Ouvrir le menu principal

Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/175

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Pour l’obliger, elle ?

— Oui ; ou bien, si je ne voulais pas l’obliger, pour me préserver, moi.

— Pour vous préserver, vous ? Et de qui ?

— D’elle, qui pourrait dire à tout le monde, dans l’hôtel, que nous sommes toutes les deux à fourrer dans le même sac.

— Elle vous en a menacée ?

— Elle m’a laissé le choix de le dire moi-même ou de le laisser dire par elle.

— La gueuse !

Il y eut un long silence. Lydia s’était assise sur le canapé, hors du cercle de la lampe ; Gannett s’appuyait contre la fenêtre.

— Quand cela s’est-il passé ? je veux dire : à quelle heure ?

Elle lui jeta un regard vague :

— Je ne sais pas… après le déjeuner, je crois. Oui, je me rappelle, c’était vers trois heures.

Gannett revint au milieu de la pièce, et, comme il approchait de la lumière, Lydia vit que son front s’était éclairci.

— Pourquoi me demandez-vous cela ? dit-elle.

— Parce qu’au moment où je suis rentré, vers trois heures et demie, on distribuait le courrier, et Mrs Cope attendait, comme d’habitude, pour fondre sur ses lettres : vous savez qu’elle guette