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à la jeune fille qui vivait auprès de lui, à demi pupille
de ses tantes, à demi femme de chambre, à cette souple,
légère, Katucha, avec ses yeux noirs. ElevéÉlevé sous l’aile
de sa mère, il gardait encore, à dix-neuf ans, l’innocente
ingénuité d’un enfant. Il ne rêvait des femmes qu’au
l’herbe avait été récemment fauchée. Katucha fut invitée à prendre part au jeu, et un moment arriva où
Nekhludov eut à courir avec elle. Elle était charmante,
et, comme tout le monde, il avait plaisir aà la voir ; mais
l’idée ne lui venait pas qu'entre elle et lui pût s’établir
aucune relation plus intime.
la règle du jeu : et c`était le jeune peintre qui devait
essayer de les rattraper. « Oh ! pensa celui-ci, j’aurai de
la peine à rejoindre ces deux-là ! » Il courait cependant
fort bien, sur ses jambes de moujik, courtes et un peu
tordues, mais solidement musclées.
 
—— Une ! Deux ! Trois ! — Il donna le signal en frappant
trois fois ses mains l'une contre l’autre. Katucha, souriante, se rapprocha de Nekhludov, lui prit la main,
d`und’un robuste mouvement de sa petite main, et s’élança
légèrement sur la gauche ; on entendait le froufrou de
son jupon empesé.
 
NckhludovNekhludov, lui aussi, était bon coureur. Et comme il
tenait, lui aussi, à ne pas se laisser attraper par le
peintre, il eut vite fait de devancer Katucha et de se
trouver au bout du pré. Arrivé là, il se retourna et vit
que le peintre poursuivait Katucha ; mais elle, jouant
des jambes, lui échappait et s'éloignait toujours davantage vers la gauche. Il y avait là un bouquet de sureau
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