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<p>Nous avons indiqué plus haut l’application qu’on en peut faire en agriculture, non comme engrais, mais bien comme stimulant propre à utiliser le carbonate de chaux et les restes des fumures anciennes. (''{{abréviation|V.|Voyez}}'' ci-devant, {{lp|éd. 1844/Livre 1/ch. 3|89|75|page 75}}.)</p></ref>, qui est le plus généralement employée dans ces falsifications, et que l’on transporte à cet effet par forts chargemens dans la Bretagne.
 
<p>Nous avons indiqué plus haut l’application qu’on en peut faire en agriculture, non comme engrais, mais bien comme stimulant propre à utiliser le carbonate de chaux et les restes des fumures anciennes. (''{{abréviation|V.|Voyez}}'' ci-devant, {{lp|éd. 1844/Livre 1/ch. 3|89|75|page 75}}.)</p></ref>, qui est le plus généralement employée dans ces falsifications, et que l’on transporte à cet effet par forts chargemens dans la Bretagne.
   
''Pour constater cette fraude'', il suffit d’étendre
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''Pour constater cette fraude'', il suffit d’étendre une pincée de l’engrais à essayer sur une pelle, et de le chauffer au rouge pendant quelques minutes, ''puis de le laisser refroidir''.
une pincée de l’engrais à essayer sur
 
une pelle, et de le chauffer au rouge pendant
 
quelques minutes, ''puis de le laisser refroidir''.
 
   
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Alors, si l’engrais était pur, la cendre restée sur la pelle formerait une poudre fine offrant une couleur grisâtre uniforme. S’il contenait de la ''terre noire'', la cendre serait graveleuse et présenterait des parties rougeâtres ou couleur de rouille d’autant plus nombreuses que la quantité de terre noire mélangée aurait été plus grande. Nous ne saurions trop engager les agriculteurs à faire cet essai si facile, ou à le confier à un pharmacien de la localité.
Alors, si l’engrais était pur, la cendre restée
 
sur la pelle formerait une poudre fine
 
offrant une couleur grisâtre uniforme. S’il
 
contenait de la ''terre noire'', la cendre serait
 
graveleuse et présenterait des parties rougeâtres
 
ou couleur de rouille d’autant plus
 
nombreuses que la quantité de terre noire
 
mélangée aurait été plus grande. Nous ne
 
saurions trop engager les agriculteurs à faire
 
cet essai si facile, ou à le confier à un pharmacien
 
de la localité.
 
   
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''On falsifie encore les mêmes engrais'', en y mélangeant du ''frazier de forge'' et des ''poussiers terreux'' qu’on trouve au fond des magasins de charbon de bois et de houille : en général, ces divers mélanges se décèlent à la simple inspection ; ils présentent des parties inégalement nuancées de couleur brune, jaunâtre ou blanchâtre, surtout dans la plupart des grains les plus volumineux que l’on écrase. Enfin, serrés entre les doigts, ils sont plus ou moins graveleux ou rudes au toucher, et grenus, tandis que les résidus de raffineries et le noir animalisé exempts de ces mélanges, sont d’une nuance brune, foncée, très-régulière et d’une grande finesse ; pressés entre les doigts, ils ne présentent aucune partie grossièrement pulvérisée, à moins qu’il ne s’en soit joint quelques-unes accidentellement ; mais alors elles doivent être en très-petit nombre.
''On falsifie encore les mêmes engrais'', en
 
y mélangeant du ''frazier de forge'' et des
 
''poussiers terreux'' qu’on trouve au fond des
 
magasins de charbon de bois et de houille :
 
en général, ces divers mélanges se décèlent à
 
la simple inspection ; ils présentent des parties
 
inégalement nuancées de couleur brune,
 
jaunâtre ou blanchâtre, surtout dans la plupart
 
des grains les plus volumineux que
 
l’on écrase. Enfin, serrés entre les doigts, ils
 
sont plus ou moins graveleux ou rudes au
 
toucher, et grenus, tandis que les résidus
 
de raffineries et le noir animalisé exempts de
 
ces mélanges, sont d’une nuance brune, foncée,
 
très-régulière et d’une grande finesse ;
 
pressés entre les doigts, ils ne présentent aucune
 
partie grossièrement pulvérisée, à moins
 
qu’il ne s’en soit joint quelques-unes accidentellement ;
 
mais alors elles doivent être en très-petit nombre.
 
   
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''Résidus de bleu de Prusse''. — On nomme ainsi le résidu épuisé, grisâtre, pulvérulent, de la fabrication du bleu de Prusse ; il ne contient aucune trace de matière organique, et ne pourrait être utilement employé que comme amendement capable d’alléger la terre et de stimuler les forces végétatives par suite delà faible proportion de carbonate et de sels de potasse qu’il retient. Sous ce rapport, l’emploi des résidus précités serait utile, si leur transport était peu dispendieux et leur prix d’achat presque nul.
''Résidus de bleu de Prusse''. — On nomme
 
ainsi le résidu épuisé, grisâtre, pulvérulent,
 
de la fabrication du bleu de Prusse ; il ne
 
contient aucune trace de matière organique,
 
et ne pourrait être utilement employé que
 
comme amendement capable d’alléger la
 
terre et de stimuler les forces végétatives
 
par suite delà faible proportion de carbonate
 
et de sels de potasse qu’il retient. Sous ce
 
rapport, l’emploi des résidus précités serait
 
utile, si leur transport était peu dispendieux
 
et leur prix d’achat presque nul.
 
   
Il n’en a pas été souvent ainsi : cette substance,
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Il n’en a pas été souvent ainsi : cette substance, évidemment inerte comme engrais, a été mélangée frauduleusement avec les charbons de raffineries et le noir animalisé.
évidemment inerte comme engrais,
 
a été mélangée frauduleusement avec les
 
charbons de raffineries et le noir animalisé.
 
   
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Voici ''les moyens de reconnaître cette fraude'' : d’abord une ténuité en général moindre, et une moindre proportion de substances organiques rendent le mélange plus rude au toucher ; quelquefois même on y aperçoit des grumeaux charbonneux, durs, qui ne se rencontrent pas dans les deux engrais non altérés.
Voici ''les moyens de reconnaître cette fraude'' :
 
d’abord une ténuité en général moindre,
 
et une moindre proportion de substances organiques
 
rendent le mélange plus rude au
 
toucher ; quelquefois même on y aperçoit des
 
grumeaux charbonneux, durs, qui ne se
 
rencontrent pas dans les deux engrais non altérés.
 
   
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Si l’on fait brûler, sur une pelle rouge, ce mélange, la cendre obtenue, délayée dans l’eau et jetée sur un ''filtre'' (''{{abréviation|Voy.|Voyez}}'' ci-devant, {{lp|éd. 1844/Livre 1/ch. 2|56|42|p. 42}}, ''fig''. 32), donne un liquide salé, assez fortement alcalin. Enfin, en calcinant dans une ''cornue'' ({{lp|éd. 1844/Livre 1/ch. 2|73|59|page 59}}, ''fig''. 44) le même mélange, et recevant, dans l’acide sulfurique étendu, les gaz dégagés, on obtient moins d’ammoniaque dans la proportion de 30 à 50 et même 80 pour cent. Ce dernier moyen, que nous avons indiqué ci-devant plus en détail, serait applicable à déceler tous les genres de fraude qui précèdent ; mais les procédés plus simples décrits ci-dessus suffisent pour ceux-ci.
Si l’on fait brûler, sur une pelle rouge, ce
 
mélange, la cendre obtenue, délayée dans
 
l’eau et jetée sur un ''filtre'' (''{{abréviation|Voy.|Voyez}}'' ci-devant, {{lp|éd. 1844/Livre 1/ch. 2|56|42|p. 42}},
 
''fig''. 32), donne un liquide salé, assez fortement
 
alcalin. Enfin, en calcinant dans une ''cornue''
 
({{lp|éd. 1844/Livre 1/ch. 2|73|59|page 59}}, ''fig''. 44) le même mélange, et recevant,
 
dans l’acide sulfurique étendu, les gaz
 
dégagés, on obtient moins d’ammoniaque
 
dans la proportion de 30 à 50 et même 80
 
pour cent. Ce dernier moyen, que nous avons
 
indiqué ci-devant plus en détail, serait applicable
 
à déceler tous les genres de fraude
 
qui précèdent ; mais les procédés plus
 
simples décrits ci-dessus suffisent pour ceux-ci.
 
   
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''Noir en grains''. — Depuis quelques années seulement on emploie dans les raffineries une sorte de charbon animal grenu comme de la poudre de guerre, et sur lequel le sirop clarifié filtre aisément sans addition de sang ; on le nomme ''noir en grains'' : il ne retient pas de sang ni d’autres matières organiques azotées, mais seulement des traces de sucre. Ce n’est donc point un engrais, et son mélange avec les résidus de raffineries ordinaires ''est une véritable sophistication'' ; heureusement il est très-facile de le reconnaître à la grosseur de ses grains : il suffit de le faire glisser entre les doigts.
''Noir en grains''. — Depuis quelques années
 
seulement on emploie dans les raffineries
 
une sorte de charbon animal grenu comme
 
de la poudre de guerre, et sur lequel le sirop
 
clarifié filtre aisément sans addition de
 
sang ; on le nomme ''noir en grains'' : il ne retient
 
pas de sang ni d’autres matières organiques
 
azotées, mais seulement des traces de
 
sucre. Ce n’est donc point un engrais, et son
 
mélange avec les résidus de raffineries ordinaires
 
''est une véritable sophistication'' ; heureusement
 
il est très-facile de le reconnaître
 
à la grosseur de ses grains : il suffit de le faire
 
glisser entre les doigts.
 
   
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Nous dirons en terminant que le plus sûr moyen de se mettre à l’abri de toute fraude, consiste à recevoir directement des fabriques ou entrepôts garantis le noir animalisé comme les résidus de raffineries.
Nous dirons en terminant que le plus sûr
 
moyen de se mettre à l’abri de toute fraude,
 
consiste à recevoir directement des fabriques
 
ou entrepôts garantis le noir animalisé
 
comme les résidus de raffineries.
 
   
 
{{p|4:3:3}}{{T5|'''{{sc|Art. iii}}'''. — ''Des engrais mixtes, plus particulièrement désignés sous la dénomination de'' {{sc|fumiers}}.|m=0.5em}}
 
{{p|4:3:3}}{{T5|'''{{sc|Art. iii}}'''. — ''Des engrais mixtes, plus particulièrement désignés sous la dénomination de'' {{sc|fumiers}}.|m=0.5em}}
   
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Nous avons vu combien est préjudiciable la méthode ancienne des ''engrais consommés'', relativement aux débris des animaux et à la matière fécale, si l’on compare cette méthode avec l’emploi des mêmes débris sans déperdition. Nous allons voir que les mêmes données s’appliquent aux divers fumiers, et nous montrerons que l’on confond à tort, pour ceux-ci, une ''fermentation préalable'' toujours nuisible par le dégagement de gaz qui eussent été assimilables, avec une ''macération'' quelquefois utile.
Nous avons vu combien est préjudiciable
 
la méthode ancienne des ''engrais consommés'',
 
relativement aux débris des animaux et à la
 
matière fécale, si l’on compare cette méthode
 
avec l’emploi des mêmes débris sans déperdition.
 
Nous allons voir que les mêmes données
 
s’appliquent aux divers fumiers, et nous
 
montrerons que l’on confond à tort, pour
 
ceux-ci, une ''fermentation préalable'' toujours
 
nuisible par le dégagement de gaz qui eussent
 
été assimilables, avec une ''macération'' quelquefois utile.
 
   
C’est généralement à une désagrégation
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C’est généralement à une désagrégation des parties solides que se borne l’utilité des réactions préalables dans les fumiers et composts mis en tas et abandonnés à dessein pendant un temps plus ou moins long.
des parties solides que se borne l’utilité des
 
réactions préalables dans les fumiers et composts
 
mis en tas et abandonnés à dessein
 
pendant un temps plus ou moins long.
 
   
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Ici, la ''macération'' spontanée produit un des effets précités de la chaux, en favorisant la dissolution des matières organiques ; mais presque toujours la déperdition des substances les plus altérables, dans ces mélanges, est loin d’être compensée par l’effet obtenu ainsi des parties résistantes.
Ici, la ''macération'' spontanée produit un
 
des effets précités de la chaux, en favorisant
 
la dissolution des matières organiques ;
 
mais presque toujours la déperdition des
 
substances les plus altérables, dans ces mélanges,
 
est loin d’être compensée par l’effet
 
obtenu ainsi des parties résistantes.
 
   
 
Nous allons démontrer encore cette {{tiret|asser|tion}}
 
Nous allons démontrer encore cette {{tiret|asser|tion}}
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