« Itinéraire de Paris à Jérusalem/Préface de la première édition » : différence entre les versions

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Enfin, des savants distingués ont bien voulu éclaircir mes doutes et me faire part de leurs lumières; j'ai consulté MM. Malte-Brun et Langlès : je ne pouvais mieux m'adresser pour tout ce qui concerne la géographie et les langues anciennes et modernes de l'Orient.
 
Comme mille raisons peuvent m'arrêter dans la carrière littéraire au point où je suis parvenu, je veux payer ici toutes mes dettes. Des gens de lettres ont mis en vers plusieurs morceaux de mes ouvrages; j'avoue que je n'ai connu qu'assez tard le grand nombre d'obligations que j'avais aux Muses sous ce rapport. Je ne sais comment, par exemple, une pièce charmante, intitulée le ''Voyage du Poète'', a pu si longtemps m'échapper. L'auteur de ce petit poème, M. de Saint-Victor, a bien voulu embellir mes descriptions sauvages et répéter sur sa lyre une partie de ma chanson du désert. J'aurais dû l'en remercier plus tôt. Si donc quelques écrivains ont été justement choqués de mon silence quand ils me faisaient l'honneur de perfectionner mes ébauches, ils verront ici la réparation de mes torts. Je n'ai jamais l'intention de blesser personne, encore moins les hommes de talent qui me font jouir d'une partie de leur gloire en empruntant quelque chose à mes écrits. Je ne veux point me brouiller avec [[w:fr:Muses|les neuf Sœurs]], même au moment où je les abandonne. Eh! comment n'aimerais-je pas ces nobles et généreuses immortelles! elles seules ne sont pas devenues mes ennemies lorsque j'ai obtenu quelques succès; elles seules encore, sans s'étonner d'une vaine rumeur, ont opposé leur opinion au déchaînement de la malveillance. Si je ne puis faire vivre Cymodocée, elle aura du moins la gloire d'avoir été chantée par un des plus grands poètes de nos jours, et par l'homme qui, de l'aveu de tous, juge et apprécie le mieux les ouvrages des autres. {{refl |2}}
 
Quant aux censeurs qui jusqu'à présent ont parlé de mes ouvrages, plusieurs m'ont traité avec une indulgence dont je conserve la reconnaissance la plus vive : je tâcherai d'ailleurs , dans tous les cas et dans tous les temps, de mériter les éloges, de profiter des critiques, et de pardonner aux injures.