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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/66

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— Oh ! balbutia-t-il, fort gêné.

Il s’arrêta, ne voulant pas paraître mal élevé. Intérieurement, il cherchait à faire accorder le Haskett actuel avec l’image qu’il s’était figuré du premier mari de sa femme. Il se l’était représenté, d’après quelques mots d’Alice, comme un homme dur et violent.

— Je regrette de m’imposer ainsi, reprit Haskett, avec une politesse de petit boutiquier.

— Inutile de vous excuser, répondit Waythorn, se ressaisissant. Je suppose que la garde est prévenue.

— Je le pense ; je puis attendre, dit Haskett.

Il parlait sur un ton résigné, comme si la vie avait usé sa force de résistance.

Waythorn restait sur le seuil de la pièce, ôtant ses gants nerveusement.

— Je regrette qu’on vous ait fait attendre, répliqua-t-il. Je vais envoyer chercher la garde.

Et comme il ouvrait la porte, il ajouta avec un effort :

— Je suis content que nous puissions vous donner de bonnes nouvelles de Lily.

Il glissa sur le mot « nous » que Haskett ne parut pas remarquer.

— Merci, monsieur Waythorn. Cela a été, en effet, pour moi, une grande préoccupation.

— Enfin, ce cauchemar est passé maintenant,