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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/290

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— Oui, m’écriai-je, je vous ai confondu avec un ami.

Et je tombai à genoux près de son lit, en pleurant comme un enfant.

Tout à coup, je sentis une main qui se posait sur mon épaule :

— Egidio, dit-il d’une voix brisée. Regardez-moi.

Je levai les yeux et je retrouvai son ancien sourire. Nous nous serrâmes alors l’un contre l’autre sans dire un mot. Mais bientôt il se recula et me repoussa doucement.

— Asseyez-vous là-bas, Egidio. Je suis encore bien faible et je ne puis parler beaucoup.

— Attendons, Roberto. Dormez ; nous causerons demain.

— Non ; ce que j’ai à dire ne peut attendre.

Il me regarda avec attention.

— Vous avez une paroisse à New-York ?

Je fis un signe d’assentiment.

— Et mon travail me retient ici ; j’ai des élèves ; il est trop tard pour changer.

— Pour changer ?

Il continua à me regarder avec calme.

— Il me serait difficile de trouver de l’occupation ailleurs.

— Mais pourquoi vous en iriez-vous ? m’écriai-je.