Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/216

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


renouveau d’espoir. C’était parce qu’il m’aimait, me représentai-je, qu’il n’avait jamais parlé, parce qu’il avait toujours espéré faire de moi sa femme, quelque jour, parce qu’il avait voulu m’épargner « la faute ». Quelle illusion ! Je savais trop bien, dans le cœur de mon cœur, que ma seule chance était dans la force de l’habitude. Il s’était accoutumé à moi, il n’était plus jeune, il redoutait les visages nouveaux et les nouvelles manières d’être, il avait pris son pli. Ne lui serait-il pas plus commode de m’épouser ?

« Je ne crois pas maintenant qu’il y ait jamais pensé. Il m’écrivit ce qu’on appelle « une magnifique lettre ». Il fut bon, plein d’égards, avec une commisération très correcte… Puis, au bout de quelques semaines, il reprit son ancienne habitude de venir chaque jour, et nos interminables conversations se renouèrent juste où elles avaient été interrompues. J’ai su plus tard que le monde avait trouvé que j’avais fait preuve de « tant de tact », en ne l’épousant pas.

« Nous continuâmes ce petit train pendant environ cinq ans. Peut-être cette période-là fut-elle la meilleure, car j’avais abandonné tout espoir. Et il mourut.

a Après sa mort, — n’est-ce pas curieux ? —