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prix, moralement ému ; d’autre part le désir d’une
prix, moralement ému ; d'autre part le désir d'une universalité brillante et sans consistance, ainsi que l'intention arrêtée de voir tout en beau (caractères, passions, époques, mœurs), – malheureusement ce « beau » répondait à un mauvais goût vague qui néanmoins se vantait d'être de provenance grecque. C'est un idéalisme, doux, bonasse, avec des reflets argentés, qui veut avant tout avoir des attitudes et des accents noblement travestis, quelque chose de prétentieux autant qu'inoffensif, animé d'une cordiale aversion contre la réalité « froide » ou « sèche », contre l'anatomie, contre les passions complètes, contre toute espèce de continence et de scepticisme philosophique, mais surtout contre la connaissance de la nature, pour peu qu'elle ne puisse pas servir à un symbolisme religieux. Gœthe assistait à sa façon à ces agitations de la culture allemande : se plaçant en dehors, résistant doucement, silencieux, s'affermissant toujours davantage sur son propre chemin meilleur. Un peu plus tard Schopenhauer lui aussi y assista, – selon lui une bonne part du monde véritable et des diableries du monde étaient de nouveau devenus visibles, et il en parlait avec autant de grossièreté que d'enthousiasme : car dans cette diablerie il y avait de la beauté ! – Et qu'est-ce qui séduisit au fond les étrangers, qu'est-ce qui les fit ne point se comporter comme Gœthe et Schopenhauer, ou simplement regarder ailleurs ? C'était cet éclat mat, cette énigmatique lumière de voie lactée qui brillait autour de cette culture : cela faisait dire aux étrangers : « Voilà quelque chose qui est très, très
universalité brillante et sans consistance, ainsi que
l’intention arrêtée de voir tout en beau (les
caractères, les passions, les époques, les mœurs), —
malheureusement ce « beau » répondait à un
mauvais goût vague qui néanmoins se vantait
d’être de provenance grecque. C’est un idéalisme, doux,
bonasse, avec des reflets argentés, qui veut avant
tout avoir des attitudes et des accents noblement
travestis, quelque chose de prétentieux autant
qu’inoffensif, animé d’une cordiale aversion contre la
réalité « froide » ou « sèche », contre l’anatomie,
contre les passions complètes, contre toute espèce
de continence et de scepticisme philosophique,
mais surtout contre la connaissance de la nature,
pour peu qu’elle ne puisse pas servir à un
symbolisme religieux. Gœthe assistait à sa façon à ces
agitations de la culture allemande : se plaçant
en dehors, résistant doucement, silencieux,
s’affermissant toujours davantage sur son propre chemin
meilleur. Un peu plus tard Schopenhauer lui aussi
y assistait, — selon lui une bonne part du monde
véritable et des diableries du monde étaient de
nouveau devenus visibles, et il en parlait avec autant
de grossièreté que d’enthousiasme : car dans cette
diablerie il y avait de la beauté ! — Et qu’est-ce qui
séduisit au fond les étrangers, qu’est-ce qui les fit
ne point se comporter comme Gœthe et
Schopenhauer, ou simplement regarder ailleurs ? C’était cet
éclat mat, cette énigmatique lumière de voie lactée
qui brillait autour de cette culture : cela faisait dire
aux étrangers : « Voilà quelque chose qui est très, très
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