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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/230

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presque tous les paysans italiens, s’était spécialisé en lui au contact de goûts plus raffinés. Non seulement il pouvait me dire en connaisseur que le comte avait une merveilleuse collection de tableaux, mais encore que la chapelle de la villa contenait un monument funéraire de Bambaja, et que les critiques n’étaient pas d’accord quant à l’authenticité du Léonard de Vinci du palais de la famille à Milan.

Sur tous ces sujets il était inépuisable ; il n’y en avait qu’un seul qu’il n’abordait jamais : c’était celui de son séjour en Amérique. Je me rappelle encore la façon dont il me coupa la parole lorsque je le questionnai là-dessus.

« Un prêtre, me dit-il, est un soldat, et doit obéir aveuglément aux ordres qu’il reçoit. » Puis il posa son verre de Marsala et traversa lentement la pièce.

« Je n’avais pas remarqué, ajouta-t-il aussitôt, que vous aviez ici une photographie du « Sposalizio » de la Brera. Quel tableau ! E stupendo ! »

Puis il revint s’asseoir et alluma en souriant un autre cigare.

Je vis aussitôt que j’avais touché à un sujet que la discipline ecclésiastique protégeait contre le bavardage. Je respectais trop mon ami pour insister, et plus d’une fois je crus comprendre