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Page:Wharton - Les Metteurs en scène, 1909.djvu/15

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fait faux bond ? demanda-t-il en lui serrant la main.

Miss Lambart eut un sourire rassurant, tandis que son clair regard fouillait la salle.

— Mais non, je ne pense pas. Je devais retrouver Mrs Smithers et sa fille dans un de ces petits salons là-bas.

Elle indiqua, du bout de son face-à-main d’écaille, l’enfilade de pièces qui donnait sur le hall.

— Si nous les cherchions ? continua-t-elle.

Mais Le Fanois la retint.

— Un instant, je vous prie, dit-il, en baissant la voix et en faisant reculer la jeune fille vers une des grandes baies vitrées qui s’ouvraient sur le jardin de l’hôtel. Expliquez-moi ce que vous leur avez dit de moi, et quel est au juste le rôle que je dois jouer.

Il hésita, puis, avec un sourire vaguement ironique :

— Enfin, à quel degré d’ambition sociale vos amies sont-elles parvenues ?

Miss Lambart sourit aussi.

— Je les crois bien naïves encore, dit-elle ; mais il faut toujours se tenir sur ses gardes. Les plus naïfs sont parfois les plus méfiants.

Elle lui jeta un coup d’œil railleur.

— Souvenez-vous de la jolie veuve de Trou-