Promenades dans toutes les rues de Paris/20/Rues


MÉNILMONTANT

1er quartier : Belleville. 3e quartier : Père-Lachaise.
2e quartier : St-Fargeau. 4e quartier : Charonne.


Cours de Vincennes (côté impair).


Pour le côté pair, voir le XIIe arrondissement. Le cours, qui aboutit à la porte de Vincennes, n’offre rien de particulièrement intéressant dans notre arrondissement.

33. Enseigne des Deux-Entêtés. Au 27, enseigne : En avant la Normandie.

25. Vieille maison ainsi qu’au 9 (Chalet-Vacherie.)


Rue de Lagny (1672).


S’appela précédemment chemin de Lagny, et parfois chemin de la Pissotte. Rue de Lagny en 1857.

25. Enseigne du Lion.

89. Passage de Lagny (1875).


Rue Philidor.


S’appela ruelle des Gouttes-d’Or vers 1830. Nom actuel en 1875 en mémoire du joueur d’échecs (1726-1795).

15. Ici se trouvait le passage Déare qui a été absorbé par la gare du Métropolitain.

18. Impasse Philidor.


Rue Benoît-Malon.


Au xviiie siècle, c’était un simple chemin. Ouverte comme rue en 1830. S’appela rue de la Plaine jusqu’en 1907 et les plaques disent encore en 1910 : rue de la Plaine.

17. Passage Maigrot-Delaunay. Nom de propriétaire.

21. Rue de Buzenval. Faisait partie autrefois en partie de la rue des Basses-Vignoles, et n’était qu’un sentier au commencement du xixe siècle, Nom actuel en 1878 en mémoire du combat de 1871 où périt Henri Reguault.


Rue des Grands-Champs (1812).


Précédemment sentier des Grands-Champs et sentier de la Voie-Neuve. Nom actuel en 1877. L’extrémité Est de la rue qui va en se rétrécissant est pittoresque et possède de curieux petits jardinets.

Rue du Volga.


Ancien chemin de Montreuil. Nom actuel en 1877.

68. Impasse du Volga. S’appela impasse des Gouttes-d’Or avant 1877. Cette impasse est éclairée à l’huile.

76. Impasse Caspienne. Doit son nom à sa situation dans la rue du Volga.

80. Ici s’ouvrait la rue des Remparts, ancien sentier des Gouttes-d’Or, qui, il y a quelques années, aboutissait 53, boulevard Davout. Cette rue est fermée actuellement.


Rue d’Avron.


C’était, sous le second Empire, la Grande-Rue de Montreuil. Nom actuel en 1877, parce qu’elle est dans la direction du plateau d’Avron. Cette rue possède plusieurs vieilles maisons assez curieuses.

7. Éden Lyrique.

19. Rue Planchat (1874). Nom en 1875 en l’honneur de l’abbé Planchât, fondateur d’un cercle d’ouvriers et victime de la Commune. La partie de la rue située au Sud de la rue de Terre-Neuve, faisait partie avant 1874 de la rue du Bois.

16. Rue Auger (1844). S’appela rue des Ormes avant 1864. Nom actuel en souvenir du général Auger tué à Solférino (1859).

23. Vieille maison.

24. Rue des Ormeaux (1844).

52. S’intitule : Bains de Jouvence.

70. Rue Tolain (1900). Nom en souvenir de Tolain, ciseleur, et sénateur de la Seine (1828-1897).

84. Passage Beaufils. (Nom de propriétaire.)

89. Vieille maison ornée de petits bas-reliefs.

110. Enseigne de l’Escargot.

117. Rue Ferdinand-Gambon. Avant 1906, cette rue faisait partie de la rue de la Croix-St-Simon, qui prend naissance actuellement rue des Maraîchers. Cette partie s’appela rue du Chemin-de-Fer en 1812. Nom actuel en 1906 en mémoire de Ferdinand Gambon, homme politique (1820-1887).

120. Au Pont d’Avron. (Enseigne).

139. Rue des Rasselins (1830). Le nom vient du lieu dit.

Au 7 se trouve le passage des Rasselins qui aboutit 131, rue d’Avron.

La rue d’Avron aboutit à la porte de Montreuil et est coupée par la rue des Maraîchers.


Rue des Maraîchers.


La partie située au Sud de la rue d’Avron s’appelait rue des Quatre-Jardiniers : la partie qui s’étend au Nord de la rue d’Avron était la rue du Chemin-de-Fer. Ces deux rues ont été réunies en 1869 sous la dénomination actuelle. Cette rue est peu intéressante par elle-même.

87. Orné de têtes sculptées.

80. Rue de la Croix-St-Simon. La partie qui s’étend entre la rue des Maraîchers et la rue Ferdinand-Gambon date de 1906. (La rue aboutissait précédemment rue d’Avron, 117.) La partie qui s’étend entre la rue Ferdinand-Gambon et le boulevard Davout s’appela rue du Clos-Rasselin. Le nom actuel vient d’une ancienne croix qui y était située jadis. Au 7, se trouve le sentier des Écuyers qui se termine en cul-de-sac à ses deux extrémités. Au 9 est un Dispensaire gratuit. Au 36 se trouve la rue des Réglises qui en 1830 s’appelait le sentier du Centre-des-Rasselins et qui doit son nom actuel à un clos dit clos des Réglises.

61. Petit pavillon ancien orné d’un bas-relief.


Rue des Pyrénées (1862).


S’appela rue de Puebla avant 1877.

70. Splendid Cinéma (1909).

77. Villa des Pyrénées. Ancienne impasse de l’Avenir.

83. Cité Champagne.

135. Rue de Fontarabie (1672). Classée en 1844. Au 30, maison à pignon. Au 23, vieille maison. Le 36 est une manufacture de céramique architecturale.

171. Du 171 au 177 se trouvent de curieuses petites maisonnettes en planches situées sur un terrain vague et montueux.

172. Passage Stendhal (1830). C’était l’ancien sentier de traverse des Basses-Dives. Nom actuel en 1877. Ce passage, par un escalier, mène à la rue Stendhal.

185. Église réformée évangélique. (Temple de Béthanie.)

189. Ici commençait la rue Ramus avant 1908.

201. Maison ornée de rocailles.

190. Dispensaire Jouye-Rouve-Taniès, (Sanatorium pour les maladies de poitrine.)

192. Rue Stendhal. Sentier en 1836. Nom actuel en 1875 en l’honneur d’Henri Beyle, critique et romancier connu sous le pseudonyme de Stendhal (1783-1842). Cette rue se soudait jadis avec la rue Ramus dont elle fut séparée par le percement de la rue des Pyrénées. Elle y fut de nouveau réunie en 1907 par le pont qui franchit la rue des Pyrénées et aboutit au 27 de la rue Stendhal, et dont la chaussée a pris en 1909 le nom de rue Charles-Renouvier, en mémoire du philosophe français (1815-1904).

La rue Ramus (1830) était l’ancien sentier des Dives. Elle dut son nom actuel en 1877 au philosophe (1515-1572). Cette curieuse rue possède au 11 le passage Ramus et au 25 la rue Achille qui doit son nom au propriétaire, et qui avant 1860 s’appelait Traverse de la Cour-des-Noues.

229. Rue des Rondonneaux. Ancien sentier de la Cour-des-Noues. Cette rue, qui tire son nom d’un lieu dit, aboutit au passage des Rondonneaux et nous mène à la rue des Rondeaux qui longe le cimetière du Père-Lachaise, et qui doit également son nom à un lieu dit. Cette rue des Rondeaux possède à son extrémité le passage des Rondeaux.

198. Rue de la Cour-des-Noues. Date du xviii. Une noue est une sorte de pierre creusée en rigole pour l’écoulement des eaux. Le nom de Cour des Noues vient ou d’une cour qui avait été pavée par des noues, ou par corruption du cours des noues, pris dans un sens de cours d’eau. Au 14, pavillon ancien avec beaux arbres. Les 12, 10, 8, semblent d’anciennes petites maisons de plaisance. Au 1, pavillon ancien.

Nous arrivons à la place Gambetta (1862) qui s’est appelée place de Puebla avant 1877, et place des Pyrénées, avant de recevoir son nom actuel en 1894.

271. Rue du Retrait. Son nom vient de sa situation retirée. Au 27 se trouvait l’orphelinat de Dom Bosco, fermé en 1906, démoli en 1909, et remplacé par un cartonnage.

242. Passage des Soupirs (1835). M. Pessard dans son Dictionnaire historique dit que ce passage, formé en pleine période romantique, était probablement favorable aux promenades sentimentales.

293. Passage du Retrait.

276. Les Ménilmontagnards du xxe siècle (société de gymnastique et de tir).

290. Rue de l’Est (1802). Ancien passage du même nom. Elle est assez curieuse avec son ruisseau au milieu.

292. Rue du Guignier (1812). Cette rue primitivement allait de la rue des Rigoles à la place du Guignier et ce n’est qu’en 1877 qu’elle a atteint la rue des Pyrénées. Son nom lui a été donné en raison des plantations qui s’y trouvaient.

294. Place du Guignier. Fut simplement un passage de 1843 à 1863.

298. Rue Emmery. Ouverte lors de la création de l’ancien marché de Belleville, qu’elle longe. Dut son nom en 1868 à Charles Emmery, ingénieur hydrographe (1789-1842).

373. Parisiana Cinéma.

336. Rue du Jourdain (1862). Ouverte sur l’emplacement de l’ancienne mairie de Belleville, qui en 1845 avait remplacé une guinguette célèbre, connue sous le nom d’Ile d’Amour. Ce cabaret était entouré d’un cours d’eau artificiel. La propriété fut acquise en 1845, et la mairie s’y installa jusqu’en 1875, époque où elle se transporta place Gambetta. Au 6, Cinéma Théâtre (Alcazar).

393. Hôtel de M. Hussenot-Desenonges, notaire.

Rue de Belleville (côté pair).


Cette longue rue indiquée au xviie siècle a été alignée au xixe siècle. Elle est formée des anciennes rues de Paris et du Parc réunies en 1867. Le bas de la rue, à cause de ses nombreux cabarets ou courtilles s’appelait la Courtille et on appelait la descente de la Courtille une mascarade du mercredi des Gendres qui faisait cortège à l’équipage du lord Seymour, dit « Milord l’Arsouille ».

2. Enseigne de la Vielleuse.

8. Ancien bal Denoyez, puis Folie-Belleville. Théâtre populaire.

8. Rue Denoyez, qui a pris, en 1837, le nom du bal qui était voisin.

10. Au Broyeur de Belleville (enseigne peinte).

32. Rue de Tourtille. Date du xviiie siècle. Nom donné par un propriétaire de l’époque. Au 28 s’ouvre la rue Le-Sage qui s’appela rue du Théâtre jusqu’en 1864, époque où on lui donna le nom actuel en l’honneur du littérateur, auteur de Gil Blas (1668-1747).

34. Vieille maison,

46. Cour Le-Sage. S’appela cour du Théâtre avant 1877. Cette cour contourne le théâtre de Belleville construit en 1816 et ouvert en 1828 sous la direction de Séveste père, artiste du Vaudeville. C’est ce Séveste qui indiqua, dit-on, à Louis XVIII l’endroit du cimetière de la Madeleine où avaient été déposés les restes de Louis XVI et de Marie-Antoinette. En récompense le roi lui accorda pour lui et ses fils, leur vie durant, le privilège des théâtres de banlieue. Nous avons vu en parlant de la Chapelle expiatoire (VIIIe arrondissement) que ce fut l’avocat Déclozeaux qui détermina l’endroit précis où avaient été inhumés le roi et la reine dans la chaux vive.

56. Rue Julien-Lacroix. La partie qui s’étend entre les rues de Ménilmontant et des Couronnes est indiquée sur le plan de Roussel (1730), et cette partie qui s’appelait rue des Couronnes fut alignée en 1837 : la partie située entre la rue des Couronnes et la rue Vilin s’appelait rue Caroline : la partie entre la rue Vilin et la rue du Sénégal était la rue de Rivoli. La rue a été alignée en 1832 entre la rue des Couronnes et la rue de Belleville et a été classée en 1863. Un arrêté de 1868 a réuni les rues Caroline et de Rivoli, et la partie de la rue des Couronnes située entre la rue de Ménilmontant et la rue Caroline, à la rue Julien-Lacroix (nom du propriétaire d’une grande partie des terrains). Au 8 se trouve la rue de l’Élysée-Ménilmontant formée sur l’emplacement de l’ancien bal de ce nom disparu en 1870, Ce bal avait hérité des palmiers en zinc de Mabille. Au 16 nous rencontrons le curieux passage Ronce, qui doit son nom à un propriétaire et qui possède lui-même au 16 une impasse Dhéron (nom de propriétaire). Au 38 de la rue Julien-Lacroix nous voyons un joli balcon en fer forgé avec la date de 1847. Au 48 est l’impasse de Gênes, et au 67 est la cité de Gênes qui s’appelèrent impasse et cité de Rivoli avant 1877. Au 56 est le passage de Pékin qui s’appela square Napoléon avant 1877, et qui possède au 17 bis une crèche laïque. Au 77 est la rue du Sénégal (1863) qui faisait partie du square Napoléon et qui a reçu son nom actuel en 1877. Au 97 se trouve le temple calviniste de Belleville.

60. Rue Jouye-Rouve. Nom d’un ancien propriétaire avant l’annexion de Belleville.

64. Rue Piat. Ce nom, qui est celui d’un propriétaire, lui a été donné en 1879. Au 43 est la villa Ottoz (nom de propriétaire).

94. Cour de la Métairie, qui est une véritable cour de ferme.

120. Vieille maison ainsi qu’au 126.

134. Rue des Rigoles. Commencée en 1837, prolongée en 1872 et achevée en 1885, elle doit son nom aux ruisseaux de Belleville. Le 66 est orné d’un buste. Au 58 est une compagnie d’Arc. Au 48 est la cité des Rigoles éclairée à l’huile. Au 40 est une compagnie d’Arc dite Compagnie d’Ulysse, fondée en 1733. Au 38 est la villa des Pavillons, ancienne villa coopérative.

170. Rue Levert. La partie sud de la rue, entre la rue des Cascades et la rue des Rigoles, date du xviiie siècle. La partie située entre la rue des Rigoles et la rue de Belleville a été percée en 1837. Le nom vient d’un ancien maire de Belleville avant l’annexion. Le 22, qui est un coquet pavillon, fut la propriété et fut habité par le célèbre acteur Mélingue. — Au 4 est le Foyer évangélique de Belleville.

Près du 170 de la rue de Belleville, ou plus exactement au 36 de la rue Levert, doit aboutir la nouvelle rue Olivier-Métra, qui doit son nom au célèbre compositeur (1830-1889). Cette rue en 1910 n’est pas encore achevée : elle doit prendre naissance au 57 de la rue de l’Ermitage.

À hauteur de la rue Levert se trouvait, à droite en montant la rue de Belleville, un couvent de Picpus qui fut supprimé en 1790 et démoli.

188. Rue Frédérick-Lemaitre (1892). Nom en souvenir de l’acteur dramatique (1798-1876). Au 30 s’ouvre l’avenue Taillade, ainsi dénommée en souvenir de l’acteur (1826-1898). La rue Frédérick-Lemaître sera coupée par la rue Olivier-Métra, quand cette dernière, qui en 1910 n’existe encore qu’à l’état d’impasse, sera achevée.

194. Rue du Soleil (1883). Nom donné par le propriétaire.

204. Vieille maison ainsi qu’au 210 et au 214.

210. Visiter ici la rue Pixérécourt, dont la notice est à la suite de la rue de Belleville.

234. Rue Pelleport. Cette longue rue, qui s’étend de la rue de Belleville à la rue de Bagnolet, était au xviiie siècle, en partie, une avenue qui longeait les murs du parc de Ménilmontant. La partie entre la rue de Belleville et la rue du Borrégo (jadis rue de la Fontaine) s’appelait rue de Belleville, et la partie sud s’appelait rue de Charonne.

La rue dut en 1868 son nom actuel au général Pelleport (1773-1855).

Au 180 est un hospice dit de Belleville qui a été construit en 1851 et qui fut restauré en 1877. Au 155 est la villa Pelleport. Au 166 est une bibliothèque municipale. Au 129, petit bas-relief. Au 121 s’ouvre la rue Taclet qui doit son nom à un propriétaire et qui possède au 9 la villa Georgina. Au 148 se trouve la cité Pelleport, qui s’appela cité Blondel. (Nous ne visiterons ici que la partie de la rue Pelleport qui s’étend entre la rue de Belleville et la rue de Ménilmontant.)

242. La Société des Amis de la Constitution y siégeait en 1771.

244. Rue du Télégraphe. Doit son nom à un ancien télégraphe aérien qui y était établi. Au 40 se trouve le cimetière de Belleville qui est l’ancien cimetière de la commune de Belleville. Au 36 se trouvent les réservoirs de Belleville (1862).

Dans le vaste terrain qui se trouve à côté des réservoirs et qui appartient à la Ville on aperçoit une sépulture isolée surmontée d’une petite pyramide de pierre. Cette tombe, qui a été restaurée en 1909, est celle de Memmie Guillot, qui de son vivant fut rédacteur des contributions indirectes et petit propriétaire bellevillois et qui décéda en 1849. Il avait exprimé le désir d’être inhumé dans sa propriété et la commune de Belleville accorda cette autorisation en prenant possession des terrains.

278. Rue Haxo. (Partie située au Sud de la rue de Belleville.) Date de 1834. Se trouve sur l’emplacement de l’ancien parc de Ménilmontant. Nom en 1865 en souvenir du général Haxo (1774-1838). Au 101 se trouve l’impasse Junot. Au 86 s’ouvre la rue des Tourelles (1812), qui possède au 3 la villa Daumesnil et du 11 au 15 le passage des Tourelles, qui a absorbé l’impasse des Tourelles, formée elle-même des anciens passages Barnot, Sureau, et du Méridien.

Au 85 de la rue Haxo est l’entrée de la villa des Otages, ancienne cité de Vincennes. C’est là que fut établi le deuxième secteur de la Commune en 1871. On y délibéra du sort des otages et les communards y fusillèrent 52 victimes le 26 mai 1871. Rappelons que ce fut une jeune fille de dix-huit ans, cantinière à la garde nationale, qui donna le signal des massacres en brûlant la cervelle à bout portant à l’abbé Planchat, aumônier et fondateur du patronage de Charonne. Quelques instants après, la même cannibale se jetait sur le corps encore chaud de l’abbé Tuffler et essayait d’en arracher la langue. Ici furent massacrés onze prêtres, dont trois Jésuites (les pères Olivaint, de Bengy et Caubert), vingt-huit gardes de Paris, deux gendarmes, un officier de paix, deux ouvriers ébénistes, un tailleur de pierres. Ces otages avaient été extraits de la Grande Roquette sur la réquisition d’un colonel des fédérés, Émile Gois, dit Grille d’Égout, qui s’était fait donner un ordre en blanc par les membres de la Commune réfugiés à la mairie de Belleville.

Au commencement de 1910 les lieux étaient dans le même état qu’au jour du massacre. Sur le mur une plaque de marbre rappelle le nom des victimes, et d’autres plaques indiquent les endroits où furent retrouvés les corps. La propriété appartenait aux Jésuites et s’étendait sur l’emplacement des 79, 81, 83, 85 de la rue Haxo et des 55, 57, 59, de la rue du Borrégo. Dans des bâtiments restés inoccupés depuis le départ des pères jésuites en 1906, se trouvait la reconstitution des cellules de la Roquette où furent enfermés les pères fusillés. Les Jésuites, lors de la démolition de la prison, avaient acheté les portes, les grilles, et le carrelage de ces cellules. À la requête de M. Ménage qui était alors encore liquidateur judiciaire, l’adjudication de la propriété des Jésuites a eu lieu le 8 décembre 1909, à la Chambre des Criées. La propriété a été adjugée pour 140 000 francs à M. Cortot, avoué, lequel n’a pas fait connaître le nom de l’acquéreur.

Au 77 de la rue Haxo s’ouvre la rue du Borrégo (1843), tracée sur l’emplacement d’une allée de l’ancien parc de Ménilmontant et dénommée primitivement rue de la Fontaine. Nom actuel en 1864 en souvenir de la ville mexicaine. Au 42 bis de cette rue est la villa Amélie.

296. Music-Hall dit du Lac St-Fargeau (1909).

296 bis. Lac St-Fargeau. Restaurant célèbre par ses noces et ses réunions politiques. Dans le parc fort restreint se trouve un lac minuscule. C’est un reste de l’immense parc appartenant à la famille Le Peletier de St-Fargeau. On raconte que les restes du célèbre conventionnel tué par Paris furent déposes dans l’île du lac après avoir été dépanthéonisés. (?)

La rue de Belleville aboutit à la porte des Lilas qui en 1908 s’appelait encore porte de Romainville.


Rue Pixérécourt (1837).


S’appela rue de Calais avant 1875. Nom actuel en souvenir de l’auteur dramatique (1773-1844).

79. Vieille maison avec enseigne peinte.

47. On doit ouvrir ici une voie nouvelle qui aboutira 2, rue Olivier-Métra et 62, rue de l’Ermitage, où un tronçon subsiste déjà sous le nom de rue Charles- Friedel.

45. Impasse Pixérécourt. S’appela impasse de Calais avant 1875.

42. Rue des Pavillons. Indiquée sur les plans du xviiie siècle et formée en 1827.

40. Impasse des Chevaliers. Doit son nom à un cabaret où se réunissaient les tireurs d’arc.

30. Rue de l’Avenir, qui n’est qu’une impasse.

26. Passage de la Duée, qui a à peine un mètre de largeur.

8. Rue de la Duée. Indiquée sur les plans du xviie siècle, elle ne fut terminée qu’en 1827. La Duée était un petit ruisseau de Belleville,

11. Vieille maison. Au 7 pavillon ancien avec un assez grand parc.

6. Passage des Saint-Simoniens, qui doit son nom au voisinage de la maison occupée par les St-Simoniens (145, rue de Ménilmontant).


Boulevard Mortier.


Précédemment rue Militaire. Nom actuel en 1864 en l’honneur du maréchal, duc de Trévise (1768-1835). La caserne des Tourelles est de 1875. Le boulevard Mortier possède la porte de Ménilmontant et aboutit à la porte de Bagnolet.

45. Là doit aboutir la future rue Caraille-Douls, décidée en 1890 et non encore ouverte en 1910. Le nom a été attribué en mémoire de l’explorateur mort en 1888 au Sahara.

47. Rue Saint-Fargeau (1843). Jadis chemin de Ménilmontant à Rosny. Doit son nom au voisinage du lac St-Fargeau. Au 50 se trouve l’entrée des réservoirs de la Dhuis, construits en 1864 par Belgrand. Ces réservoirs contiennent 140 000 mètres cubes d’eau. (A visiter.) Au 36, en face de la nouvelle caserne des Sapeurs-Pompiers se trouve le passage Fleury dont un seul côté subsiste. Au 33 est le passage Gambetta qui possède au 20 une villa Désirée.

21. Rue du Surmelin. Plus bas sur le boulevard aboutit la rue Belgrand, que nous visiterons ensuite.


Rue du Surmelin.


En 1730 cette voie, qui longeait les murs du parc de Ménilmontant, s’appelait le Chemin Neuf de Ménilmontant. Nom actuel en 1877, à cause du voisinage des réservoirs de la Dhuis.

70. Rue de la Justice, créée en 1830 et dénommée en 1877. Au 22, se trouve le passage Boudin (nom de propriétaire), qui fait correspondre la rue de la Justice avec l’impasse Haxo.

49. Rue Darcy (1868). Doit son nom à Patrice Darc3% physicien irlandais, qui servit dans l’armée française (1725-1779).

45. Passage du Surmelin. S’appela passage Papier avant 1877.

50. Impasse Haxo. Ancien chemin de la porte des Vaches.

33. Impasse du Progrès.

17. Rue Ernest-Lefèvre (1902). Doit son nom au journaliste et homme politique (1833-1889). On trace dans cette rue en 1910 une rue nouvelle qui ira rejoindre l’avenue Gambetta vers le 84.


Rue Belgrand (1862).


Nom en 1877 en souvenir de l’ingénieur (1810-1870). En bordure du boulevard Mortier et de la rue Belgrand se trouve un immense terrain vague (80 000 m.). Sur ce terrain ont été rapportées les terres provenant du percement de l’Avenue de la République et cet amoncellement a créé une véritable colline, en partie boisée actuellement. Ce terrain, unique par son étendue dans Paris, a été acheté 27 francs le mètre par la société dite de la Campagne à Paris qui a projeté d’y créer des voies nouvelles et des habitations à bon marché. Ce projet a déjà reçu un commencement d’exécution, et nous voyons en mai 1910 l’amorce d’une voie nouvelle qui s’appelle rue Paul-Strauss.

La rue Belgrand possède, au 36, une impasse Éveillard (nom de propriétaire) et est coupée par la rue Pelleport, dont nous avons déjà visité la partie nord, plus haut.


Rue Pelleport.


(Partie comprise entre la rue Belgrand et la rue de Ménilmontant.)

40. Rue des Montibœufs (1830). Ancien sentiers des Montibœufs et des Bas-Montibœufs. Classée comme rue en 1877. Tire son nom du lieu dit.

60. Rue Le-Bua. S’appela chemin de la Demi-Lune. Classée comme rue en 1847. Tire son nom du lieu dit : Le Bua. Au 6, se trouve le curieux sentier des Falaises qui possède, au 38, une villa des Falaises. Au 32, de la rue Le-Bua se trouve la rue des Hauts-Montibœufs qui possède, au 6, le passage Perreur et qui se termine rue de la Dhuis. Cette petite rue de la Dtiuis, après avoir été longtemps appelée sentier des Buas, avait reçu en 1893 le nom de rue Clémence-Royer. On lui retira ce nom en 1904 pour le donner à une voie située près de la Bourse du Commerce. Tout ce coin, dit des Montibœufs, est curieux et champêtre.

80. Rue Bretonneau. S’appelait rue de la Source lorsqu’elle était comprise dans l’ancienne commune de Charonne. Nom actuel en l’honneur du célèbre médecin (1767-1851).

69. Rue Orfila. Ex-rue des Hautes-Gatines. Ouverte en 1830. Nom actuel en 1875 en l’honneur du médecin (1787-1853). Au 26, est l’impasse Orfila, qui s’appela impasse des Hautes-Gatines avant 1877. Au 49, nous voyons une enseigne avec l’inscription : « Ici pas de jaloux, le soleil luit pour tout le monde ». Au 60, se trouve la rue du Cambodge qui s’appela rue du Retrait avant 1877 et, au 104, s’ouvre la rue Dupont-de-l’Eure dénommée en 1844 en souvenir de l’homme politique (1767-1851).

124. Notre-Dame de Lourdes. Nouvelle église paroissiale inaugurée en 1910 par monseigneur Amette, archevêque de Paris.

81. Rue Villiers-de-l’Isle-Adam.


Rue Villiers-de-l’Isle-Adam.


Avant 1907 cette rue s’appelait rue des Partants. Cette ancienne rue des Partants s’étendait de la rue Pelleport à la rue des Amandiers. Un arrêté de 1907 a donné le nom de rue Villiers-de-l’Isle-Adam à la partie de la rue des Partants qui s’étend entre la rue Pelleport et la rue Sorbier. Nom actuel en l’honneur du littérateur (1833-1889).

99. Impasse des Partants. S’appela impasse Ste-Croix avant 1877.

28. Cité des Écoles.

23. Villa Jacques-Camille. (Nom de propriétaire.) Au fond, pavillon avec statuettes de bronze.

15. Rue d’Annam. S’appela sentier des Partants (1812). Nom actuel en 1877. De cette rue d’Annara qui forme une sorte de belvédère on a un panorama magnifique sur Paris. Au 12 bis, coquette villa.

12. Rue de la Voulzie. Faisait partie autrefois de la rue des Osiaux. Nom actuel en 1895 en raison du voisinage des réservoirs de la Dhuis.

4. Rue de la Cloche. Doit son nom à une ancienne carrière de ce nom sur laquelle elle a été ouverte. Au 7, se trouve la rue Westermann (1812), qui s’appelait rue des Osiaux (osiers) avant 1895 et qui doit son nom actuel au général français mort sur l’échafaud en 1794.


Rue des Partants.


Le nom vient des gens qui partaient de Belleville pour Paris. La rue a été diminuée en 1907 de la partie qui est devenue rue Villiers-de-l’Isle-Adam.

28. Rue Gasnier-Guy. (Nom de propriétaire.) Cette rue est en dos d’âne aigu.

22. Rue Désirée (1887). (Nom de propriétaire.) Cette rue est également en dos d’âne.

14. Rue des Mûriers, dans laquelle se trouve, au 4, le passage des Mûriers (1834), qui s’appela passage de l’Asile. Dans ce passage des Mûriers s’ouvre, au 10, la rue des Pruniers qui n’était qu’un passage il y a peu d’années.

99. Impasse Routy-Philippe. (Nom de propriétaire).


Rue des Amandiers.


Existait au xviiie siècle. Doit son nom, ainsi que la rue des Mûriers et la rue des Pruniers, aux arbres qui s’y trouvaient. Depuis 1907 le point où la rue prend naissance dans l’avenue Gambetta s’appelle officiellement place des Amandiers.

9. Rue Houdart. (Nom de propriétaire.) Avant 1877 ce n’était qu’un passage.

25. Vieille maison.

14. Cité des Amandiers (non classée).

24. Impasse Ronce. (Nom de propriétaire.)

39. Rue Duris (1837). (Nom de propriétaire.)

45. Enseigne du Sapeur. Au 38, enseigne de l’Ancien Artilleur.

36 bis. Cour assez curieuse avec vieux puits bouché.

60. Impasse des Amandiers, qui date du xviiie siècle.

68. Rue Élisa-Borey. Nom donné en 1883 par le propriétaire. Au 5 bis était la cité Champlain qui a disparu en 1906.

85. Impasse Touzet. (Nom de propriétaire.)

88. Passage Finet. (Villa de l’Amitié.) Aboutit rue Sorbier par un rustique escalier de pierre.

97. Impasse Saumon. (Nom de propriétaire.) Par curiosité nous indiquons au 5 bis un cabaret qui s’intitule : Aux Bois-sans-soif.

92. Rue Champlain. S’appela passage St-Louis avant 1875. Doit son nom à Samuel de Champlain, fondateur de Québec (1570-1635). Cette rue est encore éclairée par des lanternes à poulie.

104. Rue des Plâtrières. S’appela rue des Carrières avant 1877. Cette rue nous mène rue Sorbier.


Rue Sorbier.


Créée en 1876. Nom en mémoire du général (1762-1827).

7. Rue de la Bidassoa. La partie entre les rues Sorbier et Villiers-de-l’Isle-Adam s’appelait précédemment rue Latérale ; la partie entre la rue Villiers-de-l’Isle-Adam et la place Martin-Nadaud faisait partie de la rue des Prairies. Au 2 se trouve la rue Juillet, qui doit son nom au propriétaire et dont une partie a été détruite en 1870 par le percement de la rue Sorbier. — Vers le 25 de la rue de la Bidassoa est située l’impasse d’Annam.

21. Impasse Ste-Catherine. S’appela impasse Elisabeth avant 1903.

40. Rue Soleillet (1890). Nom en mémoire de l’explorateur (1842-1886).

La rue Sorbier aboutit à la place Martin-Nadaud (1898) qui doit son nom à l’homme politique (1815-1898). En 1907 on a érigé sur la place une statue du Printemps. Au 3 de la place aboutit la rue Robineau qui doit son nom au propriétaire. A l’angle de la rue Robineau et de la place Martin-Nadaud se trouve une jolie crèche municipale.


Avenue Gambetta.


Faisait partie antérieurement de l’avenue de la République. Achevée en 1890. Nom en l’honneur de l’homme politique (1838-1882). Dans sa partie sud l’avenue longe à droite le square Gambetta, communément appelé square du Père-Lachaise. Dans ce square nous voyons le groupe du Déclin, de Steiner, et le Mur, œuvre de M. Paul Moreau-Vauthier, qui représente la Fraternité s’imposant entre les fusilleurs et les fusillés (1909).

75. Rue des Gatines (1830). S’appela rue des Basses-Gatines.

36. Rue Malte-Brun. S’appelait rue des Prairies en 1863. Nom actuel en 1877 en mémoire du géographe (1775-1825).

La place Gambetta (1862), après s’être appelée place de Puebla et place des Pyrénées, n’a reçu son nom actuel qu’en 1894. Au 3 débouche l’avenue du Père-Lachaise qui s’appelait rue de la Dhuis avant 1899. Sur la place est située la mairie du XXe arrondissement construite par Salleron de 1868 à 1875 et derrière la mairie se trouve la rue du Japon (1867).

105. Cinéma Gambetta (1909). A côté se trouve la villa Souchet.

102. Impasse Pleury. (Nom de propriétaire.) La longue avenue Gambetta, qui n’a rien de particulièrement intéressant, se termine rue de Belleville, près de la porte des Lilas.


Rue de la Chine.


Indiquée en 1730. S’appela en partie rue de la Cour-des-Noues et sentier des Hautes-Gatines. Nom actuel en 1800.

4. Hôpital Tenon, commencé en 1867 et inauguré en 1878 sous le nom d’hôpital de Ménilmontant. Nom actuel en 1879 en l’honneur du chirurgien (1724-1816). (Chapelle.)

En face de l’hôpital se trouve le square Tenon qui date de 1880. Nous voyons dans ce square un groupe en bronze représentant l’Aveugle et le Paralytique, et le buste du docteur Métivier, dû à une souscription.

N° 10 bis. Impasse de la Chine, qui possède au 7 une villa Léontine.


Rue de Ménilmontant.


Date du xviie siècle. S’appelait chaussée de Ménilmontant avant 1851. Nom actuel en 1869.

Ménilmontant (Mesnil mantems au xviiie siècle, et Mesnil montant au xviie, en raison de sa situation escarpée) était jadis un hameau de Belleville. L’abbaye St-Antoinc, la maladrerie de St-Lazare, le vicomte de Corbeil, le prieuré de Ste-Croix de la Brelonnerie y possédaient des biens. Le château de Ménilmontant avait été construit par Michel Le Peletier, seigneur de St-Fargeau, sous Louis XIV. Il était situé à peu près sur remplacement des réservoirs de Ménilmontant et le parc s’étendait jusqu’à la rue de Belleville.

157-155. Vastes jardins avec pavillons anciens.

145. Maison des Saint-Simoniens. Ancienne propriété du père Enfantin. En 1831, les St-Simoniens ayant résolu de vivre en commun s’y retirèrent au nombre d’une quarantaine, mais ils se dispersèrent peu après. Dans cette maison, qui date du xviiie siècle, le docteur Pinel avait établi en 1826 une maison de santé.

114. Emplacement de l’ancienne impasse Godelet (1805) qui porta le nom d’impasse de Ménilmontant jusqu’en 1848.

119. École des Sœurs de St-Vincent de Paul. Fut, dit-on, la propriété du comédien Favart. Le joli pavillon orné d’un fronton et d’une colonnade est dit : pavillon de Mme de Pompadour (?)

94. Rue Boyer. S’appelait rue du Pont-de-Turbigo avant 1864. Nom actuel en souvenir du médecin (1802-1858). Au 16 se trouve le passage Laurence-Savart, qui doit son nom à la fille du propriétaire. Au 10 était la rue Herbaud, ouverte en 1901 et supprimée peu de temps après.

107. Rue de l’Ermitage (1843). La partie qui s’étend entre la rue des Pyrénées et le tronçon de la rue Olivier-Métra date de 1863. Au 14 est la villa de l’Ermitage qui s’appela passage de l’Est avant 1877. Dans cette villa de l’Ermitage se trouve la cité Leroy, qui doit son nom au propriétaire. Au 62 de la rue de l’Ermitage se trouve une amorce de la rue Charles-Firedel qui doit aboutir un jour 47, rue Pixérécourt. Cette rue doit son nom à Charles Friedel, chimiste (1802-1899).

101. Rue des Cascades. Au commencement du xixe siècle ce n’était qu’un sentier qui devint rue en 1837. Classée en 1877. Au 55 se trouve la rue de Savies, qui s’appelait rue St-Martin avant 1869. Le nom de Savies est l’ancien nom de Belleville. Entre le 42 et le 40 de la rue des Cascades, au sommet de cette curieuse rue de Savies qui est montueuse et garnie de bornes, se trouve le regard St-Martin avec une inscription. C’était une fontaine pour l’usage des religieux de St-Martin de Cluny et de leurs voisins les Templiers. Ce regard fut restauré à frais communs en 1633 et 1732. Au 17, se trouve, dans une propriété particulière, le regard dit des Messiers qui a été reconstruit en 1811.

81. Rue Henri-Chevreau. Date du second Empire. Nom en souvenir de l’ancien ministre et préfet de la Seine en 1870.

79. Passage de la Station-de-Ménilmontant.

71. Rue de la Mare, dont la notice est à la suite de la rue de Ménilmontant.

67. Place de Ménilmontant (1851). Sur cette place se trouve l’église Notre-Dame de la Croix de Ménilmontant commencée en 1863 par Héret, sur l’emplacement d’une chapelle primitive de 1823. Elle fut livrée au culte en 1869 et achevée en 1880.

L’église est longée au nord par la rue d’Eupatoria qui s’appela rue de l’Alma avant 1864. Au 13 de cette rue se trouve le passage d’Eupatoria, qui est assez curieux. C’est à Eupatoria en Crimée que les troupes françaises débarquèrent en 1854.

67. Vieille maison avec enseigne du Petit Bossu.

42. Rue Delaître. (Nom de propriétaire.)

40. Emplacement de l’ancien bal des Barreaux verts.

49. Vieille maison ainsi qu’au 38. Au 34, façade modem style (1903).

30. Galerie Ménilmontant (1900) et au fond Phénix Cinéma.

39. Emplacement d’une ancienne chapelle protestante. Aujourd’hui Comptoir d’Escompte.

37. Vieille maison ainsi qu’aux 35, 33, 31.

22. Rue Victor-Letalle (1881). (Nom de propriétaire.)

27. Là se trouvait jadis le Bal des Grands-Pavillons.

6. Au Marteau d’Or.

4. Là se trouvait l’entrée de l’ancienne salle Graffard, qui avait été en 1827 un bal dit aux Armes de France, puis hôtel garni. (Voir 138, boulevard de Ménilmontant.)

2'. Au Balcon. Vieille maison.

1. Au Joueur de vielle (enseigne).


Rue de la Mare.


Cette assez curieuse rue n’était qu’un chemin au xviie siècle.

N° 1. Passage Notre-Dame-de-la-Croix. S’appelait passage Piat avant 1881. Au 13, se trouve la cité Billon, et au 17 la cité de l’Isly. A côté de cette dernière cité se trouvait l’impasse Piat qui n’existe plus.

N° 14. Impasse de la Mare, qui longe le chemin de fer, à côté d’une passerelle qui franchit la voie.

38. Au fond d’une propriété, regard triangulaire dit de la Roquette d’où les religieux de la Roquette tiraient leur eau. Ce regard a été restauré en 1812. A l’intérieur se trouve un écusson sculpté aux armes du chancelier de Chiverny qui était propriétaire de la Roquette : c’était le regard particulier de ce seigneur.

71. Rue des Envierges. Tracée en 1730. L’origine du nom vient peut-être du mot envigné, à cause des vignobles. Au 15 est la cité des Envierges, éclairée à l’huile. Au 3 et au 11 est la villa Faucheur. A l’extrémité de la rue des Envierges on a un beau panorama.


Boulevard de Belleville (1789) (côté pair).


Ce boulevard faisait partie des boulevards dits extérieurs de l’enceinte des fermiers généraux.

Belleville s’appelait au viie siècle Savies et ce nom en langue franque signifiait : montagne sauvage. Les rois mérovingiens y avaient une villa. Les premiers Capétiens y donnèrent des terres aux monastères parisiens, et c’est ainsi que le Prieuré de St-Martin-des-Champs y possédait un territoire assez étendu, grâce à la donation d’Henri Ier. Plus tard Savies fut morcelé en plus de 17 seigneuries dont celle du Grand Prieuré de France au xviiie siècle. Les moines de St-Martin utilisent les sources, et l’aqueduc, mentionné en 1634, est réparé en 1457. La montagne de Savies est appelée Portronville pendant le moyen âge, puis Belleville-sur-Sablon. Une paroisse y est créée en 1543. Les moulins de Belleville s’appelaient : Basset, Neuf, Petit, du Coffre, de la Motte, En Diable, etc. Jean Bordier, argentier de la petite écurie du Roi, et Marie Bricart, sa femme, y fondent un couvent de pénitents en 1658. La Révolution fit de Belleville une commune et un chef-lieu de canton de l’arrondissement de St-Denis. En 1814 Belleville fut le théâtre de la lutte contre les Alliés et fut enlevé par Bliicher. Annexé à Paris en 1800. Belleville fut appelé le mont Aventin de la démocratie, et Gambetta en fut constamment député.

120. Rue Lemon. (Nom de propriétaire.)

118. Ancien concert du Progrès. Cinématographe parisien.

108. Rue Ramponeau (1837). La partie située entre la rue de Tourtille et la rue Julien-Lacroix a absorbé, en 1884, l’ancienne impasse de Tourtille. Son nom vient de Jean Ramponeau, célèbre cabaretier du xviiie siècle qui tenait sa guinguette à la Courtille avant de s’installer en 1760 à la Barrière Blanche. Au 1, vieille maison.

86. Rue Bisson. Doit son nom au lieutenant de vaisseau Bisson (1796-1827) qui se fit sauter avec son équipage pour ne pas se rendre aux Turcs. Au 42, se trouve la cité Bisson.

74. Rue de Pali-Kao (1864). Faisait partie du square Napoléon avant 1877. Nom actuel en souvenir de la victoire de 1860.

64. S’intitule : A mon Château.

58. Ici s’ouvre la rue des Couronnes dont la notice est après le boulevard de Belleville.

54. Vieille maison.

42. Passage Deschamps' qui aboutit rue du Pressoir qui a été ouverte en 1843. Dans cette dernière rue nous trouvons, au 22, l’impasse du Pressoir, et au 16, l’impasse Célestin.

20. Rue des Maronites (1838). S’appela rue de Constantine avant 1867. Les maronites sont des catholiques du Liban et la rue doit son nom au voisinage de la rue du Liban qui s’ouvre au 46. Cette rue du Liban s’appela rue des Arts avant 1877 : elle possédait, au 1, une impasse du Liban qui a été absorbée par la rue Étienne-Dolet.

6. Rue Étienne-Dolet (1878). Nom en souvenir de l’imprimeur philosophe (1509-1546). Au 16, se trouvait il y a quelques années le temple protestant de Ménilmontant qui a disparu.

4. L’Épatant (salle de Théâtre-Cinéma).


Rue des Couronnes.


La rue, ouverte en 1837, fut terminée en 1876 sur l’emplacement du hameau des Hautes-Bornes. Doit son nom à une enseigne.

2. Enseigne du Réveille-Matin.

29. Rue Vilin (1863). (Nom de propriétaire). Au 48, se trouve le curieux passage Vilin, qui s’appela passage Dubois avant 1877.

52. Impasse des Couronnes.

45. Passage Julien-Lacroix. Précédemment passage des Envierges avant 1877.

65 bis. Passage Piat. Ce curieux passage qui est encore éclairé à l’huile commence par un escalier bordé de palissades. (Nom de propriétaire.)

83. Passage Plantin. (Nom de propriétaire.)

95. Rue du Transvaal (1900). Au 18, s’ouvre la rue Botha qui s’appelait, avant 1905, passage de la Mare après s’être appelée passage de l’Isly. Cette petite rue Botha, qui possède au 12 une cité de l’Union, doit son nom au général transvaalien qui s’illustra dans la campagne de 1898 à 1902.


Boulevard de Ménilmontant (1789) (coté pair).


Formé des anciens boulevards de Fontarabie, d’Aunay, des Amandiers, etc., réunis sous une même dénomination en 1864.

138. Ici était l’ancienne salle Graffard (1856), célèbre par ses réunions politiques sous le second Empire. Aujourd’hui Concert du xxe siècle.

130. Rue des Panoyaux (1837). La partie qui s’étend entre la rue des Amandiers et la rue des Plâtrières s’appelait avant 1868 rue du Chaudron. L’origine du nom vient de « pas noyau », parce que, dit-on, cette région produisait un raisin sans pépin (pas noyau) (?). Au 6, est l'impasse des Panoyaux éclairée à l’huile. Au 26 est le passage Rivière (nom de propriétaire), également éclairé à l’huile et garni de bornes. Au 37, est la cité du Labyrinthe ainsi dénommée en 1877. Au 37, s’ouvre la rue des Églantiers qui s’appelait passage des Roses avant 1873. Dans cette dernière rue, au 5, se trouve la cité Maisonneuve.

106. Impasse Monplaisir. Le nom vient d’un ancien cabaret.

100. Rue des Cendriers (1851). Prolongée en 1860. Son nom vient du lieu dit. Au 46, est l’impasse Milcent.

90. Cité Leroux-Collard. (Non classée.)

76. Rue de Tlemcen. S’appela rue Mogador de 1840 à 1869. Au 13, se trouve la rue Auguste-Métivier qui avant 1910 s’appela passage de Tlemcen, après s’être appelée passage Petit avant 1877.

Cimetière de l’Est dit du Père-Lachaise.

L’emplacement au moyen âge s’appelait le Champ l’Évêque. Plus tard un riche épicier, Regnault, y fit construire une folie dont les Jésuites devinrent propriétaires en 1636. En 1652 ils y reçurent Louis XIV. Ils appliquèrent alors à la folie Regnault, le nom de Mont-Louis, mais ce lieu était déjà connu sous ce nom antérieurement, certainement sous Louis XIII, et peut-être sous St Louis, mais antérieurement à Louis XIV. Peu après sa réception à la folie, le Roi Tacheta pour la donner au père Lachaise, qui fut son confesseur de 1676 jusqu’en 1709. Le père Lachaise y apporta des améliorations. Après la mort du père Lachaise, Mont-Louis revint aux jésuites. Propriété nationale de 1790 à 1804. Repris par la ville. M. Frochot, préfet de la Seine, y créa à cette époque sur les plans de Brongniart son vaste cimetière dit de l’Est, mais communément appelé : le Père-Lachaise.

Ce cimetière contient les tombes d’Alfred de Musset (ombragée par un saule mesquin), de Casimir Perier, de Rossini, de Mlle Mars, de Géricault, d’Hérold, d’Héloïse et d’Abailard, de La Fontaine, de Molière, de Rachel, de Thiers, etc. Là également sont enterrés : Félix Faure, Boiëldieu, Girodet, H. Lebas, Pils, Mérimée, E. Delacroix, Dubufe, Rosa Bonheur, Daumier, Corot, Daubigny, P. Lelong, Crozatier, Chaplin, Bizet, A. Gill, Triquetti, Auber, Visconti, Grétry, Baudry, Chérubini, Méhul, Duret, L. Cogniet, Ingres, Gros, Pradier, Couder, Hersent, L. David, David d’Angers, Brongniart, Isabey, G. Doré, Bosio, Barye, Abadie, Flandrin, Couture, Ney, Masséna, Kellermann, Balzac, Casimir Delavigne, Bernardin de St-Pierre, Frédéric Soullié, Ledru-Rollin, Talma, Guillaumet, comtesse Demidoff, les aéronautes Crocé Spinelli et Sivel, Alan Kardec, Raspail, Delescluzes, Blanqui, Jules Vallès, Falguière, Auguste Comte, Sully Prudhomme, E. Colonne, J. Moréas, le vicomte M. de Vogué, etc., etc.

Là aussi se trouvent le mur des Fédérés, le monument commémoratif de Buzenval, le monument des Morts, œuvre de M. Bartholonié, etc. (Four crématoire, Columbarium. Cimetière musulman. Cimetière juif, etc.)

6. Vieille maison. Auberge de l’Ours.


Boulevard de Charonne (1789) (côté pair).


Formé des anciens boulevards de Montreuil, de Charonne, de Fontarabie, et des chemins de ronde de Vincennes, de Montreuil et de Fontarabie. Dénomination unique en 1864.

Charonne est mentionné dès 1008. L’abbaye de St-Magloire y possédait des terres à cette époque. Au moyen âge des communautés religieuses se partagent Charonne en plusieurs fiefs dont les plus importants étaient la folie Regnault qui appartenait au chapitre de Notre-Dame de Paris, et le lieu connu sous le nom de Mont-Louis qui en dépendait. (Filles de l’Union chrétienne établies primitivement à Charonne. Communauté de l’Adoration du St-Sacrement de 1687 jusqu’à la Révolution.) Le parc du château de Charonne était situé à gauche du grand chemin de Paris à Bagnolet, au delà du carrefour formé par la rue des Orteaux et en deçà de l’église. Il occupait par suite la région nord-est de l’enclos actuel du Père-Lachaise entre la rue des Pyrénées et la rue de la Réunion.

222. Rue Pierre-Bayle. S’appela rue de l’Air, puis rue des Rats au xviiie siècle. Nom actuel en 1901 en souvenir du philosophe (1647-1706).

194. Rue du Repos. Date du xviie siècle. S’appela rue St-André. Nom actuel en 1873 à cause du voisinage du cimetière. Au 8, vieille et curieuse maison. Au 4, s’ouvre la rue Lespagnol qui doit son nom au propriétaire et qui n’est qu’une impasse.

No° 182. Petit pavillon orné de sculptures.

114. Rue Alexandre-Dumas. (Partie située à l’Est du boulevard de Gharonne) (1872). Nom en l’honneur du romancier (1803-1870). Au 89, est l’impasse Alexandre-Dumas.

108. Rue de Terre-Neuve. En 1830 c’était la rue des Hautes-Vignoles. Nom actuel en 1875.

48. Casino des Familles.

Le boulevard de Charonne, qui se prolonge jusqu’au cours de Vincennes, n’offre rien de particulièrement intéressant. Rappelons qu’en 1882 le lieutenant-colonel des sapeurs-pompiers, Froidevaux, périt au terrible incendie qui eut lieu sur ce boulevard. Au 150, prend naissance la rue de Bagnolet.


Rue de Bagnolet.


S’appelait rue de Fontarabie entre le boulevard de Gharonne et la rue de Fontarabie, puis rue de Paris entre le boulevard et la place St-Blaise, puis route départementale avant 1868. Elle conduisait au village de Bagnolet et était indiquée sur les plans du xviie siècle. Nom actuel en 1868 dans toute son étendue.

2. Cabaret de la Tète de Cochon (1793).

5. Bagnolet-Cinéma (1909).

18. Vieille maison. La rue d’ailleurs en possède plusieurs.

15. Cité Aubry qui finit au 35. Cette cité éclairée à l’huile possède plusieurs petites maisonnettes assez curieuses comme celles qui s’étendent entre le 11 et le 13. Près du 16, au-dessus du pilier d’une grille, nous voyons un chapiteau ancien. A côté de cette grille se trouve la villa Ribérolle qui doit son nom au propriétaire. La cité Aubry et la rue Ligner (39, rue de Bagnolet) sont sur l’emplacement du château de Charonne qui, au début du xviie siècle, appartenait à la famille de Bragelonne, en 1730 au marquis de Lenoncourt, en 1755 à François Thoré, écuyer, possesseur de la terre et seigneurie de Gharonne, qui y mourut en 1782, époque à laquelle le château passa aux mains de Bernard Delaître, écuyer.

26. Rue Monte-Cristo (1889). Nom en mémoire de l’île de la Méditerranée et du roman d’Alexandre Dumas. La rue Monte-Cristo se termine en impasse. Au 12, sur les piliers de la porte, vases assez artistiques.

39. Rue Ligner. Primitivement impasse puis passage Ligner avant 1908. (Nom de propriétaire.) Cette rue, qui finit au 55, est comme la cité Aubry sur l’emplacement de l’ancien château de Charonne.

42. Rue des Orteaux. En 1730 c’était une avenue qui conduisait au château de Charonne. Rue Madame avant 1869, puis nom actuel. Ce nom vient du vieux mot français : orteau, dérivé de hortus (jardin). Au 16, est l’impasse des Orteaux, qui il y a quelques années était le passage des Orteaux et correspondait avec l’impasse de l’Ile-de-France, située rue de la Réunion. Ce passage a été bouché. Au 42, nous voyons un vieux puits dans une cour. Au 27, était le passage Brémant qui allait rejoindre la rue de Fontarabie au 16, et qui a disparu,

77. L’impasse qui se trouve ici et qui se heurte contre l’école communale de filles de la rue de Lesseps porta pendant quelque temps le nom de rue de Suez. Cette rue avait été ouverte en 1889 et aboutissait rue de Lesseps.

83. Rue de Lesseps (1889). Nom en l’honneur du « Grand Français » (1805-1894).

85. Villa Godin. Cette villa où se trouvent plusieurs petits jardinets n’est pas classée.

82 bis. Cité Adrienne. Précédemment villa Adrienne. Doit son nom à Mme Adrienne Desmont qui la fit ouvrir en 1896.

103. Assez vieille maison. (Brasserie Georges.)

109. Cour des Jumeaux. (Non classée.)

104. Au Père Manseau (enseigne peinte).

106. Cinéma Orchestre des Familles (1909).

106. Rue Florian. S’appela rue du Château de 1844 à 1867. Nom actuel en l’honneur du fabuliste (1755-1794). Au 13, s’ouvre la rue Galleron, qui s’appela Petite-Rue de Fontarabie avant 1864 et qui doit son nom actuel au célèbre jardinier qui préconisa la culture de la pêche de Montreuil.

119. Place St-Blaise. S’appelait au xiiie siècle place de la Mairie. Nom actuel en 1867. Sur la place qui possédait jadis l’ancienne mairie se trouve l’intéressante église St-Germain de Charonne.

L’église St-Germain de Charonne renferme des parties du xie siècle. La base du clocher est du xiie siècle. L’église a été édifiée sur l’emplacement où Ste Geneviève fit ses vœux. Une inscription placée dans l’église nous dit que St Germain, évêque d’Auxerre, patron de cette église, passant par Charonne, y rencontra et y bénit pour la première fois Ste Geneviève de Nanterre (429). Une autre inscription nous dit que l’église a été consacrée le 16 juillet 1450 par Mgr Guillaume Chartier, évêque de Paris. C’est la seule église de Paris qui soit encore entourée par son cimetière.

Ce petit cimetière possède le tombeau assez curieux de Magloire Bègue, un des secrétaires particuliers de Robespierre, qui après Thermidor s’était réfugié chez son ami Herbeaumont, serrurier d’art à Gharonne. Il s’y livra à l’horticulture et créa une rose qui porte encore son nom (Rose Magloire). La Restauration fit gratter les inscriptions dithyrambiques qui étaient sur le piédestal, et c’est ainsi que nous n’y voyons plus que des points, mais la statue en bronze de Magloire Bègue est toujours là. L’ancien horticulteur est costumé en bourgeois de la Restauration : il tient d’une main une canne et de l’autre un bouquet de fleurs.

123. Rue des Prairies, dont la notice est à la suite de la rue de Bagnolet.

142. Rue des Balkans. Était indiquée au xviie siècle, et s’appela rue de Vincennes. Nom actuel en 1877. Cette rue longe l’hospice Debrousse.

137. Petit pavillon ancien.

148. Hospice Debrousse (1885). A droite en entrant nous voyons un gracieux pavillon Louis XV qui fut acquis par l’Administration de l’Assistance publique avec les fonds légués parla baronne Alquier-Debrousse. Ce pavillon faisait partie de l’ancien château de Bagnolet qui avait appartenu au Régent. Il s’appelait à l’origine l’Hermitage, et le Régent y jouait au billard. La propriété fut morcelée et vendue au milieu du xviiie siècle. Fernand de Sandrecourt en était propriétaire de 1783 à 1787 et l’avait louée à M. Morel de Joigny, avocat au Parlement. Jean de Batz l’acquit et y logea avec sa maîtresse, Marie Grandmaison, qui périt sur l’échafaud. Batz, qui avait acheté en 1787, mit la propriété en 1792 sous le nom de Grandmaison, directeur des postes à Beauvais et frère de Marie. Son successeur, François Babin, se débarrassa de la propriété en 1794.

150. Ici se trouvait la fondation Tisserand, asile de vieillards qui a été englobé dans l’hospice Debrousse.

154. Ici se trouvait l’hospice Braille, pour les jeunes aveugles, qui a été démoli et englobé dans l’hospice Debrousse, qui s’étend depuis 1905 au sud jusqu’à la. rue Vitruve.

143. Rue Pelleport. (Partie comprise entre la rue de Bagnolet et la rue Belgrand.) Ce tronçon n’offre rien de particulièrement intéressant. Au 12, pavillon avec jardin.

149. Rue des Lyannes. Nom donné par le propriétaire. Au 16 est la villa des Lyannes.

158. Vieille maison.

164. La cour qui s’ouvre ici s’appelait vers 1890 cour Antoine-Leclaire.

171. Rue de la Py. C’était jadis le chemin de la Py avant 1677. Ce nom de la Py vient du lieu dit. Au 8 s’ouvre la rue Martin-Garat, qui s’appela sentier de Traverse-de-la-Py. Le nom actuel a été donné en mémoire de Martin Garât, qui fut le premier directeur général de la Banque de France (1748-1830).

La rue de Bagnolet aboutit à la porte de Bagnolet et au 229 du boulevard Davout que nous allons suivre.


Rue des Prairies (1844).


S’appela précédemment sentier du Centre de la Cour-des-Noues. Doit son nom à sa situation champêtre.

5 bis. Chemin du Parc-de-Charonne. Formé en 1812 sur l’ancien parc. Ce chemin, qui se trouve en face des Réservoirs, allait encore en 1905 jusqu’au chemin de fer de Ceinture. Il se heurte actuellement en impasse à hauteur de la rue Stendhal.

21. Rue Lisfranc. Jadis sentier de la Traverse. Nom actuel en 1875 en souvenir du chirurgien (1788-1847). Cette rue assez curieuse, et qui possède encore son ruisseau de milieu, est éclairée par des petites lanternes à gaz placées le long des murs.

32. Rue de l’Indre. Simple sentier en 1812, fut appelée rue Mondétour en 1844, probablement à cause de sa forme. Nom actuel en 1877.

40. Rue Leuck-Mathieu. (Nom de propriétaire.)

55. Là se trouvait la cité Dubourg (1877) aujourd’hui fermée.

80. Rue du Clier. Précédemment chemin puis rue du Retirait. Nom actuel en 1877.

89. Théâtre-Cirque Corvi.


Boulevard Davout.


Faisait partie de la rue Militaire. Nom en 1864 en l’honneur du maréchal (1770-1823). Ce boulevard a un aspect assez sauvage et on y rencontre sans cesse des troupeaux de bœufs ou de moutons se rendant à la Villette. En montant sur les fortifications on a une vue superbe sur Vincennes et son donjon, sur Romainville et sur l’Est parisien. Au 109 se trouve la rue St-BIaise.


Rue St-Blaise.


Au xviie siècle, c’était le chemin principal du village de Gharonne. S’appela rue St-Germain en 1771. Nom actuel en 1867.

36. Rue Mouraud. S’appela rue du Clos-Réglise, puis sentier Mouraud de 1130 à 1877.

58. Rue du Clos (1844). Doit son nom au clos Réglise qui était réputé pour son vin.

49, Restes d’un ancien parc.

46. Rue Courat (1730). Dénommée ainsi par son propriétaire en 1844.

46. Jolie porte ornée d’un mascaron et beau parc. Là fut une ancienne savonnerie puis le couvent des Dames de la Providence avant 1906. Actuellement usine Gallia.

31. Place des Grès (1844). Cette jolie petite place, qui tire son nom d’un ancien dépôt de grès, a un aspect pittoresque et tout à fait provincial.

26. Impasse des Deux-Portes qui communique par des cours avec la rue Galleron.

24. Statuette de la Vierge dans une niche grillée.

21. Jeu de boules, très fréquenté dans ce quartier.

15. Rue Riblette. Cette rue, qui existait dans l’ancien village de Charonne, est très ancienne et s’appelle ainsi on ne sait pourquoi depuis 1844. (Sans doute le nom vient d’un propriétaire.) Elle est indiquée sur le plan de Jouvin de Rochefort (1672) et fut classée en 1863. Au 19 se trouve la cité Leclaire (1885) éclairée à l’huile.

N° 5. Joli hôtel du xviiie siècle avec fronton et guirlandes.

La rue St-Blaise, à hauteur de la place des Grès, est coupée par la rue Vitruve qui nous amènera au centre du vieux Charonne.


Rue Vitruve.


La partie très ancienne entre le boulevard Davout et la rue St-Blaise était en 1849 la rue Aumaire, dans l’ancien village de Charonne ; l’autre partie entre la rue St-Blaise et la rue de la Réunion s’appelait rue des Ecoles. Ces deux rues ont été réunies en 1864 et le nom actuel a été donné en l’honneur de l’architecte romain né vers 85 avant J.-C.

68. Pavillon ancien.

58. Au-dessus de la porte d’entrée nous lisons une ancienne inscription : « Deus… hœc otia fecit ». Fut, dit-on, un ancien couvent. Le 56 a servi d’école.

55. Ancienne maison ainsi qu’au 53.

42. Du 42 au 40 nous longeons les murs de l’ancien couvent des Dames de la Providence.

7. Passage Fréquel. Eclairé à l’huile. (Nom de propriétaire.)

Nous sommes arrivés place de la Réunion, où le sentier de la Pointe nous conduira rue des Vignoles.


Rue des Vignoles.


Au xviiie siècle c’était un petit sentier rural. S’appela rue des Basses-Vignoles puis rue des Vignoles en 1873. Le nom vient de vignes (vignobles).

94. Impasse Satan.

86. Impasse Rançon. (Nom de propriétaire.)

84. Impasse Savart, éclairée par des lanternes à poulie.

78. Impasse des Vignoles. S’appela impasse Milan avant 1877. Cette curieuse impasse, comme ses voisines, est éclairée à l’huile,

72. Passage Josseaume. (Nom de propriétaire.)

71. Sentier de la Pointe (1830).

48. Rue Michel-de-Bourges. S’appela passage des Vignoles avant 1894. Nom actuel en souvenir du député républicain Michel, né à Aix et journaliste à Bourges (1798-1853). Dans cette rue se trouve, au 10, l’impasse de la Loi qui avant 1877 s’appelait impasse de la Nation.

47. Impasse St-Pierre. Éclairée à l’huile.

20. Ici se trouvait l’impasse de la Confiance qui avant 1877 avait porté le nom d’impasse Meunier.

33. Impasse des Souhaits. Ex-impasse de l’Espérance.

30. Impasse de Bergame. S’appela impasse Chabrol avant 1877.

25. Impasse des Crins. On y tondait les chevaux jadis.

26. Impasse Poul. (Nom de propriétaire.) Eclairée à l’huile.

51. Impasse de Casteggio. S’appela impasse de Montebello avant 1877. Cette impasse, qui est éclairée à l’huile, a reçu son nom actuel en souvenir de la victoire de 1800.

22. Impasse Rolleboise. (Nom de propriétaire). Éclairée à l’huile.

15. Impasse Véran (1856). S’appela rue St-Charles. Nom actuel en 1864 en souvenir d’un conseiller municipal du quartier.


Rue des Haies.


Au xviie siècle c’était un chemin qui s’appela chemin du Petit-Charonne. Nom actuel en 1844. Dans cette rue se trouvent des lavoirs assez pittoresques.

47. Passage des Haies. Ce curieux passage est éclairé par une lanterne à poulie.

51. Assez curieuse enseigne représentant une vache avec l’inscription : « Emile Dollet, nourrisseur, successeur de son père ».

70. Impasse de la Providence.

86. Passage Commun (non classé).

97. Auberge du Cheval Blanc. (Enseigne).

100. Passage Dagorno. (Nom de propriétaire.) Eclairé à l’huile.

107. Passage Dieu. (Nom de propriétaire.) Au 3 du passage se trouve l’impasse Gros. (Nom de propriétaire.) Au 5 est l’impasse St-Paul. Ce passage, comme les passages et impasses des environs, est éclairé à l’huile par les habitants.

Tout ce quartier de la rue des Vignoles, de la rue des Haies, etc., est curieux et il est parfois intéressant de s’y promener le soir.


Rue de la Réunion.


La partie située entre la rue de Bagnolet et la place de la Réunion s’appela rue du Centre. Nom actuel dans toute l’étendue en 1875. La rue réunissait le Grand et le Petit Charonne. La partie qui s’étend entre la rue de Bagnolet et le cimetière du Père-Lachaise s’appelait impasse Bouland et a été réunie à la rue en 1889.

29. Là se trouvait il y a quelques années l’impasse des Antilles qui a disparu.

58. Niche privée de sa madone. En 1908 une statuette se trouvait encore dans la niche alors grillée et la maison avait comme enseigne : A la Vierge de la Réunion.

62. Place de la Réunion dénommée en 1850 par une délibération du Conseil municipal de Charonne. Sur la place, au 61, se trouve l’impasse de la Réunion.

95. Impasse de l’Ile-de-France. S’appela impasse du Lavoir avant 1877 et correspondait avec le passage des Orteaux devenu impasse.

106. Crèche Ste-Amélie et Crèche laïque de Charonne réunies (1872-1903).

121. Ici se trouvait le temple protestant de la Réunion disparu avant 1900.

Nous sommes revenus rue de Bagnolet non loin de la station du Métropolitain.