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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/297

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LE VERDICT


J’avais toujours pensé que Jack Gisburn était un génie peu au-dessus de la moyenne, — bien qu’un très brave garçon, — et je ne fus donc nullement surpris d’apprendre qu’à l’apogée de sa gloire il avait renoncé à la peinture, et qu’ayant épousé une riche veuve, il s’était établi avec elle dans une ville de la Côte d’azur (bien que j’eusse plutôt compris que ce fût à Rome ou à Florence).

L’apogée de sa gloire, c’est ainsi que s’exprimaient les femmes en parlant de Gisburn. Il me semble encore entendre Mrs Gideon Thwing — son dernier modèle de Chicago — déplorer son inexplicable abdication. « Bien entendu, cela donnera une plus-value énorme à mon portrait ; mais ce n’est pas à cela que je pense, monsieur Rickham, me dit-elle. Je ne songe qu’à la perte que fait l’art. » Cette perte, Mrs Thwing n’était pas seule à la pleurer. La charmante