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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/170

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— Vous ne voulez pas ? Vous ne voulez pas ?

— Certainement non. Lâchez-moi, je vous prie.

Mrs Cope la lâcha, en éclatant de rire.

— Oh ! vous pouvez aller, parbleu ! je ne vous retiendrai pas de force !… Irez-vous de ce pas dire à lady Susan Condit que nous faisons la paire, vous et moi ?… ou bien voulez-vous que je me charge de l’éclairer ?

Lydia restait immobile, au milieu de l’allée, ne voyant plus son adversaire qu’à travers une brume d’épouvante. Mrs Cope riait toujours :

— Vous savez, ma chère, je ne suis pas méchante ; mais vous en exigez un peu plus qu’il ne faut en demander !… C’est impossible, vous dites que c’est impossible ?… Il faut que je vous lâche, oui !… Vous êtes trop comme il faut pour vous mêler de mes affaires, n’est-ce pas ? Mais, petite bête, la première fois que je vous ai vue, j’ai compris que vous et moi nous étions toutes les deux à fourrer dans le même sac : voilà pourquoi je me suis adressée à vous.

Elle s’approcha de Lydia et son sourire se dilata comme une lampe à travers le brouillard.

— Vous avez le choix, vous savez : je joue toujours franc jeu. Si vous le dites vous-même,