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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/305

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gnifiante que pour ainsi dire elle formait le fond de son propre portrait, s’était prêtée d’une manière frappante au développement de ce faux talent. La tableau était un des plus « forts » de Jack, comme l’auraient dit ses admirateurs ; il représentait, de sa part, une somme d’efforts musculaires et de mouvements violents qui rappelaient les efforts fantastiquement exagérés du clown qui soulève une plume. Le tableau, en somme, répondait exactement au désir qu’aurait la jolie mondaine d’être peinte « brutalement » pour se reposer du « joli portrait », en conservant cependant toutes les qualités de ce dernier.

— C’est sa dernière œuvre, vous savez, dit Mrs Gisburn avec une fierté naïve. La dernière sauf une, se reprit-elle, mais celle-ci ne compte pas, parce qu’il l’a détruite.

— Détruite ?

J’allais lui demander une explication lorsque j’entendis derrière nous le pas de Jack.

En le voyant là, les mains dans les poches de son veston de velours, ses cheveux blonds rejetés en arrière sur le front pâle, ses joues minces et légèrement hâlées creusées par le sourire qui soulevait les pointes d’une élégante moustache, je compris à quel degré il était empreint de la même qualité que ses portraits, celle