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Tout se tient, et si le gouvernement est si peu fixé dans les affaires de finances, c’est qu’il n’est pas bien sûr de ce qu’il peut ni même de ce qu’il veut dans sa politique, c’est qu’il se sent pris dans une situation dont il ne méconnaît pas la gravité, mais à laquelle il n’a pour le moment à opposer que des paroles. Il a une certaine tentation de vouloir quelque chose, il met de bonnes intentions dans, son programme : l’embarras, pour lui, est de faire passer ses intentions dans ses actes, dans son attitude, dans la direction de sa politique. Il ne peut échapper à une sorte de contradiction permanente qui éclate un peu partout, sous toutes les formes, qui tient à la division ou à la confusion des conseils et des idées.
Tout se tient, et si le gouvernement est si peu fixé dans les affaires de finances, c’est qu’il n’est pas bien sûr de ce qu’il peut ni même de ce qu’il veut dans sa politique, c’est qu’il se sent pris dans une situation dont il ne méconnaît pas la gravité, mais à laquelle il n’a pour le moment à opposer que des paroles. Il a une certaine tentation de vouloir quelque chose, il met de bonnes intentions dans, son programme : l’embarras, pour lui, est de faire passer ses intentions dans ses actes, dans son attitude, dans la direction de sa politique. Il ne peut échapper à une sorte de contradiction permanente qui éclate un peu partout, sous toutes les formes, qui tient à la division ou à la confusion des conseils et des idées.


Que peut-on croire ? Le ministère, qui a omis un certain nombre de questions délicates dans sa déclaration, a cru néanmoins utile de dire qu’il était temps d’en finir avec l’éternelle réforme judiciaire et qu’il croirait obéir au vœu du pays en présentant à son tour ses vues sur ce sujet. Ces vues n’ont probablement rien d’extrême. Le gouvernement n’est pas pour l’élection des juges ; il ne doit pas ignorer, puisqu’il parle si souvent de l’ordre, qu’une des conditions de cet ordre est d’avoir une magistrature indépendante, et au fond il n’est pas opposé au principe de l’inamovibilité. Qu’en est-il cependant en pratique ? M. le garde des sceaux a, paraît-il, en réserve un projet qui ne serait tout simplement qu’une suppression subreptice et mesquine de l’inamovibilité, qui, en permettant des épurations nouvelles, laisserait les juges à la discrétion et merci de tout ministre de passage à la chancellerie. M. le ministre de l’instruction publique, de son côté, fait des circulaires pour recommander aux préfets la modération et la prudence au sujet de l’enlèvement. des emblèmes religieux et crucifix placés jusqu’ici dans les écoles. Il ne veut, dit-il, rien qui ressemble à
Que peut-on croire ? Le ministère, qui a omis un certain nombre de questions délicates dans sa déclaration, a cru néanmoins utile de dire qu’il était temps d’en finir avec l’éternelle réforme judiciaire et qu’il croirait obéir au vœu du pays en présentant à son tour ses vues sur ce sujet. Ces vues n’ont probablement rien d’extrême. Le gouvernement n’est pas pour l’élection des juges ; il ne doit pas ignorer, puisqu’il parle si souvent de l’ordre, qu’une des conditions de cet ordre est d’avoir une magistrature indépendante, et au fond il n’est pas opposé au principe de l’inamovibilité. Qu’en est-il cependant en pratique ? M. le garde des sceaux a, paraît-il, en réserve un projet qui ne serait tout simplement qu’une suppression subreptice et mesquine de l’inamovibilité, qui, en permettant des épurations nouvelles, laisserait les juges à la discrétion et merci de tout ministre de passage à la chancellerie. M. le ministre de l’instruction publique, de son côté, fait des circulaires pour recommander aux préfets la modération et la prudence au sujet de l’enlèvement des emblèmes religieux et crucifix placés jusqu’ici dans les écoles. Il ne veut, dit-il, rien qui ressemble à
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