Théologie portative, ou Dictionnaire abrégé de la religion chrétienne/N

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N

Nature. C’eſt l’Ouvrage merveilleux d’un Dieu ſage, tout-puiſſant & parfait ; cependant la nature s’eſt corrompue. Dieu le voulut ainſi pour avoir de quoi s’amuſer & ſe fâcher ; il a beſoin qu’on lui remue la bile, & s’il n’avoit ſans ceſſe à raccommoder sa machine, ſes Théologiens & lui n’auroient pas grande choſe à faire.

Néant. De l’aveu de tout le monde le néant eſt ce dont nous ne pouvons rien affirmer, ou ce qui n’a aucune des qualités dont nous pouvons juger. Dans ce cas, M. le Curé, qu’est-ce qu’un être ſpirituel ? Qu’est-ce qu’une ſubſtance immatérielle ou privée d’étendue, de couleur, de figure ? Qu’eſt-ce qu’un Ange ? Qu’eſt-ce qu’un Diable ? Qu’eſt-ce que · · · · · · · · Halte-là, Monſieur Gros-Jean ! ce ſont-là des myſteres auxquels ni vous ni moi ne devons rien comprendre.

Novateurs. Ce ſont tous ceux qui, ſans l’aveu des Théologiens les plus accrédités, ſe donnent les airs d’enſeigner quelque doctrine, à laquelle ces grands perſonnages n’avoient point encore penſé ; eux ſeuls ont le droit de corriger, d’altérer, d’expliquer les décrets éternels de la Divinité, & de faire au beſoin des dogmes à la mode, pour l’uſage des femmes, qui comme on ſait ſe plaiſent au changement, ſur-tout en fait de Doctrine.

Nuées. On y voit tout ce qu’on veut, & ſur-tout des armées quand les Prêtres ſont mécontens. Les nuées ſont comme les Saintes Ecritures où les Théologiens font voir tout ce qui leur plaît, à ceux qui ont la foi ou la berlue.