Sur mes vingt ans, pur d’offense et de vice

Sur mes vingt ans, pur d’offense et de vice
Les Amours, Texte établi par Hugues VaganayGarnier1 (p. 128).

CXVII

Sur mes vingt ans, pur d’offense et de vice,
Guidé, mal caut, d’un trop aveugle oiseau,
En jeune sang, en menton damoyseau,
Sain et gaillard je vins à ton service :
Mais, ô cruelle, outré de ta malice,
Je m’en retourne en une vieille peau,
En chef grison, en perte de mon beau :
Tels sont d’Amour les jeux et l’exercice.
Helas, que dy-je ! où veux-je m’en aller ?
D’un autre bien je ne me puis soulcr.
Comme la caille, Amour, tu me fais estre,
Qui de poison s’engraisse et se repaist.
D’un autre bien je ne me veux repaistre,
Ny vivre ailleurs, tant ta poison me plaist.