Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/39

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


offrir la semaine prochaine à un grand-duc de passage à Paris. Ne commencez-vous pas à être de mon avis ? reprit-elle, comme Le Fanois se taisait. Ne croyez-vous pas que Mrs Smithers fera un beau mariage ?

— Mais… vraiment… il me semble que ce n’est guère le moment d’y songer.

— Vous croyez ? Eh bien, je ne partage pas votre opinion. Il me semble, au contraire, que cette pauvre femme a besoin de se distraire. Elle aimait sincèrement sa fille, mais elle ne sait pas vivre avec sa douleur. Et puis le deuil lui va si bien ; ses toilettes noires l’amincissent. Et depuis qu’elle a cessé de teindre ses cheveux, elle a rajeuni de dix ans. Est-ce vous qui lui avez donné cet excellent conseil ?

Le Fanois fronça les sourcils avec un petit rire agacé.

— Vraiment, chère amie, si vous croyez que je m’occupe à ce point-là de la toilette de Mrs Smithers !

Miss Lambart sourit.

— Si cela vous ennuie de causer de Mrs Smithers, voulez-vous que nous parlions un peu de moi ?

Tout de suite il parut plus à l’aise.

— De vous ? Vous savez bien que c’est un sujet dont je ne me lasse jamais.