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à dix-sept ans ; et comme on ne savait rien de Mr Haskett, il était facile de le charger de tous les péchés d’Israël.

Le mariage d’Alice Haskett avec Gus Varick lui ouvrit les portes d’une société dont elle souhaitait ardemment faire partie, et pendant plusieurs années les Varick furent le ménage en vogue de la capitale. Malheureusement, l’union fut courte et orageuse, et cette fois le mari eut ses partisans, quoique ses défenseurs convinssent eux-mêmes qu’il n’était pas fait pour le mariage.

Les tribunaux de New-York n’accordant le divorce qu’en cas d’adultère, un divorce y est, pour celui qui l’obtient, comme un brevet de vertu, et Mrs Varick, grâce au demi-veuvage de sa seconde séparation, fut admise à confier ses dernières infortunes conjugales aux oreilles les plus prudes de la ville. Mais lorsqu’on apprit son remariage avec Waythorn il se produisit un revirement momentané. Ses meilleurs amis eussent préféré la voir se confiner dans ce rôle de femme offensée qui lui était aussi séant que des voiles de crêpe à une veuve blonde et rose. Il est vrai qu’un temps suffisant s’était écoulé, et que personne n’osa ou n’eut même l’idée d’insinuer que Waythorn avait supplanté son prédécesseur. Mais on hochait la