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Vers de jeunesseMessein1 (p. 9).

SUR LE CALVAIRE[1]


Lorsque Jésus fut mort, et comme une auréole
S’allumait bleue au front blanc du Nazaréen,
Plus pâle qu’un cadavre et plus tremblant qu’un chien,
Le bon larron prenant brusquement la parole :

« Compagnon, que dis-tu de tout ceci ? — Moi ? Rien,
Répondit le mauvais larron. Rien, âme molle,
Rien, ô cerveau chétif qu’un tel prodige affole,
Sinon qu’en pendant là cet homme l’on fit bien. »

Un coin du ciel s’ouvrit soudain comme une porte,
Et la foudre s’en vint brûler l’audacieux
Qui hurla, puis reprit : « On a bien fait, n’importe ! »

Un corbeau qui passait lui creva les deux yeux,
Et vers ses pieds mordus se dressait une louve.
Mais l’Obstiné cria : « Qu’est-ce que cela prouve ? »

  1. Sonnet de jeunesse publié sur une copie.