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M. le président du conseil, à la vérité, a pour le moment assez à faire de défendre dans sa personne la « stabilité gouvernementale, » de démontrer avec une pathétique éloquence la nécessité d’un « ministère viable, » non pour lui assurément, — il est trop désintéressé du pouvoir ! — mais « pour la république, pour les institutions… » Il se porte même au combat, dans l’intérêt de la république et de la stabilité gouvernementale, avec des préoccupations si vives qu’il laisse échapper des phrases un peu extraordinaires ou un peu baroques pour un ministre de l’instruction publique, grand maître des arts et des lettres. « Quand nous aurons fait cela, dit-il en énumérant les lois qui restent à discuter, qui sont inscrites dans la déclaration du gouvernement, — quand nous aurons fait cela, ''nous aurons fourni à la course qui nous reste à parcourir une ampleur suffisante''… » L’image est hardie ! Que demande-t-on d’ailleurs à M. le président du conseil qu’il ne soit disposé à faire pour le bien de la paix, pour dissiper les nuages, pour montrer enfin qu’entre la majorité et lui il y a une parfaite communauté de vues et d’intentions ? Désire-t-on un peu plus de laïcité ? Il en mettra partout. Il ne cédera pas à M. Paul Bert et au conseil municipal de Paris l’honneur d’affranchir l’esprit humain en commençant par détruire la liberté de l’enseignement. — On veut bouleverser la magistrature sous prétexte de la réorganiser : qu’à cela ne tienne, le gouvernement a pris son parti, il fera ce qu’on voudra, il se flatte d’avoir dit sur cette grande question « des choses d’une extrême gravité et qu’aucun gouvernement n’avait jamais dites avant lui. » On tient enfin à l’ordre du jour qu’on a voté comme le ministre tient à la vie : soit encore, le chef du cabinet ne demande pas qu’on change l’ordre du jour, et pour peu qu’on lui dise qu’il y a eu un malentendu, il s’empresse de recueillir le mot comme l’expression des sentimens de la chambre, de cette assemblée, — « la mieux intentionnée, la plus laborieuse, la plus courageuse des assemblées… » C’est ce que M. Jules Ferry appelle « naître fièrement ! » C’est ce qu’on peut appeler aussi gouverner fièrement.
M. le président du conseil, à la vérité, a pour le moment assez à faire de défendre dans sa personne la « stabilité gouvernementale, » de démontrer avec une pathétique éloquence la nécessité d’un « ministère viable, » non pour lui assurément, — il est trop désintéressé du pouvoir ! — mais « pour la république, pour les institutions… » Il se porte même au combat, dans l’intérêt de la république et de la stabilité gouvernementale, avec des préoccupations si vives qu’il laisse échapper des phrases un peu extraordinaires ou un peu baroques pour un ministre de l’instruction publique, grand maître des arts et des lettres. « Quand nous aurons fait cela, dit-il en énumérant les lois qui restent à discuter, qui sont inscrites dans la déclaration du gouvernement, — quand nous aurons fait cela, ''nous aurons fourni à la course qui nous reste à parcourir une ampleur suffisante''… » L’image est hardie ! Que demande-t-on d’ailleurs à M. le président du conseil qu’il ne soit disposé à faire pour le bien de la paix, pour dissiper les nuages, pour montrer enfin qu’entre la majorité et lui il y a une parfaite communauté de vues et d’intentions ? Désire-t-on un peu plus de laïcité ? Il en mettra partout. Il ne cédera pas à M. Paul Bert et au conseil municipal de Paris l’honneur d’affranchir l’esprit humain en commençant par détruire la liberté de l’enseignement. — On veut bouleverser la magistrature sous prétexte de la réorganiser : qu’à cela ne tienne, le gouvernement a pris son parti, il fera ce qu’on voudra, il se flatte d’avoir dit sur cette grande question « des choses d’une extrême gravité et qu’aucun gouvernement n’avait jamais dites avant lui. » On tient enfin à l’ordre du jour qu’on a voté comme le ministre tient à la vie : soit encore, le chef du cabinet ne demande pas qu’on change l’ordre du jour, et pour peu qu’on lui dise qu’il y a eu un malentendu, il s’empresse de recueillir le mot comme l’expression des sentimens de la chambre, de cette assemblée, — « la mieux intentionnée, la plus laborieuse, la plus courageuse des assemblées… » C’est ce que M. Jules Ferry appelle « naître fièrement ! » C’est ce qu’on peut appeler aussi gouverner fièrement.


Et lorsqu’après cela, comme pour se donner une attitude, M. le président du conseil a l’air de rejeter avec dédain les « manifestes
Et lorsqu’après cela, comme pour se donner une attitude, M. le président du conseil a l’air de rejeter avec dédain les « manifestes {{tiret|ambi|tieux}}
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