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— Comment allez-vous, monsieur Haskett ? dit-elle, en lui donnant une poignée de main sensiblement moins cordiale.

Les trois hommes, fort gênés, restèrent debout devant elle. Varick, toujours le plus maître de lui, finit par se lancer dans une phrase explicative.

— Nous… j’avais à voir Waythorn un instant au sujet d’une affaire, balbutia-t-il en rougissant.

Haskett s’avança, avec son air habituel de doux entêtement :

— Je suis désolé de vous importuner, mais vous m’aviez fixé vous-même le rendez-vous à cinq heures.

Et il indiquait avec résignation la pendule de la cheminée.

Alice dissipa la gêne générale avec son geste charmant d’aimable maîtresse de maison.

— Je suis navrée, dit-elle, je suis toujours en retard, — mais il faisait si beau dehors !

Elle ôta ses gants, gracieuse, et cherchant à se faire pardonner, répandant autour d’elle une atmosphère d’aise et de bien-être qui fit disparaître le ridicule de la situation.

— Mais avant de parler affaires, ajouta-t-elle gaiement, je suis sûre que vous avez tous besoin d’une tasse de thé.