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débat intérieur (sa promesse lui interdisant de prendre de quiconque avis à cet égard), il résolut de la laisser séjourner dans la caverne jusqu’à ce que quelque éclaircissement lui vînt. Et un jour qu’il lui rendait visite vers l’heure de none (car il avait contracté la pieuse habitude de réciter en sa compagnie l’office du soir), il la trouva donnant des soins à un petit pâtre qu’un vertige avait fait choir d’un rocher au-dessus de la grotte. Privé de sentiment et couvert de sang, il gisait à ses pieds. Et l’ermite vit avec émerveillement l’adresse qu’elle apportait à bander les blessures, et comment elle rendit ses esprits à l’enfant en lui donnant à boire d’une liqueur qu’elle-même avait distillée des simples de la montagne. Le blessé ouvrit les yeux et loua le Seigneur, comme rendu à la vie par l’intervention du ciel. Or, il était de notoriété publique que ce garçon était sujet à des vertiges, et plus d’une fois était tombé cependant qu’il gardait son troupeau.

Et l’ermite, sachant que les grands saints ou les impurs nécromants sont seuls capables de chasser les démons, en vint à craindre que la femme sauvage n’eût usé, à l’égard des esprits, d’exorcismes impies. Mais elle lui donna à comprendre que le mal du pâtre n’avait d’autre cause que l’ardeur du soleil et que de