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LE BONHEUR ET LE DESTIN DES HOMMES 227

on lit ces belles paroles : « Il n'y a pour l'homme qu'une seule chose qui soit plus haute que lui— même, les autres hommes. » « Le solitaire n'est pas libre, puisqu'il est encerclé et dépendant dans le non-amour. » « La nature de plus en plus se libère et se comprend enfin dans l'homme. De même l'homme se libère définitivement dans le sacrifice. » (Traduction Baruzi.) Le héros du Bonheur s'exprimera comme les héros de Wagner. Cette doctrine sur la nature et l'humanité, qui éclaire et soulève l'œuvre de Sully Prudhomme, fournit les plus émouvantes péripéties des drames de Wagner, depuis le Vaisseau Fantôme jusqu'à Parsifal. Elle a inspiré la légende de Faustus et de Stella, de même qu'elle a donné à Wagner sa forte conception du symbole et de la légende. « Une légende, dit Wagner, est la traduction d'une détresse commune. » Définition admirable, qui s'applique au mythe de Faustus et aux mythes illustrés par la musique de Wagner. Lohengrin et Parsifal, Tristan et Tannhauser expriment la détresse de l'amour succédant à de brèves ivresses et la joie du sacrifice survivant aux plus cruelles souffrances : c'est le suprême enseignement que Faustus nous apporte. Ces rapprochements s'opè-