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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/153

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monde soit régi par des conventions ; mais si nous y croyions, pourquoi nous en sommes-nous affranchis ? Et si nous n’y croyons pas, est-il honnête de profiter de la protection qu’elles assurent ?

Gannett hésita.

— On peut y croire ou n’y pas croire, dit-il ; mais, tant qu’elles gouvernent le monde, ce n’est qu’en profitant de leur protection que l’on peut trouver un modus vivendi.

— Est-ce que les gens hors la loi ont besoin de modus vivendi ?

Il la regarda, découragé. Il n’y a, en effet, rien de plus déconcertant pour un homme que le procédé mental d’une femme qui raisonne ses émotions.

Lydia crut avoir marqué un point et poursuivit passionnément son avantage :

— Vous comprenez, n’est-ce pas ? vous voyez à quel point une telle idée m’humilie ? Si nous sommes ensemble aujourd’hui, c’est parce que nous l’avons voulu : ne cherchons pas plus loin !

Elle lui prit les mains :

Promettez-moi que vous ne me parlerez jamais plus de cela ; promettez-moi que vous n’y penserez même plus ! implora-t-elle, en accentuant les mots avec émotion.