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LES ANCÊTRES

combien d’autres, fêtés en France et à l’Étranger…[1].

De l’Antiquité au XXe siècle.

Comme nous ne pouvons parler que des œuvres consacrées par le temps, il faut terminer ici l’examen des grandes étapes de notre art, de son curriculum vitæ.

Mais, avant de conclure, résumons-les brièvement.

Première étape :

De toute l’Antiquité grecque jusqu’au ive siècle de notre ère, il ne reste, s’accordant plus ou moins avec les théories d’alors, que la Chanson de Tralles, le Credo de Nicée et le Te Deum.

Du ive au xiiie siècle, la mélopée de l’église latine.

Du xiiie au xviiie siècle, la polyphonie vocale.

Enfin, depuis 1600, la Symphonie, la Cantate, le Drame lyrique…

Et l’évolution continue lente, combien lente, pendant plus de vingt siècles ! Au xviiie, le mouvement s’accélère. Pendant les xviiie et xixe, la

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  1. Je saisis l’occasion et j’ai le devoir de m’inscrire ici en faux contre une légende obstinément propagée je ne sais dans quel intérêt. On a dit et écrit que le Conservatoire avait brillé par son absence aux obsèques de Franck. La vérité est que le directeur, Ambroise Thomas, retenu par l’examen de cent vingt candidates au concours d’admission et d’ailleurs fort souffrant, s’était fait représenter par Delibes, professeur de composition, membre de l’Institut. Je vois encore Delibes, à côté du fils de Franck, répondant officiellement aux condoléances d’une foule émue dans laquelle se trouvaient la plupart de nos collègues, ainsi qu’il advient chaque fois que l’un de nous disparait. C’est Ambroise Thomas qui, sur le conseil de Théodore Dubois, avait, en 1872, confié la classe d’orgue du Conservatoire à César Franck.