Principes de la musique et méthode de transposition, 4e édition/p1/1d


SYSTÈME DES CLEFS.
PAR RAPPORT AUX INSTRUMENTS.



38. À l’époque où le système des clefs a été imaginé, les instruments, très-imparfaits, étaient d’une étendue fort bornée, et la musique créée pour eux pouvait facilement s’écrire au moyen de ces différentes clefs, sans dépasser de beaucoup la portée.

Il n’en est plus de même aujourd’hui. Certains instruments atteignent, soit au grave, soit à l’aigu, des sons tellement éloignés des limites primitives, que le système des clefs devient insuffisant, et qu’il faut alors avoir recours à l’emploi d’un grand nombre de lignes supplémentaires.

 
39. Cependant, quand le nombre de lignes supplémentaires doit être très-grand, on retombe en partie dans la difficulté de lecture que l’emploi des clefs avait pour objet de prévenir. Or, pour obvier à cet inconvénient, on a souvent recours au procédé suivant :

On écrit les notes d’en haut une octave au-dessous, et les notes d’en bas une octave au-dessus, en indiquant la véritable position de ces notes par les mots ottava alta, ottava bassa, et par une ligne tremblée ou pointée, appelée ligne d’octave, qui se prolonge pendant toute la durée du passage transposé.

Lorsque les notes reprennent leur place véritable, on en est averti par le mot loco et par l’interruption de la ligne d’octave.

Ligne d’octave.



EXEMPLES :


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40. Ajoutons que, pour certains instruments, la musique est entièrement écrite à un autre diapason que celui auquel l’instrument doit la rendre. Ainsi, la contre-basse donne les notes une octave plus bas qu’on ne les lui écrit ; la petite flûte les donne une octave plus haut.

La connaissance du mode d’écriture particulier à de tels instruments, et la permanence de la transposition qui leur est propre, dispensent de toute indication à cet égard dans la notation.

 


RÉSUMÉ.


A. Les voix sont partagées en deux classes : voix d’hommes et voix de femmes ou d’enfants.

B. Les voix de femmes (ou d’enfants) sont plus aiguës d’une octave que les voix d’hommes.

C. Chacun de ces genres de voix se divise en plusieurs espèces.
xxxxIl y a :

xxxxxxLa voix basse des hommes, la basse ou basse-taille.
xxxxxxLa voix élevée des hommes, le ténor ou taille.
xxxxxxLa voix basse des femmes, le contralto.
xxxxxxLa voix élevée des femmes, le soprano ou 1er dessus.

D. Il y a en outre des voix intermédiaires. Ces voix sont : pour les hommes, le baryton, entre la basse et le ténor ; la haute-contre, au-dessus du ténor et à l’unisson du contralto ; pour les femmes, le mezzo-soprano, ou second dessus, entre le contralto et
le soprano.
xxEn tout : sept voix, quatre d’hommes et trois de femmes

E. Les clefs propres à chaque voix sont :
xxLa clef de fa 4e ligne, pour la basse.
xxLa clef de fa 3e ligne, pour le baryton.
xxxx(Cette voix s’écrit actuellement sur la clef de fa 4eligne.)
xxLa clef d’ut 4e ligne, pour le ténor.

xxLa clef d’ut 3e ligne Accolade V9.svg pour la haute-contre ou 1er ténor.
x(Le 1er ténor s’écrit actuellement sur la clef
xxxd’ut 4e ligne.)
pour le contralto.

xxLa clef d’ut 2e ligne, pour le mezzo-soprano ou 2e dessus.
xxLa clef d’ut 1re ligne, ou la clef de sol, pour le soprano
xxxxou 1er dessus.
xxx(Toutes les voix de femmes ou d’enfants s’écrivent actuellement sur la clef
xxxxxxd’ut 1re ligne, ou sur la clef de sol.)

F. L’étendue commune de chaque voix est de treize degrés environ.

G. Le système des clefs a été imaginé pour les voix : or, le diapason de certains instruments dépasse souvent les limites de ce système ; dans ce cas, pour éviter l’emploi d’un trop grand nombre de lignes supplémentaires, on peut avoir recours à la ligne d’octave. Au moyen de ce signe, on écrit les notes une octave plus bas ou plus haut que le point où elles doivent être interprétées.

EXERCICE.


RÉPONDRE AUX QUESTIONS SUIVANTES :



Comment classe-t-on les voix humaines ? — A.
Quelle différence existe-t-il entre les voix d’hommes et les voix
Quelde femmes ou d’enfants ?
— B.

N’y a-t-il pas plusieurs espèces de voix d’hommes et
Quelplusieurs espèces de voix de femmes ou d’enfants ?
QuelQuelles sont les principales ?
— C.
N’y a-t-il pas des voix intermédiaires ? Quelles sont-elles ? — D.
Quelles sont les clefs propres à chaque voix ? — E.
Quelle est l’étendue commune de chaque voix ? — F.
Le système des clefs renferme-t-il le diapason de tous les
Quelinstruments, comme il embrasse l’étendue de
Queltoutes les voix ?
— G.
Quand les sons dépassent de beaucoup, soit au grave, soit à
Quell’aigu, les limites du système des clefs, à quel moyen a-t-on
Quelrecours pour éviter l’emploi d’un trop grand nombre de
Quellignes supplémentaires ?
— G.



EXERCICES PRATIQUES


DICTÉES D’INTONATION.



On connaît la GAMME, on a le moyen d’en écrire les sons ; il faut donc, dès à présent, s’exercer à les apprécier à l’audition et à les noter.

À l’aide d’exercices méthodiques et soutenus, présentés sous forme de DICTÉES, on arrivera à pouvoir noter la musique qu’on entend, comme à entendre mentalement la musique qu’on lit.

Pour commencer, voici comment on devra procéder. L’élève chantera ou jouera la gamme UT, RÉ, MI, FA, SOL, LA, SI, UT, en écoutant attentivement le son de chacun de ces degrés et les rapports d’intonation qui existent entre eux. Après cela, il écrira ceux de ces sons que le professeur jouera, un à un, lentement, sans les nommer.

Ces DICTÉES, très-progressives, ne contiendront d’abord que les notes de la gamme ci-dessus, isolées, puis combinées diversement et d’une manière successive, par groupes de sons plus ou moins nombreux.

Cet exercice, dont nous indiquerons les différentes phases au fur et à mesure que nous avancerons, devra être pratiqué FRÉQUEMMENT, jusqu’à ce que l’élève soit parvenu à reconnaître, à retenir et à noter avec exactitude et rapidité tous les sons qu’on lui fera entendre.