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trouvée mêlée que par mésaventure. Elle dit encore à l’ermite que, chaque fois qu’elle venait à entendre le son des cloches d’église, elle ne manquait jamais de dire un Ave ou un Pater, et que souvent, couchée dans les ténèbres de la forêt, elle avait fait taire ses terreurs en récitant ces versets de vêpres :

« Gardez-nous, mon Dieu, comme la prunelle de l’œil ;

« Donnez-nous protection à l’ombre de vos ailes. »

La plaie de son pied guérissait lentement, et pendant qu’elle se cicatrisait, l’ermite allait chaque jour jusqu’à la grotte de la réfugiée, lui donnant des enseignements d’amour et de charité, et l’exhortant à retourner au cloître. Mais à ceci elle se refusait constamment, si bien que, de crainte qu’elle ne tentât de s’enfuir avant que son pied ne fût guéri et ne s’exposât ainsi à la faim ou aux mauvais traitements, il lui fit promesse de ne rien révéler de sa retraite, ni de prendre quelque mesure que ce fût pour la remettre au pouvoir de son ordre.

À la vérité, il en vint à douter qu’elle eût la moindre vocation pour la vie recluse. Cependant la candeur de son âme lui faisait croire qu’elle pouvait être ramenée au bien si elle se sentait assurée de la liberté. Aussi, après maint