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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/50

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femme, plus riche et plus ardente, et il se laissait aller à une réelle satisfaction en pensant que, tout à l’heure, sa tâche auprès de Lily accomplie, elle ne rougirait pas de témoigner franchement du plaisir que lui causeraient un bon dîner et sa première soirée dans l’hôtel de son mari.

Mais au moment où elle vint le retrouver, la charmante physionomie de Mrs Waythorn n’exprimait certes pas l’attente de ces joies nouvelles ; et bien qu’elle eût mis la robe d’intérieur qui lui allait le mieux, elle ne montrait pas le sourire qui aurait dû l’accompagner. Waythorn ne l’avait jamais vue aussi préoccupée.

— Qu’y a-t-il ? demanda-t-il. Lily serait-elle moins bien ?

— Non ; je sors de sa chambre et je l’ai laissée endormie.

Puis, après une seconde d’hésitation :

— Il m’arrive un ennui, ajouta Mrs Waythorn.

Il avait pris ses mains, et les tenant serrées dans les siennes, il sentit que les doigts de sa femme froissaient un papier.

— Cette lettre ? demanda-t-il.

— Oui. Mr Haskett a écrit, ou du moins son avocat.