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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/58

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plus de traces dans sa mémoire que sur son visage ? Avait-il assez complètement oublié sa femme pour que sa rencontre avec l’homme auquel elle était mariée depuis une semaine à peine ne fût pour lui qu’un simple incident de sa journée ?

Tandis qu’il méditait ainsi, une autre idée traversa son cerveau : Varick avait-il jamais rencontré Haskett, comme lui, Waythorn, venait de rencontrer Varick ? Cette pensée de Haskett le troubla ; il se leva et quitta le restaurant en faisant un détour pour éviter la douce ironie du salut de Varick.

Il était sept heures lorsque Waythorn rentra chez lui. Il se figura que le valet de pied qui lui ouvrit la porte le regardait d’un air narquois.

— Comment va miss Lily ? demanda-t-il vivement.

— Bien, monsieur… Un monsieur est venu…

— Dites à Barlow de retarder le dîner d’une demi-heure, interrompit brusquement Waythorn en se hâtant de monter.

Il entra dans sa chambre et s’habilla sans être allé voir sa femme. Lorsqu’il descendit au salon elle y était déjà, fraîche et radieuse. Lily avait passé une si bonne journée que le docteur ne reviendrait que le lendemain.

Pendant le dîner, Waythorn lui parla de la