Poésies (Poncy)/Vol. 1/La chaloupe

PoésiesI (p. 97-98).

LA CHALOUPE



Bien que moins vive, et moins coquette
Que l’yole, ta sœur cadette,
Tu fends des flots la haute tête
Comme un rapide cachalot.
À cheval sur la blanche croupe
Des lames que ta quille coupe,
Tu semblés, ô large chaloupe !
Franchir la rade au grand galop.

Quand tu dors sous quelque bordage
De ton navire, un long cordage
S’agrafe à ton épais corsage,
Et, comme un bras ami, le ceint.

Puis, quand la mer hurle et se dresse,
Ton vaisseau sur ses flancs le presse,
Comme une mère, en sa détresse,
Étreint son fils contre son sein.



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