Rimes familières/Charles Gounod

Rimes familièresCalmann Lévy (p. 71-73).
SONNETS
CHARLES GOUNOD


 
Son art a la douceur, le ton des vieux pastels.
Toujours il adora vos voluptés bénies,
Cloches saintes, concert des orgues, purs autels :
De son œil clair il voit les beautés infinies.

Sur la lyre d’ivoire, avec les Polymnies,
Il dit l’hymne païen, cher aux Dieux immortels.
« Faust » qui met dans sa main le sceptre des génies
Égale les Juans, les Raouls et les Tells.

 
De Shakspeare et de Goethe il dore l’auréole ;
Sa voix a rehaussé l’éclat de leur parole :
Leur œuvre de sa flamme a gardé le reflet.

Échos du mont Olympe, échos du Paraclet
Sont redits par sa Muse aux langueurs de créole :
Telle vibre à tous vents une harpe d’Éole.