere, Pol haud paternum istud dedisti.

Mal apprins & mausade, Barbarus.

Apprenti, m. acut. Dont est tel prouerbe, Nouueau apprenty n’est pas maistre Tyro ac rudis in re aliqua Discipulus.

Apprentissage, Tyrocinium.

Apprentissage d’aduocats plaidans, Tyrocinium oratorum.

Estre au commencement de son apprentissage, Vestibulum artis ingredi.

Donner commencement d’apprentissage, Imbuere.

Faire son apprentissage, Ponere rudimentum aut tyrocinium, Rudimenta tyrocinij deponere sub aliquo.

Qui a fait son apprentissage és lettres, Literis initiatus.

Estre mené à l’apprentissage de quelque science, Deduci ad aliquam disciplinam.

Mettre en apprentissage, In disciplinam tradere.

Apprehender, Apprehendere.

Apprest, Apparatus, Apparatio, Ornatus, Instauratio, Parasceue, Praemunitio.

L’apprest & estat de l’armée quand elle veut donner dedans, Procinctus, huius procinctus.

Apprest du triomphe, Triumphi instrumentu, Triumphi apparatus.

Grand apprest de viandes, Opulentum conuiuium, Epularum apparatus magnificus.

Faire apprest, Apparare.

Faire apprest de guerre, Arma mouere.

Quand il n’y a nul apprest, Inapparatio.

Apprest de nouuelle guerre, Comparatio noui belli.

Faire toutes ses apprestes deuant que de faire quelque chose, Praemoliri.

Apprester, Parare, Apparare, Comparare, Ornare, Adornare, Instaurare.

s’Apprester, Comparare se, Accingere se.

s’Apprester & s’asseurer contre tout ce qui pourroit aduenir, Confirmare se ad omnia.

Appreste toy, Accinge te.

s’Apprester pour fuir, Ornate fugam, Parare fugam.

Apprester vn banquet, Conuiuium aptare, Parare, Apparare, Struere, Ornare & apparare.

Mander à quelqu’vn qu’il appreste le soupper, Indicere coenam alicui, B. ex Suetonio.

Il employe tout le iour à apprester le banquet, In apparando conuiuio consumit diem.

Apprester bois pour la fournaise, Ligna ad fornacem conficere.

Apprester & machiner guerre, Coquere bellum.

s’Apprester pour aller au combat, Expedire se ad praelium, Accingere ad conflictum.

Apprester nauires, Naues expedire.

Apprester le disner, Prandium accurare.

Commander d’apprester le soupper, Imperare coenam.

Apprester verges, Expedire virgas.

Apprester forces viades, Facere opuletu obsoniu, Obsonari copiosè.

Apprester somptueusement viandes, Fercula luxuriosè struere.

On apprestera au matin quelque viande, Manè aliquid fiet cibi.

Cependant qu’on s’appreste, Dum apparatur.

Cependant que la femme s’appreste, Dum se vxor comparat.

Qui appreste & appareille, Instructor.

Que ie sçauoye estre apprestez & appareillez pour l’aduenir, Quae præmuniri iam & fingi intelligebam.

Appriuoiser, c’est à dire, Faire priué, Cicurare, Mansuefacere, Mulcere.

s’Appriuoiser, Mansuefieri, Mansuescere, Cicurari.

Les petis s’appriuoisent, Pulli deponunt ingenia syluestria.

On appriuoise les bestes sauuages par parler à elles, Mulcentur alloquiis ferae.

Qui appriuoise les bestes sauuages, Mansuetarius.

Appriuoisé, Cicur.

Bestes qui sont appriuoisées, Domita & condocefacta animalia, Cicurata.

Approbation, Approbatio, Comprobatio.

Approcher, acut. acti. Dont l’indicatif est approché, composé de Ad & proche, Appropinquare, admouere, accedere, cōme, Approchez de ce feu, Accede ad hunc ignem, Terent. Approcher aussi entre Normans praticiens, c’est, conuenir ou faire venir aucun pardeuant vn Iuge par adiournement. Selon ce ils disent, Faire approcher aucun au bailliage, c’est le faire adiourner à y comparoistre, Vadimonium denuntiare, & Approcher les tesmoins, les faire adiourner & venir à iustice, soit pour deposer ou estre confrontez, lesquels sont dits partant estre re- approchez par celuy contre qui ils sont approchez, quand il les blasme si pertinemment, que leur tesmoignage demeure esuenté, reietté & renuoyé au loing, s’il se peut ainsi dire.

Venir & approcher, Incedere.

s’Approcher, Accedere, Proximare, Afferre se, Pedem conferre.

s’Approcher d’aucun, Appellere ad aliquem.

s’Approcher auec les autres, Coaccedere.

s’Approcher des murailles, Muris succedere.

s’Approcher pres, Propè accedere.

Approcher & apporter quelque chose par grand force & difficulté, Admoliri.

Approcher machines de guerre contre vne muraille, Vineas turrésque agere ad murum, vel appellere.

Garder d’approcher de la maison, Ab aedibus abigere, aut arcere.

Approcher plus pres, Accedere magis.

Approcher bien pres d’estre sage, Ad sapientiam proximè accedere.

Il approche plus pres de folie, Accedit ad maiorem socordiam.

Il approche fort de cela, Ad id quàm maximè accedit.

Il n’approche pas de ceux-là, Il est beaucoup moindre qu’eux, Multum abest ab iis.

Le dixieme mois approche fort, Decimus mensis aduenerat propè.

Il approche d’auoir veuë, Appropinquat vt videat.

Approche toy d’icy, Huc accede.

Approche toy de luy, Congredere actutum.

Ne t’approche point pour me toucher, Ne me attingas.

Le septieme iour approchoit, Dies appetebat, siue instabat septimus.

Les turbes s’approchent, Applicant se turbae.

On ne peut approcher de luy, Aspirare nemo potest ad illum.

s’Approchant, Congrediens.

Plus approchans ou retirans à la nature du gland, Accommodatiores glandium generi castaneae.

Faire les approches, Succedere muris, & ad muros admouere machinas, B. ex Liuio.

Approchement, Propinquatio, Appropinquatio, Admotio, Appulsio, Appulsus.

Approchement du soleil, Appulsus solis.

Approfiter, Mettre ou tourner à profit, & est vn mot composé de ces deux mots Latins, Ad & profectus, huius profectus. Fructum vel vtilitatem ex omni re capere, ainsi l’on dit d’vn sequestre estably en vn benefice litigieux le reuenu de tel benefice fera approfité par vn tiers, comme personne neutre, Au moye & par ce qu’il a promis faire ledit approfitement pour en rendre compte quand & à qui il appartiendra, C’est cueillir & parceuoir les fruicts au profit de celuy des collitigans qui obtiendra au procés.

Qui n’approfitent point ce qu’ils mangent, Atrophi.

Approfitement, m. acut. Est perception & cueillette des fruicts & reuenu de quelque heritage, terme vsité des practiciens és marchés de Picardie & Normandie, voyez Approfiter.

Approfondir, ex Ad & Profundum voyez Aprofondir.

Approfondir le mur de quinze pieds de haut, Perducere murum in altitudinem pedum quindecim.

Approprier, Aptare, Accommodare.

Approché à soy & faire sien, ou maintenir estre sien, & s’attribuer, Sibi vendicare, Sibi assumere & vendicare, Dicere suum, Vendicare suum, Sibi asserere. Sibi asciscere.

Approprié, Aptus, Accommodatus.

Approuuer, Probare, Approbare, Comprobare.

Approuuer vne chose comme bien faite, & la declarer receuable, In acceptum referre, Ratum aliquid habere.

Ils approuuent mon honneur en n’y contredisant point, Comprobant silentio honorem meum.

Approuuer les iuges, Probare iudices.

Approuuer & suyure l’erreur d’aucun, Calculum album adiicere errori alterius.

Approuuer & auoir pour agreable quelque chose, Accipere aliquid.

i’Approuue cela, Ratum mihi est.

Antiochus approuue-il quelque chose de cecy ? Nunquid horum noster Antiochus probat ?

Qu’on ne peut approuuer, Improbabile, Improbum.

Faire tant qu’aucun approuue vne chose comme bien & droitement faite, Probare aliquid alteri.

Qui approuue quelque fait, & l’a fort aggreable, Probator, Approbator, Comprobator.

Faire quelque chose le peuple approuuant & fauorisant, Secundo populo aliquid facere.

Approuué par plusieurs gens d’authorité, Authenticum.

Estre loué & approuué du commun, Probari in vulgus.

C’est vne chose approuuée & receuë, Receptum est.

Approuuement, Approbatio, Comprobatio.

Appurement, m. acut. Est proprement purifiement & vient par composition de Purum Latin, Expurgatio, purificatio, quando aliquid purum ac putum efficitur, Mais en fait de contables, Appurement de conte, est la closture d’vn conte general qui a esté rendu par contes particuliers.



Appuy, Il vient de Ad & Podium, quasi Appodiare, Podium, est-ce que nous disons Puye, ou Appuy, ou Appuye, ou Galerie & Saillie sur quoy on s’appuye pour regarder hors la maison, Fulcimentum, Adminiculum. Fultura, Fulcrum.

Vn appuy fourcheu dequoy on soutient les loges, Cerui.

Vn appuy sortant de la muraille pour soubtenir vne poutre, lequel on appelle corbeau, Mutulus.

l’Appuy de toute l’accusation, Actionis columen.

Auoir appuy d’amis, Valere amicis.

Appuyer, Fulcire, Suffulcire.

Appuyer quelque chose auant qu’elle tombe, Præfulcire.

s’Appuyer & tenir ferme, ou estre appuyé & accotté, Subniti, Inniti.

s’appuyer à quelque chose, Applicare se ad aliquid.

Appuyer la vigne, Adminiculare vitem.

Il s’appuye sur sa picque, Nititur hasta.

s’appuyer au conseil des anciens, Maiorum natu consilio atque authoritate niti.

Appuyé, Fultus, Nixus, Subnixus, B. ex Liuio.

A demy appuyé, Semifultus.

Appuyé contre vn arbre, Accliuis arbori.

Appuyé sur vne femmelette, Muliercula nixus.

Estre couché & appuyé sur quelque chose, Incumbere.

Estre appuyé sur vne picque, Hastæ insistere.

Apres, Post, Posterius, Dein, Deinde, Mox, Postmodum.

Par ordre, l’vn apres l’autre, Deinceps.

Cy apres, In posterum, Posthac.

En apres, Dein, Deinceps, Exin, Tum autem, Porrò, Itémque.

Qui vient apres, Posterior.

Venir apres, Pòst venire.

Vn peu apres, Mox, paulò pòst.

Apres cela, Postea.

Apres ces choses, Iuxta hæc.

Apres le trauail, Ab labore.

Apres desieuner, A ientaculo.

Apres Dieu les hommes peuuent fort aider aux hommes, Secundum Deum homines hominibus maximè vtiles esse possunt.

Apres l’Egypte il n’y a point lieu où il y ait plus de roses qu’en la Champagne, Proxima ab Ægypto Campania est copia rosæ.

Apres toy ie l’aime plus que nul autre, Quum discessi à te, nemo mihi illo charior.

Le plus prochain apres luy, Ab illo proximus.

Le second apres le Roy, A Rege secundus.

Apres auoir dormy, Ex somno.

Apres auoir mis fin & acheué ces choses, His explicitis rebus, &c.

Apres auoir bien attendu, les lettres de Cesar m’ont esté rendues, Redditae mihi iam tandem sunt literæ à Cæsare.

Iette les dets premier, à fin que nous les iettions apres, Iace talos, vt porrò nos iaciamus.

Bien tost apres, Mox.

¶ Apres que, Posteaquam, Postquam.

Apres que Hostius fut rué par terre, incontinent, &c. Vt Hostius cecidit, confestim acies, &c.

Apres que ie ne te trouue point, Vbi te non inuenio, ibi, &c.

Apres que tu seras vne fois sorti, Quum semel exieris.

Apres que ie l’eu ouy, Postquam audiui.

Apres que ie me fu party de toy, d’aduenture ie rencontray Phormio, Vt abij abs te, fit fortè obuiam mihi Phormio.

Vne heure apres, Hora pòst.

Quatre jours apres que, &c, Post diem quartum, quàm, &c.

Cinq iours apres que tu m’eus escrit, Quintò die quàm ad me scripseras.

L’onzieme iour apres que ie fus parti d’auec toy, Vndecimo die postquam à te discesseram.

Vn an apres qu’il fut pour la premiere fois Consul, ie fu né, Anno postquam primùm Consul fuerat, ego natus sum.

Deux ans apres que ie m’en allay d’icy en Ephese, Biennio postquam hinc in Ephesum abij.

Le quinzieme an apres, Annum post quintumdecimum.

Il vint à moy, non pas fort long temps apres, Post haud multo ad me venit.

Que feray ie puis apres ? Quid igitur faciam ?

Mettre apres, Postferre, post habere.

Aprelle, voyez Asprelle.

Apron, voyez Aspron.

Apuril, Cerchez Auril.

AQ

Aquatil, ou Aquatique, Aquatilis, Aquaticus.

Humeur aquatique, Humor Aquatilis.

Vent aquatique & pluuieux, Ventus Aquaticus.

Oiseau aquatique, ou viuant en l’eaue, Auis aquatica.

Aqvilee, ville du domaine des Venitiens, Aquileia.

Aquilin, Aquilinus.

Aquilon, c’est le vent de bise, Aquilo, Boreas.

Aquilonien, Aquilonius, Septentrionalis.

Aqvino, en Italie, Aquinum, sancti Thomæ patria.

Aqvitaine, ou Guyenne, Aquitania.

Qui est d’Aquitaine, ou de Guyenne, Aquitanus, Aquitanicus.

AR

Arabie, Est vn grand pais d’Asie la maieur situé entre Iudée & Egypte. Ceste Arabie est diuisée en trois parties, dont la premiere est dite heureuse, la seconde pierreuse & la tierce deserte : c’est à dire, Arabia fœlix, petrea, deserta.

Arabe ou qui est d’Arabie, Arabs.

Arabesque comme nous disons langue Arabesque, Arabica lingua.

A l’Arabesque, Arabico more.

Terre Arable c’est à dire labourable, Arabilis terra.

Arer, Arare.

Araignée ; & la toile de l’araignée, Aranea.

Araignée qui prend les mousches en ses filets, Araneus muscarius.

Resemblant à la toile d’vne araignée, Araneosus.

Vomissement qui apparoist comme toile d’araignée, Araneosus vomitus.

Arain, Æs, æris.

Arain ramassé, Æs collectaneum.

Masse d’arain, Æs graue.

Qui est darain, Æneus, Ærarius, Æreus.

Qui est d’arain, ou de cuyure, Ahenus.

Couuert d’arain, Æratus.

Pierre d’arain dequoy on fait le leton, l’arain, le cuyure, Chalcitis.

Fait d’arain ou de cuyure, Æreus.

Qui a de l’arain dessous, Subæratus.

Plein d’arain, Ærosus.

Araire, pour Charrue, mot Lionnois, Aratrum.

Araisonner, voyez Arraissonner.

Arbaleste, f. pen. Il semble que l’entier soit Arcbaleste, Arcubalista, Scorpio manualis.

Arbrier d’arbaleste, Scapus.

Noix d’arbaleste, Astragalus arcubalistae, in cuius canaliculo spiculum locatur.

Arbalestrier, Arcubalistarius, ou Balistarius.

Arbitre esleu par les parties, & amiable compositeur, Disceptator domesticus, Arbiter ex compromisso, Compromissarius.

Prendre vn arbitres & s’accorder à luy, Sumere iudicem de re aliqua, Arbitrum capere, siue adhibere.

Se mettre en arbitres, Compromissum facere.

Offrir que le proces se vuide par arbitres, Arbitrium deferre, Ferre iudicem, Causam arbitris permittere, non recusare.

Deux arbitres accordez auec puissance d’en prendre vn tiers, s’il y eschet, Arbitri duo ita lecti, vt si ita res tulerit, tertium sibi cooptent.

Quand l’arbitre donne sa sentence, Arbitrari.

Chose qui est subiette à l’arbitrage de l’arbitre, Arbitrarium.

La sentence de l’arbitre, Arbitrium.

Arbitrage c’est sentence d’arbitre, Arbitrium.

Arbitrage ou compromis, Arbitrium, Compromissum.

Franc arbitre, Arbitrium liberum.

Depuis qu’il fut en son liberal arbitre, Ex quo sui potens fuit, B. ex Liuio.

Arbonne, ou Arben, située sur le riuage du lac de Constance, Arbor fœlix, nunc Arbonna.

Arbosier, m. trisyllab. acut. Arbutus.

Qui est d’arbosier, Arbuteus.

Arbre, m. penac. Signifie en general toute plante de grosses racines, gros tronc escorçu, esleuée en fueillu & escorçu branchage, Arbor, dont il est fait par Methatese.

Arbre franc, est le contraire de sauuage, comme si l’on disoit appriuoisé, & par culture, ou par enter rendu domestique, Arbor cicurata ac mansuefacta, Car cest adiectif franc importe douceur, gracieuseté, souëfueté, & toute amiableté. Ainsi dit on le fruict franc, comme poires, pommes, noisettes franches, dont le contraire est poires, pommes, noisettes de bois ou sauuages.


Arbre d’estrange païs, Arbor peregrina.

Arbre cultiué, Arbor culta.

Arbre d’vne merueilleuse grandeur, Visendæ magnitudinis arbor, Procêra arbor.

Arbre grand & gros à merueille, Amplissima arbor.

Arbre court & bas, Arbor pumilio, nana. Arbre nain.

Arbre de grande estenduë, Patulis diffusa ramis arbor.

Arbre panché, Arbor incurua, cernua, Les branches duquel tournent la pointe en bas (ainsi qu’on tient que font les arbres où aucun malfaicteur a esté pendu) cuius rami sunt deuexi in stipitem.

Arbre fruictier, Arbor pomifera, Fœlix arbor, Frugifera.

Arbre qui ne porte point de fruict, Arbor infœlix.

Arbre qui porte deux fois l’an, Arbor bifera.

Arbre qui porte trois fois l’an, Arbor trifera.

Cest arbre s’en va tout mourant, Arbor hæc syderata est, B.

Cest arbre n’est pas bien hyuerné, Hæc arbor hyeme non alsit, B.

Arbre duquel sortent sourjons, Matrix arbor.

Deuenir & croistre en arbre, Arborescere, Assurgere in arborem.

Cest arbre iette hors & degoutte de la poix, Manat picem hæc arbor.

Le bas de l’arbre pres de la racine, La iambe de l’arbre, Crus arboris.

Escorcer vn arbre, Delibrare.

Arbres qui iettent sur le printemps, Arbores vernantes.

Arbres produisans & iettans rameaux trop abondamment, luxuriantes arbores.

Oster & coupper les principaux bouts & branches des arbres, afin de les garder de croistre fort haut, & pour les rendre plus larges & espez, Decacuminare.

Les arbres iettent trop grande abondance de branches, lasciuiut arbores.

Arbres qui s’abbaissent, s’affaisent & laissent aller, Fluens sylua.

Les arbres portent plus ou moins vne année que l’autre, Alternat fertilitas arborum.

Les arbres iettent leurs racines fort auant dedans terre, Descendunt radice arbores.

Planter des arbres pour seruir aux vignes en lieu d’eschalas, Arbustare.

Arbres esquelles on lie les vignes, & les fait on monter, Maritæ arbores.

Arbres qui n’ont point de vigne plantée au pied, Arbores viduæ.

Les ieunes arbres & nouuelles plantes sont mortes de seicheresse ces iours caniculaires, Afflatae sunt sydere arbores.

Arbre qui ne porte plus, tant est vieille, Defecta senio arbor.

Le bois és arbres qui se peut separer par filamens le fendant, Pulpa, pulpæ.

Ce qu’és arbres & vignes surmonte en croissant apres auoir couppé vne branche en faisant comme vn nombril, Suffragines.

Quand il y a peu d’arbres en vne place, Raritas arborum.

Plein d’arbres, Syluosus, Arbustiuus locus.

Oiseau qui fait son nid és arbres, Auis arboraria.

Qui est d’arbre, Arboreus.

Fruicts d’arbres, Arborei fœtus.

Petit arbre, Arbuscula.

Arbrisseau, Arbuscula frutex.

Lieu où il y a arbrisseaux plantez, Frutetum, vel Frutectum.

Lieu où il y a abondance d’arbrisseaux, Frutetosus locus.

Petis arbrisseaux ne produisans que houssines, Virgultum.

Petis arbrisseaux bourjonnans, Virgulta turgescentia.

Arbrier d’arbaleste, voyez Arbaleste.

Arbuste, Arbustum.

Arc à fleches, Arcus.

Bander vn arc, ou le tendre, Adducere arcum, Intendere, Curuare, lentare, Lunare, Sinuare, Tendere.

Arc bandé, Arcus intentus, vel contentus.

Desbander vn arc, Retendere arcum.

Arc desbandé, Arcus retentus.

En façon d’arc, Arcuatim.

L’arc au ciel, Arcus in nubibus, Iris, Iridis.

Arcs triomphans faits en memoire de ceux qui auoient esté victorieux, Fornices, Arcus.

Marchand qui tient son ouuroir sous les arcs & voutes des lieux publiqs, Fornicarius.

Arcs boutans, Anterides, Erismae, B. ex Vitruuio. Arcus obnitentes, Parastates.

Archer, Sagittarius, Arcitenens.

Archers de la garde, ou du corps, Laterones, Satellites, Custodes.

Arcadie, Est vne partie de la region d’Achaïe en Grece : & ceste Arcadie mediterranée, c’est à dire de tous costez esloigné de la mer, & si est merueilleusement bossuë de montagnes, qui fait que les Arcadiens sont pour la pluspart gardeurs de bestail, Arcadia.

Arcasse, en fait de nauires, est le derriere du gaillard, autrement appelée Culasse du nauire, voyez Gaillard.

Arceau, m. acut. est diminutif. de Arc, petit Arc, Arculus, qu’on dit aussi Arçon, mais ce dernier est approprié au bois courbe dont les selles de cheuaux sont faites, d’où procedent ces manieres de parler, mettre aucun hors des arçons, qu’on dit aussi desarçonner, Aliquem ex ephippio deturbare, & faire perdre à aucun les arçons, & semble venir du verbe Latin Arcere, non de Arcus, voyez Arçon.

Arceler, voyez Harceler.

Arcenal, Armentarium.

Arche, ou Coffre, Arca, Et en matiere de nauires, Arche, est certaine closture ou boite faite entour les escoutilles de la pompe, pour empescher qu’aucune chose ne chocque ou heurte contre ladite pompe, pour laquelle chose plus au clair entendre, voyez Pompe.

Archerot, petit archer, Sagittariolus.

Arche à garder habillemens, Arca vestiaria.

Petite arche, ou coffret, Arcula.

Les arches d’vn pont de pierre, Arcus, Fornices, vel Fornicationes, B.

Edifices faits par arches & piles, Ædificia pilatim extructa, B.

Archer, m. acut. Est vn mot deriué de ce mot arc, & signifie vn qui tire & vse de l’arc, soit en la guerre ou ailleurs, selon ce on dit, L’homme d’armes auoir tant d’archers. Et parce que les Rois & Princes souuerains, & les preuosts de leurs hostels, pour la garde de leurs personnes, ou autrement, se seruoient de gens portans arcs, on dit encores auiourd’huy, Archers de la garde, & Archers du Preuost de l’hostel, & Archers de telle ville, iaçoit qu’ils ne portent plus d’arcs, ains des hallebardes au lieu d’iccux. Et partant au lieu qu’anciennement ils eussent peu raisonnablement estre dits en Latin Sagittarij ou Arcubalistarij, on les pourroit à present appeler hastati, car quant à ce mot Spiculatores, il conuient aux seuls cent gentils-hommes de la maison du Roy portans l’Espieu, & de les dire laterones, ne Satellites, ne custodes, comme aucuns veulent, le premier d’iceux mots n’exprime l’energie du François Archer, le second ne le represente aucunement, & le tiers ne satisfait qu’à ceste adiection de la garde, quand on dit Archer de la garde, voyez Arc.

l’Archer d’vn rebec, ou autre tel instrument, Plectrum, Pectem.

Archidiacre, Curio maximus, B.

Archifs, m. acut. En pluriel (car ne se trouue vsité au nombre singulier) est le lieu où sont gardées les chartres & documens du Roy & de sa couronne, qu’on appelle le Thresor des chartres, Aerarium Sanctius, Bud. Aucuns estimet qu’il viet de ce mot Latin Arca que le François dit Arche, & qu’à ceste cause il le faut escrire Archis, acut. parce qu’en ce lieu là, les titres, lettres, & chartres de la couronne sont tenus dans des arches ou layetes. Autres le tirent de ce mot Grec άρχειον, (duquel est imité ce mot Latinisé, Archiuum, qui fait qu’on l’escrit Archifs) qui signifie aussi ce que Ciceron és oraisons pro Archia poëta, & pro Rabirio, & ailleurs appelle Tabularium, Et Virgile au 2. liure des Georgiques en pluriel populi tabularia, où Seruius note que les actes publiqs estoient gardez en iceux tabulaires, & que Virgile en celle part veut entendre le temple de Saturne, auquel auoit esté aussi le thresor publiq, ce qui sert pour entendre la raison pourquoy le François appelle thresor des chartres, & chabre du thresor, le lieu où les chartres de la couronne sont gardez. Aussi Hesychius & Suidas disent, Archeia estre le lieu où les chartres publiques sont gardez, que les Grecs appellent gardoir de chartres, enuers lesquels άρχɠώται sont les gardes des chartres, ou gardes des Archifs, comme si vous disiez Chartriers, voyez Thresor.

archipel, ou Archipelago, Mare Aegæum.

Architecte, Architectus, architecti, Architecton, architectonis, C’est vn homme de bon entendement qui prend sur soy la conduite d’vn edifice.

Architecture, Architectura, architecturae, Architectonice, architectonices.

Architraue en architecture est comme vn sommier de pierre ou de charpenterie qui se met au dessus d’vn estage pour en continuer des autres en montant, Epistylium.

Arcon, m. acut. Et en pluriel Arçons, sont ces arceaux de bois qui sont aux selles des cheuaux, l’vn deuant l’autre derriere. Ce mot vient de Arceo verbe Latin, & non du nom Arcus, außi ces. Arçons gardent & empeschent que le cheuaucheur ne tombe quand le cheual bondit ou se dresse & cabre.

Arconné, qui est assis entre les deux arçons, dont le contraire est desarçonné, au 2. liu. d’Amad. dont il sentit telle douleur, que ne se pouuant tenir arçonné, il donna du nez à terre.

Ardans, en pluriel. m. acut. Qu’on appelle autrement feuroles, & flambars, & flammeroles, sont certains feux & flammetes erratiques & sautelans (pour laquelle cause on les appelle aussi follets) entour & ioignant les eaues, de dangereuse poursuite, car ils meinent droit aux Riuieres, lacs, estangs & Marets ceux qui les poursuiuent, Ignes fatui & erratici, Il en apparoit quelquesfois aux hunes des galleres & nauires singlans en mer ; & les appelle-on és mers de leuant le feu Sainct Elme, & se monstrent iumeaux sautelans & tremblotans, qui est la raison qu’on les nomme Castor & Pollux, voyez Furoles.

ardenne, La forest d’Ardenne, Arduenna sylua.

Ardillon, m. acut. d’vne boucle, Fibula, Clauus, Stylus, voyez Ranguillon.

Ardoise, Ardosia.

Couuerture ardoisine, ou d’ardoise, Tectum ardosium.

Vne Ardoisiere, Ardosifodina, Metallum ardosium.

Ardre, ou Ardoir, Ardere, Exardere, Inardere, Flagrare, Il ardit le païs, Igne regionem vastauit.

Ardoir de desir, Desiderio aestuare.

Ardant, Ardens.

Ferueur ardante, Igneus feruor.

Ardant & embrasé, Ignitus.

Vin plus ardant, Ignitius vinum.

Estre fort ardant aux estudes, Studiis flagrare.

Fort ardant & bruslant, Feruidus, Praeferuidus.

Qui estes plus ardans & affectionnez que ie ne suis, Qui mihi studio praecurritis.

N’estre plus si ardant au combat, Ardorem pugnae remittere.

Ardeur, Ardor, Feruor.

l’Ardeur du Soleil, Aestus, Soles.

Bailler vne ardeur Ardorem iniicere.

Ardamment, Ardenter, Auidè, Feruidè, Sitienter.

Aimer ardamment iusqu’au mourir, Efflictim amare, Vri.

ardres, ville en la Conté de Guines.

Arene, ou Sable, ou Grauier, Arena.

Menue arene, Arenula.

Grosse arene de quoy on charge les nauires iusques à certaine mesure, afin d’estre plus fermes, Saburra, saburrae.


Chargé de grosse arene, Saburratus.

Qui est d’arene, Arenaceus.

Celuy qui fouille ou tire de l’arene, ou du sablon, Arenarius.

Mortier fait de chaux & d’arene, Arenatum, arenati.

Oster l’arene & le sablon, Exarenare.

Terre areneuse ou sablonneuse, Arenacea terra.

Areneux, ou plein d’arene, Sablonneux, Arenosus.

Areniere, ou Sablonniere, Arenaria, arenariæ.

Arenger, voyez Arranger.

Arer, voyez Arabre.

Arest, voyez Arrester.

Areste de poisson, Spina, Arista.

Areste en massonnerie est ce que Vitruue appelle Femur & les Gres μοιρόζ.

arezo en Italie, Aretium, C’est vne ville en la duche de Florence.

Argent, Pecunia, argentum, les Alquemistes appellent l’argent lune.

Argent trespur & bien affiné, Argentum pustulatum.

Argent monnoyé, Argentum, Nummus argenteus.

Vif argent, Argentum viuum.

Argent duquel on n’a rien osté, Argentum incolume.

Argent assigné, Pecunia attributa.

Argent qu’on a de rente & reuenu, Pecunia vectigalis.

Argent prins à interest, ou perte de finance, Circunforaneum aes.

L’argent qu’on recueille des despouilles des ennemis, Pecunia praedacea.

Argent denié par serment, Pecunia abiurata.

Liberalité d’argent qu’aucun Prince ou grand seigneur fait au peuple, ou à vn particulier, Congiarium.

Argent dequoy on paye les gens-darmes, Aes militare.

L’argent du thresor de la ville, Sanguis ærarij.

Qui destourne l’argent public, Auersor pecuniæ publicæ.

Aduancer argent, Prae manu pecuniam aliquam dare.

Il est vn peu trop aspre à l’argent, Aliquantulum ad rem est auidior.

Amasser argent, Pecuniam conflare, Pecuniam conciliare.

Amasser argent par bon moyen, Pecuniam bono modo inuenire.

Gagner & amasser argent, Pecuniam facere.

Amasser & serrer argent en quelque ville, Ponere pecuniam in aliquo oppido.

Faire argent de quelque chose, Pecuniam ex re aliqua conficere.

Faire de l’argent pour payer ses debtes, Conquirere pecuniam qua aes alienum dissoluatur. Gell. lib. 20. c. 1.

Bailler argent, Numerare pecuniam.

Faire bailler argent par la banque, Nummos alicui scribere.

Faire deliurer argent en qualité de prest, ou autrement, par les mains des banquiers qu’on appeloit anciennement argentiers, Perscribere pecuniam.

Bailler argent à vsure, Occupare pecuniam alicui vel apud aliquem fœnore.

Recouurer argent qu’on auoit baillé en garde, Depositam pecuniam recuperare.

Conferer argent à la soulde des gens-darmes, Conferre tributum in militare stipendium.

Argent contant, Praesentiarum argentum, Numerata pecunia, Numeratio æris.

Vendre ou acheter argent contant, Præsenti argento vendere, vel mercari.

Payer argent contant, Pretium rei emptæ repræsentare.

Croire l’argent d’vn mineur, & l’employer pour les affaires de la chose publique, sous asseurance de la foy qu’on a au peuple, Deponere in publicam fidem pecuniam pupillarem.

Deuoir argent à quelqu’vn, In nummis alicuius esse.

Argent qu’on a recogneu & confessé deuoir, Confessum aes. Gell. ex XII. tab. lib. 20. c. 1.

Despendre tout l’argent public, Ærarium exhaurire.

Despendre & manger son argent, Deuorare pecuniam.

Argent follement despendu, Decoctum argentum.

Donner argent pour faire la despense & les frais, Dare sumptum.

Donner de l’argent à aucun pour le garder de parler d’autruy, Astringere linguam alicuius mercede.

Argent departi & employé à mon gré, Distributum argentum ex sententia.

Employer argent à quelque chose, Locare argentum.

Employer argent à quelque ouurage, Pecuniam in opus conferre, Locare argentum in re aliqua.

On ne sçauroit mieux employer son argent qu’en cela, Sumptus nusquam potest melius poni.

Enuoyer argent par la banque, Permutare pecuniam.

Emprunter argent, Mutuas pecunias sumere.

Emprunter argent à gros interest pour payer vne debte qu’on doit à moindre interest, Versuram facete.

Ie ne trouue point d’argent à emprunter, Argentum nusquam inuenio mutuum.

Choses qui sont pour faire de l’argent, ou pour faire son profit, Promercalia, B. ex Gellio.

Forger de l’argent, Cudere nummos vel argentum.

Ietter & semer argent parmy le peuple, Stipem spargere.
Labourer & seruir pour argent, Merere.

Argent qu’on a gaigné par le labeur de ses mains, Aes manuarium.

L’argent ou autre chose que le maistre baille à son serf pour trafiquer, Peculium.

Nombrer argent, Numerare pecuniam.

Par fraude oster à aucun son argent, Aliquem argento circumuertere.

Ordonner argent pour faire quelques ieux, Ad ludos pecunias decernere.

Ordonner argent pour la soute, ou solde, de gens de guerre, Decernere stipendium.

Prendre argent, Pecuniam accipere.

Prendre argent contre l’ordonnance de la loy, Pecuniam accipere aduersus legem.

Prendre argent à vsure, Pecuniam foenore accipere.

Qui a prins argent pour faire la paix, Numarius interpres pacis & concordiæ.

Accusé d’auoir prins argent, Reus corruptelæ.

Estre fort trauaillé d’argent qu’on a prins à vsure, Foenore laborare.

Prester argent, Copiam facere argenti, Credere pecuniam, Numerare pecuniam, Mutuum argentum dare.

Prier son amy qu’il nous preste quelque argent, Ab amico argentum rogare.

Prester argent à autruy sur la foy & asseurance d’vn autre, Credere pecuniam alicui fide alterius.

Receuoir argent d’aucun, Ferre ab altero argentum.

Receuoir argent d’vne debte, Peruenire ad nummos.

Rendre l’argent à quelqu’vn qu’il nous a presté, Argentum alicui rescribere, Nummos reponere.

Retenir à soy quelque argent, sans dire mot, & sans le rendre à celuy à qui il appartient, Nummos supprimere.

Par finesse tirer l’argent d’aucun, Aliquem argento circumducere.

Tirer de l’argent par moyens, Auferre pecuniam ab aliquo. B. ex Cicerone.

Auoir assez d’argent, Valere à pecunia.

Auoir force argent & ne deuoir rien, In suis summis versari.

Auoir argent contant, Ad manum pecuniam habere. B. ex Vlpiano.

Qui a force argent, Pecuniosus.

Quand on a force argent, Peculiatus.

Qui fait tout par argent, Venalis.

Argent est cause de cela, Facit hoc argentum.

Quand est de mon argent, il n’en fait non plus de conte que d’vn songe, De argento somnium.

Peu d’argent, Mediocris & tenuis pecunia.

Faute d’argent, Numaria difficultas, Argentaria inopia.

Le soing d’auoir argent, Argentaria cura.

Il a faute d’argent, Numaria res eum tenet.

Quand l’argent publicq est court, Angustiæ ærarij.

Peu ou petit d’argent, Modica pecunia.

Ie n’auoy point d’argent, ou L’argent me defailloit, Argentum deerat.

Ie ne sçay que mon argent deuient, Ratio mihi impensarum no constat. B. ex Suetonio.

L’argent se dechet en le fondant, Decoquitur argentum experientibus.

L’argent que ie te vouloy bailler, Argentum quod daturus iam fui.

L’argent qu’on a receu du butin qu’on a vendu, Manubialis pecunia.

L’argent du maistre, Pecunia dominica.

Or meslé auec de l’argent, Aurum argentosum.

Argent qui n’est point mis en œuure, n’en monnoye, Infectum argentum.

Fauce piece d’argent, Numus adulterinus.

Argent mis en sachet, Confiscata pecunia.

Appartenant à argent, Pecuniarius.

Mine d’argent, Argentaria, Argentariæ, Argentifodina, Argentarium metallum.

Argentin, Fontaine argentine, & clere comme argent, Fons argenteus.

Fueille argentine, & retirant à la couleur d’argent, Argenteum folium.

Couleur argentine, Color argenteus.

¶ L’herbe appellée argentine, Thalietrum.

Argenté, Argentatus, Inargentatus.

Argenter, Incoquere.

Argenteux, Pecuniosus.

Vn argentier, & autre ayant charge de manier l’argent de son maistre, Dispensator.

Argentier, office ou estat anciennement vsité, consistant en fait d’argent baillé & prins à interest & vsure, & autres contracts consecutifs : tellement que par le papier des argentiers plusieurs contracts estoient expediez & estoient lesdits papiers authentiques, & faisoient foy comme les instruments passez par deuant les Notaires auiourd’huy, Argentum.

Banque ou boutique d’argentier, Argentaria taberna.


L’argenterie, Vestiarium. B.

Faire le fait, & demener estat d’argenterie, Argentariam facere, sine exercere.

Delaisser à faire le fait d’argenterie, Argentariam dissoluere.

Argentine, ou Strasbourg en Elsats, Argentoratum, Argentina.

Le païs alentour de Strasbourg, Tribotes, seu Triboces.

Argenton, m. acut. Est le nom d’vne ville en Berry, & l’embouchure d’vne riuiere en Prouence, Argentij fluminis ostia. Ptol.

Argier, Royaume & ville en Mauritanie, Argieria, vel Argeria.

Argilier, Aspalatus. Inuenitur in Gallia Narbonensi. Spina est ad paruam arborem assurgens, folio rutae, sed deciduo.

Argille, Argilla.

Gras & gluant comme argille, Argillaceus.

Lieu argilleux, Locus argillosus.

Argot, m. acut. Qu’on dit aussi Ergot (car le François en plusieurs dictions par mignardise de prononciation, met E, pour A, comme Eppeller pour Appeller) est le crochet cornu qui est par derriere la iambe du coq. Calcare galli. On l’appelle aussi Esperon : car en combattant il poind, picque & broche d’iceluy. Ce coq à beaux argots, Longis ac praeacutis calcaribus instructus est. Et, Il est bien argoté, Eximiis calcaribus praeditus est. Ces onglons de derriere en cas de cerfs, cheureux, daims, & semblables bestes rousses, sont appellez os : & en cas de sangliers, traces.

Argoté, m. acut. voyez Argot.

Argoter, act. acut. Est combattre des Argots, Calcaribus decertare, & est le propre des volailles : mais par metaphore se prend pour debattre, Contendere.

Argoteur, m. acut. Qui debat par estrif, Contentiosus.

Argoteuse, f. penac. Contentiosa.

Argoteure, f. voyez Ergoteure & Herigoteure.

Les Argots d’vn coq, Calcaria.

Les argots d’vn porc, Vngues porcini.

Coq bien argoté, Gallus prælongis calcaribus armatus.

Argu, I’ay la teste pleine d’argu, c’est à dire de fascherie. Semble que ce soit à dire de contraires opinions, dont on ne se peut donner resolution, parquoy l’on se fasche,

Tu ne me parle que d’argu, Nil nisi iurgia loqueris.

Arguer, & reprendre aucun, Arguere, Reprehendere.

Arguer, aucunefois signifie autant que irriter & prouoquer à courroux.

Arguer & disputer, Argumentari & disputare, Disserere.

Arguer ad vtramque partem, Vtroque versus fusius disserere.

Argument, Argumentum, Argumentatio.

Argument cauillatoire, Sophisina.

Monstrer par arguments que ce qu’on dit n’est pas vray, Redarguere, Refellere, Argumentis refellere.

Prendre arguments & coniecturer vne chose si l’année sera saine ou pestilentieuse, Coniecturam capere salubrisne an pestilens annus futurus sit, Argumentis deprehendere.

En vsant souuent d’arguments, Frequentatione argumentorum.

Arguments coulourez & n’ayans qu’vne premiere apparence, Argumenta fucata, inani tantùm specie veritatis fallentia.

Arguments concluans, Conclusiones ratae.

Argvs, Selon les Poëtes, estoit homme ayant cent yeux, desquels les quatre vingts & dixhuit veilloient tousiours.

Ari, ou Aride, qui a perdu son humeur naturel, Aridus, Torridus.

Aruc, ou deuenir ary & sec, Arescere, Retorrescere.

Qui sont nez tous ariz sans aucun humeur, Retorridè nata.

Qui est du tout ary, Retorridus.

Aridité & seicheresse, Ariditas.

Arignée, Cerchez Araignée.

Aristolochie, Sorte d’herbe dont en y a de quatre sortes, entre lesquelles sont comprinses les coques de leuant, Malum terrae, Aristolochia.

Arithmetique, Est la science de conter & nombrer, Arithmetica arithmeticae, Arithmetice & arithmetices.

Arithmeticien, Arithmetices peritus.

Arles, ville de Prouence, Arelate, Colonia Sextanorum Plin.

Le païs à l’entour d’Arles, Sallyes.

Qui est d’Arles, Arelatensis.

Armaires, Armarium.

Armaires à mettre liures, Plutei, Fori.

Petit armaire, Armariolum.

Armé, m. acut. C’est vn nom participial adiectif, Armatus. Celuy qui est equippé d’armes pour la guerre, soit de toutes pieces, qu’on dit armé de pied en cap, Cataphractus miles, & vn cheual armé quand il est couuert de bardes, chanfrain & criniere, ou de quelques pieces sans plus, comme, Il estoit armé de picque & corselet.

Armée, f. penacut. Ores est adiectif & feminin de Armé, comme vne femme armée, Mulier armata. Et ores est substantif, & signifie toute l’assemblée & puissance d’vn Prince, Republique ou Capitaine en gens de pied & de cheual, qu’il a mis sur les champs pour guerroyer, Exercitus, comme, L’armée du Roy est bien pres, Haud procul abest Regius exercitus. L’Italien & l’Espagnol ont ces deux mesmes significations sous mesmes mots, disans : Vna donna armata, Et, L’armata de Venetiani. Muger armada, Et, L’armada del Turco.

armenie, Armenia, voyez Anaudule & Mesopotamie.

Armeries, ou Armoiries, Betonica ou Vetonica coronaria. Ce sont Œillets.

Armes, f. & plur. Tantost signifie les bastons de guerre offensifs, que nous appelons Armes offensiues, Arma, comme espées, dagues, poignards, masses, haches, becs de faucon, lances, halebardes, iauelines, arbalestes, hacquebutes, & semblables bastons de guerre. Et vient ce mot de Armus Latin, qui signifie ce que contiennent les espaules & les bras. Estans appelez Arma les bastons que l’homme de guerre portoit pendants ab armis, c. des espaules, par vn baudrier porté en escharpe ou autrement, ainsi que dit Festus. Et la Vierge destinée pour estre, offerte en sacrifice, estant appelée Armata, quand elle auoit la faudiere dé son habit reiettée sur l’espaule en sacrifiant. A cela rapporte aucunement ce que le François dit, endosser le harnois : mais nous vsons de ce mot, si ont fait les Latins aussi, vn peu plus largement, pour toute sorte d’armes offensiues, ores qu’elles ne soient portees pendants de l’espaule. Et Nonius Marcellus traitat de generibus armoru, confond peslemesle les armes offensiues, ausquelles on combat tant de loing que main à main, mettant à neant la difference dudit Festus, entre Arma & Tela mots Latins. En cette signification sont vsitées ces manieres de parler, Il porte les armes, Armatus incedit. Il a bien les armes en la main, Egregiè dimicat. Faire armes, Pugnare, praeliari. Vn fait d’armes, que l’Italien dit aussi, Vn fatto d’arme, pugna, certamen. Les hauts faits d’armes d’vn Cheualier, Fortia equitis facta, & autrement, prouësses. Requeste d’armes, Prouocatio ad duellum. Armes à outrance, Duellum ad internecionem. Officiers d’armes, Qui quae ad arma attinent, officio exequitur, diiudicat. Quels sont les Herauts & Rois d’armes. Le mot est aussi prins pour armes defensiues, qu’on dit habillements de guerre, comme corselets, heaumes, hauberts, mailles, plastrons, & autres pieces de couuerture de l’homme d’armes. Selon cette signification l’on dit, vn homme d’armes, vn cheual d’armes, homme armé, armé de toutes pieces, Cataphractus miles. On prend aussi ce mot pour le blason, enseigne, cognoissance, deuise ou emprinse d’vn gentil-homme, & la raison du mot en cette signification est de ce que telles emprinses, deuises, cognoissances, & blasons, estoient peintes au milieu des escus de guerre (comme elles le sont toutes parts où les armes des gentilshommes sont representées) lesquels pendebant ab armis, ainsi que tous Cheualiers les portent pendants de l’espaule par vne courroye. On les appelle aussi en cette façon Armoiries, Insignia, Dont partent ces phrases cy, gentil-homme de nom & d’armes, Planè nobilis. Les armes de la maison, Insignia gentilitia. Blasonner les armes d’aucun, Insignia enucleare, quid insignia sibi velint explicare. Le seel à mes armes, Sigillum meis insignibus insculptum. Trayner les armes d’aucun, Scutum alicuius insignibus appictum raptare, quod mulctae honorariae ignominiaeque causa fieri est assuetum. Pleines Armes, Insignia simplicia ac sine vlla adiectione. Chef d’armes, celuy qui a droit de les porter, Familiae ac gentis Antesignanus, dont l’opposite est Armes auec brisure, Gentilitia insignia composita, ac cum additamento, quo à simplicibus distinguntur. Sicile Heraut du Roy d’Aragon, en son traité d’armoiries. Alexandre le Grand pour exaucer le nom & la vaillance de ses Capitaines, & auoir vaillants & victorieux combattants, à ce qu’ils eussent plus grand & noble vouloir, hardement & courage sur ses ennemis, leur donna enseignes, bannieres, pennons, & tuniques, selon le hardement, prouësse, & vaillance d’vn chacun. Et sont maintenant icelles enseignes & deuises nommées armes, que portent és batailles & faits d’armes, les Empereurs, Rois, Princes, Cheualiers, Escuyers, & tous nobles gentilshommes combattants, yssus de noble consanguinité. Hagium au traité des Herauts : Et comme se fait à present aux Seigneurs des deuises, nommées armes, que de present portent és batailles & en fait d’armes, les Rois, Empereurs, Princes, & gentilshommes, qui sont de plusieurs couleurs & metaux. Les Agathyrses de nation Scythiens, au recit de Pompo. Mela. liur. 2. chap. 1. peignoient certaines enseignes en leurs visages & personnes, non pas par deuises, ains par aucunes marques qui ne se pouuoient effacer, vsitées en ces marches là, & tant plus aucun estoit d’ancienne race, de tant plus de celles marques il chargeoit son corps, ce qui luy estoit signe de noblesse.

Le present qu’vn General d’vne Armée fait à ses combattants, outre & par dessus leurs gages & soudes ordinaires, pour les gratifier, Donatiuum.

Fauces armes, Adulterinum gentilitiæ vel stemmaticæ parmæ argumentum.

On leur a osté les armes, Armis exuti sunt. Liu. lib. 23.

Armes offensiues & defensiues, Oppugnantia arma & repugnantia vel propugnantia.

Faits d’armes, sont prouësses & vaillances d’vn Cheualier en combattant. Ainsi dit on, les hauts & grands faits d’armes d’vn tel, Ingentia bellica facinora, Fortia facta bellica. Ainsi dit on, faire armes. c. actes de grande Cheualerie. Au 3. liur. d’Amad.

Faire armes à outrance, c’est combattre dans lice, à glaiues esmolus iusques au mourir ou au rendre, soit d’vn à vn, ou de plusieurs à plusieurs. Et Messire Thomas Duc de Clocestre, Connestable du Roy Richard d’An-


gleterre, escriuant les loix, establissements, & coutumes des combats en camp clos, ou dans lices, donne ce tiltre à vn memorable combat à outrance, qui se deuoit lors faire pardeuant ledit Roy, comme aussi le combat en camp clos entre Reoul de Grono appelant, & Oste de Granson defendant du 20. Septembre, l’an 1411. Est ainsi inscrit, Armes faites à outrance par deuant le Duc de Bourgongne.

Prendre les armes, Arma capessere, capere, sumere. Cic. Quintil. Tacit.

Estre en armes, In armis esse.

Estre en armes au camp prests tous les iours de combatre, In acie stare.

Né aux armes & à la guerre, Bellicosus.

Maistre en fait d’armes, Lanista.

Laisser les armes, & s’en retourner chacun en son hostel, Ab armis discedere.

Mettre ius les armes, Ponere arma.

L’estat des hommes d’armes qui auoient cheual aux despens du public pour aller à la guerre, Equester ordo.

Il a fait prendre les armes, ou mettre en armes, Ad arma concitauit. Liu. lib. 23.

Armes pour armoiries ou escusson, voyez Armoiries.

Qui n’a nulles armes, ou armoiries, Puræ & albæ parmæ familia. B.

Armes pleines, que nous disons plus vsitéement pleines armes, sont celles qui sont sans brisure, & n’appartiennent que au seul chef des Armes, voyez Brisure.

Armer, actiu. acut. Est vestir, assortir d’armes, comme, vous armerez vingt hommes de cheual, viginti æquites armis instrues.

Armer vne nauire de guerre, est le pouruoir d’artillerie, poudres, boulets, affusts, lances à feu, pignates, picques, & autres choses necessaires pour le mener en cours, & à la guerre maritime. Et en l’Imperatif, est vn mot militaire, par lequel on signifie à vne armée, compagnie ou garnison, que chacun endosse & prenne les armes, lequel mot on double pour plus grande acceleration du fait, disant Arme Arme, Quisque arma capiat, & est aucunement different de cest autre mot militaire, Alarme, voyez Alarme.

Armer, Armare.

Armer vn fer de venin, Armare ferrum veneno.

S’armer, Arma induere, Arma capere.

S’armer à l’encontre de son païs, Arma contra patriam ferre.

Armé, Armatus.

Se tenir tous armez, In armis stare & morari.

Gens de guerre armez de toutes pieces, ou de pied en cap, Milites cataphracti.

A demy armé, Semiermis.

Qui n’est point armé, Inermis.

Armée, Copia, Exercitus, Acies.

Armée de gens de pied, Pedestris exercitus.

Vne droite armée ; Iustus exercitus.

Armée en ordonnance & rangée preste à combatre, Acies instructa.

Armée qui marche, Agmen.

Armée esparse & dissipée, Disiecti milites.

Faire ou mettre sus, & dresser vne armée, Contrahere exercitu, Struere, Cogere.

Armée assemblée, Contractus exercitus.

Armée leuée soudainement, à la haste, brusquement, Tumultuarius exercitus.

Il est entré au païs auec vne forte & puissante armée, Valido exercitu fineis ingressus est. Liu. lib. 23.

Desconfire vne armée, Fundere copias.

Armée desconfite & mise en fuite, Fusa in fugam acies.

Mener vne armée, Ductare exercitum.

Passer son armée outre le Rhone, Exercitum Rhodanum traiicere.

Remener son ost & armée en son païs, Exercitum deportare.

Armée de mer, Classis.

Armée bien en ordre & equippée, Instructæ copiæ.

Armée sans ordre, Agmen incompositum.

A grand’armée, est auec grand’armée, ou menant grand’armée. Nicole Giles en la vie du Roy Philippe de Valois ; Le Roy d’Angleterre vint en France auec bien deux cents nefs sur mer, & à grand’armée descendit à la Hogue Saint Wast. On dit aussi, A tout grand’armée, pour ce mesme.

Armet, m. acut. Est l’habillement de teste de l’homme d’armes.

Armure, Armatura, Armatus, huius armatus.

Armurier, Armifaber, qui forge & fait les armes seruants à couurir la personne.

Armures, Arma, Ce qu’on dit plus communement armes. Les anciens n’vsoient que du premier, dont demeure encores ce mot Armurier, Armifaber. Le Roy pendit ses armures au portail de l’Eglise. Armures est plus singulier en sa signification que Armes, veu que le dernier comprent aussi les bastons de guerre, & les escus mesmes comme se peut voir au 3. liur. d’Amad. chap. 3. & 5. voyez Armurier.

L’armure des iambes & des cuisses qu’on dit proprement les greues, Ocrea, Ocreae.

Armures des ennemis, Hostilia arma.

Vne sorte d’armure qui se met au deuāt de la poitrine, Pectorale, Thorax. Armure à la legere, ou gens de guerre armez à la legere, Leuis armatura.

Armure & harnois d’homme d’arme, ou Compagnie d’hommes d’armes, Grauis armatura.

Armignac, Le pays d’Armignac, Aremici, & Artomici nunc Armeniaci.

Armoiries, Insignia, Insigniorum, Gentilitiæ imagines.

Les armoiries de France, Liliata insignia. Vnd. de Asse.

Armoise, ab Artemisia, sublata secunda syllaba.

armoriqve, f. penac. Est le pays de la petite Bretagne, où habitent les Bretons diuisez en Bretons bretonnants, & Bretons Galos ou Gallois ; qui est du fief & hommage de la Couronne de France, laquelle a esté aussi appelée Læcania, Armorica. Matthieu de VVestmonstier in floribus historiarum : Anno gratiæ quadringentesimo trigesimoquinto Guithelinus Londinensis Archiepiscopus transfretauit in minorem Britanniam, quae olim Armorica & Laecania dicebatur, vt auxilium à suis confratribus postularet. Elle est appelée la petite Bretagne, par difference de la grande Bretagne, qui est l’Angleterre.

Arné, Delumbis, Elumbus, Rectius Erné, quasi Erené, à renibus scilicet fractis : comme si on disoit Erenatus, ainsi qu’on dit Eneruatus. C’est aucunefois le nom d’vn oyseau assez cogneu aucunefois d’vn poisson volant hors l’eau le iet d’vne pierre.

Arner, Delumbare.

Arno, La riuiere de Florence, Aruns.

Aromatique, Aromaticus.

Arondelle, Hirundo, Chelidon, Chelidonis.

L’arondelle bat des ailes, Verberat alas hirundo.

Nid d’arondelle, Nidus hirundininus.

Petites pierres qui se trouuent au ventre des arondelles, Chelidonij.

Arpent, m. acut. Est la grande mesure par laquelle sont mesurées les terres, vignes, prez, bois & autres heritages ; lequel à mesure de Roy contient cent perches à vingt pieds pour perche, à douze pouces pour pied, & à douze lignes pour pouce, ce qui est entendu à perche quarrée. Lequel se partit en deux demis arpents, puis en quatre quartiers, puis en seize quarterons, puis au plus en soixante quatre quartes. Columelle au li. 5. de l’Agriculture, chap. 1. dit que les Gaulois appellent Arepennem, ce que les Latins appellent Semiiugerum, mais ou l’ancienne mesure de l’arpent estoit lors moindre que celle de present, ou ledit Columelle a commis erreur de calcul. Car attendu que (selon l’opinion de Varron, au liu. de l’Agriculture premier, chap. 10.) le Iugerum des Romains & Latins contenoit deux Actus quarrez, & iceluy Actus contenoit six vingts pieds en quarré, c’est à dire en tous sens, le dire du susdit Columelle ne se peut verifier pour establir que nostre arpent soit du contenu du Semiiugerum des Latins & Romains.

Demy-arpent, m. acut. Est vn nom composé de deux entiers, comme demy-homme, & est la premiere partition de l’arpent. Il contient cinquante perches en quarré, Mille pedes quaqua versus. Iugerum.

Demy-arpent, & la moitié d’iceluy, Sesquiiugerum.

Par chaque demy-arpent, Iugeratim.

Les trois parts d’vn arpent de terre, Dodrans arepennis.

Arpenter, act. acut. Est mesurer vn terroir par arpents, & demy-arpents, & autres partitions de l’arpent, Aripenni modo rura metiri.

Arpentage, m. penacut. Est la mesure faite d’vn terroir ou heritage, soit qu’elle soit reduite par escrit, ou non, Modus agri.

Arpenterie, f. penac. Est l’art & science de mesurer les terres par arpents, demy-arpents, & autres partitions de l’arpent, Geometria, Per aripennorum modos mensuratio.

Arpenteur, m. acut. Est celuy qui mesure les terres par arpents, & les partitions d’iceluy, Mensor, Geometra.

Arquebuse, Polydorus en son liure de inuentoribus rerum, dit ainsi : Bombarda vocatur à Bombo, id est, sonitu, qui Graecè dicitur, quidam tormentum aeneum malunt nuncupare. Eius nunc plura fiunt genera, quae variè vulgo nominantur : & vnum illud minimum quo nunc pedites vtuntur, qui factitio nomine sclopus vocitatur. Sclopus enim est sonus ille, qui ex buccarum inflatione, erumpit. Persius, Nec sclopo tumidas intendis rumpere buccas. Sed alio quoque nomine appellatur Arcusbusius, à foramine opinor, quo ignis in puluerem fistula contentum immittitur : nam Itali busium vulgò foramen dicunt, & arcus, quòd instar arcus pugnantibus sit, quippe hodie huiusmodi tormeti vsus in primo statim pugnae loco est, quem olim sagittariis dabant, quum à missilibus praeliari inciperent. Haec Polydorus, voyez Bombarde & Haquebute.

Arquebuse à croc, Sclopus vncinatus.

Arquebuse à main, Manuarium tormentum, Sclopus manualis.

Arquebuse à roüet, Sclopus rotulatus.

Arquebusier, Sclopetarius. sic Itali, qui Escopette vocant, quod nos Arquebuse.

Arquebusiers à cheual, Hipposclopistae.

Vne Arquebusade, c’est à dire, vn coup ou trait d’arquebuse.

Arquemie, voyez Alquemie.

Arracher, de cest infinitif Eradicare, syncopez la syllabe moyenne, re-


stera Eracare. De la vient arracher, pour Eracer, Vellere, Auellere, Conuellere, Deuellere, Diuellere, Euellere, Peruellere, Reuellere, Eradicare, Eruncare, Exradicare.

Arracher & despendre, Deripere.

Arracher & desplanter, Explantare.

Arracher les racines, Extirpare.

Arracher & oster par force, Auellere rem aliquam à fratre.

Arracher & tirer aucune chose d’aucun par force, Exprimere.

Arracher d’entre les bras, Ex complexu abripere.

Arracher d’entre les autres, Interuellere.

Arracher des mains, Eripere.

Arracher auec grand’peine, Abradere.

Arracher vne chose qui tient fort à vne autre, Aliquid ab altero distrahere.

Arracher quelque chose fichée, Refigere.

Arraché, Abrasus, Auulsus, Ereptus, Abreptus.

Arracheur, Auulsor.

Arrachement, Vulsura, Auulsio, Euulsio, Reuulsio.

Arrachement d’arbres, Auulsio arborum.

Arrachement de dents, Euulsio dentium.

Arrager, voyez Enrager.

arragon, Ville & portion d’Espagne, Tarraco : nunc corruptum Arragonia.

Arraisonner aucun, parler à aucun, luy tenir propos, Alloqui quempiam, Conuenire aliquem, Aggredi aliquem dictis, Affari. Liu. lib. 23.

Arraisonnement, Allocutio.

Arranger, Ponere ordine, Digerere, Ordinare, Disponere, Componere.

Arranger son armée sur la mer, & la mettre en estat de combattre, Naues explicare.

Fueilles arrangées l’vne sur l’autre, Disposita folia.

Arraper, Arripere.

arras, Regiacum Ptol. Galliæ Belgicæ vrbs. Vnde Artois quasi Arratois, Attrebates.

Arrenter vne terre, c’est la bailler à rente, Elocare fundum.

Arrentement, ou bail à rente, Elocatio.

Arrerage singul. & arrerages plur. m. penac. Sont restats, termes escheuz non payez de rentes constituées ou autres censiues & pensions, Reliqua. Et vient de arriere, parce que les payements n’ont esté faits au iour qu’ils escheoient, ains iceluy estant passé, sont demeurez en arriere sans estre acquittez. Ainsi dit on payer les arrerages, Reliqua soluere. Franc & quitte de tous arrerages, Solutum reliquis, voyez Franc. Reliqua sont ils appelez au Code, au tiltre Sine cen. vel reliq. fund. comp. non pos. Le droit mot est Arrierages : mais le François le syncope.

Arres, Arrha, Arrhae, Arrhabo, Arrhabonis. Semble qu’il vienne ab Hebraea radice Arab, id est, spopondit.

Laisser pour les arres, Arrhaboni relinquere.

Arresser, Arrigere, Rigere.

Arressement, Tentigo, Priaspimus.

Arrestebœuf, Herbe ainsi nommée, Anonis ou Ononis, Le vulgaire des arboristes la nomment Resta bouis, & aucuns Remora aratri, qui signifie Arrest de bœuf ou de charrue, pource que en labourant, cette herbe de ses racines arreste les bœufs.

Arrester, act. acut. Semble estre composé de ces deux, arriere, & ester (car le François dit ester à droit) comme si l’on disoit, Retro stare, c. gradum sistere. Et est dit arriere ester, parce que celuy qui poursuit son chemin, quand il cesse de marcher outre & suiure sa route, il demeure arriere, eu esgard au progrez du chemin qu’il eust fait s’il ne se fust arresté. Ainsi dit on, Arrestez-vous là ? Illíc ne gressum firmas ? Et la clause solennelle és escritures des Aduocats, & arrests des Cours souueraines, sans s’arrester ne auoir esgard, prend son origine de cela. Car celuy qui s’arreste, muse à ce qui luy est obstacle à passer outre, & y a esgard, c. il y fiche les yeux, & muse entour cela. Ainsi dit on par interrogation reprehensiue, Vous arrestez-vous à si peu de chose ? Réi ne tam nihili rationem habes ? Et la clause vsitée és clausions en main tierce, par exploit d’Huissier ou Sergent, de mesme, qui est, a esté arresté, ou a esté fait arrest entre les mains d’vn tel : d’autant que la chose ainsi arrestée, ne bouge d’entre les mains du gardien, tant que la main souueraine soit ostée & leuée.

Arrester & lier vn furieux, Colligare impetum furentis.

S’arrester, In loco aliquo subsidere, Gradum sistere, Gradum remorari, Resistere.

S’arrester hardiment ou autrement, Consistere, Resistere.

S’arrester en chemin, In via subsidere.

S’arrester tout court, Premere vestigia.

Demeurer & s’arrester en quelque lieu, Morari, Manere, Restare, Interiungere.

Arrester ses nauires en quelque lieu & ancrer, Consistere ad anchoram, vel in anchoris.

Se tenir & arrester en quelque lieu, Prostare, Immorari.

S’arrester & seiourner en quelque lieu, Considere apud aliquem locum.
S’arrester & demeurer en quelque lieu pour quelque temps, Commorari.

Il ne s’est point arresté en aucun lieu, Constitit nusquam.

Qui ne s’arreste point en son lieu, Instabilis.

Vn homme qui n’arreste point en place, Homo instabilis.

S’arrester & demeurer en vne place quelque peu de temps, Subsistere.

Arrester long temps en vne place, Demorari.

Afin que ie m’arreste & demeure en ces lieux là principalement, Vt in iis locis sim potissimum.

S’arrester plusieurs fois sur le chemin, Restitare.

S’il faisoit bon vent nous ne nous arresterions pas en Corcyre, Si essent venti, nos Corcyrae non sederemus.

L’eau s’arreste, Subsistit vnda.

S’arrester en lisant, Spiritum suspendere inter legendum.

S’arrester en quelque lieu en lisant, ou en parlant, S’arrester sur vn propos, Insistere.

Ie ne m’arreste pas peu en cecy, Hoc non in postremis sequor.

S’arrester à des signes, Portentis insidere.

Ie m’arreste à cela, In hoc resisto.

Il s’est fort arresté à cela, Multus in eo fuit, siue in ea re.

S’arrester à faire quelque chose petite & basse pour paruenir à vne plus grande, Gradum ad aliquid facere.

S’arrester à penser choses honestes, Immorari honestis cogitationibus.

Il se faut arrester à ce poinct, In hoc vehementer incumbendum. B. ex Quintil.

Il se faut vn peu arrester, & traiter plus longuement de cette arbre, Insistendum huic arbori paulùm videtur.

S’arrester en quelque opinion, Consistere in sententia aliqua.

Afin que ne nous arrestions en chose clere & manifeste, Ne pluribus moremur in re confessa.

Il n’y a chose sur quoy me sois tant arresté, que de, &c. Nihil magis pressi, quàm, &c.

Ie ne m’arresteray point sur cela qui est de consequence, Illa non argumentabor quae sunt grauia.

Nous nous arresterons icy, Sed haec hactenus.

S’arrester de faire quelque chose, Desistere, Desinere, Cessare.

N’arrester point, Moram nullam facere.

N’arrester point, Faxo haud quicquam sit morae.

Ne t’arreste, ou amuse point à luy croire, Ne insistas huic credere.

Si i’eusse tant soit peu arresté, Paullulum si cessassem, &c.

Qui arrestoit trop longuement en sa chambre, In thalamo cunctans.

Il ne peut arrester plus long temps, Plures dies manere non potest.

Vne pensée qui n’arreste rien, Transuolans animum cogitatio.

Qui s’arreste, Stationalis.

Arrester les bestes, Feras subsistere.

Arrester les bœufs, Boues retardare, vel remorari.

Arrester ceux qui fuyent, Fugam sistere.

Arrester vn homme en sa personne, Iniicere manum homini. B.

Arrester hors de sa main, Abalienare, à se dimittere.

Arreste toy, Sta, Siste gradum, Comprime te.

Arreste, il sort hors, Mane, ipse exit foras.

Arreste toy ie te prie, Asta te amabo.

Arrester en soy-mesme, Apud animum statuere.

Auoir arresté en soy-mesme, Constitutum, statutum habere.

I’ay arresté, pensé, & proposé, Deliberatum est mihi, Constitutum est mihi, Constitutum habeo, Certum est, Destinatum est mihi in animo, Statutum est apud animum meum, Statutum est mihi.

I’ay ainsi arresté en moy-mesme & deliberé, Sic sententia est.

Il arreste de ne faire autre chose que de se tenir en vn lieu, Nihil amplius quàm continere se statuit.

Cela est arresté en moy, que ie me veux battre à Aenée, &c. Stat conferre manum Aeneae.

Pourueu que cela soit arresté en nous de viure ensemble, Modò nobis stet illud vnà viuere.

Il se faut arrester aux epistres de Domitian, Standum epistolis Domitiani.

S’arrester au conseil d’aucun, Stare consilio alicuius, Consilium alicuius accipere.

S’arrester au dire de certain homme, comme estant homme de foy, Authore certo stare.

S’arrester au iugement de quelqu’vn, le croire plustost qu’vn autre, Iudicio alicuius stare.

Arrester & diffinir que c’est Sapient, Statuere qui sit Sapiens.

Estimer & arrester que le souuerain bien est, n’auoir point de douleur, Statuere vel iudicare summum bonum, non dolere.

Estimer & arrester quelle peine aucun doit endurer, Costituere poenam aut supplicium in aliquem.

Arrester quelque propos, Statuere.

Arrester & vuider quelque difficulté en chose de grande importance, Decernere.

Aduiser & arrester quelque conseil ensemble, Inire & constituere consilium.


Arrester vne chose & y mettre fin, Finem alicuius rei statuere.

Arrester auec aucun quel loyer on luy veut bailler, Mercedem statuere.

Il auoit arresté de me bailler auiourd’huy femme, Decrêrat dare se mihi hodie vxorem.

C’est vne chose toute arrestée & pensée, &c. Certum est deliberatumque, &c.

C’est chose toute arrestée, que ie rendray l’or à mon pere, Stabile est, me patri aurum reddere.

Arreste toy & parle à moy, Consiste & colloquere. Plau. Aulula.

Cela est tout arresté, Statutum est.

Tenons pour arresté tout premierement, que nous nous auons en singuliere recommandation, Sed primum positum sit nosmetipsos commendatos esse nobis.

Arrester ce qu’on veut estre fait, sans faire d’auantage, Præfinire.

Vne chose dequoy on n’a encores rien arresté & conclu, Integra res.

Ie n’ay point encore arresté que c’est que ie dois faire, Non certum est mihi quid agam.

Il n’est point arresté, &c. Neque adhuc stat, quo potissimum, &c.

On arresta que chaque Macedonien payeroit trois cents pieces d’argent, Macedonibus treceni nummi in capita statutum est pretium.

Asin qu’on arrestast, & mist-on fin au different dont on se debattoit fort, Vt finis aliquando iudiciariae controuersiae constitueretur.

Demeurer & estre arresté, Hærere in salebra.

Arrestans & demeurans, faillis de propos, Intersistentes offensantésque.

Arresté, Retentus, Coërcitus, Status.

Qui s’est arresté, Moratus.

Cours arrestez, & certains, qui ne changent point, Stati cursus.

Gens de guerre arrestez, & gardans leur place, se tenans en leur lieu, Statarij milites.

Si ce sont maux arrestez, qu’on ne puisse euiter, Si hæc mala fixa sunt.

Arrest, m. C’est ores le iugement d’vne Cour souueraine, Supremae curiæ consultum iudicatum. En laquelle signification aucuns veulent dire qu’il le faut escrire par simpler, comme venant de placitum curiæ, toutefois les Parlements & Cours souueraines n’vsent point de ces mots, Il nous plaist, ou, Car ainsi nous plaist. Vray est que l’equité leur est permise. Et partant Arrest, prins de ce mot Arrester, qui est François, signifie l’extreme closture & fermeture aux appellations & au cours d’vn proces. Et ores, vn exploit & execution de iustice, soit sur la personne, soit sur les biens d’aucun, à ce qu’il ne s’euade, & à ce qu’ils ne soient enleuez : Selon ce on dit, faire arrest en la personne d’aucun, Iniicere manum alicui. B. Et auoir l’Arrest par la ville, i. La ville pour prison, Cui moenia carceris vice sunt praefinita. Et proceder par voye d’arrest, sur les fruits pendants en vn heritage, & faire arrest entre les mains d’aucun, d’aucune chose d’autruy estant en sa main.

Arrest aussi est la piece du harnois de l’homme d’armes, où il affermist sa lance quand se vient à iouster. Selon ce on dit mettre la lance en l’arrest, c’est à dire en cette piece là, à fin que par le rencontre & atteinte du contrecourant elle ne rebute en arriere.

Faire Arrest en la personne d’vn homme, Iniicere manum homini. B.

Arrest pour vne maxime & proposition ferme, Axioma, Dogma.

Arrest & determinance de quelque chose, laquelle apres auoir esté disceptée & débatuë est mise à sin, Constitutio.

Arrest de Noel, Aresta Natalitia.

Aux arrests de la my-Aoust, Arestis Sextilibus.

Les registres des arrests, ou iugez de la Cour, Arestorum libri.

Vieux arrests & ordonnances de la Cour, Decreta Curiae, arestáque exoletae vetustatis.

Es arrests de la Cour, est le Roy parlant, Aresta in verba Principis concepta sunt.

Par arrest, Pro sententia curiae.

Comme par arrest de Cour souueraine, Instar iusti aresti.

Vn terrible arrest, Iudicium vel arestum atrox.

En vouloir auoir arrest de la Cour, Vltima iudiciorum experiri velle.

Prononcer vn arrest de la Cour, Arestum Curiae recitare, Placitum Curiæ pronuntiare.

Il se faut tenir & arrester aux arrests de la Cour, Standum est Curiae authoritati.

Vn arrest signé du Greffier, E libris actorum arestum vel decretum consignatum.

Vn arrest qui n’est point encore leué, Consultum Curiæ nondum editum & expromptum.

Arrest leué en forme du Greffe, Decretum ex actis editum & consignatum.

Arrest ou iugement donné sur le champ, Ex temporale iudicium.

Choses expressement comprinses en l’arrest, Ea quae aresto appellata sunt, Quæ nominatim in iudicio Curiae comprehensa sunt.

Arrest de l’execution duquel sourdent proces les vns sur les autres, Controuersiæ restibilis arestum. Alleguer faucement vn arrest de la Cour, Ementiri Curiae authoritatem.

Alleguer les arrests de la Cour donnez en semblable cas, Citare praeiudicia Curiae, Curiae authoritates in eadem specie vel simili ciere, Proferre authoritates Curiae, Exempla rerum iudicatarum citare.

Qui a eu quelque mauuais arrest, & a perdu quelque gros procez, Fulmine ictus aresti vnius calamitosissimi, Homo aresti fulmine perculsus, Atrocis sententiae procella prostratus.

Destruit par vn arrest donné contre luy, Aresto fulmineo omnibus fortunis euersus.

Vn arrest & toute chose de quoy on retient & arreste-on vne autre, Retinaculum, Mora, Remora, Obex.

Arrest qu’on fait en quelque lieu, Mansio, Mora.

Qui n’a pas grand arrest, Multiuagus.

L’arrest qui engarde quelque chose de passer outre, & l’arreste, Mora, Morae.

Mettre la lance en l’arrest, Hastam inserere in moram.

Vn homme arresté & posé, Hominem placidum Graeci dicunt, nos arestum, , &, dicuntur placita & decreta : nos sic Curiae summae sentetias vocamus, à quibus non est prouocatio.

Arrierages, m. plur. Reliqua, Reliquorum, Reliquatio, voyez Arrerages.

Demeurer en arrierage, ou en reste, Reliquari, Reliqua contrahere.

Celuy qui est en reste & arrierage, Reliquator.

Arriere, aduerb. local. penac. Et signifie derriere, Retrò, comme, si vous disiez à retrò, ce que l’Espagnol exprime, disant Arredrar, pour mettre en arriere & reculer quelque chose. Ainsi l’on dit par imperatif supprimé, Arriere, quand on commande à quelqu’vn, ou à vne trouppe, ou à des cheuaux de harnois de reculer, Retrocede, Retrocedite. On dit aussi par metaphore Arriere pour derechef, Iterum, Denuo, & ce par indignation, comme quand quelqu’vn repete & inculque ce qu’il a dit qui n’a gueres aggreé à celuy qui l’escoute, il luy est dit, Arriere, Denuo molestus mihi es, Iterum te mihi grauem esse minimè poenitet. Parce que qui redit vne chose, il semble reculer à ce dont sa voix est partie. On dit aussi par translation, Il est demeuré en arriere, de celuy qui doit, & n’a payé à iour nommé (dont vient le mot Arrerage) Ce qui ne s’entend seulement des contables reliquateurs, ains des particuliers detteurs aussi. Arriere se prend aussi pour, en second lieu, outre, d’auantage, comme, Il m’a dit cela, & m’a dit arriere cecy. Illud mihi narrauit, sed & praeterea aut postea hoc mihi retulit. En laquelle signification il est composé auec ces mots, Ban, fief, censiue, faix, boutique. Arriere-ban, arriere-fief, arriere-censiue, arriere-faix, arriere-boutique, Et arriere-fils, pour fils de mon fils. Arriere-nepueu, fils de mon nepueu, &c.

Arriere de nous, Procul à nobis.

Fort arriere, Penitus.

Mettre arriere, Posthabere.

I’ay mis toutes choses arriere, Omnes posthabui mihi res.

Soient mis arriere de nous, Procul à nobis absint.

Ie suis marry que tu as esté si long temps arriere de nous, Te abfuisse tandiu à nobis doleo.

Garder pour l’arriere saison, Inueterare.

En arriere, Retrouersum, Macrob. lib. 1. c. 16. comme, Aller en arriere, Retrouersum cedere, Retrorsum, & peut estre prins pour mot simple, & pour composé.

Aller en arriere, Retroire, Retrogradi.

Faire l’arriere garde, Agmen cogere. B. ex Liuio.

Qui est arrieré des autres, reculé & loingtain, Sepositus.

Arriere-ban, m. acut. Est nom collectif, & signifie la trouppe des arriere-vassaux, c. qui tiennent en arriere-fief, & la proclamation, conuocation & assemblée d’iceux, voyez Arriere, & Ban, desquels il est composé.

Arriere-boutique, f. penac. Est composé de ces mots Arriere, & Boutique, & signifie vne seconde boutique, Postica taberna, Taberna posterior, Interior apotheca. Car boutique François vient du Grec. Et parce que les marchants tiennent communement leur meilleure marchandise aux arriere-boutiques, on dit par metaphore, Il a vne arriere-boutique, ou, Il se reserue vne arriere-boutique, de celuy qui ne monstre tout son sçauoir de premier front, ou, qui desguise son courage, & fait autrement en derriere qu’en presence des personnes, &, ; Il s’attend à son arriere-boutique de celuy qui s’attend à la fin de desployer & estaller son eminent sçauoir. Laquelle metaphore se pourroit appliquer aux Aduocats, qui en leurs precedentes escritures font espargne de leurs plus forçants & victorieux moyens, s’attendants les mettre en ieu aux saluations, voyez Arriere.

Arriere-censiue, f. penac. Est dit par la mesme raison en teneure roturiere, que Arriere-fief, en teneure feodale.

Arriere-faix, m. acut. Est la peau dont l’enfant est enuelopé dans le ventre de la mere, Secundina. Le François exprime auec l’energie du vocable Grec, qui signifie le mesme. Quant aux vaches, on l’appelle la deliure.

Arriere-fief, C’est vn fief dependant d’vn fief suzerain, Subclientela,


Prædium subclientelare.

Arriere-fossé, C’est vn second fossé, derriere le premier fossé, Fossa postica.

Arriere-garde, C’est le troisiesme & dernier bataillon ou esquadron d’vne armée dont l’auant-garde est le premier & le front, la Bataille est le second & le corps, Postrema atque adeò Tertia acies, Triarij.

Arriere-main, Ictus auersa manu flictus.

Arriere-point, Et Arriere pointer, Arriere saison, Fœnum cordum, Fœnum serotinum.

Arriuer, quasi Ad ripam peruenire vel appellere. Toutefois les mariniers en vsent pour prendre à la largue. Venir & arriuer, Aduenire, Adesse.

Arriuer, ou S’approcher d’aucun, Appellere ad aliquem.

Arriuer à temps, In tempore aduenire.

Arriuer plustost qu’vn autre en quelque lieu, Praecurrere aduentum alicuius in aliquem locum.

Ils ne font quasi que d’arriuer de Rome fraischement, Recentes Rome venerunt.

Enuiron quatre heures il arriua en Angleterre, Hora quarta circiter attigit Britanniam.

Arriué à bord, Actus, Appulsus.

Il est arriué au lieu, Ad locum deuenit.

Il est arriué au iour que tu demandois, In ipsum tuum diem incidit.

Incontinent qu’il est arriué en la prouince, Simul ac tetigit prouinciam.

Quand il fut arriué au port, Cùm ad litus appulisset.

Arriuement, Appulsus, huius appulsus.

Arriuée, Aduentus, Accessus.

Arroches, Atreplexum, Atriplex, Chrysolachanon, Atraphaxis.

S’Arroger, Et attribuer trop, Arrogare.

Arrogant, Arrogans, Fastuosus.

Arrogant & fier, qui ne peut durer auec personne, Insolens.

Deuenir arrogant, Offendere in arrogantiam.

Quelque peu arrogant, Subarrogans, Feroculus.

Arrogance, Arrogantia, Insolentia, Fastus, Ferocitas.

Il est venu en si grande arrogance, que, &c. Processit eò insolentiae, vt, &c.

Arrogamment, Arroganter, Fastidiosè, Ferociter, Insolenter, Proteruè.

Quelque peu arrogamment, Subarroganter.

C’est trop arrogamment fait, Superbum est.

Arrondir, Rotundare, Rotundum facere.

S’arrondir, Globari in rotunditatem, Conspirare.

Arrondissement, Rotundatio.

Arrondissement & ployement en rond que fait vn chable, ou serpent entortillé, Spira, Spirae.

Les arrondissements d’vn habillement, sont les retailles qu’on fait en l’arrondissant, Rotundationis relegmina.

Arrouler, Amener en roulant, Aduoluere.

Arrouser, act. acut. Est ietter de l’eau par plusieurs petites gouttes au coup comme rousée, comme, quand on arrouse vn iardin auec chantepleures, qui sont percées au fonds de plusieurs petits trous, In modum decidentis roris, Innumeris aquae guttis vnà adspergere, Impluere. Il vient du Latin Ros, qui signifie rosée, & est composé de la prepos. Ad, & Rouser inusité en François (car le Latin vse assez du simple Rorare) & change d, en r, selon la regle que le François obserue és composez, dont est parlé ailleurs en ces Commentaires, comme si vous disiez Arrorare, qui est inusité en Latin, & retient la signification du Latin Irrorare, qui est vsité. Ainsi l’on dit, Arrouser le iardin, Hortum irrorare, & irrigare. Il se prend en commun vsage plus largement pour toute aspersion d’eau à pleine gueule de seau faite en vn lieu planté d’herbes ou arbres, pour leur moyter les racines, Aspergere, Respergere, Adaguare, Irrorare.

Arrouser les racines, Aquam radicibus subministrare, Potum dare radicibus.

Arrouser & comme saupoudrer toute vne chose, Perspergere.

Arrouser de l’eauë de fonteine, Aspergere ex fonte.

Arrouser & espandre, Conspergere.

Arrouser tout bellement vne chose qu’on veut detremper, Lentè abluere,

Arrousé, m. acut. Est dit le lieu, herbe ou arbre du genre masculin, sur lequel on a respandu de l’eau pour l’arrouser, Irroratus, Irrigatus, Rigatus, adspersus, on le prend par ampliation pour moüillé, & percé de l’eau, selon ce on dit, quelqu’vn auoir esté bien arrousé, quand il a esté outré de la pluye, & bien trempé.

Arrousée, f. penac. Est dit le lieu, l’herbe ou arbre qui sont du genre feminin, quand on les a arrousées, comme, La galerie a esté arrousée, Les laictues, les coudres ont esté arrousées, Irrigatae, Irroratae.

Arrousement, Aspersus, huius aspersus, Aspersio aquae, Aspergo, Asperginis, Baptismus, Rigatio, Irrigatio.

Arrousoir, m. acut. Chante-pleure, est l’instrument à arrouser, Clepsydra.

Arrouter, C’est mettre en chemin, acheminer, auoyer, comme, Il fit arrouter ses sommiers deuers France en Oolin, Il vient de A, & Route, qui signifie chemin.

Arroy, m. acut. Signifie equippage, assortiment, & aussi ordre, ou plustost ordonnance milit aire. Ainsi dit-on, Le Roy vient en bel arroy, c. en bel equippage, bien pourueu & assorty de ce qu’il falloit. Ou bien, en belle ordonnance militaire, dont par le contraire on dit, Mettre vne armée en desarroy, c’est à dire la rompre, l’ouurir & luy desconfire les rangs, Concinnitas, & comme Ciceron dit, Concinnitudo, Aptitudo, S’il se peut dire, Militum ordines apti ac compacti, ex qua re concinnitas apparet. L’Espagnol dit aussi Arreo, paraduenture à l’imitation du François, & Arrear la casa, eleganti domum supellectili ornare, instruere : mais Arroyer n’est pas vsité en François, ainsi que Desroyer, voyez Desroy.

Sans arroy, Nullo ordine.

Arrumer, actif. acut. Est merquer les Rums des vents en vne carte de nauigation. L’Espagnol dit Arrumar, voyez Rum.

Carte arrumée, pen. Est celle où les Rums de vent sont marquez. L’Espagnol, carta Arrumada, voyez Rum.

Arruner, Pour Arranger, Disponere, Digerere, Ordinare, Componere.

Ars, m. En singulier est particip. qui est fait du verbe Ardre ou ardoir, & est pur Latin de Arsus, par apocope, & signifie bruslé, comme, Le palais est tout Ars, Palatium igne absumptum est. Et en pluriel, les Ars signifie les espaules d’vne beste cheualine, Armi. Ainsi dit-on, Il a saigné le cheual des Ars, Ex armis sanguinem equo eduxit, & pourroit-on dire qu’en cette signification, Il vient dudit pluriel Latin Armi, que le François prend aussi en pluriel, auec sa lettre cataristique d’iceluy nombre qui est, S. Ars aussi est verbe, venant du Latin Ardeo, & est la seconde personne du present de l’indicatif, qui est actif, comme, Tu ars ma robbe, tu brusles ma robbe. Et de signification passiue, comme, Ie ars d’amour, Amore ardeo.

Arse, f. penac. Bruslée, Quae igne conflagrauit, Combusta.

Arsacide, m. penacut. Nicole Gilles en la vie de Philippe Dieu donné : En l’an mil cent quatre vingts & treze, apres ladite execution faite par le Roy, il s’en alla à Pontoise, & là luy vindrent nouuelles que le Roy Richard, qui estoit encores outre mer, auoit enuoyé vn Arsacide par deçà pour le tuer. Il entend vn assassin. Car autrement Arsacide, est vn surnom dont tous les Rois de Parthie, en faueur & memoire d’Arsaces Roy Parthien, furent appelez, ainsi que Sylues, les Rois d’Albe, & Ptolomées, les Rois d’Egypte. Et que Arsacide soit prins en mauuaise part, la raison peut estre prinse de ce, que comme Strabon recite és liures 11. 12. & 15. de sa Cosmographie, ledit Arsaces Scythien de nation, Roy des Daes appelez Parnes, nation viuant de la picorée, enuahist par sur-saut le pays de Parthe, & partie de la Bactriane, emblant sur ses voisins, & viuant de rapt & de grip, hommes de mœurs & conditions Scythiennes & Barbares. Et que pour cette cause au pays d’outre-mer, les matois sont appelez Arsacides, à cause de la vie rapineuse & prompte à toute damnable entre-prinse qu’ils menent, & comme estans meurtriers & assassins à loüage. Qui voudroit tirer Assassin de Arsacide, ils pourroit dire que le changement de r, en s, est frequent, (car on trouue Papirius & Papisius, & ; on oit dire ma mese, pour ma mere, & bairer pour baiser, ) mais il le faudroit escrire, par c. Assacin. Ledit Nicole Gilles en la vie du Roy Saint Loys, se deffait dudit mot Arsacide, en ces termes. L’an mil deux cents trente six, le Roy des Arsacides, nommé le Vau des montagnes, qui habitoit és montagnes d’Antioche & Damas, qui estoit Payen d’outre-mer, enuoya en France aucuns de ses Arsacides, qui sont gents nourris & introduits pour tuer ceux que leur Roy leur commande, ayants charge de tuer le Roy Saint Loys. Car autrement Arsacide, comme Iosephe le marque au chap. 3. du 18. liur. des Antiquitez, est le sur-nom de ceux qui sont du sang Royal, au pays de Parthie. Et que les Arsacides ayent esté de leur origine de telle vie sanguinaire que dit est, Iustin historien au 41. liure le monstre, en ce qu’il dit les Parthes auoir esté les bannis de Scythie, Et qu’en langage Scythique, Parthe signifie Banny.

Arsenic, ou Orpion, Arsenicum.

Arson, voyez Arceau ou Arçon.

Art, Ars, Artificium, Techna.

Ars liberaux, Artes ingenuae.

L’art de tailler images, Statuaria ars.

Art magique & d’enchanterie, Magice, magices, Magia, magiae.

Appartenant à art Magique, Magicus.

Art de Musique, Musica ars.

L’art de nombrer & de conter, Numeralis scietia, Arithmetica, arithmeticae.

L’art qui enseigne de bien escrire & parler, Grammatica.

L’art & inuention des machines & engins, Machinalis scientia.

L’art de faire decoction, Coquina.

Tout art qui se fait d’esprit & de la main, Ars mechanica.

Ars profitables, dont vient grand gain, Pecuniosae artes.

Qui vse d’art, Artificiosus.

Fait d’art, Artificialis.

Fait de merueilleusement grand art, Summo artificio factum.

Faire quelque chose d’art auec cure & soing, Manu fingere.

Faire son art, Artem suam exercere.


Dire quelque chose par art, Via & arte dicere.

Delaisser quelque art, Desinere artem.

Art qui n’est plus en bruit, Delaissé & aboli, Desita ars.

Seruir mal les gens de son art, pour cuider espargner quelque denier, Auarè pretium statuere arti suæ.

Qui n’a nul art, ne scauoir, Iners.

Artemon, C’est la voile de derriere, depuis la grande tirant à la poupe. Il y a en de tels nauires deux Artemos separez aux deux masts, l’vn plus grand que l’autre. La voile d’Artemon est en pointe comme les voiles latines des carauelles : Là où toutes les autres du nauire sont quarrées.

Artisan, ou Artiste, Artifex, Opifex.

Artifice, Artificium.

Vser d’artifice, Artem adhibere.

Par grand artifice, Affabrè.

Sans artifice, Inartificialiter.

Artificiel, Artificiosum, Artificiale.

Artificiellement, Artificiosè, Artificialiter.

Artificiellement fait, Peritè factum.

arta, ou Larta, Ville de Grece, anciennement appelée Ambracia, Inde Sinus Ambracius, vulgò, Le goulfe de Larta.

Artere, Arteria.

L’artere du poumon, le sifflet, Thracea siue Thracia.

L’artere par laquelle nous inspirons & respirons, venant des poumon, iusques à la langue, en forme d’vn tuyau, Arteria aspera.

Artichaut, Cinara, Scolymos.

Article, Il vient de Articulus.

Vn article d’vne loy ou autre chose, Caput legis.

Article concernant la recepte du blé, & des reuenuz & domaine de la ville, Caput frumenti, vectigalium, &c.

Les articles & item d’vn conte & autres papiers, Nomina.

Les articles des alliances, Articulosa foedera.

Les articles furent baillez par escrit, Ex scripto editae conditiones. B. ex Liuio.

Faits & articles, Articuli thematum centuriati.

Articles suiets à reiet, Capita reiectanea.

Articles de despens rayez, Capita vel nomina expensorum expuncta.

Demander le reiet de quelque article, Scripturae caput aliquod circum scribendum, aut circumducendum vel antiquandum contendere.

L’article du salaire des commissaires qui ont taxé les despens, Calculus honorario eorum destinatus qui rationem subductam subsignauerunt.

Articles de despens croisez, Expensorum capita controuersa & praenotata.

Croiser aucuns articles de despens, Paragraphis adnotare nomina in codice impendiorum litis.

Croiser les articles debatuz, Paragraphis praenotare capita controuersa, Decussare capita concertanda, Adnotare nomina disceptanda & controuersa.

Articles de despens affermez, Calculi iurato aestimati.

Articles de despens debatuz, & finalement vuidez en la presence des Procureurs, Expensorum capita disceptata, & tandem definita adhibitis cognitoribus.

Articles quotez, Capita praecisa.

Articles accordez, Capita scripturae assensa & conuenientia.

Articuler faits nouueaux, Themata noua articulatim edere, eáque probanda suscipere, Capita noua scriptionis edere, Moliri res nouas.

Articuler faits nouueaux peremptores, & decisifs de la matiere, Noua causae firmamenta ac litis decretiora edere.

Articuler les faits d’vn proces, Argumenta causae capitáque concenturiare, Centuriare vel decuriare themata causae.

Articuler & declarer par le menu, Enumerare scriptitando, Commemorare sigillatim.

Cela a esté nommément articulé, In fœdere hoc sanctum atque perscriptum. B. ex Cic.

Artillerie, f. penac. Est vn mot general à tous autres instruments de guerre, dont l’on vse tant en offendant qu’en deffendant, hors l’espée, dague, bocquier & harnois du corps de l’homme. Par ainsi tout instrument de trait, soit de feu ou autre, est entendu sous ce mot. Nicole Gilles en la Chronique de Charles VII. parlant des compositions de guerre guerroyable, dont en iceluy temps vsoient les Francois & Anglois les vns enuers les autres : Et apres ce, s’ils ne vouloient demeurer, on les faisoit conduire, eux & leurs biens seurement, iusques aux lieux declarez & limitez en la composition ; combien que iamais ne remportoient grosse Artillerie, mais seulement Arcs, & couleurines à main, & si promettoient communement de non plus s’armer contre la Couronne de France.

Artillerie cardinale entre gens de mer, est vne piece de fonte de gros qualibre, Tormenta igniuoma, Res machinaria. B. Aenea tormenta.

Maistre de l’artillerie, Præfectus machinariorum, vel rei machinariæ. Tirer de l’Artillerie, Ænea tormenta displodere.

Artillier, Qui fait les arcs & les fleches, Arcuarius. Toutefois celuy qui est Artillier du Roy, qui est vn estat ordinaire à la suite de sa Maiesté, pour le deu de son estat, ne fait pas seulement tels engins à tirer, ains aussi tous artifices de feu, quelconques.

Artimon, Est vne petite voile de nauire, qu’on dit autrement Trinquet, Artemon, artémonis, pen. cor. m. g.

Artis, En langage de iargon, signifie pain, Il vient de άρτοζ, id est panis.

artois, Païs en Picardie, Regio inter Belgas, quasi Arratois, nom deriué de Arras, Atrebates, nunc vulgò Arteia.

Artres, Vermiculi qui Tineæ vocantur, Est & auis quæ Ispida dicitur, quod artras abigat hoc est tineas.

artvs, Nom propre d’homme, Arturus.

AS

asie mineur, voyez Anatolie.

Asne, m. penac. Est vne espece de beste de charge, dure au trauail, & de toute sorte de fourrage pour son viure, duite à endurer coups de baston, assez commune & cogneuë és villages & moulins, tardiue & lourde, Asinus. Duquel mot il vient par syncope & apherese, approchant le mot Grec όνοζ. L’Espagnol dit Asno, par mesmes moyens. Et par metaphore on attribuë ce mot d’Asne à vn homme grossier d’esprit, tardif, lourd & de nulle apprehension, & à celuy qui prend beaucoup de grosse peine, Homo hebes, Ingenij obtusi, Homo clitellarius.

Asnes desquels on reçoit beaucoup d’argent, Multinumi asini.

L’asne qui tourne la meule, Asinus molarius.

Meule qui se tourne par vn asne, Asinaria mola.

Le petit d’vn asne, Pullus asininus.

Vn asne sauuage, Onager.

Le petit d’vn asne sauuage, Lalisio.

Vn asne basté, Mulus clitellarius.

Asnesse, f. penacut. Est la femelle de l’Asne, Asina, & est terminaison Françoise, ainsi que de Ladre il dit Ladresse, & de Prestre Prestresse. Ce qu’il ne fait és seuls noms finants par la voyele E, ains en aucuns qui terminent au masculin par consonante, comme de larron, larronnesse.

Asnon, m. acut. N’est pas le diminutif du masculin Asne, pour dire vn petit Asne, ce que le Latin dit Asellus, ains est le nom d’vn asne nouueau né, & tant qu’il tette sa mere, Pullus Asinae, ce que monstre assez le verbe Asnonner, qui signifie deliurer par vne asnesse pleine, de son asnon, voyez Asnonner.

Asnonner, acut. neutr. Est deliurer d’vn asnon, Pullum asininum edere, & se dit proprement des Asnesses, Pullum asinarium párere.

Asnier, C’est celuy qui pense & mene les asnes, dont est le prouerbe, A rude Asne rude Asnier, pour dire, A vn homme reuesche faut vn qui soit aussi reuesche qu’il est, Agitator aselli, Asinarius, Agaso, & gros Asnier, pour vn homme de grossier & pesant esprit.

Asparge, ou Asperge, Asparagus.

Asparge sauuage, Corruda, Orminium.

Aspect, Aspectus, huius aspectus.

Aspergets, ou guepillon, Aspergillum.

Aspergoutte, ou Espargoutte, Aspergoutte mineur, Bubonium, Matricaria, Parthenium, voyez Espargoutte.

Aspersion, & arrousement, Aspergo, asperginis, Aspersio, Aspersus, huius aspersus.

asphodiles, Hastula regia, voyez Aphrodiles.

Aspic, Herbe, Pseudonardum, Nardus celtica. Nomen habet à spica quam fert spicae tritici non absimilem.

Aspic d’outre mer, Nardus Indica, Spica nardi.

Serpent nommé Aspic, Aspis, aspidis.

Aspirer, & respirer, Anhelitum recipere, ac per vices reddere, Spirare, Aspirare, Respirare.

Aspirer & tascher de paruenir à quelque chose, Aspirare ad rem aliquam.

Aspiration & soufflement, Aspiratio.

Aspre & rude soit à veoir à ouïr, à gouster, ou à toucher, Asper.

Fort aspre & rude, Perasper, Peracer.

Aspre & rude de soif qu’il souffre, Asper siti.

Aspre & rude à manier, Scaber.

Lieu aspre & rude, desrompu, & mal vny, Aspretum, aspreti, Salebra, salebrae, Locus salebrosus.

Vn homme aspre, Acer, Austerus, Seuerus.

Estre aspre & ardant à faire quelque chose, Ardere.

Aspre, poursuiuant de grand cœur ce qu’il fait, Studiosus.

Aspre & ardant à recouurer liberté, Ardens ad libertatem recuperandam.

Estude fort aspre, Studium flagrans.

Vn peu bien aspre au gain, ou à son profit, Vn peu trop aspre à l’argent, ou trop aspre & pres prenant à faire ses besongnes, Aliquantum ad rem auidior. B. ex Terentio.


Qui est aspre à escrire contre les vices, Author seuerissimus.

Estre fort aspre de courir de costé & d’autre pour faire quelque chose, Satagere.

N’estre pas si aspre, Remissiorem esse.

Deuenir aspre par succession de temps, Austeritatem annis recipere.

Faire rude & aspre, Asperare, Exasperare.

Asprir, Asperare, Exasperare, Exarcerbare.

Asprement, Acerbè, Asperè, Austerè, Acriter.

Se courroucer asprement, Irasci grauiter.

Aspresse, ou Aspreté, Acritas, Asperitas, Aspritudo, Aspredo, Austeritas.

Aspreté mordante, Mordacitas.

L’aspreté du froid & de l’hyuer, Hyemalis vis.

Aspreté qui pique sous la langue comme le vin, Mordacitas vinosa ad linguam.

Aspreté qu’on sent en maniant quelque chose, Scabritia, scabritiae : vel Scabrities, scabritiei.

Aspreté de combattre, Pugnacitas.

Aspreté d’ongnement, Seueritas vnguenti.

Asprelle, quasi Asperula, Equisetum, Hippuris, Cauda equina.

Aspron, ab Asperitate squammarum, Petit poisson ressemblant au Gouion, on le pesche seulement entre Vienne & Lyon, Asper, vel Asperulus.

Assabler, Il vient de ce mot Sablon : comme Aggrauer de grauier.

Nostre basteau est assablé, ou aggraué, Nauigium hæret in vado.

Assaillir, act. penac. Il vient de Assilire, & signifie liurer ou donner assaut, Impetum facere.

Assaillant, en fait de combat en camp clos, Prouocans. Liu. lib. 23. Et en fait de tournoy, Aggressor.

Assaillir aucun, Adoriri, Appetere, Inuadere aliquem, In aliquem inuadere, Tentare, Attentare.

Assaillir auec impetuosité & de toute sa puissance, Ingruere.

Assaillir de toutes pars, Carpere agmen.

Assaillir vn homme, ou vne ville, Aggredi.

Assaillir aucun par tromperies, Incessere aliquem dolis.

Assaillir aucun auec grande violence, Petere aliquem.

Voulant assaillir le Roy Daire, Imminens Dario Regi.

Assaillir l’ennemy, Gradum cum hoste conferre.

Assaillir les ennemis en leur fort, Perrumpere castra & agmen inimicorum, In castra hostium irrumpere.

Assaillir de dars & de pierres les ennemis, Incessere hostes iaculis & faxis.

Tu m’as peu assaillir & conuenir en iugement par vne plus douce voye & action que cette-cy, Potuisti leuiori actione conficere.

Ils n’assaillent personne à toüer, Ludis neminem prouocant, cient, poscunt.

Pauureté les a assaillis, Incessit ambos inopia.

Assaut, m. Selon la composition & energie du mot, est, aggression faite à l’impourueu, & de volée à aucun. Et l’Italien & l’Espagnol disent aussi Assalto. Ainsi on dit, donner ou liurer l’assaut à vn homme, ou à vne place, ce que Vegece à l’vnziesme du premier de re militari, dit Assultare. Et, Il assaut vn homme, comme si on disoit, Il saut à luy, c’est à dire, Il se lance de saut sur luy. L’Espagnol appelle Salteador, ce que le François dit, Voleur, celuy qui de saut & de vol, c’est à dire, à l’impourueu se rue sur vn passager pour le destrousser.

L’assaut & assemblement de deux armées, ou vn assaut & effort de gens de guerre, Aggressio, Congressus, Impressio, Impetus, Insultus, Assultus.

Assaut qu’on baille contre vne ville, Oppugnatio.

Le siege & assaut dura iusques à la mi-nuit, Oppugnatio ad mediam noctem producta est.

Donner l’assaut, Aggredi.

Donner vn assaut & faire quelque fascherie, Dare pugnam.

Donner l’assaut à vne ville, Oppugnare.

Prendre d’assaut, Inuadere.

Au premier assaut, Primo impetu.

Assaisonner, Condire.

S’assaisonner, Combibere, B. ex Colu.

Broüet ou potage mal assaisonné, Ius malè condîtum.

Assaisonneur, Condîtor.

Assaisonnement, Conditio, Condimentum, Conditura.

Assassin, & Assassinateur, m. acut. Adiectif, est dit celuy qui de guet à pens, & par machination conspirée met en sur-saut & d’emblée à mort vn autre, estant loué & attitré à cest effect. Le mot est prins de l’Italien (ainsi n’en puisse oncques le François prendre l’vsage) qui le peut auoir tiré de ce mot vltra-marin Arsacides. L’Espagnol d’vn nom propre à sa nation le nomme, Saltrador de passo. Percussor. Cic. pro Roscio Amer. Liu. lib. 3. bell. Macedon. Percussor emptitius.

Assassinat, & Assassinement, m. acut. Est le forfait executé par l’Assassin, Grassatio, Sicariatus. Il s’entend aussi pour l’excez fait de guet, àpens & d’emblée, ores que l’assassiné ne soit tué, Homicidium mercenarium, vel emptum.

Assçauanter, ou bien Assauanter, car la lettre c, n’y est prononcée, actiu. acut. C’est faire sçauoir à quelqu’vn, Certiorem facere. Composé de Ad, & sçauanter inusité.

Assauuagir, actiu. acut. Faire deuenir ou rendre aucun sauuage, Efferare, Liu. lib. 23. Excicurare, i. mansueto Ferum reddere.

Assée, Pictonibus, vne beccasse, Rusticula, voyez Beccasse.

Asseicher, Siccare, Asiccare.

Assembler, act. acut. Est mettre ensemble deux ou plusieurs choses diuisées & separées l’vne de l’autre, Aggregare, Coagmentare. Ainsi en cas de menuyserie, charpenterie, cousture, & telles choses, on dit assembler, qui est mettre ensemble les pieces qui ont esté taillées, dolées, esquarries & raddressées, par coleure, enchasseure, cheuillage, clouage & cousture, & en faire vn corps, Coagmentare, Consuere, atque adeo coadunare, vtque aptè mutuò cohaereant ac quadrent efficere. On dit aussi par catachrese Assembler le conseil, pour conuoquer les Conseillers en vn lieu, & en tirer aduis sur ce qui est à deliberer, quoy que leurs opinions soient souuent mal duites à coler ensemble. Et, Assembler vne armée, c’est faire amas de gents de guerre, dont procede cette maniere de parler, Le Roy fait son assemblée à Paris, pour aller au deuant des ennemis, Rex Lutetiae cogit exercitum, quò hostibus maturè occurrat. Selon ce le Chroniqueur de Normandie dit en la vie de Raoul : Tantost Raoul entendit que Regnier au long col assembloit gens-d’armes pour venir sur luy : mais Raoul ne voulut attendre, ains l’alla trouuer dans son pays, où trouua Regnier & les Vangions qui faisoient là leur assemblée. Par mesme catachrese les veneurs appellent l’Assemblée, l’amas, qui est fait de tous les veneurs, & picqueurs, au lieu où le Roy disne, attendant leur retour & rapports de leurs questes, pour deliberer à quelle brisée il se doit acheminer pour chasser ce iour-là. Dont procede que Assemblée vn peu plus improprement se prend pour chasse, car on dit, le Roy estre allé à l’assemblée, pour estre allé à la chasse, Venatum iuisse. Assembler a aussi vne signification toute differente, & à contre-poil des dessusdites, quand il est prins pour batailler & combattre, Pugnare, Decertare proelio, Proeliari, comme audit Chroniqueur de Normandie, au passage cy dessus : Rambaut s’en vint auec les Vangions aupres de la mer, appellée Almaire, & s’assemblerent contre Raoul & ses gens, mais derechef ils furent desconfits, & print Raoul plusieurs bons prisonniers. La raison du mot en cette signification est, parce que les deux armées quand ce vient à donner la bataille, s’assemblent toutes deux comme en vn corps. Aussi dit-on, Ioindre l’ennemy quand on le combat. Et en fait de combat, Ils sont ioints, c’est à dire, Ils sont aux mains, ils combattent.

Assembler le peuple pour le harenguer, Vocare populum ad concionem. Liu. lib. 23.

Assembler, Euocare in concilium.

Assembler ensemble toute sa force & toute sa puissance, Conferre vires in vnum.

Assembler & entasser, Componere.

Assembler en vn troupeau, Congregare.

Assembler l’vn auec l’autre, quand vne chose despend & descend d’vne antre, Nectere aliud ex alio.

Assembler quelque chose bien proprement, Concinnare.

Ficher quelques choses & assembler ornéement l’vne à l’autre, Compingere.

Assembler à l’entour de quelque chose, Circumaggerare.

Il assembla à vne sphere les, &c. In sphæram alligauit quinque, &c.

Assembler en rond, Glomerare.

Assembler tout en vn, Omnia ad vnam summam referre.

s’assembler ensemble en vn lieu, Capita conferre, Conuenire, Coire, Congredi, Confluere.

Tant de choses vray semblables s’assemblent ensemble, Tot concurrunt verisimilia.

Eauës qui s’assemblent toutes ensemble, Confluentes aquae.

S’assembler auec quelqu’vn, In congressum & colloquium alicuius venire.

S’assembler auec vn autre pour faire la guerre contre vn tiers, Arma alteri iungere.

S’assembler pour faire les brigues, Suffragia inire.

S’assembler pour parler de quelque affaire, Conuenire de re aliqua.

S’assembler pour consulter l’vn auec l’autre, Concilia facere.

Assembler choses contraires, Componere pugnantia.

Assembler tous les derniers aux premiers, Conferre nouissima primis.

Faire assembler le peuple en vn lieu pour parler à luy, Concionem aduocare.

Appeler & assembler le peuple, Conuocare populum in tribus.

Venant de deuant certains Iuges, faire assembler le peuple pour raisons de mesme chose, & se plaindre du iugement des Iuges, A subselliis in rostra rem deferre.

Assembler le Senat, Cogere Senatum, Habere Senatum.

Assembler le Senat pour donner audience aux Ambassadeurs, Senatum cogere ac Legatis dare.

Afin qu’il y eut temps pour assembler ses gens de guerre, Vt spatium intercedere posset, dum milites conuenirent.

Assembler paroles, Verba iungere.

Qui assemble quelque chose, Compositor.


Qui s’assemble facilement, Congregabilis.

Maison où il s’assemble grand peuple, Frequentissima aedes.

Assemblé, m. acut. Collectus. Coadunatus, Coactus, Coagmentatus. B. Compositus.

Tout assemblé, Cunctus.

Assemblé & ioinct, Conciliatus.

Qui est fait & assemblé de plusieurs choses qui sont comme aggluées ensemble, Concretum, Compactum, Conglutinatum, Coagmentatum.

Gens assemblez & de toutes pieces, Collectanei homines. B. Qui vndiquaque conuenerunt.

Assemblage, m. penac. Est l’œuure de assembler les pieces en vn corps. Selon ce on dit, Il besongne à l’assemblage de la chaire, Compagini partium cathedrae incumbit. Il se prend aussi pour iceluy ouurage fait, ainsi on dit, l’assemblage en est beau, Partium compago apta ac concinna est. Coagmentum, Compago, Commissio, Iunctura, Coagmentatio.

Assemblée, f. penac. C’est congregation, Conuentus. Ainsi dit-on l’assemblée des trois estats d’vn païs, Conuentus trium ordinum. Selon ce Assemblée en fait de guerre, anciennement estoit vn mandement & conuocation de gens de guerre pour eux assembler, & rendre en quelque lieu, pour de là yssir & marcher en campagne. Assemblée aussi estoit la meslée, l’estour & combat de deux armées contraires, Pugna. Et le mesme disoit-on aussi Assemblement, Congressus. Selon ce, disoit-on, à l’assemblée, ou, à l’assemblement, pour au rencontrer à l’aborder des armées. Le mot est ainsi prins, par ce que lors deux armées bien contraires, & esloignées de se hanter se ioignent & mettent ensemble pour combatre, aussi dit-on ioindre pour combatre. Et de mesme signification disoit-on aussi, Assembler à l’ennemy : pour combatre à luy, ce que le Latin represente par ces mots, Cum hoste congredi. Le mot Assemblée est passé à la venerie, pour la trouppe des veneurs rassemblée en certain lieu accordé pour faire rapport de leurs questes & rencontres : & de la dit-on plus esloignéement, Assemblée pour la chasse, Venatio, comme, Le Roy est allé à l’assemblée, c’est, à la chasse, Venatum profectus, d’autant qu’il va disner au lieu de l’assemblée desdits veneurs, pour entendre leurs rapports, & de là aller chasser, Coitio venatorum, Conuentus venatorum, voyez Assembler.

Assemblée de gens, Coitio, Congregatio, Coetus, Conuentus, Agema, Ecclesia, Synagoga.

L’Assemblée de gens qui dansent, Chorus.

Assemblée iournelle, Congressus quotidianus.

Assemblée de gens assis, Consessus.

Vne assemblée de gens pour traiter de quelques affaires publiques, Synodus, synodi. Conuentus.

Ce iour là estoit assemblée de ville, Eo die erant comitia municipalia condicta. B.

Vne assemblée de gens pour ouïr, Auditorium.

Assemblée illicite, Coitio. B.

Vne assemblée & compagnie de ieunes gens, Pubes.

Assemblée qu’on a fait de quelque chose, Coactura.

Vne assemblée de poissons, Piscium examen.

Vne assemblée de gens de bien & d’honneur, Honestus conuentus.

Assemblée des gens des trois estats du païs, Concilium seu Conuentus hominum trium ordinum. Caesar.

Assemblée de peuple, Concio, Concilium.

Assemblées de tout le peuple Romain, ou d’vne partie pour cosulter de quelques affaires, Comitia, Comitiorum.

Assemblées qui se font és lieux publiques pour caqueter & deuiser, Circulus.

Lieu où il n’y a point d’assemblée de peuple, Locus vacuus à turba.

Assemblée de partie, Submota concio.

Grande assemblée de gens, ou d’autres choses, Frequentia

Grande & belle assemblée de Senateurs, Frequens Senatus.

Vne assemblée magnifique, Conuentus celeberrimus.

Toute l’assemblée commença à pleurer, Ortus ab omni turba fletus.

Ils furent tous loüez en l’assemblée & congregation, Laudati pro concione omnes sunt.

Petite assemblée de gens, Infrequentia, Conciuncula, Conuenticulum.

Appeler à l’assemblée, Aduocare ad concionem.

Estre autheur de l’assemblée d’vn peuple, Ciuitate constituere,

Faire assemblée de gens, Coetus hominum celebrare, Coetus agitare.

Faire grande assemblée de gens en vn lieu, Conuentu locum celebrare.

Tascher à faire parler de soy, & cercher toutes les occasions de faire assemblée de peuple pour auoir le moyen de se faire grand, Colligere concionum ventos.

Faire assemblée pour parlementer, Contrahere ad colloquium.

Faire feste & assemblée le iour de sa naïssance, Natalem suum celebrare.

Qui concite & esmeut & fait assemblée illicite, Euocator. Faire assemblée de beaucoup de choses en vn mesme iour, Concludere res multas in vnum diem.

Esmouuoir vne assemblée, Miscere tumultum in concionem.

Rompre l’assemblée des Iuges, & les faire leuer hors de leurs lieux par force, Concilia confringere.

Estre present és assemblées du peuple, Obire comitia.

Assemblement de gens, Conuocatio.

Hantement de gens, & visitations & assemblement d’hommes, Congressus, Concursio.

Assemblement, m. acut. voyez Assemblée.

Bastiment, conionction, & assemblement de choses ensemble, fabrica, Conglutinatio.

Assemblement bien ordonné des membres, Compactio membrorum.

Assemblement de quelques choses qui se prennent ensemble, & s’endurcissent, Concretio, Coagulatio, Coagmentatio.

Assemblement illicite fait auec parente, alliée, ou religieuse, Incestus, vel Incestum.

Assemblement d’vnguens, Compositio vnguentorum.

Faire assemblement de peuple pour traiter des affaires publiques, & pour faire des consuls, Comitia consulibus rogandis habere.

Faire amas & assemblement des fautes d’autruy, Colligere peccata & vitia alterius.

Assemblure, Coagmentum.

Assemblage, Coagmentatio.

Assener, actiu. acut. ferire, Attingere. Le Roy cuidant ferir le cerf, assena vn veneur de son espieu & l’abbatit roide mort, Attigit, & necatum prostrauit. Les Notaires anciennement és clauses d’Euiction & contreuention en vsoient en cette sorte. Et pour garentie a obligé sa maison par defaut de enteriner ce qu’il a promis, pour icelle prendre & à ce assener, vendre & despendre, Addicere, Subdere.

Assentir, ou Consentir, Assentire, vel Assentiri, Consentire.

Assentement, pour Consentement, Berinus en vse, Assensus, Consensus. Assentement aussi en fait de venerie se prend pour l’odeur & flaireur, & senteur de la beste, Odor, Nidor.

Asseoir & mettre en quelque lieu, Locare.

Assiez toy plus haut, Abi tu sanè superior.

Asseoir les bornes, Pangere terminos.

Asseoir le camp, Castra metari.

Asseoir vne couleur sur vne peinture, Colorem alicui picturae inducere.

Asseoir vne embusche, & gens qui guettent vn autre, Insidias collocare.

Asseoir le fondement en vn lieu ferme, Locare fundamenta in stabili loco, fundamento iacere, &c.

Asseoir la premiere pierre, Primigenium lapidem ponere in iaciendis fundamentis. B.

Asseoir son iugement sur quelque chose, Iudicium suum interponere.

L’art de bien asseoir les mots, Collocatio, conformatióque verborum.

Asseoir vne somme de deniers sur vne ville, Imputare ciuitati terna millia.

Asseoir quelqu’vn à la taille, Aerarium facere, Aerariis adnumerare. B.

Mener asseoir, Ducere sessum.

S’asseoir, Sedêre, Assidêre, Considêre, Desidêre, Insidêre.

S’asseoir à table, Mensæ assidêre, Discumbere.

S’asseoir souuent, Sessitare.

S’asseoir au lit pour prendre son repas selon l’ancienne coutume : selon la nostre, c’est s’asseoir à table, Discumbere.

Se r’asseoir, Residere.

On s’assied, Considitur.

On s’assied à table, Discumbitur.

Lieu à s’asseoir, Sessio.

Estre assis, Sedere.

Estre assis à table, Accumbere, Recumbere.

Estre assis auec d’autres, Considêre.

Estre assis aupres de quelqu’vn à table, Alicui in couiuio accubare, Assidêre alicui.

Estre long temps assis, Residere.

Estre assis au bas, Subsidere.

Estre assis & situé aupres, Adiacere.

Estre assis aupres du Iuge, Iudici adesse.

Estre assis au lit pour manger en la maniere ancienne, Decumbere.

Estre assis en la librairie, Assidere in bibliotheca.

Il est assis & situé entre Septentrion & Occident, Inter Septentrionem & Occidentem iacet.

Estre situé & assis entour quelque lieu, Circumiacere.

Estre assis ioignant quelqu’vn, Assidere.

Estre assis sur quelque chose & se reposer, Insidere.

Toute chose qui se fait en estant assis, Sedentaria res.

Qui font leur besongne assis, Sedentarij.

Qui se tient assis sans rien faire, Deses, Desidis.

Qui est assis, Sedens, Sessilis.


Qui est long temps assis, Residens.

Qui est assis ou situé aupres de la montagne, Theatrum monti accubans.

Qui est assis aupres d’vn autre, Consessor.

Il n’y auoit qu’vne porte assise sur ce costé, Vna tantùm in eam regionem porta imposita.

Ioppe est assise sur vne montagne, Collem insidet Ioppe.

Chose bien assise, Collocata bene res.

Aßises, f. penac. plural. Est dite l’assemblée du Iuge & ses assesseurs, soient Pairs ou autres, en vne Seneschaussée ou Bailliage, ou particulierè, à certains iours prefix de là, pour decider les proces des suiets iusticiables dudit Iuge. Et est ditte Assises, Quia tum Iudex pro tribunali sedet cum assessoribus. En ressorts de Cours de Parlemets sont grands iours, Conuentus iuridict. B. ex Plin.

Les assises de la Preuosté de Paris, Conuentus Parisiensis.

Tenir les assises, Conuentus agere.

Aßiement, Sessio sessionis.

Assiette, f. penac. Est la situation de quelque chose, Situs. L’assiette d’vne ville, chasteau, bastiment : mais en fait d’heritages, signifie l’endroit du finage, ou marge où ils sont assis, comme, Vne maison assise en telle ruë. La terre assise au terroir de tel village ou ville, au lieu appelé, &c. Assiette aussi est le plan d’vn bastiment. Aussi dit-on asseoir le fondement sur lequel sied l’edifice. Aussi Sedes en Latin signifie demeure à bourdon planté, & possessio à sessione pedum, i. inhaerentia pedum ipsi solo quod incolimus. On dit en-outre Assiette de taille, laquelle est imposée par departement d’icelle sur chacun taillable, Tributi dispertitio. Et asseoir la taille, & Asseeurs de taille, Tributi dispertitores.

Assiette des lieux, Cultus & habitus locorum.

Vne assiette ou lit de pierres en vne massonnerie, Corium & Cubile.

Vne assiette & trenchoir, Quadra, Mensa.

Assermenter, actiu. acut. Est faire prester serment à aucun de faire, dire, ou taire quelque chose, ce qu’on dit aussi, faire faire se ment à aucun, Sacramento vel iureiurando adigere, voyez Serment.

Asseruagir, Addicere ad vel in seruitutem, Asserere in seruitutem, Mittere in seruitutem, voyez Seruage ou Serf.

Asseruagir le peuple sous la crainte d’vne nouuelle loy penale, Populum noua quaestione alligare.

Asseruagir & assuietir aucun à faire son plaisir, Obnoxium sibi aliquem facere.

S’asseruagir soy-mesme à vne peine, Alligare se ad poenam.

Addict & asseruagi, Mancipatus, Addictus.

Quand la personne est asseruagie à ses voluptez, Intemperantia.

Vieillesse qui n’est asseruagie à nully, Senectus nemini mancipata.

Assesseur, ou Conseiller, Assessor, Iurisconsultus iudicem circumsedens.

Estre assesseur, Adesse indici in consilio.

Estre assesseur, & estre du conseil du magistrat lors qu’il iuge & cognoist d’vne cause criminelle, Sedere iudicem.

Asseurer, actiu. acut. Est prins des Latins, & composé ores de Ad, & seur, qui est fait de Securus, (par syncope & apocope) & signifie rendre seur, & stable ce qui crolle, ainsi on dit asseurer vne muraille, vn plancher, vne poutre qui s’en vont cheoir, Constabilire murum, Tabulatum, Trabem. Et ores de Ad, & Seuerus, par mesmes syncope & apocope, & signifie affirmer, Adseuerare. (qui vient de Seuerus, parce que l’homme qui est seuere de vie, mœurs & conuersation, a authorité d’estre creu, & la parole de luy a force persuasiue enuers les autres) Selon ce on dit, asseurer quelque chose, Fidem facere alicui. Ie t’asseure que ie viendray, Mea fide me affuturum credas licet. Mais selon la premiere composition on dit, Asseurer quelqu’vn, qui n’ose venir de peur d’estre tué, battu, ou prins, Fide sua aduentare iubere quem necis, verberum aut captiuitatis metus absterret. Et Asseurement, pour le sauf-conduit, que le prince, son officier, ou vn priué, donne à celuy qui craint de comparoistre, ou d’estre assailly, tué, ou blecé, qu’on dit en ce dernier sauue-garde, & asseurance, pour la foy & sponsion de celuy dont on a doute, enuers cil qui craint, comme, Il demande asseuremet, Fidem publicam aut hosticam interponi poscit. Qu’il vienne sous mon asseurance, Mea fide adesse iubeo. Et asseurer vn qui tremble de peur, Metum ab aliquo, oratione, hortatu, monitu depellere, ce que Virgile au 2. de l’Eneide, parlant de Sinon, dit : Hortamur fari. Ille haec, deposita tandem formidine, fatur. Et asseurer vn nauire, qui est sous certain interest de tant pour cent, de la somme à laquelle toute la cargaison est aualuée, promettre à son risc, peril & fortune, qu’il ira sauuement de tel port iusques à tel, ce qui est l’des Grecs, ou aussi qu’il en reuiendra à sauueté auec toute sa recargaison, qui est l’, d’iceux Grecs. Lesquels contrats nautiques aux ordonnances maritimes des Conseilliers de Barcelone, sont appelez Seguretats maritimos & mercantiuols feites sobre rischs & perills de nauilis, robes, cambis, mercaderies & hauers. Et ceux qui promettent Asseguradors, & les autres Assegurats. L’Italien dit Assicuraments, Assicuratori & Assicurati. Et nous par cette analogie pouuons dire, Asseuremens, Asseureurs, Asseurez. Asseurer quelque chose en iurant, Aliquid iureiurando affirmare.

Tu asseurerois bien plus fort ce que tu dis, si tu, &c. Tu magis id diceres Fanni, si, &c.

Ie t’asseure bien d’Annius que, &c. De ipso Annio tibi tantum polliceor.

M’en asseures tu ? Bonáne fide istud dicis ?

Asseurer en presence de gens, Testificari.

Chose qu’on n’ose pas asseurer, Parum certae fidei res.

Ne l’osant pas asseurer, Titubanter.

Asseurer quelqu’vn, Luy apporter seureté, Bono animo esse iubere.

Asseurer & donner asseurance, Firmare, Securum reddere, Fidem aut fiduciam dare, Afferre fiduciam.

Pour m’asseurer de cette crainte, Vt ex hoc metu certus sim.

S’asseurer à faire quelque chose, Colligere animum ad aliquid moliendum.

Se garder d’asseurer choses incertaines, Assertionem à rebus incertis cohibere.

Asseurer vn lieu par garnisons, Locum praesidiis tutum reddere.

Asseurer bien son argent, Pecuniam bene collocare.

Ils les asseurerent, leur baillant la foy qu’ils, &c. Fide sanxerunt liberos Tarentinos, leges, suáque omnia habituros.

Asseurer vn Faucon ou autre tel oyseau, c’est luy faire perdre l’effroy des gens à ce qu’il ne s’effroye de les veoir, & qu’en leur presence il ose se ietter sur le poing & aller à la chair franchement & sans nul regard estrange : ce qu’on fait par le veiller, le huer de hu plaisant, & luy estre doux & courtois, & le mettant quelquefois sur vne mote en vn iardin attaché d’vne longe longue de trois pieds, & le baignant, car le baing luy donne asseurance & courage.

Fermé & asseuré, Certus, Firmus, Securus, Securi animi homo, Spei plenus, Stabilis.

Asseuré en bien, Fidens, Fidus animus. Et en mal, comme, Il est asseuré comme vn meurtrier, Impudenter confidens, audaci confidentia praeditus.

Asseurer vne chose estre ou non estre, Pro certo ponere. Ie crains d’asseurer cela, Ponere pro certo vereor. Liu. lib. 23.

Asseuré, où il n’y a point de doute, Certissimus.

Estre asseuré, Exploratum habere, Persuasum habere.

Ie suis si asseuré de ta diligence, &c. Tibi eam fiduciam diligentiae habeo, vt, &c.

Amis desquels on est asseuré, Certi amici.

Asseuré que les Romains ne luy feroient aucune guerre, Securus de bello Romano.

Il s’estoit asseuré que, &c. Statuerat, &c.

Il estoit bien asseuré que Albanus le nieroit, Satis sciebat negaturum Albanum.

Qui n’est point asseuré de la verité, Incertus veri.

N’estre point asseuré d’esprit & de parole, Non consistere mente, lingua, oratione.

Se tenir asseuré & esperer, Confidere.

Sois tout asseuré qu’ainsi sera, Habe rem pactam sic futurum.

C’est vne chose toute asseurée qu’on a veu, &c. Certissima est securitas vidisse, &c.

Est-ce chose asseurée ? Satin’hoc certo ?

Asseurance, Confidentia, Confirmitas, Fidelitas, Fidentia, Securitas.

Asseurance que le peuple, ou celuy qui a l’administration de la chose publique donne à quelqu’vn pour faire ou dire quelque chose, l’asseurant qu’il n’aura nul mal, Fides publica.

Auoir quelque asseurance de quelque chose, Certi aliquid habere.

Il a asseurance, Cautum est illi.

Apres auoir eu asseurance qu’on ne leur feroit nul outrage, Fide accepta vim ab futuram donec causam dixissent.

Demander asseurance, Fidei interpositum exigere.

Debte de quoy on a asseurance, Cautum debitum.

Il n’y a rien plus mal aisé à cognoistre, & où il y ait moins d’asseurance, que le commun peuple, Nihil est incertius vulgo.

Auoir perdu l’asseurance & la parole, Non consistere mente, lingua, oratione.

Bailler asseurance, Securitatem præstare.

Donner asseurance, Fiduciam afferre.

Donner asseurance de sa promesse, Fidem suam firmare.

Donner quelque asseurance à aucun de l’argent qu’on luy doit, Pecuniam cauere alicui.

Fay ce que nous te prions à mon asseurance, Fac hoc quod te rogamus, mea fide.

En asseurance, Tutò.

Dormir en asseurance & sans soucy, Dormire in vtramuis aurem.

Confermer & mettre en asseurance sa dignité & Maiesté, Maiestatem suam constituere.

Enuoyer vne scedule & escriture de sa main pour asseurance, Mittere cautionem chirographi.

On luy a commandé de dire sous asseurance publique, Fide publica dicere iussus est.


Venir sous asseurance, Fide publica vel regia venire. B.

Tu m’as fait venir à ton asseurance, Fide tua venire iussisti. B. ex Cic.

Promettre & s’obliger sur l’asseurance de sa foy, Fidem alicui interponere.

Plein d’asseurance, qui ne s’estonne de rien, Confidens.

Asseurément & hardiément, Fidenter, Confidenter, Firmiter, Audacter.

Dire quelque chose asseuréement, Dicere aliquid asseueranter.

Faire quelque chose asseuréement & hardiment, Confidenter facere.

Defendre asseuréement ses ordonnances, Audacter defendere sua decreta.

Ie puis asseuréement iurer, comme de chose certaine, Liquet mihi deierare.

Assez, Sat, Satis.

C’est assez, Il suffit, Satis est.

C’est assez baisé, Sat est osculi.

Veoir assez cler, Satis oculis perspicere.

C’est assez commandé, nous en soignerons, Nos curabimus, satis praeceptum.

C’est assez dit maintenant, &c. Sed ne plura, apagesis, nunc, &c.

C’est assez dit, & d’auantage, Satis supérque dictum est.

C’est assez dit, ie le feray, Sat est, curabo.

C’est assez de cecy pour le present, Sed haec hactenus.

Sera-ce assez ainsi ? Satin’sic est ?

Il pensoit qu’il viendroit assez à temps, Satis putabat se ad comitia tempore venturum.

Tu t’eschaufferas assez, Iam calesces plus satis.

Assez beau, Abundè pulchrum.

Assez belle, Forma scitula est.

Il est assez courroucé, Commotus est sanè.

Assez souuent, Ferè plerumque, Satis saepe.

Assidu & continuel, Assiduus.

Assiduité & continuation, Assiduitas.

Assieger vne ville, Circumuallare, Obsidere, Obsidium facere, Circum sedere, Vrbem obsidione cingere. L’Italien le dit de mesme façon Assediar, combien qu’en ce nom siege ils ne le dise de mesmes nous ains Assedio.

Tant de choses m’assiegent tout à vn coup, dont ie ne puis sortir, Tot res repentè circumuallant, vnde emergi non potest.

Assiegé, Obsessus.

Estre assiegé, Assideri, Obsideri.

Estre assiegé de tous costez, Circumsideri.

Qui assiege vne ville, Obsessor.

Assiegement de ville, Circumsessio, Obsidio, Obsidium.

Assiette, voyez Asseoir.

Assigner, act. acut. Signifie, tantost donner & prendre iour ou heure & lieu, où quelque chose doit estre traitée, selon ce on dit, Assigner aucun par Sergent par deuant vn Iuge, à tel iour ou heure, Diem locúmque quo se quis Iudicio sistat, ei per apparitorem præstituere. Et vne bataille ou combat assignez, Condicta pugna, denunciatum certamen. On dit aussi, vn Seigneur feodal assigner à son fief ce qui meut de luy, quand par felonie ou contumace de son vassal, ou caducité du fief tenu de luy, il exploite la reuersion, & remet tel fief à sa table, & le reünit. Nicole Gilles en la vie du Roy Philippe Auguste, dit que par le defaut, & contumace du Roy Iean d’Angleterre, son homme lige, il assigna à son fief, les pays de Guyenne, Poictou & Aniou, & les saisit, c’est à dire, declara que lesdits pays par droit de reuersion estoient reünis à sa Couronne. On dit pour ce mesmes, Assigner sa main au fief du vassal. L’auteur du traité des Armortissemens, francs fiefs, & nouueaux acquests : Si le vassal qui tient du Roy sans moyen, ne fait son deuoir enuers luy, le Roy peut mettre & assigner sa main au fief de son vassal, & en tout ce que de luy est tenu en relief ou censiue, &c.

Assigner charge à quelqu’vn, Constituere prouinciam alicui.

Assigner iour, Diem finire.

Assigner iour, lieu & heure, Constituere locum & tempus.

Assigner iour à faire veuë, In rem præsentem condicere diem, Ex iure manu consertum vocare, ibíque vindicare.

Assigner, ou faire assigner iour, Vadari aduersarium.

Assigner iour pour tuer aucun, Destinare diem necis alicui.

Assigner iour pour venir, ou comparoir en iugemet, Vadimonium constituere, Diem dicere iuris.

Assigner iour pour parlementer, Tempus colloquio dare.

Iour de bataille est assigné à demain, In posterum diem prælium pronunciatum est. Liu. lib. 23.

Assigner lieu à quelque chose, Assignare locum rei alicui.

Assigner & bailler à quelque magistrat le gouuernement de quelque prouince, ou, &c. Prouincias magistratibus dare, aut, &c.

Assigner temps, Tempus constituere.

Argent assigné, Attributae pecuniæ.

Iour assigné, Dies praestituta, Statutus dies cum hoste.

Se trouuer au iour assigné, Obire diem aliquem.

Assignez & baillez, Attributi finitimis municipiis.

Ceux sur qui on est assigné, Attributi. B. ex Cic.

Assignation, Assignatio.

Aßignation d’argent, Attributio.

Iour d’assignation auec vn ennemy, Status, condictus dies cum hoste.

Il y a aßignation, Dies constitutus est, B. ex Cic.

Il a baillé aßignation aux alliez de se trouuer en Tarracone, Edixit sociis conuentum Tarraconem.

Bailler par aßignation, comme les Romains faisoient aucunesfois quand ils repartissoient aucune contrée à vn nombre de vieux soudars, Assignare.

Comparoistre en personne au iour de l’aßignation, Obire vadimonium.

Delayer & remettre la cognoissance de la cause au lendemain, Continuer l’aßignation au lendemain, Diffindere diem.

Donner aßignation par deuant le peuple pour se venir defendre par deuant luy, In concionem vocare.

L’aßignation de l’argent, Attributa pecunia, B. ex Cic.

Defaillir à son aßignation, Diem vadimonij non obire.

Surseoir l’aßignation, & la tenit en estat, Vadimonium sustinere.

I’accepte tel iuge & aßignation que tu voudras, Quò voles vadimonium promitto.

Aßignation ou adiournement à voir iurer tesmoins, Denuntiati testimonij dies condictus.

Assignation à la barre de parlement au leuer de la Cour, Exhodium condictum ad repagulum Curiæ.

Assignations souuent remises ou continuées, Vadimonia sæpe dilata.

Assis, Assises, voyez Asseoir.

Assister à la guerre, Assistere, Adesse bello.

Assister en quelque lieu, Ad locum aliquem adesse.

Assister & estre present és assemblées du peuple, Obire comitia.

Assister à aucun & luy aider, Præsto esse alicui.

Assister à vn iuge pour conseil, Adesse iudici in consilio.

Assister aux sacrifices, Obire saçra.

Qui assiste & est present à voir faire quelque chose pour l’assistance & presence duquel ceux qui besongnent sont attentifs à faire leur deuoir, Custos.

Vn assistant, Assistens.

Vn prelat assisté de plusieurs autres, c’est à dire accompagné, Comitatus multis.

L’assistence & l’assemblée de gens d’authorité, qui assistent à leur amy pendant qu’on plaide sa cause, Aduocatio, Assessio.

Ie suis icy faisant assistance à la cause d’vn mien amy, Asto aduocatus cuidam amico.

Associer, Associare, Consociare.

S’associer auec autruy, Aliquem assumere in societatem, Societatem coire cum aliquo, Conflare societatem, vel Societatem accipere cum aliquo.

S’associer auec des larrons, Componere societatem cum prædonibus.

S’associer d’aucun peuple à faire la guerre, Consociare arma cum populo aliquo.

Association, Consociatio, Consortium.

Assommer vn homme, Hominem conficere, Trucidare, Mactare.

Assommer à grans coups, Contundere.

Assommer vne somme, & mettre ensemble, Summam facere, vel colligere.

Assommons, Subducamus summam.

Assommé de coups, Grauatus vulneribus.

A demy assommez de boire, ou applommez, Sopiti vino erant.

Assommé ou applommé de somme, Oppressus graui somno, Grauatus somno, Sopitus, Soporatus.

Assommeur, Mactator.

Main assommeresse, Mactatrix dextra.

Assopir & endormir, Sopire, Consopire, Soporare.

Assopir vne guerre, Restinguere bellum.

Assopir quelque propos, Opprimere mentionem aliquam.

Assopir l’effort du peuple, Impetum populi reprimere.

Assopir vn magistrat, Imminuere magistratum, B. ex Plinio iuniore.

Assopi & endormy, Sopitus, Consopitus, Soporatus.

Douleur assopie & appaisée, Dolor soporatus.

Assopissant & endormant, Soporifer.

Assopissement & endormissement, Sopor, soporis.

Assortir sa boutique de toutes sortes de marchandises, Tabernam instruere omne genus mercimonio, vel mercibus.

se Assoter de quelque picarde, Aliqua deperire, Perditè amare.

Lassotée de quelcun, Amica.

Assotir, pour Deuenir sot, Stolidum vel insanum fieri.

Assotir, pour Faire deuenir sot, Ad insaniam adigere.

Assoubiectir, ou Assuiectir, Subiicere.

Subiuguer & assoubiectir à soy, Subigere.

Assoubiectir à la profession de l’orateur tous les arts, Oratori omnes artes subiungere.

S’assoubiectir aux commandemens des victorieux, Leges à victoribus accipere.

L’opinion de Lucullus s’assoubiectit à la superstition & scrupule des vers de


la Sibylle, qui defendent qu’on ne remene point le Roy auec vne armée, Luculli sententia cedit religioni de exercitu.

Assouplir, faire souple, mol & pliable, lentum facere, Macerare.

Assourdir, Surdum facere, Exurdare, Ces cloches m’ont tout assourdi, Obsurdui prae strepitu tintinnabulorum, Tintinnabula mihi aures obtuderunt.

Assouuir, & contenter aucun, Explere aliquem, Satiare, Exatiare, Satis alicui facere, Aures alicuius implere.

Qu’on ne peut assouuir & contenter, Inexplebilis.

Qu’on ne peut assouuir de boire, Potu inexplebilis.

Assouuir son mal talent & haine, Odium explere.

Ie seray assouuy, Animo morem gessero.

Assubiectir, voyez Assoubiectir.

Assus, Mettre assus vne trahison à quelqu’vn c’est luy imposer. voyez Mettre à sus, en Mettre.

Assyrie, voyez Azamie.

Ast, comté en Italie, Asta Ptol.

Astheure, aduerb. du temps present, penacut. Composé de deux entiers, sçauoir de A preposition, & heure nom substantif, & d’vn corrompu, qui est St, dont l’entier est ceste, pronom demonstratif, qui coarcte l’aduerbe au temps present, Si que le mot entier est A ceste heure, & par syncope des letres CE, Astheure, Laquelle syncope est apherese, quand hastant & couppant le parler on dit sthomme, pour cest homme, Ad hanc horam, Ce que l’Espagnol dit Agora, du Latin hac hora, Sans ladite preposition que le François y adiouste, Nunc, nunc iam.

Astmatic, ou poussif, Asthmaticus, Suspiriosus.

l’ Astour, voyez Atour.

Astragale, Est vn membre rond en massonnerie, qu’on dit autrement, Fuzée auec ses pezons, Astragalus.

Astre, Astrum, Sydus.

Astré, Stellatus, O ciel astré, Pasquier.

Astreindre, Astringere.

Astreindre aucun & l’obliger sous telles conditions qu’il nous plaist, Astringere aliquem nostris conditionibus.

Lier & astreindre par serment, Obstringere iureiurando.

Estre astreint & contraint par necessité, Astringi necessitate.

Astrologie, Astrologia.

Astrologue, ou Astrologien, Astrologus.

Astronomie, Astronomia.

Astronome, ou Astronomien, Astronomus.

Astuce, Astucia, Astus, huius astus.

Plein d’astuces & de finesses, Solers, Astutus.

Asur, Couleur d’asur & d’eaue, Glaucus color, lasurion, aut Caeruleum.

D’asur & vermillon, Silaceum & Miniaceum, B.

Asurin, ou ayant couleur d’asur, Caeruleus.

Ciel asurin, Caelum caeruleum & serenum.

Couleur asurine, Caeruleus color.

Asurer quelque chose, Caeruleo pingere, aut inficete.

AT

A tard, voyez Tard.

Atterrer, voyez Aterrer.

Athenes, ville de Grece, à present petit village qu’on appelle Cethine, ou Sethine, ou Sathines, ou Athina, anciennement Athenae, Athenarum.

Athenien, Atticus, Atheniensis.

Atifer, Cerchez Attifer.

Atizer, Postellus deducit ab, sed fortè rectius à titionibus deduxeris, voyez Attiser.

Atomes, Atomi.

Atour, ou Chaperon de femme, soit de veloux, ou de drap, Mitra, Mitra matronalis, Mitella, B. voyez Attour.

Qui ont l’atour, Mitellatae matronae, vel vmbellatae.

Atout, acut. Est vne preposition qui vaut autant que auecques, cum, vnà cum, Nicole Gilles en la Chronique de Charles septiesme, Talbot Anglois retourna en France à tout quatre ou cinq mil hommes, Cum quatuor aut quinque millibus militum.

Atre, Coucher en l’atre c’est à dire au fouyer.

Atroce, Iniures atroces, Atroces iniuriae.

Atrocité, Atrocitas.

Atrocement, Atrociter.

Atruander, voyez Attruander.

Attacher, Figere, Nectere, Defigere, Alligare, Illigare.

Attacher & ficher son soing au salut de la Rep. Configere suas curas in Reip. salute.

Attacher proprement, Aptare.

Attacher à la paroy ou muraille vne loy engrauée en arain, & la publier, legem figere.

Attacher de cloux à vn gibbet, Cruci sufficere.

Attacher au col, Collo subnectere. Attacher, ou lier à quelque chose, Annectere.

Attacher & lier à quelque chose, Illigare.

Attacher & lier l’vn auec l’autre ou assembler, quand vne chose despend & descend d’vne autre, Nectere aliud ex alio.

Attacher contre vne croix, Cruci affigere, Defigere.

Attacher vn lien, ou bride à vn dard, Amentare.

Attaché, Nexus, Fixus, Alligatus, Illigatus.

Vous l’aurez attaché par ce moyen, Eo pacto alligaris filium.

Attachez parles quarrefours, excommuniez, aggrauez & reaggrauez, Diris programmatibus per compita confixi, Diráque proscriptione, Vltimis exemplis dirae proscriptionis confixi.

Attaches publiques contenans quelque ordonnance, ou denonciation, Edicta.

Attaches par les quarrefours & lieux publiques, Programmata.

Encheres se doiuent publier par attaches, Quum actiones praetoriae fiunt & iudiciales, fieri debent edicta & proscripta die.

Attaindre, vien du Latin Attingere, & est arriuer à toucher quelque chose. Selon ce on dit, Ie ne y puis attaindre, si haut il est, Vsq ; adeò excelsum est vt attingere nequeam, De là vient que attaindre signifie frapper de coup, comme, Il m’a attaint d’vn coup de lance. & Attainte le choc & coup.

Attaindre aussi est accuser, Crimen impingere alicui. Selon ce on dit, Il est attaint de vilains cas, Accusatur turpi crimine.

Attaindre est aussi obtenir. Selon ce on dit en termes de pratique en Normandie pour decrets d’heritage, attaints pour la rente qui en est deue, c’est à dire, pour decrets obtenus. Et, pour decrets d’heritages attaints. Et gaiges à payer, c’est à dire obtenus.

Attaindre au nœud de la matiere, Cardinem petere. B.

Attaindre pour en manger, Promere in vsus. B. ex Colum.

Agrand peine l’ay-ie peu attaindre, Vix adipiscendi potestas modò fuit.

Attaindre & gagner aucun en chemin, Quempiam adipisci, vel assequi.

Nous n’y pouuons attaindre de pensée, Cogitatione complecti non possumus.

Attaint par la teste, Ictus caput.

Estre attaint de douleur, ou desplaisir, Attingi dolore.

Estre attaint & conuaincu d’vn cas, In noxa esse, Teneri manifestò.

Estre attaint de certains cas qui se preuuent, Coargui criminibus.

Attaint & conuaincu par tesmoings, Testibus obrutus & oppressus.

Vn criminel attaint & conuaincu du cas à luy imposé, Reus compertus criminis & conuictus.

Attaint & conuaincu de fauseté, Falsi compertus.

Vn mal-faiteur attaint & conuaincu de cas digne de mort, à qui on a seulement sauué la vie, Reus capitalis rei compertus, cui vsura tantum lucis seruata est.

Attaint d’adultere, Compertus stupri.

Qui n’est point attaint de des-honneur, Intactus infamia.

Il est attaint, Il est prins d’amour, Certè captus est. Sub. amore.

Quand la peste en a attaint l’vne, Cùm vnam pestis perculit.

Attainte, f. C’est heurt, choc, coup, au 3. liure d’Amad. chapitre 5. Et se donnerent telle attainte qu’ils se renuerserent l’vn l’autre, c’est à dire tel coup de lance.

Venir à ses attaintes, Cerchez Attente au mot Attendre.

Il luy baille tousiours vne attainte, Peruellit semper eum, B. ex Cic.

Donner vne attainte, Perstringere aliquem, id est, taxare.

Attalenté de combatre, voyez Entalenté.

Attedier & ennuyer ou fascher, Taediu afferre, Afficere molestia.

Tu me fasches & attedie, Tu es mihi grauis & odiosus.

Ie m’attedie d’ouyr tant de fois vne mesme chose, Taedet iam audire eadem millies.

Atteler les cheuaux, Rhedam equis iungere.

Attelier, Officina.

Attelles, f. penac. plur. num. Sont ces deux aisseaux plats qui accollent le collier d’vn cheual de trait, depuis l’endroit de la poitrine iusques à celuy du garrot, le surmontans en façon d’aileron, de ce mot vient le verbe Atteller, & desatteler ou desteller, Attelles aussi par translation sont dites les esclisses qu’on lie autour d’vn bras ou iambe rompuë pour la tenir droite iusques à fin de guarison, Ferulae Cels.

Attendre, Demorari, Operiri, Expectare, Praestolari.

Attendre quelqu’vn, Manere aliquem.

Attendre assis au port, Assidere apud portum.

Suy moy cy dedans, qu’il n’attende apres toy, Sequere me intrò, ne in mora illi sis.

Fay qu’on n’attende point apres toy, Faxo haud quicquam sit morae.

En qui on n’attend plus de vie, Intermortuus, Deploratus.

Ie ne fay qu’attendre que Cherea parle en ceste façon, Expecto quàm mox Chaerea hac oratione vtatur.

Craignant que la chose ne peust attendre, ou endurer d’estre delayée, Metuens, ne dilationem res non pateretur.

Faire attendre quelqu’vn, Differre aliquem.

Ie fay trop attendre ceux que i’ay inuité, Egomet conuiuas moror.

Que ie ne le face trop attendre, Ne illum morer.


Attendre le tour du rolle, Nomini in ordine incurrenti imminere

Attendre que l’on plaide, ou qu’on appelle aduocats, Causarum ac nominum inclamationem facere.

S’attendre aux promesses d’aucun, Pendêre promissis alterius, Promissa sequi.

Qui s’attend à fortune, Cui spes pendet à fortuna.

Par trop s’attendre les vns aux autres, ils sont negligens, Mutua inter si fiducia negligentiores sunt.

Attendre le coup, Experiri certamen.

Ne vous attendez point qu’il sorte hors, Ne expectetis dum exeat.

Attendons nous que les bestes parlent ? An dum bestiae loquantur expectamus ?

Faire plus qu’on n’attendoit ou esperoit, Expectationem vincere.

Qu’on n’attendoit point, Inexpectatus.

Il est venu qu’on ne l’attendoit point, Praeter opinionem venit.

Ils attendent, In expectando sunt.

Ils attendent à l’yuer, In hyemes moras prorogant.

I’attens toutes nouuelles de, &c. Sum in expectatione omnium rerum, quid, &c.

Ie n’attens ou desire que de sçauoir que c’est que tu veux dire, Expecto quid velis.

Quand l’attens-tu ? Quoad expectas ? B. ex Terent.

On ne s’attend point à luy, Nihil est in eo præsidij, B. ex Liuio.

Ne t’en attens pas à moy, Nihil est quòd in dextram aurem fiducia mei dormias, B.

Attens iusques à amen, Mane vsque ad plaudite, B.

Attens doncques & escoute plus grandes choses, Manedum, & maiora accipe.

N’attens point que tu ne luy bailles incontinent sur la iouë, Ne mora sit quin pugnus continuò in mala hæreat.

Pais mes cheurettes, attendant que ie retourne, Dum redeo, pasce capellas.

I’ay esté tousiours caché, en attendant qu’ils fissent voiles, Delitui, dim vela darent.

Tu n’as pas attendu, Haud mansisti.

Apres auoir bien attendu, i’ay receu lettres de Cesar, Redditae mihi iam tandem sunt literae à Caesare.

Qu’on a log teps attēdu & pource est fort desiré & aggreable, Expectatus.

Attendu que tu es venu, &c. Tyriam qui adueneris vrbem.

Ie ne le blasme pas, attendu que i’ay dit que, &c. Nec vtique damno, vt quid dixerim in omnibus, &c.

Veu ou attendu l’heure qu’il est, ie suis d’aduis que nous nous leuions, Quoniam id temporis est, surgendum censeo.

Attendu mesmement que vous dites, &c. Praesertim cum ipsi dicatis, &c.

Attente, Mora.

Attente & desir, Expectatio.

Mettre en attente, Expectationem facete.

Mettre les gens en attente de soy, Commouere sui expectationem.

Ie suis sur l’attente de voir si Cherea dira point bien tost, &c. Expecto quàm mox Chaerea hac oratione vtatur, &c.

Qui est en attente, Expectatione nouarum rerum suspensus.

N’y perdre que l’attente, Vertere creditorem, B.

Ils n’y perdent que l’attente, Nihil praeter tempus noxae lucrantur, B. ex Liuio.

Tu n’y perds que l’attente, In diem abiit praesens quod fuerat malum, Versuram facis, Versuram soluis, B. ex Terentio.

Vaincre l’attente de tous, Vincere expectationem omnium.

On a grande attente de toy, Summa est expectatio tui, Sustines non paruam expectationem.

Contre toute attente & esperance, Ex insperato, Praeter omniu spem.

Contre l’attente de tous, Contra expectationem omnium.

Troubler l’attente, Dirimere auspicium, B.

Venir au dessus de ses attentes, Ad optatos exitus prouehi, Consequi, Assequi.

Poure & petite attente, Fracta spes.

Attendrir, Emollire.

S’attendrir, Tenerescere.

Attenir, ou Tenir, ou Retenir & arrester, Attinere.

Attenter, Attentare.

Attenter au preiudice de l’appel, Passer outre nonobstant l’appel, Prouocationi non cedere.

Attenter la ruïne ou abbaissement de l’authorité de iustise, Tentare iurisdictionis authoritatem.

Attentas, Contra prouocationem admissa, Designata contra prouocationem interpositam.

Attentas reuoquez, Contra prouocationem facta, irrita pronuntiata.

Attentif, Attentus.

Fort attentif, Perattentus.

Estre attentif à quelque chose, Animum aduertere, Adhibere animum, Attendere animum, Attendere aliquid, Aures arrigere In oculis habere aliquid, Adesse animo.

Estre attentif à ouyr & regarder, Animaduertere. Estre attentif auditeur, Se attentum praebere auditorem, Auditioni occupatum sedere in scholis, Attentissimè audire.

Rendre attentif, Erigere expectationem alicuius.

Attentiuement, Attentè.

Fort attentiuement, Perattentè, Attentiùs, Attentissimè.

Ouyr attentiuement & soigneusement, Auribus accipere, Attentissimis animis audire.

Penser fort attentiuement, Acriter cogitare.

Attenuer, Attenuare, Eleuare.

Attenué, Attenuatus, Extenuatus.

Escrire par attenuation, Crimen extenuare.

Respondre par attenuation, Litis aestimationem imminuere, eleuare, extenuare, refellere, & minoris aestimandam contendere.

Attenurir, Tenuare, Attenuare, Extenuare.

Attenurir en forgeant & aguiser, Procudere.

Atterrer, voyez Aterrer.

Attestation, Testificatio.

Attestation, Tabulæ Cic.

Prendre attestation de quelques choses, Testimonium sumere in res aliquas.

Attester, Testificari, Testari.

Attiedi, Teporatus, Tepefactus.

Attiffer, Orner, Accoustrer, Comere.

Attiffement, Comptus, huius comptus, voyez Tifer.

Attiltrer, & appostrer vn accusateur, Accusatorem apponere, Subornare.

Il auoit attiltré ses gens pour faire son cas, Concenturiauerat suffragatores suos, B. ex Nonio.

Attiner, Irritare, Prouocare.

Attinter, Comere, Femme bien attintée, Bene compta.

Attirail, c’est à dire Suyte, Comitatus.

Attirer, act. acut. Est attraire par art, par astuce, par blandices, Illicitè allicere, attrahere, Et par faux semblant, comme, Les auantcoureurs se retirent pour attirer l’ennemy à l’embusche, Procursores paulatim cedunt, vt hostem in insidias trahant, liu. lib. 22.

Attirer aucun à lire, Ad legendum inuitare.

Attirer aucun à estre de sa ligue, Aliquem ad factionem detrahere, vel pertrahere.

Attirer, ou attraire aucun par belles paroles, lactare.

Attirer à soy, Attrahere ad se.

Attirer le peuple à soy, Plebem amplecti.

Attirer aucun à sa discipline, Aliquem ad suam disciplinam capere.

Tirer ou attirer à soy, Traducere ad se.

Attirer, ou tirer par force, Trahere.

Attirer l’humeur, Humorem trahere.

Les chous attirerōt toutes les mauuaises humeurs de la teste & des yeux, De capite & de oculis omnia deducet brassica.

Attirement ou Attraction, Attractio.

Attractif, Attrahendi facultate praeditum vnguentum.

Vertu attractiue, Facultas attractrix.

Attiser le feu, & le souffler, Ignem adiuuare, Semble qu’il vienne de Ad & Titio, titionis, qui signifie Tison, Approcher les tisons l’vn de l’autre, Attiser, Admouere titiones.

Attise-querelle, Fax seditionis, Rixarum fax.

Attoucher, Contingere, Attingere.

Attoucher argent, Pecuniam tractare.

Attoucher souuent & manier, Contrectare, Pertrectare, Attrectare.

Attoucher doucement, & comme amignoter, Circummulcere.

Sans attoucher rien de l’autruy, Abstinenter.

Choses qui attouchent de plus pres, Propiora causae, & adiunctiora.

Qui est attouché, Contactus, Attactus.

Attouchement, Tactio, Tactus, Attactus, Contactus, huius contactus, Contagium.

Attouchement & maniement, Pettractatio, Attrectatus.

Attouchement de deux choses l’vne contre l’autre, qui se froissent, Conflictatio, Collisio, Collisus.

Attour, Les attours d’vne femme, Mundus.

Attournée de ses royaux attours.

Attourneur, ou Attourneresse, Cosmeta.

Attractif, Attractiue, voyez Attirer.

Attraire, actiu. penac. Et est composé de Ad, & traire, tout ainsi que le Latin (mais la preposition ad, pour plus douce prolation troque sa consonante à la pareille à celle dont le mot auec lequel elle est composée commence, comme Assigner, accroistre, attaindre, laquelle preposition luy donne energie de traire non simplement ains au desir, profit & aduantage de quelque chose, & voyez pourquoy on l’vsurpe pour allecher, allicere, & ce par dons, par paroles emmiellées, par flaterie, Muneribus suaui loquentia, Illecebris, Allectare, Il se prend aussi pour attirer par commandement & inionction de iuge, Selon ce on dit attraire tesmoins, pour produire tesmoins, ce qui est ainsi dit par ce que les tesmoins ne doiuent venir de leur propre motif & volonté, Spontaneè, ains par attraction & exploit de commandement de par le iuge, Selon ce est la clause solennelle és lettres Royaux d’examen à futur, Examinez tous & chacuns les tesmoins de la condition que dite est, & qui de la part de


l’exposant vous seront produits & attraits.

Attraire le courage des gens, Mentes hominum trahere.

Attraire à soy, Inescare, Conciliare ad beneuolentiam.

Attraire à soy quelque portion du los & honneur qui appartient à autruy, Delibare de gloria alterius.

Attraire hors, Elicere.

Attraire à parlementer, Elicere ac colloquium.

Attraire à lire, Ad legendum inuitare.

Attraire quelqu’vn à soy par plaisir faire, Adiungere aliquem sibi beneficio.

Attraire par attouchement, Blandiri.

Attraire par belles paroles, lactare animos.

Attrayant, Allactor, Illex, illicis.

Yeux attrayans, Illices oculi.

On ne sçauroit faire chose plus attrayante & allichante, Istoc illecebrosius fieri nihil potest.

Estre attrait de conuoitise de loüange, Studio laudis trahi.

Attrait & alliché, Illectus, Allectus, Attractus.

Toute chose qui attrait, Illecebra.

Attrait, ou Attrayement, Illectus, huius illectus, lenocinium, Allectatio, Illicium.

Attraper, Sistere cursum aufugientis. Est etiam interdum Deprehendere aliquem in delicto.

Attremper & gouuerner, Temperare.

Attrempé & moderé, Temperatus, Temperans, Moderatus.

Homme attrempé, qui garde mesure en tout ce qu’il fait & dit, Modestus.

Qui n’est point attrempé, Insedatus, Intemperatus.

Estre fort attrempé d’eauë, Commadêre.

Attrempement, Moderatio, Temperatio, Temperamentum.

Attrempement de temps, & conuenable pour les fruicts, Coctura.

Attrempéement, temperément & moderément, Temperatè, Attemperatè, Moderatè, Temperanter.

Ne sçauoir pas porter attrempéement la ioye qu’on a, mais la monstrer trop affectueusement, Non satis moderatè ferre laetitiam.

Attrempance, Modestia, Temperantia.

Attrempance de mœurs, Temperies morum.

L’attrempance de l’esté, quand il n’est point bruslant, Clementia aestatis.

Sans attrempance, Intemperanter.

Attribuer, Attribuere, Ascribere.

Attribuer, bailler, Adiudicare.

S’attribuer, Assumere sibi, Asciscere sibi.

S’attribuer quelque chose, & en faire son propre, Vindicare sibi aliquid.

Vsurper, s’attribuer & prendre par authorité contre droit & raison, Aliquid vsurpare ex alterius bonis.

Trop s’attribuer, Arrogare sibi.

s’attribuer le surnom d’vn autre, Asserere sibi cognomen alterius.

S’attribuer la victoire qu’a eu vn autre, Intercipere victoriam alieno labore quaesitam.

Ie m’attribue cela, & le puis tres-bien faire, Mihi pro meo iure illud sumo.

On luy attribue cela, Proprium est eius.

Attribuer ses vices à vieillesse, & dire qu’elle en est cause, Vitia sua in senectutem conferre.

s’Attrister, Tristari.

s’Attruander, c’est à dire Accoquiner, Desidiae cessatrici se dedere.

AV

Au est tantost preposition locale portant energie d’article masculin, & partant n’est mise si n’est auec les dictions masculines, & encores non auec toutes, ains auec celles seules qui commencent par consonante & sont de qualité appellatiue, In, comme, Il est au sommet, In vertice est, Et qu’elle ait ladite energie d’article masculin, & qu’elle recerche les dictions masculines & d’icelles les començans par consonante, il appert par ce qu’on dit, Le vin est au pressouër, Le vin est en la caue, la boucle est au bassinet, la boucle est en la capeline, Le seau est au plancher, Le seau est en l’euuier. Car l’article se monstre apparemment auec la preposition, deuant les dictions auec lesquelles Au, ne peut compatir, & tantost se prend pour Ad, comme Au mieux que puisse faire, Au pis aller, peindre au vif, & semblables.

Au contraire, Au commencement, Au descouuert, Au deuant, Au dedans, Au lieu, Au mieux, Au moins, que les Latins disent en vn mot, Minimùm Varro lib. 3. de re rust. c. 3. harum singula genera minimùm in binas species diuidi possunt. Au moins, Du moins, par le moins, Auparauant, Au pis, Au plus, Au pris, Au vif, voyez Contraire, Commencement, &c.

Au premier iour, Primo quoque tempore, comme, Dites luy qu’il vienne au premier iour, Iube illum primo quoque tempore accedere, Liu. lib. 23.

Auachir, Deuenir lasche comme vne vache, Lentescere, Frangi viribus ac debilitari, Vsez des formules de Lasche, ainsi dit on d’vn homme qui est vuide de forces, c’est vne vache.

Quand le langage d’aucun s’auachist, & deuient lasche, Flaccessit oratio.

Auaindre, pour Tirer dehors, Promere, Expromere, Educere.

Auaindre pour Attaindre, Céla est si haut que ie n’y sçaurois auaindre, Attingere, Pertingere.

Auallage, m. penac. Demissio, Deorsum missio, seu Opera demittendi, ainsi dit on, Il luy est tant deu pour l’auallage de cent tonneaux de vin, Ob centum dolia in cellam demissa tantum meruit.

Aualler, C’est mettre à val, Abbaisser, Demittere, Deorsum mittere, Ainsi dit on Aualler la viande quand de la bouche on la laisse aller à l’estomach, Et aualler du vin en vne caue, In cellam vinariam dolia demittere, Et vne lyce aualler son ventre quand la pesanteur de ses petis l’uy estend & fait descendre bas la peau de son ventre, Ventrem demittere, Selon laquelle signification on dit aussi vn homme auallé quand le boyau luy descend bas, & pend ab exis.

Humer & aualler, Sorbere.

Humer ou aualler sans gouster, comme vn bruuage, Exorbere.

Boire ou aualler iusques au fond, Ebibere.

Aualler le vin qui est en vne tasse, Haurire pateram.

S’aualler & s’abaisser, Subsidere, Pessum ire.

Aualler vn bruuage, Poculum exhaurire.

Couler & s’aualler doucement de dans quelque chose, Illabi.

Aualler sans mascher, Vorare, Deuorare, Cibos haurire, Glutire.

Aualler du haut en bas, Dimittere, Demittere.

Aualler de pensée & d’esperance, Sorbere animo.

Auallé en bas, Demissus.

Aualleur de biens & gourmand, Helluo.

Vn grand aualleur de vin, Vinipotor, Pernicies vini.

Auallement de quelque liqueur, Sorbitio.

Auallement de vin, Depressio.

Aualuer, c’est Apprecier : il vient de Valor valoris, comme qui diroit, Reduire à son prix & valeur, Pretium aut valorem statuere.

Auancer, Celerare, Accelerare, Maturare.

Auancer, Mettre plus auant, Protendere, Promouere.

Auancer & haster vu cheual, Citare equum.

Auancer d’aller aucun qui targe, Producere cunctantem, Commotum aliquem reddere.

Ie t’auanceray d’aller, Testudineum istum tibi ego grandibo gradum.

S’auancer, Progressionibus vti, Progredi, Crescere, B. ex Liuio.

S’auancer & profiter, Proficere.

Auancer quelqu’vn en quelque dignité & estat, & le mettre en auant, Aliquem producere, vel prouehere, vel Protollere, Promouere, Ornare aliquem, B. ex Cicerone.

S’auancer en quelque chose & auoir ia gagné vn point de ce où on veut paruenir, Gradum facere.

S’auancer à l’estude, In studiis facere progressum, vel habere progressum.

S’auancer pour auoir part à la gloire d’aucun, Offerre se in societatem gloriae alterius.

S’auancer fort en la familiarité d’aucun, Bene penitus se dare in familiaritatem alicuius.

Par subtils moyens s’auancer enuers aucun & tascher à acquerir sa grace, Insinuare se.

S’offrir & s’auancer à faire tous les seruices familiers qu’il est possble, Insinuare se in quàm maximè familiarem vsum.

S’auancer de faire ce qu’vn autre deuoit faire, Praeoccupare partes alterius, vel occupare, Anteoccupare.

Ne m’osant auancer de monter en ce lieu, pour la grandeur & dignité d’iluy, Nondum huius authoritatem loci contingere audens.

Auancer vn terme de louage, Praerogare, Praerogare pensionem, B. ex Vlp.

Auancer argent, Repraesentare pecuniam, B. ex Vlpiano & Suetonio. Prae manu pecuniam aliquam.

S’auancer d’aller & de marcher, Adproperare, Gradum proferre, Gradum inferre, vel addere.

Courir deuant, s’auancer de courir, Procurrere.

S’auancer & marcher à grandes iournées, Extendere se magnis itineribus.

S’auancer d’vn iour, Anticipare vno die.

S’auancer de prendre, Anticipare.

Ie me hasteray, ou auanceray d’aller en la maison, Domum ire pergam.

Il s’auança d’aller à Rome, Romam profecturus maturauit.

Fort auancer son chemin, Prodire.

Le iour s’auance de venir, Ruit dies.

S’auancer d’entrer, Inferre gradum.

Auancer & pousser, Propellere.

Les arbres mettent hors & auancent leurs bourjons ou racines, Palmitem citant, aut radiculas arbores.


Ils ne se peuuent auancer la largeur d’vn doigt, Digitum progredi non possunt.

Les estudes s’auancent de liesse, Proueniunt studia hilaritate.

Ie i’auance de rien la besongne par ma presence, Praesens parum promoueo.

Ie ne suis auancé d’aller tout doucement, Ad fores suspenso gradu placidè ire perrexi.

Tu ne t’auances de rien, Nihil promoues.

La chose ne s’auance de rien, ou ne vient point en auant, Nihil procedit res.

Auance toy de dire, Perge eloqui.

Le iour s’auançeant, Die procedente.

Aider & faire auance, Adiumentum dare.

Auancé, Promotus.

Vn proces bien auancé, & quasi prest à iuger, lis iam adulta atque vergens.

N’estant pas si auancé qu’on pourroit bien penser, Non ita multum prouectus.

Estre auancé & auoir profité és lettres, Processum aliquem in literis habere.

Amour qui est auancé deuant la saison, Amor immaturus.

Auancé en honneur & dignité, Auctus honoribus.

Aller à pas auancé & hasté, Citato gradu iter facere.

Auancement, Acceleratio, Processus, Progressus, Progressio. Ornamentum, pro honorifico beneficio accipit. Cæsar.

Auanger à quelque chose, c’est y fournir & satisfaire.

Auant, aduerb. acut. C’est vn aduerbe ores de temps, comme, auant le iour, Ante diem, Auant le terme de payer, Antè quàm soluendi dies venerit, De sorte que de là en auant nul ne fauorisa tant les affaires de Rome, Ita vt nemo inde rem Romani fortiùs nec fideliùs iuuerit, liu. lib. 23. Ores de lieu ou local, & lors luy prepose en ordinairement ceste diction Bien, comme. Il est bien auant dans terre, Penitus in terram immergit, Il est bien auant en cest affaire, In hoc negotio vlterius iam processit.

Auant que, Priusquàm, Auant que venir aux mains, Priusquàm cum hoste manus conseratur, Liu. lib. 23.

Bien auant dedans, Penitus.

Apres que nous fumes bien auant en la mer, Vbi sumus in alium prouecti.

Qui est le plus auant, & le plus dedans, Intimus.

Si auant qu’ils pourroient sans danger, Quatenus tutò possent.

Il vient si auant que, &c. Eò vsque progreditur, vt, &c.

Mener & tirer auant par force, Protrahere.

Si tu vas plus auant, Si ire porrò pergas.

Venir en auant, Prouenire.

Il s’y est mis bien auant, In ea negotia sese ingurgitauit, B.

Quand vn homme va en auant, & s’auance en quelque chose de plus en plus & s’augmente, Serpere.

Mettre en auant quelqu’vn en dignité, Aliquem producere.

Se mettre en auant, Proiicere se ac proripere, Proferre se.

Mettre en auant quelque chose, Rem in medio proponere, In medium vocare, vel proferre, In medium adducere, Proponere.

Proposer & mettre en auant ce de quoy on veut ouyr, Ponere de quo audire velimus.

Tu ne vas point en auant, Nihil promoues.

Ce proces ne va n’auant n’arriere, Haeret aqua in hac causa.

Auant le temps, Præmaturè, Ante tempus.

Conseil prins auant le temps, Consilium immaturum.

Bailler argent auant la main, Præ manu pecuniam dare.

Faire vn auant que proceder, Reum ampliare, Causae iudicium sustinere, quoad clarius liqueat de causæ summa.

Vn auant que proceder, Causæ iudicium in tempus reiectum & interlocutione ampliatum, Sufflamina litium, B.

D’icy en auant, In posterum.

Auant que, Antequam.

Il faut que tout soit perdu, auant qu’on voye cela aduenir, Saluis rebus hæc esse non possunt.

d’Auantage, Ad hoc, Porrò autem, Praeter haec, Quinetiam, Etiam, Adhaec, Praeterea, Insuper, Magis.

Qu’est-ce que ie pourroy faire d’auantage que cecy ? Quid est quod tibi mea ars efficere hoc possit amplius ?

D’auantage en m’en allant i’ay parlé au seruiteur de Chremes, Etiam puerum inde abiens conueni Chremis.

D’auantage ils ne pensoient pas, &c. Simul & istum fore tam improbum non putabant.

D’auantage aussi ; Tum verò.

D’auantage il craint, &c. Tum autem hoc timet, &c.

Attendre d’auantage quelque chose, Diutius morari aliquid, aut expectare.

On ne pourroit d’auantage, ou plus aimer, Nihil accedere potest ad amorem.

Auoir l’auantage, & estre superieur de l’antre, In superiore conditione & causa poni. Qui a l’auantage de la victoire, Victoria subnixus.

Bailler d’auantage, Addere, Adiicere.

Que demandes-tu d’auantage ? Quid quæris amplius ?

Que demandez-vous plus ? que voulez-vous d’auantage ? Quid amplius vultis ?

Ie dis dauantage, Amplius dico,

Il disoit d’auantage, Hoc addebat,

Tu dirois bien d’auantage, si tu sçauois ce que ie sçay, Magis dicas, si scias quod ego scio.

Trente iours, ou d’auantage, ou plus que ie ne dis, Dies triginta, aut plus eo.

Tu es icy d’auantage, Tu planè superes, non ades.

Faire à quelqu’vn tout l’auantage qu’on peut, Subornare.

Tu feras cela d’auantage, Hoc plus facies.

Touchant Diodorus, qu’est-ce qu’il feroit d’auantage ? De Diodoro progrederetur.

Plus à son auantage, Eo meliore conditione Cicero pulcherrimum factum vituperabit.

Auantage, & ce qui est outre la mesure, Corollarium. B. ex Plin.

Voilà l’auantage qui y est, Tantum refert quàm magna dicam.

I’auray assez & d’auantage, Satis supérque habebo.

Faire la guerre à l’auantage & profit du peuple, Armis salutariter vti.

Cela est d’auantage, mais il n’y nuit point, Hoc abundat magis, quàm redundat. B.

N’y a-il rien d’auantage ? Etiámne, & quid porrò.

Qu’y a-il plus, ou d’auantage ? Quid caeterùm ?

Rien d’auantage, Nihil amplius, Nihil vltrà.

Auantager vn homme, Commodis augere. B.

Estre plus auantagé que l’autre, In superiore conditione, & causa poni, Potiorem esse.

Auantageux.

Auantageusement parler.

Auantbras du harnois d’vn gendarme, Brachialia.

Auantchien, c’est le nom d’vn astre nommé par les Grecs προκύον, par Ciceron en la translation d’Arat, Antecanis, mais en prose Canicula : dont sont dits les iours Caniculaires, au Caniculiers, qui sont les plus chauds, & plus dangereux de toute l’annee.

Auantcoureur m. acut. Et plus vsitéement en pluriel, Auantcoureurs, sont les gens de cheual legerement armez, qui cheuauchent vne lieuë plus ou moins, deuant vne armee, pour descouurir & gaster le pays de l’ennemy. Nicole Gilles en la vie du Roy Philippe de Vallois. Et tousiours messire Geoffroy de Harecourt, lequel auoit pourchassé la venuë des Anglois en France alloit deuant & menoit les Auantcoureurs, bruslans & gastans le pays. Antecursores. Caesar. lib. 1. de bell. ciuil. & lib. 5. de bell. Gall. Prodromi. Cic. ep. ad Attic lib. 1. ep. 11. procursatores, procursores. Liu. lib. 22. Est composé de deux entiers, auant & coureurs. Antecursores. Prodromus, Praecursor, Antecursor.

Auantcoureur, qui va descouurir le pays, Antecessor.

Auantcourement, Mot peu vsité, Praecursus, Praecursio.

Auantcour, estoit certaine cour à l’entrée du logis, de laquelle on entroit en vn autre plus grande cour & peristyle, Atrium.

Auantgarde, Prima acies, Frons exercitus. Cornu exercitus.

Auanthier, Nudiustertius.

Auant-ieu, Præludium, Ronsard, & du Bellay.

Vn Auentin, c’est en la vigne, ce que les Latins appellent Duramentum.

Auantlogis, Atrium.

Auantmur, Abatum, abati.

Auantparleur, Qui s’auance trop de parler, locutor, locutuleius, loquax, loquaculus.

Auantpenser, Præcogitare, Præmeditari.

Auantpesches, Mala præcoqua.

Auantportail, Vestibulum, Prothymum.

Auenture, Auenturer, auentureux, auanturier, voyez Aduenture.

Auarice, Brusler d’auarice, Auaritia ardere.

Bruslant & baaillant d’auarice, Auaritia hiante homo.

Regner en auarice & en cruauté sur ses subiects, Auarè atque acerbè imperare.

Sec d’auarice, Aridus homo.

Vne auarice merueilleuse, Profunda auaritia.

Donner grande occasion d’auarice, Patefacere viam illustrem, atque latam auaritiae.

Qu’il n’y ait nul soupçon d’auarice, Auaritiae absit omnis suspicio.

I’accuse ton auarice, Auaritiam tuam in crimen & in iudicium voco.

Auare, ou auaricieux, Auarus.

Iustice auaritieuse, Gens de iustice, qui sont trop sur leur profit particulier, Iurisdictio admodum quaestuaria.

Auarement, ou Auaritieusement, Auarè, Auariter.

Aubades, Bailler aubades, Diluculo occentare ostium, meretricis, vel amicae. B. ex Plauto. ainsi nommées, pour ce que communément on les baille à l’aube du iour.



Aubain, m. acut. est celuy qui d’vn pays dont il fut né, se transporte, & fait sa demeure en vn autre. Aduena, qui non est indigena, neque αύτόχτων. Et semble qu’il soit dit de Auber, Mot vsité parmy les gens de village, qui signifie bouger, & se remuer d’vn lieu à autre. Et par ce que tels aduentifs ne peuuent iouyr des droits & aduantages des naturels du pays où ils fichent leur bourdon, sans estre naturalisez, & que leurs biens tombent au fisc apres leur decez vacquants, & seigneur, pour cete cause on dit Aubin, ce que le Latin dit, Extraneus, Peregrinus. Les anciens disoient Hobain, & Hobaine, ou droit de Hobaine, qui viennent du Verbe Hober, signifiant desplacer d’vn lieu pour se transporter en vn autre. Et l’escrit on Aubeine.

Aubeine, f. penac. est prins tantost pour le droit que le Seigneur d’vn pays ou particulier territoire a sur les biens vaccans & caducs en sa seigneurie, mais on adiouste communément ce mot droit, comme, Tel heritage est mis en la main du Seigneur, par droit d’Aubeine : Iure caduci. Et tantost pour la chose mesmes, qui est caducque. Selon ce on dit, Il luy est aduenu vne Aubeine, c’est les biens de tel Aubein, luy sont escheus par droit de vaccance. Le Roy luy a donné vne Aubeine, ou l’aubeine d’vn Lucquois. C’est les biens d’vn Luquois escheuz au Roy par droit d’Aubeine. Si l’on n’aimoit mieux interpreter ainsi : Le Roy luy a donné son droit d’Aubeine és biens d’vn Luquois, voyez Hober, Aubeines. Bona caduca.

Aubans en fait de nauires, sont des cordes grosses, seruans des deux bords à tenir le mast droit, & ferme en nef, & passent par la teste de more du mast, & tombent sur les barreaux d’iceluy, & de là se viennent rider aux chaines d’aubans, auec deux caps de mouton, l’vn attaché à la chaine, & l’autre à chaque bout d’auban.

Aube de prestre, Alba.

L’aube & poinct du iour, Diluculum, Matuta, Aurora. Ce mot semble venir de Albus, mot Latin, l, muée en u : car le poinct du iour est comme blanc.

Deuant l’aube du iour, Ex anteculano tempore.

Aubepin ou Aulbe espine, Ce mot semble venir de Albus, comme Aulbe, comme qui diroit en Latin, Albus spinus, Alba spina.

Auber, neutr. acut. est se mouuoir d’vn lieu en l’autre, qu’on dit plus communément Hober. voyez Hober.

Aubere, ou Hobere, que l’Espagnol dit Houero, m. pen. c’est vn cheual de couleur grisastre, ayant de grandes places noir astres.

Aubereau, ou Haubereau, Haliæetus.

Auberge, ou comme autres escriuent, mais induëment, Aulberge. f. pen. est le logis où l’on demeure. Combien qu’aucuns dient qu’il doit estre prins pour hostellerie. Hospitium, ainsi que l’Espagnol en vse, disant, Aluergueria, pour hostellerie, & comme les cheualiers Malthois vsent de ce mot Alberge, pour la sale où tous les cheualiers d’vne nation se reduisent pour aduiser aux affaires. Mais & l’Italien Albergo, & ledit Espagnol Aluergue, és liures d’Amadis en Espagnol, & le François Auberge, se trouuent vsitez pour toute demeure, close & couuerte Domus habitaculum. Nicot en ses Odes.

La mort tel cœur ne domine,

Qui s’affine

En telle flamme, & point ne vit
Chez luy, mais en autre Auberge

Il s’heberge.

Et ailleurs est escondit. Or ne sont-ce pas mesmes mots que Auberge, Heberge, & Esberge, ains sont synonymes.

Auberger, ver. tantost est neutre, comme, Il est aubergé en tel lieu. Illio loci moratur. tantost actif, comme ie vous aubergeray, Te accipiam hospitio. l’Espagnol & l’Italien en vsent de mesmes, & esdites deux formes. Aluergar en vna posada, & Alvergar à su amigo. Albergar in tal casa. Et albergar vn viandante.

Aubier, ou Aubin, ou Aubour Aubier d’vn arbre, Alburnum. Ce mot me semble deriué du mot Latin, Albus.

Oster l’aubier d’vn arbre, Exalburnare.

Aubifoin, Cyanos, siue Cyanus, Aucuns l’appellent Bleüet, à colore videlicer.

Aubin, Alii Auban.

L’aubin d’vn œuf, Album oui, Candidum oui, Albumen.

avbin, nom propre d’homme, Albinus.

avbri, ou avberi nom propre d’homme, Alberinus.

Aucteur, Auctorizer, voyez Autheur.

Aucun, Vllus, Quispiam, Nonnullus, Non nemo. Aliquis.

Aucun que ie sçay bien, Quidam.

Aucuns, Plerique.

Aucuns hommes sont venus, Partim hominum venerunt.

Si aucun, Si quis.

S’il y a aucun qui, &c. Si quisquam est qui, &c.

S’il y en a aucuns qui vueillent, &c. Si qui sunt qui velint.

Et doutera aucun. &c. Et quisquam dubitabit quid virtute. &c.

En y aura-il aucun d’entre tous qui doute que, &c. An hoc dubitabit quisquam omnium, quin is, &c.

Quelque, ou aucune chose, Quicquam.

En aucun lieu, Alicubi.

Si en aucun lieu, Sicubi.

Aucunesfois, Plerunque, Interim, Interdum, Nonnunquam, Quadoque, Aliquando, Modò, Aliàs.

D'aucunesfois, parfois, Aliquotfariam

Aucunement, Quodammodo, Quadantenus, Aliqua ex parte.

Aucunement ou quelque peu, Aliquantum, Nonnihil, Quidpiam, Vtcunque.

Aucunement estimer. Nonnihilo aestimare, Ponere in loco aliquo.

Afin que cestuy aucunement ; ou en quelque sorte ne sçache cecy, Ne aliqua hoc resciscat.

Audace, Audacia.

Bailler audace à son ennemy, Audaciam hosti facere.

Parler de grande audace, Fortiter loqui.

Moult audacieux, Audacia singulari homo, Audax.

Audacieusement, Audacter. Confidenter.

Audience, Audientia.

Donner audience, Fauere linguis. B.

Donner audience à aucun, Le laisser parler, Orationem alicui dare, Inducere causam, vel cognitionem. B. ex Plinio iuniore.

Donner audience, Prester l'oreille, Dare aures suas alicui.

Donner audience aux gens, & les laisser parler à soy, Sui potestatem facere.

Bailler à quelqu'vn bonne audience, Benignè attentéque aliquem audire.

Bailler audience à quelqu'vn dedans le Senat, Dare Senatum alicui.

Escouter & bailler audience, Audire alterum de re aliqua.

Il a eu bonne audience, Auditus est magno silentio.

Donner audience à plaider Admittere ad dicendam causam.

Donner audience à vn Orateur, Dare locum Oratori.

Ne donner point audience, Indicium non reddere.

Demander audience, Dicendi vel agendae causae locum & potestatem petere.

La Cour luy a donné audience, Senatus illi datus fuit. Liu. lib. 22.

Il demande audience, Senatum postulat. Liu. lib. 23.

Poursuyuir audience, Libellis frequentibus postulare, vt causæ Curia det operam, Imminere occasioni Curiæ in Consilium de causa sua mittendæ. Aucupari diem in litis medium expromendæ.

Poursuyuans audience, Libellarij flagitatores, libellarij salutatores Curiæ, Aucupes audientiæ, Candidati audientiæ, vel Audientiæ competitores.

Esperer auoir bien tost audience, Sperare breui Curiam sibi datum iri.

Les audienciers, Præcones forenses, Iudiciarij præcones.

Auditeur, Auditor.

Maistre correcteur, auditeur, ou autres officiers des comptes, A rationibus.

Auditoire, Auditorium.

Oster à quelqu'vn son auditoire, Auocare concionem ab aliquo.

Grand auditoire, Frequens auditorium.

Audroit, les anciens en ont vsé pour Enuers, Apud, comme, En Oolin, au droit de Dieu, pour Enuers Dieu, Apud Deum.

Audroit de tel carrefour, c'est par ligne droitte de tel carrefour, Recta linea per compitum, En Oolin.

Auec, acut. C'est vne particule conionctiue, qui couple & accompagne deux choses ensemble, comme, ie veins auec luy. Veni cum eo, Cum, Pariter, Simul, Vnà, Quelquesfois elle adiouste, comme, Il est riche, & auec ce il est bon. Diues est, ac praeterea bonus, Les anciens en ont vsé pour contre, comme en Maugis. Si voy qu'il nous foudra auoir bataille auec luy. Video nobis cum eo certandum esse, id est, aduersus eum. Et cela est ainsi dit, tant pour la raison de ladite phrase Latine, que parce que quiconque bataille contre aucun, il s'assemble à luy pour ferir. Dont procede cette phrase Françoise, Assembler à l'ennemy, pour renir au combat contre l'ennemy. Es anciens autheurs, Auec est vsité en tous les endroits, esquels on vse de ce mot Auecque, ou Auecques penacut. duquel l'vsage est plus frequent à present.

Denys a esté auec moy dés le fin matin, Ad me bene manè Dionysius fuit.

Auec soy, Secum.

Ie me dépars d'auec luy, Ab illo discedo.

Ie seray souuent auec toy, Viuam tecum multum.

Auec toy en ta maison, Tecum apud te.

Auec ce, Atque etiam, Adhoc, Adhaec, Tum autem.

Auec ce vay parlé en m'en allant au seruiteur de Chremes, Etiam puerum inde abiens conuéni Chremis.

Auec ce, fay qu'il te souuienne, &c. Simul in mentem tibi veniat facito.

Auec ce, il craint que, &c. Tum autem hoc attinet, &c.

Auec ces choses, Super his.

Il m'a respondu en peu de paroles, auec ce, sans faintise, loyaument, Respodit mihi paucis verbis, atque adeò fideliter.

Auec ce que paillardise est deshoneste à tous, encores l'est-elle plus aux vieillars, luxuria cùm omni ætati turpis, tum senectuti fœdissima est.

S'en aller auec la bonne grace d'aucun, sans qu'il en soit mal content, Per gratiam abire, Cum bona gratia.

Auec lequel, Quocum.


Demeurer auec son ost, Ad exercitum manere.

Auec grand des honeur, Per summa iniuriam, Per summum dedecus.

Il a perdu conseil auec les biens, Il a perdu l'entendement & les biens, Simul consilium cum re amisit.

Auecque, ou Auecques, penacut. c'est vne partie conionctiue, & par-fois additiue. voyez Auec.

Aueille, & Auette, Pour mousche à miel, mot duquel on vse en Touraine & Aniou. Semble qu'il vienne de Auicula, ou Apicula. Aucuns prononcent Abeille.

Aueindre, Promere, Expromere, Educere, voyez Auaindre.

Auelaine, ou Auellaine, f. pen. C'est vne espece de petite noix, que pour ceste cause on appelle aussi noisette, noisille ronde & longuete, qui vient aux couldres franches & sauuages, dont la cocque est tannee, & le fruict de mesme, quand il est sec. Auellana, ou comme aucuns veulent dire Abellina, Le Languedoc dit conformément au Latin, Auelane.

Auelaignier, Corylus.

Auenant, Cherchez Aduenir.

Digne, & auenant, Condignus.

avenche, au pays de Vaud, Auenticum.

Auene, Cherchez Auoine.

Aueneron, aucuns dient Aueron, Auenæ steriles, voyez Auoine.

Auerer quelque meschanceté, ou verifier, Extrahere scelus aliquod in lucem ex occultis tenebris, Testari aliquid.

Auerer vne chose par inspection, Rem oculis non coniectura tenere.

Chose cogneuë & auerée, Res testata.

Auertin, Phrenesis.

Auertineux, Phreneticus.

Mule auertineuse, c'est phrenesieuse & contumace.

Se auertiner, c'est s'opiniastrer, Obstinare.

il Auesprit, Il vient sur le vespre, Aduesperascit, Inuesperascit.

Auesprement, Vesper.

Auet, nom d'arbre, Abies, Abietis.

Aueu, voyez Adueu.

Aueugler, Caecare, Obcaecare siue Occaecare, Oblimare.

Aueugle, Caecus.

Faire aueugle, Caecitatem inferre.

Estre si aueugle, qu'on commette des cas honteux & meschans, Praecipitem amentia ferri.

Qui meine vn aueugle, Praeitator, B.

Aueuglement, Caecitas.

Auge, m. penac. Est vn tronc d'arbre creusé en long à tenir eau, ou autre chose. Alueus, aussi descend-il de ce mot Latin. Auge à porceaux, où l'on verse leur manger, & bruuage. Canalis, Columel. lib. 7. cap. 10. On appelle aussi Auge, la mangeoire des cheuaux, pour estre faitte en façon d'auge. Creche, Praesepium. Pour laquelle mesme raison est appelé Auge, & en diminutif Auget, Alueolus, ce vase de bois où les maçons gaschent le plastre, & portent tant le plastre gasché, que le mortier à leur besongne.

C'est vn porc à l'auge, parler prouerbial, qui est dict de celuy qui mange & boit d'ordinaire à creuer. Ventri deditus. Suarius cuticulae curator.

Augee, f. penacut. Est le contenu d'vn auge à maçon, comme, Vne augee de plastre, ou de mortier. C'est autant de plastre gasché, ou non gasché, qu'vne auge en peut contenir.

Auget, m. acut. est le diminutif de Auge. Alueolus, voyez Auge.

Augiue, en architecture, Corona, Praecinctura, Præcinctio. B.

Augmenter, Augere, Auctare, Adaugere.

S'augmenter, Increscere, Augeri, Augescere.

Augmenter ses biens, Exaggerare rem familiarem.

Augmenter & accroistre l'alliance ancienne, Afferre accessionem ad veteres necessitudines.

Augmenter & accroistre les biens d'autruy, Facultates alicuius adiuuare.

Augmenter & multiplier, Augere, & ampliare.

Le soing s'augmente, Cura serpit.

Il a fort augmenté & accreu le bien publique, Addidit multum reipublicae.

Il a augmenté mes biens de quatre fois autant, lucris quadruplicauit rem meam.

Augmenté, Auctus, Adauctus, Amplificatus.

Augmenté en biens. Auctus pecuniis.

Augmentateur, Auctor, Amplificator.

Augmentation. Amplificatio, Multiplicatio, Augmen, augminis, Augmentum, augmenti.

Augmentations & accroissemens, Accessiones, Coaugmentationes.

avgsbovrg, ou Avgvste. riche & puissante ville en Allemaigne, Augusta, Augusta Vindelicorum.

Augsbourg, quasi Augusti burgus.

avgst, iadis grande ville, à present petit village, à vne lieuë germanique de Basle, Augusta Rauracorum.

Augure, pour signe ou presage, Augurium.

Avgvste, voyez Augsbovrg.

Augustins, Famuli diui Augustini, Sodales Augustiniani, Familia Augustiniana.

se Auiander, c'est se repaistre, Pascere.

Avignon, Auenio.

Le pays d'Auignon, Voluci, ou Volucæ.

Auiler, & mespriser quelque chose, Vile habere aliquid.

Auiner vn vaisseau, Vino imbuere.

Auiourd'huy, Ce sont quatre mots ensemble, Au iour de huy, Hodie.

Auiourd'huy matin, Hodierno manè.

D'auiourd'huy ie ne le monstreray, Hodie nunquam monstrabo.

Le iour d'auiourd'huy, Hodiernus dies.

Pour auiourd'huy, In hunc diem.

vn Auiron, Tonsa, Remus, Palma, Palmula.

Auiron ployé, Remus inflexus.

Tirer à l'auiron, Remigare, Ducere remos.

Border les auirons, les leuer en sorte qu'on ne nage plus, & qu'on n'aille point plus auant, Remos inhibere.

Auiser, Cherchez Aduis.

Ie y auiseray apres, Posteà videro.

Nous auiserons apres que nous ferons de Capiton, De Capitone post viderimus.

On y auisera, Videbitur.

Auision nocturne Insomnium.

Auiues, de cheuaux. Faut considerer si l'on dit Auiues, pour Eaux viues : car les cheuaux communément prennent ce mal par boire des eaux viues comme on voit à Estampes.

Aulne, f. pen. est vne espece d'arbre fluuiatile, ou pour plus generalement dire Aquatique (car elle s'aime en fonds moiteux) laquelle est de bois tendre & leger, ne portant ne fruict ne semence, l'escorce duquel sert aux tanneurs de cuyrs. Alnus, duquel mot Latin le dessusdit François est fait. voyez Aulnaye. aulne aussi est vne espece de mesure, à mesurer draps de laine, toiles, tapisseries, passemes, & autres telles marchadises, laquelle contient de long trois pieds sept poulces, & huit lignes, lesquelles lignes sont figurées ainsi Et se diuise premierement en deux parties égales, appelées demies aulnes, puis en trois égales parties, qu'on dit tiers d'aulne. Puis en quatre aussi égales appelées quarts d'aulne. Puis en huit égales parties, qu'on appelle demis quartiers. Et finalemet en seize partes égales, appelées seiziesmes, qui est la derniere & moindre partition de l'aulne, qu'on face, & dont on vse. En chacune desquelles parties de desbris de l'aulne, pour les nommer on adiouste tousiours ledit mot aulne, comme vn tiers d'aulne, vn quart d'aulne, vn demy quart d'aulne, vn seiziesme d'aulne. Et est notamment dit cy dessus draps de laine, parce que l'aulne cy dessus est l'aulne commune, dont chacun vse, fors les marchans de draps de soye, qui ont l'aulne plus petite, d'enuiron demy poulce. On appelle aussi aulne, le baston estelonné à l'estelon de la mesure dessusditte, auquel auec petits clouds de laton à teste de daulphin, fleur de lys, ou estoile, toutes lesdittes partitions de l'aulne sont marquées. Vlna, dont vient le François, Aulne, par prothese de la voyele A. Selon ce on dit, Cette tapisserie contient cent aulnes.

Aulne quarree, ou aulne en quarré, est le mesurage de l'aulne en tous sens, c'est à dire en long, & en large, & non en long seulement, Vlna quaquauersus ducta, vel prorsum deorsumque directa. De laquelle façon de mesurage sont aulnées les tapisseries de haute lice. Bailler à aucun tout du long de l'aulne, est vne maniere prouerbiale de parler, vsitée par le François, semblable à cet autre de mesme liurée, Ie luy ay baillé toutes ses façons, quand il veut dire qu'il n'a laissé rien en derriere pour bien trauailler aucun. Car ces manieres de parler se prennent tousiours en mauuaise part, & par indignation. Comme si l'vn de deux plaidants menaçoit sa partie de la bien chicaner, & promener en procez, luy diroit, Ie vous en bailleray tout le long de l'aulne : ou, Ie vous bailleray toutes vos façons. Nihil molestiæ tædiique reliquum faciam, ita te miserè litigando pessundabo. La premiere maniere de parler est prinse de l'aulnage, lequel est tout à bout, quand l'aulne entiere y est & la seconde, du labourage des terres & vignes, qui consiste en trois ou quatre façons, lesquelles leur estans entierement baillées, elles sont tout à bout cultiuées.

Aulnage, m. penac. est tantost l'action de mesurer. Mensura, comme L'aulnage en est mal-aisé. Mesuratio difficilis est. & tantost la quantité & droicture du mesurage, c'est à dire la mesure mesme, comme, faites bon aulnage. c. faites bonne mesure. Rectè sinéque fraude admetitor.

Aulnaye, ou (& mieux) Aunaye, sans la lettre l. Car le François és mots qu'il forme du Latin, change laditte lettre l. en v. quand elle suit & adhere à l'vne de ces voyeles, a. e. o. De sorte que apres laditte mutation faitte, ladite lettre l. y est superflue, comma de Altus, Haut, de Alnus, Aune, de Pellis, Peau, qu'il prononce par diphtongue, de Mollis, Mou. f. penac. est vne touffe d'aunes. Tout ainsi que sausaye, chesnaye, ormaye, vne touffe de sauls, chesnes, ormes, ou bien le lieu, où grand nombre d'aunes, est plantée. Alnetum, à la façon de Quercetum, Salicetum.

Aulner, actiu. acut. Est mesurer à l'aulne, tout ainsi que toiser, mesurer à la toise. Vlna admetiri.

Rapporter & aulner vne chose contre vn autre, Pertendere.

Aulnee, Est l'herbe autrement appelée Helennium, ou Enula campana, ou Inula.



Aulx, Aucuns dient Aul, les autres Ail, Allium.

Qui sent ou put les aulx, Alliatus est. Obolet allium. Plautus.

Vne sorte d'aulx fort grand, Vlpicum.

Aumosne, f. penac. Est ce qui par compassion est donné à vn pauure. Pia benignitas, eleemosyna. Außi vient-il de ce mot Grec έλευμοσύν, par deux syncopes. Aucuns l'escriuent par l'aulmosne, mais contre raison. Car le Francois l'a desià changée en v. l'Espagnole dit Limosna, par apherese & deux syncopes. Mais l'Italien retiēt le mot presque entier, disant, Elemosina, Et autant comme l'Alemand le depraue du tout, disant : Almousen.

Demander l'aumosne, Mendicare, assem rogare Iuuen. 1. sat. 14.

Aumosner, c'est donner l'aumosne, ou en aumosne, I'ay ce iourd'huy aumosné dix escus, Hodie eleemosynae nomine dedi decem aureos.

Aumosnier, m. acut. Est tantost substantif, & signifie cet officier des Princes & grands Seigneurs, seculiers ou Ecclesiastiques, lequel anciennement estoit seulement destiné à distribuer leurs aumosnes, mais depuis leur sert-il aussi de chappelain. Sacrae ac piae stipis erogator. B. Eleemosynarius. L'espagnol au mesme substantif dit, Lismonero, & tantost adiectif, & signifie celuy qui donne souuent l'aumosne. comme, Pierre est bien aumosnier, ou est vn grand aumosnier, Petrus est eleemosynae dandae studiosus, incumbit eleemosynae, en laquelle signification adiectiue, L'espagnol dit aussi Limosnero. Eleemosynarius.

D'Euesque deuenir aumosnier, ce que inaduertamment, & par trace de l'erreur du peuple, on dit d'Euesque deuenir musnier.

Aumosniere, f. penac. Est ores substantif locellus. B. Et signifie cete petite bourse de riche estoffe, qu'on porte à cordons, de la ceinture, pour plus aiséement & à tous propos y fouiller pour en tirer la monnoye qu'on y met, pour seulement employer aux aumosnes. Et ores est adiectif, & signifie vne femme liberale, & foisonnante à donner l'aumosne, Eleemosynaria.

Aumuce, Amictus, vel Amiculum pelliceum. Ab Amicio, amicis.

Auoie, Espece de serpent, Cecilia, à cecitate videlicet.

Auoine, Aucuns dient Auene, Auena Bromos.

Vne herbe croissant communément és murailles & parois nouuelles, semblable à l'herbe appelée yuroye, vulgairement ditte Auoine sterile, Murinum hordeum.

Farine d'auoine, Farina auenacea.

Poures auoines, Auenae steriles.

Auoine folle, Aegilops. Auena sterilis, & frugum pestis. Festucago à Columella dicitur, Aucuns l'appellent Aueneron, les autres Aueron, ou Auron.

Auoir, Tantost est verbe deduit de Habere. Latin, comme, Ie voudrois auoir vn frere, Fratrem habere vellem : tantost est nom m. & signifie richesse, comme il a grand auoir, Diuitias ingentes possidet. Et en pluriel, auoirs, és anciens Romans, ce sont richesses. L'Italien dit aussi Aueri, de mesme sorte.

Auoir haine à aucun, c'est luy porter baine, Odio quempiam prosequi. Au 3. liure d'Amad. où elle espioit les passans, qu'elle mettoit cruellement à mort, specialement ceux qui estoient Chrestiens, ausquels elle auoit haine singuliere.

Auoir à femme, In vxorem habere, Il eut à femme la Comtesse.

Qu'auons nous à faire de le sçauoir ? Quid attinet nos scire ?

Cherchez les autres manieres de parler de ce mot Auoir, és substantifs, comme Auoir entendement, en Entendement, Auoir affection, en Affection, & ainsi des autres.

Nous n'auons que faire de toy, ne de luy, ne de sa proüesse, Videas te atque illum, vt narres. Bud. ex Terentio.

On ne sçait qu'il a, Homo non sensus. Cic.

Auoisiner, Faire voisin, Approcher. Pasquier, Cela ne s'auoisine point de mon esprit.

Auolement, Aduolatus, huius aduolatus.

Aduoler, Aduolare.

Auorter, Abortare, Abortum facere, Operam dare abortioni, eiicere partum.

Faire auorter. Abigere partum, Inferre abortum. Esternuement qui fait auorter, Oscitatio abortiua.

Estre auorté. Aboriri.

Auortée, Qui a ietté le fruit hors de son ventre deuant le temps, Vulua eiectitia.

Auortement, Abortio, Abortus, Aborsus.

Auorton, Abortiuus foetu, Vegrandis, B. ex Varrone.

Auouer, Cherchez Aduouer.

Quand le pere auoüé quelqu'vn pour fils, Agnitus filius à patre.

Auoutre, C'est à dire fils de putain, Scorti filius.

Auoye, espece de serpent, voyez Auoie.

S'Auoyer, c'est se mettre en voye, ou en train & chemin de faire quelque chose. Translation prinse de ceux qui sont en train de cheminer, In viam dare se, Committere se viae, Inire viam, Ingredi viam, Progredi viam.

Auoyer aucun, Inducere in iter.

Estre auoyé, In via esse.

Auoytrer, neutr. acut. c'est auorter, Abortire, Aborsum facere.

Auoytree, f. penac. Celle femme qui a auorté, & est participe, Quae aborsum fecit.

Auoirement, m. acut. c’est Aborrio, Ventris abactio, Aborsus, & abactus venter, comme dit Paulus. lib. Receptat. Sententiat. quinto.

Aupres, Semble qu’il vienne de Ad prope, Apud, Circa, Iuxta, Propter, Secundum, Secus, Prope, Ad.

Aupres ou au long de l’eaue, Secus decursus aquarum.

Aupres du marché, Circa forum.

D’uy aupres, De proximo, E proximo.

Qui demeure cy aupres, De proximo hinc senex.

Tout aupres de, &c. Proximè à Lacyde solio retenta est.

Qui est tousiours aupres des bons, & les hante continuellement, Proximus optimis.

Iardins aupres du Tybre, Horti ad Tyberim.

Aupres de la ville de Messana, Ad Messanam.

Il venoit d’aupres de Rome, A Roma veniebat.

Il a quelque peu de terre aupres de la ville, Sub vrbe illi est agelli, paululum.

Tout aupres de nous, In proximo.

Tout aupres & ioignant, Iuxtim.

Tout aupres de la porte, Proximè ianuam.

Ie viens d’aupres de la riuiere, A flumine venio.

Aureilles, Cerchez Oreille.

Avrenches Abrincae, Abrincarum. Inde Abrincensis episcopatus in Northmannia.

Le pays à l’entour d’Aurenches, Ambiliates.

Avrenge, ou Orenge, ville, & principauté pres d'Auignon, Arausio, nunc Aurasicensis ciuitas.

Auriflamme est la banniere tant renommée des Rois de France, dont l’explication du nom, peut aucunement estre aydée du chap. 1. livre 2. de Vegece, où il dit, Acies quæ nunc vexillationes vocantur à velo, quia velis, hoc est flammulis vtuntur, voyez du Tillet en son recueil. Et Raoul de Presles en son epistre au Roy Charles le 5. sur la traduction de l'œvre de Sainct Augustin de la Cité de Dieu.

Auril, Aprilis, p est mué en u.

Auron, Aegilops, aegilôpis, voyez Auoine.

Auronne, Abrotonum, Aucuns la nomment Garderobbe.

Vin d’Auronne, Abrotonites vinum.

Avsbovrg, siue Augspurg en Allemagne, Augusta Vindelicorum, voyez Augsbourg.

Aussi, Ac, Etiam, Quoque, Aucuns sont d’opinion qu’il vient de όνθωσι, qui signifie Sic, Ita, hoc modo : detracta vtique syllaba media.

Tu me feras chose aggreable, i’espere aussi que à Sceuola, Gratum mihi facies, spero item Scaeuolæ.

Ne außi, Nec verò.

Qui ne croiroit que cecy außi vient de toy ? Vel hoc quis non credat abs te ortum esse ?

Allez vous-en en la maison, toy, & toy außi, Abite tu domum, & tu autem domum.

Auquel tu sois außi cher, que tu as esté à ton pere, Cui charus aequè sis, ac fuisti patri.

Ils tuent ceux qui ne sont point armez außi bien que les armez, Trucidāt inermes iuxta atque armatos.

Außi bien les bons que les mauuais, Iuxta boni, malíque.

Ils tuent les femmes außi bien que les hommes, Trucidant fœminas pariter ac viros.

Car außi bien vous voulez &c. Nempe enim datur, &c.

Außi docte que cestuy-là, Æquè doctus ac ille.

En laquelle chose il estoit außi diligent que ceux, &c. Qua in re ita diligens erat quasi ij qui, &c.

Außi fertile que l’autre, Ex aequo fertilis.

Cette maison-là est hantée außi fort qu’elle estoit du temps qu’elle estoit la plus haute, Domus celebratur ita, vt cùm maximè.

Deux fois außi grand, Altero tanto maior

Elle a des œufs außi grands & gros, que ceux d’vne oye, Parit oua quanta anseres.

Ie sçay qu’elle est außi grande que l’argent, Scio esse grandem itidem vt pecuniam.

Si on aimoit les femmes außi long temps qu’elles sont à se lauer, Si perinde amentur mulieres diu quàm lauant.

S’il est ton ennemy außi le mien, Si quid aduersus te ipse commisit, sit hostis & meus.

Tu n’es point paoureux, außi ne le faut-il pas, Tu non es formidolosus, atque ita opus est.

Ou si außi la chose est digne, Siue adeò digna res est.

Außi pareillement il faisoit des vers sur le champ, Necnon etiam poëmata faciebat ex tempore.

Außi peu, Aequè pauci.

Außi sage que beau, Par sapientia ad formam.

On le fend en außi tenues pieces que tu veux, In quamlibet tenues crustas finditur.

Les Siciliens sont gens qui ne sont à despriser, ce sont außi gens, &c. Sunt


homines Siculi non contemnendi, sed homines, & satis fortes, &c.

Maintenant außi, Etiam modò.

Austere, Austerus.

Austerité, ou aspreté, Austeritas.

Austerement & asprement, Austerè.

Austarde, Qu’on prononce Otarde. f. penac. Auis tarda, Dont le mot François par conionction des deux Latins, est fait, ώτιζ, Aristote la met entre les grands oyseaux. Pline rapporte au 22. chapitre de son liure 10. qu’en Espagne on l’appeloit Auis tarda, Aucuns Grecs l’appellent comme Galien, autres , comme Xenophon. C’est donc vne espece d’oyseau, pesant & grief de corps, tardif à voler, dont il peut auoir prins le nom, de Auis tarda, & par corruption Austarde, & par plus grande deprauation Ostarde, qu’on prononce neantmoins Otarde. La chair duquel Pline veut blasmer, comme n’estant bonne à manger. Mais tant Athenée que Xenophon, Plutarque, Synese, & l’vsage mesme nous enseignent le contraire.

Avstrasie, f. penac. Estoit anciennement appanage de la couronne de France, en tiltre de Royaume, & contenoit (come Nic. Giles dit en Lotaire III. de trois Archeueschez & Prouinces, Mayence, Treues, & Colongne, auec le pays de Lorraine.

Avstriche, Germanicè Oestreich, Austria, Pannonia superior. In ea est Vienna vrbs celebris. Pannonia inferior ea est, quam Vngariam nunc dicimus. Hongrie.

Austruche, Struthiocamelus, vel rectius Strucho cameras, Iuniores etiam Strutionem vocant.

Autant, Adaequè, Peraequè, Tantum.

Autant ou, non plus. Il n'y a que cela, Tantum est.

En autant de paroles, ne plus ne moins, Totidem verbis.

Homme autant heureux, que bien renommé, Homo clarissimus & perinde foelicissimus.

Elle a esté autant achetée. Tantidem empta.

Deuoit-il autant ? Tantum debuit ?

Autant de gens, autant d'opinions, Quot homines, tot sententiae.

Autant ou à chacun qui venoit, i'allois à luy, & luy demandois, &c. Vt quisque venerat, accedebam.

Ces choses sont autant à l'vn qu'à l'autre, Communia inter nos haec sunt.

On descrie autant l'vn que l'autre, Aequaliter omnibus abrogatur fides.

Autant amy à l'vn qu'à l'autre, Aequè vtriusque necessarius.

Auiser autant pour l'vn comme pour l'autre, In commune consulere.

Autant l'vn que l'autre, Peraequè.

Toutes femmes ont vne mesme estude, Elles taschent à vne mesme chose autant les vnes commes les autres, Omnes mulieres eadem aequè student.

Parauenture les vns n'ont point autant de necessité que les autres. Fortasse non aequè omnes egent.

Autant les bons que les mauuais, Iuxta boni malíque.

Autant en hyuer qu'en esté, Iuxta hyeme, at que aestate.

Autant que tu le merites. Inquantum mereris.

Ils furent courroucez du don autat que des iniures, Iniuriis aequè quàm munere offensi fuerunt.

Autant que iamais, Vt cum maximè.

I'en sçay tout autant que toy, Noui omnia tecum, Iuxta tecum aequè scio.

Prens argent de moy, autant qu'elle vaut, A me argentum, quanti est, sumito.

Regardes que tu m'escriues autant de lettres que ie t'en escriray, Videto in tanto otio vt par inscribendis literis mihi sis.

Tes paroles valent autant que si tu disois que, &c. Quasi tu dicas me velle te, &c.

Tout autant que tu y adiousteras, Quantumcunque addideris.

Autant que ie puis, Quantum, vel Quantumcunque possum, Quantum in me est.

Autant que ie pourray i'aideray au vieillard, Quàm potero senem adiuuabo.

Autant que ie puis voir, Quantum datur cernere.

Autant que iamais homme feit, Abstinuit alieno, vt si quis vnquam. B. ex Suetonio.

Autant l'vn que l'autre, Aequas partes numero, vel proportione ferre. B.

Priser & estimer autant, Eodem loco habere.

Ie l'aime autant qu'il est possible d'aimer, Summè eum amo.

Ie l'aime autant que s'il eust esté mon enfant., Amo pro meo.

Veu que tu l'estimes autant que ton pere, Cùm is tibi parentis loco, vel numero sit.

Estimer quelqu'vn autant que ses vieux amis, Habere aliquem loco vetustissimorum familiarium.

Aime moy autant que ie t'aime, Me mutuò dilige.

Ie l'aime autant que s'il estoit mon frere, Fratris loco, vel in fratris loco eum diligo.

Ie t'aime autant que moy-mesme, Tam te diligo, quàm meipsum.

Autant que peuuent prendre trois doigts, Quantum apprehenderent tres digiti.

Tu fais autant que si tu me priois, Similiter facis, ac si me roges.

Qu'on luy en baille autant que i'ay commandé, Quantum imperaui date.

Ne s'esmouuoit-il pas autant des fauces, comme il s'esmouueroit des vrayes ? Non perinde mouebatur falsis, vt veris moueretur ?

Ne sçais-tu pas que c'est de cecy ? S. I'en sçay autant que ceux qui n'en sçauent rien du monde, An nescis quae sit haec res ? s. Iuxta cum ignarissimis.

Pleust à Dieu qu'il t'en fist autant de mal qu'à moy, Vtinam hoc tibi doler et itidem, vt mihi dolet.

Autant que si tu ne m'en auois rien dit, Non dictum est.

Que dit-il ? A. autant que deuant, Quid narrat ? a. Aequè quicquam nunc quidem.

Si tu cheminois autant que tu parles, tu, &c. Si graderere tantum quatum loquere. &c.

Il me resemble autant que moy à moy-mesme, Tam consimilis est, atque ego.

Autant sain que doux, Sítque salubrior studiis, quàm dulcior.

D'autant que mon esprit n'est pas si grand, Quo minus ingenio possum.

D'autant que c'est vne nation grandement fine, & soupçonneuse, Vt est hominum genus nimis acutum, & suspiciosum.

D'autant plus, Tantò magis.

D'autant plus desirez vous, Magis impensè cupitis.

D'autant plus estoient-ils plus chers qu'il n'y auoit point d'argent, Eò fuerunt cariora, aes non erat.

Il t'en souuient, & ce d'autant plus que, &c. Meministi profectò, & eo magis quòd, &c.

Et ce d'autant plus que, &c. Nunc verò magis quòd, &c.

D'autant plus la force est grande, qu'elle est plus fraische, Maior vis tanto, quanto recentior.

D'autant moins, Tanto minoris.

De tant qu'il y en a plus, d'autant faudra-il, &c. Quo plura sunt, eo te meliori mente, &c.

De tant plus la voix a de vehemence, d'autant qu'elle est mise hors auec roideur, Hoc grauior est vox, quo est missa contentius.

De tant plusque la chose auoit donné plus de peur, d'autant la deuoit-on receuoir en grande ioye, Eò maiore cum gaudio suspicienda, quò propius metum res fuerat.

De tant plus qu'vn chacun parle bien, d'autant plus, &c. Vt quisque optimè dicit, ita maximè dicendi difficultatem, &c.

Autant, & la moitié d'auantage, Sesqui.

Autant de fois, Toties.

Tout autant de fois que, Toties quoties.

Deux fois autant, Bis totidem.

I'en rendray six cens fois autant, Sexcenta tanta reddam.

Orestes & Lycurgus sont autant mes compagnons que cestuy, Orestes & Lycurgus vna opera mihi sunt sodales qua iste.

Autant qu'il sera loüé, Quanti conductum erit aut locatum.

Autant qu'il faut, Quod satis est, Tantum quantum sat est.

Tout autant, Totidem.

Tout autant, Autre tant, Alterum tantum.

C'est tout autant comme si, &c. Tantumdem est, quasi si, &c.

Autel, Altare.

Authentique, Et approuué par plusieurs gens d'authorité, Authenticum.

Autheur, Qui premier fait & inuente quelque chose, Author.

Autheur d'vne loy, Conditor, vel princeps legis, Architectus legis.

Autheur veritable, seur, certain, & digne de foy, Locuples author.

Autheur approuué, Assiduus scriptor.

Autheurs & escriuains, ausquels on adiouste pleine & entiere foy, & desquels on ne se mesfieroit iamais d'auoir voulu mentir ou desguiser quelque chose, Authores iuratissimi.

Tourner & fueilleter les Autheurs, les lire souuent, Authores versare.

Les autheurs n'accordent point, Discrepat inter Authores.

Les Autheurs dient plusieurs choses diuerses & differentes de la mort d'iceluy, Variant nonnulla de morte eius Authores.

Autheurs authentiques & approuuez, Authores classici, vel recepti.

S'arrester à vn certain Autheur, & le croire, Authore certo stare.

Nommer aucuns pour ses Autheurs, Authores citare.

Mettre les Autheurs aux lisieres du liure, Praetexere Authores quos sequamur.

Autheur & garant de qui on a acheté quelque chose, Author.

Appeler son Autheur à garant, & luy denoncer la poursuitte, Authori denunciare.

Authorité, Authoritas, Grauitas.

Authorité, maistrise & seigneurie, Ditio, Potestas.


L'authorité & reputation qu'on a d'vne personne, Authoritas alicuius.

Authorité est l'ornement de vieillesse, Apex senectutis est authoritas.

Auoir toute l'authorité, Potiri rerum. B.

Il faisoit tout par authorité, & comme ayant pouuoir de ce faire, & vouloit que chacun le veist, Quae dico iam non occultè, non per amicos, atque interpretes, sed palàm de loco superiore agebat pro imperio & potestate. Cic.

Auoir grande authorité, Valere authoritate.

Outre la parole, auoir en soy authorité, & estre garny d'vne maiesté, par laquelle celuy que nous admonestons nous ait en reuerence, Authoritatem adhibere ad monendum.

Auec authorité & empire aller en la Prouince, Cum potestate proficisci in Prouinciam.

Bailler grande authorité, & opinion, Authoritatem facere, Authoritatem tribuere.

Estre en authorité, Regnare, Praeditum esse authoritate.

Il est de grande authorité, Son authorité est fort estimée, Pollet eius authoritas.

Estre en grande authorité & reputation en la ville, Florere authoritate & gloria in vrbe.

Auoir authorité, & estre estimé, Pondus habere.

Il a grande authorité enuers le peuple, Valet authoritas illius apud plebem.

Auoir grande authorité enuers vn peuple, tant par le moyen des plaisirs qu'on a fait à plusieurs, que pour ses liberalitez, Gratia & largitione apud aliquem populum posse.

Magistrat de grande authorité, Dictatura imperiosa.

Donner authorité à quelque chose, Facere authoritatem.

De mon authorité, Pro meo iure.

Faire quelque chose de son authorité, Suo iure aliquid agere.

Parler d'authorité, E superiore loco verba facere.

Vser d'authorité & de puissance, Imperium inhibere.

Abolir ou abbatre l'authorité de la Cour, Curiae summae authoritatem pessundare & obterere.

On eut esgard à l'authorité, Valuit authoritas.

Deroger à l'authorité du magistrat, Magistratum imminuere.

Diminuer son authorité par inconstance. leuare suam authoritatem inconstantia.

Cette chose a eu authorité, & a esté gardée, Valuit haec res authoritate & voluntate magistratuum.

D'autant plus est nostre authorité estimée, Eò est nostra pluris authoritas.

Interposer son authorité en quelque chose, Authoritatem interponere.

Oster quelque chose par authorité & maistrise, Per potestatem auferre aliquid.

Oster l'authorité aux richesses, Demere authoritatem pecuniae, Vel Auferre.

Peu priser l'authorité d'autruy, Authoritatem alicuius abiicere.

Receuoir authorité & puissance de faire quelque chose, Potestatem accipere.

Reprendre son authorité de Prince, Se in Principem recipere.

L'authorité a esté amoindrie, languida authoritas facta est.

L'authorité de quelqu'vn reiettée & desprisée, Repudiata alicuius authoritas.

Aller à l'encontre de l'authorité du Senat, Tendere aduersus authoritatem Senatus.

Suyure l'authorité d'aucun, Conferre se ad authoritatem alicuius, Authoritatem alicuius sequi.

Nos predecesseurs n'ont point voulu que les femmes feissent aucune chose sans l'authorité de leurs tuteurs & curateurs, Foeminas nihil agere sine authore voluerunt maiores nostri.

Par authorité du Roy, De par le Roy, Regiis auspiciis.

Par authorité de la Cour, De par la Cour, Curiae auspiciis.

Par authorité de iustice, Auspiciis iustitiae.

De pleine puissance & authorité royale, Pro imperio regio & legibus superiore, Principis placitum legibus solutum.

Par authorité publique, Publicitus.

Authoriser, Authoritatem interponere.

Autom, ou Automne, Le vent d'auton, ou de midy, Auster,

Le temps d'Automne, Automnus,

D'automne, Autumnalis.

Automnal, Autumnalis.

Autour, Qu'aucuns escriuent Austour, acut. mascul. gener. Et neantmoins est nom de femelle. Et l'vne des trois especes d'oyseaux de proye, desquelles on vse en l'art de fauconnerie, dont les autres deux sont l'Aigle & le Faucon, & y a cinq especes d'Autour. La premiere & la plus noble est celle qui par antonomasie est appelée Autour, qui est femelle. La seconde est nommée demy Autour, qui est maigre & peu prenant. La tierce Tiercelet, qui est le masle de l'Autour. La quatriesme l'Espreuier. La cinquiesme s'appelle Sabech, qui est moindre que l'espreuier. voyez Tardif. aux 1. & 8. chap. de sa fauconnerie. Au septiesme chap. du liure de la loy Salyque, il est appelé Acceptor, Qui semble estre l’origine de ce nom. Astor, astoris, Astorgius, astorgij. Volaterranus lib. 25. de Accipitribus, Astorgios Pausanias ponit, quos Italici Astores dicunt, Astures alij vocant.

Autre, com. gen. Il vient de ce mot Latin, Alter, Tout ainsi que Altro, Italien, & Otro, Espagnol, Et signifie vne seconde chose par presupposition d’vne premiere. Car quand on dit, de quelque chose que ce soit, Vn autre, ou vne autre, on presuppose vne chose premiere de mesme genre, espece ou qualité. Comme, Voicy vn autre homme, cela presuppose, vn homme, premier en propos que celuy-là. Et partant ayant parlé d’vne espece en espece, on ne vsera pas de ce mot Autre en chose qui sera de differente espece, Comme ayant dit, Voicy vn cheual, on ne dira pas, Voilà vn autre. parlant d’vn homme : ne ayant dit, Voicy vn Escheuin, on ne dira pas voilà vn autre, parlant d’vn barbier. Mais si l’on parle en genre, on dira bien de deux especes par ce mot Autre. Comme d’vn cheual, disant, Voicy, vn animal, on dira bien, Voilà vn autre parlant d’vn homme. Et cete reigle a tellement lieu, que voire mesme quand ce mot Autre importe non rang, ne subsequence, ains difference, & diuersité entre deux choses, si presuppose-il identité de genre, espece, ou qualité, comme ayant dit, Voilà vn bon cheual, quand on dit, En voilà bien vn autre : c’est à dire bien different en bonté, ou beauté, de celuy-là dont on a parlé. Selon laquelle acception on dit en comparaison. Cestuy-ci est bien autre que cestuy-là, Multum inter hunc illúmque interest. Et, Cestuy-ci est tout autre, & different & dissemblable. Ce que Virgile exprime en ces mets, Hei mihi qualis erat, quantum mutatus ab illo Hectore, &c.

Voicy l’autre, Ecce alterum.

Vn autre Mars, Mars alter.

Vn autre soy-mesme, Alter idem.

Rien autre chose, Aliud nihil.

Affermer quelque chose d’vn autre, Affirmare de altero.

D’autre lieu & part, Aliunde.

Tu me responds autre chose que ie ne te demande, Aliud mihi respondes, ac rogo.

Cet autre-là est venu, Ille alter venit.

C’est autre chose toute diuerse, Alia res est.

C’est autre chose de mesdire d’aucun, & autre chose de l’accuser, Aliud est maledicere, aliud accusare.

Qu’est-ce autre chose, sinon, Quid est aliud nisi, &c.

En autre chose, Alibi in re alia.

Il est bon en toutes autres choses, Bonus ad caetera.

L’vn semble meilleur aux vns l’autre aux autres, Aliud aliis videtur optimum.

Tu m’as enuoyé deux paires de lettres, les vnes de, &c. les autres de, &c. Ad me literas misisti, vnas de legatis à me prohibitis proficisci : alteras de Apameorum aedificatione impedita.

Les vns, ou les aucuns estiment plus les richesses, les autres la bonne santé, les autres, &c. Diuitias alij proponunt, bonam alij valetudinem, alij, &c.

Nul autre quel qu’il soit, Non alius quisquam.

L’autre d’apres, Proximus.

Quelque, ou quelqu’vn autre, Quis alius, alius quidam.

Vn autre qui se soit, Alius.

Il n’y a nul autre, Non est alter quisquam.

Ils peuuent proffiter les vns aux autres, Alij aliis prodesse possunt.

L’vn apres l’autre, Singulatim, Singillatim.

Ie t’ay trouué autre que ie ne pensois, Te esse praeter nostram opinionem comperi.

Tu es autre que le temps passé, Alius atque olim.

I’en aimoye vn autre, Habebam alibi animum amori deditum.

Nous n’auons autre chose à voir que, &c. Nec quicquam aliud videndum est nobis. quàm, &c.

Le meilleur est en Ponte, l’autre d’apres est en Phrygie, le tiers est en Illyrique, Asarum optimum in Ponto, proximum in Phrygia, tertium in Illyrico.

A l’autre, Prononcé par ennuy, est une maniere de parler Françoise, par laquelle on parle par saouleté, & bodé d’vne chose. Terence en l’Eunuque l’a proprement dit en ce mesme sens par ces mots, Ecce autem alterum, Comme si à quelq’vn ayant longuement esté importuné d’vne personne, luy survenoit vn autre importun außi, il diroit à l’autre. Com-


me s’il disoit, En voicy encores vn pareil en importunité. Comme s’il disoit par ironie, Ie n’ay pas esté assez importuné, sans l’estre encore de cet autre icy.

Autresfois, Le temps passé, Quondam.

Une autre fois, Alias.

Je te demande si autrefois il t'a empesché de, etc. Quaero nunquando tibi moram attulerit quominus, etc.

Autrement, Sans cela, Alioqui, Caeteroqui.

Jamais je ne me tairay autrement, Nunquam tacebo alio pacto.

Dieu l'a voulu autrement, Deo aliter visum.

Autrement, il y a fort à faire, Sin aliter, magnum negotium.

La chose est bien avenuë autrement, Res longe aliter euenit.

Il dit qu'il ne fera point autrement, Negat se alia ratione facturum.

Non autrement, Haud secus.

Autrement qu'il ne dit, Contra ac dicat.

Il dit autrement qu'il ne pense, Aliud agnoscit atque sentit.

Tu as fait autrement que je ne t'avois enseigné, Contra disciplinam meam te gessisti.

Il est advenu autrement qu'on n'esperoit, Praeter spem euenit.

Autrement que je ne vouloye, Aliter vel secus ac volui.

Autrement que je n'avoye dit, Secus atque dixeram, vel aliter atque dixeram.

Autrement que les Stoïciens, Aliter ac Stoici.

Qui autrement a de bonnes parties, Vir alioqui commendabilis. B.

Autumnal, Autumne, voyez Autom.

Avtvn En Bourgougne, Augustodunum.

Le pais à l'entour d'Autun, Hedui, siue Edui, nunc Eduenses.

Auvent, Vmbraculum.

Avvergne. Aruernia.

Auuergnat, Aruernus.

Les mont agnes d'Auuergne Cemmenij montes.

Auuernas, A Orleans sont les raisins noirs, qu'à Paris on appelle morillons, à cause de leur couleur : & dit-on que le complant a esté apporté d'Auuergne en Orleans.

Avx En Guyenne, Augusta Ausciorum, Elusaberris. Hinc Auxitanenses Archiepiscopatus, l'Archeuesché d'Aux.

Le pais d'Aux, Ausci, Auscitani, Axitani.

Avxerre, Altissidorum, ville episcopale.

Avxois, Ou Lauxois ville de Bourgongne, Alexia.

AY

Ayant, Beaucoup plu, Vt multum fortè pluerat.

Ayeul, Auus.

L'ayeul, ou pere grand de bisayeul, Atauus.

L'ayeul de nostre ayeul, Abauia.

Dés l'ayeul, Ab auo.

Aynet, m. acut. La petite gaule ou vergette, en laquelle sont enfilez les harangs qu'on fait saurer au roussable, plus communément au pluriel, Aynets.

AZ

Azac, f. acut. Est vne ville de Sarmatie anciennement appelée Tanais, laquelle aucuns modernes appellent Tana. Mais les habitans d'icelle la nomment Azac, & la contrée mesmes, qui est sur le Marest Meotide.

Azagaye, f. penac. L'Espagnol dit aussi Azagaya. Et est la lance de iect Morisque. voyez Zagaye. Telum Punicum.

Azamie Est le pais anciennement appelé Assyria. du nom de Assur fils de Sem. Le changement du nom de Assyrie en Azamie, est auenu, parce qu'vn capitaine Turc, nommé Azam s'en feit seigneur par force d'armes. Elle est à present dominée par le Sophi.

Azur, voyez Asur.

Nicot-1606-B1.png

BA

Nicot-1606-B2.png
Ailler, neutr. acut. Est par eruption et eslancement des subtiles superfluitez vaporeuses du corps, ouvrir avec souspirement la bouche, Oscitare, Dehiscere, Hiare, l’Italien dit, Sbadagliare.

Fort baailler, Inhiare, Oscitare.

Baailler de sommeil, Hiscere Oscitare, Oscitari.

Fort baailler de sommeil qu’on a, Oscitationes longas trahere.

Baailler de faim et ardeur qu’on a d’avoir quelque chose, Inhiare.

Ouvrir et faire baailler quelque chose çà, et là, comme quand on ouvre un compas, Diuaricare.

Baaillant de sommeil, Oscitans.

Qui baaille ou est ouvert, Hians, Dehiscens.

Baaillement, m. acut. Oscitatio, Oscedo.

Babil, a Babel, seu Babylone, vbi extitit linguarum confusio. Loquacitas, Garrulitas.

Qui a trop de babil, Impendio loquacior,

Babiller, caqueter, Blaterare. Deblaterare, Fabulari, Garrire.

Babillard, Blatero, Garrulus, Gerro, Linguax, Loquax, Loquaculus, Locuteleius, blatero, blateronis.

Un babillard, Un rapporte nouvelle, Un deceleur de secrets, Aius, locutius.

Une babillarde et languarde, Linguax Fabulatrix.

Babion, espece de Cinge, Cynocephalus

Baboin, et Babouin, m. acut. trisyllabe, Nugator et nebulo.

Bac, m. acut. est un grand bateau à passer charrettes, chevaux, et gens de pied d’un bord de riviere à autre. Ponto, en Latin. Lequel mot retenants en maints lieux, celuy qui passe l’eau aux allans et venans, est appelé Pontonier, qu’on dit en autres endroits Passagier, et Barquerol pour le mesme.

Bac, pour vaisseau à naviger. Selon ce on dit Bachot estre la nacelle de peu de port à passer outre la riviere, et pour gens de pied. Car Bacquet, qui est aussi diminutif de Bac, signifie une forme de vaisseau à recevoir le vin sous un tonneau, ou l’eau degouttant d’une fontaine, dans laquelle on fait provision d’eau pour le mesnage.

Bacchanales, estoient les festes et solemnitez, que les anciens infideles celebroient en l’honneur de Bacchus, lequel par leur erreur ils estimoient estre le Dieu des vins, et vignes et des yvrongnes, Bacchanalia, Bacchanaliorum.

Bacele, en ancien langage François signifie Chastellenie, en la carte gallicane. Item pour faire un Baron. c’est quand un Chevalier ou Escuyer a la terre de quatre Baceles, c’est à dire quatre chastellenies terriennes ayant droit de haute justice moyenne et basse. Si on le prononce à la mode des Picards, on dira Bachele, dont vient Bachelier.

Bachelier, m. acu. est le premier degré que prennent ceux qui estudient en theologie, en droit, ou en medecine. Qui e tyronibus excessit, apres lequel est le degré de Licentié, puis celuy de Docteur. C’est aussi le premier degré de tiltre entre nobles, dont le prochain en montant, est Banneret, puis Baron, Gaguin au couronnement de Montjoye roy d’armes: Vous irez à tous les Princes, Comtes, Vicomtes, Barons, Bannerets, Bacheliers, et autres nobles hommes tenans dignitez, ou autres fiefs nobles, etc. voyez Bacele.

Un jeune Bachelier en armes, Neoptolemus, Tyro.

Bachelage apprentissage, Tyrocinium.

Bachoue, f. penac. est une espece de hotte, mais applatie des deux costez, au lieu que la hotte est ventruë, et sert à tenir vin, pour en estre l’osier fort serré, et poissé, et à porter la vendange, mesme quand elle est foulée à la vigne.

Bachu, m. acut. et le faut prononcer comme le kh des Grecs. Est la mer que les anciens appeloient Hyrcanum, ores Caspium, & ores Scithicum, à cause des regions d’Hyrcanie, et Scythie, et de la nation des Caspies, qui luy sont delez, laquelle est congregée du flus de la Volga, autrement ditte Rha, et de la Soana, autrement ditte Terchin, et autres rivieres. Il a ce nom mer, de Bachu (et non comme aucuns dient de Abacuc, ne d’Abacut, ne d’abacuch, ne de Bacans) à cause de la ville de Bachu assise sur le rivage d’iceluy, comme il est aussi appelé mer de Sella, à cause de Sella, ville assise sur le bord d’iceluy.

Bacile, quasi baticula, forma vtique diminutiua a Batis, Aucuns l’appellent Percepierre.

Une sorte d’herbe qu’on appelle de la bacille, ou creste marine, de quoy on use


és sallades, Bathis Crithmon.

Bacler, ver. act. acut. est fermer huys, ou fenestre avec un baston par dedans, Pessulum foribus obdere, Fores pessulo occludere, Et s’entend de ce petit baston ou cheville d’un pied de long, ou environ, qui ferme l’huis, en maniere de verroil de fer: Ce qui est usité entre gens de village, et pour raison duquel, on dit aussi cheviller la porte, en maintes contrées de ce royaume. Selon ce on dit tout y est fermé et baclé, Nihil non occlusum, Est pessulo etiam obdito. Car quant est de barrer, comme quand le Languedoc et nations adjacentes disent barrar la porte, c’est fermer la porte avec une grosse barre, qui la contretient par dedans, passant d’un jambage en l’autre par les travers de ladite porte. Bacler selon la raison et usage dessusdite, peut estre deduit de ce verbe Latin inusité Baculare, qui est fait du nom Latin, Baculus, et ce par syncope de la voyele v. tout ainsi que par ces mots Siecle, et Miracle, sont faits de ces deux Latins, Seculum, & Miraculum.

Bacon, Lugd. et Delphin. idem est quod nobis, Lard, Lardum.

Bacquaige, voyez Bagaige.

Bacquet, m. acut. est appelé ce petit vaisseau de bois encercelé, rond ou quarré, et bas de bord, qui est propre et usité à recevoir, soit du vin, soit de l’eau, degouttant d’un tonneau, d’une cuve, ou d’une fontaine, ou bien à mettre quelque chose non liquide. Le Foüilloux au livre de la Venerie, ch. 12. parlant des appartenances du Chenin: Il est aussi necessaire d’avoir de petits bacquets de bois pour mettre leur pain, qui doit estre rompu et decouppé par petits lopins dedans. Lesquels Bacquets, il depeint et figure quarrez.

Bacqueter, act. acut. Est vuider l’eau, soit d’une riviere, soit d’autre lieu, par bacquets, ou grandes auges, pour rendre à sec l’endroit de laditte riviere où l’on veut piloter et bastir. Ce qui se fait avec des grands pieux, drus et serrez, emmantelez et revestus d’ais renforcez par le dedans à force de sable, qui excluent le courant de l’eau, du lieu qu’il convient baqueter, et mettre à sec de l’eau, ainsi qu’on fait quand on veut eslever un pont de pierre sur le courant d’une riviere: Car à chasque pile, ou piliers des arcades dudit pont, il faut baqueter l’eau.

Bacul, de mulet, Postilena.

Badaut, Badaude, Badelori, Badin, Ineptus Bardus, voyez Abbaïer.

Badeladre, m. p. est une maniere d’espée à un dos et un trenchant large et courbant en croissant vers la pointe, ainsi que le cimeterre des Turcs. Nicole Gilles en ses annales parlant de Charles le Chauve, Il contemnoit de vivre et soy habiller à la maniere des François, et se gouvernoit à la maniere des Gregeois. Il avoit volontiers vestu une grande Dalmatique, qui luy venoit jusques aux talons, et avoit la teste enveloppée d’un couvrechef de soye, ainsi comme on peint le grand Souldan de Babylone, et portoit une couronne dessus, et tousjours avoit à son costé un grand badelaire turquois. Ensis falcatus. Ant. Nebrissen. Charlemaigne és lettres closes par luy, escrites à Offlas, Roy des Merciours, le rend par Gladius huniscus. voyez Baudrier & Cimeterre.

Badiner, Ineptire.

Badinage, Badinerie, Nugæ.

Baffroy, Baffray, Buffroy, & Beffroy, (Caron le prononce en toutes ces façons) m. ac. est vn taudis & charpenterie faite de poutres esleuées de montans & croix S. André ou Bourguignonnes entre iceux, sur vne plateforme quarrée, en vn ou deux, ou plusieurs estages quarrez. Castellum trabearium, Et parce que telle charpente est vsitée aux clochers des Eglises, à y pendre & eriger les cloches, on appelle en quelques lieux des noms susdits vne bien grande & maistresse cloche, d’vne Eglise & mesme le maistre horologe d’vne grande ville. Le Baffroy sonne. i. la maistresse cloche sonne. Ce qui se fait ou en vne liesse publique, ou en vne alarme, & effroy d’vne commune. Baffray aussi se prend pour vne bastille faite de charpente, de laquelle les assiege ans battent les assiegez, comme d’vn petit fort, se retrayans en icelle aux saillies qu’on fait sur eux. Ainsi en vse Eng. de Monstrelet.

bagadet, voyez Mesopotamie.

Bagage, m. pen. C’est le menu equipage que les gens de guerre font porter apres eux, ou sur charretes, ou sur sommiers, ou sur le dos des goujards, et par consequent se prend aussi pour les chartiers, muletiers, et goujards, portans et menans ce bagage, Impedimenta, ac Sarcinae, Liu. lib. 23. comme le bagage suyvoit de pres l’armée. Impedimenta proxime insistebant exercitui, Et le bagage a esté defait Muliones, Aurigae ac calones pessum ierunt. Il vient de ce mot Bagues en pluriel, qui signifie hardes. Selon ce on dit en capitulation de guerre, ils s’en sont allez bagues sauues. Vt impedimenta asportarent pactum est. Ne de sarcinis atque impedimentis quicquam militibus detraheretur pactum est, Supellectili impedimentísque incolumibus expresserunt. Liu. lib. 23.

Gensdarmes prests sans bagage, Expediti equites.

Secours de guerre qui ne meine point grand bagage, Expedita subsidia.

Bestes seruans à porter le bagage, Iumenta sarcinaria.

Amasser son bagage, Sarcinas aut vasa colligere.

Trousser son bagage, Colligere vasa. Budaeus ex Cicerone.

Bague, f. C’est proprement vn anneau ou autre ioyau, où il y a pierre precieuse, vne, ou plusieurs. Ian le Maire és illustrations de Gaulle : Vn coursier houssé d’orfeurerie, & de campanes, & poiretes d’argent, l’estoille d’or au front, vne bague de dix esmeraudes au poitral. Mais en pluriel, Bagues se prend pour tous affiquets d’or ou d’argent d’vne femme, soient anneaux pendans, carcans, fermeillets, chaines ou autres. Selon qu’on dit, vne femme bien baguée, c’est à dire bien assortie de bagues. Et pour hardes voyez Bagages. Bague aussi est l’anneau qu’on ped à vne potence du bout d’vne lice ou carriere de cheual, dans laquelle les coureurs taschent de mettre leur lance, pour gaigner le pris. Selo quoy on dit courir la bague, pour tascher en pleine course de cheual mettre la lance dans ladite bague, & il a gaigné la bague, pour Il a emporté le pris, Brabium.

Vne baque qui se pend au col d’vne personne, Monile, Bulla.

Petites bagues ou affiquets pendus au tendron des oreilles, Inauris.

Moy, mes gens, & mes bagues, Vasa, comitésque mei. B. ex Liuio.

Baguenauder, Tu ne fais que Baguenauder, Nihil aliud quam nugaris.

Baguenaudeur, Nugator.

Baguenaudier, petit arbre ainsi appelé, Colutea, ou Colytea.

Baguette, f. est vne verge longuette & desliée, qu’on porte communémet à cheual. l’Italien dit Baccheta, & bagheta. Mais la baguette des veneurs est vne verge plus renforcée que la dessusdicte, de la grosseur de deux ou trois poulces par la poignée, & de six ou sept pieds de long, qui leur sert pour battre les chiens en chassant quand ils faillent : laquelle baguete, ils ont vs & coustume ceremonieuse de porter verde & à tout son escorce en esté, & en hyuer escorcée & blanche.

Bahu, m. acut. Et coffre de (ou à) Bahu, est vn coffre couuert de cuir à bandes de lames de fer, clouées à petits clouds. Il y en a qui cuident qu’il vient de ce verbe Latin, Baiulo, parce qu’on en vse à porter des hardes sur des mulets, qui partant sont appelez mulets de coffres. Muli baiuli. L’Alemand dit bien, Bahaltnuss, pour armoire, Armarium, & Bahalten, pour garder, mettre en garde en coffre, ou armoire, ou autre lieu, quelque chose, Seruare, reponere, reseruare.

Arca camerata, Cista.

Bai, Baiard, voyez Bay.

Baie, Bacca lauri,

Bailler, Attribuere, Conferre, Erogare, Praebere, Propinare, Tradere, Transcribere, Tribuere. Semble qu’il vienne de βάλλω, id est mitto, Car celuy qui baille, emittit à se.

Bailler & deliurer, Praestare, dare.

Bailler à louage, ou à ferme, Ablucare, Elocare.

Bailler à ceux qui viendront apres nous, Posteris prodere.

Bailler à cognoistre ce qu’il faut faire, ou ce qui est à auenir, Praemonstrare.

Bailler à entendre, & enseigner, Edisserere.

Bailler fort à faire, Negotium exhibere.

Bailler en don, Donare.

Bailler en garde, Credere alicui aliquid, Concredere.

Bailler à credit, Credere.

Bailler à vsure, Dare foenori.

Bailler caution, pleige, respondant. Fideiubere, Satisdare, Cauere.

Bailler en gage, Dare pignori. Oppignerare.

Bailler congé, Exauthorare, Ablegare, Dimittere.

Bailler à quelqu’vn blasme, Causas in aliquem congerere.

Bailler charge, Mandare.

Bailler à quelqu’vn la charge de loüer vn autre, Tribuere alicui praeconium.

Bailler la chasse, Calcar admouere.

Bailler de l’vn à l’autre l’administration d’vne Prouince, Prouinciam per manus tradere.

Bailler contrepois, Saburrare.

Bailler quelque couleur, Praetexere.

Bailler vn coup, Imponere vulnus, vel Infligere vulnus.

Bailler vn souflet en la iouë, Colaphum incutere, vel infligere, Ducere colaphum alicui.

Bailler vn coup de poing bien serré, Pugnum impingere.

Dieu baille courage, Deus ipse animos sufficit.

Bailler ou apporter dons à quelqu’vn de tous costez, Dona alicui coferre. Bailler vn chaumouflet, Fumidi linteoli nidorem è cucullo chartaceo in nasum inflare, vel inspirare.

Ie luy bailleray sur le dos, Ipse mihi tergo pœnas pendet.

Bailler les noms des tesmoins, Edere nomina testium. Cic. 4. in Verrem. Liu. lib. 10. bell. pugnici.

Baille de l’eau pour lauer les mains, Cedo aquam manibus.


Bailler sa fille en mariage, Filiam nuptum dare, vel nuptui,

Bailler tour, Diem alicui dicere.

Bailler loy à la ville, Legem ciuitati constituere.

Baille çà la main. Cedo manum siue dextram. B. ex Terentio. Fer contra manum.

Bailler vne œillade, Limis aspicere. Bud. ex Quintiliano.

Bailler des requestes pour faire iuger son procez, Supplicibus libellis flagitare vt curia sibi vacet, vt sibi Curia in consilium eat.

Parties appointées à escrire & respondre, ou bailler additions de huitaine en huitaine, Ligatores octonis diebus scribere vicissim, rescriberéque iussi.

Bailler griefs, Commentarium querulum edere.

Bailler saluations de tesmoins, Maledictis testes infamantibus & eleuantibus rescribere, Argumentis probrosis rescribere, Maledicta probrosa scripto diluere.

Bailler requeste pour auoir communication & copie de quelques actes par les mains du greffier, Libello supplici postulare actorum sibi inspiciendorum potestatem fieri per scribámque describendorum.

Bailler ou tendre la main à aucun, In aliquem manum intentare.

Bailler la main l’vn à l’uatre, Dextras interiungere.

Bailler nom aux choses, Notare res nominibus nouis.

Bailler or pour or, Expendere aurum auro.

Ie le vous baille pour tel qu’on me l’a baillé, Non facio litem meam. B. ex Gellio.

Bailler la pelotte l’vn à l’autre, Pelotter, Datatim ludere.

Bailler la reuange, Certaminis potestatem reddere, lusus repetendi copiam facere.

On luy a baillé sergeans pour faire les cotraintes, Assignati apparitores.

Bailler sa terre à hoüer à pris d’argent, Locare, agrum fodiendum.

Bailler plusieurs tormens, Excarnificare.

Baillez à cet homme ce qu’il demāde, Hominem istum quamprimum absoluitote.

Bailler ce qui est necessaire pendant qu’on est en la prouince, Vsum Prouinciæ supplere.

Bailler ce qu’on a promis, Diem promissorum repræsentare, Exhibere promissum.

Ie ne t’en baillerois pas cela, en demonstrant quelque chose qui ne vaut rien, Istoc vilius.

Bailler vn pour autre, Mutare aliquid cum altero.

Bailler à rente, Praedium oppignerare annua pensitatione.

Ie le te baille sur ta conscience, Hoc credo religioni tuæ.

Bailler vent, Relaxatis spiramentis aërem infundere.

Bailler autant à l’vn comme a l’autre, Aequare.

Bailler par escrit & declaration, Edere scriptum.

Bailler par escrit le double ou copie de quelque chose, Exscribere alicui.

On n’en baille plus tant, Pretium abiit.

A qui on a baillé quelque chose en garde, Depositarius.

L’office baillée à celuy à qui elle appartenoit, & en estoit digne, In loco posita ædilitas.

Mettre quelqu’vn en la baillie d’aucun, sous l’esperance qu’on a de sa foy, & du bon traitement, Deponere libertum apud fidem alicuius.

Baillé & donné. Praebitus, Tributus, Attributus, Erogatus.

Ce qui est baillé de nature à vne chacune bonne personne, Id quod optimo cuique natura tributum est.

Baillé en garde, Commendatus.

Bail, Traditio.

Bail à ferme, Bail à louage, Ablocatio, Elocatio, Contractus elocationis.

Baillement, Traditio, Tributio.

Bailleur, Praebitor, Tributor.

Bailleur de beaux iours, Nugator, Crestologus.

Baillet, ou Paillet, Couleur baillet, ou de paille, Heluus color.

Baillet, Qui a vne tache ou estoille au front, Nigram medio frontem distinctus ab albo Instrumentum quo alicuius rei traditio alteri sub certa pensitatione fit. De là vient Bail à ferme, Bail à louage, locatio.

Bail à rete, ou Bail d’heritage, Emphyteusis, Ie ne veux pas affirmer que ce mot vienne de des Hebrieux, mais est autant que Bailler, Tradere.

Baillistre, Tutor datiuus, par ce que le iuge le baille aux mineurs.

Bailli, Dioecetes, dioecetae, Nomarcha. B. Ainsi appelé, parce qu’il a en sa baillie, c’est à dire soubs son gouuernement, & iurisdiction, ceux de son bailliage. Et notez qu’au pais de Langue d’ouy on appelle communéement Bailly celuy qui és pays de Languedoc & adiaces on appelle Seneschal, Combien que audit pays de Langue d’ouy il y ait aussi quelques Seneschaux. Le Languedoc dit Baile en masculin pour le magistrat du village, Et Baile en feminin pour vne nourrice, le tout de Baillie, par ce que tant ledit magistrat a en son gouuernement le village, que aussi la nourrice son nourrisson.

Bailliage, Dioecesis, Iuridicatus, Praefectura, Prouinciæ. Bailliages ou Seneschaucées, Municipia, Præfecturæ & dioeceses, Nomarchiæ, Nomi, Toparchiæ. B.

Baillie, Puissance, mandement & authorité, Ie ne vueil estre en ta baillie & gouuernement, Berinus, Ils seront en vostre baillie. Guy de Warich, c'est à dire puissance, seigneurie & domination.

Baillon, Epistomium.

Baillonner, Iniicere epistomium.

Bain, Balneum, Balinæum.

Le lieu en la maison où sont les bains & estuues, Balnearium.

Maistre des bains ou estuues, Balneator.

Appartenant à bains, Balnearius.

Baigner en quelque liqueur, Insuccare.

Baignoire, Labrum.

Baiser quelqu'vn, Basiare, Affigere osculum, Aliquem osculo impertire, Osculum dare, aut ferre, aut pagere, Osculari, Suauium dare, aut facere, Sumere suauium, Suauiari.

Baiser quelque chose, Libare aliquid. B.

Baiser hastiuement en passant, Osculum ingerere.

Baiser, ou estre baisé, Osculari, Exosculari.

Baiser doucement, Dissauiari.

Baiser estroittement, Deosculari.

Baiser sa fille, Oscula libare natæ.

Baiser quelqu'vn en rendant l'ame, Extremum spiritum alicuius excipere.

Baiser la terre, Contingere terram osculo.

Baise-la à ma requeste, Ei meis verbis suauium des.

Il ne baisoit pas de bon cœur, il n'y prenoit pas grand plaisir, Osculum illud fuit, non suauium.

Baisoter, Oscula subinde repetere.

Vn baiser, Basium, Osculum, Suauium.

Ie ne parle point des baisers & accolées, Ie n'en fay conte, Mitto iam osculari atque amplexari, id nihil puto.

Baiseur, Basiator.

Baisement, Basiatio, Osculatio, Exosculatio, Suauiatio.

Baisser, Se baisser pour saccoutter à l'oreille d'autruy, Dimittere se ad aurem alicuius.

Au baisser des lances, i. In concursu lanceariorum.

Baisser la teste, Demittere caput, Submittere verticem vel Deprimere.

Baisse les oreilles, Demitte auriculas.

Le iour se baisse & s'en va, Inclinat dies.

Baissé contre terre, Humilis.

Baissement de sourcils, Remissio & contractio superciliorum.

Bal, Danse, Saltatio, Chorea, , tripudio , tripudium, saltatio, quae ad tympana crepitantia, vel etiam ad cymbala desaltabatur.

Baller, danser, Saltare.

Balleur, danseur, Saltator.

Balade, Rhythmus, Homoeoteleuton. B.

Balance, Libra.

La balance d'vn Orfeure, Stratera, Trutina.

Quand la balance ne pend ne d'vn costé ne d'autre, & ne trebuche point, Æquilibrium.

Qui tient vne balance à la main, & pese quelque chose, Libripens, libripendis.

L'aigle se balance d'en haut, Librat se ex alto aquila.

Estre en grand balance d'aller ou ne bouger, hoc est, en doute.

Balancer, Librare. Balancer par metaphore, c'est pancher sans arrest, ores d'vn costé ores de l'autre, comme, Il balança longuement entre les deux opinions, & à la fin s'arresta en celle du Roy. Ainsi dit par ce que les bonnes balances s'entre-branlent trois ou quatre tours auant se tenir en arrest. Et le Cerf en termes de venerie est dit balancer, quand il fuit tantost d'vn costé tanstost d'autre sans fuite arrestée & certaine, ne sçachant quelle garite suiure.

Balancer la grandeur de l'estat d'vn Roy, c'est à dire, peser & bien considerer, Perpendere, Librare.

Balancer vne chose à vne autre, ou contre vne autre, c'est à dire, en faire comparaison, Contre-peser, Conferre.

Balancement, Libramen.

Balancines en fait de nauires, Sont deux petites cordes passans par les deux poulies amarrées aux deux costez de la poulie guinderesse tenans chacune à vn bout de la vergue du beaupré afin de soustenir balancer & tenir droite ladite vergue : duquel effet elles tiennent leur-dit nom.

Vn Balay, Scopæ, scoparum, Euerriculum.

Vn petit balay, Scopula.

Balier & nettoyer, Verrere, Conuerrere, Deuerrere, Euerrere.

Nettier ou nettoyer au balay, est tout emporter sans rien laisser, metaphore prinse des Orfeures & autres, Qui ramenta aurea & argentea scopis coaceruant. Conuasare, Corradere. Rabbi Scelonoh ben Gabirol en vn sien poëme l'a dit ainsi, i. Scopauit regnum Nabatheorum, diripuit, spoliauitque rebus planè omnibus, conuasauit in prædam.

Balieur de maison, Scoparius.

Les balieures de la maison, Nauci, Quisquiliæ.



baldac, voyez Mesopotamie.

Bale, Vne bale à ioüer, Follis.

Vn Balon, Folliculus.

Bale de fourment ou d'auoine, Acus, aceris, Folliculus, Siliqua.

Bale de marchandise, Fascis mercium, voyez Balles.

Vn balon, c'est à dire, petite bale, Fasciculus.

baleaires, Sont deux Isles en la mer d'Espagne, maintenant dites Maiorque & Minorque, Baleares insulæ.

Vne Baleine, Balaena.

Baligaut, Vn grand baligaut, & Maudolé, Caliga Maximini.

Baliueau, m. S'appelle l'arbre qu'on laisse debout, quand on abbat quelque taillis.

Balles, voyez Bale. Ce mot semble venir de βάλλω, id est mitto : pource qu'elles se font pour enuoyer dehors.

Balsamine, Autrement Pomme de Ierusalem, ou de merueille, Balsamine, balsamines, ainsi nommée à cause de la merueilleuse vertu & efficace qu'a l'huyle faite de ce fruit, à conglutiner & refermer toutes playes comme le baume.

Des Balustres, Fleurs d'vn Grenadier sauuage, Balaustium.

Balustres de menuysier.

Banier, ou Bannier, voyez Ban.

Banies, sont criées faites par authorité du Seigneur, ou de ses officiers.

Banir, C'est faire criées par mandement du Seigneur, ou de ses officiers.

Ban, m. C'est cry publique à voix ou son de trompe, Proclamatio per praeconem. Il fit cryer vn ban, en Oolin, L'Italien l'appelle aussi Bando. Et tant les criées faites des biens vaccans dans le fief d'aucun Seigneur que les publications faites au prone de l'Eglise d'vn futur mariage sont par mesme raison appelées Bans, Denunciationes bonoru vacantiu aut futuri coniugij. Ban aussi & arriere-ban signifie la conuocation, assemblée & trouppe des nobles d'vne Seneschaucée ou Bailliage tenans fiefs ou arriere-fiefs au dedans des enclaues desdits Seneschaucée ou Bailliage, Nobilium conuentus, Liu. lib. 23. Et ce selon ladite energie du mot ban, parce que telle Conuocation & mandement se fait par cry publique & son de trompe en la ville capitale desdits Seneschaucée ou Bailliage, en laquelle au iour à eux assigné tant iceux feudataires & arriere-feudataires sont à haute voix appelez, & a tour de roolle par les noms & tiltres de leurs dits fiefs ou arriere-fiefs. Mais qui voudroit tirer ce mot Ban François, de cest autre Bann Allemant, qui signifie vn Champ, ce ne seroit sans quelque couleur de raison : Car tout ainsi que Feudum & retrofeudum Latinizez, & fief & arriere-fief François viennent de Feld Allemant, qui aussi signifie vn Champ, estant le fief vn territoire, marche, ou contrée assignée à bailler par inuestiture au gendarme on soldart à la charge de certain deuoir, seruice, foy, hommage & recognoissance de subiection enuers celuy qui a droit d'en faire inuestiture & assignation : par mesmes raisons de Bann Allemant qui aussi signifie Champ, peuuent venir Ban & arriere-ban François, d'autant que les suiets audit ban & arriere-ban sont ceux qui tiennent les territoires, marches, ou contrées par la ferme & aux champs, ainsi que dit est, A cause desquels tenemens ils sont obligez ausdits deuoirs, seruice, foy, hommage & recognoissance de subiection enuers ceux qui en ont fait l'octroy & inuestiture, ou enuers ceux qui d'eux ont droit & cause. Suiuant cette deduction, Four & moulin Banier, ou Bannier (selon l'orthographe dudit mot Allemant) qu'on dit aussi four, & moulin à ban ou bannal, sera entendu le four & moulin du Bann, c'est à dire du champ, territoire, marche ou contrée ainsi que dit est, baillé & assigné, duquel four & moulin le feudataire est tenu bailler sa declaration on adueu, comme de membres appartenances & dependances de son Bann, c'est à dire de son fief, ayant droit à cause desdits four & moulins Banniers, ou Bannals, ou à ban, de contraindre ses suiets estagiers du bourg où ledit four est assis d'y venir fournier & cuyre leur pain, & acquiter le profit du fournage, & les estagiers coustumiers là demeurans dans la banlieue dudit moulin d'y venir moudre leur bled. Lesquels feudataires au temps de la premiere institution & octroy des fiefs, auoient four & moulin Banniers, si la concession & octroy de leur fief le portoit par expres, & no ia par vertu de leur fief nuëmet, mais depuis que les fiefs ont prins forme & regle de droit coustumier selon le degré de iustice que le feudataire a en son fief & selo la coustume du païs, qui n'est pas la mesmes toutes pars, Il est fondé ou non fondé, d'auoir four ou moulin à Ban.

Appeler à ban & fiches, est appeler vn absent à cry public & attache d'affiches aux lieux publiques, Absentes aut latitantes denunciationibus, edictis ac libellis euocare. B.

Rappeau de ban, Commeatus, remeatusque liber extorridatus codicillis regis.

Ban & arriere-ban, Euocatio & subeuocatio. B.

Crier le ban & arriere-ban, Euocationem & beneficiariorum militum conuentum in diem certam edicere. Liu. lib. 22. Nobilium qui fun dos beneficiarios possident sublatis vacationibus edicere.

Qui mene le ban, Praefectus euocatorum, ex Cic.

Banc, ou siege, Abacus, Scabile, Scamnum, Sella, Semble qu'il vient d' Abacus.

Banc d'argentier, Taberna argentaria.

Bancs qui sont bas, Subsellia, subselliorum. Les bancs sur lesquels sont assis ceux qui gaschent & tirēt à l'auiron, Transtra, Transtrorum.

Bancs de Procureurs, Plutei cognitorij.

Bancs en fait de marine sont ces longs dossiers de sable emmoncelez dans la mer, qui font briser le flot contre. Ils sont ainsi appelez, parce que tels dos longs sont esleuez comme heurt parsus l'autre sable, comme les bancs par-dessus le plain.

Bande, f. penac. Aucuns escriuent Bende, mais est prononcé par a obscur, selon la regle de la voyele c, quand elle est en mesme syllabe auec la consone n, horsmis és tierces personnes plurieles des verbes, & signifie proprement vne piece de quelque estoffe que ce soit, longue & estroitte, Fascia. Selon ce on dit, Vne robe bandée de velours, satin, taffetas, toile d'or ou d'argent. Et en fait d'armoiries, vne Bande est celle qui estant plus large que n'est le baston, ne la cotice, descend par trauers de la teste au fonds de l'escu. Et en cas d'embattage de roües, Bande est la piece de fer de la largeur du dos de la roüe, laquelle est cloüée à clouds de bande sur le dos de ladite roüe. Et entre Chirurgiens, Bande est le drappeau taillé long & estroit, dont ils bandent les medicaments par eux appliquez aux blessez & malades, dont les diminutifs sont Bandeau & Bandelette. Et parce qu'anciennement, comme fait-on encores, les Ensegnes des gents de guerre, estoient faites de plusieurs telles bandes de diuerses couleurs, cousues ensemble, dont paraduenture sont venus les mots de Badiere & Banderole (si mieux on n'aime que l'vn & l'autre descendent de Ban) on appelle Bade en fait militaire, la compagnie de soldats assemblée & marchant sous vne telle bandiere, dont viet par composition le verbe desbander, & cette maniere de parler, à la desbandée, comme quad on dit, Ils se sont desbandez & marchent à la desbandée, c. sans suiure leur Ensegne. Et par translation on appelle Bande, quelque copagnie que ce soit d'hommes ou de femmes, ou d'eux deux ensemble, quand ils vont en trouppe, comme, Voila belle bande, &, Ils sont belle bande, c. belle compagnie. Et par mesme figure dit-on quelques-vns s'estre bandez contre vn tel, c. coniurez, qui ont promis ensemble vne ligue & factio au preiudice d'vn tel, Coniurati, parce que comme l'homme de guerre se venant mettre sous vne Bandiere & Ensegne, fait serment de n'abandonner sa Bande, marcher & combattre à outrance en icelle : ainsi ceux qui se bandent (c'est à dire, qui se mettent de compagnie, comme s'ils deuoient marcher sous vne Ensegne) contre aucun, se font le serment l'vn à l'autre de ne s'abandonner, ce que le mot Latin Coniurati importe.

La bande ioyeuse, Thiasus hilaritatis, Thiasotae hilarium.

Qui sont de la bande ioyeuse, Synthiasotae hilaritatis. B.

Bande d'hommes, Grex hominum, Caterua, atque conuentus.

Bande & compagnie tres-courtoise des poursuiuans, Officiosissima natio candidatorum.

Bande de gens de guerre, Copia & Copiae.

Petite bande de gens de guerre, Copiola.

Vne bande de gens de pied, Peditatus, Caterua.

Vne bande de gens à pied des plus gentils compagnons qui fussent en tout l'ost des Romains, qui estoient gardez pour les derniers mets, si les deux premieres bandes estoient deffaites ou repoussées, Triarij, triariorum.

Bande de gens-d'armes, Turma.

Vne bande de dix hommes, Decuria.

Vne bande de gens de guerre contenant 1250. hommes, Cohors.

Vne ancienne bande de gens de guerre des plus robustes, comme de l'aage de trente à trente cinq ans, Principia, plurale.

La bande de quelque Capitaine, ou toute vne armée, Manus.

Les bandes des legions, Legionariae cohortes.

Les cinq bades des hommes d'armes Romains assistans pour conseil aux magistrats Romains cognoissans des causes criminelles, Decuriae.

Qui est d'vne mesme bande, Turmalis.

De sa bande, Ex suo numero.

Ceux de la bande, Gregales tui.

Qui est de la bande ou compagnie, Manipularis.

Qui estoient de la premiere bande, Classici.

Qui estoit de la seconde bande apres Crassus, Qui erat M. Crassi quasi secundarius.

Couché au rolle de la bande, Centuriatus.

Vne armée sur la mer, partie en deux bandes, Bipartitò classis distributa.

Distribuer en cinq bandes, In quin que classes distribuere.

Enroller aux bandes, In numeros referre.

Il n'est pas encore enrollé aux bandes, Neque adhuc nomen eius in numeros relatum est.

Distribuer par bandes, Centuriare.

Desployer ses bandes, & mettre en ordonnance, Explicare agmen dicuntur imperatores.

Se diuiser & faire bande à part, Secedere, Secessionem facere.

Par bandes, Castellatim, Cateruatim, Manipulatim, Turmatim.

Par petites bandes, Cuneatim.

Mettre par bandes & enroller des serfs, Seruorum vicatim tota vrbe celebrare descriptionem.

Mis par bandes, Aequati numero.

Ordonner par bandes, Distribuere in numeros.

Apres qu'ils estoient assemblez & ordonnez par bandes, Vbi ad decuriatum aut centuriatum conuenissent.


Diuiser & rediger par bandes, Decuriare.

Vne bande & ligue, Factio.

Vne bande ou ruben de teste, Vitta.

Vne bande ou bandelette, comme celle dequoy on lie les petis enfans, Fascia.

Bandes de fer crochues par le bout, Hami ferrei.

Bande qu'on met autour d'vn habillement, Limbus.

Bander, Fasciare, Caput lana alligare.

Bander ou bender vn arc, Arcum intendere, Curuare, Sinuare, Flectere, Lentare, Lunare, Tendere.

I'ay paour que tu ne bandes si fort ton arc, que tu men rompes la corde, Vereor ne istaec fortitudo in neruum erumpat denique.

Bander les yeux, ou la teste, comme quad on veut coupper la teste à vn homme, Obnubere caput. B. ex Liuio.

Quand les auditeurs se bandent & fauorisent à diuerses parties, Diductu in partes audientium studium.

Quand on bande les yeux à aucun, Obductio capitis.

Bandé, Vittatus.

Arc bandé, Tensus arcus, Contentus, Intentus, Sinuatus.

Bandage d'arc, Intensio arcus.

Vn bandeau, ou fronteau, Pittacium.

Bandelette, Tenia.

Banderolle, C'est vne petite bandiere & baniere telle qu'ou porte au bout d'vne lance, ou qu'on met au haut des arbres d'vn nauire. Aucuns dient Bannerolle, Vexillulum.

Bandon, m. acut. C'est liberté & licence de faire ou dire, Indulgentia, licentia, venia, voyez Abbandon.

Bandon, Indulgentia, Licentia.

Donner bandon à aucun, Indulgere.

Bailler trop de bandon à aucun, Luxuriosè, nimisque liberaliter habere aliquem.

En permettant & donnant bandon, Indulgenter.

Banier, Moulin banier, ou à ban, Moletrina publica, voyez Ban.

Four banier, ou bannal, ou à ban, Furnus publicus, voyez Ban.

Baniere, Vexillum, Signum.

Banir, ou Bannir, Exilio afficere, In exilium agere, Relegare, Ciuitate alicui adimere, Redigere ad (vel in) peregrinitatem, Proscribere.

Banir à son de trompe, Præconio promulgare & proscribere.

Banir quelqu'vn, & le priuer de la presence du Senat, Eripere alicui cospectum Senatus.

Il auoit mieux aimé se banir, que demeurer en son païs, Exilium patria sede mutauerat.

Se banir soy-mesme, & de son bongré, Exilium suscipere, In exilium abire, In voluntarium exilium concedere.

Banir & chasser hors des fins & limites, Exterminare.

Estre bani, Exulare, Ire in exilium, Nomen exulis subire, Ciuitatem amittere.

Estre bani de la Cour, Excuriari, Curia excludi.

Bani, & ses biens declarez confisquez, proscriptus, bonáque eius adnotata.

Estre bani à tousiours, Aetatem exulare, Perpetuo exilio mulctatum esse.

Bani de la preuosté. Reus abstinere finibus praefecturae iussus.

Bani de la ville & fauxbourgs, Iussus excedere pomoeriis & suburbanis.

Bani d'Asie, Desertor Asiae.

Vn bani, Apolis, Extorris, Exul, Proscriptus.

Venir à auoir le nom de bani, Nomen exulis subire.

Banissement, Eiectio, Exilium, Relegatio, Ademptio ciuitatis, Proscriptio.

Banissement de citoyen, Expulsio ciuium.

Malefice puni par bannissement, Multatum exilio maleficium.

Mettre au neant vn banissement & confiscation de corps & de biens, Hominis & bonorum adnotationem circumscribere.

Ban-lieuë, f. C'est la contrée en distance d'vne lieuë seant aux enuirons d'vne ville qui est censée de mesme droit & priuilege que la ville, Suburbana praedia intra primum lapidem.

En la ville & ban-lieuë, In vrbe & ad primum lapidem, vel ad mille passuum suburbanorum.

Hors la ban-lieuë, Extra primum lapidem.

Vne Banne & grand panier, Cista.

Banneret, voyez Baron.

Bannerolle, voyez Banderolle.

Banniere, ou Baniere, Vexillum, Signum. Aucuns estiment ce mot venir de Bann Allemāt, qui vaut autāt que feld, & signifie champ & consequemment fief, ou champ fieffé, & l'estiment d'autant que nul ne portoit bannieres anciennement sinon les Banneretz, Barons, Contes, Marquis, Ducs, Princes, Rois, & Connestables, Admiraux, maistres des Arbalestriers, & Mareschaux, iaçoit qu'ils ne fussent Barons ou Banneretz, & ce par dignité de leurs offices, & ne portoient que pennons, comme si nul gentil-homme sans fief de tiltre n'eust anciennement droit d'auoir bannieres. Mais il est plus prochain voisin de Baner ou Banner aussi mot Allemant, signifiant Vexillum, Enseigne, que de Bann. Außi de Baner à Baniere, le passage en est plus court & plus aisé. Anciennement l'vsage des bannieres estoit des gents de cheual : mais depuis que ces mots de Cornette & Guidon sont suruenus, s'estant aneanty le mot de Bannieres parmy les gens de cheual, il a esté rauallé aux gens de pied, ce que monstre ce mot Bande, prins pour vne compagnie de gens de pied, qui vient de Banniere, parce que chaque compagnie de gens de pied a sa Banniere particuliere. Außi tant le Picard, que le Prouençal, & le Languedoc, pour Banniere disent Bandiere. Ainsi que fait l'Espagnol aussi, disant Vandera, pour ce mesmes. Duquel le diminutif Banderole est encores vsité entre les cheuaux legers, & és ornemens des galeres, galions & nauires. Mais lesdits gens de pied n'vsent à present que de ce mot Enseigne, tant pour Banniere que pour Bande, c'est à dire, tant pour signifier le drappeau, que pour signifier la compagnie, estant demeuré ledit mot de Baniere en vsage aux Eglises & processions, voyez Pennon.

Aller contre ou sur aucuns à Bannieres desployées, est les aller combatre, leur liurer bataille, parce que se presentant l'occasion de la bataille, toutes les Banieres sont desployées & mises au vent, pour l'ordonnance des compagnies, és bataillons & esquadrons, & du combat mesmes. Nicole Gilles en la vie de Philippe de Valois. Mais quand ceux de la ville sceurent sa venuë, ils s'armerent & allerent au marché. Et lors le Conte & Messire Robert de Fiennes vindrent contre eux à Bannieres desployées audit marché, & s'entre-batirent tres-bien, & y eut mout de gens tuez.

Banniere de France, est celle qui est portée deuant le Roy és cheuauchées militaires, armées & batailles, Francicum Liliorum vexillum. Laquelle est semée de fleurs de Lys sans nombre, ainsi que l'ancien Escu des armes de France le fut auparauant l'an 1380. que Charles sixiéme les reduit au nombre de trois. Nicole Gilles en la Chronique dudit Roy, semblablement voulut & ordonna, que là où ses predecesseurs Rois auoient porté en leurs armes vn Escu d'azur, tout semé de fleurs de Lys sans nombre, deslors en auant n'y eut que trois fleurs de Lys seulement.

Bannir, voyez Banir.

La Banque, Mensa, Trapeza, trapezae.

Ie te feray deliurer argent par la banque pour voyager, A trapezita dabo tibi viaticum.

Enuoyer de l'argent, ou faire tenir de Rome en Athenes par la banque, ou par lettres de change, Collybo pecuniam curare, vel mittere Athenas, Permutare pecuniam Athenas. B. ex Cicerone.

Banquier, Mensarius, Mensularius, Trapezita.

Vn banquier, pour Tapis à mettre sur vn banc, Stragulum abaci, Tricliniarium, Polymita tricliniaria. B.

Banquiers, ou tapis de Turquie, Polymita Phrygia.

Banqueroutte, Semble plus raisonnable Banqueroupte, c'est à dire rompuë, comme qui diroit, Banqua rupta.

Faire banqueroutte, Foro cedere, Solum vertere, Decoquere.

Banqueroutier, Decoctor.

Banquet, Coena, Concoenatio, Conuiuium, Symposium.

Banquets, quand on conuie l'vn l'autre, Circumpotatio.

Petit banquet & repeüe franche, ou l'argent que bailloient les riches Romains à ceux qui au matin à leur leuer leur venoient faire la cour, & dire le bon iour, Sportula.

Vn banquet sumptueux & magnifique, Coena pollucibilis, Dapalis coena, Epulae epularum, Lautissimum conuiuium, Polluctum, Opiparè apparatum conuiuium, Pontificalis coena, Adiicialis coena. B.

Vn grand banquet où on boit bien, Ebria coena.

Banquet où il ne faut que torcher la bouche, Asymbolu conuiuium. B.

Banquet seruy de tous mets & entre-mets, Epulum adiiciale. B.

Banquet solennel à tous venans, qui se faisoit anciennement à la dedicace d'vn temple, en vn triomphe, és funerailles, ou autrement, Epulum.

Vn banquet si abondant qu'on ne sçait lequel prendre le premier, Dubia coena.

Banquet excessif & de grande superfluité, Sumptuosa coena, Profusae epulae.

Les banquets qu'on fait le lendemain des nopces, Repotia.

Banquets qu'on faisoit és conuois & obseques des trespassez, Parentalia.

Appartenant au banquet, Epularis.

Qui est conuié ou inuité au banquet, Conuiua, Epulo.

Le iour du banquet solennel, Epularis dies.

Vaisselle seruant aux banquets, Vasa conuiuialia.

Esbatemens qui se font és banquets, Conuiuialia obiectamenta.

Boire largement au banquet, Vino largius epulas celebrare.

Se trouuer au banquet, Se conuiuio reddere.

Parmy les banquets, Ad vinum.

Accoutrer vn banquet elegamment & richement, Magnificè & splendidè ornare conuiuium.

Aller au banquet, Conuiuium inire,

Aller aux baquets de ses voisins, ou les appeler au banquet, Coplere conuiuium vicinorum.

Appeler au banquet, Accersere in conuiuium.

Apprester vn honeste banquet, Pollucere.

Faire grand banquet, Celebrare conuiuium, vel epulas, Conuiuari, Agere conuiuium.


Faire le banquet des espousailles de quelqu'vn, Sponsalia alicui praebere.

Faire le banquet le iour de sa natiuité, Natalia dare.

Faire banquet à autruy, Conuiuium haberè, Epulum facere, vel factitare.

Faire vn banquet à aucun de viandes bien appareillées, Apparatis epulis aliquem accipere.

Faire banquets des deniers de la chose publique, Conuiuari de publico.

Faire souuent banquets, Obsonitare. B.

Regretter les banquets, Deflere coenas.

Renforcer le banquet de viandes, Epulas instaurare.

Qui fait banquet, ou vn faiseur de banquets, Conuiuator, Obsonator. B. ex Terentio.

Celuy qui faisoit le banquet public au peuple à cause d'vn mortuaire, Dominus epuli.

Banqueter, Agitare conuiuium, Comessari, Compotare, Epulari.

Banqueter ensemble, Coepulari.

Apprester à manger & banqueter à aucun honestement, non point trop escharsement, ne trop largement, Commodum obsonare.

Qui banquete auec d'autres, Compransor.

En banquetant, Ad vinum.

Banqueterie, Comessatio.

Banqueteur, Comessator.

Banquetement, Epulatio.

Bans, Qu'on fait deuant les espousailles, Præconia sponsalitia, voyez Ban.

Acheter les bans, ou Estre dispensé des bans, Solui iustis sponsalitiis, Solennitatibus sponsalium solui, Trium praeconiorum quae fiunt in fanis, necessitatem redimere, voyez Ban.

Baptesme, Baptismus, vel Baptismum, vel Baptisma, baptismatis.

Baptizer, Baptizare, Purifico rore perfundere, Initiali sacramento adigi in verba christi, & rogari sacramento, on dit, Vis baptizari ?

Baptizé, In lustrari piscina mersus, Baptizatus, vel intinctus, Aqua & Spiritu interpolis.

Estre baptizé, Per aquam & Spiritum adoptari.

Prestre qui baptize, Mysticus aliptes, Lustricus aliptes.

Les fons à baptizer, Baptisterium.

Baptisecula, voyez Bleuets.

Bar, Est vne ville appartenant au Duc de Lorraine, dont toute la Conté de Barrois (qui depuis a esté erigée en Duché,) a prins le nom, & est du fief & hommage lige de la Couronne de France, Barrum. Bar aussi est vne dictio indeclinable, qui empire le mot auquel elle est iointe par composition, comme en Barlue, & Barlong, voyez Barlue & Barlong.

Les Barrois, Barrenses.

Barat, m. acut. Est tromperie, fraude, principalement en marchandise, Fraus, dolus malus, deceptio. Ainsi l'on dit, Contracter sans fraude, barat ne malengin, Benè pacisci ac sine fraudatione, Bona fide conuenire. C'est vn mot grandement vsité és pays de Languedoc, Prouence, & adiacents. Lesquels en font vn verbe actif en leur langue, Barator, c'est Barater, qui signifie tromper autruy en fait mesmement de marchandise, vendant, acheptant ou trocquant, & en vsent aussi pour trocquer ou eschanger vne chose à autre. Et outre encores en font vn nom adiectif, Baratier, & Baratiere, pour celuy ou celle qui est coustumier de frauder autruy, Fraudulentus, Fraudator, Fraudulenta, Fraudatrix.

Barater, verb. act. acut. Deceuoir, tromper, voyez Barat.

Barateur, m. acut. Decepteur, trompeur, frauduleur, voyez Barat.

Baratte, f. penac. Est vn petit barril à douues, fonds & cerceaux, de la hauteur de deux pieds, rond, large par le bas, & estroit à l'emboucheure, laquelle est à fonds leuis, ou plustost à couuerture leuisse, percée au milieu à passer le manche de l'instrument appelé Bat-beurre, par lequel trou apres que la baratte est enuiron pleine de lait, on le bat haussant & baissant ledit Bat-beurre, qui trempe dans le lait qui est dedans la baratte, tant que le beurre soit fait.

Barbacane.

Barbare, Et qui n'estpoint de nostre langage, Barbarus.

barbarie, Barbaria, vel Barbaries, Africa minor.

Appartenant aux Barbares, Barbaricus.

Barbarisme, c'est aucunefois le contraire de Ciuilité, Barbarismus.

Forest Barbarique, voyez Forest.

Barbaude, Ceruisia, Zythum.

Barbaudier, Ceruisiarius.

Barbe, f. penacut. Est proprement le poil qui croist aux ioües, leures & menton, soit à l'homme, soit à la femme, quand par grande virilité elle est ainsi velue, Barba, dont ledit mot est prins, car le poil qui croist en la teste & autres parties du corps, n'est comprins ne appelé de ce nom, ains poil, Pilum. Selon ce Clodio second Roy de France, Payen, fut surnommé non barbu, ores qu'il fust fort velu par tout son corps (comme recite Nicole Gilles en sa Chronique,) ains cheuelu sans plus. Et l'Empereur Barberousse, eut tel sur-nom à cause du teint de sa barbe, ores qu'il ne laissast d'estre pelu és autres endroits de sa personne. La barbe est marque de respect & dignité en l'homme. Et partant & les Philosophes, & les Rois l'ont portée & nourrie de tout temps. Et les adoptions ou affiliations estoient anciennemet celebrées & faites par attouchement de la barbe du pere adoptant. Nicole Gilles en la vie de Clouis, Alaric Roy des VVisigots feit feintement alliance au Roy Clouis, & par l'attouchement de sa barbe, selon la coutume ancienne, l'adopta son fils, & l'institua son heritier, par ce qu'il n'auoit nul enfant. Außi en tēps de dueil public, on la mettoit bas au temps iadis, comme recite Suetone, In Caligula. Dont les Portugais en temps de dueil par mort, font l'opposite, car ils la laissent croistre sans culture, l'an de dueil durant.

La barbe qui commence à venir, Barbe follete, Lanugo, Prima barba, Incipiens barba.

Qui n'a point encore de barbe, Imberbis, Inuestis.

Barbe de cheure, Aruncus.

La barbe d'vn coq, Palea.

Barbe fort longue, Promissa barba, vel immissa, Longa.

Commencer à auoir barbe & deuenir homme, Pubescere.

Faire à Dieu barbe de foarre, Praua religione Deum solicitare.

Barber, est faire la barbe, Tondere, Radere, Abradere, Demere barbam. Vnde Barbier, Tonsor, & esbarber, oster la barbe. Esbarbé, Impubes.

Ils faisoient la barbe & les cheueux à leur pere, Tondebant barbam & capillum patris.

Mettre en barbe à aucun, voyez Teste, en la locution, Mettre en teste. Opponere. Lui. lib. 23.

Vne herbe appelée barbe de bouc, Come, Tragopogon, Hirci barba.

Barbes, Maladie & pustules qui viennent és langues des cheuaux, Ranae, ranarum.

Barbet, Barbatulus.

Barbette, Barbula.

Barbu, Barbatus.

Barbier, Tonsor.

Vn Barbier rait l'autre, Tonsores inter se rasitant.

L'ouuroir d'vn Barbier, Tonstrina.

Barbiere, Tonstrix.

Barberousse, Aenobarbus.

Barbeau, Poisson de riuiere, Barbus, sic enim vocat Ausonius In Mosella, his verbis, Laxos exerces Barbe natatus, Mullus barbatulus.

Barbillon, petit barbeau, Mullulus, Barbulus.

Barboter de froid ou de paour, Horrere frigore vel pauore, Mento tremere vel trepidare, Crepitant mihi dentes prae frigore.

Barbote, Espece de poisson fort semblable à vne lote, Barbota.

Barboter quelques paroles entre les dents, Mutire, Mussare.

Barbotine, Absinthium marinum, siue Seriphium. Aucuns l'appellent mort aux vers

Barboüiller, Maculare, Commaculare, Inquinare.

Barbue, Poisson, Rhombus laeuis, passer. Vide Plinium, lib. 9. cap. 10.

Barbute, Baccula, Epistomium, En ancien langage Barbutes estoient hommes d'armes, ainsi appelez pour l'habillement de teste à mantonniere qu'ils portoient. Et le Florentin en vsoit iadis en cette mesme significatiō, disant Barbuté en pluriel, huomini d'arme, voyez Landin, en son comentaire, Sur le paradis de Dante. Barbute aussi est vn habillement de teste fait en facon de Domino, masqué & non masqué, qu'on porte par les champs l'hyuer, quand il fait grand froid, vent verglassant, ou quand il neige.

barcelonne, Ville principale de Catalongne en Espagne, Barcino, voyez Barselonne.

barcha, region d'Afrique, Marmaricha.

Bardane, Allobrogibus, Punaise, Cimex.

Vne herbe appelée Bardane & Lappe maieur, Personata.

Bardeau à couurir maisons & aisselles, Scandula, scandulae.

Bardes de cheuaux, Phalerae, phalerarum, Cataphrama, Lorica equina.

Barder, Phalerare.

Bardé, Phaleratus.

Barguigner, Disceptare de pretio.

Barguigneur, Disceptator.

Bariquelle, Linter, lintris.

Barlong, m. acut. Est dit ce dont la longueur n'est en tout endroit egale, Alia parte longior. Ainsi dit-on vn vestement estre barlong, quand il est plus long d'vn costé que d'antre. On le pourroit rendre par cestuy Grec, έπρομηκήζ. Il est composé de Bar, diction empirant le mot auquel elle est iointe, & long, voyez Bar, & Barlue.

Barlongue, f. penac. Altera parte longior, comme, Cette robe est barlongue, c. plus longue d'vn costé que d'autre, έτερομεκήζ, non ia en la sorte que les geometriens le prennent.

Barlue, f. penacut. Se prend pour vne offuscatio des yeux, qui fait que l'oeil ne peut discerner l'vne chose de l'autre Cæcutitio, s'il le faut ainsi dire, comme, I'ay la barlue, Ego caecutio, Car barlue, proprement & originairement prins, est vne lueur fusque, qui entre-luit en temps vmbrageux & nocturne, que Virgile au neufiéme liure de l'Eneide, &


Horace appellent nox sublustris, ce que Seruius explique, nuit qui a vn peu de lueur. L'Italien l'appelle Barlume, par analogie duquel mot le Francois pourroit dire Barlueur, m. acut. En cette signification primeraine, le cheualier d'Agneaux audit passage de Virgile, le rend par nuit entreclaire, le mot est composé de cette diction Bar, laquelle empire la signification de ce mot inusité, lue, pour lueur, tout ainsi qu'il fait en cette diction barlong, qui signifie vne chose de logueur inegale, si que barlue, est vne lueur imparfaite, voyez Bar.

Le Barnage d'vn Roy, voyez Bernage.

Baron, m. acut. Soit qu'il vienne du Grec , qui signifie aussi authorité, grandeur & puissance, soit que les Romains en ayent vsé comme de leur creu, ou pour vn homme graue & de grade authorité, come Antoine de Nebrisse l'explique : ou pour vn homme vaillant, fort & roide (ce que la lettre missiue de Ciceron escrite à Attique alleguée à cette fin par aucuns, ne me peut persuader) soit qu'il vienne du Latin, Vir, dont descend sans doute, & le mot Varon Espagnol, & le vocable Baron Picard, Il est tout certain que les anciens Francois en ont vsé differemment, se trouuat ce mot Baron en aucuns anciens autheurs vsurpè pour tout homme noble, & seigneur de tiltre, & consequemmet Baronnie, pour toute la noblesse & assemblée des vassaux, & gendarmerie d'vn Prince, De maniere que quad le Roy haraguoit pour la bataille, Il concluoit ainsi, Auant mes Barons, qui me redra mon ennemy mort ou prins, Ie luy croistray son honneur d'vne bonne ville : Et en ses estats generaux, mandemens & assemblées, où estoiet plusieurs Ducs, Marquis, Contes & autres seigneurs & gentilshommes, parlat à eux en general, disoit ainsi, Seigneurs Barons : Et aussi en autres autheurs anciens on lit ces mots, Auec le Roy estoient maints hauts Barons & maints cheualiers & gentilshommes : Et l'autheur de la Toison d'or parle ainsi, Philippes a institué cette tres-noble copagnie de Rois, Princes, Barons, & Cheualiers, &c. Et partat il semble que quelque temps apres le premier dessusdit, par ce mot Barons ont esté entendus les Seigneurs de tiltre, sans plus, assçauoir, Ducs, Marquis, & Contes. Tout ainsi que depuis, la significatio de cedit mot a esté rauallée & restrainte aux seigneurs superieurs aux Chastelains, & inferieurs aux Vicontes, ou bien immediatement superieurs aux Bannerets, & inferieurs aux Vicontes (comme aucuns asseent les rangs des tiltres feodaux) demeurant anneanti l'ancien vsage d'iceluy. Les droits duquel Baron moderne en cas de iustice, fourches patibulaires, Espaues, & autres plusieurs choses, ne sont encores seblables en toutes prouinces de ce royaume, ains cy plus grads & cy moindres, comme se peut veoir és pays de Touraine, Aniou, Mayne, grand Perche, Lodunois & autres. Toutefois la marque plus commune dudit Baron, est auoir trois Chastellenies, ou deux auec ville close, Abbaïe, Prieuré Conuentuel, ou College, auec Forest enclauées dedans sa Baronnie, combien qu'aucuns ont laissé par escrit, que pour estre crée à Baron, Il faut que le Cheualier ou Escuyer, qui apres auoir longuement seruy & suiuy les guerres, demande estre fait Baron, ait la terre de quatre baceles, c'est à dire, de quatre Chastellenies terriennes, en toute iustice & par tant ait terre assez pour tenir cinquante homes d'armes, & les Archiers & Arbalestriers qui y appartiennent pour accompagner sa banniere, & que le Roy à la premiere bataille, où le dit Cheualier ou Escuyer se trouue, on bien le Connestable, ou les Mareschaux, luy couppet les queuës du Pennon à ses armes qu'il aura apporté, & qu'il se trouue à vne deuxiéme, & acquiere le nom de Banneret, & à la troisiéme bataille apres il prend le nom & tiltre de Baron. Autres escriuent autrement, disans que le Cheualier ou Escuyer noble de toutes ces quatre lignées, ayant la terre de deux Cheualiers ou Escuyers Bacheliers, & de son patrimoine ou acquis, tant qu'il suffise pour aller accompagné de quatre ou cinq nobles hommes à douze ou à seize cheuaux, peut licitement demander à son Roy, ou Prince à la premiere bataille où il se trouuera, ou en vn iour solennel de feste, apres le seruice diuin, estant son-dit Roy ou Prince seant en sa chaire & luy à genoux, que la queuë de son Pennon soit couppée & fait Banniere. Ce que luy estant octroyé, il deuient Banneret, & que s'il augmente par apres sa Seigneurie, tant qu'il ait sous luy vn Banneret ou six Cheualiers Bacheliers, chacun de six cens francs de rente, alors il peut, par le congé de son-dit Roy ou Prince, se nommer & intituler Baron. Les Moscouites, come escrit Sigismond en son ambassade de Moscouie : Apres les Knes, qu'ils entendent pour les Ducs, n'ont autre degré de noblesse & dignité que les Boiarons, qu'ils prennent pour tous Cheualiers & gentilshommes, lequel mot symbolise aucunement à nostre ancien Baron. Les anciens autheurs Italiens, disent aussi Barone & Baroni, en cette large signification. Et Baronia, que le traducteur de la guerre de Attila nomme Baronaggio. Si i'ay debatu cy dessus le lieu de la lettre missiue de Ciceron, ce n'est pas pourtant que les Latins n'ayent vsé de ce mot Barones, mais ce a esté comme de mot Espagnol, & à la facon Espagnole, disant Hircius Pansa, au premier liure de la guerre Alexandrine, Concurritur ad Cassium defendendum, semper enim Barones complurésque euocatos cum telis secum habere consueuerat. Or estoit iceluy Cassius, Gouuerneur du pays d'Espagne vlterieure, où encores auiourd huy ce mot Varon retient vne merueilleuse energie & excellence par dessus cest autre mot Espagnol Hombre, tout ainsi que vir par dessus homo, enuers les Latins, & enuers les Grecs άνέρ par dessus άνθρωποζ, & signifie vn homme courageux. virile, hardy, de grand cœur & de haut affaire. Ce qu’à peu parauenture estre cause, que ayans prins ce mot, où les Espagnols de nous, ou nous deux, ou tous deux du Grec, ou du Latin dessusdits, nos bisayeux en ont vsé pour tous gentils-hommes, comme dit est, par ce qu’en eux consistoit la defense & force du royaume. Et quant au Baron Picard il vient voirement de Vir, en signification de mary, non ia en signification d’energie virile, comme fait le susdit Espagnol.

Baron Picard, Maritus.

Baronie, voyez Baron.

Barque, Aphractum, Nauigiolum, lenunculus.

Vne façon de petite barque, Celox, celocis.

Barquette, Scapha.

Barquerots, sont ceux qui meinent vne barque.

Barraab, Petraea Arabia, Nabathaea.

Barrage, Genus vectigalis.

Barre, f. pen. Est en general vne piece de bois reforcée de moyene longueur, & plus particulierement se prent pour vne telle piece de bois qu’o met par trauers derriere vn huys ou porte pour en asseurer la fermeture, Repagulum, Longurius, siue ligneus, siue ferreus sit : Semble qu’il soit deriué de ce mot Hebraique Beriah qui signifie autant que Vectis ou Barre.

La barre de parlement, c’est l’enclosture de l’audience faite de trauersins sur posteaux de bout où les aduocats sont rengez pour plaider les causes, Repagulum Curiae.

Vn commissaire à la barre, celuy qui est commis par la Cour, qui tient ses assignations à la barre de l’audience, Recuperator repagularius, Disceptator repagularius.

Vne instance pendant à la barre, Recuperatoria disceptatio.

Assignation à la barre de parlement, Exhodium condictum ad repagulum Curiae.

Obtenir sentence à la barre, Ad recuperatorem repagularium damnare aliquem.

Barre de temon, est vne piece de bois ronde de cinq pieds de long appliquée de bout sur ledit temon par vne piece de bois percée en laquelle iceluy temon entre & s’enferme, laquelle barre perce le gaillart & saut par dessus la hauteur de cinq pieds, par oùle gouuernail est regy, & manié.

Barreau, c’est le diminutif de Barre, longuriolus.

Le barreau ou parquet de la Cour, Cancelli, Septum Curiae.

Barreaux ou treillis de quelque chose que ce soit, Clathrum, Cancelli, Ainsi sont appelez les barreaux de pont de corde en fait de nauires les petits bastons trauersans de chaque bord du chasteau de deuant appuyez sur la serre & le trauersin qui croise accollant le mast de misaine, couurans tout ledit chasteau comme d’vne claye sur lesquels est porté ledit pont de corde.

Barrer, Fermer de barreaux ou treillis, Clathrare.

Barres, en pluriel se prend ores pour exceptions & defenses, par lesquelles on s’eschappe de la demande d’aucun, Exceptio, Selon ce les notaires au pays de Normandie vsoient anciennement de ceste clause és contracts qu’ils passoient : Renocerent chacun pour soy à toutes actions, exceptions, barres & defenses, & à toutes autres choses pourquoy ce qu’a esté passé puisse estre empesché ne destourbé par quelque voye que ce soit, Selon ce, aussi on dit, I’ay barres sur vous, pour, I’ay aduentage & prinse sur vous. tibi praeualeo, Si cela toutes fois ne vient du ieu de Barres, lequel se iouë par deux bandes l’vne front à front de l’autre en plaine campagne, saillans de leurs rangs les vns sur les autres file à file, pour tascher à se prendre prisonniers, là où le premier qui attaque l’escarmouche est sous les barres de celuy de la bande opposite qui sort sur luy, & cestuy sous les barres de celuy qui de l’autre part saut en campagne sur luy, & ainsi les vns sur les autres, tant que les deux trouppes soient entierement meslées, Palaestra, Ayant paraduanture tel ieu prins tel nom par ce que telles bandes estoient retenues de barrieres qu’on leur ouuroit, quand il estoit proclamé qu’on laissast aller les vaillans ioüeurs, que les Latins appellent Carceres, Barres se prend aussi pour l’endroit de la maschoire du cheual où les Escuyers d’escuyrie esperonniers prennent leur mire pour la iuste penture du mors du cheual.

Iouër aux barres, Vacare palaestrae.

Ioueur de barres, Palaestrita.

En iouëur de barres, Palestricè.

L’art de iouër aux barres, Ars palaestrica.

Barrez, plur. num. m. acut. Estoient dits les Carmes, à cause des manteaux billebarrez de noir & de blanc qu’ils porterent iusques à l’an mil deux cens quatre vingts cinq, lesquels ils laisserent, regnant philippe le Hardy, comme dit Nicole Gilles en la vie d’iceluy.

Barriere de charpentier c’est vne grosse piece de bois a deux grosses testes portée sur deux poteaux en trauers ou sur potences qu’on met deuant les portes des grosses maisons du costé de la ruë, Diathyrum. Vitruu.

Barrieres sont la palissade qu’on fait pour les camps clos des combats soit à pied soit à cleual au 2. liure d’Amad. où est parlé du combat d’Amad. & Ardan Canile : Desia estoient les habitans de la ville & maints estrangers rangez le long des Barrieres & les damoiselles aux fenestres.

Barril, Barrillet.

Barrique Aquitanis, Muy à mettre vin.



Barroir, Vne longue tariere, de quoy les tonneliers font les trous à mettre les cheuilles qui tiennent la barre du fond d’vn vaisseau, Terebra repagularis.

Baricaue, f. penac. de βαρόζ, Grec, qui signifie grief, aspre & fascheux, cue profonde. Le Fouilloux chap. 19. de sa Venerie : La forest de Merenant est toute en montagnes, vallées & barycues, où les viandes sont arres, aigres & de peu de substance.

barselone, Barcino, Fauentia Plinio, nunc Barselona.

barselonois, Barcinonius, Aucuns escriuent Barcelonne & Barcelonnois.

barvr, nunc Barutus, vel Baruttum, olim Berytus, vrbs est Phoeniciae, & portus Damasci.

Bas, m. Depressus, Ce mot semble estre prins du mot Grec Basis, qui signifie le bas de toutes choses & soustenement, Depressus.

Qui est le plus bas entre autres choses, Infimus, Imus.

Lieu plus bas, Depressior locus.

De puis le fin bas, Ab infimo.

En bas, A bas, Au bas, Infra.

Qui est sur le bas de son aage, Decliuis aetate.

Priser au plus bas pris, Tenuiter aestimare.

Enuoyer encore plus bas que les morts, Mandare infra mortuos.

Parler bas, Submissa oratione, vel voce loqui.

Né ou issu de bas lieu & de poures parens, Obscuro loco natus, Tenui loco ortus.

Repub. qui est si basse, qu'elle n'en peut plus, Affecta ac prostrata Resp.

Riuages plus bas, Demissiores ripae.

Le bas qu'on met sur vn asne ou autre beste, voyez Bast.

Vn bas de chausses, Tibiale.

Basseur, Humilitas.

Bas, ou Bassement, Humiliter : vt Humiliter depressum, Baissé fort bas.

Sonner bassement & grossement, Grauiter sonare.

Basse-contre, est l'vne des quatre parties des chansons en musique & la plus basse, que les musiciens apellent bassus. Imus sonus, Selon l'energie de la diction Contre, dont ce mot est composé, on deuroit dire contrebasse, comme Contremont, mais l'vsage a obtenu de preposterer le mot, voyez Contre, Basse-contre aussi se prent pour celuy des musiciens qui tient ceste partie.

Basse noise, Summissa allocutio, Il luy dit en basse noise, Voce tacita ac summissa affatus est.

Basas, Ville episcopale en Gascongne, Vasatensis episcopatus, Aucuns escriuent Bazas, & le pays Bazadois, par B, combien qu'en Latin il soit escrit par V, car cela procede du vice de la prononciation des gens du pays, prononçans B, pour V, & au contraire V, pour B, comme aussi font aucuns peuples d'Espagne.

Bascule à tirer l'eauë d'vn puis qui n'est point fort creux, Tolleno, tollenonis, Aucuns l'appellent Cicoigne.

Baselic, piece d'artillerie, Basiliscus.

Basenne, Basennier, Aucuns escriuent Basane.

Visage basenné.

Basilic, Vn serpent nommé Basilic, Basiliscus.

L'herbe dite basilic, Ozymon, Basilicon, quasi regia herba.

basilicas, sicyon, mecon, telchinia. Vrbs in Peloponneso.

Basilique, signifie vn palais royal, ou bien le lieu où les senateurs & magistrats rendent ordinairement le droit & iustice au peuple, Basilica.

basilissa, mont de Trace ou Romanie, anciennement dit Rhodope, Les Grecs l'appellent , comme Roine des montagnes, Aucuns l'appellent Mont de l'argent, à cause des minieres d'argent qui y sont.

basle, ville d'Alemagne, Basilea.

Le païs à l'entour de Basle, Rauraci.

Basme, m. penac. Vient du mot Grec βάλσαμον, par syncope, mais nous & autres nations de decà la mer mediterranée abusons du mot, entendans par ceste diction basme, ce qui est proprement opobasme, car Basme est ce petit arbrisseau descrit par Dioscoride, Pline, Iustin, Strabon, Theophraste & autres, & non ce que nous appelons basme, qui est l'opobasme, c'est à dire le suc & la larme degoutant de cest arbrisseau, estant l'escorce d'iceluy ouuerte auec ongles de fer. Cest arbre ne se trouuoit iadis nulle part ailleurs en l'vniuerselle terre qu'en la vallée de Hiericho au pays de Iudée, & en deux iardins sans plus, mais les Romains deuenus seigneurs du pays, le peuplerent autre part. Aucuns escriuent qu'il se trouuoit lors aussi en Egypte, & que à present non pas la Iudée mesmes n'en a, & l'autheur de la continuation Belli sacri, dit qu'il naist en cest aage en Matharée, qui est (comme dit Dominique le Noir au 3. & quatriesme liure de sa Geographie) vn verger non petit au pays d'Egypte à cinq mille pas d'vn lieu où iadis fut par lesdits Babyloniens esleuée vne forteresse dite pour lors Babylon, & à present le Caire, ou Alcaire. Ce basme que nous disons ne vient auiourd'huy iusques à nous. Et ce que les faux basmiers (si on les peut ainsi appeler, comme nous appelons les faux sauniers) nous en veulent faire à croire, n'est que bourde, laquelle falsification & imposture n'a commencé à auoir cours de nostre siecle, veu que Dioscoride en son liure premier s'en plaind, & en met en auant des aduertissemens comme de surprinse pieça intentée. Il n'y a pas faute de tels qui par compositions nous veulent suppleer le defaut de ceste opobasme, & en ay porté de Portugal maintes receptes qui s'exploitent en Espagne. Mais les auteurs & operateurs de telles receptes peuuent contrefaire, ce qu'ils ne virent onc ne cognoissent, si n'est à la relation du sergent.

Basque, ou Basquain, Cantaber, Mais on escrit & prononce Bisquain, ou Bizcain, & le pays Biscaye, comme aussi l'Espagnol l'escrit & prononce Vizcayno, & Vizcaya, C'est ce peuple meslé qui habite la ville & enuirons de Bayone iusques au col S. Adrian. Car par delà le mediterranée est Alaua, & le maritime est Guipuzcua.

Bassecourt, f. acut. Chors chortis, vel Cohors cohortis, voyez Court.

Bassedance, Saltatio numerosa.

Bassesse, f. pen. Baxeza Espagnol. Bassesserza.

Basset, m. acut. Est vne sorte de chien terrien, bas monté sur iambes qu'il a torses, & est à court poil (combien qu'il y en a d'vne autré facture, houssus comme barbets & à iambes droites) lesquels coulent sous terre pour destaner les Renards & Taissons, ou les renger aux accus, dont auec besches ou pietes, tarieres, bezoches, tenailles, racles, coupans & paelles, ils sont puis apres tirez, Bessici canes, car il semble qu'ils ne doiuent tant prendre ce nom de Basset, par ce qu'ils sont courts de iambes, que de ce nom Latin Bessi, que Vegece en son liure 4. chap. 24. de l'art militaire, prend pour des caueurs & fouilleurs de mines d'or & d'argent & autres metaux, pour lesquelles trouuer ils coulent dans les mines & ouuertures qu'ils font dans la terre. Le Fouilloux, en son liure de venerie, chap. 60. estime la race de tels chiens estre venue des pays de Flandres & Artois en France, dont aucuns les nomment chiens d'Artois. Ils sont dits aussi chiens terriers, parce qu'ils coulent dans les tannieres & repaires sousterranées d'iceux Taissons & Renards.

Bassin, Bassin à lauer les mains, Polubrum.

Bassin à lauer les pieds, Peluis, Pelluuia, Pelluuiae.

Vne sorte de vaisseaux creux, fort ouuert comme vn bassin, Concha.

Le bassin d'vne fontaine, Crater.

Bassin à selle percée, Scaphium desidentium, Scaphium excrementitium & vsus obscoeni, B.

Bassin à barbier, Concha, vel peluis tonsoria.

Les bassins d'vne balance, Lances.

Bassiner vn lict, Lectum ignitabulo candentium carbonum pleno concalfacere.

Bassiner vne playe d'eau & de sel, Aqua & sale, vel aqua salsa fouere vulnus.

Vne bassinoire, Ignitabulum, Batillus cubicularis, vel cubicularius.

Bassinement, Fomentum, Fomentatio.

¶ Basinet, C'est en generalle diminut if de Bassin, pour petit bassin, mais en particulier & sans qualité de diminutif, il signifie l'habillement de teste que portoient anciennement les hommes d'armes François, ainsi dit, par ce qu'il estoit fait presques à la maniere d'vn petit bassin comme se peut voir és anciens sepulchres : Le marquis haussa la visiere de son bassinet pour s'esuenter, en Baudouin. Et selon ceste signification Bassinets en pluriel signifioit le nombre d'hommes qui estoit en vne armée, Comme le Roy auoit deux mille bassinets, c'est à dire, deux mille hommes d'armes, tout ainsi qu'on dit à present, il a cinq cens celades, pour cinq cens hommes portans celades. Bassinets aussi se prent pour certaine espece d'herbe qui est appelé en Latin, Ranunculus, Batrachium.

La quatrieme espece de l'herbe appelée bassinets, Strumea.

Bast, m. Est vne espece d'enseleure d'asne ou mulet, ou autre beste de somme (car ne s'en sert on qu'aux sommiers) dont les arçons sont ronds tous d'vne venuë, & baut esleuez, assis sur vn fort & espais siege de bourre, ainsi faits tant pour empescher que la somme ne s'assie sur le corps de la beste, que pour le liage du cordage duquel la somme est troussée, Clitellae, sella baiulatoria, aut oneraria, Il vient de ce verbe Grec , qui est autant que porter faix, Baiulo, gesto humeris.

Baster, verb. actif. Est mettre le bast sur vne beste, ce qui est dit sans composition par le François, tout ainsi que seller ce que les autres auteurs du mesme royaume disent plus à propos Embaster, & Enseller, Clitellas aut onerariam sellam imponere iumento.

Bastier, m. acut. Est celuy qui fait les basts, Opifex clitellarius.

Bastard, Nothus, Adulterinus, Spurius.

Des bastards, ou Bastardeaux qu'on fait en l'eauë, Pilae, Arcae aquariae, & septa, B. ex Vitru.

Bastardiere, Vne bastardiere, ou pepiniere & lieu labouré, ou vn petit lieu fait d'ais en quarré d'vn pied ou deux, plein de terre, où on plante quelque plante ou semence de quelque arbre ou herbe, à fin que là se puisse nourrir & prendre racine, puis apres on les plante en pleine terre d'vn iardin, ou champ, Nutrix, Seminarium.

vne Baste, Stropha.

Basteau, cerchez Bateau.

Basteleur, ludius, Circulator, Praestigiator, Aucuns escriuent Batteleur, & le deriuent de qui signifie celuy, Qui loquax est, multáque & inania loquitur. Et quum aliquem ineptum esse atque effutire multa significare volumus, eum dicimus basteler, quod est Graecè . Sic Battologia, Nimia & inanis loquacitas.

Vn basteleur qui danse sur la corde, Schoenobates.


Basteleurs faisans soubresauts, Cybisteres, Petauristae.

Vne maniere de basteleur qui sçait contrefaire les mines, manieres & gestes d'aucun, Pantomimus.

Tout instrument de basteleurs, ou leur ieu, Petaurum.

Ieu de basteleur, ludicrum.

Basteleuse, ludia, ludiae.

Mestier de bastelerie & farcerie, & autres mestiers semblables, Ars ludicra.

Bastille, f. penac. Est vn chasteau & forteresse à tours donjon & fossez. Castellum, Arx, Propugnaculum, Munitio, Bud. ex Cicer. & Caesare, Ainsi est dit le chasteau qui est ioignant la porte S. Antoine à Paris, la Bastille S. Antoine par Nic. Gilles en la vie de Charles vii.

vn Bastillon, Castellum.

Bastir, Architectari, Condere, Aedificare, Exaedificare, Struere, Praestruere, Instaurare.

Bastir vne ville, c'est la fortifier de tours & bastilles.

Bastir maisons de plaisance, où il y a iardinages, Hortos aedificare.

Bastir vn edifice, Extruere aedificium.

Bastir vne maison royale, Texere basilicam.

Il se bastissoit vn monument, Monumentum sibi instaurabat.

Bastir & edifier vn nauire, Nauem fundare.

Pour certain ie te promets icy te dresser & bastir vn temple, Ast hîc tibi templum voueo.

Acheuer de bastir, Peraedificare, Perfabricare.

Bastir derechef, Reaedificare.

Bastir de pierres de grez ou autre pierre dure, qui est toute d'vne grandeur, sans ce que le bastiment soit fait à plomb, Silicibus ordinariis struere parietes.

Bastir & edifier ioignant, ou contre autruy, Astruere, Obstruere.

Bastir sur des arches, Aedificium suspendere.

Bastir en son esprit quelques grandes choses, Magnas res in mentem instruere, Moliri.

Bastir & controuuer à autruy la forme en laquelle il iurera, Concipere iusiurandum, Verba concipere iusiurandi.

Composer & bastir finement vne accusation, Crimen contexere.

Bastir à quelqu'vn son testament, Dictare testamentum alicui.

Basty en quelque maniere que ce soit, Immolitus.

Mal basty, Inconditus.

Corps mal basty, Corpus enormè, B. ex Suetonio.

Celuy qui a basty sur le fond d'autruy du consentement du seigneur, & en fait certaine rente, Superficiarius.

Bastisseur, qui se mesle de faire bastir, Aedificator.

Bastisseur, comme masson ou charpentier, Structor.

Bastiment & edification, comme massonnerie, ou charpenterie, Aedificatio, Aedificium, Constructio, Extructio, Instructio, Substructio, Structura.

Bastiment & assemblement de choses ensemble, Fabrica.

Vn grand bastiment de pierre quarré, Large par le bas, & agu par le haut, à la façon de la flamme de feu, Pyramis.

Bastimens merueilleux, Substructiones insanae.

Assembler plusieurs bastimens, Coaedificare.

Bastissage, Aedificatio, Exaedificatio.

Le bastissage de l'homme, Constructio hominis.

Baston, m. acut. Ores que le Languedoc & peuples adiacens, l'Espagnol mesmes & l'Italien l'escriuent & prononcent par S. baston, bastone : Si est-ce qu'il vient de Batuo Latin, qui signifie batre & frapper, comme sont aussi tous ces mots, Batable, Batail, Bataille, Bataillon, Batant, Ce qui est bien verifié par ce verbe composé Embastonner, qui signifie ou battre à coups de baston, ou armer de baston de guerre : & par ceste maniere de parler Françoise, charger à coups de baston : & par ce mot Italien, Bastonate, qui signifie batures auec bastons & que ce mot est comme general à toutes armes offensiues, comme, Ils veindrent armez & embastonnez c. garnis d'armes defensiues & offensiues. Si qu'on dit, Armés de longs bastons, c. d'armes de haste longue, comme picques, iauelines, halebardes & bastons à feu, qui sont harquebouses, & semblables instruments de guerre à feu, parce qu'auec les armes dessusdites on bat & frappe les ennemis. Et Pline au li. 7. ch. 56. recite que les Affricains guerroyerent au premier les Egyptiens Fustibus qu'on appelle Phalangas, c. auec longs bastons ronds, tels peut-estre que ceux que Virgile au 7. de l'Eneide, & Cesar au 5. de bell. Gall. appellent Sudes praeustas, c. durcis au feu par les bouts (à la difference des bastons ferrez qu'on appelle aussi bastos à deux bouts, peu differens de ceux que Virgile au 5. liu. de l'Eneide appelle Sudes ferratas) & dot T. Liu. au 6. li. De bello Pun. & Horace en la 3. Sat. du 1. li. des Serm. font aussi metion. Mais en fait d'armoiries Baston est vne espece de brisure, qui est approprié aux bastards d'vne maison, aux enfans & descendans d'iceux, comme escrit Toison d'or Roy d'armes du Duc de Bourgongne, & va descendant de la haute corniere dextre de l'escu, à la partie senestre d'iceluy, ce qui est l'opposite de la barre, Baston peut bien aussi venir du Grec , en ostant , qui signifie le mesme que Baston, Baculus vel Baculum, Fustis.

Vn long baston de guerre dont les Espagnols vsoient anciennement, lancea.

Baston vn peu courbe, & crochu par le bout, duquel vsoient les Augures anciennement, lituus.

Long baston, Pertica.

Gros baston fiché en terre comme vn pieu, Stipes.

Vn baston sur quoy les enfans vont à cheual, qui estoit anciennement de canne, Arundo.

Qui ne peut aller sans baston, Imbecillis, & Imbecillus.

Bailler vn coup de baston, Fustem impingere.

Vn bourreau qui punit de coups de baston, Fustuarius.

Le baston de ma vieillesse, Subsidium meae senectutis.

Il sert de baston aux vieilles gens, Baculi vsum senectuti praebet.

Les bastons qu’on met és trous d’vn engin à bras, pour entortiller vne corde tout entour à leuer quelque fardeau, Vectes.

Bastonnet, Bacillus, Bacillum.

Bastonnades, Vn donneur de bastonnades, Fustuarius.

Batable, voyez Batre.

Batail de cloche, Malleus tintinnabuli, voyez Cloche.

Batailler, Batuere, Certamen conserere, Conficere bellum, Dimicare acie vel praelio, Pugnare, Depugnare, Certare, Confligere.

Batailler ensemble, Certamina belli inter se conferre.

Batailler corps à corps, Singulari certamine pugnare.

Batailler contre les ennemis pour son pays, Pro patria cernere cum hostibus.

Batailler à l’encontre de quelqu’vn, Manum alicui committere.

Batailler en pays estrange, ou loingtain, Peregrè depugnare.

Batailler contre les voluptez, Bellum voluptatibus indicere.

Batailler fort & ferme contre quelque meschanceté, Conflictari cum malo aliquo.

Bataille, f. C’est tantost la meslée & combat de deux armées rengées soit à iour assigné ou à iour forcé. Et est different de rencontre & d’escarmouche qui ne sont de deux armées entieres, & ordonnées, les Latins disent praelium & pugna, Selon ce on dit, Il s’est retiré de la bataille : ou, Il a cessé de combatre, Praelio abstitit, Liu. lib. 23. Aussi selon ceste signification on dit, iour de bataille praelio, pugnaeque condictus dies, ou bataille assignée, Pugna condicta : Bataille gagnée ou perdue, Deuicta aut amissa pugna : Bataille sanglante, Crueta pugna, On disoit ainsi iadis, La bataille corps à corps est arrestée, Pactum ac conuentum est singulare certamen, Tantost c’est chaque bataillon où esquadron d’vne armée, Acies au 3. li. d’Amad. chap. 5. Pour à quoy paruenir, le Roy ordonna neuf batailles, à chacune desquelles il mit douze cens cheualiers, reste à la sienne qui estoit de quinze cens ou plus, Nouem acies, Selon laquelle signification anciennement en l’ordonnance d’vne armée & l’auant & l’arriere garde estoient appelées batailles, mais à present le mot bataille est restraint au seul esquadron ou bataillon auquel le Roy ou son lieutenant general representant sa personne en son absence est rengé, estant ledit esquadron precedé de l’auangarde comme d’vn auanceur, & secondé de l’arrieregarde. Bataille se prent aussi pour l’armée entiere & en ceste signification on dit bataille rengée, Exercitus ordinibus instructus, audit liure & chap. d’Amad. Estans donques les deux batailles rengées & prestes à combatre marcherent droit l’vn contre l’autre & menoit le premier reng de la part de ceux de l’isle ferme Florestan &c. Selon ce on dit l’armée est, où s’est mise en bataille, Acies aut exercitus in ordines digestus est, Instructus est.

La bataille, c’est quand il y a Auantgarde, Bataille & Arrieregarde, Media pugna, media acies, liu. 22.

Bataille aussi se prend pour le conflict de deux armées aduenu en quelque lieu, que le François dit autrement iournée, comme, la Bataille ou iournée de Rauenne, Rauennas pugna, Ainsi que T. Liue dit, Cannensis pugna, lib. 23.

Auoir bataille auec aucun, c’est combatre contre luy, assembler à luy, En Maugis. Si voy qu’il nous faudra auoir bataille auec luy, Pugnandum cum eo nobis esse video.

Tenir l’armée en bataille est la tenir ordonée par esquadrons & rengée ainsi que chacun doit combatre si l’ennemy la veut ou liurer ou receuoir, Aciem instructam tenere, Ainsi on dit le Roy a tenu son armée en bataille fort long temps, Aciem ad multum diei tempus tenuit instructam, liu. lib. 22.

Mettre l’armée en bataille, ou mettre les gens de guerre en bataille, Dirigere aciem, liu. lib. 22.

Eschapper, ou s’en fuyr de la bataille, E pugna profugere, liu. lib. 22.

Bataille cruelle où il y a force morts, Bellum exitiabile.

Vne bataille ferme, d’vne grande obstination, Pertinax certamen, Depugnatum praelium.

Vne vraye bataille, Iusta acies, B. ex liuio.

Bataille qu’on fait sur la mer en nauires, Praelium nauale.

Bataille plus lasche, lentior pugna.

Apres que la bataille fut feruë & faite, Praelio facto.

Vne bataille de deux quand ils ne sont pas pareils ne sortables, Pugna iniqua.

Ordonner sa bataille, Aciem instruere.

Commencer la bataille, & donner dedans, Praelium committere.

Se mettre en bataille & entrer dedans, Committere se in aciem, Descendere in aciem.

Se mettre ou venir en champ de bataille, In aciem dimicationémque venire.


Presenter la bataille, Potestatem pugnae facere, B. ex liu.

Liurer ou receuoir vne bataille, Dimicare acie vel praelio.

Venir au milieu de la bataille, Deuenire in medium certamen atque discrimen.

Demesler vne bataille, Praelium dirimere.

Il entre dedans la bataille & meslée, In pugnam succedit.

Quiter la bataille, Hastam abiicere.

Gagner la bataille, Pugnam indipisci.

Ils auoient gagné plusieurs batailles, Plurima praelia secunda fecerat.

Perdre la bataille, Praelium aduersum facere.

Bataillon, m. acut. Diminutif de bataille, Acies, comme le premier bataillon de l’armée, ou de l’ost, Prima acies, liu. lib. 22. On disoit anciennement bataille pour bataillon.

Batant, acut. Tantost est gerondif, comme, Il les a menez batant iusques dans les portes de la ville, Feriendo iciendóque ad vrbis vsq ; portas perduxit, Et tantost est nom substantif masc. gen. & signifie ceste grosse piece de bois, qui va de haut en bas du costé de la serrure és portes & huys & fenestres, dans laquelle s'enchassent par vn bout les trauersins desdites portes, huys & fenestres, ou à clouds auec liens & croissans de fer au regard des portes. Et est different de la chardonniere, ou chardonnereau (qui est vne semblable piece assemblée ausdites portes, huys & fenestres du costé du iambage) en ce que la chardonniere tient aux bandes de fer & gonds ausquels elles sont aggraffées, au regard des huys & fenestres, & au regard des portes elle tient au linteau par le moyen de la bourdonniere (qui est le bout de ladite chardonniere qui la surmonte, & est taillé en rond, & entre dans vn trou fait audit linteau en cet endroit là, & arreste en estat ladite porte) & à la crappaudine par le moyen du piuot, Scapus cardinalis.

Batbeurre, m. pen. Est composé de ces deux entiers, bat, & beurre, c'est vn instrument à battre & faire le beurre, sçauoir est vn baston rond de deux pieds & demy de long ou enuiron, enchassé par vn bout dans vne rouè de ou petite assiette de bois espaisse d'vn bon poulce, laquelle sert à gadiller, hausser & baisser le laict en le battant dans la baratte, pour à force de battre en tirer le beurre, sortant l'autre bout dudit baston hors la baratte par le trou du fonds leuis, ou couuerture leuisse d'icelle, pour seruir comme de manche & empogneure à celuy ou celle qui bat le laict iusqu'à ce qu'il soit prins & coagulé en beurre.

Bate, f. Est vn instrument de bois dont ceux qui batent le bled aux granges applanissent leurs aires : on ne le peut rendre par Cylindrus, par ce que le Cylindre estoit de pierre & colomnaire qu'on rouloit sur l'aire champestre pour l'applanir. Et bate est vne planchette de bois longue de deux pieds ou enuiron, large d'vn grand demy pied, de l'espaisseur de quatre doigts, faite comme vne semelle de soulier quarrée par deuant & ronde au talon, emmanchée à demy pied dudit talon d'vn long manche & en coigne-on sur l'aire dont paraduenture elle a prins son nom, pource qu'on en bat & coigne les bossures de l'aire pour l'vnir.

Bateau, à batuenda aqua, Nauis, Nauigium.

Vn genre de bateau propre à porter gens ou marchandise, Corbita, corbitae.

Bateaux ou nauires passageres, eu de voyages, & propre à mener gens ça & là, Epibades naues.

Bateau de charge sur la riuiere, linter lintris.

Bateaux à porter marchandises & viures, Onerariae naues, Vectoria nauigia.

Faire vn bateau, Aedificare classem vel nauem.

Le bateau fait eauë, ou tire l'eauë, Nauigium trahit aquam.

Bateau rompu & brisé, Dissolutum & dissipatum nauigium.

Bateau de pescheur, Nauis piscatoria, liu. lib. 23.

Vn bon batteau, Probum nauigium.

Petit bateau, ou batelet, Nauigiolum.

Qui tirent vn bateau, Helciarij.

Vn batelier, Nauita, Ratiarius, Nauicularius, Nauiculator.

Vne batelée de bois, Nauis xylega.

Bateleur, bateler, voyez Basteleur.

Batemaere, oiseau qu'aucuns appellent Bergeronnette, ou Hochequeuë ou Haussequeuë, Cinclus, Motacilla, Culicilega, Cnipologos.

Batre, act. penac. Est frapper ou par iniure ou pour correction, Caedere, verberare, Et vient de ce vieux mot Latin Batuo, duquel Plaute, Ciceron & Pline vsent, qui signifie frapper, ainsi que dit est. De là sont appelez les Batus, voyez Batus. Batre aussi est vsité par metaphore és choses inanimées & insensibles, Selon ce on dit, Batre l'aire d'vne maison ou d'vn champ pour l'applanir, ou vn pané pour l'enfoncer & affermir, ce qui se fait auec grosses masses droites appelées Bates, Tundendo aequare solum, Tundendo pauimentum ac eius silices solidare, Et de ceste signification translatée on dit aussi par translation secondaire, Batre le paué, pour se promener par la ville oisifuement, & trotter çà & là par les rues en faineant. Et en phrase militaire, Batre aux champs, Batre les chemins, ou la strade, quand les coureurs font des cheuauchées de guerre, cerchans proye & aduenture sur leurs ennemis és chemins & en la campagne çà & là, Incurrere, incursionibus hostes vexare, Selon laquelle acceptation on pourroit aussi dire Batre les eaux, quand les pirates & escumeurs de mer, ou vne iuste flotte & armée de mer, auecques vaisseaux de rame (cardes vaisseaux ronds ne peut-on dire proprement qu'ils aillent batans les eaux) vont faire courses çà & là par mer & eauë douce pour pareilles occasions, & Batre vne muraille, pour la mettre bas, ou y faire breche, & y entrer d'assaut, ce que les Romains faisoient auec grosses poutres suspendues entesteés de fer en forme de teste de belier, & nous à present faisons à coup de canon, dont vient le mot militaire Baterie, qui signifie le heurtis des boulets contre les murailles d'vne ville, quad ils sont canonnez, tout ainsi qu'on dit quand la meßlée se fait de deux armées, qu'ils se battent. Dont vient le mot combat, & le verbe combatre, estant Batuere, vsité des Latins pour pugnare, comme Sueton. In Caligula en vse és chapitres 32. & 54.

Batre iusques à la mort, Ad mortem vsque multare.

Batre de verges iusques à la mort, Caedere aliquem virgis ad necem.

Batre à force, Deuerberare.

Se batre l'vn contre l'autre, Velitari.

Ils estoient tous prests à se batre, ou à combatre, Nec procul dimicatione res erat, B. ex liuio.

Venir iusques à se batre & s'entr'empoigner, Venire ad manus.

On se batit si longuement, qu'on ne sçauoit qui auoit du meilleur ou du pire, Ibi Marte incerto pugnatum fuit.

Batre le bled au fleau, Baculis grana excutere, Colum. lib. 2. c. 21.

Batre quelqu'vn à force de tesmoins, Caedere testibus.

Batre aucun à force d'argent, & tascher à le vaincre, Oppugnare aliquem pecunia.

Maintenant c'est batre à froid, Caluit re recenti, nunc in causa refrixit, B. ex Cic.

Batre l'eau, c'est à dire, Perdre sa peine, Oleum & operam perdere.

Batre les eaux ou les ruisseaux, Se dict entre veneurs d'vn cerf, lors qu'esiant pressé des chiens pour se desfaire d'eux il se lance dans vn estang ou dans vne riuiere, & s'en va nageant.

Qui est batu, Verberatus, Incussus.

Estre batu, Vapulare, Verbera ferre.

Estre batu du maistre, Pendere poenas magistro.

Qui est aucunement palle, & comme batu d'escourgées, Sublaridus.

A demi batu ou broyé, Semitritus.

Digne d'estre batu & fouëtté, Verbero, verberonis.

Batu de verges & fouetté par les quarrefours, Verbero compitalitius, Verbero famosus, & mastigia facinorosissimus, per omnes vicos sub verberibus actus, B. ex liuio.

Batu en vn mortier, Pistus, Tritus.

Bateur est vn vocable ores adiectif & general à tous ceux qui frappent de quelque chose que ce soit qu'ils battent, soit du poing, soit de baston, espée, ou autre chose, Percussor, &;vient de Batuo, verbe Latin qui signifie batre. Et est plus signifiat que frappeur, d'autat que frapper est d'vn coup doné, & batre est de plusieurs coups iterez. Mais en particuliere signification & substantiue, signifie celuy qui auec fleau bat du bled en la granche, ainsi on dit, Les bateurs sont en la granche, Excussores spicarum fascibus imminent, Et par translatio on appelle Bateur de paué, celuy qui à toute heure va par les rues d'vne ville, Obambulator, Par ce qu'en marchant il bat de ses talons, & fait sonner le paué des rues, comme si on disoit, Viarum stratarum calcator.

Toute la baterie tourna celle part, Praelium eò versa est.

Batement, ou Bature, Percussus, percussio, Verberatus huius verberatus.

Le batement de la mer, Repercussus maris.

Vn batoir, instrument de quoy on bat les aires des maisons & granches, Pauicula.

Batable, ville batable qu'on peut batre d'artillerie, Vrbs tormentis aeneis obnoxia, On dit vn homme Batable, pour vn brigueux & querelleux d'autant qu'il est subiet à estre souuent battu, pour ses brigues & querelles.

Batus, m. acut. En nombre plur. signifie la confrairie de ceux qui pour penitence de leurs mesfaits, estans suruestus d'vn long habit de toile, dont le coqueluchon pendant du haut de la teste sur le deuant, leur couure tout le visage hormis les yeux : & derriere en l'endroit du dos a vne grande ouuerture par où leur chair se descouurat, ils se batent le dos à sang & playe auec fouets de corde les vns noüées, les autres ayans au bout des braches, petites molettes d'esperon faites d'arget, ou petites pomettes semées de picquons en pointe. Et ce sur le vespre d'entre les Ieudy & Vendredy orez, marchans en procession guidée de bastonniers, d'eglise en eglise de la ville où ils sont, precedez d'vn grand crucifix, & accompagnez de gens qui portent vin & espices, pour secourir ceux qui à force de se batre tombent en faillement, & pour destremper & desmesler les branches de leurs fouets quand du sang qui decoule de leurs dos elles se gluent & s'attachent ensemble. Tels Batus ont entre eux diuerses confrairies, distinguez par la couleur de leurs habits, les vns blancs, les autres noirs, aucus gris, & d'autres couleurs, selon lesquelles ils sont appelez les Batus blancs, noirs, gris, &c. Et vont tous accompagnez de grands luminaux de torches, les vns auec chapelle de chantres de choses faites, autres non. Et n'est de se batre ainsi chose contrainte entre eux, ains à deuotion & voloté. Car maints y en a, lesquels nonobstat qu'ils marchet ainsi habillez le fouët au poing, & regez en ladite procession, ne se batent ia pourtat. Au retour de laquelle procession ils se reduisent chacune confrairie en son regard au lieu où ils celebrent leurs assemblées en toutes choses, où sont preparez oignemens


pour les remettre des blesseures de leurs battures, & au reste collations somptueuses, chacune d'icelles confrairies a son chef annuel en titre de prieur ou autre, & ses officiers pour leur communauté, & si quelqu'vn d'entre eux vient à deceder, le reste de la confrairie dont le decedé estoit, vestus de leursdits habits le viennent enleuer, porter & conuoyer en terre, estant obserué en maint endroit que le trespassé soit porté dans le lict funebre, vestu du mesme habit de sa confrairie.

Bau, On dit entre mariniers parlant de la grandeur d'vn nauire, qu'il a tant de pieds de quille, c'est à dire de long, & tant de pieds de bau, c'est à dire, de large & ouuerture, & tant de pieds de chete, c'est à dire, depuis le pont iusques à la quille, & tant de pieds de Loo, c'est à dire, depuis le mast iusques aux bords du nauire comme il va à la bouline d'vn bord ou d'autre, selon que les escoutes de la bouline sont amarrées.

Baus en faict de nauires sont certains soliueaux, six ou sept en nombre couchez par trauers de proe à poupe, & esleuez sept ou huit pieds par dessus le fonds du nauire, pour vaisseau de charge, ou six pieds pour vaisseau de guerre, & seruent pour tenir la rondeur & courbeure du nauire en son entier & empescher que les bords ne viennent dedans, & que le vaisseau ne s'escache, & pour porter le tillac. Mais en fait de venerie, Baus sont chiens blancs, la plus part & les meilleurs, tous d'vne piece, surnommez greffiers, voyez Bauds.

Bau de bite, voyez Bite.

Bauard, voyez Bauer.

Bauche, de muraille, Corium, De ce mot viennent Embaucher, Desbaucher, Rembaucher.

Bauds, m. pluriel, c'est vne espece de chiens courans blancs la plus part & les meilleurs tous d'vne piece, que le Fouilloux surnome greffiers, lesquels ne sont pas communs à courir toutes bestes, ains seulement le cerf, pour laquelle cause aucuns les appellent Chiens cerf, Canes, la race desquels selon l'opinion dudit Fouilloux est venuë de barbarie, où ces chiens & mesme la meute du Cherif, l'vn des Roys de Mauritanie, sont tous blancs, auec lesquels on y prent le Ranger à force : s'accordant Phebus à ceste opinion, disant qu'il a esté audit pays où il a veu predre le Rager à force à des chies qu'il nomme bauds. Ils sont beaux chasseurs requerans, forcenans & de haut nez qui ne laissent pour chaleurs qui puissent estre à chasser sans se rompre à la foule des picqueurs ne au bruict & cry des hommes, & gardent mieux le change que nuls autres chiens & sont de meilleure creance, mais veulent estre accompagnez de picqueurs, craignent l'eauë en temps d'hyuer, & sont subiets à courir au bestiail priué. Aucuns les appellent Chiens Muets, d'autant que venant le cerf au change, ne dient mot iusques à ce qu'il en soit hors, Canes echemythi, pythagorei, harpocratici, B. Il y en a qui disent, qu'ils sont appelez bauds par ce qu'ils sont hardis & deliberez.

Baude, Gaudens.

Baudement, Aduerb. Gaudenter.

Baudir, ou Esbaudir, c'est resiouïr, Exhilarare, Baudir ou rebaudir les chiens courans : leur donner allegresse & courage parlant à eux ou sonnant les mots propres à cela. Baudir vn faucon, le resiouyr & encharner à prendre vn heron ou autre oyseau de combat.

Bavdras, voyez Mesopotamie.

Baudrier, m. acut. qu'on dit aussi Baudri, acut. Est vn cuir de grain de forte vache, luisant, poli & lissé & espais, & par apres teint. Dételle couleur qu'on veut, qui sont toutes façons du Bauldroyeur, duquel on fait les ceintures, bandolieres, celles des veneurs à porter leurs trompes, & plusieurs autres choses, comme colliers à leuriers d'attache & à dogues. Ce cuyr au sortir des mains du taneur est baudrié par le baudrieur, en ceste sorte apres l'auoir mouillé, est par luy à force de bras trauaillé, auec vn fer quarré emmanché d'vne poignée couchée, appelé Estire, pour le vuider de l'eau dont il est mouillé, & puis estant seiché, & lissé auec vn rouleau massif de voirre plat par dessous, appelé Lisse, qui est vne autre façon à force de bras, & apres y auoir passé l'estamine, & peu d'autre menu appareil, teint de telle couleur qu'on la demande. Et parce qu'anciennement la ceinture où tenoit l'espée dont le nouueau cheualier estoit ceint receuant l'ordre de cheualerie, estoit faite de tel cuir, on a nommé ladite ceinture le baudrier de cheualerie, qui est large, portée par les cheualiers en faits d'armes penduë en escharpe de l'espaule droite sur le costé gauche, à laquelle pend l'estoc ou espée d'armes. Baltheus, ou Baltheu, duquel mot aucuns le veulent tirer, mais ne doit on, Ainsi on dit Baudrier de cheualier & Baudrier de cheualerie. Nicole Gilles en la Chronique de Louys le Debonnaire : Le deposerent de l'honneur d'Empereur, & le contraignirent à mettre sus le baudrier de cheualerie, & mettre les armes Imperiaux sur l'autel S. Sebastien. Et au chap. ensuyuant, Et luy fut derechef mise la couronne Imperiale sur la teste, & ceint le baudrier de cheualerie. Le Baudrier estoit present Royal, & tant estimé, que Charlemagne l'enuoya en don à Offlas Roy des Mercieurs, comme appert par les lettres closes de luy addressans audit Roy Offlas rapportées par Matthieu de VVestmonstier en son Flores historiarum, en ces mots, Vestrarum dilectioni vnum Baltheum, & vnum gladium huniscum, & duo pallia serica duximus destinanda. Aussi estoit-il estoffé de bouillons d'or enchassez de pierres precieuses, comme se peut encor voir aux sepulchres de plusieurs cheualiers du temps passé. Martial. lib. 14. semble l'appeler Parazonium.

Baudroyer, ou Bauldrier, actiu. acut. Est apprester le cuir des façons de Baudroyerie, voyez Baudrier. Baudroyeur, ou Baudryeur, m. acut. L'artisan qui baudroye les cuyrs, voyez bauldrier.

Baudroyerie, f. penac. Est tantost l'art & mestier des baudroyeurs, & tantost la ruë où ils tiennent leurs ouuroirs & boutiques ensemble.

Baue ou escume de bouche, Spuma, Oris pituita.

Bauer, Stillare pituitam ex ore.

Bauer, Tricari, Ineptire, Nugari, Nugas agere, Inarticulatè & impeditè loqui, balbutire : Il vient de βαβάξω, qui signifie ce que dessus.

Voila comment il se baue, où il se mocque & gaudit, Vt ludos facit ?

Baueux, Bauard, il vient de βάβαξ, id est, Vanus, Garrulus, locutuleius, Nugator.

Vn bauard qui ne fait que caqueter, blatero, linguax, locutuleius, Nugax, Nugator.

Tu dirois que ce seroit le plus grand bauard qui soit entre tous, Diceres vnum omnium loquacem.

Bauerie, Ineptia, Nugae, nugarum, Tricae , id est, vaniloquium, vana & inanis blateratio. Si remoueris, habes originem.

Qui ne dit que baueries, Nugigerulus.

Plein de baueries, Nugalis.

Par baueries, Nugatoriè.

Bauette, ou Bauerette, linteum pituitarium, Fascia pituitaria.

Bauffrer, Auidè comedere, Heluari.

Bauffreur, Heluo.

Bauge, C'est mortier de terre farci de paille qu'en Gascoigne on appelle, Tortis, lutum paleatum, Il signifie aussi vn amas de bourbier, qu'en Languedoc est appelé fangas, Selon laquelle signification entre veneurs est aussi prins, pour le veaultre, le lict & la reposée du sanglier, Cubile, lustrum aprinum.

Baviere, duché en Alemagne, Noricum, Baioaria, nunc Bauaria ab Auaribus Hunnorum reliquiis, qui Noricis appulsis ibi consedere adiecta litera nuncupatur. Baioaria etiam à Boiis Galliae cisalpinae populis hoc loci aliquando moratis dicitur. Noricum olim fuit. Danubio insigni fluuio ex Sueuia profluente irrigatur.

du Bausme, Balsamum.

Huile de bausme, Balsaminum oleum.

Le bois de l'arbre de bausme, Xylobalsamum.

Bay, Vn cheual bay ou bayard, Equus badius.

Vne iument baye ou bayarde, Equa badia.

Baye, ville du royaume de Naples, Baiae baiarum, Elle fut anciennement celebrée à cause de ses baings naturels.

Bayer à la mamelle, Appetere mammam, C'est proprement ouurir la bouche, mais pource que quat plusieurs regardent par grande affection quelque chose ouurent la bouche, de la est que bayer signifie aucunesfois autant que Regarder.

Bayer & tascher à quelque somme d'argent, & la deuorer par esperance, Alicui pecuniae incubare spe atque animo.

Ne bayer qu'à la proye, Imminenti auaritia esse.

Il baye vers la Grece, Graeciam spectat.

Vn bayard, Auidus spectator.

Vne bayarde, Auida spectatrix.

Bayevx, Le pays à l'entour de Bayeux, Bellocassij, nunc Baiocenses, ville episcopale en Normandie.

Bayonne, Aquae augustae. Ptol. Nunc Bayona, Port de mer, chef de Bisquaye en Gascongne.

Bazaz, ville de Guienne, chef du Bazardois, voyez Basas.

BE

Bear, le pays de Bear.

Bearnois, voyez, Bierne.

Beat, Beat pere, beatus.

Beatifier, beare.

Beatitude, Beatitudo, Beatitas.

Beau, monosyllabum, adiect. Est dit qui par formosité & deuë proportion de membres, lineamets & couleur de visage est aggreable à voir. Formosus, Pulcher, Speciosus, Combien qu'aucuns mal cognoissans en beauté, attribuent ceste epithete à toute personne qui a le visage aggreable à voir, ores qu'au reste du corps il n'y ait point de suite, comme si l'on disoit vn homme estre bien en ordre quand il porte vn beau chapeau, estant mal vestu en tout le reste. Mais l'vsage dudit epithete és autres animaux & choses inanimées, fait assez entendre qu'ils errent en cela. Car on ne dira pas vn beau cheual, vn beau chien, vne belle espée, vne belle maison, &c. Si ce n'est pour cause de la beauté, qui resulte de tous les membres du cheual ou du chien, & de toute la lame & gardes de l'espée, & de tout le pourpris de la maison. Ce mot vient du Latin Bellus, par la raison de la regle deduicte cy dessus au mot Aune, qui est le François és mots prins du Latin où la letre, L, est adherant en suyte à la voyelle E, change la dite lettre L, en V, & fait d'icelle voyelle, vn diphthongue, comme de bellus, beau, de scabellum, escabeau de flagellum, fleau. Anciennement on disoit Bel, par Apocope du mot Latin, comme on fait


encores, quand le substantif ensuyuant commence par voyele, comme bel homme, bel Enfant, la où on vse de l'autre quand ledit substantif commence par consonante, comme beau cheual beau pere, beau fils.

Assez bel homme, Pulchellus.

Vn bel homme & gratieux, Homo venerius, Bellus.

Est elle si belle qu'on dit ? Estne vt fertur, forma ? B. ex Teren.

Fort beau, Pulcher, Perdecorus.

Fort beau, & quasi fait pour estre regardé, Conspicuus forma.

Il estoit tant beau, Vultu adeò venusto erat.

Ie prendray tout le plus beau & be meilleur, Vnum quicquid quod quidem erit bellissimum carpam.

Geste de corps beau à voir, Venustus corporis gestus.

Qui fait beau voir, Beau à voir, Decorus ab aspectu, Praeclarus ad aspectum.

Beau temps, Bona tempestas, Serena tempestas, Liquidissima caeli tempestas, Caelum serenum.

Beau pere, Socer.

Belle mere, Socrus.

Beau frere, ou frere du mari, leuir.

¶ Beau est aucunesfois substantif, & signifie Beauté. Mon beau se perd, Ronsard.

Belle sœur, Glos.

Bellot, Bellatulus, Bellulus.

Beauté, f. acut. subst. Est la formosité resultat des choses remarquées audit mot Beau, Pulchritudo, formositas, l'Italien dit aussi Belta, C'est en outre le nom d'vn chasteau assis pres Paris lez le bois de Vincennes. Nicole Giles en la Chronique de Charles VII. parlant de la belle Agnes : & afin (dit-il) qu'elle eust aucun titre, le Roy luy donna sa vie durant la place & chastel de Beauté pres le bois de Vincennes, & lors en l'appela madamoiselle de Beauté.

La beauté d'vne personne, Species.

Beauté d'vn homme libre, liberalis forma.

Beauté de femme, Venustas.

La beauté du iour, Hilaritas diei.

Beauté fort exquise, Forma expectanda.

Excellente beauté, Summa forma.

Merueilleuse beauté, Eximia pulchritudo.

Moyenne beauté, Forma stata & vxoria.

Beautez communes qu'on voit tous les iours, qui ne sont point singulieres, Formae quotidianae, Formae vulgares.

Vne grande beauté, luculenta forma.

Ceci est aduenu de la grande beauté qui est en toy, Virtute formae id euenit.

Beauté singuliere, principalement de femme, Venus.

Estre en fleur d'aage & de beauté, Florere aetate & forma.

Si tu la vois, tu diras qu'il n'en y aura point sa pareille en beauté, Primam dices, scio, si videris.

Effacer & esteindre la beauté, Formam extinguere.

Oster la beauté de quelque chose, Deuenustare.

Sans aucune beauté, Squalidè.

Beaucoup, acut. aduerb. à bella, id est bona & magna copia, Multum, Plurimum, comme, Il a beaucoup de deniers, Multum pecuniarum habet. i. plurimas pecunias.

Non pas beaucoup, Haud ita multum.

C'est beaucoup quand tels arbres ont quatre pieds de haut, Abunde est arboribus illis altitudo quatuor pedum.

Beaucoup moins qu'il ne faut, Multo minus quàm est opus.

Il y va en cecy beaucoup d'argent, In eo magna vis pecuniae insumitur, liu. lib. 23.

Ie suis beaucoup moins terrible que ie n'ay esté, Nimio minus saeuus iam sum quàm fui.

Beaucoup de fois, Saepe.

¶ Beaucoup plus, Multo magis.

Il hait beaucoup plus le senat, Ille impendio magis odit senatum.

Estre beaucoup plus fort enflambé, Multo impensius accendi.

Ie le hayoye beaucoup plus fort, Oderam multo peius.

Beaucoup plus hardy, longè audacissimus.

Ce mal a esté semé & espandu par beaucoup plus de lieux qu'on ne pensoit, latius opinione disseminatum est hoc malum.

Ie t'aime beaucoup plus, Ego te nimio plus diligo.

Beaucoup trop, Prae nimis, Multo plus, Nimio plus.

En la cité la plus grande de beaucoup de toute Sicile, In ciuitate totius Siciliae multò maxima.

Quelle femme penses-tu plus sage beaucoup que les autres : Quæ tibi mulier videtur multo sapientissima ?

Ie n'estime pas beaucoup cecy, Parui istuc facio.

Il ne s'en falloit pas beaucoup de la compagnie, Minimè multi deerant.

Il ne fut pas beaucoup espouuanté, Nihil admodum territus.

beavlne, ville de Bourgongne, Bibracte, nunc Belna.

Vin de Beaulne, Vinum Belnense.

beavcaire, m. penacut. Est le nom d'vne ville aßise sur le bord du Rosne front à front de la ville de Tarascon, assisse sur l'autre riue de ladite riuiere sur le Limite du pays. de Prouence, tout ainsi que Beaucaire sur celuy du pays de Languedoc de l'vne des Seneschaucées duquel il est chef & ville capitale, pour raison dequoy est la dite Seneschaucée appelée la Seneschauscée de Beaucaire, auec ceste addition & Nismes, parce que le principal siege d'icelle est assis en la ville de Nismes, plus grande, plus ancienne, & mieux peuplée que ledit Beaucaire. Aucuns disent que c'est Bellocarum : autres, & vulgairement, Bellicadrum, autres que ce a esté iadis l'vn des cantons de la nation appelée Cauares, desquels Pomponius Mela escrit, Cauarum caput Auenio.

Beaupré, C'est vne petite voile autrement appelée par imitation des Espagnols Ceuadere, sortant hors la pronë du nauire en esclat de mer qui fait hausser le nez au nauire flottant.

Beavvais, ville de Picardie, Bellouaci.

Beauuaisin, Bellouacus, Bellouacensis.

Bec, Le bec d'vn oiseau, Rostrum.

Le bec agu d'vn oiseau, Acumen, Acies rostri.

Le bec de la lampe dedans lequel est la mesche, Myxos.

Le bec se monstre, Eminet rostrum.

Tesmoings à qui on a fait le bec, Testes meditati, antè commonefacti, Praecompositi testes, quibus rostrum (vt aiunt) concinnè exacutum est, voyez Suborner tesmoins en Suborner.

Bec de cicoigne ou de gruë, nom d'herbe, Geranium.

Bechée ou becquée, f. C'est ce qu'vn oiseau peut comprendre auec le bec pour vne fois manger & s'il se peut dire c'est le morceau d'vn oyseau. Bechée aussi se prent pour le coup de bec qu'vn oyseau irrité donne en bleçant.

Becu, ou Bequu, ou Bechu, c'est à dire poinctu, Rostratus.

Becquer, ou Becher, Rostrare, Rostro impetere.

Becquillon, ou petit bec, Rostellum.

Beccasse, Rusticula, Gallinago, Scolopax, Beccasse est ainsi nommée à cause de son long bec. Les Poicteuins la nomment Assée : Les Normans, vit de coq, corrompans la diction Angloise VVitcor qui signifie coc de bois, pourtant les Grecs vulgaires la nomment Xilornitha c'est à dire poulle de bois.

Beccasse de mer, voyez Pie de mer en Pie.

Beccasseau, Beccassine, Beccasson, Rusticula minor, Gallinago minor.

Beccard, la femelle de Salmon, Salmon foemina.

Becdoie, poisson ainsi nommé, quòd prominentiore sit rostro, Delphinus.

Bechet, voyez brochet.

Becquebo, voyez bequebo.

Becfigue ou Becquefigue, vn oiseau viuant de figues appelé Becfigue, Ficedula.

Bedeau, Apparitor, Les bedeaux de l'vniuersité, Erasmus in dialogo de pronunciatione vocat Septrigeros. Habent inquit, Rectorem, septrigeros, cancellarios, decanos, &c.

Bedon, Vn bedon & tabourin, Tympanum.

Bedonner, tabouriner.

Bedouau, voyez blaireau.

Bedvyns, voyez Mesopotamie.

Bee, Gueule bée, Os apertum.

Beeller, balare. Ouium est.

Beellement, Balatus.

Beer, voyez bayer.

Beffroy, quasi Bée effroy, car il est expressement fait pour béer & regarder ou faire le guet en temps souspeçonneux, & pour sonner à l'effroy.

Vn beffroy ou eschauguette, Specula, speculæ.

Begue, Balbus, blæsus, linguæ hæsitans.

Estre begue, lingua haesitare.

Begueyer, balbutire.

Begueyement, Haesitantia, Oris titubantia.

Beguin, Vitta puerilis.

Beguiner, ou Embeguiner, Vittam induere.

Behistre Picardis, Tempeste en l'air, Orage, Horrida tempestas, Saeua, Foeda.

Behourt, m. acut. Voyez bohourt.

Beiaune, m. penac. Qu'on doit escrire Beciaune, aussi est-il composé de ces deux mots, Bec, & iaune : mais on n'en vse que par metaphore prinse des petis oiseaux estans niais, qui en leur plume follette ont le bec iaune, pour signifier les nouueaux apprentifs de quelque art & science : Ainsi és escholes de droict les prouects, appellent beiaunes les nouueaux institutaires, leur faisant payer leur beiaune, c'est à dire leur nouuel aduenement à l'estude des loix. On prent ce mot aussi plus largement, pour tout homme mais, sot & malusité.

Payer son beiaune, c'est payer son apprentissage & premiere abordée à quelque art, science & mestier, Pendere rudimentum, B.

Beiaunage, m. penac. Est apprentissage, Tyrocinium, Rudimentum, B.

Beiaunise, f. penac. On n'en vse aussi que par metaphore prinse en consequence de la susdite, parce que tout nouuel apprenti est simple, sot, & rude au mestier qu'il essaye d'apprendre, & par ainsi signifie lourdaudise, niaiseté & sottise, nouueauté en l'action.

Bel, Cerchez Beau, Les François dient & escriuent bel, si le mot suyuant commence par vne voyelle, comme bel homme, bel arbre, bel oiseau.


Beler, voyez beeller.

vne Belette, ou Moustoille, Mustela.

Couleur de belette, Color mustellinus.

Belgrado, Ville puissante appelée Nandoralba, & Alba Graeca, par les Hongres Chrieschisch, par les anciens, Taurunu, ou Taurinum, assise entre les deux riuieres de la Dunoe, ou Danube & de Saua, ad confluentem Saui & Danubij, sur l'endroit où lesdites riuieres se meslent, c'est la clef & entrée de Hongrie.

L'an mil cinq cens vingt & vn, Seleyman Empereur de Constantinoble la print sur le Roy Loys de Hongrie.

vn Belier, ou Belin, Aries.

Qui est d'vn belier, Arietinus.

Belinge, voyez Tiretaine.

Belitre, m. penacut. Est dit celuy qui va mendiant son pain, Mendicus, l'Allemand dit Betler, pour vn Belitre, & Betlerlin, pour vn Belitreau, c. petit belitre. Par cela, soit qu'il l'ait prins de nous, où nous de luy, il appert qu'il ne le faut escrire par S. Belistre, ains plustost Betlitre, mais le François qui n'aime la rudesse de la prononciation Germanique, laisse la lettre T, Aucuns mettent en auant vne autre deduction, disans qu'il vient du mot Latin Bliteus, qu'Erasme en ses Adages expose Stupidus, Et que Bliton dont il vient, est vne herbe insipide & de nul seruice és medicamens, quasi , qui signifie aussi vn home stupide, & que le François appelle les homes de neant, Blitres, come si l'on disoit de Bliteos, Bliteros, Mais ce ne sont que chansons, car on n'appelle pas Belitre celuy qui est lour daut, grossier & stupide : ains au contraire, & par catachrese, vn mauuais garçon, qui de meschanceté qui est en luy, suit la caimandise, est appelé Belitre, & vn mauuais Belitre vn mauuais garnement. En outre nous disons, Il deuient Belitre, Pauperascit, c'est à dire, Il tombe en si grande disette, qu'il luy conuiendra mendier.

Belitraille, f. penac. Est vn nom collectif, & de mespris & vitupere, ainsi que canaille, harpaille, ribaudaille, truandaille, & signifie vne harde de belitres, Mendicorum grex, voyez belitre.

Belitrer, neutr. acut. Est caymander, trotter çà & là mendiant, Mendicare.

Belitrerie, f. penac. C'est mendicité, caymanderie, Mendicitas, l'Alemand dit Betlerej, & par ce que les belistres font souuet de meschans actes, on dit d'vn mesfait indigne de celuy qui l'a commis, c'est vne belitrerie, c'est à dire vn acte digne d'vn belitre, & si appelle on Belitrerie aussi vne chose qui n'est de nul pris, comme de tous ses meubles ce n'est que belitrerie, Suppellex illius nauci facienda est, nullius omnino pretij est.

Belitréement, aduerb. acu. Peu vsité l'Alemand en a son aduerbe Bethlerisch, Mendiciter, more mendicorum.

Ie m'en vay vn belitre, Mihi ad manticam res redit.

Bellement, lentè.

Tout bellement, Sensim, Cunctanter.

Marcher tout bellement, Suspenso gradu ambulare, Clementer ambulare.

Faire tout bellement quelque chose, Modicè facere.

Ouurir vn huis tout bellement & sans bruit, Fores placidè aperire.

Se retirer dedans tout bellement & sans bruit, Quietissimè se recipere.

Suyure aucun tout bellement, Placidè aliquem sequi, Otiosè sequi.

Belliqueux, bellicosus.

Celuy duquel les ancestres ont esté grans personnages, belliqueux, riches ou nobles, Diues auis.

Nation belliqueuse, & qui a eu plusieurs victoires contre ses ennemis, Diues triumphis terra.

Bellizone, ville des Grisons, bilitionum.

Bende, Bender, Bendelette, Cerchez Bande.

Benediction, Isaac donna sa benediction à ses enfans, Lustrauit filios suos Isaac numine paternæ charitatis, b.

La coustume est que les peres & meres à leur mort donnent leur benediction à leurs enfans, Extrema precatione filios lustrare solent, B. Vt res faustè, prosperéque eueniat, precari.

Benefice, Beneficium.

Receuoir vn benefice ou bien fait, Accipere beneficium, Habere beneficium ab aliquo.

Intrus en vn benefice, Grassatus in possessionem beneficij.

Benefices tombez en deport, Sacerdotia quae in causam caduci cesserunt.

Benefices reuocables ad nutum, Sacerdotia precaria.

Collation de benefices en tour, Collatio sacerdotiorum circularis.

Benefices litigieux desquels l'archidiacre iouyt pendant le litige, In causam caducorum cadunt sacerdotia, quando Archidiaconus fruitur litigantibus curionibus : caducariaeque sunt obuentiones, En Deport.

Les benefices sont en la collation de l'Euesque, Sacerdotia sunt beneficij episcopalis, vel Sunt dioecetae episcopi beneficiaria, B.

Beneficiés, ou ceux à qui on baille des benefices, Beneficiarij.

beneuolence, Acquerir petit à petit la beneuolence d'aucun, Colligere beneuolentiam alicuius.

Tascher à acquester la beneuolence d’aucun, Consectari alicuius beneuolentiam largitione.

Benict, Pain benict, lustratum panificium, B. Eau benicte, lustralis aqua.

Bening, Humanus, Benignus.

Si benings estes vous, Ita vestra est benignitas.

Vostre benignité à fait que i’ay esté plus long, Prouexit meam orationem vestra benignitas.

Benignement, Benignè, Humanè, Humaniter.

du Benioin, Syriacus ros, laser, Caulias.

L’herbe du benioin, Silphium, Laserpitium.

Vin aigre meslé auec du benioin, Laserpitiatum acetum.

Benir, ou Benistre, Lustrare, B. ex Ouid. Bene precari.

Benisson & bonne priere qu’on fait pour aucun, Bona precatio.

Benoistier, Amula, Aquiminare, vel Aquiminarium, B. vel Ardanium, ab άρδω, quod rigo signat, Cælius lib. 5. cap. 2.

Bennel, m. acut. Monstrelet li. 1. ch. 43. Et entretant que ces choses estoient dites & faites, maistre Saussien & le messagier de Pierre dela Lune, qui auoient apporté les letres dessusdites au Roy, tous deux Aragonnois, mitrez & vestus d’habillemens, où estoient figurées les armes d’iceluy Pierre de la Lune renuersées, furent amenez moult honteusement sur vn bennel, du Louure en la cour du Palais, où empres le marbre au pied des degrez estoit vn eschaffaudis leué, sur lequel ils furent mis, & montrez moult longuement à tous ceux qui voir les vouloient. Et auoit escrie sur lesdites mitres, ceux sont desloyaux à l’Eglise & au Roy. Et peu apres : Et le lendemain les deux Arragonnois dessusnommez furent derechef menez & eschaffaudez parmy Paris.

Benoict, nom propre d’homme, Benedictus, de Benedict si vous ostez ceste syllabe di, reste Benect, mais vulgairement nous prononçons Benoict qu’aucuns par ignorance escriuent Benoist.

Benoicte, herbe autrement nommée Sanemunde, Caryophillata.

Bensert, en Afrique, Vtica.

Bequebo Picardis, Picus martius, Ainsi nommé pource que de sa coustume il beque le bo : quia rostro solet appetere boscum, sic enim appellant lignum.

Bequenauld, Bequenaude, Lingulaca.

Bequet voyez Brochet.

Bequillon, Bequu, voyez Bec.

Ber ou Berceau, Le berceau d’vn enfant, les langes & petis drapeaux, Incunabula, Cunae.

Dés le berceau, A cunabulis vsque, A cunis, Ab incunabulis.

Vn berceau de treille, Concameratio, Arcella vitis.

Bercer, Ventilare, B.

Ie suis tout bercé de cela, Illud mihi pernotum est.

Tu estois celuy qui m’auois bercé, Cunarum fueras motor mearum.

Berberis, ou Espine vinette, Oxyacantha, vel Oxyacanthus.

Berche, c’est vne espece de piece d’artillerie, dont les anciens vsoient pour la defense des chasteaux & forteresses, mais ayant succedé meilleures pieces pour cest effect, les seuls vaisseaux de mer les ont retenues, & les portent sur le chasteau deuant, ou sur le gaillart, les Espagnols les appellent Berços, & ne s’en seruent plus communément, si n’est pour saluer les nauires & rendre les saluts. Ces pieces sont plus petites que fauconneaux, & tirent des balles de plomb.

Bercherie : C’est la quantité & compagnie de berches estans dans vn nauire, comme qui diroit la harquebouserie, ou la hallebarderie, pour la quantité & amas de hallebardes & harquebuses y estans, de laquelle bercherie le lieu propre à la loger en vn nauire, est le chasteau deuant & le Gaillard.

Berdin, ou berlin apud Northmannos, Espece de poisson à escaille lepas lepadis.

Berée, oiseau, Frigilla.

Bergamme, en Italie, Bergomum.

Qui est de Bergamme, Bergomas, Bergomatis, Bergamotes, Bergamotia.

Bergeronnette, oiseau, voyez Batemaere.

Bergier, m. acut. Est celuy qui meine paistre & garde aux champs les moutons & brebis : car des porcs & truyes on dit porchier, des boucs & cheures doit on dire cheurier, ainsi que les Languedocs l'appellent Cabrier, les Italiens capraro & capraio, & les Espagnols Cabrero & cabrerizo, le tout du mot Latin Caprarius, opilio ouium custos, Magister ouium, Il vient de ce mot Berbix, que nous prononçons berbis, & par metathese brebis, qui vient de veruex, diction Latine, comme si on disoit Berbier, gardeur de berbis : mais nous auons fait de i vocal vn i consonant Berbier, & depuis Berger, escriuans par g ce que deurions escrire par i consonant. Mais si nous escriuons Bergier, n'y a mutation sinon de b en g, Berbier Bergier. De ceste mutation de i vocal en i consonant, est fait mention en Saulge, voyez Brebis.

Bergier & qui s'entend à la nourriture des bestes, & en fait grand fait, Pecuarius.

Maistre bergier, ou grand bergier, Magister pecoris.

Bergerie, Ouiaria, ouiariæ, Caula.

Berichot, petit oiseau autrement nommé Roytelet, Trochilos, Regulus.



Berle, Vne herbe qu'on appelle de la berle, lauer, Sion, Apium palustre, Eleoselinum.

Berlin, voyez Berdin.

Berlong, c'est plus long d'vn costé que d'autre, comme, Cheueux berlongs ; Capilli inaequaliter longi.

Berluë, f. penac. Oculorum caligo.

Berluer, ie suis berlué, Mihi caligant oculi, Parum video, voyez Barlong, & Barluë.

Bernage, m. pen. C'est toute la suite, train, copagnie & equippage d'vn grand seigneur, tat en sommiers qu'autre equippage, ou bie l'appareil & l'agent de la maison d'vn Roy, come, Il tint cour planiere, & en icelle mà da tout son bernage, & tous les Baros & Cheualiers de son pays, Comitatus, &;en ceste sorte se prend quelque fois pour la Cour d'vn Prince, & quelquefois pour l'ost & armée d'ieeluy, come on voit és ancies Romans, on en vse aussi pour bagaige & hardes, Impediméta, Sarcine, ainsi trouue on escrit, le bernage de la chasse, pour dire l'equippage des veneurs, allans à l'assemblée, Bernage aussi anciennemet se prenoit pour la meslage de ces especes de grains froment, orge, segle, mais ce mot en ceste significatio n'est qu'entre bien peu de laboureurs en vsage, ains vse on de ce mot Moulture, ou bled moulture, Il estoit par aduanture ainsi dit par imitation de la meslange de toutes manieres de hardes, qui pour l'equippage & seruice d'vn grand seigneur marchant en Campagne, sont portées sur sommiers, ou charroy, qui sont signifiés par ce mot Bernage, comme dit est.

Bernard, Bernardus, Les Allemans dient Bernhardus. Ab vrsi robore nomen habet, Fort comme vn ours.

Berner, act. acut. Est Vanner, Excutere, Il peut venir de Bernie, qui signifie vne grosse sorte de mante veluë faite de rude laine, dont les Irlandois vsent pour vesture, comme si on disoit vanner & ietter en l'air aucun, auec vne telle mante roidie & secousse par quatre hommes, en tenant chascun vne corniere, Sueto. in Othone, cap. 2. ferebatur & vagari noctibus solitus & inualidum quemque obuiorum vel potulentum corripere, ac distento fago impositum in sublimi iactura, id est, bernare, vt Bud. ait, voyez Bernie.

Tu seras berné, Ibis ab excusso missus in astra sago, B. Vanne.

Ie puisse estre berné ou vané, Mittar ab excusso pron 9 in astra sago, B.

Bernie, f. penac. disyll. est vne sorte de drap, velu, grossier & rude, dont les Irlandois s'emmantellent, Pilósve stragulae genus, sagum. Sueto. In Othone, cap. 2. De telles en portent les mariniers en teps de froidure, qui leur seruent de couuerture & de materas tout ensemble au dormir : le mot vient de Ibernia qui est l'Isle d'Irlande où l'vsage en est tout commun, si est-il en aucuns endroits d'Angleterre : mais c'est de celles qui sont rasés & de poil bas, ainsi que rapporte Oliuarius Scholiaste de Pomponius Mela liur. 3. chap. 6. qui les appelle Bernias, & les autres dessusdits Ibernias.

Bernicho, vrbs in Cyrenaica, Berenice, Barce, Hesperis.

Berruyer, m. acut. Celuy qui est natif du pays de Berry, Biturix.

Berruyere, f. pen. Celle qui est natifue de Berry, Biturix.

Berry, m. acut. A present Duché, pays seant à l'orée de la riuiere du Loire qui le separe d'aucun, abondant en pasturages, laine & manufacture de draps, duquel Bourges est la ville capitale, Biturigum regio.

Bers, m. C'est la petite couche portatisse aisée à bransler, où l'on met coucher les enfançons, Cunæ, Nicole Gilles en la vie du Roy S. Louys : La Royne femme de S. Louys, qui estoit en la cité de Damiete, accoucha d'vn fils, lequel tost apres sa natiuité, fut desrobé en son bers, par vn sarrazin esclaue. Le Laguedoc, vse aussi de ce mesme mot : mais le diminutif d'iceluy asçauoir Berseau, est plus comunémet vsité parmy les François, Cunulæ, s'il se peut dire, On dit aussi Bers de chariot, qu'aucuns appellent Ridelles.

Berseau, m. acut. Est le diminutif de bers.

Berser, acti. acut. Est bransler le bers d'vn costé à autre pour endormir l'enfançon qui y est couché, Vltrò citró que cunas impellere, Reciprocatim cunas agere, Ce qui se sait aisement, parce que le bers est assis par les deux bouts sur deux bastons retournez contremont en forme de croissant ou demicercle. Et par metaphore on dit, Il l'a si longuement bersé qu'il l'a endormi en son opinion, de celuy qui par le plat de sa langue afait condescendre autruy en son opinion, luy faisant perdre le iugement par sa longue persuasion, Cantando pertraxit in suam sententiam.

Bertourder, Inaequaliter tondere.

Beryl, vne pierre precieuse, Beryllus.

Besace, autrement Bissac. Tous deux sont composez de Bis & Saccus, & aussi vn bissac n'est autre chose qu'vn double sac, ou deux sacs s'entretenans, Mantica, Pera.

Qui porte la besace ou bissac, Manticarius, B.

Petite besace, Manticula.

Besaguë quasi bisacuta, Bis aguë, ou deux fois aiguë, à duplici videlicet acie aut acumine, Bipennis.

Besanson au Besançon, en la franche conté, Vesontio, Visontium, nunc bisontium : In de bisontinus episcopus.

Besant, m. acut. Qu'on dit par adionction Besant d'or, est vne piece de monoye d'or vsitée és pays d'Asie & d'Afrique frontiere de la mer mediterranée, laquelle n'estoit marquée de coing au commencement, ains exposée au poids de l'ordonnance des Sultans des pays, & depuis fut marquée des coings particuliers d'iceux Sultans. Nic. Gilles escrit en la vie du Roy S. Louys, qu'il fut mis, & ceux de son armée, à raço de huict mil Besants Sarracinois, par Melech Sultan qui les tenoit prisonniers. L'adiection de ce mot, dor, semble inferer qu'il y auoit aussi des bezants d'argent. Mais non fait, car nous disons cent escus d'or sol, & l'Italien aussi Cento scudi doro ; Ce qui n'infere pas pourtant qu'il y ait des escus d'argent. Le mot procede de Bysantium, qui fut le nom primerain de la cité qui est appelée Constantinople. Toutesfois en aucunes contrées de ce royaume on dit bled bernage, ou grain bernage, pour tel bled ou espece de grain qui vient & croit au terroir particulier du pays, comme le fermier rend à son maistre tant de muyds de grain bernage par an, c'est à dire de tels grains qui viennent & croissent és terres de sa ferme, & en ceste signification le mot semble venir de cestuy Latin Verna, qui signifie vn serf ou esclaue nay chez nous d'vne ou d'vn nostre esclaue, außi Arua à nobis subiguntur, quódque ferunt, quasi domi nostrae natum videtur ? Et rapporteroit aucunement à la premiere signification deuant dite, parce que le bernage d'vn seigneur, est proprement la suyte, train, & compagnie de ses domestiques, comme si on disoit vernagé, Famulitium, famulorum grex, comme Cic. In Pisonem, dit grex nouitiorum. Les Rois de France ont de long temps accoustumé en presenter treize á l'offrande de la messe de leur sacre à Reims. Et combien que lesdites pieces d'or n'ayent plus de cours, toutesfois pour entretenir l'ancienne coustume, le Roy Henry deuxieme de ce nom en fit tout expres forger treize pour son sacre, & furent nommez Bysantins, valans enuiron vn double ducat la piece.

Les Besants sont encore vsitez és armoiries, comme on void en plusieurs anciens escus, & ne retiennent pas tousiours le metail dont originairement ils sont, ains souuent en couleur, ores de sable, ores d'azur, ou autre. Et l'ancienne tapisserie de la chambre du Thresor à Paris est semée de Bezants, maistre Iean Bacquet au narré de l'establissement de ladite chambre du Thresor, aualué le Bezant d'or à cinquante liures tournois Françoises.

Besche, ou houë, Bidens, Bipalium, Pala, palae, Semble qu'il vienne de Bec, car vne beche a vn bec.

Bescher, Perfodere terram.

Besiers en Languedoc, Betirae, Blitera, Bitterae, Beterrae.

Besoche, f. penac. voyez Hoyau.

Besoing, Il est besoing de faire cela, Adest opus facto.

Il est besoing de lire, Opus est lectionis.

Il est besoing de se haster & auancer, Maturato est opus.

Il est besoing que hastiuement ie parle à cest homme-ci. Celeriter mihi hoc homine conuento opus est.

Il est besoing que celuy qui est las, se repose, Opus est fessum quiescere.

Ie pense qu'il est fort besoing que tu, &c. Illud permagni referre arbitror, vt, &c.

Ie pense qu'il fera ce qu'il te sera besoing de faire, Quae tibi erunt opus, facturum puto.

I'espere qu'on n'en aura point de besoing, Non vsus veniet spero.

Quand il en est besoing, Vbi vsus poscit, In loco.

Ie te manderay le reste quand il en sera besoing, Caetera appositè tibi mandabo, vel suo tempore.

S'il est besoing d'vser d'exemple, Si conferendum exemplum est.

Ie voudroye qu'eussiez memoire de ceci, s'il en est besoing, Si quid vsus venerit, meminisse ego hanc rem vos volo.

Lors que besoing en estoit, In tempore.

Nous auons besoing de vostre diligence, Diligentia vestra nobis adiungenda est.

Il a besoing qu'on luy secoure, & qu'on ait pitié de luy, Eget humanitate.

Prendre quelqu'vn à son besoing, & quand il a bien affaire d'argent, Captare alicuius momentariam necessitatem, B.

Qu'est-il besoin de parler de l'abondance des poissons ? Quid multitudinem piscium dicam ?

Qu'est-il besoing que ie parle de la grad'amour que les bestes ont à nourrir ce qu'elles ont engendré ? Quid dicam quantus amor sit bestiarum in educandis quae procreauerunt.

Qu'en estoit-il besoing ? Quid enim attinuit ?

Qu'auoit-il à faire, ou besoing de moy ? Quid enim erat indigens mei ?

Il en fait besoing d'autant, Tantundem est opus, Tot sunt necessarij, Tot sunt opus.

Il n'est ia besoing qu'il le scache, Nihil opus est resciscat.

Il n'est point besoing de le donner à entendre, Non eget interpretatione.

Besongne, Opus.

Besongne qu'on fait à la chandelle, Lucubratio.

Besongne faite par maniere d'acquit, Perfunctoria opera.

Besongne bien faite & auec grand art, Erudita operatio.

Besongnes faites par temps desrobé, Operae succisiuae.

Besongnes qu'on fait en terre, Terrena opera.

Attoucher & patrouiller la besongne d'aucun, Opus alicuius vellicare.

Qui baille, ou qui prend quelque besongne à faire pour certain pris, locator, Conductor, Redemptor.


Commencer quelque besongne, Telam exordiri.

Descouure nous toute la besongne, Rem nobis facias palàm.

Destourner de la besongne, Deterrere ab industria.

Estre destourné de faire ses besongnes, Abduci à rebus gerendis.

Estre plus pres prenant sur la besongne, qu'a receuoir les payemens du fermier, Auarius exigere opus, quàm pensiones.

Estre à la besongne, Esse in opere.

Entremettre la besongne, Opus intermittere.

Ceste marchandise empesche le fermier de faire la besongne, si bien qu'elle reuienne & se rapporte au conte de son maistre, Haec negotiatio nunquam patitur villicum cum rationibus domini paria facere.

Employer la besongne qui reste à faire, à ie ne scay quoy, Reliquam dare operam.

Entreprendre quelque besongne à faire, Conducere, Redimere.

Entreprendre quelques besongnes, cuidant en auoir loz, Res aliquas sibi gloriae causa suscipere.

Celuy qui entreprend quelque besongne à faire, Conductor, Redemptor.

As-tu bien fait tes besongnes ? Satin'omnia ex sententia ? B. ex Terentio.

Ie fay la besongne selon l'argent, Pro pretio facio vt opera appareat.

Scachans auoir fait besongne de plus grand affaire, que le loyer d'vn iour ne se monte, Enixioris operae, quàm in vnius diei praemium conscij sibi.

Faire la besongne, Operam exigere.

En faisant la besongne, In opere faciundo.

Tout ce qu'on fait outre la besongne principale en laquelle on entend & a on entreprinse, Parergum.

Qui est frequent à la besongne, Multus in opere.

Gaigner autant de besongne, Compendium operae, B.

Qui est derechef mis en besongne comme s'il estoit tout neuf, Rediuiuus.

Quand on met la main à la besongne, Actio, actionis.

Qui a force besongne à faire, & iamais ne met la main à la paste, Diues operis, & laboris expers.

Haster la besongne, Operi instare.

Besongne hastée, Approperatum opus.

Laisser la besongne pour vn temps, Opus intermittere.

Qui laisse à tous coups la besongne, Cessator.

Laisser à faire ses besongnes, A rebus gerendis abduci.

Il ne lascha iamais la besongne, Nunquam in suo opere cessauit.

Tu menes la besongne, Tu es huic rei caput.

Requerir besongne d'aucun, Operam exigere.

Retourner de la besongne, Se ex opere recipere.

Mes besongnes n'en iront que mieux, Non alienum est hoc meis rationibus.

Qui fait bien ses besongnes & affaires, Sui negotij bene gerens.

Faire bien ses besongnes, Bene rem suam gerere.

Faire mal les besongnes de quelqu'vn, Consulere male alicui.

Ne faire point bien ses besongnes enuers les iuges, Offendere apud iudices.

Faire ses besongnes, & pour chasser les moyens de se faire grand, Velificari honori suo.

Besongnette, Opusculum.

Besongner, Agere, Operari, Opera moliri.

Qui besongne le plus du temps, Multus in opere.

Qui besongne fort & trauaille, Operosus.

Besongner à la chandelle, Lucubrare, Elucubrare.

Quand les mousches à miel ne besongnent point, elles iettent leur ordure hors de leurs rusches, Apes otio operis excrementa egerunt.

Apres auoir bien besongné, Bene res gesta.

Cesser de besongner, Vacationem habere.

En besongnant, Inter opus.

Besson, m. acut. Est mot de relation & rapport à vn autre, & signifie celuy qui est issu d'vne mesme ventrée ou portée auec vn autre, Ainsi dit-on, Ils sont bessons, c. nez d'vne mesme portée, Gemelli, Gemini fratres, & en singulier, Il est besson, c. né d'vne mesme ventrée auec vn autre, Iumeaux, & Iumeau, l'Espagnol dit Mellizo en singulier come nous, mais l'Italien vse plus du pluriel, Gemelli. Le mot peut venir de Bini, qui est fait de Bis, ainsi que le Grec δίδυμοζ, de δύζ, qui signifie cela mesme. Ce mot est frequet aux Laguedoc, Prouençal, & pays adiacents, qui appellent les fruits Bessons qui sont nez doubles, comme vne amade bessonne, quand il y en a deux, venues dans vne mesme coque, Gemellum amygdalum, Le François vse plus ordinairement de Iumeau.

Bestail, m. acut. Qu'on dit aussi Bestial, est mot general à toute sorte de bestes domestiques paissans aux champs, comme moutons, brebis, beufs, vaches, pourceaux, & autres paissans en champestre sous la maistrise de celuy qui les meine. Pecus.

Vne Beste, Bestia.

Beste qui vit sur terre, Terrestre animal.

Beste viuante en terre, & en l'eauë, Amphibium.

Grande & terrible beste, Bellua,

Beste qui oit fort cler, Solerti auditu animal.

Toute beste viuante de la nourriture de la terre, & de quoy l'homme se sert, comme boeufs, asnes, cheuaux brebis, cheures, Pecus, pecudis.

Toute beste cheualine, dequoy on se sert à porter fardeaux, tirer chariots, & labourer les terres, Iumentum.

Bestes fauues, voyez Fauue.

Bestes noires. voyez Fauue.

Beste legiere, voyez Leger.

Bestes dequoy on se sert à labourer, Operarium pecus.

Vne ieune beste dequoy on se peut ià seruir à labourer les terres, Iuuenca.

Toutes bestes qui seruent à porter somme, Comme cheuaux, asnes, & autres bestes, Animalia veterina.

Toute beste qui se coule & traine n'ayant point de pieds, Serpens.

Toute sorte de beste qui n'a point langage ne forme humaine, Pecus.

Bestes brutes, Bruta animalia.

Beste mal menée, entre veneurs, c'est vn cerf, ou autre beste chassée, qui est viuement pourchassée par les chiens & là destituée de forces & recreuë.

Beste puante, voyez Puant.

Beste sauuage, Fera.

D'vne beste sauuage, ou ressemblant à beste sauuage, Ferinus.

Appriuoiser les bestes sauuages à parler à elles, Mulcere alloquiis feras.

Bestes qui sont appriuoisées, Domita & condocefacta animalia.

Tenir enfermées quelques bestes cruelles, Continere belluas immanes septis.

Bestes qui resiouissent & recréent l'homme, Laeta inanimata.

Abbreuer les bestes, Adaquare.

Ramener les bestes de la pasture, Dispescere.

Courir les bestes sauuages & chasser, Agitare feras.

La beste qu'on tuoit au sacrifice qu'on faisoit pour la victoire qu'on auoit euë de ses ennemis, Hostia.

Tuer les bestes és sacrifices, Mactare.

Oster les armes des bestes, comme les dents, & les ongles, Exarmare feras.

Quand les bestes estoient introduites aux arenes par bandes, les vnes apres les autres, Missus huius missus.

Lieux champestres où il fait frais en esté, où se retirent les bestes en esté à cause de la chaleur : là où aussi se retirent les gens de guerre, Aestiua aestiuorum.

Vne grosse beste, qui n'a nul esprit, ne entendement, Excors, Socors.

Estre mué ou tourné en vne beste, Conuerti in belluam.

Celuy qui és spectacles publiques se combattoit contre les bestes, Bestiarius.

Bestelette, Bestiola.

Vne petite bestelette qui vit, ayant la teste fichée dedans le sang des bestes : & n'ayant point de trou par où s'en aille la viande, elle se creue. Aucuns l'appellent vne louuette, Rediuius.

Bestement & lourdement, Socorditer.

Bestise & faute de sens, Socordia.

Bestial, Bestialis, Ferus.

Bestiale cruauté, Immanis feritas,

Bestialité, Bestialitas.

Bestiail, Pecus.

Bestiail priué, entre veneurs, c'est le bestiail qu'on nourrist, & rameine par chacun soir en la maison, bœufs, vaches, veaux, moutons, brebis, porceaux, & semblables. Selon ce ils disent vn chien estre suiet à courir au bestiail priué, quand il chasse & court apres telles bestes, l'autre ne l'estre point, quand il n'en fait cas, ains de sa droite chasse.

Inutile bestiail, Pecus ignauum.

Il auoit force bestiail, & en faisoit grand fait, Erat ci pecuaria res ampla.

L'Italie nourrit beaucoup de gros bestiail, Italia armentosissima est.

Garde que le bestiail ne soit rongneux, Scabiem pecori caueto.

Quand vn homme a force bestiail, Ampla res pecuaria.

Le lieu où on nourrit le bestiail, Pecuaria.

Larron de bestiail, Abigeus.

Besycle, ou Besycles, pro Becycle, à byclo, id est duobus circulis vitreis velut lunulis. Vndè & Lunettes, vulgò dicuntur, Conspicilia, Specilla ocularia.

De la Betosne, ou Betoine, Betonica, vel vetonica, Cestron, Serratula.

Des Betes, Beta, betæ.

Beuf, ou vache, Bos. Aucuns escriuent bœuf par œ diphtongue.

Vn petit beuf. Bos humilis.

Beufs farrouches, comme sont ceux des marais, qu'en Languedoc appellent buous braus, Boues indomiti. Liu. lib. 23. Feri boues. Les autres beufs priuez, Boues domiti. liu.

Beufs ne trop grands, ne trop petis, boues quadrati. B. ex Col.

Beuf qui tire & laboure au ioug, Iugatorius bos.

Beuf qui est subiet à se coucher à terre en labourant, Bos cubtor.

Beufs sauuages, Bubali, Vri.


Beufs domtez, Mollia colla boum, Boues domiti.

Beufs sans cornes, Mutili boues.

Troupeaux de beufs, Buceriae, Armenta boum.

Vne couple de beufs, Iugum.

Accoupler beufs, Tauros iungere.

Descoupler beufs, Boues disiungere.

Penser les beufs, Boues curare.

Beufs de graisse ou engraissez, Opimi boues.

Beuf troublé de cerueau, Cerebrosus bos.

Beufs las, & qui n'en peuuent plus, ne sont plus bons à la charrue, Emeriti boues.

Beufs retifs, & qui ne tiennent conte de l'esguillon, Contumaces boues.

Beufs qui ne sont point farrouches, qui sont doux & aisez à traicter, Placidis moribus boues.

Beufs fort serrez & estroits, Boues arctè iuncti.

Beufs grands & bien membrus, Quadrati boues grandibus membris.

Beuf roti, Assa bubula. B. ex Plaut.

Appartenant à beufs, Bouillus.

Quand les beufs tournent à chaque bout de roye, Versura.

Crier en maniere d'vn beuf & toreau, Boare.

Cuir de beuf, Corium bubulum.

Toict & estable à beufs, Bouile, bubile.

Vne maladie qui vient aux beufs, quand la peau leur tient tellement aux costes qu'ils ne se peuuent remuer, Coriago.

Les beufs sont fort greuez & vexez du mauuais labeur, Boues iniquitate operis maximè mulctuantur.

Le marché aux beufs, Boarium forum.

Chair de beufs, Bubula, bubulae.

Muglement ou Buglement de beuf, Mugitus, Boatus.

La mousche aux beufs, Tabanus, Oestrum.

Les courroyes dequoy on lie le ioug au col des beufs, Subiugia.

Vne petite beste qui se tient parmy les herbes, qui enfle tellement vn beuf quand il l'a deuorée, qu'il creue, Buprestis.

Autant de terre que deux beufs accouplez peuuent labourer en vn iour, Iugum, Iugerum.

Vn bouuillon, Buculus,

Vn bouuier, Bubulcus, Bucolus, Iugarius, Custos boum.

Gardeur de gros bestiail, comme vn bouuier, & autres, qui gardent les chenaux, Armentarius.

Faire l'estat de bouuier, Bubulcitare.

Chanson & raisonnement de bouuier l'vn à l'autre, Bucolica bucolicorum.

Beurre, voyez Burre.

Beuuerie, f. penac. Sonne tousiours en mal, & signifie la démesure du boire, tout ainsi que Boissonerie, Vini bibendi assiduitas, immoderatio, Comme la beuuerie l'a tué, Nimia potationis assiduitas illum neci dedit. Et la beuuerie a esté grande, Compotatio ingens fuit.

Beuurage, m. penac. Que aucuns escriuent Bruuage, signifie boisson, ce qu'on boit. Ainsi appelle-on les vins, cidres, ceruoises, bieres. Toutesfois l'ordonnance faite sur le fait des iaulges, met aussi le vinaigre entre les bruuages. L'Italien dit, Beueraggro, Mais c'est à l'imitation dudit mot François.

Beuuailler, acut. neutr. N'est pas de la façon de chamailler, rauitailler & tels autres, ains de la forme de criailler, & riailler, qui est frequentatiue, & important en soy vice, Potiare crebrius, vino indulgere. Ciathis immorari.

Bezer, dit des vaches suyuans la mousche faisant tel bruit, dont est, Aller à sainct Bezet, ou Trottet.

Bezolle, Espece de poisson du lac de Geneue, Bezola.

BI

Biaque, Venise, dont les femmes en vsent en leurs fards.

Biberon, Vn homme biberon, Bibax, Bibulus,

Biberon, ou esguiere, Gutullus.

Boire en vn biberon, E gutullo bibere.

La Bible, Biblia, bibliorum.

Bicarne, m. p. c'est ce gros raisin de treille dont on fait du ver-iust, car il n'est propre à faire vin. Aucuns le nomment Goes.

Biche, Cerua, ceruæ.

Bicheteau, Hinnulus.

Bien, Monosyllabe, tantost est nom masculin, & signifie ores, ce que chacun possede à luy appartenant, Bona. Comme c'est mon bien, Meum est patrimonium, Et se diuise en meuble & immeuble, qu'on dit plus vsitéement au pluriel, biens meubles, & immeubles. Ores plaisir, Beneficiu. Comme vous m'auez fait ce bien, isthoc me affecisti beneficio, Et c'est de vostre bien que i'ay cecy, Hoc tuo beneficio habeo. Tantost est aduerbe, & signifie ores positiuement, comme c'est bien fait, Benefactum, Dont le comparatif est mieux fait, & le superlatif est tres-bien fait, ores superlatiuement, Il est bien-heureux & malheureux, Valde fortunatus, valde calamitosus, Il est bien riche, Valde diues, Tantost est particule doctroy en affirmant, comme tu viendras, à quoy est respondu, Et bien, ou bien. Tu accedes, Sanè quidem, ou accedam. Tantost est excitatiue, comme, Et bien veux-tu demeurer là, Heus tu istuc ne commanere, sententia est. Et a de l'interrogation, soit suiuie d'autres propos, ou non, comme quand aucun a proposé à vn autre quelque chose à faire, ou à dire, ou à penser, Il luy dit, Et bien ? Quid animi ad haec habes ? Quid sentis ? quænam tua mens est.

Fort bien, & à l'aise, Percommodè, Perbenè.

Tu pourras fort bien & aisément estre auec moy, Bellè esse poteris mecum.

Non pas si bien, Non ,equè bene.

Bien de par Dieu Age sanè.

Bien de par Dieu qu'il die, i'en suis content, Age dicat, sino.

Bien de par Dieu, ainsi soit fait, qu'on l'ameine, Age, age, traducatur.

Bien de par Dieu, prenons qu'il soit ainsi, Agite vero, verum esto.

Acquerir de grands biens, Is cui res tanta facta est, lin. lib. 23.

Bien de par Dieu, qu'il ait, Habeat sanè.

Bien de par Dieu, qu'ainsi ne soit, Ne sit sanè.

Bien pour Dieu, que le Prince ne nous donne rien, Atque adeò nihil largiatur Princeps.

A bien vienne tout, Deus benè vertat. B. ex Terent.

Bien te soit, Pax.

Bien autrement, Multo aliter.

Il va bien autrement, Longè secus est.

Ie le croy bien, Satis credo.

Ce seroit vn grand bien pour les hommes, Benè cum rebus humanis ageretur. B. ex Suetonio.

C'est bien auisé à toy, Rectè admones.

T'en vas-tu d'icy aux champs ? A. c'est bien dit, il est ainsi, Tu rus hinc abis ? A. Rectè.

C'est bien dit, ouy vrayement que ie le te par donne, Scilicet equidem istuc factum ignoscam. Par moquerie.

C'est bien dit, par moquerie, comme qui diroit, Vous-vous moquez, Sanè bene.

C'est bien dit à toy, Lepidè memoras, rectè dicis.

Qui scauent que c'est de bien & d'honneur, Qui vita & humanitate perpolita sunt. B. ex Cic.

Tu ne diras iamais si bien que, &c. Nunquam dices tam commodè, &c.

Dire tout bien, Bona dicere.

C'est bien fait â vous, Bene facis, Bene agis.

O que c'est bien fait, O factum bene.

Tu parles bien autremet que tu ne faisois auparauant quand ie te la bailloye, &c. Orationem longè aliam praebes, nunc atque olim cum dabam.

Il parle bien, Loquitur lautè.

Bien mentir, ou richement, Ampliter mentiri.

C'est bien souuenu à toy, Rectè meministi.

Il est bien chargé, Rectè oneratus.

Bien instruit & enseigné, comme ont accoustumé gens de bonne maison, Liberaliter eruditus.

Ie puis bien ne m'en soucier point, Non curare pulchrè possum.

Se porter bien, Rectè valere.

Il se porte bien, Rectè ei est.

Si la chose se portoit bien, Si rectè esset.

Prendre en bien, Accipere æquo animo, Boni consulere.

Ie scay bien, Sat scio.

Bien & mal, Rectè & perperam.

Soit bien, soit mal, soit proffitable ou non, ils n'en font qu'à leur fantasie, Melius peius, prosit obsit, nihil vident, nisi quod lubet.

Estre bien traitté, l'autè diuersari.

Il va bien. Optimè est.

Il ne va que bien, Rectè.

Pourquoy ne pourroy-ie aussi bien estre icy que Marcel, Quî minus autem ego istic rectè esse possim, quàm Marcellus.

Veux-tu bien faire ? Vin'tu lepidè facere.

Y a-il rien que bien ? Satin'saluae ? B. ex liuio.

Deuenir homme de bien, se remettre à bien viure, Redire in rectam semitam, siue in viam, Se ad frugem bonam recipere.

Il a fait ce qu'vn homme de bien deuoit faire, Hominis frugi functus officium.

Bien faire à aucun, Rectè alicui facere, Augere commodis alique. B. ex Cicerone.

Ie te feray beaucoup de biens, Tibi multa bona instant à me. Plautus.

Qui fait quelque bien à vn autre, Promerens.

Ne vouloir guere de bien à quelqu'vn, leuiter bene velle alicui.

Bien que, signifie autant que posé le cas, Encore qu'ainsi soit, Combien que. Esto, Quamuis, Quanquam Tametsi.



Bien, ou Biens, Le bien que le pere delaisse à ses enfans apres son trespas, Patrimonium, Bona patria.

Les biens & successions qu'vn chacun a à soy, meubles ou immeubles, Familia, Res familiaris, Fortunæ, Pecuniæ, Substantia.

Tous biens exterieurs, Bona, bonorum.

Grands biens, ou beaucoup, Fortunæ amplissimæ.

N'auoir pas grands biens en sa maison, Familiari pecunia tenuis esse.

Les biens que nous auons serrez en nos coffres, Relictae sine haerede sarcinæ.

Bien tenant, Bonorum possessor,

Plein de biens & riche, Plenus, Opulentus.

Il a des biens, Res salua est. B. ex Plauto.

Les biens d'vn qui a respondu pour celuy qui s'obligeoit, pour tel affaire concernant le public, lesquels sont obligez, & hypotequez à la chose publique, Prædes.

Biens obligez, & hypotequez, Bona prædialia.

Biens saisis, regis & gouuernez sous la main du Roy, Bona publicè possessa.

Biens appliquez au Roy, Bona caduca.

Biens vacans, Haereditatis patrimonium.

Acquerir ou amasser biens, Rem facere.

Despendre & gaster ses biens, Rem familiarem corrumpere, Funditare rem.

Laisser ses biens à l'abandon de la iustice pour les confisquer, Pignerãda poene, praebere bona.

Selon les biens que tu auois, Pro re tua.

Bienfait, Bonum, Benefactum, Beneficium.

Bien & plaisir qu'on fait à aucun qui ne l'a pas merité, & deseruy, Gratia.

Bienfaicteur, Beneficus.

Bienheurer, m. acut. Est faire & rendre beuré ou heureux aucun, Beare.

Bienheuré, m. acut. Semble estre en signification passiue de Bienheurer, pour celuy qui a receu l'heur de la main, ou par le moyen d'autruy : mais il ne signifie non plus que Bienheureux, Foelix fortunatus.

Bienheurée, f. penac. Fortunata.

Bienheureté, Fœlicitas.

Bienheureux, Fœlix, Beatus.

Bienseance, La bienseance & rapport des parties l'vne à l'autre, Couenientia rerum, Decentia.

Bienuenue, Payer sa bienuenuë, Isagogicum dependere. B.

Bienueillance, Beneuolentia, Bonus in aliquem animus.

Bienuoulu du peuple, Cui populus bene vult.

Bienueillant, Beneuolens, Beneuolus.

Bienuienner ou Bienueigner Aucun, foelicem aduentum alicui precari, Comiter excipere aliquem, C'est le recueillir à grand ioye, & le caresser.

Biere, f. penac. Signifie ores ce coffret de bois, large par vn bout, & estroit par l'autre, où l'on enclot le corps d'vn trespassé pour estre porté & mis en terre. Capulum. Et ainsi est prins au Prouerbe qui dit, Apres le sanglier le myere, Apres le cerf la biere. L'Italien dit, Bara, Presque pour le mesme, qui peut estre rendu en Latin par feretrum, & Sandapila. Et qui voudroit dire que ce mot Italien, Bara, & le Francois Biere, vinsent de Baratrum, diction Grecque, il auroit cete seule raison pour luy, que Baratrum, Selon Diomede, signifie aussi vn certain lieu qui est és enfers, iceux enfers prins selon l'vsage du mot enuers les Latins. Ores Biere signifie cette maniere de boisson vsitée és pays froids qui n'abondent en vin. Zytum.

Bierne Bigorre en Gascongne, Bigerriones, vel Bigerones, nuc Bigerrenses.

Biés, Aller de biés, Obliquare, B. voyez Bihay.

Vn Bieure, Castor, castoris, fiber.

D'vn Bieure, fibrinus.

Biforme, biformis, & hoc biforme.

Bigame, Qui a deux femmes espousées, Digamus.

Bigarrer, Variare, Distinguere, Variegare, quasi bis variare.

Bigarrure de couleurs, Varietas.

Bigarrement, aduerb. Variè.

Bigle, Strabo. Tel vice, Strabissimus.

Bigne, Vne bigne au front, ou ailleurs, Tumor, Tuber.

Bignets, Vne facon de pain pour les enfans : comme, des bignets, des goffres, Collyra, lagana, laganorum, Artologanus, Globuli. b.

Inuiter aux bignets, ou Pour faire les bignets, Ad globulos esitandos condicere, vel ad cœnam globulariam. b.

Manger des bignets, Globulos esitare.

Bigorne, Enclume ayant deux cornes, Incus bicornis.

Bigorre, m. penac, Est vne contrée en l'Aquitaine, dont les habitans sont appelez bigerrones, par Cesar, lib. 3. de bell. Gall. bigerro. voyez bierne.

Bigot, Superstitiosus, Hypocrita, Bigot, Germanis, Par Dieu, Quos vocamus Bigots, hi videntur plus cæteris Deo deuoti.

Bigotie, Superstitio, Hypocrisis.

Par bigotie, Superstitiosè.

Bihay, Obliquitas.

De bihay, Obliquè.

Qui est de bihay, Obliquus, Transuersus.

Bihayser, Obliquari.

Bihoreau, Vn oiseau plus grand que l'Aigrette, mais moindre que le Heron, On le nomme autrement Roupeau, c'est vne espece de Heron,

Bille, Billart, Biller, Erasmus in ludo spherae per annulum ferreum, vocat, vne bille, sphaeram & globum, vn billard, Volam : la porte, annulum ferreum : Le ieu, Aream & sphaeristerium.

Billon, mascul. acut. Est toute espece de monnoye qui ne court plus, ou est descriée pour escharseté, ou autre defaut. Nebrise le rend par Aes confusaneum, Ainsi dit-on des especes de monnoyes descriées, qu'il les faut mettre au billon, & cizailler. L'Espagnol dit ainsi, Billon.

Billonner, act. acut. Est trocquer les especes pour autres, qui est crime és deniers des receptes du Roy, Nummorum species interuertere.

Billonneur, m. acut. est celuy qui billonnet Specierum nummorum interuersor.

Vn Billot, d'or, Massa auri.

Vn billot de bois, Truncus ligni.

Bimauue, Althaea, Ibiscus. Vulgò Bismalua, quòd sit altero tanto maior malua vulgari, Aucuns prononcent Guimauue.

Bimauue, ou guimauue sauuage, Alcea, alceae.

Bimbelot.

Biner, Les vignes, Vineas occare, Sarrire.

Bineur, Sartor, vel Sarritor.

Binement, Sartura, vel Sarritio.

Binoter, ou bailler la seconde façon à vne terre, Iterare solum, vel campum, vel agrum.

Binotis, Binotage, Binotement, Iteratio.

Birrasque, Palladieu : Vents contraires se leuerent, meslez de vapeurs, de pluye, & de gresle, dont se font les birrasques & cyons, que les pilottes craignoient le plus : Car leurs nauires estoient par tels tourbillons agitées, tourmentées de toutes parts. On dit aussi Borrasque, mot vsité en mer de leuant, & signifie vne esmotion de vague & flots, causée de tourbillon de vent impetueux chargé de pluye vehemente. Dont le contr aire est bonace, qui signifie tranquillité de mer.

Bis, Pain bis, Panis ater.

Bisacquier, Menticarius coactor.

Bisayeul, Quasi bis auus.

Bisayeul, le pere de mon pere grand, Proauus.

Le bisayeul du bisayeul, ou le pere du pere grand du bisayeul, Tritauus.

Biscaye, Cantabria.

Biscain, Cantaber.

Vne biscaye au ieu de paume.

Biscuit, Quasi bis coctus. Panis cibarius, Panis nauticus, Rubidus panis.

Bise, Vent de Bise, Boreas, Aquilo, Aparctias.

Lieu exposé à la bise, Situs aquilonius.

Biseau, Le biseau d'vn pied de cheure de quarrier, ou d'vn ciseau ou rabot de menusier.

Biser, C'est vne espece de columb, Liuia, nimirum à colore liuido. Aucuns l'appellent, Vinago, vinaginis, à cause qu'ils se nourrissent de pepins de marc apres qu'on a pressoiré la vendange.

Bisexte, Bisextus.

Le mois du Bisexte, Feburier, Intercalaris, Februarius.

Le second iour du bisexte, Le tour de crue, Intercalaris dies.

L'année du Bisexte, Annus intercalaris.

Bissac, voyez Besace.

Bistorte, nom d'herbe, Bistorta.

Bites, en cas de nauires, sont deux cheuilles de bois, de la grosseur du faux du corps d'vn homme, fichées dans le bau de Bite, qui est enuiron trois pieds derriere le masterel, ausquelles est tourné & attaché l'amarrage, apres que l'ancre est fichée, pour le tenir fort.

Bithynie, voyez Anatolie.

Bizarre, Ta nature s'est trouuée en moy fantastique & bizarre. Pasquier.

BL

Blaffart, m. acut. Qu'on deuroit escrire Blasphard, veu qu'il vient du verbe Grec, βλάστω, Est ce qui est découloré, de couleur ternie. Colore suppallido diluto.

Blapharde, f. penacut. La chose qui est de couleur effacée & aneantie, Imminuta colore ac marcescens.

Blaphastre, comm. gener. penacut. Est de la sorte de ces mots iaunastre, noirrastre, blanchastre, & semblables, qui importent despris, vitupere, & desdain de la chose dont est le propos, & signifie, de couleur defaite, tirant sur la laideur, comme, Il a le visage blaphatre. Facie est perquàm pallida, etiam ad nauseam pallida.


Blaireau, Que aucun appellent Taisson, les autres Grisard, Les autres Bedouau, Melis, Trochus.

Blaime. comm. gener, penacut. Qu'on escrit aussi blaime, & selon la prononciation Françoise, Bleme, est l'homme ou femme qui est de couleur pasle, & comme on dit de couleur morte comme d'vn drapeau. Pallidus, pallida, Il semble qu'il vienne de ce verbe Grec, , qui signifie gaster, corrompre, empirer, d'autant que la couleur bleme nous prend par empirement de santé. Selon ce on dit, Mon Dieu que cet homme ou cette femme est bleme, Dij boni quàm pallent.

Blaimeur, f. acut. Est la palle couleur, ou comme nous disons en pluriel, les palle couleurs, Pallor, Il est couuert de blaimeur, Est facie pallore obducta.

Blaimir, neutr. acut. Est deuenir bleme, Pallere, Comme si tost qu'il m'a veu, il a blemy, Quamprimùm me conspexit impalluit.

Blanc, m. Celuy qui est de couleur blanche. Albus candidus. Blancho. Espagnol, Et bianco, Italien : Il se prend particulierement pour l'endroit de la peau du parchemin, qui estoit ioignant la chair, parce que au parer il se fait plus blanc que l'autre endroit, où tenoit la toison : ainsi disent les notaires, tel nommé au blanc, &, comme Il est contenu au blanc. Et quelque fois, au blanc de l'autre part, qui est quand ils endossent quelque chose en l'autre endroit du parchemin, où tenoit la toison, qui est moins blanc, parce qu'ils commencent l'escriture des contracts audit blanc. Alba membranae facies aut pagina.

Blanc signé, m. acut. Peut estre prins pour composé, Ex duobus integris, Et est substantif. Et pour non composé. Et est entre financiers, vne quittance en parchemin, signée au dos ou page moins blanche dudit parchemin, par le quitteur en ces mots, pour seruir de quittace à tel tresorier. Pour la somme de, &c. Tel signé, au blanc duquel, auquel n'y a rien que le seul cachet en placard d'iceluy quitteur, ledit tresorier payeur escrit par apres en estendu laditte quittance, où le baille tout tel en rendant son conte. Et cela rapporte au blanc des notaires. voyez Blanc. Mais en autres affaires Blanc signé est vne fueille ou demie de papier blanc où n'y a que le seing manuel de celuy, qui ou promet, ou quitte, ou atteste quelque chose sans plus, pour estre le blanc qui est au dessus remply au fait & au prendre par celuy qui est porteur dudit blanc signé. En quoy est veu que il differe de l'autre espece de blanc signé dessusdit : Et aussi que ce n'est ce qu'on appelle Carte blanche, Carte en icelle n'y arien de signé ne cacheté de la part de celuy qui l'a baille ou enuoye, tant que celuy à qui elle est baillée ou enuoyée y ait escrit ce qu'il luy a pleu, & qu'elle ait esté rapportée à celuy qui l'a baillée ou enuoyée, lequel est obligé & tenu de sa foy & de son honneur l'a signer & cacheter ou seeller du seel à ses armes, la renuoyer à qui premier enuoyée l'auoit.

Blanc de vieillesse, Canus, Senio.

Deuenir blanc, Albere, Albicare, Albicari, Canere, Candorem trahere, Inalbescere.

Faire blanc, Candicare,

Sembler blanc de force d'estre embrasé & allumé, Candere, recandere.

Eschauffer tellement vne chose qu'elle semble par feu estre blanche, Candefacere.

Tirer ou retirer sur le blanc, Subalbicare, Interalbicare, In alborem vergere.

Couleur qui tire sur le blanc, & sur le noir, Aquilus color.

Vestu de blanc, Candidatus.

Les blancs où sont escrits les noms des Iuges, Album iudicum.

Blanc d'Espagne, ou blanc de plomb. voyez Ceruse.

Blancheastre, com. gen. pen. Celuy & celle qui ne sont entierement blancs, ains de couleur fade, Candidaster, S'il se pouuoit dire. Car cette terminaison Astre, enuers les François, donne marque de deffaut, & improprieté au nom auquel elle est à la queuë, Marastre, qui n'est proprement mere, Nouerca. Noirastre, qui n'est absoluement noir, come si le Latin disoit, Nigraster, Folastre, cil qui n'est entierement fol. Toutesfois le François luy donne signification plus courtoise pour celuy qui est dehait en gaillardises, sauts, & bonds, mots, & actes hardis és compagnies & assemblées. Achariastre, qui vient, d', mot Grec, qui signifie malgracieux, & de moeurs maussades, est de ce rang en excez, comme les dessusdits en deffaut. Car il est trop plus que , auquel il est annexé. Si on ne l'aime mieux tirer de l'vn de ces deux autres Grecs, Α χάρετοζ. Albidus, Exalbidus, Subalbidus.

Herbes blancheastres, Incanae herbae.

Qui est blanchet, Candidulus.

Du blanchet, Pannus albus.

Blancheur, Albitudo. Albor, Candicantia.

Vne blancheur, comme de chair, Carnosus candor.

Le blanchissage, ou crespissure d'vne massonnerie, Albarium, siue opus albarium.

Blanchissage de linge, linteorum dealbatio.

Blanchir & deuenir blanc, Albescere, Inalbescere.

Blanchir quelque chose, Candefacere, Candidare, Dealbare.

Pour blanchir la chair, Ad albicandum cutem.

Se tourner & blanchir comme laict, Elactescere.

Vn Blanc, id est, Cinq deniers, Quincunx. B. in asse.

Blanc d’eau, Nom d’herbe aquatique, Nymphea, Les Apoticaires la nomment Nenuphar.

Blance, espece de bled, Far clusinum.

Les Blancs manteaux, leucochlaeni monachi, B.

Blandir, à aucun, Blandiri, lenocinari.

Blandir vn peu, Sublandiri.

Blandissant & attrayant, Blanditus, Blandus.

Blandisseur, Palpator.

Blandissement, Blanditiae, lenocinium, Palpum, Blandimentum.

Deceuoir par blandissement, Palpum obtrudere.

Blaqvie Autrement dit par aucuns historiens François, Valaigne Nunc dicitur Valachia Anciennement, Bessi, & Triballi. Pars est Thraciae inferior. Sunt qui putent, Valachiam esse, quae olim Dacia vocabatur. Cuspinianus duplicem facit Valachia : maiore quae dicta sit Dacia : & minorem, quae nuc sit Moldauia.

Blareau, voyez Blaireau.

Blasme, m. penac. C’est detraction & mauuais langage d’autruy. Il vient par syncope de ce mot Blaspheme, issu du Grec, βλασφημειν, qui signifie Maledicere, dignitati alterius derogare, laedere famam. Lequel vient de βλάκτω, Qui signifie blesser, & Φήμα Bonne renommée. Car qui mal parle d’autruy, il fait blessure & le sion à la reputation d’iceluy, Blasme aussi signifie reprehension, redargution, quote & reproche de defectuosité. Selon ce on dit le Seigneur feodal estre tenu dedans quarante iours apres le denombrement, & le vassal aller querir ledit blasme au manoir principal dont son fief est mouuant. c. les articles dudit denombrement quotez par le Seigneur feodal de vice d’omission, ou autre faute, & abus qu’il y ait trouué, Rerum clientelarium professionis notas, ac damnationes à patrono deposcere. Vitium clientelaris professionis. Vlpian. lib. 2. ff. de censib. voyez Blasmer.

Blasme & reproche, Aperta nec obscura criminatio, culpatio, incusatio, vituperatio.

Tout le blasme en demeure sur toy, In te omnis haeret culpae inuidia.

Qui est sans blasme, diffame, ou reproche, Irreprehensus, inculpatus.

On ne m’en peut donner le blasme Abest à me culpa.

N’estre point en blasme, Criminis opprobrio carere.

Vne chose dequoy l’on acquiert blasme & haine, Res inuidiosa.

Accroistre son blasme, Augere infamiam iam conciliatam.

Donner le blasme à quelqu’vn de quelque chose, Facti inuidiam alicui creare.

Encourir le blasme d’auoir voulu vsurper le royaume, Subire crimen cupiditatis regni, In regni affectati crimen venire.

Mettre le blasme sur quelqu’vn, O dium in aliquem conferre.

Prendre le blasme sur soy, ou le reietter sur vn autre, Crimen culpae in se suscipere, vel in alium transferre.

Se purger de quelque blasme, Culpam à se amouere, infamiam in pactam detergere.

Bailler & reietter le blasme, la coulpe, le tort sur aucun, Assignare.

Reietter tout le blasme, sur son compagnon, Omnem culpam in collegam inclinare.

Tourner le blasme sur aucun, Auertere inuidiam alicuius rei in alterum.

Tournant le blasme de la bataille sur Annibal, Culpam omnem belli in Annibalem vertens.

Tourner le blasme à honneurs, Culpam in gloriam vertere.

Cet acte est blasmé par tout, Vbique haec res infamis est. liu. lib. 23.

Blasmer, act. acut. Est laidanger, taxer de deshonneur & vitupere quelqu’vn, Alicuius existimationem opprobrio atterere, laedere, diminuere. Il vient de blasphemer par syncope, qui vient du Grec, βλασφημειν qui est composé de βλάκτω qui signifie blesser, leser & signifiant renommée & reputation. Ainsi Blasmer est par mesdisance & detraction, offencer le bon nom & reputation d’aucun. On dit aussi mais par catachrese, blasmer les marchandises & autres choses telles, pour despriser & auilir à non pris, Verbis contemnere, nihili facere, improbare. Mais blasmer en fait de denombremens & adueus, est bailler reproches contre telles declarations de teneures feodales, y quotans par le Sieur de fief, les deffectuositez & desguisemens, commis par le vassal qui les a baillez, Rerum clientelarium professiones vitiosas autumare, earumque obmissiones traductionesque notare. Vitia professionis annotare, ac veru transfigere.

Blasmer & reprendre aucun, In crimen vocare.

Blasmer & despriser quelque chose, Obtrectare aliquid.

Blasmer aucun de ce dont il doit estre loué, In crimen vertere quod gloriae esse debet.

Se blasmer, Detrahere de se.

Dire quelquechose par affectio de blasme, on repredre, Accusatoriè dicere.

Qui n’est point à blasmer, A culpa remotus.

Qui ne resiste point à tort & iniure qu’on luy fait, s’il peut, il fait aussi grand, & est autant à Blasmer que si, &c. Qui non obsistit, si potest iniuriae, tam est in vitio, quàm si parentes deserat.

Ie crain que tu ne me vueille blasmer, que ie ne t’escri point assez souuent, Vereor ne literarum à me officium requiras.


Faire blasmer quelqu’vn, In inuidiam aliquem adducere.

Blasmer fortune, Assignare culpam fortunae.

Blasmer & accuser aucun par deuant le peuple, Compellare aliquem in concione.

Qui est-ce qui ne te blasmera de ce ? Quis erit, vitio qui id non vertat tibi.

Ils me blasment & reprennent que, &c. Dans mihi vitio quòd, &c.

Qui reprent & blasme autruy, Taxator, Vituparator.

Qui blasme & reprend la façon de plusieurs aages precedens, Castigator seculorum.

Blasmé, m, acut. particip. Est celuy sur lequel le blasme est mis, Infamia affectus, Cuius existimationi labes illata est.

Blasmée, f. penac. Celle qui est detractée, Cuius existimationi damnum datum est.

Estre blasmé & reprins, In crimen incurrere, Crimini subiici, Esse in culpa. Culpam alicuius rei sustinere, Habere inuidiam, Vituperationem subire, In vituperationem cadere.

Craindre d’estre blasmé, Crimen metuere.

Estre blasmé par quelqu’vn, Inuidiam capere apud aliquos.

Il en sera blasmé, In crimen veniet.

Tu seras blasmé & reprins de cela, Noxiae tibi erit haec res.

Il fut blasmé & hay des Senateurs à cause de cela, Factum illud inuidiae ei fuit apud patres.

Blasmable, digne d’estre blasmé ou mesprisé, Vituperabilis.

Celuy qui a merité d’estre blasmé, blasme les autres, Transit conuitium.

Ie ne nie pas que ie n’aye gaigné d’estre blasmé en cecy, Esse in hac re culpam meritam non nego.

Estans grandement blasmez & hais, Cum arderent inuidia patres.

Les larrecins ne sont point blasmez & estimez meschans, qui se font hors les limites de la cité de celuy qui les fait, Latrocinia nullam habent infamiam, quae extra fines cuiusque ciuitatis fiunt.

Blason, Proprement prins, est la deuise & Armoiries, que vn Cheualier, fut en errat ou à la guerre, portoit ancienemet peintes en son Escu de deffence, Comme, Il portoit en son Escu vn blason de gueules à deux lions rampans d’or. Le champ dudit blason estoit toute la superficie de l’Escu entierement couuerte, ou du metail ou de la couleur dont le blason faisoit sa base, comme se peut encores voir és anciennes sepultures de deux cens ans en arriere. Et par cet exemple aussi, Il ne portoit pas l’escu dequoy il se deuoit parer, Car il deuoit porter de gueules, mais il le porta autre dequoy il feit follie. L’Espagnol dit aussi Blason, En cete signification. Molina en la description del Reyno de Galicia. Blason se prent aussi pour l’Eseu où il est peint, comme le cheualier pendit à son colle blason du Prince, c’est à dire l’Escu du Prince : ou bien, l’Escu aux Armoiries & deuise du Prince. Du porter de l’Escu ainsi armoirié est venu que en matiere d’Armoiries pour deuiser le Blason d’aucun, les Heraux & autres à ce cognoissans vsent de ce mot Porter. Comme, Il porte de sable à vn lyon passant d’argent, c’est à dire son sablon ou Armoiries sont vn lyon passant d’argent en champ de sable. Et, quel blason portoit-il en la bataille ? Le Poursuiuant respondit qu’il portoit vn Escu de gueules à la nef d’or, qui est l’enseigne de Fez. Et, Auec la nef y auoit trois lyons signez emmy le Champ, c’est à dire ses armoiries estoient vne nef & trois lyons signez d’or emmy, en champ de gueules. De ce dernier exemple il appert que le blason n’estoit pas seulement porté aux Escus, ains aussi és banieres, enseignes & cognoissances. Ce qui appert plus clairement par cet autre, Il portoit à son Escu vn blason de sable à huit hermines d’or. L’autre portoit à sa cognoissance vn Escu d’or à trois testes de lyepard de gueules : le tiers portoit à sa banniere vn Escu d’azur bis à deux dragonceaux d’or : Le quart portoit à son Enseigne vn Escu d’argent à trois chasteaux de Sinople. Aucuns estiment que cet exemple Blason, Escu, Cognoissance, Banniere, & Enseigne soient Synonymes, mais c’est sans raison, comme se peut cognoistre par cet autre exemple. L’Enseigne de Charlemaigne estoit deuant, toute desployée d’azur à fleurs de lys toute semée, my-partie d’Allemaigne, & la banniere estoit d’or à vn lyon rampant de gueules, au tressouer double. ¶ Blason se prent aussi pour louange, comme le Blason de la Rose entre poetes François, c’est à dire poeme, par lequel sont deduittes les loüanges, vertus, & perfections de la Rose. Aussi les Heraux relatans le blason d’aucun discouroient parmy les loüanges & tiltres d’honneur diceluy. Iean le Maire en ses illustrations : Antenor pour entamer le pas se presenta sur les rangs, & apres qu’il se fut acquitté vers les dames & que le Heraut eut epilogué ses tiltres & ses blasons fit son deuoir & accomplit ses venuës contre Hector. voyez Blasonner.

Blasonner, c’est deuiser l’essence & pourtraiture du blason en metail & couleur & figure & la signifiance de chasque chose en tout le pourpris du blason, ce qui est la peculiere & propre profession des Rois d’armes Heraux & Poursuyuans. L’espagnol dit aussi Blasonar, En cete signification. Molina en la description, Del Reino de Galicia. Ie ne veux pas asseurer que Blason & Blasonner viennent de ce mot Allemat Blasen, Mais si est-il tout notoire, que Blason en Allemant signifie Sonare, Ampullare, Turgescere, Et que les Heraux blasonnans les Armoiries d’vn Prince, ou autres recitent la haute & prudente signification du blason d’iceluy, y adioustans ses loüanges, hazardeuses entreprises & proüesses, pour monstrer qu’il porte tel Blason à iuste cause, comme si Blason, estoit außi loüer. Ainsi dit-on entre Poetes François, blasonner la perle, la rose, & choses semblables pour mettre par vers & rime François, les louanges, vertus & perfections de la perle de la rose, &c. Blasonner se prend aussi par sens contraire, pour mesdire & detracter d'aucun, Aliquem contumeliosis verbis traducere.

Blaspheme, Blasphemia, Sacrilegum maledictum, Probrosum in Deum diuôsque maledictum, voyez Blasfeme.

Blasphemer, Blasphemare, Sacrilego maledicto se obstringere.

Blasphemateur, Blasphemus.

Blasser, C'est fomenter, Fouere, comme quand les cheuaux se sont entremors : on blasse les pieds auec du sel & de l'eau meslez ensemble. Cela se fait en batant doucement de la main.

Blaueoles, ou Aubifoins, Cyanos, siue Cyanus.

Blaye en Guyenne, Santonum promotorium Ptol. nunc Blaya, voyez Garonne.

Blé, m. Qu'aucuns escriuent Bled, ainsi que le Languedoc & nations adiacentes disent Blad. Et l'Italien Biada, mais le François n'y prononce pas la lettre d, Triticum, & est nom general, dont les especes sont Blé froment, & Blé mestail, combien que par Antonomasie ce mot Blé, sans adiection se prenne pour le froment, Far.

Blé bernage, voyez Bernage.

Blé mestail, Triticum siligine farréque mixtum, comme si vous disiez meslé, & non pur ble, ainsi qu'on dit vn chien mestif, qui est d'vn leurier & d'vne mastine, ou d'vne leuriere & d'vn mastin, c'est meslé de deux diuerses especes de chiens.

Blé mouture, voyez Mouture.

Toute sorte de blé, Fruges.

Toute sorte de blé, & proprement froment, Far, farris.

Toute sorte de blé pendant par racine & auant estre moissonné, Seges.

Beaux blez, Laetae segetes.

Quand les blez croissent si fort & si abondamment qu'il les faut faire paistre aux bestes, Luxuries segetum, Luxuriosa frumenta.

Grand amas de blé, Frumenti magnus numerus.

Du blé frimé, Melandrium, siue Melampyrum, Myagrum, Aucuns l'appellent Cameline.

Du blé turguet, Tragum, tragi.

Blé locar, ou poullé, espece de blé barbu, Far rutilum.

Blé de Turquie, Eresimum, Irio.

Blez marsés, ou tremés, Sont les especes de grains qui sont semez au mois de Mars, qui pour cette cause sont aussi appelez les Mars, comme orge, seigle, aueine & semblables.

Blé d'elite, Triticum primarium, vel lectissimum, Triticum primae boccitatis. B.

Batre le blé, Messem exterere.

Quand on bat le blé en la grange, Tritura, triturae.

Batre le blé à perches, Flagellare perticis frumentum.

Manger son blé en verd, Versuram deinceps ab ineunte anno facere. B.

Purger les blez des herbes inutiles & nuisantes, Consarrire.

Rasteler le blé en herbe, Pectinare segetem.

Sarcler les blez, Sarrire.

Blé couppé & scié, iusques au pied, Desecta cum stramento seges.

Saueur de blé, Cerealis sapor.

Marchand de blé, Frumentarius.

Chose appartenante au fait du blé, Res frumentaria.

Le blé croist & s'aduance, Surgit messis.

Le blé est espandu sur la terre, Consternit vias frumentum.

Aller au fourrage de blé, Frumentari.

Aller à l'entour des blez, Ambire segetes.

Qui cache le blé & recelle autres prouisions, attendant la cherté, Dardanarius.

Terre à semer toute sorte de blé, Frumentariorum solum.

Vn lieu couuert aupres de l'aire és champs, où on reserroit les blez à demy battuz, de peur des nuées, Nubilarium.

Lieu ou le blé ne peut venir, Glabretum.

Vne herbe contraire & ennemie aux blez, Aera, aerae.

Des blez niellez, Segetes aerugine corruptae.

Païs de blairie, Ager cerealis.

Blesme, Pallidus.

Blesme comme vu drap, Exanguis metu. B.

Blesmet, Pallidulus.

Blesmir, Pallere, Pallescere.

Blesmissement, Pallor, voyez Blaime.

Blessé, m. acut. Signifie gasté par entameure de coup, Saucius, & vient de ce verbe Grec βλαχλω, qui est de plus large signification que n'est Saucio aupres des Latins, car il comprend aussi les blesseures de coups, orbes & de bosse, là où Saucio, comme dit Sipoctin, est dit quasi secio, & Saucius quasi secius à sectione vulneris illecti : vulneratus.

Il a fait emporter de la bataille les blessez, Saucios ex acie efferre curauit. Liu. lib. 23.

Blesser, actiu. acut. Est offenser soit à playe sanglant, Sauciare, soit de coup orbe & de bosse, Pertundere, Contundere, & est prins de cest infinitif βλάψαι, Vulnerare, Conuulnerare, Laedere, Oblaedere, Sauciare, Consauciare, Plagam facere, infligere.


Blesser aucun en la teste, Caput alicui sauciare.

La picque ou iaueline l'auoit blessé, Hunc hasta sauciarat.

Qui blesse & naure, Vulnificus, Sauciator.

Il n'y a rien qui blesse, Nihil offensionis est.

Se blesser, Noxam capere. B.

Se blesser quelque partie du corps, Offendere, Sauciare.

Blesser sa force, Carpere vires.

Blesser & entamer la peau, Vlcerare, Sauciare.

Blesser & gaster son loz & honneur, Gloriam suam sauciare, Obtundere.

Blesser la Republique, Vulnera Reipub. imponere.

Le membre blessé, Membrum affectum, vel offensum, B. ex Celso.

Blessure, Laesio, Vulneratio. Blessure faite en la peau par eschauffement & par long chemin és pieds ou entre les cuisses, Intertrigo.

Qui n'a nul mal ne blessure, Illaesus.

Blette, Espece de pourrée, Blitum.

Bleu, Venetus color, Caerulus, Cyaneus.

Bleuet, m. acut. ou Aubifoin, Cyanus. Aucuns le rendent par Blaptisecula, pource qu'elle nuyt aux faucheurs faisant reboucher le trenchant de leurs faux ou faucilles. Et enuers les anciens Latins estoit vne faux ou faucille, & βλάκληρ en Grec signifie nuyre, offenser.

Bloc, C'est vn amas de plusieurs marchandises, qu'on achepte tout à vn tas sans les apprecier par le menu, ainsi dit-on, en bloc, Summatim.

Blocaille, ou Bloccage, ou Moillon, Caementum.

Mur fait de bloccage, ou bloccaille, ou moillon, Murus caementitius.

Blocul, ou Bloquil, Des Essars au 3. li. de Iosephe : Vindrent donner iusques aux tentes & pauillons des Romains arrachans les peaux tendues sur le blocul à la faueur desquelles ils esperoient combatre. Item au mesme liure : Car ils ietterent tant de feux artificiels en trois diuers endroits qu'à moins de rien toutes les machines, plate-formes & bloquils de dehors, composez de matieres seiches, se trouuerent embrasées.

Blond, en matiere de cheueux & poil d'homme, c'est paillé, comme cest homme est blond, c'est à dire, Il est de poil paillé, ou poil doré. Autre est le poil qu'on dit rouge, vif & ardant, car tel poil n'est appelé blond. Et en matiere de Faucons & de Cerfs, blond est quand ils ont le pennage & le poil clair tanné, qu'on dit autrement fauue au regard des Cerfs tant seulement, Flauus, subflauus.

Blondelet, m. C'est le diminutif de blond.

Blondelete, f.

Blonde, f. Comme perruque blonde, Cesaries flaua, aurea.

Blondir, ou Blondoyer, Flauescère. C'est deuenir blond.

Bloquer, C'est serrer & arrester vn marché de quelque chose auec quelqu'vn.

Bloutroer, Que aucuns disent Ploutroir, est ce que les Grecs disent , & est cest instrument de bois en facon de petite colonne porté sur quatre rouleaux bas, duquel les laboureurs cassent & applanissent les bloutres ou blottes de la terre fraischemet labourée, voyez Cylindre.

Bloutre, ou Blotte', f. penac. La motte de terre qui est renuersée par le soc en labourant, Gazon.

Bluettes, Sont petites estincelles qu'on voit quasi se fondre par l'air aux plus chauds iours de l'esté, Scintillulae.

Bluetter, faire ou ietter des bluettes, Scintillare.

Blutteau, m. acut. disyllab. Est l'instrument fait d'estamine blanche en façon d'vne manche large, à tout lequel on blutte & passe la farine à faire pain blanc, Incerniculum, voyez Sas.

Blutter, act. acut. Est passer la farine auec vn blutteau, Sasser, Incernere, Succernere.

Blutteur, m. acut. Celuy qui blutte la farine, Cernitor, Incernitor, Farinae succernitor, voyez Blutteau.

Bluttis, m. acut. Est le lieu où l'on blutte la farine, Incernitorium, qu'on appelle aussi Bluttoir.

Bluttoir, m. acut. Le mesme.

BO

Bobans, Luxus.

Restreindre les bobans & les reigler en facon qu'ils ne sortent point hors les limites de bon mesnagement, Luxuriam vtilitate circumscribere.

Vn grand Bobancier, Luxuriosus.

Bobeliner, Suppingere. B.

Bobelineur, Sutor veteramentarius. Suet.

Vne Bobine.

Bocage, ou Boscage, Arboretum, voyez Bois.

Bocage où les oyseaux hantent, Auiaria.

Bocages où l'on ne peut passer, Auia virgulta.

Bocage de bouys, Buxetum.

Vn bocquet, Nemusculum.

Bocal, ou, & mieux, Boscal, m. acut. Est diminutif de Bois prins pour Forest, comme si l'on disoit petite Forest, Syluula. En Maugist : Ie conseille qu'elle soit mise dans ce boscal, iusques à ce que l'estour ayt fait son finement. Et peu apres, si estoit la Duchesse dedans le bois. Bocal aussi naturalisé de l'Italien, est vne fiole à eauë, à vin, ou vn tel vase de terre cuite, car de difference la prononciation n'y en fait point, quoy qu'en la premiere signification on l'escrit aussi par s, boscal.

Bochir, en Egypte, Canopus.

Bocques d'vne riuiere ou estang, ce sont les bondes ou escluses, Commata.

Bocquet, & Bosquet, le mesme que Bocal & Boscal en sa premiere signification, Nemusculum, voyez Bocage.

Boeme, en Allemagne, Boij, Boëmia.

Boesseau, Boesseler, Cerchez Boisseau.

Boette, voyez Boiste.

Bœuf, voyez Beuf.

Boh, m. C'est le nom d'vne riuiere, que les Latins appellent auiourd'huy, Minor Borysthenes.

Bohourd, m. acut. ou Behourt, & Bouhourt, c'est vn tournoy de plusieurs Cheualiers tournoyants en foule ou en bataille, come aucuns dient. Les Cheualiers issirent du chasteau, & s'en allerent contre la marine, où ils sirent leuer vn Bouhourt. Et, Les Princesses allerent voir le Bouhourt. L'Espagnol dit Bohordo. Iea le Maire en ses Illustrations, Pour le combat & tournoy du Behourd, le pris des plus dextres cheuaucheurs, & mieux sçachans contourner cheuaux à la foule, estoit vn coursier houssé d'orfeuerie, & de campanes & poiretes d'argent, l'estoile d'or au front, vne bague de dix esmeraudes au poictral, & son esclaue d'Afrique, &c. Et peu apres, Le dernier pris estoit pour le behourd des enfans d'honneur courans sur des cheuaux legers, armez à la legere, combatans de dards non esmouluz, de courtois roquets, & d'espées rabbatues, dont le mieux faisant auoit vn riche chappeau de perles de conte. Ce mot sc rapporte à ce vocable Tartaresque Horda, qui signifie prouince, come enuers nous Bailliage ou Seneschaussée, estant tout le pays de Tartarie diuisé en Hordas, comme les Suisses en cantons. Et est la raison du mot, parce que tout le peuple de chasque Horda fait son assemblée particuliere, qui se rend en la generale conuocation des Estats generaux, esquels est deliberé des affaires de tout le pays de Tartarie. Cesar appelle cela Ciuitas, & enuers les Suisses se peut auiourd'huy nommer Pagus. Et consequement tant Ort, qui enuers les Suisses signifie le mesme que Horda, comme Hourt, qu'ils prennent pour esquadron & bataillon, & Hor, qui enuers les Allemands signifie Armée, de leur origine primitiue, peuuent venir d'iceluy mot Tartarin.

Bouhorder, acut. C'est tournoyer en foule ou en bataille, comme aucuns dient. L'Espagnol dit Bohordar.

Boque, Espece de poisson, Boops huius boopis, dicitur & Box huius bocis.

Boileau, C'est à dire, Buueur d'eauë, Hydropotes, huius hydropotae.

Boire, Bibere, Inbibere, Potare.

Ne boire gueres, Subbibere.

Il ne boit gueres, Exiguo potu indiget.

Bailler à boire, Miscere mulsum, Miscere pocula.

Toute maladie venant de trop boire, Crapula.

Noise venuë par trop boire, Per vinum exortum dissidium.

Toute chose qui est bonne à boire, Poculentus.

Boire ensemble & banqueter, Combibere, Compotare.

Boire à quelqu'vn, Propinare, Poculis aliquem inuitare.

Boire l'vn à l'autre à grands traits, Poscere maioribus poculis.

Boire à lut, Bibere more Graeco.

Compagnon à boire & à yurongner, Compotor, Combibo, combibonis.

Auoir quelqu'vn à boire & à manger auec soy, Aliquem mensa sua communicare.

Boire auantageusement, Adbibere.

Boire d'auantage qu'on n'a accoustumé, Vino largiore vti.

Boire de surcrest, Superbibere.

Boy si tu veux boire, despeche toy de boire si tu veux, Bibe si bibis. Plaut. Id est bibe actutum si vis. B.

A boire d'autant, Acratoposiae certamen vel agon. Bud.

Boire l'vn à l'autre, Graeco more bibere. B. ex Cicerone.

Boire tout à fait, Epotare, Interbibere, Obbibere, Perbibere.

Bailler à boire du vin aux malades, Vinum aegrotis adbibere.

Faire boire de la poison à quelqu'vn, Venenum alicui infundere.

Il ne les faut point laisser boire d'eauë, sinon bien peu, Nec potestas aquae, nisi quàm parcissimè, facienda est.

Garder de boire par trois iours, Prohibere potione per triduum.

Qui boit vin pur & sans eauë, Merobiba, merobibae.

Qui ne boit point de vin, Abstemius, Carens vino.

Qui ne boit gueres souuent, Rarus in potu.

Qui boit beaucoup, Multibibulus.

Qui boit volontiers, Bibulus.

On boit, Bibitur.

En beuuant, In vino, Ad vinum.

Qui a bien beu, Appotus.

I'auoye bien beu, & si estoye reuenu tard, Domum bene potus, seróque redieram.

Il a vn petit beu, Paulum subbibit. Suet.

Quand ils ont bien beu, Ad vinum diserti. Bud. ex Cic.

Il auoit fort beu, In multum vini processerat.

Il y a ia long temps que i'ay beu premierement, Iamdudum factum est


quum primum bibi.

Beuuerie, Potatio.

Beuuerie qui se fait auec d'autres, Compotatio, Symposium.

Beuuerie excessiue, Bibacitas.

Beuueur, Potor, potator.

Grand ou fort beuueur, Acer potor.

Petit beuuereau, Potorculus.

Beuueter, Cyatos sorbilare.

Beuuette, vin de despense, Lora.

Bruuage, Poculum, Potio.

Bruuages mistionnez, Medicata pocula.

Bruuage confit de miel, Promulsis, promulsidis.

Bruuage de moust & de miel, Melitites, melititis.

Vne potion & bruuage fait d'eauë & de miel, Aqua mulsa, Hydromeli.

Vn bruuage fait d'Enule campane, Nectarites.

Vne sorte de bruuage fait de pommes de bois seiches, broyées auec du sel & du vin, Saprum, sapri.

Vne sorte de bruuage que les mareschaux baillet aux cheuaux, où il y a de la sauge, Saluiatum.

Aualler vn bruuage, Exhaurire poculum.

Bailler quelque bruuage, Potionare, Poculum alicui dare.

Bailler en, ou pour bruuage, Potatum dare, Potui dare.

Donner aux cheuaux ou aux vaches vn bruuage où il y a de la sauge, Saluiare.

Le bruuage des petis enfans, Bua, buae.

Le boire, ou boisson, Potus, huius potus.

La boisson des dieux des Payens, Nectar.

Bois, Lignum, Comme de ce verbe, νέμοζ, id est pasco, vient ce nom Nemus : ainsi de ce verbe βόσκω, id est Pasco, vient ce nom βόσκων, ou Boscum, qui signifie autant que Lignum, ou Sylua. Hinc tam pro ligno, quàm pro sylua, Flandri dicunt Bosc, Picardi Bos, Franci Bois. Picardi Boise, quod Franci Busche, ou Busce. Bois aussi, est aucunefois vsurpé pour la lance de l'homme d'armes, au 2. liure d'Amad. A donc baisserent leurs lances & donnans des esperons à leurs cheuaux coururent l'vn contre l'autre, de si grand roideur que leur bois vola en esclats, & selon cette signification est dit porter bien son bois d'vn cheualier qui porte bie sa lance en lice : & par metaphore d'vne femme haute qui marche droite & de bonne grace. De ce mot bois prins en sa primeraine signification vient aussi, Boscage, Bosquet, & Picardis Bosquillon, qui Francis dicitur Buscheron. Dudit verbe βόσκω vient προβοσκιζ, naris elephanti, & έλαφόβοσκον, nomen herbae, quasi ceruorum pabulum. Hinc etiam se embuscher, se mettre & cacher dedans le bois. Embusche vient aussi de là, car les bonnes embusches se font dedans les bois, pour estre mieux caché, & moins veu.

Vn bois de plaisance, Nemus.

L'ombre d'vn bois, Vmbra nemoralis.

Tout petit bois espez que les Payens consacroient & dedioient à leurs dieux lequel on n'osoit coupper, Lucus.

Bois de haute fustaye & fruictiers, Materia syluestris & culta.

Bois dur comme vn os, Osseum lignum.

Bois madré où il y a tout plein de veines, Crispans ac varians lignum.

Bois qui ne fument point, Acapna ligna.

Bois puant, Acopos, siue Acopus.

Bois sec à quoy se prend facilement le feu, Igniarium.

Vn tas & pile de bois qu'on faisoit anciennement pour brusler les corps, Rogus.

Bois qu'on met au trauers de quelque chose, Temo.

Ce qui est sous l'oubier du bois, Caro arborum.

Vne homme de bois, Syluicola.

Aller querir du bois pour le camp, Lignari.

Le bois d'vn cerf, sont les cornes, Cornua ramosa.

Vne sorte d'herbe qu'on appelle, Bois puant, Nautea.

Semblant à veoir de bois, ou Dur comme bois, Lignosus.

Chantier de bois, Strues.

Fait de bois, Ligneus.

Lieu plein de bois, Locus syluestris, Nemorosus.

Lieu où on couppe du bois, Lignatio.

Boisseau, m. acut. Est vne espece de mesure de choses arides, & la douziéme partie du septier, & se diuise en quatre onces, & le tiers d'vne once, Boeotius, duquel mot Grec on estime qu'il soit fait. Aussi le prononce-on Boësseau, quoy qu'on l'escriue Boisseau. Bud. de Asse, voyez Muyd.

Qui tient vn boisseau, Modialis.

Vn demi boisseau, Semodius.

Vn boisseau & demi, Sesquimodius.

Deux boisseaux & demi, Culeus.

Qui contient trois boisseaux, Trimodium, trimodij, vel Trimodia, trimodiae.

Boisselet, Modiolus.

La croix Boissée, Crux luxata, id est buxeis ramis insignita. Cela se fait le iour de Pasques Fleuries, Videndum an rectius diceretur Bouyssée.

Boiste de bouys, Cista, Cistula, Pyxis, Sitella. B. Plautus, Coniiciam sortes in sitellam. Vt Venetiis in suffragiis ferendis cistulae circumferuntur à cistiferis.

Boiste des pauures, Cistula pauperum & mendicorum.

Qui porte la boiste, Cistiferi.

Boiste des os, Acetabulum.

Petite boiste où les ioueurs mettoient les dez, pour de la les reietter dedans le tablier, Pyrgus.

Boiste de gouuernail, en cas de nauires, est vne piece de bois de la grosseur d’vn homme, ouuerte à l’equipollant dudit gouuernail, & fenduë bien trois empalins par le bout, qui sort dehors en forme de tenaille pour empoigner le dit gouuernail, & percée par l’autre bout en quarre, de l’ouuerture d’vn demi pied, & bien reliée de fer, par ce que le tymon, qui est vne piece de bois de cinq à six pieds de long, seruant à faire ioüer & tourner ledit gouuernail çà & là, passé par ledit trou, lequel sans ladite relieure de fer se pourroit entre-ouurir.

Boistelette, Pyxidium.

Boiter, ou Boitouser, neutr. acut. Claudicare, Boiteux, m. acut. Claudus, Boitement, m. penac. Claudicatio, voyez Bot.

Boiuin, C’est à dire, Beuueur de vin, Oenopotes, huius oenopotae.

Boline, voyez vent à la Boline.

Bolieuure, Labrum, Labium.

Bombarde, Bombarda. Laurentius Valla lib. 2. Volaterranus lib. 30. Erasmus in Querimonia pacis. Nomen habet à bombo, id est sono, & verbo Ardeo : quia cum ardore editur sonus ille, voyez Arquebuse.

Bombasin, Xylinum.

Bon, m. Se rapporte tantost aux moeurs & conditions de l’homme, & selon ce on dit, Voila vn bon homme, Eccum tibi virum probum, & tantost à la robusteté, vaillance & force du corps, selon ce on dit, Il est bon cheualier, bon homme d’armes, c’est à dire, vaillant & hardy : Et vne bonne robe, vn bon soulier, c’est à dire, de bonne & durable estoffe, & ainsi d’autres choses. Mais en pluriel Bons, se prenoit anciennement pour ce qu’on dit preud’homes. Ainsi en plusieurs lettres passées en l’an 1200. se trouuent ces manieres de parler, au dire & estimation des bons. Et, de chasque partie a esté esleu vn bon. Et, eu sur ce l’aduis des bons du pays, c’est à dire, preud’hommes. Les Rois d’Espagne és addresses de leurs lettres patentes, nomment los hombres buenos, mais ils entendent par là les opulents du pays. La raison de la signification ancienne dudit mot François peut despendre de ce que ces mots vir bonus importent enuers les Latins, comme Ciceron le descrit au troisiesme liure des offices, & de l’amitié.

Fort bon, Perbonus, Perbellus.

Trouuer bon ce qu’on fait, Sibi plaudere, vel applaudere.

Chose qui est trouuée bonne du commun, Plausibilis res.

Faire trouuer bon, Probare alicui. B.

Viure comme les bons, Instituto bonorum viuere.

Tenir bon, Estre ferme & constant, Firmum stare, Substare.

Faire bon de quelque chose, Fidem suam interponere.

Il luy a baillé bonne, Plagam homini inflixit grauem, vel Homini mulctam inflixit grauem.

¶ Sentir bon, Rectè olere.

Bonne, f. penac. Se prend és mesmes deux sortes que Bon, voyez Bon.

Bonté, f. acut. Se prend ores pour le regard des moeurs & de l'ame, comme la bonté du Roy est grande, Insignis est Regis bonitas ac probitas. Et ores pour le regard du corps & force d'iceluy. Au 2. liur. d'Amadis chap. 2. selon la bonté & cheualerie de ceux qui ont voulu entrer en la chambre defenduë, leurs escus sont honorez, c'est à dire, selon la proüesse & vaillance de ceux, &c.

Naturelle bonté, Bonitas ingenij, Generositas.

Singuliere bonté, Praecipua bonitas.

Vne bonté qui ne se vend point, qui ne fait rien pour recompense, Gratuita probitas. Vne mesme boté est necessaire au commun peuple, Eadem bonitas etiam ad multitudinem pertinet.

Vne signification de bonté & preud'homie & honesteté reluisant au visage d'aucun, Dignitas oris & vultus.

Bonté d'esprit qui est duit à apprendre, Docilitas, Facultas ingenij.

Attaindre la bonté de l'esprit d'aucun, Assequi ingenium alterius.

Homme de grand bonté, Homo bonitate affluens.

Si tu es de telle bonté que ie t'estime, Si bonitas tua responderit iudicio meo.

Bonace, ou Bonasse, C'est à dire, tranquilité de vents sur mer, Malacia.

La mer est Bonace, ou Calme, Mare est tranquillum.

Bonandria, Vrbs in Cyrenaica, Apollonia.

Pommes de Bon-chrestien, Poma panchresta.

Bon-chrestien bastard, Pseudopanchresta.

Bond, Le bond d'vn esteuf, Resultus pilae.

Bondir, Resilire, Resultare.

Bondes, Les bondes & ouuertures ou escluses par où on fait ouuerture à l'eauë, comme d'vn estang, Commata.

Vn Bondon, Obturamentum.

Bondonner, Obturare.

Bondrée, ou Goiram espece d'oyseau viuant de proye, Percnopterus.


Bone, voyez Borne.

Bonnaire, Qui est doux de nature & debonnaire, Natus animo leni, Humanus, Mitis.

Bonnaireté, Humanitas.

Bonnairement, & à la bonne foy, Candidè.

Bonne, pres Colongne sur le Rhin, Bonna.

Bonnement, Pourueu que bonnement tu le puisses faire, Quod commodè facere possis.

Bonnes dames, Vne herbe qu'on appelle bonnes dames & arroches, Atriplex.

Bonnet, Bonnet à couurir sa teste, Pileus, vel Pileum, Pileolus, vel Pileolum. B. Vestis capitis. Bud. ex Celso.

Le bonnet en la teste, Capite adoperto, Capite velato. B. ex Liuio.

Bonnet à fers ou boutons d'or, Pileus clauatus.

Oster le bonnet deuant quelqu'vn, Caput aperire vel adaperire alicui.

Bonneton ou petit bonnet, Pileolus.

Vn bonnet de fer, Cassis, Galea.

Mettre vn bonnet de fer, ou vne salade & heaume en sa teste, Galeare.

Ayant vn bonnet de fer ou vn heaume en sa teste, Galeatus.

Bonneter aucun, C'est oster souuent le bonnet deuant luy, comme en pareil sens nous disons, Chaperonner.

Bonnete, Est vn sur-croy de voile qui s'attache au papafif, comme vnes chausses à vn pourpoint.

Bonnete trayneresse, est vne tierce bonnete qui s'adiouste au papafif du grad mast, lequel en a ordinairement. Et par fois on y en met vne troisiéme selon la hauteur, roideur & commodité dudit mast, laquelle pour estre la plus basse, & comme traynant sur les ponts, est ainsi appelée.

Bonneval, Bona vallis.

Bonté, Cherchez Bon.

Boques d'estang, voyez Bocques.

Boquet, voyez Bosquet.

Bord, Le bord d'vn habillement, Fimbria, Extremum tunicae, Orae, , id est ora & fimbria.

Le bord d'vn habillement dechiqueté & frangé, Lacinia.

Le bord de quelque chose que ce soit, ou le bout, Extremitas, Margo, Primores.

Le bord de l'eauë, Fibra, Ripa.

Le bord & riuage de la mer, ou riuiere, Litus, Acta.

Qui est aupres du bord de la mer, Litorosus.

Appartenant au bord & riuage de la mer, ou riuiere, Litoreus.

Le bord de la terre contre laquelle bat l'eauë, Crepîdo.

Le bord d'vn puits, Crepîdo putei.

Qui a bord, Labrosus.

Les bords des loges, Praetexta tuguriorum.

Le bord du fossé, Supremum fossae labrum, vel supercilium, Nicot en ses Cantiques :

Tu me lanças tout au plus pres du bord
Du noir fossé teste à teste à la mort,
Mais aussi tost que mon pleur eus ouy,
Rendis la veuë à mon oeil esblouy,
Luy faisant veoir du monde le neant,
Comme son bien s'esuanouyt au vent,
Comme il nous laisse à l'estour du mourir,
Comme il ne peut de rien nous secourir.

Ie l'auoye sur le bord des leures, Versabatur mihi in labris primoribus.

Qui est sur le bord de sa fosse, Capularis senex.

Arriué à bord, Actus.

Mener ou mettre à bord les nauires, Naues ad terram applicare vel appellere.

Bords, en faits de vaisseaux de mer, sont des tables espesses appliquées par trauers, & par dehors sur les varangues de fonds pour retenir & serrer icelles varangues, & celles qui sont appliquées par dedans, pour mesme effet, s'appellent Serres, voyez Serres.

Bordage, C'est le mesme que bord, Le Portugois appelle Bordo ces tables de bois dont se fait le lambrissage du plancher & murailles.

Bord plat, qu'on dit Plat bord, en fait de nauires est le bord du pont, qui est depuis le grand mast iusques au chasteau deuant, auquel on met la grosse artillerie, ainsi appelé, par ce que deux pieds au dessus le dit pont & sur le bout des varangues, à chacun des bords d'iceluy y a vne piece de bois d'vn pied de largeur, & de demi pied despaisseur bien cheuillée, sur laquelle on assiet l'artillerie.

Bord bas, qu'on dit Bas bord, c'est le bord du nauire qui est à gauche. L'opposite est Estribord, comme si vous disiez dextre bord.

Border & couurir le bord, Praetexere.

Border d'argent quelque vaisseau, Circumcludere vas argento ab labris.

Border de pierres, Lapidibus statuminare.

Bordeur & autres qui besongnent à l'esguille, Phrygio, Limbolarius, Plumarius, Acupictor, vulgò Brodeur.

Bordure d'habillement, Limbus.

Borde, f. penac. Est comme Iean le Maire au li. 1. cha. 22. dit, vne logete ou maisonnete portable toute charpentée de fust, assise sur quatre roües pour la mener où l'on veut, & sont les bordes, les habitacles des bergers aux champs, depuis Printemps iusques à la fin d'Automne. Mais il se prend aussi plus largement pour toute ville, casine, escartée emmi les champs, Humilis casa. Virgile 2. eclog. Tuguria campestria. Nicot enses Cantiques :

N'es tu plus or records
De la borde araineuse
Dont iadis te mist hors,
Vne bien plus poudreuse
T'attend encor. Ingrat,
De son bien dés adonc
Tu luy as fait vn rapt,
De luy ne l'obtins onc.

Villicus, Il se prend aussi en aucunes contrées de ce Royaume pour vne ferme, qui est edifice de plus grande estoffe, Villa, dont vient ce mot Bordier, & Bordiere, Villicus, villica.

Vn Bordeau, Ganeum, vel Ganea, Lustrum, Praesepe, Lupanar.

Le lieu du bordeau, qui estoit aupres des murailles de la ville, Summoenium.

Bordeler, ou hanter le bordeau, lustrari, Scortari, Meretricari, Colum.

Mettre vne fille au bordeau, Filiam producere.

Vn bordelier & putier, Ganeo, Scortator.

Bordelage, Meretricium.

Bordeavlx, Ville Archiepiscopale & principale de Guyenne, Burdegala.

Bordelois, Burdegalensis, Burdegalus.

Ceux d'alentour de Bordeaux, Vibisci, siue Vbisci.

Bordelois, espece de fort gros raisin, Vua Burdegalensis.

Bordereau, Vn petit cayer & bordeau, Aduersaria, aduersariorum, Breuis, masc. gen. vel Breue breuis, vel Breuiariu, Pyctatium. Bud. in Annota. Prior.

Borgne, Luscus, Cocles.

Faire borgne, Eluscare.

Borgnet, Caeculus.

Borgnesse, Lusca.

Vne Borne, Terminus, lapis terminalis, Fines, finium. Aucuns escriuent Bone, & les Picards ne prononcent point autrement. Pourroit estre qu'il vient de βκσοζ, id est Cumulus, Tumulus, Aceruus.

Petites bornes & limites d'vne oraison, Modicae regiones orationis.

Asseoir les bornes, Pangere terminos, Terminos statuere, Terminare.

Mettre bornes en amitié, Fines in amicitia constituere.

Passer les bornes, Lineas transire.

Proces de bornes & limites, Controuersiae finium, Controuersiae de finibus.

Borner quelque chose, Terminare, Determinare.

Borner & arrester ce qu'on veut estre fait, sans faire d'auantage, Praefinire, Definire.

Borner entre-deux, Disterminare.

Borner en son esprit, Animo aliquid finire.

Champ borné, Ager terminatus.

Borneur, Finitor.

Borras, Dont les Orfeures vsent à soulder l'or, Chrysocolla.

Boscage, voyez Bocage.

Bosledvc, ou le pays d'enuiron, Aduatici.

Bosne, Bosna, ou Bosina, quondam Illyrium & Illyris.

Bosquet, voyez Bois, Sylua, Nemusculum.

Bosse, C'est vne esleueure & tumeur soit de coup d'acheron, Tumor, Inflatio, Soit de nature Gibbus, Gibber. Bosse aussi est la premiere poussée de la teste du Cerf mué, lequel commece à pousser ses bosses dés le mois de Mars & d'Auril, Subula, vnde Subulo, est dit le Cerf qui a encores sa teste en bosses & molle.

La bosse & cabochon, ou esleueure de pierre precieuse, Vmbo in gemma.

Vne bosse qui est en l'erable, Bruscum.

Chose taillée en bosse & enleuée de quelque matiere que ce soit, Toreuma, toreumatis, & Toreumatum.

Vne bosse de terre, Tuber, Tumulus.

Bossete, Tuberculum.

Bossetes d'os, de bois, ou de corne que les anciens mettoient sur les liures acheuez, Vmblici.

Bossetes de bride à cheual, Vmbones lupatarij.

Bossetier, Vmbonum lupatariorum artifex.

Bossuer, Incuruare.

Bossu, Gibbosus, Incuruus humeris. A Gibbosus detracta prima syllaba fit Bossu.

Lieu fort bossu, Locus tumultuosus.

Bot, m. Mousse, tronqué en rond par contre-facture. Ainsi Pied bot, c'est à dire, contre-fait, en rond & mousse, dont peut partir Boiter, Boitouser & Boiteux. Bot en Poictou, est vn sabot, Calceus ligneus.

Botargues, ώάά τάριχα, id est oua piscium salita & exiccata, quae à bibacibus magno emuntur : deiectam enim appetentia excitant, sitim proritant, viníque gustum iucundiorem reddunt.



Bote, f. acut. Comme Bote d'eschalaz, de lates, de foin, de foarre, Pedamentorum foeni, straminis, fascis. Manipulus, Columel. lib. 2. c. 19. & lib. 11. c. 2. Plin. lib. 18. c. 28. On dit Boteau.

Vn boteau de foin & autres choses, Fasciculus, Manipulus foeni. Varr. de re rust. lib. 1. cap. 49.

Vn boteau & glu de foarre, vu fagot, ou bourrée, Fascis stramentorum ac virgultorum.

Boteler, act. acut. Comme boteler du foin, Foenum in fasciculos aut manipulos alligare. Plin. lib. 18. cap. 28. Obligare, Vincire, Colligare, Columel. lib. 2. c. 19. lib. 11. c. 2.

Botes, ou Botines, Ocreae, Bitumna , Graeci vocant crepidas, τά ποδών βαλητήρια, id est, pedum tegumenta.

Boter, Ocreare.

Boté, Ocreatus.

Bouban, ou Boubance, voyez Bobans.

Vn Bouc, Hircus, aut Hirquus, Hoedus.

Boucs qui paissent, Pascentes hoedi.

Vn bouc chastré, Caper.

Peaux de boucs, Hoedinae pelliculae.

Barbe de bouc, Hirquina barba, Aruncus.

Boucs qui ne font que heurter les autres, Hoedi petulci.

Vn bouquin, Hoedulus.

Qui sent le bouquin, Hircosus.

Boucaner, Hircum imitari.

Bouquanier. Cela est bouquanier, Obsoleuit iam ista ratio. Bud. ex Cicerone.

Bouche, Bucca, Os. L'Italien dit aussi Bocca, & l'Espagnol Boca.

La bouche d'vne riuiere, les lieux où les riuieres se rendent en la mer, Ostia, ostiorum.

Qui a trois bouches, Trifaux.

Bouche mesdisante, Improbum os.

Ie n'ay non plus bouche de vilain que vous, Non minus ingenua est & mihi gula.

Auoir bouche à cour, c'est estre desfrayé de boire & manger, Ius rectae coenae habere, Ius contubernij in praetorio habere. B.

Auoir quelque chose souuent en la bouche, Vsurpare.

Clorre la bouche d'aucun en luy baillant argent pour ne dire mot, Astringere linguam mercede.

Clos luy la bouche, Os illi opprime.

Dire de bouche, Nuncupare, Pronuntiare.

Chanter ou dire de la bouche, Incinere.

Estre sur sa bouche, Duci ventre.

Homme qui a la bouche fort fendue, Homo sparso ore.

Par ce mot il m'a fermé la bouche, Responsiones omnes hoc verbo eripuit.

Moderer sa bouche, Gulae temperare.

Ouurir la bouche, Diducere rictum.

Il n'y auoit personne qui osast pas seulement ouurir la bouche, Ne hiscere quidem quisquam audebat.

Il ne faisoit point la petite bouche, Apertè ferebat. Bud. ex Liuio.

Ce sera pour faire bonne bouche, Hoc ferculum claudet conuiuium. B. ex Martiale.

Ouuerture de la bouche, Hiatus.

Qui a grand bouche, Bucculentus. Plaut.

L'ouuerture de la bouche, quand on rit, Rictus.

Tordre la bouche, comme fait vne personne courroucée, Ringere, vel Ringi, deponens. Os distorquere.

La bouche & les mains, en matiere de deuoirs deus au Seigneur Feudal par le vassal, c'est la foy & hommage, sans payement d'aucuns droits & profits de fief. Selon ce on dit, Le fils donataire de ses pere, ou ayeul, mere ou ayeule, ne deuoir au Seigneur Feudal que la bouche & les mains du fief à luy donné en aduancement d'hoirie, Nuda fidei clientelaris professio. Et est cela dit ainsi, par ce que le vassal faisant son hommage, estant à genoux, & nuë teste deuant son Seigneur de fief, met ses mains iointes entre celles de son-dit Seigneur, qui anciennement le baisoit à la bouche, & à present pour la pluspart le baise à la iouë, ou bien de ce, quat à la bouche, que ledit vassal ainsi estant, prononce de sa bouche tels mets, Ie deuiens vostre homme & vassal, à cause d'vn tel fief que i'aduoüe tenir de vous à foy & hommage. Ou bien, I'aduoüe estre vostre homme & vassal, ou tenir de vous à foy & hommage tel fief, à cause de tel vostre fief, & autres clauses vsitées en tel cas.

Quand on a la bouche esleuée, Exulceratio oris.

Cheual qui est fort en bouche, Tenax equus.

Les bouches de la playe, Orae vulneris.

Bouchette, Buccula, Osculum.

Bouchée, Buccea, Bolus, l'Espagnelle dit aussi, Bocado, & l'Italien, Bocone.

Petite bouche, Buccella.

Boucher, Cerchez Bouscher.

Vn Boucher, Carnarius, Lanius, & Lanio, lanionis.

Boucherie, Carnarium, Laniena, Laniarium. Le lieu où la chair se vent, & despece : car celuy ou les beufs & autre bestiail se tuent, est appelé tuerie. Toutefois par translation Boucherie se prend außi pour tuerie, comme, Ce Capitaine a exposé ses soldats à la boucherie, Hosti ad caedem obiecit. Liu. lib. 22.

Bouchimbarbe, ou bien Boukimbarbe, f. penac. Est vne espece d'herbe qui a le tige court, les fueilles iaunes comme saffranées, la racine longue, douce, la fleur dorée, issant de bouton. Laquelle par beau temps s'espanouyt, & en teps nubileux se reclost. De son bouton clos il pend comme vne barbe blanche, à cause de laquelle le nom luy est doné, come Theophraste escrit au li. 7. cha. 7. Lequel elle retient en toutes langues. Car les Grecs l'appellent τραγοπώγων, les Latins Hircibarbula, les Italiens Barba di becco, (combien qu'ils l'appellent außi Sassefrica) les Espagnols Barba de cabron, & les Allemands Bockbart. On vse de sa racine l'hyuer és salades.

Bouchement, Bouchon, voyez Bouscher.

Boucle, f. penac. Soit de fer, cuyure, argent, ou autre metail, est faite ores ronde, ores quarrée, ores à quart de cercle, à deux passans diuisez d'vn diametre, auquel vn espinon ou hardillon est accroché, seruant à ficher la courroye qui est passée par iceux, passant sur ledit diametre, Fibula. Le Languedoc l'appelle Fiuele, & Siuele, dudit nom Latin.

L'espinon ou hardillon d'vne boucle, Acicula fibulae.

Boucler, act. acut. Est mettre vne boucle à quelque chose. Ainsi on dit, boucler vite iument, quand pour empescher qu'elle ne soit saillie des cheuaux, on luy clost la nature auec des boucles ou annelets de cuyure, Fibulare, Infibulare. Et par translation, boucler est parfaire & acheuer vn affaire. Selon ce on dit, cela est serré & bouclé, c'est à dire, paracheué, clos & fermé à demeurer. Boucler en verbe neutre, & par translation, signifie bossuer en forme de boucle, (car elle bossue en l'endroit de son diametre ou aisseul, pour rendre plus aisé le passer de la courroye) mot vsité entre maçons. Ainsi ils disent que vne muraille boucle, quand elle bossue, ce que les Latins par mesme raison dient, Paries facit ventrem.

Bouclier, Ancyle, ancylis, Clypeus, Scutum.

Faire vne leuée de bouclier, Praeludere.

Qui est garni d'vn bouclier, Clypeatus, Scutatus.

Le milieu d'vn bouclier, Vmbo.

Fait en rondeur comme vn bouclier, Scutulatus.

Qui fait boucliers, Scutarius.

Lieu où on fait les boucliers, Fabrica scutaria.

Boucon, Venenum, Toxicum.

Empoisonner & bailler boucons, Spargere venena, Miscere toxicum.

Bailleur de boucon & empoisonneur, Veneficus, Venenarius.

Boudin, m. acut. Est vne espece de farce auec sang de porceau, herbes fines, hachées, oignons menuysez, fenoil & espice, couuerte du boyau de porceau. Il vient du Latin Botulus, ou Botellus, par changement de la muete T, en la moyenne D, mutation vsitée par les langues vulgaires empruntans du Latin. Apicius en son liure de re culinaria monstre, que le mot Latin Botulus, se prenoit pour toute farseure enclose dans vn boyau, & non seulement pour celle que nous appelons Boudin. Aussi nous faisons des boudins d'autre mixture que de la dessusdite, Laberius vetus poëta botulum pro farcimine dixit. A. Gell. notar. lib. 16. cap. 7.

Boudine, ou Boutine, C'est à dire Nombril, Vmbillicus.

Boüe, & fange, Eluuies, Limus, Lutum, Coenum.

Boüe meslée parmy de la paille, Lutum paleatum.

La boüe & ordure qui sort d'vn clou, ou d'vne playe, apostume, & semblables, Pus, puris, Tabes.

Enduire & massonner de boüe, Lutare.

Se tourner & conuertir en boüe, Lutescere.

Boüeux, ou plein de boüe, Limosus, Lutosus, Lutulentus, Coenosus.

Bouffée, f. penac. Est ce mesme que Soufflée, Efflatus. Ainsi on dit, Il a fait vne bouffée de vent, ce qui se prend pour impetuosité de vent, inopiné & de peu de durée, Repentinus venti flatus. Et combien que ce terme soit proprement appliqué au vent, si dit-on vne bouffée de feu, Ignis euomitus vel euomitio, parce que l'air est meslé parmy le feu. Et quant au mot, il est par raison d'onomatopoee, & represente tant le son du vent, qui vient à bouffées, que de la flamme bouffant ainsi que de la bouche de l'homme quand il bouffe, c'est à dire souffle ou le feu ou la poudre, ou autre chose.

Bouffer, act. acut. Est vn verbe duquel le François n'vse gueres, que par metaphore. La propre signification est souffler à puissance d'haleine & à iouffles enflées, en laquelle le Languedoc l'vsurpe ordinairement, disant : Lou vent bouffe, boufar lou poutaige, quand il est trop chaud, & boufar lous dets, quand on a grand froid aux doigts. La metaphore en est pour la renfleure des ioües, quand on bouffe quelque chose. Ainsi dira le François, tu bouffes, c'est à dire, tu te despites. Et, tu bouffes de courroux & de maltalent, Totus stomacho atque ira turges, parce que quand aucun est despité, ou courroucé, il renfle les ioües, comme fait celuÿ qui bouffe & souffle quelque chose, laquelle raison de metaphore est suiuie au mot Bouffy, qui signifie esleué en tumeur & enflé.

Bouffard, m. acut. Par metaphore est despité, & proprement est celuy qui bouffe, c'est à dire, souffle souuent, voyez Bouffer.

Bouffi, m. acut. Comme hareng bouffi, Turgidus.



Bouffons, Danser les bouffons, Pyrrhicam saltare.

Les danseurs de bouffons, Pyrrhicarij.

Bouge, penac. Tantost est masculin, & signifie ce qui est comme renflé, & sortant en tumeur hors oeuure platte. Ainsi l'on appelle le Bouge d'vn bouclier, la bossette qui est au milieu d'iceluy, esleuée en rond, (de laquelle façon estoient les boucliers des Romains) Vmbo. Aussi est-il comme le nombril d'iceluy. Et le Bouge d'vne chambre, le petit reduit qui est ioignant la chambre & hors le mur d'icelle, qui ne merite le nom de garderobe. En aucuns lieux on appelle aussi Bouge la bouclure d'vne muraille, qui se desment & se courbe, qu'on dit en Latin Ventrem facere, & en François Boucler. Et tantost est feminin, duquel le diminutif est Bougete, c'est à dire, vne petite bouge. Et est vn mot naif Gaulois, comme dit Sext. Pompon. Festus, duquel les Gaulois appeloient ces petits sacs de cuir, que ceux qui alloient aux champs portoient pendants à leurs bras, (comme adiouste Nonius Marcellus) ausquels ils mettoient leurs petites besongnes, comme se peut comprendre de ce vers du 16. liure des Satyres de Lucilius, parlant d'vn qui n'auoit nul equippage, Cui neque iumentum est, nec seruus, nec comes vllus, Bulgam & quicquid habet numorum, Secum habet ipse. Cum bulga coenat, dormit, lauat, omnis in vna, Spes hominis bulga, hac deuincta est caetera vita. L'vsage de porter laquelle bouge, pendant au bras quand on alloit aux champs, estoit encores, n'y a pas long temps, en France. Et le mesme autheur au liure 26. appelle Bouge par metaphore, la matrice de la femme grosse, dans laquelle l'enfant à naistre est estuyé, comme dans vn sachot ou bourse, Ita, dit-il, vt quisque nostrûm è bulga est matris in lucem editus. A present on appelle bouges, ces deux gibbecieres de gros cuyr quarrées, entre-tenans ensemble par deux larges courroyes de cuyr, que les marchands allans aux champs portent pendants de l'arçon de derriere de la selle, lesquelles anciennement on appeloit Anforges. Et les gros estuits de gros cuyr, dans lesquels est portée sur vn cheual, la vaisselle d'arget d'vn grand Seigneur, qui va par les champs & en voyage. Esquelles diuerses significations dudit mot Bouge, est tousiours retenuë la raison d'iceluy, qui est le renflage, esleueure & tuberosité de la chose portant ce mot, soit le Vmbo du bouclier, soit le petit reduit en saillie d'vne chambre, soit le sac de cuyr porté en voyage, soit la bource, soit l'estuy à porter la vaisselle. Aussi l'Allemand dit Bog zum schiessen, pour vn Arc, & den bogen spannen, pour tendre l'Arc, & frummen bogen, pour vne voulte, qui est pour reuenir à la mesme raison de la signification de Bouge. Es protocoles de lettres de passage & saufconduit, il est escrit Voulge, & Vouge, qui est nom commun à l'arme, que les Veneurs portent à la chasse. Et par ce que les anciens y portoient aussi leur viatique d'argent contant (dont est és lettres de passage, & saufconduit cette clause ordinaire, males, bouges, bahus) les Latins mesmes, comme rapporte iceluy Non. Marcellus, appeloient iadis la bourse Bulga, c. Bouge, dont en demeure le prouerbe en France, lequel y a cours par tout, Il a bien remply ses bouges, ce qu'on dit en autre maniere, Il a bien foncé le poignet, c. Il a bien gaigné & mis en serre de l'argent. Ce qui est maintefois vsurpé en mauuaise part pour dire, Il a bien desrobé en sa charge, en son estat, en sa commission.

Bougete, f. penacut. Est le diminutif de Bouge, Bulgula, qui est vn mot que les Latins ont imité des anciens Gaulois. Mais le François par ce diminutif, entend ce petit coffret de bois de bahu, & tenve couuert de cuyr, feutré ou bourré entre cuyr & bois par dessous, afin qu'il ne blesse le cheual, & ferré de petites listes de fer blanc par dessus le couuercle qui est vouté, & d'vn pied & demi de long ou enuiro, quelque peu moins de large, fermant à serrure & à clef, que les femmes portoient anciennement penduë à courroyes de cuyr double, à l'arçon de deuant de la selle de leur palefroy quand elles alloient aux champs, en laquelle elles portoient leurs bagues, ioyaux & menus affiquets. Et parce qu'elles y portoient leurs meubles plus precieux, comme bagues, ioyaux, attours, affiquets, & choses de cabinet qui sont leur cheuance & pecule, que les Latins appellent Mundus muliebris, il est venu en vsage, que les Seigneurs appellent bougete, non seulement telle espece de coffret, ains la layete, où ils tiennent l'argent comptant de leurs espergne, qu'ils appellent aussi boite, du mot Grec συβοσρόζ par aphairese de la premiere syllabe, qui signifie chasse au caisse, Arca.

Bougetier. m. acut. L'artisan & l'ouurier qui faict des Bougetes, comme si on disoit Bulgarum opifex, ou Bulgarifex, comme Aurifex, car combien que le nom de l'artisan soit formé du diminutif dessus dict Bougete, ce neantmoins il est entendu aussi pour celuy qui fait les bouges.

Bougete de cuir, Bulga, Bulgae, Sacciperium, & Sacciperio, Vidulum, Hippopera, Cistula.

Bougeon, Sagitta capitata.

Bouger, Se bouger & partir du lieu & place où on est, Demigrare loco.

Ne se bouger d'vne place, & ne s'en partir, Non declinare à loco aliquo, Persidére, Loco stare, Locum tenere, Tenere se loco.

Ne se bouger, & estre en vne place sans se mouuoir, Cessare.

Ne bouger d'auec aucun, Non discedere ab aliquo, Affixum alicui esse.

Il ne bougea ou departit iamais d'auec moy, Assiduissimè fuit mecum.

Il nie qu'il bougeast iamais le pied d'auec toy, Negat vnquam se à te pedem discessisse.

Me suis-ie bougé de deuant toy ?

Ne te bouge, Garde bien de te bouger ou partir de cette place, Caue quoquam ex istoc excesseris loco, Nusquam te vestigo moueris. B. ex Liuio.

Ne se bouger de son fort, Tenere se castris.

Ne bouger de la maison, Tenere se domo.

Ne bouger de l'estude, Haerere in studiis.

Ne bouger du palais, Ad curiam stare.

S'ils ne sont partiz, ils n'ont que faire de bouger, Si nondum profecti sint, nihil est quod se moueant.

Si tu bouges tant soit peu, Si hercle tu ex istoc loco digitum transuersum excesseris.

S'il y a homme qui bouge, Si quis se commouerit. B. ex Cicerone.

Ne bouge & entends, Asta atque audi.

Ie n'ay bougé d'icy, Pedem nusquam, Sub. extuli.

Ie n'ay bougé de Thessalonique, Nec me Thessalonica commoui.

Nous n'auons bougé de la metairie, Pedem è villa egressi non sumus.

Quand il ne sera rien tel aduenu à celuy qui n'aura bougé, Cùm ei qui steterit, nihil tale euenerit.

Qui ne bouge de l'estude, Assectator literarum.

Bougette, voyez Bouge.

Bougie, Linum ceratum.

Bougier, Cerare, Incerare.

Bougre, Paedico, paediconis, Paederastes.

Bouhourdi, Premier & second, c'est le premier & second dimanche de Quaresme.

Bouillir, Bouillon, Blanc & noir, voyez Bouillir.

Vne Boule, Globus, Sphaera.

Petites boules de plomb, que les sauteurs & danseurs sur la corde tiennent pour leur bailler contre-pois, Halter, halteris : vel Halteres, halteris.

Bouler, Voluere globum.

Bouleau, Arbre ainsi dit, Betulla.

Boulengier, Fornacarius, Panifex, Pistor.

Appartenant à vn boulengier, Pistoricus, Pistorius.

Ouuroir de boulengier, Pristina. B.

Boulengiere, Artopa, Furnaria, Pistrix.

Boulengerie, Pistura, Panificium. B. ex Celso.

Bouler, voyez Boule.

Boulets d'artillerie, Glandes igni missiles, Pilae tormentariae, Globi tormentarij.

Bouleuerd, m. acut. Est vne espece de fortification, qui est issant de la muraille par dehors, ores en quarré, ores en autre forme. L'Allemand l'appelle Bolvverd. Munimen, Propugnaculum, Castellum. bud. ex Caes.

Bouleuerd semble venir de Boule & de VVer, qui signifie defense, quasi defense de boulets ou contre les boulets. Le Picard dit Ward & vvarder, que le François dit Garder : pourroit estre que de là aucuns dient Boulevvard.

Bouleuerser, C'est renuerser ce que dessus dessous, les pieds contre-mont, Inuertere, Subuertere, Sedibus euertere.

Boulie de petis enfans, Pappa.

Boulieux, Polentarius.

Donner la boulie à vn enfant, Pulticulam infanti in os indere vel ingerere, infarcire. B.

Bouline, f. penac. Velum nauis obliquatum. Aller à la bouline, entre nautonniers est lors que venant vn vent par flanc de la droite route, on met comme en escharpe les voiles pour obeïr au vent & ne perdre chemin. Virgil. lib. 5. Aeneid. Obliquátque sinus in ventum. Et peu apres. Mutati transuersa fremunt, & vespere ab atro Consurgunt venti.

Boulingue, ou Bouringue, f. penac. Est la voile, la plus haute & la plus prochaine de la bune. Aussi l'appelle-on Bourset de hune, Supremum velum carchesio proximum.

Bouillir, neutr. acut. Bullire, Ebullire, Feruere, Inferuere, siue Inferuescere.

Commencer à bouillir, Sufferuefieri.

Faire bouillir, Feruefacere, Inferuefacere.

Faire vn peu bouillir, Sufferuefacere.

Faire bouillir iusques à certaine diminution, Decoquere.

BouillantFeruens

Eau bouillant, A qua feruens, vel feruida.

Estre quelque peu bouillant, Feruere.

Quand quelque chose boult si fort qu'elle se respand, Efferuere.

Vn peu bouilli, Subferuefactus.

Du bouilli, ou bouillu, Lixa, vel elixa caro.

Bouillon, Ebullitio.

Bouillon ou bouteille qui s'esleue sur l'eau, comme quand il pleut en de l'eau, Bulla.


Herbe dite Bouillon blanc ou noir, Verbascum.

Vne des especes de l'herbe appelée Bouillon, autrement dit Taxus barbatus, Thryallis, Lychnitis, lychnitidis.

Bouillonner, comme quand sur l'eauë ou vrine se leuent des bouteilles, Bullare, c'est ietter des bouillons.

Bouillonner & saillir hors par grande abondance, Scatere.

Boulture, Bullitura, Bullitio.

Boulon, m. acut. Est vne grosse & longue cheuille à grosse teste pour ioindre des grosses pieces de charpente. Et quand telle cheuille est de fer, on dit Boulon de fer.

Bovlongne, en Italie, Bononia, Felsina.

Bovlongne, la grasse sur la mer, Gessoriacum, Bononia.

Bouquet de fleurs

Vn bouquet de fleurs, ou pomme de senteurs, Fasciculus odoratus, Olfactorium, Seruia, seruiae.

Violettes & roses & autres choses dequoy on fait des chappeaux & bouquets, Coronamentum.

On en fait des bouquets & chappeaux de fleurs, In coronamenta reponitur.

Couurir quelqu'vn de bouquets & de fleurs, Aliquem complere coronis & floribus.

Mettre des bouquets par la voye, Intendere locum sertis.

Vn bouquet de laine, comme celle qui demeure és buissons, quand les brebis en approchent, Floccus.

Bouquin, Cherchez Bouc.

Bourbe, f. penac. Il vient de βόρβοροζ, qui signifie autant que Coenum, Lutum, Limus, Cloaca.

Bourbeux, m. acut. Plein ou couuert de bourbe, Coenosus.

Bourbier où les porceaux se veautrent, Volutabrum.

La lie, bourbe & limon de quelque chose que ce soit, Faex.

Sans bourbier, Illimus.

R'entrer en mesme bourbier, In eodem haesitare luto.

Bourbeux, ou plein de bourbe, Coenosus.

Bourblier, ou Bourbelier, C'est le pis & rencontre d'vn Sanglier, qu'on dit hampe en vn Cerf, Pectus.

Bovrbon, quasi Burgus Boiorum.

Bourbonnois, Boij, nunc Borbonium.

Bourde, ou Bourdes, mensonge, Commentum, Gerrae, gerrarum, Nugae, nugarum, Tricae, tricarum.

Ce sont bourdes, Fabulae.

Controuuer quelque bourde & finesse, Commentari.

Bourder, Tricari, Nugari, Nugas agere.

Bourdon, m. acut. Est vne espece de grosse mouche, tauelée come mouche à miel, n'ayant point de picquon ou aiguillon, plus grosse de corsage que la mouche à miel nommée Abeille, & ne fait ny ne sert à faire le miel ne la cire, ains deuore l'aliment & la prouision que les mouches à miel se sont pourchassé, seulement de sa chaleur conserue les petis abeillons, qui est la cause, que Virgile au quatriéme des Georgiques, l'appelle Ignauum pecus. Fayneant & Coüard. Pline en son liure vnziéme leur attribue partie de l'opifice des mouches à miel, ce que Varron son deuancier ne fait pas, Fucus. Le Francois luy a donné ce nom par onomatopoee, à cause du bruit qu'il fait quand il volete. On l'appelle aussi mouche vvespe, (qu'on prononce guespe, comme de vverpir, guerpir, & de VVillelme, Guillaume) Vespa. Lequel mot le Languedoc retient tout entier, appelant cest animal Vespe. Et Tauan, acut. Celuy que proprement on doit appeler Bourdon. Ce mot Bourdon se prend aussi pour le son & gros murmure que font les mouches à miel volans par hardes, ou se remuants parmy leurs ruches, Bombus apum. Il signifie aussi ce gros tuyau de la cornemuse, qui sonne le bas & le gros quand le ioüeur d'icelle piuote & ioüe du gresle. Et selon cela on dit en chanterie de faux-bourdon, que ceux qui tiennent la taille, & vont poursuiuants le chant plein, tiennent le Bourdon, & que les trois autres parties sont entonnées, à scauoir le dessus d'vne sexte, la haute-cotre d'vne quarte par dessus la taille, & la basse-contre d'vne quinte en descendant, & aual ladite taille, & tiennet le faux-bourdon. On appelle aussi Bourdo le baston sommé d'vne pommete de bois auec vne autre ou deux vn peu plus bas, ferré de l'autre bout, que les pelerins portet faisants leur pelerinage, d'où sont procedées ces phrases, Plater ou ficher bourdo, pour arrester & faire sa demeure, parce que les pelerins s'arrestans en quelque lieu, fichent & doiuent ficher en terre leurs bourdons pour estre debout, & non pas le mettre de couche ; pour donner à entendre que la deuotion qui les a fait entrer en ces terres saintes, est tousiours en eux en estat & en vigueur, & que pour icelle maintenir ils sont prests à soustenir tout effort à ce contraire. Ainsi par metaphore on dit, vn homme auoir fiché ou planté bourdon en quelque ville, quand il y a esleu & estably sa perpetuelle demeure, In qua in omne vita domiciliu ac sedes quietas constituit, Religiosus aut votiuus scipio.

Bourdonner, act. acut. Est auecques voix inarticulée murmurer & rendre le son dessusdit, des mouches à miel, ou du gros tuyau de la cornemuse, Bombilare, Bombum immurmurare.

Bourdonneur, m. acut. Est celuy qui bourdonne, Bombilator, &;celuy qui ioüe de la cornemuse.

Bourdonniere, f. acut. Est ce tronçon arrondi, qui est laissé au sommet du batant d'vne porte, appelé chardonniere, ou chardonnereau, ou charniere, lequel entre dans vn trou, qui est au linteau du costé du iambage, & tient auec le piuot, qui est au bas bout, la porte en estat d'ouurir & fermer.

Bourg, ou Bourgade, Il vient de Pyrgus πύργοζ, en muant Py en Bu, & faisant Burgus πύργοζ, turrim significat & castellum. Pagus.

Vn gros bourg & village estant en vne plaine, Pagus, Comopolis, Vicus. b. ex Liuio.

De bourg en bourg, Pagatim.

Bourg en Bresse, Forum Segusianorum.

Bourgeois, Ciuis. Il vient de burgus.

Il est bourgeois de cette ville, Hinc ciuis est.

Bourgeois du ciel, Caelicola.

Bourgeois de Rome, Ciuis Romanus.

Passer ou faire bourgeois, Asciscere aut recipere in ciuitatem, vel ciuitate recipere, Ascribere in ciuitatem, & ciuitati, Suscipere in ciuitatem, Largiri ciuitatem.

Se rendre bourgeois d'aucune ville, Dare se in aliquam ciuitatem.

Bourgeois qui ne sont point nez de la ville, Ciues non vernaculi.

Se dire bourgeois ou citoyen, Ciuitatem vsurpare.

Couronne que le bourgeois bailloit au bourgeois qui luy auoit sauué la vie, Corona ciuica.

Tout homme qui est de mesme ville auec nous & bourgeois, Municeps.

Chose appartenante au fait des bourgeois de chaque ville, Municipalis res.

La bourgeoisie, Ciuitas.

Priuilege de bourgeoisie, Ius municipale.

Qui est suspendu des commoditez & priuileges de la bourgeoisie, & ne laisse pourtant pas d'estre contraint de contribuer aux necessitez de la ville, Aerarius.

Qui sont mis hors & bannis & priuez du droit de bourgeoisie, Abalienati iure ciuium.

Perdre le droit de bourgeoisie, Perdere ciuitatem. Remettre quelqu'vn en son entier, & luy restituer les droits de bourgeoisie comme deuant, Ex aerariis eximere.

Bourgeon, Bourgeonner, voyez bourion.

Bourges, le pays alentour de Bourges, Bituriges, Bourges est vne ville Archiepiscopale en Berry, vulgo Bituricensis Epiclopatus, Elle est garnie de petites rivieres, Ausron & Aureste d'vne part, & de Ievre & Molon de l'autre.

Bourguignons, Sequani, Postea Burgundi.

Bouringue, voyez Boulingue.

Bourion, Le bourion ou bouton de la vigne, Gemma. Plusieurs escriuent Bourgeon & Bourgeonner.

Bourion & bube qui vient à la face, Papula.

Abbatre les bourions de la vigne, Gemmas detergere.

Serments qui n'ont point de bourions, Orbi palmites.

Faux bourgeon, ou Escuyer, Suffrago.

Bourionner & ietter sourions & iettons, Gemmare, Gemmas agere, Progemmare, Egerminare, Pullulare.

Bourlet, m. acut. Fait par syncope de cest entier Bourrelet. C'est proprement vn cercle fait de toile, drap, cuir, ou autre estoffe r'enflé de bourre, dont vient le nom. Duquel rond ou cercle est appelé le chapperon, que les anciens François indifferemment portoient en la teste, & à present les gens de iustice, de police, & les Regens des colleges portent sur l'espaule, voyez Chapperon.

Bournal, m. acut. Est vn rayon de miel, Fauus.

Bourrache, voyez Bourroche.

Bourras, voyez Borras.

Bourre, f. penac. Est proprement prins, cest assemblage de poil menuisé, dequoy les basts des asnes & mulets, colliers & selles des cheuaux sont remplis pour la sauueté desdites bestes. Mais il se prend aussi pour la laine ainsi menuysée par le tondeur de draps, laquelle estant bien longue & demeurée de l'ouurage des cardeurs, est appelée lanice, c. Bourre de laine, à la difference de l'autre, qui est de poil. Il se prend aussi pour la mousse veluë, qui vient és iointures du serment. Ainsi l'on dit, La bourre est abbattuë, Vellus è sarmento decidit. Et parce que la bourre est veluë, serrée & pressée, & non transparente, on appelle vin bourru, celuy qui est lousche & trouble. Bourre aussi par metaphore se prend pour la couuerture ou dos de l'homme, quoy que non vsitéement. Mais le verbe Bourrer est en frequent vsage, pour batre & frapper sur la personne, Ictibus caedere, Verberare aut manu aut ligno. Ainsi dit-on, Il l'a bien bourré, ou, Ie vous bourreray ben, Mirificè illum malè multauit, Ego te egregiè pugnis aut fustibus caesum dabo.

Bourre à remplir quelque chose, Leuconium, siue Leuconicum.

Ces choses seruent de bourre, Haec in tomenti vsum veniunt.

Bourrelier, qui fait les colliers des cheuaux, Helciarius. Il vient de Bourre, quòd helciis insarciat tomentum.

Bourrer, actiu. acut. Est remplir quelque chose de bourre, ce qu'on dit plus communement Embourrer, Tomentum indere, Tomento fulcire, opplere. Et par metaphore c'est battre, Caedere pugno, caestu, aut claua, aut fuste, ce qui est paraduenture ainsi prins, parce que ceux qui craignent les coups, embourrent leurs vestements qui ioignent le corps, pour n'en estre offensez quand on les charge, & que ceux qui les battent frappent plus vigoureusement sur tels habits embourrez, pour du coup


faucer la bourre, & le leur faire sentir, nonobstant icelle sur le corps.

Bourreau, m. acut. disyllab. Est l'executeur de haute iustice, Percussor publica autoritate creatus, qui ludicis damnatione indictas imperatásque facinorosorum hominum necem publico munere exequitur, Carnufex. Et quand il baille la gehenné, Tortor.

Mettre entre les mains du bourreau, Dare ad carnificem, Percussori interficiendum obtrudere.

Bourrellerie, Excarnificina.

Vne Bourrée, Fascis cocularius, Fascis virgultorum.

Bourrellier, voyez Bourre.

Bourrellerie, voyez Bourreau.

Bourroche, Buglossos. Plusieurs prononcent Bourrache.

Boursaul, ou Marsaul, espece d'arbre, quasi Martia salix. Bourse, f. Bursa, id est loculi nummarij, quasi βύρσα, qui signifie autant que Corium. Plerumque enim scortei fiunt. Ascopera, Crumena, Funda, Foculi, Mantica, Marsupium, Theca nummaria.

Bourse aussi se prend pour vne place d'vn collegié en vn college, dont les collegiez sont appelez Boursiers de tel college, & ce par ce qu'ils receuoient anciennemet leur distribution pecuniaire, chacun en vne bourse à part, comme font les Secretaires du Roy és Chanceleries.

Bourse aussi est vne espece d'herbe qu'on nomme par adionction Bourse de berger, que le vulgaire appelle, Bursa pastoris. Et en pluriel Bourses, sont lesdites distributions pecuniaires d'iceux Secretaires & collegiez, Sportulae menstruae. Et quelquefois par metaphore les poches & receptacle des coüillons, Scrotum. Et par fois aussi, les poches & filets des chasseurs. Aussi par translation, Toute chose faite de cuir pour y mettre quelque chose dedans, comme vne bourse, sac & semblables, Follis.

Vuider la bourse à aucun, & ne luy laisser pas vn tournois, Excutere aliquem.

Couppeur, ou Foüilleur de bourse, Saccularius.

Bourset de hune, c'est la voile du masterel de hune.

Boursette, Locellus, Menticula.

Boursette de cuir mol, ou vn bourseron, Pasceolus.

Boursin, voyez Chicambault.

Boursouflure, Emphysema, C'est vne enflure venteuse, Tumor. Boursoufler, Insufflare, Sufflatione tumefacere. Comme font les bouchiers, pour plus aiséement escorcher les bestes, ou pour faire apparoistre le bestial plus gros & rebondy.

Bouscher, Intercludére, Obthurare, Oppilare, Stipare.

Bouscher ou estoupper ses oreilles, Praetedere auribus, Aures obstruere.

Chose qui bouche, estouppe & reserre, Stipticus.

Les mouches bouchent & enduisent de cire les petis troux de leurs rusches, Cera spiramenta linunt apes.

Vn bouchon, Obthuramentum.

Bouchement, Obstructio.

Bouse de vache, Fimus vaccinus.

Boussole, voyez Buxolle.

Bout, m. Est l'extremité en longueur de quelque chose que ce soit, & non proprement en largeur, Finis, extremitas. Et par cette raison on appelle les abboutissans d'vne piece de terre, pré, vigne, ou autre heritage ou logis, là où ils font teste & pied : car les limites qui sont trauersains, sont appelez Tenans. Iulius Pollux en son liure septiéme dit, les coustures qui sont faites aux extremitez des robes, auoir anciennemet esté appelées en Grec , duquel mot est vray semblable le François, auoir tiré ce mot Bout. Ainsi on dit, le bout d'vn baston, d'vne aulne, d'vne espée, de l'oreille, & d'autres choses, Extrema pars. Le bout de la forest, Extrema sylua. Liu. lib. 23. Ora. Iulius Pollux lib. 7. commissuras in extremis vestium partibus quae suendo fiunt à veteribus , appellatas esse dicit : quod nos verbum ad caeteras extremitates transtulimus.

Le fin bout de quelque chose, comme d'vne montagne, & de quelque bastiment, Corônis, coronidis.

Le bout d'vne place & ruë, Vltima platea.

Le bout de quelque baston, soit agu, poinctu ou trenchant, ou mousse, Cuspis.

Deuant que fust le bout de l'an, Non toto vertente anno. B. ex Suetonio.

Faire le bout de l'an, ou l'anniuersaire, Feralia vel parentalia annua celebrare. B.

Aller iusques au bout, Vltima experiri. Budaeus ex Curtio.

Mettre vn bout à vn baston soit agu ou trenchant, Cuspidare.

Esleuer le fin bout de quelque chose, Primorem partem extollere.

Enuoyer au bout du monde, Mandare in vltimas terras.

Il n'est pas facile de regarder iusques au bout des champs, tant est grande l'estenduë, Subiectos campos oculis terminare haud facilè.

Toucher du bout des doigts quelque maniere de viure, Digitis extremis attingere aliquod genus vitae.

Au bout de quinze ans ils ont esté consuls, Annum post quintumdecimum creati Consules.

Venir à bout de ses entreprinses, Assequi propositum.

Venir à bout de quelque chose par vn moyen tres-aisé, Aliquid quàm mollissima via consequi.

On ne sçait lequel bout va deuāt, Nihil illic primum, nihil secundum, omnia praepostera.

Il est venu presque au bout de cent ans, Propè centum confecit annos.

Les bouts ou les poincts des costez, Compunctiones laterum. B. ex Plinio. Bouter, & pousser, Trudere, Detrudere, Pellere, Impellere, Propellere.

Bouter, & auoir grosse haleine. En fait de Fauconnerie.

Bouter à la vie, voyez Vie.

Bouter cap à la mer, voyez Cap.

Bouter de Loo, voyez Loo.

Bouter au vent, c'est mettre bien le vent dont on single, en la voile.

Bouter vent deuant, c'est trop approcher le vent, dont on single, car qui trop l'approçhe, il fait donner tour au nauire.

Bouter vent en penne, c'est quand le nauire allant à la boline, il prend trop aualle vent, de sorte que le vent porte & boute la voile contre le mast, & la serre si fort contre iceluy, que la voulant amener on ne peut, laquelle faute vient par la negligence & inaduertance de celuy qui gouuerne le tymon, prenant trop aual le vent.

Bouter dedans les nauires, Contrudere in naues.

Qui tousiours boute l'vn ou frappe l'autre, Petulans.

De la premiere boutée, Primo impulsu.

D'vne boutée, Vno impulsu, Vno impetu, Vna impressione.

Cette menée ne se fera pas tout d'vne boutée, Haec negotia multarum nundinarum fore dicebat. Cic.

Il n'est bon que pour vne boutée, Ad vnum modò ictum viget. Liu. lib. 23.

Homme qui n'a point bon boute-hors, Consultus non disertus, Indisertus. B.

Ils se ioüent à boute-hors, Hi mutuò vel inuicem lusitando loco se mouent.

Boute-feu, m. acut. Compositum ex duobus integris. Est celuy qui boute de guet à pens le feu aux maisons, villes & autres lieux, Incendiarius.

Boute-feu, & qui esmeut vne sedition, Fax seditionis.

Boute-feu, qui induit, incite & pousse vn autre à faire quelque mal, Impulsor.

Assigner à vn nombre de boute-feux les quartiers de la ville où vn chacun mettra le feu, Describere vrbis partes ad incendia.

Bouteille, Ampulla, Lagena. Les Hebrieux appellent vne bouteille Bacbuc, & semble que Bacbuc & bouteille soient nomina ficta à sono quem edit lagena quando depletur inuersa.

Bouteille ou bouillon qui s'esleue sur l'eau, principalement quand il pleut, Bulla.

Vne bouteille de voirre, ou autre chose, en laquelle on mettoit les cendres d'vn trespassé, apres auoir bruslé son corps, Vrna imaginis mortui.

Petite bouteille, Ampulla, Ampullula, Laguncula.

Bouteille seruant à boire, Ampulla potoria.

Piece ou morceau d'vne bouteille, Frustum ampullaceum.

Boutillier & faiseur de bouteilles, Ampullarius, Oenoptes, A lagenis, Ab oenophoris.

Estre eschanson & boutillier, Ad cyathos stare. Boutique, f. penac. Est la partie du logis de quelque marchand que ce soit, où il tient à huys ouuert la marchandise qu'il expose à vendre. Rerum promercalium officina. La boutique d'vn frippier, Vestium promercalium officina. Sueton. de clar grammat. Il tient boutique de ferronnier, Ferri promercalis officinam exercet. Sueton. ibid. Il vient de cestuy Grec άποθήκη, par apocope & mutation de , tenuë en sa moyennë , qui signifie le lieu où l'on met ce qu'on veut tenir ensemble, de là est composé Arriere-boutique, Penitior officina, Interior apotheca, in qua merces pretiosiores conduntur. Par là est sceu que Boutique n'est pas ce qu'on nomme Ouuroir.

Les boutiques serrées, Clausis tabernis. Bud. ex Cicer.

Boutique & ouuroir d'Orfeure, ou Affineur, Aurificina.

Boutique d'Apoticaire, Pharmacopolium.

Boutique à poisson, Piscina lignea vel fabrilis, Ichthyotrophium.

Qui a boutique ou estangs de poissons, ou qui se delecte à en auoir, Piscinarius.

Bouticlier, Tabernarius.

Le Bouton, ou Bourion de la vigne, Gemma.

Les boutons & reiettons des arbres, & de toutes plantes, Oculi arborum.

Boutons de verolle.

Le bouton d'vne rosé, Alabastrus, per metaphoram.

Vn floc & bouton de laine, Floccus.

N'estimer quelque chose non plus qu'vn bouton de laine, Ne l'estimer rien, Floccifacere, Floccumfacere, Floccipendere, Non floccifacere.

Quand on abbat les boutons & reiettos d'vne vigne superfluz, Oculatio.


Boutonner, Gemmare, Gemmascere.

Boutons dont on ferme les habillements.

Boutonner, fermer à boutons.

Bouuier, Bouuillon, Cherchez Beuf.

Bouis, ou Bouys, Buxus. f. g. & Buxum.

Couleur resemblant à bouys, Buxeus color.

Boyau, Vn boyau qu'on appelle le long boyau, Ileos.

Le boyau culier, Ieiunum, vel Ieiunum intestinum.

Boyaux & entrailles, Intestina, Intestinorum.

Vuider les boyaux, Exenterare viscera. B.

BR

Brabançons, Ambiuariti, Brabantini, Tongri.

Bracelet, Cherchez Brasselet.

Brachet, Espece de chien de chasse, Brachetus.

Braconnier, Venator. Semble que ce mot vienne du nom des chiens qu'on appelle Bracques.

Bragard, ou Bragueur, Bullatus, Elegans homo.

Braguerie excessiue, Lenocinium.

Bragues, f. Ne se trouue qu'en nombre pluriel, & signifie ces chausses de lin, & autre toile qui ne couuret que les cuisses, Femoralia. La soeur de Louys 8. Roy de France ne coucha onc auec Theobalde Roy son mari sans chemise, ne luy auec elle, quelque ieune & beau qu'il fust, sans chemise & ses bragues. Par ce lieu est cogneu que les bragues estoient portées dessous les hauts de chausses par netteté. Qui voudroit appeler Bragues les Calçons que l'on porte communément, il parleroit mieux François, que les appelant Calçons d'vn mot estranger. L'Italien dit Bracche, & l'Espagnol Bragas. Tous lesquels mots viennent de cestuy Latin Brachae, aussi pluriel, lequel viet du Grec , qui signifie court, bref, & petit : car bragues sont courtes chausses qui ne passent les genoux ; les autres qui descendent iusques à la plante du pied, estans appelées longues chausses. Et quand Antoine de Lebrixa, rend en Espagnol par bragas marineras, ledit mot Latin Brachae, Il entend de ces chausses à la marine, qui sont fronsées par haut & par bas, & ne passent le dessus du genoul, Perizonia, Succinctorium, Foeminalia. Le mot pur François est Brayes, aussi Nicolas de Herberay au 2. liur. chap. 6. de son Iosephe François, rend , par Brayes.

Braguete, f. penac. Est le diminutif de brague. Et signifie proprement cette petite partie des bragues, qui couure & musse le membre honteux à l'homme, Vidulum, Subligaculum, Tigillum. Le pur François est Brayete. L'Italien dit Braccheta. Braire, verb. neutr. penac. Est faire vn son aspre & rude par voix inarticulée, & est proprement dit des Asnes, Rudere, mais par metaphore est vsurpé pour crier rudement & sans mesure, qui est ce que l'Espagnol & le Languedoc disent Bramar, & s'applique à l'animal, rendant voix articulée comme l'homme. Ainsi on dit, Il ne fait que braire, Vsq ; vociferatur. Aucuns le veulent tirer de ce verbe Grec βράγω, qui signifie resonner, en ayant Hesiode vsé en cette signification. Et Homere mesmes du preterit έβραχε, pour έχεσε, Vociferatus est, mais c'est de bien loing. Il est aussi nom, comme, Pour ton grand braire, ie ne feray rien, Quantum vis vocifereris, non ea re magis impetrabis. L'Espagnol Villageois dit aussi Bradar, plus pres de la signification de Braire, que quand il dit Bramar.

Braire comme font les petis enfans, Vagire, Obuagire.

Braire & crier de douleur & ennuy qu'on a Lamentari.

Chose qui incite à braire & crier, Lamentabilis.

Cesser de braire, Parcere lamentis.

Brayand, ou Brayard, Clamator.

Brayement, Eiulatio, Quiritatio, Vociferatio.

Brayement que font les petits enfans, Vagitus.

Brayement & escry qu'on fait de douleur & d'ennuy qu'on a, Lamentum, Lamentatio.

Brayement, ou le braire qu'on fait pour vn sien amy trespassé, Lugubris eiulatio, Lessus, huius lessus.

Braise, à βράζω, id est Ferueo. Hinc Braise, à feruore prunarum : & Brazier, Embrazer.

Vn brasier ou braise de feu, Pruna.

Brasiller, Prunis incoquere.

Brame, Espece de poisson, Brama, Cyprinus latus.

Bramer, C'est crier enormément. Il vient de βράμω, id est, resono, fremo, in vocem erumpo. Le Languedoc & nations adiacentes en vsent ordinairement, disans Bramar, qu'ils attribuent proprement au braire des Asnes, & par metaphore à tout cry hautain. L'Espagnol en vse aussi pour crier, disant bramar & bramido. Mais l'Italien en vse pour desirer & desir, bramar & brama.

Bran, m. Combien qu'il signifie du son, Furfur, si est-il vsurpé aussi pour l'excrement de l'homme, Stercus. Selon cette acception l'on dit auec indignatiō & desdaing à quelqu'vn, Bran, bran, ou Bran pour vous, Stercorêris, ou Stercus tibi. Et Breneux, au lieu de Braneux, Stercoraceus, stercore conspurcatus, & Embrener aucun, Stercore inficere, conspurcare.

Brancar, ou Brancal, (si aisée est la trāsmutatiō de r, en l,) m. acut. Est l'assemblage enfourché des deux grosses perches qui vont regnāt des deux costez tout le lōg de la charrette, s'entretenas l'vn à l'autre par petites barres plattes trauersaines, porté sur l'aisseul d'icelle, le deuāt duquel fait les limons. Mais en vn char à quatre rouës les limons ne font partie & portion du brancar, ains en sont separez. Par mesme raison est entendu le Brancar d'vne littiere, horsmis qu'il ne porte sur limons, ains par les dossieres des mulets ou cheuaux qui portet ladite littiere, & le Brancar sans littiere, sur lequel les blessez & malades sont portez à couuert sur materas estans couchez de leur long. Il se peut tourner en Latin par ce mot Arcera A. Gell. li. 20. c. 1.

Branc d'acier, c'est vne espée, Les Romans en vsent souuent.

Branche, Ramus, Semble qu'il vienne de ce mot Brachium, car Virgile dit au sixieme de son Eneide, In medio ramos, annosáque brachia pandit Vlmus opaca ingens.

Les branches sont comme bras des arbres.

Branche couppée, Ramale.

Les petites branches qui croissent entre les fueilles des herbes. Thyrsi.

Quand les branches d'vn arbre s'estendent loing d'vn costé & d'autre, Petulantia ramorum.

Force branches és arbres qui s'estendent en long, & ne croissent point en mont, Tabulata.

Coupper les petites branches superflues des arbres, Frondare, Interputare ramulos.

Coupper les branches d'vn arbre, & faire qu'il n'y ait que le tronc, Detruncare arborem.

Oster & coupper les principaux bouts & branches des arbres, à fin de les garder de croistre fort haut, & pour les rendre plus larges & espez Decacuminare.

Cet arbre iette branches, Frondes agit haec arbor.

Qui couppe le bout des branches des arbres, & amasse les fueilles pour les bestes en yuer, Frondator.

Couppement des bouts des branches, Frondatio.

Qui est d'vne branche, Rameus.

Branchette, Ramulus, quasi Brachiolum.

Les petites branchettes des nouueaux reiettons, Vngues.

Branchu, Ramosus, quasi Brachiosus.

Vn branchage delié comme cheueux, Capillacea coma.

Brancher vn larron, c'est le pendre à la branche d'vn arbre, Suspendere de arbore.

Les oiseaux y branchent souuent c'est à dire nichent, Sedent vel Sidut.

Branchier, qui hante les branches. Ainsi les faulconniers appellet vn Esprenier branchier celuy qui estant n'agueres sorty du nid va sautelant de branche en branche & lequel sans auoir esté longuement à soy est prins.

Branche vrsine, espece d'herbe, Acanthus vel Acanthe, Les Apoticaires l'ont nommée Branche vrsine pour la semblance que ses fueilles ont auec les pieds de deuant d'vn ours, voyez Branque vrsine.

Brandiller, Brandillement, vn Brandilloir.

Brandir, c'est lancer ietter & ruer de force au 3. liure d'Amad. brandit de toute sa puissance vn dard dans le nauire & tant s'esbransla ceste femme à le lancer que le pied luy faillit, Vibrare, Torquere hastam.

Brandon, m. acut. Se prend ores pour vne pharasse, phalot ou torche, Fax, Cereus. l'Espagnol dit Blandon pour le mesme. Ores pour le signe & marque esleuée sur vn baston, que le Seigneur foncier ou censier fait mettre en aucun heritage à luy redeuable d'aucuns cens ou fons de terre pour les arreraiges qui luy sont deus, au chap. 2. article 2. des coustumes de Par. Et les Sergens en leurs exploits de saisie d'heritages disent, l'ay arresté, brandonné & mis en la main du Roy telle piece de terre, seruant le Brandon à ce que nul ne trouble le Commissaire establi au regime de l'heritage brandonné, & à ce que de ladite saisie le seigneur de la chose brandonnée n'en puisse pretendre cause d'ignorance.

Brandonner, act. acut. Est apposer le brandon à quelque heritage saisi & arrésté en la main du Roy ou du Seigneur de iustice. Insignibus regiis, dominicis, praetoriis, praedio omnibus interdicere.

Branler, voyez Bransler.

és Branquars d'vne lictiere, Brachia lecticae.

Branque vrsine, Est vne herbe ainsi nommée par les herbiers, Patte d'ours par les iardiniers, Acanthus, Les architectes la nomment vulgairement Acanthe, voyez Branche vrsine.

Bransler, c'est balancer ça & là, d'vn costé à autre sans se tenir ferme, Nutare, Ainsi dit on qu'vne armée bransle, quand elle commence à ne se tenir ferme en son ordonnance en combatant à son ennemy, & quelle balance ça & là. Au 3. liure d'Amad. car ils furent suyuis par leurs compagnons de telle furie que les autres reculerent & commencerent à bransler, prests à eux mettre en routte.

Bransler & estre prest à cheoir, Labare, Collabascere.

Bransler çà & là, Vacillare.

Il ne sçait de quel costé bransler, Addubitat vtram in partem vergat B.

Bransler vn dard où vne picque, Hastam quatere, concutere vt tremebunda fiat, contremiscat, Virgil. lib. 12. Aeneid. Validam vi corripit hastam, quassátque trementem. Id autem ab hastato in pugna fieri solet, vt quassando tum metum acriorem hosti quocum ex aduerso pugnant, incutiant, tum vt validiùs vibretur. Crispare hostilia. eod. lib. 12. Aeneid.

L'armée est dite bransler quand elle commence à chanceler & tourner


en route, ils ont combatu trois heures sans bransler l'vne ne l'autre, Tribus horis pugnatum est neutrò inclinante pugna, liu. lib. 23.

Bransle, m. C'est balancement d'vn costé à autre, Nutatio, Vacillatio. Il se prent aussi pour vne maniere de danse, ou plusieurs hommes & femmes s'entretenans par les mains ores en cerne, ores en long vont dansant de flanc à autre, & non de droit fil de derriere en auant, comme on fait és basses danses, pauanes & gaillardes. A cause duquel danser de costé à autre, ceste dite maniere de danser est appelée bransle, de bransler, qui signifie proprement balancer d'vn costé à autre : & moins proprement, vaciller en quelque maniere que ce soit.

Le bransle & maniement du corps se r'apportoit assez bien à la voix, Nec absoni à voce motus erant.

Il est en bransle si, &c. In discrimine est, vtrum vos, &c.

Aller de plus grand bransle, Maioribus organis commoueri, b. ex Quintiliano.

Vne danse qu'on appelle bransle, Saltatio motoria.

Mener vn bransle, Versare saltatorium orbem, bud. ex Cicerone.

Branslement, Nutatio.

Branslement de dens, Dentium mobilitas.

Braque, espece de chien de chasse.

Braquemar, Semble qu'il soit composé de ces deux mots Grecs βραχύζ & μάχαυρα, id est, breuis gladius, Harpe, Ensis falcatus.

Braquer, act. acut. C'est affuster & agencer pour tirer. Ainsi dit on Braquer vn canon ou autre piece d'artillerie, & Braquer vne arbaleste, Braquer vn chariot, Temonem aut dextrorsum aut sinistrorsum obuertere vel torquere.

Bras, Brachium, Et en matiere de nauires, Bras en pluriel, sont deux cordes deliées, qui passent chacune par vn bout de la verge du beaupre, & vont le long du nauire, & seruent pour tirer & serrer le dit beaupré dedans le nauire quand mestier est, Cheruchus, braco d'antena Esp.

Qui a les bras hors, Exertus.

Le lieu creux sous les bras de l'homme, où croit du poil, Axilla.

Appartenant au bras, Brachialis.

Il s'est rompu le bras, brachium fregit.

La Rep. fuit entre tes bras, te demandant secours, Confugit in sinum tuum concussa Resp.

Bras de mer, est vne course où excurssion d'eauë que la mer fait ou deuers la terre, ou entre deux terres fermes ou Isles, comme s'eslanceant, & partat de la haute mer, Brachium maris, aestuarium. On dit le bras sainct George, Hellespontus, Le d'estroit ou estroit de Gallipoli, on dit aussi le bras d'vne riuiere quand elle se fend en deux ou plusieurs courants, Brachium fluminis, Liu. lib. 22.

Le bras seculier, Magistratus ciuilis.

Brasier, Brasiller, voyez Braise.

Brasser, a , Bullio, Ebullio, Efferueo. Hinc fortè, Brasser de la biere, & Brasseur, Brasserie, Brassin.

Brasser & machiner à aucun quelque mal, Machinari alicui perniciem, Intentare alicui ruinam.

Qui a brassé tout l'affaire, Totius negotij molitor, opifex.

Vne brassée, & la longueur de deux bras estendus, Vne aulne, Vlna.

Vne brassée de bois, ou d'autre chose.

Brasselet & ornement de bras, Brachiale, Armilla, Spinter, βραχρόνιόν.

Brasselets & gantelets de fer, Manicae, manicarum.

Qui porte vn brasselet, Armillatus, B.

Brassier, m. acut. voyez Homme de peine.

Braue, com. gen. penac. Est dit celuy ou celle qui s'habille pompeusement, Qui splendido ornatu vtitur, Il vient de ce mot Grec ; qui vient de , signifiant aussi porter le signe de victoire au poing, parce que comme les mieux faisans aux jeux gymniques, ausquels le prix estoit distribué, s'en retournoient en pompe & haute contenance, comme honorez dudit prix : ainsi ceux qui sont pompeusement vestus, marchent en fiere contenance, & le François les appelle Braues, soient hommes, soient femmes. Et parce que celuy qui est ainsi pompeusement vestu, regarde coustumierement en fierté ceux qui l'approchent, tant le François que l'Espagnol, l'Italien & les Languedocs & Prouençaux, vsent de ce mot en cas de ferocité, appellant le François vn homme braue aussi, celuy qui met bien la main aux armes & ne se laisse surmarcher : & Brauerie, ou Brauade, vn insult fait à aucun auec escorne, & Brauer quelqu'vu, pour fierement luy faire vne honte ; vsant de l'aduerbe Brauement pour vaillamment & en homme accort & aduisé. Et tant l'Espagnol que l'Italien Brauo, ce que le Latin dit Ferox, & particulierement l'Espagnol Braueza, Feritas, Ferocia, & Brauamete, Ferè, ferociter : Et lesdits Languedocs & Prouençaux disans, Vn bouou brau, pour vn boeuf furieux & de mauuaise rencontre.

Marcher brauement, ou Faire le braue, Speciosè ingredi, Primum locum sibi velle ascribere, Aliis se praeferre, Semble qu'il vienne de βραβεύν, id est, Prior sum Palmam fero, Supero, Vinco.

Braue aucunesfois signifie superbe & hautain.

Braue cheualier, Summus eques, Liu. lib. 23.

Se brauer, c'est faire le braue.

Brauade, f. penac. Insultus, voyez Braue, Ferox incursio.

Brauement, aduerb. acut. Ferociter, audacter. L'Espagnol dit aussi Brauamente, voyez Braue.

Brauerie, f. penac. Le mesme que Brauade, & aussi pomposité d'habits. Ornatus ingens.

Brauer, act. acut. Ferociter percellere, Il braue tout le monde, Nullum non ferociter impetit.

Bray, en la comté de Retel, Bibrax, Aucuns toutesfois dient que Bibrax est la ville de Braine, qui est auiourd buy erigée en Comté.

Brayer vn nauire, cest le poisser, l'enduire de poix.

Braye, f. penac. dissyllab. Se prent au sing. pour ce linge ou cuir à liens que portent ceux qui sont creuez ou qui ont le boyau auallé, pour soustenir & appuyer les bourses honteuses, ce que lon nomme aussi Brayer, m. acut. Fascia, Bud. ex Celso subligaculum, Mais Brayes en plur. qu'on dit aussi Braques, sont ces chausses courtes de lin ou d'autre toile qu'on porte sous les chausses par netteté, voyez Bragues.

Brayes aussi se prend pour les tenailles que les mareschaux mettent au muffle ou proboscide d'vn cheual mal aisé à ferrer, pour le subiuguer, Confibula equina, vel mulina. Pastomis qua veterinarij equos furentes ac calcitrosos coërcent in catasta. Bud.

Braye de coucu, Arthritica, Primula veris.

Portant brayes, Brachatus.

Brayes dequoy les mareschaux tiennent les cheuaux par le muffle, Confibula equina, vel mullina, Pastomis, B. qua veterinarij coërcent equos in catasta.

Des brayes à luiter, Campestre, campestris.

Brayel, m. acut. dissyllab. Celuy qui porte brayes, Brachatum, Iean le Maire en ses illustrations, Cesar mespart les Gaules en trois, elles sont aussi diuisées en Gaule Cheueleuë, Gaule Brayel, & Gaule Mantelée, Comata, Brachata, & Togata.

Brayer, m. acut. dissyllab. Est le mesme que Braye, voyez Braye, l'Italien dit Bracchiero, & l'Espagnol Braguero, & Braguera, Bracchali, Anto. Nebrissen. vel Fascia. Bud. ex Celso.

Auoir la main sur la brayette, Subligaculo manu inniti. Bud.

Breant, Lutea, vel Luteus.

Brebis, ou Brebi, f. acut. Est la femelle du belier, Ouis, Pecus, Et vient de veruex Latin, qui est le nom du mouton chastré (que l'Italien dit Castrato, & l'Espagnol Carnero castrado) par mutation des deux v. v. consonantes en deux b. b. & de l'e derniere voyele en i, Berbix, Mais le François le prononce par metathese Brebix, Brebis, ce qui est pour garentie à ceux qui disent brebis au singulier ainsi qu'il se fait au pluriel, car de dire qu'il vient de βιβρυχεν, que Didymus en Homere expose, crier, vociferer, combien que les brebis béelent à toute beure & sans cesse, ce seroit en tirer l'etymologie du bout du monde. Au liure de la Loy Salique escrit à la main chap. 4. est escrit : Si quis anniculu, vel bimum berbicem furauerit, & plus bas, berbices, pource que les Latins disent, veruecem & verueces.

Brebis de deux ans, Bidens.

Brebis qui paissent ça & là, Pascales oues.

Paistre les brebis, Oues pascere.

Brebis pelée sous le ventre, A pica, Mina ouis.

Brebis qu'on reiette, lesquelles sont à rebuter, & sont de refus, de rebut, ou de reiet, Oues reijculae. Bud.

Brebis malades, Oues vitiosae.

Les brebis ne portent plus de fruict, Decidit ouibus fructus omnis.

Vn troupeau de sept cens brebis, Septuagenarius grex.

Troupeau de brebis, cheures, & autres bestes, Pecus.

Estable à brebis, Caula, Ouile.

Peau de brebis, Pellis ouina.

La voix d'vne brebis, Bée, Belatus.

Brebiette, f. penac. Est le diminutif de Brebi, vne petite brebi, Ouicula.

Brebiaille, Ouiaricum pecus.

Breche en vn mur, Labefactatio muri, Ruina muri.

Il n'y a chose si bien fortifiée que l'arget n'y face breche & n'y entre, Nihil tam munitum, quod non expugnetur pecunia.

Faire breche, Partem muri disiicere, vel discutere. Oppidum ruinis patefacere. Liuius Decad. 3. lib. 1.

Brechedent, Dentibus aliquot mutilus vel diminutus.

Bredouiller, Balbutire.

Bredalle, Picard, Grand ventre, grande pance, Venter tumidus.

Bredailler, ventru, Ventriosus.

Bref, m. Qu'on dit aussi Brief, c'est court, petit, mais Bref represente plus sa descente, car ils viennent de ce mot Latin breuis, tantost est nom adiectif : comme, en brief ou bref parler, Breui oratione, Et Pepin le Bref, Roy de France, fils de Charles Martel, ainsi surnommé par ce qu'il n'estoit que de quatre pieds & demy de haut, Tantost est aduerbe, comme Bref ou Brief, ie le veux ainsi, Breuiter aut vt paucis agam, haec mea est sententia. Brief est aussi vn vocable approprié aux despeches des Papes faictes, Sub annulo Piscatoris, Selon ce on dit, vn brief du Pape, Diploma Pontificium, voyez Bref. Parler bref, ou plustost Bret, c'est bretonner, Intercisè loqui, car ce n'est pas begayer, Balbutire, Aucuns rendent ce mot Bref, qu'ils expliquent bretonnant, par ce mot Latin Balbus.

Brief de dessaisine entre Normands, c'est Interdictum, vti possidetis


pro spoliato, C'est vne briefue commission du iuge ottroyée à l'expolié & chassé de sa possession, pour faire adiourner celuy qui ainsi l'a deietté. Mot ancien entre eux, & dés l'an mil trois cets quatre vingts, Selon ce brief en general, sont telles comissions données du iuge, lesquelles selon les diuersitez des matieres & actions sortissent diuerses appellations sous le nom de Brief, comme Brief de mariage encombré, voyez Descombrer.

Brehaigne, f. C'est la femelle de quelque espece que ce soit, laquelle ne porte point de fruict, ains est sterile, Sterilis, dont le contraire est Portiere. Ainsi dit-on qu'il y a des brebis brehaignes & autres qui sont portieres.

Brelan, κύβύον, id est, locus in quo alea luditur.

Bremme, f. penac. Vne sorte de poisson d'eau douce, voyez Brame.

Bren, m. Est merde, qu'on dit fiente, mait le premier est vsité pour l'excrement humain, Merda, humanum excrementum, Car fiente est general, comme Stercus l'est aussi enners les Latins.

Breneux, Merdosus, Cacatus.

Bresil, bois rouge, Bresilicum, vel bresilum.

Bresil, pour beuf fumé, Bubula infumata.

Bresin, en cas de nauires, est vn crochet de fer attaché à l'vn des bouts des garens de palenc seruant à guinder ce qu'on veut mettre dedans lè nauire ou hors d'iceluy.

Bresse, en Italie, Brixia.

Le pays de Bresse aupres de Sauoye, Sebusiani & Segusiani.

Bretagne, c'est le pays & prouince du royaume de France assis au tenant des pays d'Aniou & Poictou, faisant coste de frontiere à la mer de Nord, iadis Comté, & ores Duché, qui estoit anciennement appelée la petite Bretagne, pour difference à la grande Bretagne à present ditte Angleterre, Britannia.

Breton, m. acut. Est dit le peuple du pays de Bretagne la petite, lequel est de deux especes, car l'vn est bretonnant, c. vsant du langage originaire Britannique, qui tient du Saxon & de l'Anglois corrompus, l'autre est Gallo, ou Gallot, vsant du langage qui est tirant au François, quoy que corrompu de prononciation.

Bretonner, neutr. acut. Est parler bref, c. prononcer les mots entrecouppez vitieusement & par prononciation intercise, à la guise du parler du Breton bretonnant. Autres disent parler bref.

Bretelles, f. penac. En pluriel (parce qu'vne seule cordelle n'auroit ce nom, & sont par couple attachées à la hotte ou aux crochets) sont deux cordelles attachées chacune à vne corne de la hotte ou crochets, remontans par sus les espaules du hotteur ou crocheteur, & regagnans chacune de son costé le bas d'iceux hotte ou crochets, pour les tenir fermes & arrestez sur les espaules de ceux qui les portent, Funiculi corbis dorsuariae.

Tu ne fais que breteler.

Tu n'es qu'vn breteleur.

Breuet, & toute autre recognoissance, par laquelle on confesse deuoir, auoir receu, ou autrement, quelque chose d'aucun, Litera.

Breuet, ou autre chose qu'on pend au col, ou qu'on lie au poignet, ou autre partie du corps, pour preseruer on guarir de quelque maladie ou poison, Periaptum, Periamma, periammatis, Amuletum, Alexipharmacum alligatum.

Passer breuet de la somme, Cauere pecuniam, & cauere chirographum, B. ex Scaeuola.

Le breuet passé, Cautum chirographum, bud. ex Scaeuola.

Breuiaire, m. penac. Abbregé, breuiarium, Ainsi Eutrope a intitulé breuiarium Historiae Rom. La compilation en bref qu'il dedia à l'Empereur Valens de tout ce qui s'estoit passé des gestes des Romains depuis la fondation de Rome iusques à son temps. Et Suetone, lib. de illustrib. grammaticis appelle breuiarium rerum omnium Romanarum, l'Abbregé que Atteius Philologus auoit dressé à Saluste pour son histoire, & in Octauio, cap. 101. breuiarium Imperij, Le bref estat que cet Empereur auoit dressé du nombre des gens de guerre & des finances de l'Empire, & des restes demeurez és mains des Thresoriers. Et in Vespasiano, cap. 21. dit breuiaria officiorum. Et Pline li. 7. cap. 26. appelle breuiarium rerum à Pompeio in Oriente gestarum, La brefue inscription qu'iceluy Pompée mit au frontispice du temple qu'il en auoit voué & dedié à Minerue. Et toutesfois Seneque Epist. 39. blasme ce mot, disant que les anciens Latins mieux parlans disoient Summarium au lieu de breuiarium, Nous disons Abbregé, & ainsi est intitulé l'Epitome des Chroniques de France, laissans le latinisé Breuiaire en vsage aux gens d'Eglise, pour le liure diuisé en deux temps, d'hyuer & d'esté, où est en bref redigé ce, du vieil & nouueau Testamet & des principaux docteurs de l'Eglise, que les Ecclesiastiques doiuent par chascun iour aual l'année, dire pour leur office, qui consiste en Matines, Laudes, heures de Prime, Tierce, Sexte & None, Vespres & Complies, breuiariu, breuiarij pars hyemalis & aestiualis, Lequel au reste n'est pas vn mesme en tous ordres & dioceses, ains particularisé. Mais le Concile de Trente, ou bien par renuoy d'iceluy, le Pape Pie V. du nom, pour oster ceste difformité, en a fait dresser vn general pour l'vniuerselle Chrestienté sous tel titre : breuiarium Roman. ex Decreto sacrosancti Concilij Tridentini restitutum.

Breulet, m. C'est vn engin à prendre oiseaux fait de deux petis bastons, dont l'vn est creux pour receuoir l'entrée de l'autre qui ne l'est pas, attachez à vne cordelette, laquelle on tire quand on voit que l'oiseau venu à l'appast a les pieds entre les deux bastons, lesquels au tirer de ladite corde se ioignent, enfermans les pieds de l'ayseau.

Breze, voyez braize.

Brianson, en Dauphiné, Brigantium.

Briansonnois, en Dauphiné, brannouices.

Bribe, Panis mendicatus.

Bribeur, Mendicus.

Briber, Mendicare, Emendicare.

Bric, Prendre sa partie au bric, In articulo causae aliquid contechnari, vel opprimere.

Brichet, Pectus, Sternum.

Bricoler, mot du ieu de paulme, vne bricole.

Bride, Vne bride ou la resne d'vne bride, Habena, Fraenu, pars p toto.

Vne sorte de bride, Camus.

Vne bride de chappeau, Spira.

La frontiere d'vne bride, Frontale.

A bride abbatuë, ou auallée, Permissis equo habenis, Cursu infraeno, Effusissimis habenis inuadere hostem, Libero cursu in hostem equi concitari, On dit aussi en mesme sens, A toute bride.

A bride abbatue & à voile d'eployée, Equis & velis.

Le senat a baillé la bride sur le col aux conseillers, Permissum est à senatu cosulibus, ageret, faceréntve vt è Rep. duceret, b. ex Liu.

Brides lasches, qui vont à ondes, Vndantia lora.

Lascher la bride, Laxas dare habenas, Remittere habenas.

Lascher la bride à toute tristesse, Fraenos dolori remittere.

Si ie vouloy lascher la bride à ma ioye, Si gaudio meo indulgeam.

Retirer la bride, ou la lascher, Habenas adducere, vel remittere.

Tenir en bride, Fraenare, Refraenare.

Tirer ou retirer la bride à soy, Fraenos inhibere, Habenas adducere.

Faire & duire vn cheual à la bride, & au frain, Ad fraenum condocefacere, Fraenum pati docere.

Brider vn cheual, Fraenare, Infraenare equos, b. ex Liuio.

Se laisser brider, Fraenum mordere.

Qui n'est point bridé, Infraenatus.

Brides à veaux, Nugae.

Brief, ou Bref, breuis.

Qui est brief en quelque chose, Modicus in re aliqua.

Brief, ou en briefs mots, c'est ce qu'on dit autrement Somme, vt paucis aga. Des Essais au 3. liure d'Amad. chapitre 6. a vsé de ceste phrase, Que voulez-vous que ie vous die ? pour, Brief, Que voulez-vous que ie vous die, ils me surprindret de si pres que nonobstant que ie fis grād deuoir, &c. Quid multis moror, Ita me imprudente oppresserut.

Pour le faire brief ou court, Vt ad pauca redeam, Ne multa dicam.

A brief parler, Ad summam, In summa.

Brief, Pour le faire court, Omnino.

De brief, c'est dedans brief & peu de temps, Mox, breui, Propediem, comme, Il viendra de brief, Mox aderit.

De brief mon maistre, &c. ou, Le temps s'approcbe que mon maistre, &c. Propè est quando herus, &c.

Ie te verray de brief, & seray auec toy, Propediem te videbo.

En brief, In breui, Propediem, Summatim.

Dire en brief, ou en peu de paroles, breuibus aliquid dicere, Addere ad compendium.

Fort brief, Perbreuis.

Si brief que rien plus, breuissimè.

Il n'y a rien si brief, Nihil circunscriptius.

Brieuement, breui, breuiter, Circunscriptè, Perbreuiter, Strictim, Tribus verbis.

Le plus brieuement que ie puis, Quam quidem possum breuiter.

Dire brieuement quelque chose, & en peu de paroles, Comprehensè loqui, Dicere pressè, Leuiter aliquid tangere, Leuiter transire aliquid, Modicè agere, Perstringere rem aliqua, Praecisè dicere. Brieueté, breuitas, Paucitas, Compendium.

Brieueté en eloquence n'est point louée ne estimée, Laudem non habet breuitas in eloquentia.

A cause de brieueté, breuitatis causa.

Garder brieueté, breuitatem custodire.

Suyure brieueté, Compendia temporis sequi.

Sainct briev, Briocae, briocarum. Inde briocensis episcopatus. Brifau, Brifer, , id est infans. Hinc fortè Brifau à consueta puerorum voracitate.

Brigade, f. penac. Est diction collectiue, & signifie trouppe, compagnie. Vne brigade de ieunes hommes, Adolescentium coitio, coetus, l'Italien dit brigata.

Brigader, Compagner.

Brigand, m. acut. Anciennement estoit vn mot militaire signifiat l'home de guerre armé de brigandine. La ville de Paris offrit pour la ville & vicomté 600. glaiues & 400. archers, & mille brigands, & pource que ces gens de pied allans & venans à la guerre, pilloient le peuple, on a prins ce mot pour vn larron de campagne, vn voleur de pays, qui exerce le brigandage és chemins & voyes publiques, Grassator, Latro. voyez Brigandine.


Brigandeau, m. trisyll. acut. Est le diminutif de Brigand, vn petit brigand, Latrunculus.

Brigandage, m. penac. Est volerie és chemins publiques : Grassatio, Plinius lib. 13. c. 22. grassatura Sueton. in Tiber. Latrocinium, Et est de la forme de carnage, truandage & semblables.

Brigāder, act. penac. Est se tenir en aguet sur les chemins pour surprendre & destrousser les passans, exercer brigandage & volerie, Grassari, Latrocinari.

Briganderie, f. penac. Le mesmes que brigandage, & est de la forme de volerie tuerie, piperie & semblables, voyez Brigandage, Latrocinatio, Plin. lib. 19. c. 4.

Brigandine, f. penac. Est vne espece d'armure de fer dont les brigans estoient armez, faite à lames estroites, qui consent aux courbeures & plieures du corps de l'homme qui en est armé, ce que ne fait le corcelet, Lorica laminata, ferreis lamellis contexta, qu'on appelle autrement, esquailles, Thorax squammis ferreis contextus.

Brigandine à double escaille, bilix lorica.

Brigandin, m. acut. Est la tierce espece des vaisseaux de bas bord à bancs & auirons, plus grand que la fregate (car il est de douze à treze bacs de chaque bande ou costé, à vn anuiro ou vogueur pour chacu bac & moindre que la fuste. On l'escrit aussi Brigatin, & est vaisseau de tours de pillage, propre à passager auec celerité d'vne coste à l'autre, & est de plus d'armaison & de resistence que la fregate, moins aussi que la galiote, Longa praedatoria nauis, tiré de ce mot Brigand, parce que les brigads de mer, pillards, corsaires & escumeurs vsent de telle espece de vaisseau de mer allans en cours ; si toutefois on n'aime mieux extraire ledit mot Brigad de cest Allemad berggang, qui signifie montinagu, qui erre emmi les motagnes, Bandolier. Arrugia, Plin. lib. 33. c. 4. Subterraneus cuniculus, Parce que les brigands se tiennent mussez, dans des cauernes pour surprendre à l'impourueu les passans, aussi le Portugois dit Bergate pour ce que nous disons brigad. Ammian Marcellin liur. 16. semble parler d'vne telle façon d'armure, en ces mots, Sparsíque cataphracti equites quos clibanarios dictitant Persae, thoracum muniti tegminibus, & limbis ferreis cincti, vt Praxitelis manu polita crederes esse simulacra, no viros, quos laminaru circuli tenues, apti corporis flexibus ambiebant, per omnia membra deducti, vt quocuq ; attus necessitas commouisset, vestitus congrueret, iunctura cohaerenter aptata, Aucus rendet le Brigandin par Aphractum, Phaselus, voyez Brigandine, & Falouque, l'Italien dit Bergantino.

Brigue, f. penac. Est l'instante poursuite qu'on fait pour obtenir quelque charge qui est pretenduë par plusieurs, Ambitus, prensatio, sedula ac sollicita magistratus petitio, Dõt les moyes sont descrits an liure de Ciceron, De petitione consulatus, Et parce que les competiteurs d'vne charge & office, contendent & debatent l'vn contre l'autre pour l'obtenir, Brigue se prent aussi pour contention & debat, Rixa, en laquelle signification l'Italien en vse aussi disant Briga pour controuerse.

Brigue pour estre consul, Petitio consulatus.

La brigue & pourchas qu'on fait pour honneurs, Ambitus.

La brigue des Consuls, Coitio consulum, B.

Le deuoir de la brigue, Candidatorium munus.

Conduire la brigue d'aucun, Petitionem alicuius pergere, euehere.

Celuy qui auoit charge de bailler argent pour gagner gens à la brigue d'aucun magistrat electif, Diuisor.

Par brigues & pourchas, Ambitiosè.

Brigues & faueurs, Studia ambitiosa.

Briguer, act. acut. Circumire ac prensare in magistratus petitione, Liu. lib. 1. Cic. lib. 1. Epist. ad Attic.

Brigueur, m. acut. Est celuy qui fait quelque brigue, Competitor. Cic. Epist. 1. ad Attic. candidatus, Il se prend aussi pour quereleux, Rixosus, voyez Brigue.

Briller, ou Breller, C'est chasser aux oiseaux de nuict au feu.

Briller aussi est reluire & ietter des esclats & rayos de lumiere come fait vn bon diamant, ou au soleil vn acier bien poli, Radiare, Pourroit estre qu'il vient de Vibrare.

Brillement, tel rayonnement ou estincellement, Radiatio.

Estoille brillante, Ronsard dit drillate, hoc est, estincelante, Scintillans.

Brimbaler, acut. Est tomber de haut en bas culbuttant, Precipitem vertigine agi, come, Il a brimbalé du haut des degrez en bas, où, Il l'a fait brimbaler du sommet de la roche au profond de la vallée par onomatopoée.

Brin, Vn brin de mariolaine, ou autre, Fortè venit à signifiant autant comme germen.

Il n'est vn seul brin estonné.

Brindelles.

Brioche.

Brionie, voyez Bryonie.

Brique, f. penac. Est l'vne des trois especes de terre cuyte au four pour employer en bastiment, dont les deux autres sont tuyle & quarreau, estant Brique celle qui de la figure quarrée, Heteromekes, & de plus d'espesseur que les autres, seruant à bastir cheminées & mars, soit de maisons soit de villes & forteresses, comme il se voit toutes pars au pays d'Italie, & en maintes contrées d'Espagne & de Gaule, & tuyle, celle qui est de mesme figure, mais moint espaisse, & ores plate auec vn crochet, comme on eu vse en France ; ores canellée, comme on en vse en Languedoc & pays attenans, car quant à festiere & gouttiere, ce sont sous especes de tuile canellée, & quarreau, celle qui est purement quarrée, & de tenueté moyenne entre la brique & la tuyle, vsité en façons de tous pauez à couuert, car en pauez de rues, la brique couchée de costé est vsitée en Italie, Later laterculus coctilis.

Briquier, m. acut. Est l'artisan qui moule, cuit & debite la brique, Laterarius, Laterifex.

Briquerie, f. penac. C'est comme tuylerie (& en est espece, & œil de bœuf de mesmes, comme Arrogatio de Adoptio) est l'ouuroir où la brique est moulée, sechée & cuicte, Lateraria Plin. lib. VII. cap. LVI.

Qui est fait de brique, Lateritius.

Bastiment de brique, Structura testacea, B.

Briqueterie, Lateraria, laterariae.

Briquetier, Laterarius.

briqvia, nunc vulgò dicitur, quae olim Lycia, C'est vne region d'Asie mineur, ou Anatolie.

Brisans en fait de marine, sont les escueils ou bancs de sable où le flot de la mer chocque & se brise & rompt, ou & plus proprement, brisans de mer sont les chocs & froisseures des vagues de la mer escumans au hurter contre lesdits bancs ou escueils : & sont lesdits brisans signe d'vn passage dangereux.

Briser à βρίζω, id est, impetum facio, Inde Brizer, vel Briser, Conscindere, Rompre, nisi malis deducere à verbo , id est, diuido, seco.

Briser fort menu, Comminuere, Concassare, Deterere, Frendere, Friare, Suffriare, Effringere, Diffringere, Obterere.

Briser les auirons, Defringere remos.

Briser quelque chose parmy vn autre, Affriare.

Briser vn plaidoyer & entrerompre, Actionem dirimere.

Qui brise les buis ou murailles pour desrobber, Effractor.

Somme brisée & rompue, Summa excurrens.

Vne brisure, Scissura, Conscissura, Effractio, Comminutio.

Brisée, f. C'est rompure, mais en pluriel Brisées sont les rameaux brisez que les veneurs questans descoupent & iettent à costé parmy le chemin, pour retrouuer la beste & sçauoir r'entrer en leur enceincte, Indago, Selon ce on dit, retourner sur ses brisées par metaphore pour reprēdre son chemin & retourner sur son propos ou affaire encommēcé.

Retournons par nos brisées, c'est à dire par nostre chemin, Retournons à nostre propos, Reuertamur vnde sumus digressi.

Brisure, f. penac. Signifie cassure d'vne chose en pieces, Fractio, Toutesfois n'est ce mot appliqué à toute matiere cassée, car nous ne disons pas tu as brisé ma robe, mon bonnet ; là où nous disons briser les portes & choses semblables dont l'vsage assigne la regle. Mais en fait d'armoirie, ce mot signifie despecement des plaines armes, par laquelle l'escu des puisnez & descendans est differencié d'auec l'escu du chef des armes, qui est plain & sans brisure. Brisure est come lambeaux, bordures & choses semblables. Feron au catalogue des grads maistres de France, en l'escu de messire Pierre de Villiers : & s'il estoit de la lignée de Chastillon, il porteroit les armes de Gaspard de Chastillon auec brisure, signe diminutif des pleines armes, Insignium gentilitioru deminutio.

Broc, Vn grand broc, Brochus, , id est, à fundendo. Est enim vas fundendo vino accommodum implendis deplendisque vasis conditoriis.

Brocard, & parole de mocquerie, Dicterium.

Vn brocard & lardon, Scomma, scommatis.

Il auoit de chacun vn brocard, Omnium vrbanorum figuris appetitus, vel dicacium, B.

Brocarder aucun, Cauillari.

Se garder de brocarder aucun, Dicta in aliquem continere.

Brocardeur, Cauillator.

Brocar, Satin broché d'or.

Broche, Obelus, Veru.

Combien que la broche en fust rompue, Quanquam abscissa res erat, B. ex Liuio.

Les broches d'vn cheual.

Les broches espece de maladie au fondement, Haemorrhoides.

Brochette, soit de bois ou de fer, Veruculum.

Brocher, Literas vestibus intexere.

Brocher vn cheual des esperons, Piquer, Equo calcaria addere, adhibere, admouere, subdere, Concitare calcaribus.

Robbes brochées d'or, ou autre chose couuerte de passement, Vestes segmentatae.

Brochet, Lucius, Lupus, Aucuns l'appellent Bechet, ou Bequet, nimirum à rostro prominente.

Brocheton, Luciolus, Nos courtisans le nomment brocheton, quand il n'a encore vn pied de long : mais quand il a plus d'vn pied, Lanceron, & quand il a deux ou trois pieds, Brochet.

Brodequin, Vne maniere de brodequin ancien duquel vsoient hommes & femmes, Soccus.

Vne façon de brodequin à veneur qui empoignent le gras de la lambe, Cothurnus.

Ce brodequin est bien fait à ton pied, Conuenit optimè ad pe-


dem cothurnus.

Femmes qui ont des brodequins chaussez, Matronae petasatae.

Brodeur, Brodure, Cerchez Bord.

Broncher, voyez Bruncher.

Bronze, c'est cuyure, Aes Cyprium.

Brosse, Brosser du lin.

Brosse, lieu reuestu de bou, de brosses, & de ha