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Stèles/En l’honneur d’un Sage solitaire

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G. Crès (p. 24-25).



EN L’HONNEUR D’UN SAGE SOLITAIRE


Moi l’Empereur je suis venu. Je salue le Sage qui, soixante dix années, a retourné et labouré nos Mutations anciennes et levé des savoirs nouveaux.

J’attends du Vieux Père la leçon : et d’abord, s’il a trouvé la Panacée des Immortels ? Comment on prend place au milieu des génies ?



Le Sage dit : Faire monter au Ciel le Prince que voici serait un malheur pour l’Empire terrestre.


Moi l’Empereur interroge le Solitaire : a-t-il reçu dans sa caverne la visite des trente six mille Esprits ou seulement de quelques uns de ces Très-Hauts ?



Moi le Solitaire n’aime pas les visiteurs importuns.



Moi l’Empereur implore enfin du Sage le pouvoir d’être utile aux hommes : quelque chose pour le bien des hommes !



Le Sage dit : Étant sage, je ne me suis jamais occupé des hommes.