Souvenirs d’une actrice/Tome 2/13

Dumont, éditeur (Tome 2p. 207-225).


XIII


Fild et Percherette


Quel est l’étranger ayant habité la Russie en 1806, s’il a vécu dans le monde des artistes, qui n’ait connu Fild et Percherette, cette miniature si bien proportionnée dans sa petite taille si gracieuse, et dont la physionomie spirituelle et les yeux à demi fermés annonçaient l’esprit et la malice d’un blue devel (petit diable bleu).

Le nom de Fild était peu connu en France, lorsqu’il vint y faire une courte apparition ; mais sa réputation était européenne dans le monde musical.

Fild a toujours habité les pays étrangers, et particulièrement la Russie, où il aurait pu acquérir une grande fortune, s’il n’eût eu toute la singularité des artistes, et l’originalité que l’on rencontre souvent dans les personnes de sa nation ; il en portait le cachet, même dans ses compositions. Anglais d’origine, élève de Clémenti, il avait surpassé son maître, et l’emportait de beaucoup sur Stebelt pour l’exécution.

Fild avait de l’esprit, et son accent, qu’il avait conservé dans toute sa pureté, son bégaiement, rendaient fort comiques ses reparties remplies de finesse. Il était d’une figure agréable, et son regard annonçait du génie ; mais c’était bien de lui qu’on aurait pu dire : « qu’il était le gentilhomme le plus débraillé… » Distrait, indolent, paresseux, on ne concevait pas comment le génie avait pu se loger au milieu de tant de désordre. Son indolence et son insouciance étaient telles, que c’était pour lui un supplice d’aller dans le monde, où il fallait avoir un peu de tenue, à cette époque surtout, car les pantalons, les bottes, les cravates de couleur, ne se portaient que le matin, dans un très grand négligé, ou chez des amis. Lorsque Fild était forcé d’aller le soir dans un salon, soit pour un concert, soit pour faire entendre une écolière, il arrivait avec ses bas mal tirés ou mis à l’envers (comme le bon Lafontaine), une cravate blanche, dont les deux bouts menaçaient, l’un la terre et l’autre le ciel ; son gilet boutonné de travers et son chapeau sur le haut de la tête, à la Colin ; mais on était tellement accoutumé à ses manières fantasques, qu’on n’y prenait plus garde. Quoiqu’il eût mis ses leçons à un très haut prix, dans l’espoir qu’on y renoncerait, il n’en avait pas moins un grand nombre d’élèves.

La riche comtesse Orloff était une de ses écolières de prédilection, non pour sa grande fortune, car c’était la chose à laquelle il pensait le moins, mais parce qu’elle était la seule qui eût véritablement le sentiment de la musique, et que d’ailleurs il n’était pas obligé de se gêner pour sa toilette : elle le laissait entièrement libre, sachant bien que c’était le seul moyen de le rendre plus exact. Lorsqu’elle jouait avec lui des morceaux à deux pianos, s’il avait une observation à lui faire, un doigté ou un tril à lui montrer, il roulait le piano de la comtesse jusqu’à la portée de sa main, pour ne pas se déranger ; mais tout cela était charmant et amusait beaucoup ces dames : pourvu qu’elles fussent sûres de le posséder, elles lui passaient tout.

Lorsqu’il sortait le matin avec sa voiture (car il avait une voiture), il marchait à côté de son équipage, et son valet de chambre y montait jusqu’à ce qu’il plût à monsieur de le remplacer ; alors Saint-Jean lui disait d’un air grave :

— Chez quelle écolière faut-il conduire monsieur ?

— Où tu voudras, répondait-il en bégayant.

Comme on savait que c’était toujours à peu près le même dialogue, on payait le domestique, afin qu’il se décidât en faveur de telle ou telle famille ; car, une fois qu’il était là, il y passait la journée, et n’allait plus ailleurs. Il arrivait sa pelisse couverte de neige, ayant traîné ses bottes de laine blanche, qu’on appelle bottes de Moscou, et qui sont très chaudes ; jetant tout cela dans l’antichambre, il entrait en se dandinant et mettait quelques minutes à bégayer sa première phrase.

Malgré cette indolente paresse, il était amoureux (à sa manière) de mademoiselle Percheron, qu’il a épousée, et qui, de son côté, avait une dose d’originalité qui n’a pas laissé que d’être assez piquante, tant qu’elle a été accompagnée de cette grâce qui embellit la jeunesse, mais qui, lorsque nous ne sommes plus jeunes, est appelée minauderie, et plus tard grimaces, par ces mêmes adulateurs qui brisent l’idole qu’ils ont encensée.

Mademoiselle Percheron, que l’on nommait Percherette dans la société, possédait un magnétisme de coquetterie qui attirait tous les hommes vers elle, et malgré cela elle avait des principes très sévères. Quelques-uns de ses adorateurs avaient eu la maladresse d’en devenir très sérieusement amoureux, malgré l’expérience des autres papillons qui étaient venus se brûler à ce petit flambeau : aussi s’en faisait-elle de mortels ennemis.

Je me rappelle qu’un jour, dans le salon de la comtesse Golofkine, une des victimes de Percherette, se plaignant à moi de sa perfide coquetterie, me disait :

« — Un chapeau au bout d’un bâton suffirait pour lui donner l’envie de faire ses petites grâces. Tenez, reprit-il furieux, en la voyant causer très bas et d’une manière animée avec Lafont, le violon, quand je vous le disais ! »

Fild, au reste, ne faisait pas beaucoup d’attention à ce petit manège : cela l’aurait dérangé.

Mademoiselle Percheron était une personne bien élevée, instruite, et l’une des plus fortes écolières de son prétendu ; mais elle n’avait aucun ordre, aucune économie… Deux personnes qui se ressemblaient sous autant de rapports ne pouvaient faire un heureux ménage, car il faut des contrastes : une femme raisonnable aurait eu plus d’empire sur son mari.

Fild ne travaillait que lorsqu’il y était forcé par l’approche de ses concerts (il n’y jouait jamais que sa musique) ; mais il fallait qu’il fût long-temps stimulé par ses amis, pour se décider à se mettre à son piano et à travailler. Il commençait par se faire apporter un bol de grog, dont il faisait un assez fréquent usage (sans se griser, cependant), et il relevait ses manches. Alors ce n’était plus l’homme paresseux, c’était l’artiste, le compositeur inspiré ; il écrivait, et jetait ses feuillets an vent, comme la sybille ses oracles, et ses amis les recueillaient et les mettaient en ordre. Il fallait être habile pour déchiffrer ce qu’il notait ; car ce n’étaient que des traits à peine formés, mais ils en avaient l’habitude. À mesure qu’il avançait dans son œuvre, son génie s’échauffait à un tel point que ses copistes n’avaient presque plus la force de le suivre. Il essayait ensuite ce qu’il venait de jeter sur le papier, et c’était admirable, surtout exécuté par lui. Un piano n’était pas un instrument ordinaire sous ses doigts. À trois ou quatre heures du matin, il tombait enfin épuisé sur son divan, et s’endormait. Pendant ce temps, on achevait de mettre les parties au net. Le lendemain matin, à son réveil, il prenait plusieurs tasses de café, et travaillait de nouveau. Il ne fallait pas alors s’aviser de lui parler, fût-ce pour la chose la plus urgente. Ses amis, qui étaient tous des gens de mérite, le comprenaient et gardaient un religieux silence, car ils savaient apprécier son talent à sa juste valeur.

Quant au produit de son concert, c’est ce qui l’occupait le moins ; ses billets étaient pris à l’avance, et payés très généreusement.

La réputation de Fild eût été bien plus étendue, s’il avait voulu voyager ; mais on eut bien de la peine à l’engager à quitter Moscou pour aller à Saint-Pétersbourg ; et encore ne s’y décida-t-il que long-temps après son mariage, lorsqu’à l’exemple de Belzébutb il voulut fuir madame Honesta.

Un des amis les plus intimes de Fild, en 1806, et qui faisait partie de notre société, était un célèbre harpiste nommé Adams, Anglais comme lui. Cet ami faisait tout au monde pour l’empêcher d’épouser Percherette, et s’appuyait pour cela sur son extrême coquetterie, prétendant qu’elle n’était sage que dans le but de se faire épouser par un artiste qui eût un nom, et que, si lui, Adams, voulait lui faire sérieusement la cour, elle l’écouterait favorablement. Fild fumait son cigare pendant ce dialogue, avec un admirable sang-froid : ce qui mettait Adams en fureur, car il avait autant de pétulance que l’autre avait de calme. Cependant, à force de lui répéter la même chose, ils se firent un défi, et un pari s’ensuivit.

Comme ils n’avaient jamais d’argent ni l’un ni l’autre, ils s’avisèrent d’un singulier marché : ce fut de donner à eux trois, Fild, Adams et Romberg, un concert dans le carême. Mademoiselle Percheron, n’étant pas riche, quoiqu’elle gagnât beaucoup à donner des leçons, on résolut qu’elle en ferait partie. Il fut convenu entre les trois associés qu’ils paieraient conjointement les frais de la toilette de Percherette ; mais que, si Adams parvenait à se faire aimer d’elle, il paierait ses atours ; sinon, ce serait Fild. Romberg, qui n’était pour rien dans cette affaire, se trouvait hors de cause, quoi qu’il arrivât.

Quoiqu’Adams n’eût que trois mois pour se faire aimer de Percherette, il prétendit que ce temps était plus que suffisant ; mais il se trompa. Pour s’en dédommager il voulut s’amuser un moment aux dépens de son ami, et savoir jusqu’où pouvait aller son sang-froid. Il arrive un malin chez Fild, et le trouve étendu nonchalamment, comme à son ordinaire, et fumant à côté d’un bol de grog, avec la gravité d’un hidalgo.

— Eh bien, mon cher, dit-il à son ami en jetant son chapeau et ses gants sur la table, vous étiez si sûr de votre fait ! Je savais bien, moi, que cette coquette serait facile à persuader.

L’autre fumait toujours sans répondre et sans se déranger. Cette immobilité met Adams hors de lui et le pousse à dire des choses si extraordinaires et si positives, tout en se promenant et se démenant dons la chambre, qu’enfin Fild, se redressant de toute sa hauteur, lui crie :

— Vous paierez la robe !

Mademoiselle Percheron, qui venait travailler, ouvrit la porte dans le même moment, et, voyant Adams qui riait à se rouler par terre, elle ne comprit rien à cette scène ; Fild, furieux et aussi rouge qu’il était pâle d’ordinaire, bégayait plus que d’habitude et faisait des contorsions épouvantables pour articuler des mots, de sorte qu’Adams fut longtemps sans pouvoir persuader à ce pauvre Fild que c’était une plaisanterie.

Cela courut la ville et le mot passa en proverbe ; lorsque l’occasion s’en présentait, on disait : «  Il paiera la robe. »

Le ciel, qui se joue de nos vains projets, ne permit pas que ce concert eût lieu. Mademoiselle Percheron tomba sérieusement malade, et, lorsqu’elle commençait à entrer en convalescence, Adams fut pris d’une fièvre chaude, causée par une imprudence ; on n’en fait pas impunément dans un climat comme celui de la Russie. Adams était l’homme pour lequel Fild avait le plus d’attachement ; il était son compatriote, et ils s’appréciaient l’un l’autre, malgré l’extrême différence de leurs caractères, et peut-être à cause de cela. Au moment où sa maladie présentait le plus de danger, mademoiselle Percheron entrait à peine en convalescence ; sans cet excellent docteur Rhéman, depuis médecin de l’empereur[1], elle aurait succombé. Il avait recommandé sur toutes choses que l’on ne parlât point à cette jeune personne de l’état désespéré où se trouvait Adams. Fild se partageait entre son ami et sa maîtresse, et, malgré son insouciance habituelle, on voyait facilement qu’il était très affecté. Je venais le remplacer auprès de Percherette toutes les fois que cela m’était possible, car j’étais très occupée alors, et ne pouvais lui donner que quelques heures.

Un jour que, toute parée, j’attendais Fild depuis long-temps pour me conduire dans une maison, je le vis entrer. Je lui demandai avec empressement comment se trouvait son ami. Il ne répondit pas et baissa la tête pour cacher les larmes qui roulaient dans ses yeux. Mademoiselle Percheron lui relève les cheveux, et, portant la main sur son front :

— Qu’avez-vous, mon cher ? lui dit-elle avec ce ton mignard qui lui allait si bien alors ; est-ce qu’Adams n’est pas mieux ? Il ne faut pas vous tourmenter ainsi. Et elle lui répéta tous les lieux communs usités en pareille circonstance. Il a un habile médecin, ajouta-t-elle, et, à son âge, on revient de loin.

Alors il la regarde avec cet air étonné qui était l’expression assez habituelle de ses yeux :

— Comment voulez-vous qu’il en revienne, puisqu’il est mort !

Il fallait que la nouvelle fût aussi triste pour qu’elle ne nous fit pas rire, dans le premier moment, par la manière dont elle nous fut annoncée. Nous en fûmes très affectés, car c’était une chose horrible de voir un jeune homme aussi rempli d’avenir et de talent mourir par une imprudence. Adams était d’ailleurs celui qui avait le plus d’empire sur son ami, et l’empêchait souvent de faire des sottises ou d’être le dupe des autres.

Le mariage projeté depuis si long-temps fut enfin fixé au mois de septembre 1807.

Il y avait à Moscou un vieux Français nommé M. Dizarn, ancien émigré, négociant estimé et le doyen de la colonie française. C’était à lui que mademoiselle Percheron avait été recommandée à son arrivée en Russie, et il lui portait un intérêt paternel.

Il vint avec elle pour me prier de lui servir de mère à la cérémonie nuptiale ; M. Dizarn devait servir de père à Fild. Nous convînmes ensemble de nous occuper des préparatifs nécessaires, présumant qu’aucun des deux n’était capable de le faire. Nous roulâmes d’abord leur avoir un logement convenable, car Fild ne pouvait guère recevoir sa nouvelle épousée dans le sien, quoiqu’il ne manquât pas d’un certain luxe dans son genre, mais il portait le cachet d’originalité du possesseur. Une grande pièce entourée de divans très bas, avec des piles de coussins comme on en rencontre dans la plupart des logements en Russie, servait merveilleusement l’indolente paresse de Fild, et lui donnait l’air d’un pacha, lorsqu’il fumait une longue pipe de bois de sandal, enveloppé dans sa robe de chambre fourrée de petit-gris ; près de lui était une petite table sur laquelle se trouvaient un plateau, des carafons de rhum, et un réchaud à l’esprit-de-vin.

Les murailles étaient tapissées de porte-cigares, de pipes de tous les pays et de toutes les formes, de petits sacs à tabac turc, en cachemire, de cigares de la Havane ; tout cela était d’un très grand luxe, car il y a des pipes et des porte-cigares qui sont d’un prix énorme. Des yatagans, des poignards damasquinés et ornés de pierreries ; quelques objets en fer et or, de la manufacture de Toula ; tous ces présents, qui lui avaient été faits par les admirateurs de son talent, étaient placés sans ordre çà et là dans la chambre. Une grande table ronde, couverte de musique, d’écritoires à moitié renversées, et de plumes pittoresquement jetées ; des chaises mal rangées ; quatre croisées sans rideaux, et pour les amis un très beau piano, tel était l’ameublement de ce pacha d’une nouvelle espèce.

C’est ainsi que nous le trouvâmes lorsque nous vînmes le chercher pour lui faire voir l’appartement qu’il devait occuper le jour de son mariage. Nous eûmes beaucoup de peine à le découvrir au milieu du brouillard de fumée dont lui et ses amis s’encensaient gravement. Une pareille habitation n’eût guère convenu à une petite maîtresse comme Percherette. Lorsque nous lui eûmes fait voir le logement, il le trouva beaucoup trop beau pour lui, et il fut inquiet de savoir où il pourrait recevoir ses amis et placer son chien. Nous lui montrâmes une pièce disposée tout exprès, et absolument semblable à celle qu’il regrettait ; alors il ne s’embarrassa plus de rien.

Comme nous logions tous trois près les uns des autres, ils dînèrent chez moi le jour du mariage, qui devait se célébrer le soir, avec un M. Jonhes, qui avait en quelque façon remplacé Adams auprès de son ami, à l’exception cependant que celui-ci était aussi flegmatique que l’autre l’était peu.

Jonhes devait être un de leurs témoins. Après le dîner, je suivis mademoiselle Percheron pour présider à sa toilette. Fild se mit à mon piano et s’étudia à jouer faux et hors de mesure, pour imiter une demoiselle de la société. J’engageai son ami à ne pas le laisser se livrer trop long-temps à cette intéressante occupation, car il était capable d’oublier qu’il se mariait le soir, d’autant plus qu’il m’avait raconté quelques jours auparavant une anecdote qui n’était pas faite pour me rassurer.

— Comment, depuis que vous êtes ici, n’avezvous jamais eu l’envie d’aller faire un voyage en Angleterre ? lui disais-je.

— Oh ! oui, j’en ai eu le désir, mais je n’ai pu le faire. J’ai commis un crime dans ce pays.

— Ah ! mon Dieu, vous me faites peur ; qu’avez-vous donc fait ?

— J’ai fait une promesse de mariage à une demoiselle, et la veille de la noce j’ai réfléchi que je ne voulais pas me marier, et je suis parti pour la Russie.

Je craignais qu’il ne lui prit fantaisie d’en faire autant. Cette fois, s’il n’oublia pas la femme, il oublia l’heure de la cérémonie. Étant revenue chez moi pour chercher quelque chose, je le retrouvai à la même place. Je me fâchai sérieusement, et l’envoyai faire sa toilette de marié.

En arrivant à l’église, nous l’aperçûmes à côté de M. Dizarn ; il avait l’air d’un petit garçon qui va faire sa première communion.

Notre excellent pasteur, l’abbé Surugue, curé de l’église catholique, avait voulu se signaler, en leur faisant un service en musique. Fild vint tout doucement auprès de moi, et me dit :

— Il chante faux, M. le curé.

Il ne leur en fit pas moins un discours touchant sur l’harmonie du mariage et sur toutes les harmonies. Pendant ce temps, le marié s’était aperçu qu’il avait oublié l’anneau d’alliance, et qu’il n’avait point emporté d’argent. On courut chercher l’anneau ; quant à l’argent, M. Dizarn y suppléa. La cérémonie terminée, nous nous réunîmes pour souper, dans leur nouvelle habitation. Lorsqu’on voulut se mettre à table, on chercha le marié ; il était resté dans le milieu du salon, l’examinant dans tous ses détails : le moment était bien choisi.

Au dessert, Jonhes se mit à nous raconter une histoire fort longue, et qui commençait un peu à languir. Fild se lève tout à coup, et dit à l’abbé Surugue, placé près de lui :

— J’ai bien retenu cette histoire ; je la raconterai à Jonhes le jour de ses noces.

C’est ainsi que se termina ce singulier mariage. Je trouvai Fild le lendemain matin, déjeunant avec sa femme, et enveloppé d’une superbe robe de chambre d’étoffe turque, dont le comte Soltikof lui avait fait cadeau ; ainsi que d’une de ces pipes, que l’on fume dans un bocal de cristal.

  1. Il est mort du choléra en 1831.