Poème de l’amour/52


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LII


Tu ne peux avoir de bonté,
Malgré de studieux efforts,
Puisque le désir ni la mort
Ne t’ont suffisamment hanté.

— Si l’on pouvait mettre en lambeaux,
Rendre immobile et désarmer
L’être effrayant qu’on veut aimer,
Tout plaisir serait un tombeau !

C’est par peur de souffrir aussi
Que l’on recherche un tendre accord,
Et que l’amour a tant souci
De l’autre âme et de l’autre corps…