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nourriture aqueuse, consommée abondamment par les vaches. En effet, même après la saison des herbages, on donne à ces animaux des betteraves ou leur pulpe provenant des fabriques de sucre indigène, des pommes-de-terre ou les marcs de ces tubercules dans les féculeries. Les excrémens contiennent par suite une grande proportion d’eau qui les distend et les rend plus spongieux, plus capables de retenir l’humidité ambiante et d’entretenir ainsi la ''fraîcheur'' près des racines.
nourriture aqueuse, consommée abondamment
 
par les vaches. En effet, même après la
 
saison des herbages, on donne à ces animaux
 
des betteraves ou leur pulpe provenant des fabriques
 
de sucre indigène, des pommes-de-terre
 
ou les marcs de ces tubercules dans les
 
féculeries. Les excrémens contiennent par
 
suite une grande proportion d’eau qui les distend
 
et les rend plus spongieux, plus capables
 
de retenir l’humidité ambiante et d’entretenir
 
ainsi la ''fraîcheur'' près des racines.
 
   
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La plupart des autres fumiers résultant d’une alimentation en fourrages ou grains secs, et notamment ceux des chevaux, poules, dindons, etc, sont considérés comme ''fumiers chauds'' : ils se dessèchent plus rapidement et absorbent moins d’eau sous les mêmes influences atmosphériques que les fumiers frais.
La plupart des autres fumiers résultant
 
d’une alimentation en fourrages ou grains
 
secs, et notamment ceux des chevaux, poules,
 
dindons, etc, sont considérés comme ''fumiers chauds'' : ils se dessèchent plus rapidement et
 
absorbent moins d’eau sous les mêmes influences
 
atmosphériques que les fumiers frais.
 
   
Il est facile de comprendre que les fumiers
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Il est facile de comprendre que les fumiers chauds conviennent mieux aux terres ''humides et froides'', et que les fumiers frais sont préférables pour les sols ''secs, sableux'' et ''chauds''.
chauds conviennent mieux aux terres ''humides et froides'', et que les fumiers frais sont préférables
 
pour les sols ''secs, sableux'' et ''chauds''.
 
   
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Comme ''engrais'', ils peuvent d’ailleurs, les uns et les autres, être utilisés dans tous les sols, sauf l’addition préalable des ''amendemens'' spéciaux. Ils se trouvent souvent mélangés en proportions variables, et les moyens de les conserver et d’en faire usage sont les mêmes.
Comme ''engrais'', ils peuvent d’ailleurs, les
 
uns et les autres, être utilisés dans tous les
 
sols, sauf l’addition préalable des ''amendemens''
 
spéciaux. Ils se trouvent souvent mélangés en
 
proportions variables, et les moyens
 
de les conserver et d’en faire usage sont les mêmes.
 
   
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On peut encore diviser les fumiers en deux espèces très-distinctes et dont les usages ne sont pas les mêmes : les ''fumiers longs'', qui n’ont éprouvé qu’un léger commencement de fermentation, qui occupent beaucoup d’espace, font beaucoup de volume et durent long-temps ; les ''fumiers courts'' ou ''gras'', dont la décomposition est très-avancée, qui sont très-lourds, se coupent souvent à la bêche, et dont l’action est instantanée, mais de peu de durée. Les premiers conviennent particulièrement aux terres grasses, tenaces, argileuses et froides ; les seconds, aux sols maigres, légers, sablonneux, chauds ; pour obtenir ceux-ci, il a fallu que les pailles éprouvassent dans la fosse une décomposition presque complète, et en arrivant à cet état, l’engrais a perdu une grande partie de ses gaz nourriciers ; afin d’en tirer des résultats prompts et plus grands, on renonce à des effets durables, et on sacrifie une grande partie des sucs que la lente décomposition des fumiers longs dans le sol lui-même, y dépose successivement au profit de plusieurs récoltes. En résumé, et c’est l’avis des plus savans auteurs de ''chimie agricole'', l’emploi des fumiers longs est en général préférable ; mais, pour qu’il soit adopté dans tous les cas où le fumier est acheté, il faudrait que la fourniture en fût faite au poids et non à la mesure.
On peut encore diviser les fumiers en deux
 
espèces très-distinctes et dont les usages ne
 
sont pas les mêmes : les ''fumiers longs'', qui
 
n’ont éprouvé qu’un léger commencement
 
de fermentation, qui occupent beaucoup d’espace,
 
font beaucoup de volume et durent
 
long-temps ; les ''fumiers courts'' ou ''gras'', dont
 
la décomposition est très-avancée, qui sont
 
très-lourds, se coupent souvent à la bêche,
 
et dont l’action est instantanée, mais de peu
 
de durée. Les premiers conviennent particulièrement
 
aux terres grasses, tenaces, argileuses
 
et froides ; les seconds, aux sols maigres,
 
légers, sablonneux, chauds ; pour obtenir
 
ceux-ci, il a fallu que les pailles éprouvassent
 
dans la fosse une décomposition presque
 
complète, et en arrivant à cet état, l’engrais
 
a perdu une grande partie de ses gaz nourriciers ;
 
afin d’en tirer des résultats prompts et
 
plus grands, on renonce à des effets durables,
 
et on sacrifie une grande partie des sucs que
 
la lente décomposition des fumiers longs dans
 
le sol lui-même, y dépose successivement au
 
profit de plusieurs récoltes. En résumé, et
 
c’est l’avis des plus savans auteurs de ''chimie agricole'', l’emploi des fumiers longs est en
 
général préférable ; mais, pour qu’il soit
 
adopté dans tous les cas où le fumier est
 
acheté, il faudrait que la fourniture en fût
 
faite au poids et non à la mesure.
 
   
''Récolte et conservation des fumiers des étables''. — En général, les fumiers d’étable
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''Récolte et conservation des fumiers des étables''. — En général, les fumiers d’étable sont ''réunis au milieu de la cour de la ferme'', enceinte par les bâtimens d’habitation, les granges et les écuries, et quelquefois ombragée par des ormes élevés ou des mûriers qui maintiennent une température uniforme, et retardent la dessiccation et l’évaporation du fumier.
sont ''réunis au milieu de la cour de la ferme'',
 
enceinte par les bâtimens d’habitation, les
 
granges et les écuries, et quelquefois ombragée
 
par des ormes élevés ou des mûriers qui
 
maintiennent une température uniforme, et
 
retardent la dessiccation et l’évaporation du fumier.
 
   
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Cette cour est creuse, l’eau des toits s’y réunit, et le fumier est constamment mouillé. Il est bien que l’eau qui le baigne ne puisse s’en échapper, le fumier étant dans un fond de terre alumineuse ou garni d’une couche de glaise qui empêche les infiltrations et la perle des substances organiques solubles.
Cette cour est creuse, l’eau des toits s’y
 
réunit, et le fumier est constamment mouillé.
 
Il est bien que l’eau qui le baigne ne puisse
 
s’en échapper, le fumier étant dans un fond
 
de terre alumineuse ou garni d’une couche
 
de glaise qui empêche les infiltrations et la
 
perle des substances organiques solubles.
 
   
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Le fumier est ainsi tenu à l’ombre la plus grande partie de la journée, toujours humide, sans être lavé dans les temps de pluie, mais, du reste, il est jeté sans soin : les bestiaux qui le piétinent, les poules et les pigeons qui le grattent, occasionent une plus forte déperdition en multipliant les surfaces en contact avec l’air et suspendant la macération.
Le fumier est ainsi tenu à l’ombre la plus
 
grande partie de la journée, toujours humide,
 
sans être lavé dans les temps de pluie, mais,
 
du reste, il est jeté sans soin : les bestiaux qui
 
le piétinent, les poules et les pigeons qui le
 
grattent, occasionent une plus forte déperdition
 
en multipliant les surfaces en contact
 
avec l’air et suspendant la macération.
 
   
Sous le point de vue de la salubrité, ''cette pratique parait essentiellement vicieuse''. L’eau
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Sous le point de vue de la salubrité, ''cette pratique parait essentiellement vicieuse''. L’eau du fumier arrive souvent jusqu’aux portes de l’habitation et des écuries ; elle attire, en été, un grand nombre d’insectes qui tourmentent les bestiaux ; l’atmosphère est humide et remplie de gaz malfaisans ou du moins fort incommodes, qui s’en dégagent, quelque lente que soit la putréfaction.
du fumier arrive souvent jusqu’aux portes
 
de l’habitation et des écuries ; elle attire, en
 
été, un grand nombre d’insectes qui tourmentent
 
les bestiaux ; l’atmosphère est humide
 
et remplie de gaz malfaisans ou du
 
moins fort incommodes, qui s’en dégagent,
 
quelque lente que soit la putréfaction.
 
   
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Afin d’éviter les inconvéniens précités, il faudrait ''creuser derrière les écuries de chaque ferme'' de larges fosses, à l’ombre et au nord, où ils seraient rangés avec soin et tenus en contact avec les liquides écoulés des étables et même les urines des habitans.
Afin d’éviter les inconvéniens précités, il
 
faudrait ''creuser derrière les écuries de chaque ferme'' de larges fosses, à l’ombre et au nord,
 
où ils seraient rangés avec soin et tenus en
 
contact avec les liquides écoulés des étables
 
et même les urines des habitans.
 
   
Alors on pourrait même ''séparer en des cases'' particulières les fumiers frais et les fumiers
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Alors on pourrait même ''séparer en des cases'' particulières les fumiers frais et les fumiers chauds, ou même ceux de porc, de vache ou de bœuf, de cheval, de moutons, etc., et ne plus les confondre, comme la plupart des cultivateurs en ont à tort l’habitude.
chauds, ou même ceux de porc, de vache
 
ou de bœuf, de cheval, de moutons, etc.,
 
et ne plus les confondre, comme la plupart
 
des cultivateurs en ont à tort l’habitude.
 
   
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Cette ''séparation des fumiers'' est au reste moins nécessaire dans certaines localités où, comme en Flandre, les chevaux et les vaches ont la même nourriture la plus grande partie de l’année, c’est-à-dire du trèfle et de l’orge en vert en été, et en hiver de la paille hachée, de la drêche ou résidu lavé de l’orge et autres céréales germées des brasseries. Il résulte de ce système de nourriture des bestiaux, que le fumier de vache est moins ''frais'', et celui des chevaux moins ''chaud'' que dans les pays où la nourriture des vaches et des chevaux est très-différente.
Cette ''séparation des fumiers'' est au reste
 
moins nécessaire dans certaines localités où,
 
comme en Flandre, les chevaux et les vaches
 
ont la même nourriture la plus grande partie
 
de l’année, c’est-à-dire du trèfle et de
 
l’orge en vert en été, et en hiver de la paille
 
hachée, de la drêche ou résidu lavé de l’orge
 
et autres céréales germées des brasseries. Il
 
résulte de ce système de nourriture des bestiaux,
 
que le fumier de vache est moins ''frais'',
 
et celui des chevaux moins ''chaud'' que dans
 
les pays où la nourriture des vaches et des
 
chevaux est très-différente.
 
   
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Cependant, en général les déjections animales, mêlées aux litières et aux débris de la nourriture des bestiaux, ou les fumiers de basse-cour, ont des propriétés différentes : ''le fumier de porc'' est le moins chaud et le moins concentré ; vient ensuite celui ''des vaches'' et ''des bœufs'' : il convient donc de les employer spécialement dans les sols maigres, légers et secs. Le degré de force des fumiers place ensuite celui composé des déjections ''des chevaux'', puis celui ''des moutons'', et enfin des volailles et colombiers, dont nous parlerons tout-à-l’heure.
Cependant, en général les déjections animales,
 
mêlées aux litières et aux débris de
 
la nourriture des bestiaux, ou les fumiers de
 
basse-cour, ont des propriétés différentes :
 
''le fumier de porc'' est le moins chaud et le moins
 
concentré ; vient ensuite celui ''des vaches'' et
 
''des bœufs'' : il convient donc de les employer
 
spécialement dans les sols maigres, légers et
 
secs. Le degré de force des fumiers place ensuite
 
celui composé des déjections ''des chevaux'',
 
puis celui ''des moutons'', et enfin des volailles
 
et colombiers, dont nous parlerons
 
tout-à-l’heure.
 
   
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Le ''mode le plus général d’emploi des fumiers'' consiste à les porter sur les champs à l’aide de voitures. Celles-ci sont vidées en 4 ou 6 tas, que des hommes étalent ensuite à la fourche en une couche continue et régulière ; un labour sert ensuite à recouvrir le fumier de terre, puis le rouleau et la herse à diviser celle-ci convenablement.
Le ''mode le plus général d’emploi des fumiers''
 
consiste à les porter sur les champs à l’aide de
 
voitures. Celles-ci sont vidées en 4 ou 6 tas,
 
que des hommes étalent ensuite à la fourche
 
en une couche continue et régulière ; un labour sert ensuite à recouvrir le fumier de
 
terre, puis le rouleau et la herse à diviser
 
celle-ci convenablement.
 
   
En Flandre, ''les fumiers ne sont conduits sur les champs'' que le jour même où la terre
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En Flandre, ''les fumiers ne sont conduits sur les champs'' que le jour même où la terre est labourée ; ainsi, en un jour, on transporte le fumier, on le répand sur la terre et on le recouvre par le labourage. Quand la pièce
est labourée ; ainsi, en un jour, on transporte
 
le fumier, on le répand sur la terre et on le
 
recouvre par le labourage. Quand la pièce
 
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