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duisit dans une petite chambre pauvrement meublée, située au dernier étage d’une misérable pension. Sur la carte de visite clouée à la porte je lus le nom « De Roberti, professeur d’italien ». À l’intérieur, un homme au visage hagard et aux cheveux gris s’agitait sur un lit étroit. Il tourna vers moi un œil vitreux, et je reconnus Roberto Siviano.

Je m’appuyai contre le chambranle de la porte sans pouvoir parler.

— Qu’y a-t-il donc ? demanda le docteur, qui se penchait sur le lit.

Je lui dis en bégayant que le malade était un vieil ami.

— Il ne reconnaîtrait pas son plus vieux camarade en ce moment, dit le docteur. Il a le délire, mais la fièvre tombera au coucher du soleil.

Je m’assis au chevet du lit et je pris la main de Roberto dans la mienne.

— Est-ce qu’il va mourir ? demandai-je.

— Je ne le crois pas, mais il a besoin de soins.

— Je le soignerai.

Le docteur fit un signe d’assentiment et sortit. Je restais assis dans la petite chambre, la main brûlante de Roberto dans la mienne. Peu à peu la fièvre tomba ; les doigts agités se cal-