Poètes Moralistes de la Grèce/Notice sur Simonide d’Amorgos

NOTICE
sur
SIMONIDE D’AMORGOS
Par M. HUMBERT


Simonide d’Amorgos, fils de Crinès, vivait dans le viie siècle avant Jésus-Christ. Il était né à Samos, mais il ne resta pas dans cette ville. Il conduisit une colonie dans l’île d’Amorgos, une des Cyclades, et y fonda trois villes, Minoa, Ægialus et Arcésine ; c’est dans cette dernière qu’il semble avoir établi sa résidence. Plus jeune qu’Archiloque, il composa, après lui, et avant Hipponax, des vers iambiques. Il nous reste de ce Simonide, qui mérite d’avoir sa place parmi les moralistes, un assez long poème sur les femmes, sorte de boutade, parfois un peu rude et grossière, où l’on trouve de l’imagination, de la force et une sorte de gravité naïve.

Simonide d’Amorgos a souvent été confondu avec son illustre homonyme, Simonide de Céos, qui vivait plus d’un siècle après lui. Pendant longtemps les deux fragments des deux poètes ont été mêlés, et c’est ainsi qu’ils se trouvent dans les recueils que nous avons déjà cités, et en particulier dans le Sylloge poetarum græcorum, de M. Boissonade. Welcker est le premier qui les ait séparés et qui ait donné une édition séparée de Simonide d’Amorgos (Bonn, 1835, in-8).