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[[ru:Божественная комедия (Данте/Мин)/Ад/Песнь XXXIV/ДО]]
 
 
==__MATCH__:[[Page:Dante - La Divine Comédie, trad. Lamennais, 1910.djvu/128]]==
 
 
« ''Vexilla'' ''regis'' ''prodeunt'' ''Inferni'' <ref>« L’étendard du roi de l’Enfer s’avance vers nous. » Ce vers que Dante applique à Lucifer, en y ajoutant le mot ''inferni'', est le premier d’une hymne de l’Église en l’honneur de la Croix.</ref> de notre côté : Devant donc, dit le Maître, regarde si tu l’aperçois. » Tel que, quand passe un nuage épais, ou que la nuit se fait dans notre hémisphère, paraît dans le lointain un moulin que le vent fait tourner, quelque chose de pareil alors je crus voir. Puis à cause du vent, je me réfugiai derrière mon Guide n’ayant point d’autre grotte.
 
Déjà (et avec peur je le raconte dans mes vers), j’étais là où les ombres sont toutes recouvertes, et apparaissent comme un fétu dans le verre transparent : les unes sont couchées, les autres debout ; celles-ci la tête, celles-là les pieds en haut ; d’autres ont les pieds et la face courbés en arc.
==[[Page:Dante - La Divine Comédie, trad. Lamennais, 1910.djvu/129]]==
pieds en haut ; d’autres ont les pieds et la face courbés en arc.
 
Lorsque nous fûmes assez avant pour qu’il plût à mon Maître de me montrer la créature qui d’aspect fut si belle, il passa devant moi, et m’arrêta, disant : — Voilà Dite, et voilà le lieu où il faut que tu t’armes de courage.
S’il fut aussi beau qu’il est maintenant hideux, après avoir élevé ses sourcils contre son Créateur, bien doit de lui procéder tout deuil.
 
Oh ! quelle merveille ce me fut, quand je vis trois faces à sa tête : l’une devant, et celle-ci était rouge ; des deux autres qui s’y joignaient au-dessus du milieu de chaque épaule, et s’unissaient à l’endroit de la crête, la droite paraissait entre jaune et blanche, et la gauche à la vue était telle que ceux qui viennent des lieux d’où le Nil descend. Au-dessous de chacune sortaient deux grandes ailes proportionnées à un tel oiseau : jamais sur la mer je ne vis de pareilles voiles. Elles étaient sans plumes et ressemblaient à celles des chauves-souris ; de leur battement s’engendraient trois vents, et tout le Cocyte en était gelé. De six yeux il pleurait, et sur trois mentons, goutte à goutte, tombaient les pleurs et la bave sanglante. De chaque bouche, avec les dents, comme broie la maque, un pêcheur il broyait, de sorte qu’ainsi il en tourmentait trois. A celui de devant la morsure n’était rien près des griffes, l’échiné parfois restant tout entière dépouillée de la peau. « Cette âme qui, en haut, souffre la plus grande peine, dit mon Maître, est Judas Iscariote, qui a la tête dedans <ref>Dans la gueule de </ref>, et dehors agite les jambes. Des deux autres qui ont la tête en bas, celui de qui pend la noire chevelure, est Brutus : vois comme il se tord, sans rien dire. L’autre qui paraît si membru, est Cassius. Mais la nuit revient, et il est temps de partir, maintenant que nous avons tout vu. »
==[[Page:Dante - La Divine Comédie, trad. Lamennais, 1910.djvu/130]]==
les jambes. Des deux autres qui ont la tête en bas, celui de qui pend la noire chevelure, est Brutus : vois comme il se tord, sans rien dire. L’autre qui paraît si membru, est Cassius. Mais la nuit revient, et il est temps de partir, maintenant que nous avons tout vu. »
 
Comme il lui plut j’enlaçai son cou ; et lui, choisissant le moment et le lieu, lorsque les ailes furent entièrement ouvertes, se prit aux côtes velues, puis de poil en poil il descendit, entre l’épaisse fourrure et les parois glacées.
Le lieu où nous étions, n’était pas une salle de palais, mais un cachot naturel, dont rude était le sol, et où la lumière manquait.
 
— Avant que je me dégage de l’abîme, dis-je quand je fus debout, avec moi, Maître, discours un peu pour me tirer d’erreur. Où est la glace ? et celui-là <ref>Lucifer.</ref> , comment est-il renversé ? et comment, en si peu de moments, le soleil a-t-il du soir au matin accompli le trajet ? Et lui à moi : « Tu t’imagines être encore de l’autre côté du centre où je m’accrochai
— Avant que je me dégage de l’abîme, dis-je quand je fus debout, avec moi, Maître, discours un peu pour me tirer d’erreur. Où est la glace ? et celui-là <ref>Lucifer.</ref> , comment est-il renversé ? et comment, en si peu de moments, le soleil a-t-il du soir au matin accompli le trajet ? Et lui à moi : « Tu t’imagines être encore de l’autre côté du centre où je m’accrochai au poil de l’horrible ver qui perce le monde <ref>Qui en traverse le centre.</ref>. Tu as été là aussi longtemps que j’ai descendu : quand je me retournai, tu dépassas le point où tend tout ce qui pèse. Et maintenant tu es arrivé a l’hémisphère opposé à celui qui recouvre le vaste aride <ref>Expression empruntée à la Genèse, où la « terre sèche, » c’est-à-dire non couverte par les eaux, est appelée l’aride.</ref>, et au milieu duquel consommé <ref>Allusion au ''consommatum'' ''est'' de l’Évangile.</ref> fut l’homme qui naquit et vécut sans péché. Tu as les pieds sur la petite sphère qui forme l’autre face de la Giudecca <ref>Dante appelle Giudecca la quatrième et derrière sphère du neuvième Cercle où est Judas, et qui s’étend, des glaces du Cocyte, jusqu’au fond du puits. La partie de l’autre hémisphère correspondante à cette enceinte est ''la'' ''petite'' ''sphère'' ''qui'' ''forme'' ''l’autre'' ''face'' ''de'' ''la'' ''Giudecca''. Il est clair qu’après avoir dépassé le centre, c’est la première que Virgile et Dante aient dû rencontrer.</ref>. Ici il est matin, quand là il est soir : et celui dont le poil nous a servi de degrés, est dans la position dû il était d’abord. De ce côté il tomba du ciel, et la terre qui auparavant surgissait, par l’effroi qu’elle eut de lui, se lit de la mer un voile, et se remontra dans notre hémisphère <ref>La terre, qui originairement s’élevait au-dessus des eaux, s’enfonça dessous, et s’en lit comme un voile quand Lucifer tomba, et en même temps ''elle'' ''se'' ''remontra'', elle s’éleva dans l’autre hémisphère.</ref> ; et peut-être que pour le fuir, elle laissa vide l’espace qui apparaît là, et en haut se retira <ref>Pour former la montagne que, dans l’autre Cantique, on verra être celle du Purgatoire.</ref>. »
==[[Page:Dante - La Divine Comédie, trad. Lamennais, 1910.djvu/131]]==
— Avant que je me dégage de l’abîme, dis-je quand je fus debout, avec moi, Maître, discours un peu pour me tirer d’erreur. Où est la glace ? et celui-là <ref>Lucifer.</ref> , comment est-il renversé ? et comment, en si peu de moments, le soleil a-t-il du soir au matin accompli le trajet ? Et lui à moi : « Tu t’imagines être encore de l’autre côté du centre où je m’accrochai au poil de l’horrible ver qui perce le monde <ref>Qui en traverse le centre.</ref>. Tu as été là aussi longtemps que j’ai descendu : quand je me retournai, tu dépassas le point où tend tout ce qui pèse. Et maintenant tu es arrivé a l’hémisphère opposé à celui qui recouvre le vaste aride <ref>Expression empruntée à la Genèse, où la « terre sèche, » c’est-à-dire non couverte par les eaux, est appelée l’aride.</ref>, et au milieu duquel consommé <ref>Allusion au ''consommatum'' ''est'' de l’Évangile.</ref> fut l’homme qui naquit et vécut sans péché. Tu as les pieds sur la petite sphère qui forme l’autre face de la Giudecca <ref>Dante appelle Giudecca la quatrième et derrière sphère du neuvième Cercle où est Judas, et qui s’étend, des glaces du Cocyte, jusqu’au fond du puits. La partie de l’autre hémisphère correspondante à cette enceinte est ''la'' ''petite'' ''sphère'' ''qui'' ''forme'' ''l’autre'' ''face'' ''de'' ''la'' ''Giudecca''. Il est clair qu’après avoir dépassé le centre, c’est la première que Virgile et Dante aient dû rencontrer.</ref>. Ici il est matin, quand là il est soir : et celui dont le poil nous a servi de degrés, est dans la position dû il était d’abord. De ce côté il tomba du ciel, et la terre qui auparavant surgissait, par l’effroi qu’elle eut de lui, se lit de la mer un voile, et se remontra dans notre hémisphère <ref>La terre, qui originairement s’élevait au-dessus des eaux, s’enfonça dessous, et s’en lit comme un voile quand Lucifer tomba, et en même temps ''elle'' ''se'' ''remontra'', elle s’éleva dans l’autre hémisphère.</ref> ; et peut-être que pour le fuir, elle laissa vide l’espace qui apparaît là, et en haut se retira <ref>Pour former la montagne que, dans l’autre Cantique, on verra être celle du Purgatoire.</ref>. »
 
Là en bas <ref>Dante adresse ici la parole au lecteur.</ref> est un lieu éloigné de Belzébub autant que la tombe s’étend <ref>Ce passage n’est pas sans difficulté. Selon les commentateurs le sens serait : ''éloigné'' ''de'' ''Belzébub'' ''de'' ''toute'' ''la'' ''profondeur'' ''de'' ''l’Enfer'', et alors, pour eux, le lieu dont parle Dante est comme ils l’expliquent, la superficie de l’hémisphère opposé au nôtre. Mais, 1° ''Laggiù'' semble désigner le lieu où Virgile et Dante étaient en ce moment, c’est-à-dire ''la'' ''petite'' ''sphère'' ''qui'' ''forme'' ''l’autre'' ''face'' ''de'' ''la'' ''Giudecca'' ; 2° la surface de la terre est partout visible, et ainsi ''non'' ''per'' ''vista'' ''noto'' ne se comprendrait pas ; 3° d’où et comment le ruisseau descendrait-il à la surface de la terre ? Nous pensons que, soit que le mot ''tombe'' signifie, ce qui nous semble mieux d’accord avec le contexte, tout l’Enfer, ou seulement le fond du cône où Lucifer est plongé dans la place, le sens est qu’au delà de « cette tombe, » et à partir du point ''jusqu’où'' ''elle'' ''s’étend'', c’est-à-dire où elle se termine, est un lieu ''obscur'', puisqu’il est situe prés du centre de la terre où le jour ne pénètre point, et que dans ce lieu descend un petit ruisseau, dont le ''bruit'' indique à Virgile et à Dante la route qu’ils doivent suivre dans l’obscurité, pour monter jusque-là où ils reverront la lumière.</ref> : l’indique, non la vue, mais le bruit d’un petit ruisseau, qui descend par la fente d’un rocher que son cours a rongé, et autour duquel il coule par une faible pente.
==[[Page:Dante - La Divine Comédie, trad. Lamennais, 1910.djvu/132]]==
petit ruisseau, qui descend par la fente d’un rocher que son cours a rongé, et autour duquel il coule par une faible pente.
 
Le Guide et moi nous suivîmes ce chemin obscur pour retourner dans le monde lumineux ; et sans avoir souci d’aucun repos, nous montâmes, lui le premier, moi le second, tant qu’enfin, par un trou rond, j’aperçus les belles choses que le ciel porte, et de là sortant, nous revîmes les étoileslesétoiles
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