Ouvrir le menu principal

Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/268

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


« — Ce secret ? Le secret de quoi ? Comment osez-vous ?…

Gemma tomba à genoux comme une tragédienne.

« — Frappez-moi, tuez-moi, c’est moi qui suis la coupable. C’est chez moi qu’elle a rencontré celui…

« — Qui ?

« — Frantz Welkenstern, mon cousin, » gémit-elle.

Je suppose que je restai devant eux frappé de stupeur, et ils répétèrent le nom plusieurs fois, comme s’ils n’étaient pas sûrs que je l’eusse entendu. — Pas entendu ! s’écria-t’il tout à coup, s’effondrant sur une chaise et cachant sa figure dans ses mains. Entendrai-je maintenant jamais autre chose ?

Il resta très longtemps assis, la tête dans les mains.

Puis, avec un grand effort, il reprit son récit d’une voix basse mais résolue, comme s’il se débattait contre un accès de folie. Il répéta en détail, avec un calme étrange, chacune des accusations de son frère : la rencontre dans le salon de la comtesse Gemma, l’innocente amitié des deux jeunes gens, les racontars sur de mystérieuses visites à une villa de la porte Ticinese, la manière dont le scandale associé à leur nom