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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/273

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mots la disculperont. Il faut que je les entende, ces mots !

— Vous êtes complètement fou, répétai-je.

— C’est étrange, dit-il lentement. Vous répondiez sur votre vie de l’innocence de ma femme, et cependant vous me refusez le seul moyen de le prouver.

— Je donnerais ma vie pour chacun de vous, mais ce que vous me demandez ne m’appartient pas.

— Le prêtre d’abord, l’homme ensuite, ricana-t-il.

— Oui, bien après.

Il me jeta un long regard de mépris.

— Nous autres, laïques, nous sommes prêts à donner jusqu’au dernier lambeau de chair ; mais vous autres, prêtres, vous voulez garder votre soutane entière.

— Je vous le répète, ma soutane ne m’appartient pas.

— Eh ! grand Dieu ! s’écria-t-il, vous avez, ma foi, raison : elle m’appartient. Qui vous en a revêtu, si ce n’est mon père ? Qui vous a aidé à la garder, si ce ne sont mes aumônes ? Paysan ! mendiant ! Entendez pontifier sa sainteté !

— Oui, répliquai-je, j’étais en effet un paysan et un malheureux laïque lorsque votre père m’a recueilli, et s’il m’avait laissé ce que j’étais,