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{{Navigateur|[[Aurore - Livre troisième - §163202]]|[[Aurore/Livre troisième]]|[[Aurore - Livre troisième - §165204]]}}
 
Contre le mauvais régime. - Fi des repas que font maintenant les hommes, tant dans les restaurants que dans tous les endroits où vit la classe aisée de la société! Lors même que se réunissent des savants considérés ce sont des coutumes semblables qui chargent leur table, tout comme celle des banquiers : selon le principe de la trop grande abondance et de la multiplicité, - d'où il suit que les mets sont préparés en vue de l'effet et non en vue des conséquences et qu'il faut que des boissons excitantes aident à chasser la lourdeur de l'estomac et du cerveau. Fi de la dissolution et de la sensibilité exagérée que tout cela doit amener à la suite! Fi des rêves qui viendront à ces gens-là ! Fi des arts et des livres qui seront le dessert de pareils repas! Et qu'ils agissent comme ils voudront, leurs actes seront régis par le poivre et par la contradiction, ou par la lassitude du monde! (Les classes riches, en Angleterre, ont besoin de leur christianisme pour pouvoir supporter leur mauvaise digestion et leurs maux de tête.) En fin de compte, pour dire non seulement tout ce que cela a de dégoûtant, mais encore d'amusant, ces hommes ne sont nullement des viveurs; notre siècle et sa façon d'activité sont plus puissants sur les extrémités que sur le ventre. Que signifient donc alors ces repas? - Ils représentent! Quoi donc, bon Dieu? Le rang? - Non, l'argent : on n'a plus de rang! On est « individu »! Mais, l'argent c'est la puissance, la gloire, la prééminence, la dignité, l'influence; l'argent crée maintenant pour un homme le grand ou le petit préjugé, selon qu'il en a! Personne ne voudrait le mettre sous un boisseau, personne ne voudrait l'étaler sur la table; il faut donc que l'argent ait un représentant que l'on puisse mettre sur la table : voyez nos repas! -
''Peut-être prématuré''. – Il semble qu'actuellement, sous différents noms erronés qui induisent en erreur et le plus souvent avec un grand manque de netteté, ceux qui ne se sentent pas attachés aux mœurs et aux lois établies fassent les premières tentatives pour s'organiser et pour se créer ainsi un droit : tandis que jusqu'à présent tous les criminels, les libres penseurs, tous les hommes immoraux et scélérats vivaient décriés et hors la loi, dépérissant sous le poids de la mauvaise conscience. On devrait, somme toute, approuver cela et le trouver bien, quoique le siècle à venir y perde en sécurité et qu'il faudra peut-être que chacun prenne son fusil sur l'épaule : – ne fût-ce que pour qu'il y ait une puissance d'opposition qui rappelle toujours qu'il n'y a pas de morale absolue et exclusive, et que toute moralité qui s'affirme à l'exclusion de toute autre détruit trop de force vive et coûte trop cher à l'humanité. Les divergents qui sont si souvent les inventifs et les créateurs ne doivent plus être sacrifiés ; il ne faut plus qu'il soit considéré comme honteux de s'écarter de la morale, en actions et en pensées ; il faut que l'on fasse de nombreuses tentatives nouvelles d'existence et de communauté ; il faut qu'un poids énorme de mauvaise conscience soit supprimé du monde, – il faut que ces buts généraux soient reconnus et encouragés par tous les gens loyaux qui cherchent la vérité !
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