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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/96

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être agréable, répondit-il avec une franchise trop voulue.

— Alors, il ne faut pas continuer, dit-elle brusquement.

Il s’arrêta net et, malgré l’obscurité, Julia sentit que son regard cherchait à la pénétrer.

— Ne pas continuer ?

— Hélez un hansom, je vous prie, je me sens lasse, dit-elle, brusquement dominée par la fatigue physique.

Aussitôt, plein de sollicitude, il sembla n’être occupé que d’elle. Il dit qu’en effet la minuscule salle avait été horriblement chaude, et puis cette diable de fumée de cigarette… il s’était bien aperçu une ou deux fois qu’elle était pâle ; non, il fallait qu’elle s’abstînt désormais de ces samedis… Et elle, déjà, se sentait prête à céder, subissant une fois de plus l’influence si pénétrante de l’amour de son mari pour elle, cherchant en l’homme qu’il était un appui et un soutien à sa propre faiblesse, avec la pleine conscience de ce complet abandon. Ils montèrent dans un hansom, et Julia glissa sa main dans celle de son mari ; quelques larmes lui vinrent aux yeux et elle les laissa couler. C’était tellement doux de pleurer sur des chagrins imaginaires !

Ce soir-là, après le dîner, elle fut surprise