Différences entre les versions de « Diloy le chemineau »

L’heure des leçons était arrivée ; quand ils retournèrent à leur jardin, ils firent des cris de joie en voyant leur fossé plein d’eau et deux petits ponts que Diloy venait de leur établir.
 
{{TextQuality|100%}}===XXIX - Le Général se loge et s’établit===
 
Les jours, les semaines se passèrent ainsi, tranquilles et heureux. Le caractère de Félicie, quoique amélioré, grâce à l’influence de Gertrude, apportait seul quelque trouble dans les parties de plaisir et les occupations quotidiennes des enfants ; les rechutes étaient fréquentes et graves parfois ; la bonne Gertrude ne se décourageait pas.
– Comment, chez toi ! lui répondit sa sœur Amélie. Tu n’as de chez toi qu’en Afrique ?
 
{{sc|Le général}}. —
LE GÉNÉRAL<BR>
C’est ce que nous verrons avant quinze jours, répondit le général en souriant.
 
– Que veut-il dire ? demanda Mme de Soubise à Mme d’Orvillet quand elles furent seules.
 
{{sc|Madame d’Orvillet}}. —
MADAME D’ORVILLET<BR>
Je crois que je devine. Les Castelsot ont quitté le pays ; leur aventure s’était répandue ; on les montrait au doigt et on ne les appelait plus que M. et Mme Futé. Leur propriété est en vente ; je crois qu’Albert va l’acheter.
 
{{sc|Madame de Soubise}}. —
MADAME DE SOUBISE<BR>
Et que fera-t-il donc tout seul dans ce grand château ?
 
MADAME{{sc|Madame D’ORVILLETd’Orvillet}}, ''souriant''<BR>. —
Il compte bien ne pas y être seul. Je crois encore qu’il pourrait bien se marier.
 
{{sc|Madame de Soubise}}. —
MADAME DE SOUBISE<BR>
Se marier ! Avec qui donc ? Je ne vois personne à marier dans le voisinage, que cette sotte et riche veuve, Mme {{sc|Chipe de Vieux}}.
 
{{sc|Madame d’Orvillet}}. —
MADAME D’ORVILLET<BR>
Oh non ! Il a meilleur goût que cela. Comment, tu n’as rien remarqué ? rien deviné ?
 
{{sc|Madame de Soubise}}. —
MADAME DE SOUBISE<BR>
Rien du tout. Il ne nous quitte pas ; il ne vit que pour nous et pour nos enfants. Il est admirable pour Gertrude.
 
{{sc|Madame d’Orvillet}}. —
MADAME D’ORVILLET<BR>
Et puis encore ?
 
{{sc|Madame de Soubise}}. —
MADAME DE SOUBISE<BR>
Voilà tout. Mais dis-moi donc ce que c’est, qui c’est.
 
{{sc|Madame d’Orvillet}}. —
MADAME D’ORVILLET<BR>
Tu n’as pas remarqué comme il est aimable pour ta belle-sœur Pauline ? avec quel enthousiasme il en parle ? avec quel empressement il la recherche ? comme ils sont toujours ensemble ?
 
{{sc|Madame de Soubise}}. —
MADAME DE SOUBISE<BR>
C’est vrai ! Tu as raison ! Je le vois, maintenant que tu me le dis ; et bien des fois je me suis réjouie qu’Albert témoignât tant d’amitié à Pauline, que j’aime de tout mon cœur ; elle est aussi bonne et aimable que charmante ; elle mène une vie bien isolée, bien triste : ni père, ni mère, ni mari, ni enfants. Je serai enchantée qu’elle devînt la femme d’Albert ; et mon*** mari en sera bien heureux ; il aime tant sa pauvre sœur et Albert !
 
{{sc|Madame d’Orvillet}}. —
MADAME D’ORVILLET<BR>
Je te dirai même que Pauline m’en a parlé, et qu’elle s’attend à une demande en règle très prochainement. »
 
« Chère madame, lui dit-il, me permettez-vous de vous parler très franchement ?
 
{{sc|Madame de Saintluc}}. —
MADAME DE SAINTLUC<BR>
Très volontiers ; vous savez que*** ce que j’aime particulièrement en vous, c’est votre grande franchise.
 
{{sc|Le général}}. —
LE GÉNÉRAL<BR>
Je vais donc vous dire franchement que je veux acheter la terre des Castelsot. Qu’en dites-vous ?
 
{{sc|Madame de Saintluc}}. —
MADAME DE SAINTLUC<BR>
Vous ferez très bien ; c’est une belle et jolie propriété.
 
{{sc|Le général}}. —
LE GÉNÉRAL<BR>
Mais quand je l’aurai, je m’y ennuierai beaucoup tout seul.
 
{{sc|Madame de Saintluc}}. —
MADAME DE SAINTLUC<BR>
Je le crois sans peine ; vous aimez trop votre famille pour vivre en ermite.
 
{{sc|Le général}}. —
LE GÉNÉRAL<BR>
Mais si je me mariais, je ne serais plus seul, et nous vivrions près d’Hélène.
 
{{sc|Madame de Saintluc}}. —
MADAME DE SAINTLUC<BR>
Vous dites ''nous'' ? Qui fera le ''nous'' ?
 
{{sc|Le général}}. —
LE GÉNÉRAL<BR>
Celle que j’épouserais et que j’aimerais de tout mon cœur.
 
{{sc|Madame de Saintluc}}. —
MADAME DE SAINTLUC<BR>
Et qui se trouverait très heureuse de contribuer à votre bonheur.
 
{{sc|Le général}}. —
LE GÉNÉRAL<BR>
Vous croyez ?
 
{{sc|Madame de Saintluc}}. —
MADAME DE SAINTLUC<BR>
J’en suis sûre.
 
{{sc|Le général}}. —
LE GÉNÉRAL<BR>
Vous m’avez donc compris ?
 
MADAME{{sc|Madame DEde SAINTLUCSaintluc}}, ''souriant''<BR>. —
Parfaitement ; la chose est trop claire pour que je puisse ne pas comprendre.
 
{{sc|Le général}}. —
LE GÉNÉRAL<BR>
Alors vous voulez bien habiter Castelsot ?
 
{{sc|Madame de Saintluc}}. —
MADAME DE SAINTLUC<BR>
Avec vous, oui.
 
LE{{sc|Le GÉNÉRALgénéral}}, ''lui baisant la main''<BR>. —
Ma chère Pauline ! ma bonne Pauline ! Je serai donc heureux à mon tour ! Vous n’aurez pas peur de mes vivacités ?
 
{{sc|Madame de Saintluc}}. —
MADAME DE SAINTLUC<BR>
Oh non ! Elles sont toujours aimables ; et vous les réparez si bien !…
 
{{sc|Le général}}. —
LE GÉNÉRAL<BR>
Mes quarante ans ne vous effrayent pas ?
 
{{sc|Madame de Saintluc}}. —
MADAME DE SAINTLUC<BR>
Non, puisque j’en ai vingt-sept.
 
{{sc|Le général}}. —
LE GÉNÉRAL<BR>
Vous ne craindrez pas de me suivre en Algérie ?
 
{{sc|Madame de Saintluc}}. —
MADAME DE SAINTLUC<BR>
Je vous suivrai partout avec plaisir.
 
{{sc|Le général}}. —
LE GÉNÉRAL<BR>
C’est donc une chose convenue ?
 
{{sc|Madame de Saintluc}}. —
MADAME DE SAINTLUC<BR>
Mais il me semble que la chose est bien décidée.
 
{{sc|Le général}}. —
LE GÉNÉRAL<BR>
Merci, chère amie, merci, dit le général en lui baisant encore la main. Vous me permettez de l’annoncer à mes sœurs et à ma chère petite Gertrude ? Si vous vouliez venir aussi ?
 
{{sc|Madame de Saintluc}}. —
MADAME DE SAINTLUC<BR>
Je vais y aller avec vous ; ce sera mon premier acte d’obéissance. »
 
Le général offrit son bras à Mme de Saintluc : ils entrèrent en riant chez Mme d’Orvillet. Mme de Soubise y était encore.
 
{{sc|Le général}}. —
LE GÉNÉRAL<BR>
Nous venons vous annoncer une nouvelle, une bonne nouvelle, mes chères amies. Je vous présente ma femme.
 
– Cher Albert, comme tu fais bien ! lui dit Mme d’Orvillet en l’embrassant à son tour.
 
{{sc|Le général}}. —
LE GÉNÉRAL<BR>
Appelle Gertrude, Amélie, que je lui annonce tout de suite mon heureux mariage. Mais ne lui dis rien.
 
{{sc|Amélie}}. —
AMÉLIE<BR>
Sois tranquille ; tu seras le premier à le lui apprendre. »
 
 
« Ma bonne chère tante, il y a longtemps que je prie le bon Dieu de vous accorder ce bonheur. Mon oncle est si bon ! Et il vous aimera tant, que vous n’aurez plus rien à désirer. »
 
 
===XXX - Tout est fini ; n’en parlons plus===
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