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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/356

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se réunissant pour prier aux grandes fêtes de l’année, mais le reste du temps demeurant séparés, occupés à de pieuses pratiques.

Tout d’abord, l’ermite, connaissant la faiblesse des femmes et leur peu de vocation pour la vie solitaire, avait craint de se voir distrait par le voisinage de la pénitente. Mais elle se tint fidèlement aux instructions qu’il lui donna, évitant de le voir en dehors des fêtes d’obligation, et, lorsqu’ils se trouvaient en présence l’un de l’autre, témoignant d’une attitude à ce point modeste et pieuse, que l’âme de l’ermite y acquit une ferveur nouvelle. Et peu à peu, il lui devint doux de penser que, tout proche de lui encore qu’invisible, un autre être accomplissait aux mêmes heures que lui les mêmes tâches, si bien qu’occupé à cultiver son jardin, à réciter le chapelet, à dire, debout sous les étoiles, l’office de minuit, il se sentait une compagnie dans ses travaux comme dans ses dévotions.

Cependant le bruit s’était répandu au loin qu’une femme, qui savait chasser les démons, avait établi sa demeure dans la falaise de l’ermite. Aussi beaucoup de malades vinrent-ils de la vallée la trouver, et s’en retournèrent-ils guéris par elle. Ces pauvres pèlerins lui apportèrent de l’huile et de la farine, et, de ses