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ger, qu’elle est hostile à tous les nouveaux venus, mais elle est tellement disposée à ne pas les aimer que nous avons tous été surpris de la voir vous accueillir ainsi.

Miss Pinsent lança un coup d’œil significatif par la longue allée de lauriers-tins. De l’autre bout, un homme et une femme venaient vers Lydia et vers elle.

— Dans le cas de ce couple-ci, c’est tout différent, j’en conviens. Ces gens-là ont contre eux les apparences ; mais, comme dit Mrs Ainger, on ne peut rien affirmer de positif.

— Elle est très belle, hasarda Lydia, en tournant les yeux vers la femme qui, sous le dôme d’une ombrelle éclatante, montrait la taille trop svelte et le teint invraisemblable d’une chromo de magazine illustré.

— C’est le pis de son affaire : elle est trop belle.

— Après tout, ce n’est pas sa faute.

— Il y a des femmes qui s’arrangent pour ne pas l’être ! fit miss Pinsent d’un ton sceptique.

— Mais ne trouvez-vous pas lady Susan un peu injuste, étant donné que l’on ne sait rien d’exact sur eux ?

— Mais, ma chère, c’est justement ce qu’il y a contre eux : c’est infiniment plus fâcheux que n’importe quel renseignement précis.