Différences entre les versions de « Diloy le chemineau »

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[[Catégorie :XIXe siècle|Diloy le chemineau|Diloy le chemineau]]
 
 
{{TextQuality|100%}}===I - Félicie===
 
{{sc|Madame d’Orvillet}}. —
Félicie continua à dire des impertinences à sa bonne, qui ne lui répondit plus et ne l’écouta pas. Après deux grandes heures d’ennui et de bâillements, elle entendit enfin la voix de sa maman qui entrait, et courut au-devant d’elle.
 
{{TextQuality|100%}}===II - La Visite aux Germain===
 
{{sc|Madame d’Orvillet}}. —
C’est égal, je m’en plaindrai tout de même à sa mère. Son cœur n’en deviendra peut-être pas meilleur, mais elle n’osera toujours pas recommencer. »
 
{{TextQuality|100%}}===III - Le Chemineau===
 
Félicie avait mangé ses cerises ; elle appela sa bonne.
Ils arrivèrent enfin ; Mme d’Orvillet gronda un peu, parce qu’on était en effet en retard d’une demi-heure. Personne ne dit rien ; la bonne ne parla pas de ce qui s’était passé chez les Germain, ni de l’escapade de Félicie.
 
{{TextQuality|100%}}===IV - Le Chemineau s’explique===
 
Trois jours après on alla en promenade du côté de Castelsot ; Mme d’Orvillet n’y avait pas été le jour de la visite de Germain ; à moitié chemin on rencontra M. et Mme de Castelsot avec leurs enfants.
Mais, pendant la promenade du retour, Laurent et Anne en parlèrent beaucoup.
 
{{TextQuality|100%}}===V - Le Chemineau et l’ours===
 
« Maman, ne trouvez-vous pas, dit Laurent, que ce pauvre chemineau est très bon, très honnête ? Moi je l’aime beaucoup.
Le chemineau bénit Dieu de sa journée ; sa femme pleura de joie ; ses enfants pleurèrent de lui voir du sang ; le calme se rétablit ; le chemineau raconta ses aventures, sauf la rencontre de la petite demoiselle battue, et ils passèrent une heureuse nuit.
 
{{TextQuality|100%}}===VI - Récit des enfants à leur bonne===
 
Quand les enfants furent rentrés, Laurent et Anne coururent chez leur bonne.
Félicie devint rouge comme une cerise. Elle n’osa plus dire un mot, et sa mère lui répéta l’ordre de l’accompagner le lendemain dans sa visite.
 
{{TextQuality|100%}}===VII - Mystère dévoilé et rencontre imprévue===
 
Le lendemain, en effet, on s’apprêtait à partir ; Félicie, désolée, avait encore supplié sa mère de la laisser à la maison ; Mme d’Orvillet, qui pensait que c’était l’orgueil qui poussait Félicie à refuser sa visite à un pauvre chemineau, ne voulut pas céder à ce mauvais sentiment et lui ordonna de se taire et d’aller mettre son chapeau.
Et il s’en alla en riant.
 
{{TextQuality|100%}}===VIII - Le bon oncle d’Alban===
 
Félicie, humiliée de l’algarade de son oncle, resta immobile. Clodoald et Cunégonde étaient d’autant plus irrités qu’ils n’avaient osé riposter à un homme d’un grade et d’un rang aussi élevés. Ils restèrent donc silencieux tous les trois jusqu’à ce que M. d’Alban se fût éloigné. Quand ils se crurent en sûreté, Clodoald dit à voix basse :
Les enfants embrassèrent leur oncle avec des cris de joie, et, tout occupés de leurs paquets, ils oublièrent sa commission. Mais l’oncle, se doutant de l’oubli, appela lui-même son valet de chambre, et en une demi-heure tout fut mis en place.
 
{{TextQuality|100%}}===IX - Invitation de Robillard===
 
À peine avait-il fini, que Mme d’Orvillet, avertie de l’arrivée de son frère, entra chez lui et se jeta à son cou.
Amanda a toujours été impérieuse. Elle va s’en donner avec son pauvre Moutonet. »
 
{{TextQuality|100%}}===X - Embarras de Félicie===
 
Quand on retourna dans le salon pour dîner, les enfants apprirent avec des transports de joie qu’ils étaient invités à la noce de Moutonet et d’Amanda. Félicie seule n’en témoigna aucune satisfaction.
Félicie baissa les yeux ; tout le monde se remit en marche.
 
{{TextQuality|100%}}===XI - La Mairie et le repas de noce.===
 
Quand ils arrivèrent, le cortège de la noce débouchait sur la route par couples. Amanda seule n’avait pas d’homme pour lui donner le bras. Moutonet se précipita à son poste près de sa fiancée, et, après les saluts, les compliments d’usage, on se dirigea vers la mairie.
Félicie et ses deux amis triomphaient. La mère Robillard attacha au service de leur table un des jeunes Moutonet (car ils étaient cinq frères, tous de la pure race des {{sc|Mouton}} ; le langage incorrect des villageois, et un peu de malice peut-être avaient fait dégénérer les ''Mouton'' en ''Moutonet''). Ce jeune Moutonet, le plus jeune des frères et l’aîné de cinq sœurs, avait quinze ans, c’est-à-dire qu’il avait sept ans de moins que son frère Simplice-Parfait-Fortuné, le nouveau marié. Il n’avait pas osé refuser l’honneur de servir les seigneurs de Castelsot, mais son attitude témoignait de ses regrets ; sans cesse il tournait la tête et souriait d’un air d’envie en regardant les malices innocentes des jeunes gens qui servaient sous les ordres de Moutonet (Simplice-Parfait-Fortuné) ; les vengeances des jeunes convives, les poussades, les rires, les tours, les maladresses, tout enfin ce qui compose la gaieté d’une noce.
 
{{TextQuality|100%}}===XII - Le chemineau et le général en présence===
 
Tout en mangeant, Félicie et ses amis continuaient leurs plaisanteries moqueuses, leurs observations méchantes sur les personnes présentes, sans même épargner le marié et sa famille.
Au commencement, le chemineau fut un peu confus de l’honneur qu’on lui faisait, mais il ne tarda pas à se remettre et il se mit à manger de bon appétit et à boire en homme altéré.
 
{{TextQuality|100%}}===XIII - Impertinence de Félicie===
 
Il y avait deux heures qu’on était à table ; les enfants n’avaient plus faim, ils étaient fatigués de rester assis ; la mère Robillard les fit sortir et les mena à la table où était préparé le dessert réservé pour les enfants du château. Là ils recommencèrent à manger gâteaux, noisettes, fruits, macarons, sucre d’orge et autres gourmandises toujours fort appréciées des enfants ; le petit Germain avait bien envie d’approcher, mais il n’osait pas.
Avec plaisir, mam’selle, et je m’en vas raconter à toute la noce les gentillesses que vous nous dites et que vous nous faites.
 
{{TextQuality|100%}}===XIV - Félicie se radoucit===
 
Amanda s’était retirée ; elle tint fidèlement sa promesse ; elle alla de groupe en groupe, de garçon en garçon ; chacun se retournait et regardait Félicie d’un air narquois ; les danses continuèrent sans que personne s’approchât d’elle.
La voiture s’éloigna. Quand on arriva, Anne dormait si profondément que sa bonne la prit, la déshabilla, la coucha sans qu’elle ouvrît les yeux. Laurent ne dormait qu’à moitié, il y voyait encore un peu ; sa maman l’aida à se déshabiller, à faire une très courte prière et à se coucher.
 
{{TextQuality|100%}}===XV - Conversations utiles===
 
Félicie était restée dans le salon avec son oncle ; il s’assit, lui prit la main, la fit asseoir près de lui.
Tout fut préparé pour la pêche du lendemain ; l’étang se trouvait à quelques centaines de pas du château. Les enfants furent très joyeux de cette bonne pensée de leur oncle et de l’arrivée de leurs cousines Gertrude et Juliette qu’on leur annonça pour le lendemain.
 
{{TextQuality|100%}}===XVI - Arrivée de Gertrude===
 
Félicie n’était pas très contente de l’arrivée de Gertrude, dont la simplicité, la bonté, la douceur contrastaient avec sa hauteur et ses habitudes impérieuses. Laurent et Anne étaient très heureux de revoir leurs cousines, Juliette surtout, qui n’avait que huit ans et qui serait leur compagne de jeux.
Ah oui ! l’exactitude militaire. »
 
{{TextQuality|100%}}===XVII - Gertrude est charmante===
 
On fit tellement honneur au déjeuner, que Mme d’Orvillet s’excusa en riant de n’avoir pas commandé pour quinze au lieu de huit.
Gertrude ne demanda plus en quoi sa tante avait raison ; elle devinait et rougissait, ne croyant pas mériter ces éloges.
 
{{TextQuality|100%}}===XVIII - Encore le chemineau sauveur===
 
Pendant que M. d’Alban causait avec sa nièce, Diloy était arrivé à l’étang ; il dit à Mme d’Orvillet que c’était par ordre de M. d’Alban qu’il venait offrir ses services ; les deux petits le reçurent avec joie.
Diloy suivit M. d’Alban, qui donna ordre à son valet de chambre de prévenir sa sœur qu’il l’attendait ; elle ne tarda pas à venir, et ils commencèrent leur conférence.
 
{{TextQuality|100%}}===XIX - Beau projet détruit par Félicie===
 
{{sc|Le général}}. —
Félicie sortit avec Gertrude.
 
{{TextQuality|100%}}===XX - Félicie raccommode ce qu’elle a brisé===
 
{{sc|Gertrude}}. —
 
 
{{TextQuality|100%}}===XXII - Félicie s’exécute elle-même===
 
Diloy fut exact ; au bout d’un quart d’heure, le général le vit arriver, prêt à accepter toutes les conditions de Mme d’Orvillet ; l’affaire fut bientôt conclue ; Diloy promit d’entrer dans trois jours avec sa femme et ses enfants. Mme d’Orvillet prévint son vieux jardinier de déménager avec sa femme dans la maison qu’elle leur permettait d’occuper leur vie durant et qui était prête à les recevoir ; ils devaient avoir une rente suffisante pour vivre sans travailler, ce qui, joint à leurs économies, leur donnait une position très aisée.
Mme d’Orvillet donna ses ordres à la cuisine pour que le déjeuner des gens fût servi en même temps que celui des maîtres. Il fut convenu que tous les plats seraient posés d’avance sur la table, et que les enfants feraient le service des assiettes et des couverts. Les enfants couraient, allaient, venaient, se démenaient.
 
{{TextQuality|100%}}===XXIII - Le déménagement <br> Les Marcotte se querellent===
 
Enfin, la cloche sonna ; les trois petits avaient demandé instamment à attendre l’arme au bras, c’est-à-dire la serviette sous le bras, l’assiette à la main. Ils étaient postés à la porte d’entrée, quand Mme d’Orvillet, M. d’Alban donnant le bras à Mme de Saintluc, Gertrude et Félicie firent leur entrée dans la salle à manger.
Dans un autre panier elles mirent les vêtements de la mère Marcotte. Les deux vieux regardaient avec admiration l’ordre et la promptitude que mettait Gertrude, seule d’abord, ensuite aidée de Félicie, à tout ranger sans rien chiffonner, rien abîmer. Les petits présentaient les objets à serrer, apportaient de la ficelle, du papier, etc.
 
{{TextQuality|100%}}===XXIV - Félicie reprend ses grands airs===
 
Après une heure de travail, pendant laquelle les trois petits s’étaient beaucoup amusés et Félicie s’était trouvée satisfaite, le général et ces dames, suivis de tous les domestiques de la maison, firent leur entrée dans le potager, et, un moment après, tout était plein de mouvement et de bruit. Le général donnait des ordres aux domestiques ; les enfants regardaient, croyaient aider, sautaient sur les meubles, grimpaient sur la charrette, faisaient des petits paquets, se poussaient, se bousculaient et s’amusaient comme des rois. Quand le chargement de la charrette fut terminé, tout le monde accompagna cette première partie du mobilier et voulut aider au déchargement. Le général dut arrêter ce trop grand zèle ; il garda le monde nécessaire pour monter les lits, les armoires, et renvoya la charrette pour faire un second chargement. Les enfants et la bonne y montèrent ; Laurent prit le fouet et les guides, et on se dirigea lentement vers le jardin.
Viens avec moi, ma petite Gertrude ; tu nous aideras et tu empêcheras ces Marcotte de se quereller ; ils ne font pas autre chose depuis qu’ils sont là-bas. »
 
{{TextQuality|100%}}===XXV - Gertrude remet la paix chez les Marcotte===
 
Gertrude prit le bras que lui offrait son oncle, et ils se dirigèrent vers la maisonnette des vieux jardiniers. La charrette portant sa dernière charge, augmentée des trois enfants et de la bonne, les rattrapa près de la maison.
– Certainement ; je ne retournerai pas en Afrique sans vous avoir fait une visite. »
 
{{TextQuality|100%}}===XXVI - Installation des Diloy===
 
Une demi-journée avait suffi aux maçons pour blanchir à la chaux les plafonds et les murs de la future habitation des Diloy ; tout y était blanc et propre ; dans l’après-midi, tout le monde se mit à l’ouvrage pour y placer le mobilier. Félicie voulut bien y aider avec les autres ; elle chercha même à embellir en demandant à sa mère de petits rideaux pour les croisées et différents objets de ménage.
Félicie et Gertrude se retirèrent ; Gertrude avait compris que les Diloy préféraient rester seuls au milieu de cette émotion si vive ; elles appelèrent les enfants et eurent de la peine à leur faire quitter les quatre petits Diloy.
 
{{TextQuality|100%}}===XXVII - Enthousiasme du général===
 
Quand ils furent sortis du potager, les petits coururent prévenir Mme d’Orvillet et M. d’Alban de l’arrivée des Diloy. Gertrude et Félicie restèrent encore quelque temps dehors.
Tu feras bien, car le vieux Marcotte ne faisait plus grand-chose ; le jardin a été bien négligé, et il y a beaucoup à faire. Le garçon jardinier est un bon travailleur, mais il n’entend rien aux ensemencements, aux arbres fruitiers et aux fleurs. »
 
{{TextQuality|100%}}===XXVIII - Le Général proclamé fameux lapin===
 
Au bout de quelques jours le jardin fut nettoyé, débarrassé des mauvaises herbes ; il avait déjà pris un aspect tout différent. La femme et les enfants Diloy aidaient tant qu’ils pouvaient ; mais Gustave et Marie, les deux aînés, étaient souvent dérangés par Juliette, Laurent et Anne, qui avaient aussi besoin d’ouvriers pour mettre leur jardin en état. Ils invitaient souvent leur oncle à venir voir leurs belles fleurs et leurs légumes.
L’heure des leçons était arrivée ; quand ils retournèrent à leur jardin, ils firent des cris de joie en voyant leur fossé plein d’eau et deux petits ponts que Diloy venait de leur établir.
 
{{TextQuality|100%}}===XXIX - Le Général se loge et s’établit===
 
Les jours, les semaines se passèrent ainsi, tranquilles et heureux. Le caractère de Félicie, quoique amélioré, grâce à l’influence de Gertrude, apportait seul quelque trouble dans les parties de plaisir et les occupations quotidiennes des enfants ; les rechutes étaient fréquentes et graves parfois ; la bonne Gertrude ne se décourageait pas.
« Ma bonne chère tante, il y a longtemps que je prie le bon Dieu de vous accorder ce bonheur. Mon oncle est si bon ! Et il vous aimera tant, que vous n’aurez plus rien à désirer. »
 
{{TextQuality|100%}}===XXX - Tout est fini ; n’en parlons plus===
 
Tout le monde se trouvant satisfait, on hâta les préparatifs du mariage. Le général alla avec Mme de Saintluc voir une dernière fois le château des Castelsot en compagnie de ses sœurs, beaux-frères, nièces et neveu.
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