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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/182

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Le visage de Gannett s’éclaira.

— Alors nous partirons demain.

— Nous partirons ?… pour aller où ?

— À Paris, nous marier.

Elle resta longtemps sans répondre ; puis elle dit lentement :

— Consentirait-on à nous recevoir ici, si nous étions mariés ?

— Nous recevoir ici ?

— Je veux dire lady Susan… et les autres.

— Nous recevoir ?… Mais oui, naturellement !

— Pas s’ils savaient… à moins qu’ils ne fissent semblant de ne pas savoir.

Il eut un geste d’impatience.

— Nous ne reviendrons pas ici, et les autres n’ont pas besoin de savoir… personne n’a besoin de savoir.

Elle soupira.

— Alors, ce n’est qu’une autre forme de tromperie, et plus misérable encore. Ne le voyez-vous donc pas ?

— Je vois que nous ne devons pas de comptes à lady Susan ni à ses pareilles !

— Alors, pourquoi avez-vous honte de ce que nous faisons ici ?

— Parce que j’en ai assez de faire comme si vous étiez ma femme quand vous ne l’êtes pas… quand vous ne voulez pas l’être.