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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/171

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je promets de me taire… Eh bien ! qu’est-ce que vous décidez ?

Lydia, machinalement, avait commencé de s’éloigner, pour échapper à cette furieuse rafale de paroles. Mais, à cette sommation, elle se retourna et vint se rasseoir :

— Allez, dit-elle simplement, je reste ici.


IV

Elle demeura là longtemps, comme hypnotisée, à contempler, non le présent de Mrs Cope, mais son propre passé. Gannett, de bonne heure, ce matin-là, était parti pour une longue promenade. Il avait pris l’habitude de vagabonder ainsi dans la montagne avec divers compagnons d’hôtels ; mais eût-il été à sa portée, Lydia ne serait pas allée le trouver maintenant : elle avait trop à faire avec elle-même, d’abord. Elle reconnaissait avec surprise à quel point, dans ces derniers mois, elle avait perdu l’habitude de l’examen de conscience. Depuis leur arrivée à l’hôtel Bellosguardo, elle et Gannett s’étaient tacitement évités eux-mêmes comme ils s’évitaient l’un l’autre.